Je suis un peu déçue. Est-ce que ma fic ne vous intéresse plus ?
Parce que le nombre de reviews a très nettement diminué !
En tout cas, merci à vous qui avez pris le temps de me laisser une trace de votre passage sur mon histoire.

Merci Croquemitaine! Non, je ne pensais pas spécialement à la broderie quand j'ai écrit cette fic ! Mais bon, on ne sait jamais. Avec John, il faut s'attendre à tout lol ! Merci pour ta review et bonne lecture !

Bonne lecture à tous !

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Chapitre 4

John, en voyant l'air apeuré de Rodney, laissa ses bras le long de son corps, mais se rapprocha le plus possible de lui. Il ne voulait pas lui faire peur, bien au contraire, il voulait lui prouver qu'il l'aimait.

Alors il se pencha de nouveau, doucement, lui laissant le temps de la réflexion...

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Si seulement Rodney en avait été capable. En d'autre temps, en d'autres lieux et d'autres circonstances, oui, peut-être qu'il aurait réfléchi et su presque immédiatement ce qu'il voulait.

Mais là, ce n'était pas le cas. Loin de là...

Il voulait sentir la langue de l'homme caresser son palais avec amour et volupté, il voulait sentir les mains un peu rugueuses caresser ses joues...
Il voulait entendre des gémissements. Sans se soucier de savoir si c'était les siens ou non...

Mais il voulait aussi être chez lui, au chaud sous sa couette, ou alors devant son portable, à taper des logarithmes ou des formules, qui permettraient sans doute la découverte d'une chose super importante et qui lui rapporterait un prix !

De quoi, il n'en savait trop rien, le principal était que son travail soit reconnu.
Et lui aussi, tant qu'à faire !

Mais là, il était plongé tout entier dans un monde de douceur et de tendresse...

oOoOo

John posa sa bouche délicatement sur celle de Rodney, ne forçant même pas le passage.

Parce qu'il voulait que l'initiative vienne de lui...

Et il n'attendit pas longtemps...

Il sentit une langue timide glisser doucement sur ses lèvres et pour en goûter la saveur plus intensément, il entrouvrit les siennes.

Aussitôt, ce fut un déferlement de passion qui les envahit. L'un comme l'autre...

Plus rien n'existait à part eux deux, seuls, dans un bureau, dans un lieu public...

Et là, John se sentit repoussé...

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Rodney haletait. Et il était terriblement gêné...

Il se laissait embrasser par un homme et sur son lieu de travail. Un endroit où tout le monde pouvait entrer...

Un lieu où tout le monde pouvait les voir...

-Non... Gémit-il, pas ici...

Et il vit John sourire, comme rassuré.

... Ce qui était tout l'inverse de lui. Il ne savait pas pourquoi il avait dit ça.

"Pas ici" ?

Ça voudrait dire qu'inconsciemment, il voulait continuer ce qu'ils avaient si bien commencé, mais ailleurs ?

-Je suis tout à fait d'accord... où... ? Demanda alors John.

Et là, devant les yeux plein de passion de l'homme qui lui faisait face, Rodney ne se sentit pas capable de dire qu'il avait dit ça comme ça...

-Chez moi... ? S'entendit-il murmurer d'une toute petite voix et tout à fait contre son gré.

John leva une main, caressa la joue tendrement et déposa un baiser léger sur les lèvres un peu tremblantes.

-D'accord... dis moi où tu habites, à quelle heure tu es libre et je viendrais... j'ai vraiment très envie de poursuivre notre petite... exploration mutuelle...

-Je n'ai jamais fait ça... Avoua Rodney en rougissant fortement.

John se contenta de sourire encore plus tendrement en entendant l'aveu. Même si il n'était sûr de rien, il se doutait que l'homme dont il était tombé amoureux n'avait jamais pensé qu'un jour, un autre homme lui avoue des sentiments tels que les siens. Même si il ne lui avait encore rien dit.

Mais maintenant, il savait que ce moment serait aujourd'hui et ce soir, il pourrait enfin lui dire...

-Euh... à... euh... je quitte à 18h00...

