Je me lève paresseusement. Les premières lueurs de l'aube m'avaient brutalement extirpé de mon sommeil. Le ciel était dégagé, mais l'air lourd laissait supposer qu'une averse n'allait pas tarder. C'est superbe, la pluie vient exactement au bon moment ! Quand j'ai une mission super importante, que je ne dois surtout pas rater. De plus mon moral est à zéro…

La vie est belle !!! *sarcasme*

Je me dirige vers ma cuisine et me sers quelques bols de ramen en boîte. Il n'y a que ça de bon, le matin. Un bol de ramen chaud…

Les bols fini, je tapote du bout des baguettes sur la table… Pffff… Il me reste encore quelques heures à attendre pour parler avec Tsûnade. A moins que j'y aille maintenant, que je la réveille pour partir faire mon travail avant que la pluie ne tombe. Oui, c'est un moyen aussi de ne pas revoir Gaara avant de partir… Ce qui serait vraiment plus facile pour moi. Et puis, dans quelques années, quand il reviendra, s'il reviendra, je serais peut-être capable de me contrôler. Ou pas.

Je sors de la cuisine et regarde mon salon d'un air fatigué… après tout… Pourquoi pas ? Je sors de ma maison pour courir dans les rues, je dévale les toits. Je ne m'arrête même pas lorsque je suis arrivé devant le bâtiment. La porte devant mon nez, je frêne ma course pour reprendre mon souffle.

Allez, courage Naruto ! Tu vas y arriver, n'est-ce pas ? Une petite mission de rien du tout. Je prends un grand souffle et ouvre la porte d'un coup.

-La vieille, je suis prè-

Je m'interrompe dans mon élan. Quatre paires d'yeux me fixent. Ceux deTsûnade et ceux d'un certain roux qui à légèrement tendance à être là quand il ne le faut pas.

-C'est pas vrai ! Je dis stupidement.

-Naruto ! Dit Gaara précipitamment.

-Désolé de déranger, encore !

Mon ton était sarcastique et légèrement dur. Pourquoi faut-il que ça m'arrive à moi ? Je me retourne pour sortir. Il n'y a que moi d'aussi mal chanceux ! Ma main attrape déjà la poignée quand la vieille beugle mon nom.

-NARUTO ! VEUX-TU ME FAIRE LE PLAISIR DE VENIR ICI ??? TOUT DE SUITE !!!!!

C'est avec résignation que je me retourne pour faire face à la furie blonde. Une tempe est sur le point d'éclater sur son front. Elle se tourne vers Gaara pour s'excuser.

-Je reviens dans deux minutes, d'accord ? NARUTO ! ICI !

Elle m'emmène dans la chambre d'à côté et je m'effondre dans le fauteuil. Qu'est-ce que je lui ai fait encore ? La blonde s'assit en face de moi. Elle semblait s'être calmée, mais la tempe était toujours sur son front.

-Premièrement, tu manque de respect à tes aînés et au Kazekage je te signale !

Oh, elle va me faire la leçon habituelle. Il faut toquer, voilà pourquoi les portes ont été construites. Il faut respecter ses aînés et pas les insulter en le traitant de vieilles personnes et blablabla…

Je lève la tête vers la blonde pour plonger mes yeux dans les siens. Elle me toisait mais mon regard colérique était plus fort. Aussi, quand elle détourna les yeux, j'en eu une certaine satisfaction que je ne me connu pas.

-Je me fiche complètement de ce qui a pu se passer entre vous deux, et ça ne me regarde pas. Mais je te signale que tu as une mission ! De la plus haute importance, puisque le Kazekage lui-même s'est déplacé pour choisir le ninja qu'il voulait ! Alors ne damne pas Konoha à une honte éternelle avec tes gamineries, compris ?!

-Gaara est venu à Konoha pour me donner une mission ?

Et moi qui avais cru qu'il était venu réglé les formulaires et tout le tralala pour conserver l'amitié et la liaison entre les deux villages. Mais non. Il s'est déplacé lui-même pour me donner une mission. A moi. A personne d'autre. Pourquoi ?

Je baisse les yeux, pensifs.