-Parfait... et ton adresse, c'est... ?

Rodney, incapable de parler, s'approcha de son bureau et nota son adresse sur un bout de papier qu'il lui tendit ensuite d'une main fébrile. John le saisit et en profita pour caresser la main au passage.

-A ce soir...

Un bruit étrange, qui voulait sans doute dire "oui", sortit de la gorge de Rodney...

Puis John recula et sortit du bureau, non sans lui jeter un dernier coup d'œil très appréciateur...

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Rodney inspira bruyamment. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait retenu sa respiration...

Et maintenant, il avait l'impression qu'il sortait enfin la tête de l'eau.

... Mais pour se noyer de plus belle dans un océan de doute, de peur et d'incertitude. Il ne savait pas trop ce qu'il allait se passer, mais il avait peur.

Et comme à chaque fois que l'on voudrait que le temps s'arrête, ou du moins ralentisse, et bien Rodney vit l'heure passer à une vitesse infernale...

18h00.

Les hauts parleurs diffusèrent le message de fermeture et il se frotta les mains nerveusement. Elles étaient moites et il était nerveux. Très nerveux.

Il eut beau prendre tout son temps pour vérifier, revérifier, faire trois fois le tour de la salle, regarder de plus près si tous les ordinateurs étaient bien éteints, si tous les livres étaient bien rangés à leur place, il ne put rester indéfiniment dans la bibliothèque.

Il devait fermer les portes et rentrer chez lui...

Et John viendrait...

oOoOo

Le trajet lui parut horriblement court et il n'avait pas spécialement hâte d'arriver. C'est avec appréhension qu'il tourna à l'angle de la rue, s'attendant sans doute à voir la tête ébouriffée de John.

Mais non. Et il soupira de soulagement.

Mais en même temps, il était un peu déçu. Tout s'embrouillait dans sa tête et il était complètement déboussolé.

Arrivé devant l'immeuble, il entra, appuya sur le bouton d'appel et avança dans la cabine de l'ascenseur. Pendant qu'il montait, il se demandait si il avait bien fait...

Il avait invité un homme à passer chez lui.
Un parfait inconnu allait venir frapper à sa porte...

Un inconnu dont il ne connaissait que le prénom. Mais aussi le goût de ses baisers...

Et sa douceur, sa tendresse...

-Je n'aurais qu'à pas répondre... si je n'ouvre pas la porte, il repartira... oui, c'est ça. C'est ce que je vais faire...

Fort de cette résolution, Rodney se mit à siffloter légèrement et sortit de la cabine d'ascenseur tout en prenant ses clés en main...

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Un carton de pizza ouvert sur la table basse, une canette de bière à la main, Rodney était affalé sur le canapé et regardait la télévision. Ou plutôt, la télé était allumée histoire de faire un peu d'animation dans le salon, parce qu'il aurait bien été incapable de dire de quoi l'émission parlait...

Non, en fait il n'arrêtait pas de tourner la tête du côté du petit bureau, sur lequel était posé son ordinateur portable.

C'est comme si celui-ci lui faisait des clins d'œil d'un air de dire : t'en meurs d'envie, alors vient donc me mettre en route... et lire...

... Lire cette soi-disant histoire qui mettait en scène un personnage qui portait le même prénom que lui...

Et Rodney abandonna la lutte. L'ordinateur avait gagné.

Il se leva, appuya sur le bouton et attendit, calmement assis sur sa chaise.

... Calmement.

Rodney habitait dans un immeuble moderne et ce ne n'était pas plus mal pour ses voisins du dessous...

Parce qu'il n'arrêtait pas de taper des pieds.

Et si il continuait à se frotter les mains de cette façon, il n'allait pas tarder à ne plus avoir de peau sur les paumes...

C'est le cœur battant à cent à l'heure qu'il commença sa lecture...