S'il était venu pour me donner une mission, pourquoi ne me l'a-t-il pas dit hier ? Je lui ai demandé deux fois la raison de sa visite à Konoha. Et il ne m'a rien dit. Est-ce vraiment aussi important ? Et si ça l'était, il aurait au moins du en parler hier… non ?

Mais si c'est le Kazekage qui me demande, est-ce que je pourrais le refuser ? En même temps… je ne vois pas pourquoi il me demande moi, s'il ne me fait pas confiance. S'il est sur la défensive avec moi, que pourrais-je en tiré d'autre ?

-En quoi consiste ma mission ?

-Toi et le Kazekage vous devez partir pour-

-Comment ça, moi et le Kazekage ? C'est une mission qu'on va effectuer à deux ?

Ça ne m'arrangerait pas ça ! Moi qui ne voulais pas succomber à son regard, à sa voix ou à son sourire… et certainement pas à son charme… Il m'utilisait, il profitait de mes faiblesses. En avait-il conscience ? Mais devoir effectuer une mission avec Gaara… ce serait agréable certes, mais je ne saurais pas me concentrer.

-Oui, ce sera une mission que tu devras effectuer avec le Kazekage. Moi non plus ça ne m'enchante pas, et j'imagine que ce ne sont pas pour les mêmes raisons. Toujours est-il que c'est ton devoir en tant que ninja, pour conserver l'union de nos deux…

-C'est bon, j'ai tout capté, la vieille.

Sans attendre de réponse, je me lève, le regard dur. En toute évidence, je suis forcé de travailler avec lui. Espérons que je saurais me maîtriser. Peut-être qu'en me comportant distant à nouveau… ? Je parcoure rapidement la salle, et rentre dans le bureau de la vieille. Gaara y était toujours, il me fixait de son habituel regard noir. Je l'ignorais. Je fixais sa jarre, se qui m'évitera de flancher à nouveau.

- Veuillez excuser mon comportement hautain. Je ne savais pas qu'on effectuerait cette mission ensemble. J'aurais dû m'informer, au lieu de vous faire part de mon impolitesse habituelle.

-Naruto… arrête de me vouvoyer !

-J'arrêterais de vous vouvoyer quand j'aurais une raison valable de ne pas le faire.

Je fixe sa jarre sans détourner le regard. Je sais qu'un seul regard vers ses yeux anéantirait complètement le mur que j'essaye de me forger. La vieille entre dans le bureau. Son regard se tourne alors vers moi avec une surprise non-dévoilée.

-Et pourquoi tu ne me vouvoies pas, moi ?

Ah non, elle ne va pas commencer, elle aussi ! Je risque tout pour la soi-disante fierté de Konoha mais c'est elle qui détruit mon mur de résolutions à coup de marteau. Elle veut ma mort ? Je soupire brutalement marquant bien mon ennui.

- Pardonnez-moi, votre altesse. Puis-je connaître le but de cette mission ?

Tsûnade jetait un œil complice à Gaara (et hop ! Un œil complice de moins… -_-') Elle partit s'asseoir à son bureau et m'observait en silence.

Pourquoi ne dit-elle rien ? Est-ce si secret que ça que je devrais effectuer la mission sans en connaître les desseins ? Sans savoir ce que je suis censé faire ? Ils pourraient me le dire, non ?

-Je crois, dit Tsûnade, qu'il est mieux que Gaara te l'explique, pendant que vous y aller.

D'accord. Pourquoi y a-t-il comme une tension dans l'air ? Pourquoi ne me le dit-elle pas tout de suite son petit secret ? Pourquoi autant de cachoterie ?! Ce n'est qu'une mission, non ? Si c'était vraiment secret, elle ferait mieux de me le dire à l'abri de ces murs, non ?

-Je crois aussi, qu'il est temps pour vous de partir. A bientôt Naruto, prend soin de toi. Kazekage-sama, au plaisir de vous revoir Gaara.

Je n'aurais donc, aucune explication de sa bouche. Bon, très bien. Je sors du bureau à la suite de Gaara. Je ne le regardais toujours pas, mais je sentais son regard brûlant contre ma nuque. Il était probablement en colère, tant mieux. Ce sera mieux ainsi.

Je m'apprête à dire quelque chose mais le roux me coupe la parole. D'un ton extrêmement dur, il me dit :

-Suis-moi.

Donc il est très en colère. Rien que par le ton de sa voix, je peux très bien m'imaginer, l'ardeur de ses traits et le… dégoût ? Etait-il dégoûté par moi ? En plus de ne pas me faire confiance, il me trouverait répugnant ? Peut-être que je m'imagine juste tout ça… Cependant, je ne pouvais arrêter mon geste. L'envie de vérifier s'il l'était vraiment, était si forte, que je n'aurais su l'arrêter de toute façon. Ma tête et mes yeux se levèrent, poussé par l'envie d'avoir tort. Poussé par l'envie de ne voir qu'une sourire comme hier. Mais mes yeux ne sont pas aveugles.

Et il voit très bien, au contraire.

Gaara ne me trouve pas répugnant non. Mais la dureté et la méchanceté sur ses traits étaient celle qu'il n'utilisait que lorsqu'il était littéralement sur le poing d'exploser et de tout massacrer sur son passage. Ah, ça fait du bien de se savoir aimer.

Et comme je l'avais prévu, la vue de son visage, de ses belles prunelles me choqua au point de me faire reculer. Pourquoi est- si en colère ? Est-ce juste par le manque de confiance entre nous, ou juste parce que je ne peux pas le tutoyer. Enfin, au point où j'en suis maintenant. Tutoyer ou non, ne changera rien à part le mettre en colère plus qu'il ne l'est déjà (si c'est possible)

-Naruto ?!

Son ton était encore plus cassant cette fois. Cassant et pointu. Assez pointu pour m'ouvrir le cœur et le découper en rondelle avant de les réduire à l'état de cendre. Je n'arrivais plus à quitté ses yeux. Ils m'obsédaient, je ne pouvais pas m'en détaché.

Je ne pourrais jamais m'en détaché.

-O-ooui… P-par…don. Je te sui-iis.

Ma voix avait craquée. Je tremblais un peu, mais je m'efforçais de ne pas le montrer. Mes mains ne m'obéirent pas, et tremblotaient de plus belle, alors je les fourrais dans mes poches.

-Naruto ?

Sa voix était déjà dure, mais ses yeux étaient le plus dur à supporter. Si ses yeux étaient des revolvers, je crois que je serais mort avant qu'il ne me touche. Pas que j'ai peur ou quoique ce soit. Mais l'idée, qu'il veuille me tuer, qu'il me haïsse… Impossible à supporter. C'est ça qui m'aurait achevé, me savoir détester par lui. Et là, je viens d'en avoir la confirmation.

Je ne pouvais pas faire un pas devant moi. Je n'arriverais pas à avancer sans craquer et finir par tomber.

Gaara soupira et d'un coup de main, du sable m'entoura pour m'enfermer à nouveau dans une bulle. Et celle-ci m'emporta avec elle. Je m'écroulais à nouveau sur le sable froid, mais cette fois, je ne me sentais pas capable de pouvoir me relever. Je n'entendais rien ici, même pas le son du vent. Il aurait su me réconforter lui. Il m'aurait chanté oh combien la beauté de Gaara est sublime. Il m'aurait chanté que le roux ne me détestait pas. Il m'aurait tout simplement chanté. Mais là, je n'entendais rien. Peut-être qu'elle essayait de me faire parvenir de toutes ses forces ses mélodies, mais que mes oreilles refusaient de les entendre. Peut-être que la mélodie se cognait sans cesse contre la paroi de la bulle. Peut-être que même le vent n'aurait su me réconforter et que même lui, a abandonné…

La bulle s'arrête et s'ouvre. Nous sommes loin du village dans la forêt. J'entends le vent, mais ce n'est qu'un murmure. Je ne saisi pas ce qu'elle essaye de me dire. Le sable me dépose contre un rocher et je reste assis contre. Gaara, lui, est debout devant moi. Je n'arrive pas à me lever, je ne peux pas. Mes jambes refusent de m'obéir. Le roux s'approche de moi, s'agenouille pour se pencher vers moi.

-Est-ce que ça va ? Naruto ?