Le canapé tout proche leur tendait les bras, accueillant et apparemment confortable. John s'assit après avoir croisés ses doigts avec ceux de Rodney, le forçant à rester debout, calé entre ses jambes. Puis ses mains se firent baladeuses et glissèrent ensuite sensuellement le long des cuisses, puis sur les deux globes charnus, avant de tenter une approche vers l'avant...
John massa quelques instants l'entrejambe gonflé de son amant, qui savourait l'exquise torture les yeux fermés, comme si les sensations pouvaient être décuplées...
Mais il les rouvrit bien vite, en sentant la fermeture descendre et libérer enfin la pression...
Il savait ce que John allait faire. Il le voulait et il attendait avec impatience de sentir la bouche chaude et humide se refermer sur lui et le sucer avec délectation.
C'était une sensation à la fois pareille et pourtant meilleure encore que la précédente...
Et John s'activait avec un plaisir évident...

Et Rodney tâtonna sur le bureau pour attraper sa canette...

Il avait déjà eu droit à ce genre de caresse et c'est vrai que l'expérience n'avait pas été si désagréable que ça. Mais de là à préférer la bouche d'un homme à celle d'une femme... quand même...

Quoi que...

Un homme devait sans doute savoir mieux qu'une femme ce qui pouvait le mener à l'orgasme ?

Rodney était assez dubitatif. Mais excité comme jamais...

Les petits cris de plaisir jaillissant de la bouche de son homme affolait les sens de John. Mais il abandonna sa passionnante activité pour lécher deux de ses doigts.
Haletant, Rodney baissa son regard vers lui et sourit en voyant le geste. Avec un petit gémissement d'anticipation, il écarta légèrement les jambes, laissant toute la place voulue aux doigts fureteurs...

-Euh... il va pas faire ça ? Si ? Couina Rodney.

Les doigts de John caressèrent d'abord le velouté des fesses rondes et s'aventurèrent un peu plus bas, s'insinuant dans le sillon prometteur de tant de plaisir...
Puis il fit glisser son index dans l'intimité doucement, tout doucement, faisant gémir Rodney d'anticipation...
-Tu es trop pressé mon amour... laisse moi donc t'aimer comme je le désire... d'accord ? Dit alors John qui avait abandonné sa gourmandise préférée.
-J'ai tellement envie de toi... je veux te sentir en moi... Haleta Rodney.
-Moi aussi... j'ai envie de sentir ton corps autour de moi, de bouger à l'intérieur de toi, de t'entendre gémir de plaisir, de voir tes reins se cambrer afin de m'accueillir en toi plus profondément encore et puis te sentir serré, si serré autour de moi... mumm...

-Bah voyons ! Comme si un homme pouvait prendre du plaisir en ayant une... enfin... en ayant un truc dans le... bref... c'est vraiment n'importe quoi ! S'exclama Rodney.

Mais pourquoi avait-il une érection, dans ce cas là ?

Et pourquoi avait-il eu l'impression de tout ressentir, alors qu'il n'était qu'un "spectateur" ?

John se redressa alors et enleva son maillot. Puis il fit descendre son pantalon et son caleçon en même temps, révélant son entière nudité la vue de son amant...
... Amant qui poussa un petit gémissement de plaisir anticipé très érotique...

Rodney avala sa salive...

... Et sursauta violement.

La sonnette de la porte d'entrée venait de retentir...

Le cœur battant la chamade, le regard tourné vers la porte, tétanisé, Rodney ne bougea pas d'un poil.

Il savait qui était derrière. Mais il n'irait pas ouvrir. Non, il n'irait pas.

Et pourtant, il se retrouva debout... Mais juste pour se dégourdir les jambes...

Et pourtant, il marcha vers la porte... Mais en fait, la cuisine n'était pas loin et il avait soif...

Et pourtant, il dévia légèrement de sa trajectoire et sa main s'approcha de la poignée... Mais juste parce que...

Et merde ! Il avait envie de le voir !

Alors il ouvrit la porte...

-Ecoutez, je ne sais pas si... Commença t-il.

-Bonsoir ! Est-ce que vous pourriez me dépanner s'il vous plait ? Je n'ai plus de lait !

Rodney regarda sa voisine, l'air éberlué. Il s'attendait tellement à ce que ce soit John qu'il resta là, les bras ballant, sans bouger.