La colère avait enfin déserté ses traits pour laisser place à de l'inquiétude Je revoyais enfin son visage beau comme jamais. Mon regard percuta enfin le sien doux dénué de colère. Et, pris d'un soudain désir que je m'efforçais de garder loin dans mon cœur, je m'accrochais à son cou. Mes bras se refermèrent autour de son cou, et j'humais l'odeur de ses cheveux. La plus belle odeur qui m'a été offert de goûter. Je respirais Gaara, comme s'il était mon oxygène, mon seul moyen de vivre.

Les bras de Gaara se refermèrent sur moi. Maintenant que j'y pense, je n'aurais pas du être capable de faire ça. Normalement le sable m'aurait bloqué le passage. N'est-il plus sur la défensive ?

Je me retire brusquement à cette entrainte trop paradisiaque pour moi. Je reculais choqué par mon attitude. Je reculais en proie à un rougissement digne d'un champ de tomates et de pamplemousses. (Quoi ? J'aime bien les pamplemousses…) Je reculais jusqu'à ce que je touche le rocher de mon dos. Mes yeux s'écrasaient par terre. Si on pouvait dire que j'ai laissé ma garde tombé, c'était la totale ! J'ai non seulement craqué, j'ai aussi complètement raté une mission, et j'ai craqué comme une petite collégienne. Je crois qu'il n'y a pas pire que moi.

-Ex…ex-excuuuse- m-mooi. J-je ne s-sais pas ce qui m'a pris.

Quel piètre menteur je fais ! Bien sûr que je le savais ! Je l'aime ... J'AIME l'être le plus adorable au monde, j'aime le Kazekage le plus mignon qui soit. J'aime son odeur, j'aime ses cheveux, j'aime sa couleur rousse. J'aime aussi sa peau de porcelaine qu'on aurait peur de craqueler rien qu'en la touchant du bout des doigts. J'aime le sourire qu'il m'a fait hier soir. Mais je l'aime avant tout pour ses yeux. Ses yeux me passionnent. Ses prunelles noires et ses cernes grises. J'ai l'impression qu'il n'est qu'un petit qu'un petit raton laveur en porcelaine. Et j'aime ça. J'aime tout chez lui. Tout, sauf le regard qu'il m'a jeté là tantôt. De toute mon existence depuis que je le connais, je n'avais jamais eu le droit à son regard meurtrier. Du moins pas celui-là. Depuis qu'il est à Konoha, il m'en a offert deux. A cause de ma stupidité et à cause de moi, tout bêtement.

Et là, je recevrai mon troisième. Parce que j'avais dépassé les limites. C'est pourquoi mes yeux étaient littéralement pendus à l'herbe fraîche et des fines traces de rosée qui persistait encore. J'ai vraiment tout raté. Comme toujours, d'ailleurs. Sasuke me le disait tout le temps avant. Je n'arrive pas à croire qu'il avait raison.

Quand Gaara se rapprocha, je m'attendais au pire. Qu'il me déteste, qu'il soit répugner par moi, qu'il quitte Konoha pour ne jamais revenir, qu'il …

-Baka.

Je m'attendais à tout. Mais certainement pas à ça. Le roux avait posé ses lèvres tendrement sur les miennes. La surprise ramena mes yeux sur ses prunelles. L'impression qu'elles m'embrassaient elle aussi me donna le tournis, alors je fermais mes yeux. Je passais mes bars autour de son cou, j'approfondis le baiser. Rien, rien n'était meilleur au monde. Même les ramen paraissaient fade à côté (Même les chocolats ! Et oui XD) Sa langue vînt caresser la mienne et une danse folle pris place entre nos de bouches. Les mains de Gaara me caressait les cheveux, me les ébouriffait, m'enivrait. Résistant mal à ma nouvelle drogue, je chutais de ma petite falaise. Je m'abandonnais complètement à lui.

Oh oui, je l'aime. Et je sais qui le lui a dit, c'est le vent. Le vent lui a chanté mon amour quand j'étais dans la clairière. Le vent lui a chanté oh combien je me languissais de son arrivé. Le vent lui a tout chanté, et j'en suis reconnaissant.

D'ailleurs une nouvelle mélodie prend place. La mélodie de nos baiser est la plus belle de toute. Elle voltige, virevolte, et exécute de petites pirouettes dans les brises légères.

Je t'aime Gaara et ce sentiment t'appartient.