-Monsieur McKay ? Vous allez bien ?

-Oui ! Oui oui, ça va ! Attendez, je vais voir si j'ai ça !

Il se précipita presque dans sa cuisine, ouvrit un placard et en sortit une bouteille toute neuve. Puis il s'empressa d'aller la donner à sa voisine, qui attendait patiemment sur le palier.

-Tenez !

-Oh c'est génial ! Vous me sauvez la vie ! J'avais prévu de faire des gaufres, mais je n'en avais plus assez... merci et bonne soirée !

-De rien...

Rodney referma la porte, puis retourna au salon, à la fois déçu et soulagé...

Il avait à peine fait trois pas, que la sonnette retentit de nouveau.

-Si jamais elle veut les œufs pour faire ses gaufres, je m'invite à manger ! Dit-il tout haut avec le sourire.

Il savait que sa voisine cuisinait très bien, ayant déjà profité de ses bons petits plats. Et c'est en se léchant les lèvres qu'il ouvrit la porte à nouveau...

-Vous pouvez m'en mettre... Commença t-il.

Mais là, ce n'était pas sa voisine...

-... de côté... Finit-il en murmurant.

-Bonsoir...

-...

-Je peux entrer ?

Toujours muet, Rodney se poussa et John s'avança dans le petit appartement. Arrivé dans le salon, il attendit patiemment que son hôte daigne le rejoindre.

-Vous mouillez le sol... Réussit à dire Rodney.

Baissant la tête, John constata qu'en effet, l'eau coulait de son pardessus et détrempait joyeusement la moquette.

-Oh... désolé... mais il pleut assez fort, dehors...

Et juste pour prouver ses dires, un éclair illumina la pièce, rapidement suivit d'un coup de tonnerre.

-Il y a de l'orage ? S'étonna Rodney.

-Oui... pouvez-vous me dire où je peux mettre mon manteau, avant que je mette de l'eau partout ?

Rodney s'approcha très vite et tendit la main.

-Donnez le moi, je vais l'accrocher...

Ce que John fit avec empressement. Si Rodney l'avait laissé rentrer chez lui en ayant l'air d'être complètement à l'ouest, maintenant, il était plutôt rassuré.

Avec ce genre de réaction, il n'allait pas être jeté dehors comme un malpropre...

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Les jambes tremblantes, d'ailleurs il lui semblait que depuis un certain temps il n'était qu'un squelette jouant des castagnettes, Rodney s'éloigna du démon aux yeux verts qui squattait son salon.

Il prit le temps de mettre le vêtement sur un cintre et l'accrocha dans le minuscule placard de l'entrée. Mais avant de refermer la porte, il ne résista pas à l'envie de humer le tissu. L'eau de toilette mêlée à l'humidité qui régnait dehors, faisait que le manteau dégageait une odeur qui envoutait presque Rodney...

Il mit presque une bonne minute à se rendre compte de ce qu'il était entrain de faire et soupira. Entre ça et trembler, depuis que John était entré dans sa vie, il avait l'impression de ne faire que ça, soupirer...

Il referma la porte d'un coup sec et retourna vers le salon...

... Pour découvrir son invité assit sur la chaise, devant son ordinateur. Lequel était toujours allumé...

Oh mon dieu, faites que l'orage ait déconnecté le net, j'vous en prie, faites que l'orage ait déconnecté le net...

Rodney ne croyait pas en beaucoup de chose, sauf peut-être en une nourriture saine et équilibrée, ce qui assurait une bonne santé.

Il aurait aussi aimé se souvenir d'une prière qu'il avait certainement dû apprendre dans sa jeunesse, mais là, aucune parole ne lui venait à l'esprit ! Pourtant, il aurait bien volontiers prié Dieu, Bouddha, Mahomet, Gandhi, Einstein, Samantha la sorcière bien aimée et même Casimir, si ça avait eu le pouvoir d'éteindre ce fichu ordinateur !

Ou même de le faire exploser...

... Il avait honte.

Jamais il n'avait eu aussi honte de toute sa vie...

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A suivre...

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Bon week-end à tous !

Et merci de me lire...