Aux alentours de vingt-et-une heure, chez Seijuurou.
Kou s'arrêta devant la porte de son amant et frappa. Celui-ci vint rapidement lui ouvrir, un air inquiet sur le visage. Ce n'était pas dans les habitudes de la jeune fille de venir chez lui, et surtout pas aussi tard. Néanmoins, il la laissa entrer sans rechigner, et ils se dirigèrent vers la chambre du vermillon. Assise sur le lit, Kou se glissa dans ses bras et huma son odeur si particulière de chlore et de parfum masculin. Elle sentit sa main lui caresser le dos et sa bouche effleurer le creux de son cou, la faisant légèrement frémir. Relevant la tête pour quémander un baiser, elle glissa en même temps ses mains sous le t-shirt du nageur et caressa du bout des doigts ses abdos. Passant une main dans ses cheveux et posant l'autre sur sa hanche, Seijuurou approfondit le baiser et la fit basculer sur son lit. Ils échangèrent pendant quelques minutes de langoureux baisers, leurs mains glissant sur le plus de parcelle de peau atteignable. La jeune femme s'arrêta pourtant, essoufflée, et plongea ses yeux rouges dans ceux dorés de son partenaire. Celui-ci lui sourit et se pencha pour lui mordiller le cou.
"Hm… Tu es tellement désirable… Je ne vais pas pouvoir me retenir très longtemps de te sauter dessus, mon cœur…"
Kou rit, d'un rire léger, et embrassa la tempe de Seijuurou. Lorsqu'il se releva pour l'embrasser, elle croisa à nouveau ses yeux, et leur couleur lui rappela soudain Nagisa. Alors la culpabilité lui revint en plein fouet, et elle stoppa le vermillon, avant de le faire basculer et de s'asseoir en tailleur, dos à son amant. Celui-ci fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi elle réagissait ainsi, le laissant frustré. Mais il ne dit rien et vint la prendre dans ses bras, et elle ne le repoussa pas, se calant contre son torse.
"Qu'y a-t-il ? Tu ne sembles pas toi-même. Il s'est passé quelque chose ? Tu t'es fâchée avec Rin ?
- Pas avec Rin…
- Un gars de ton équipe de natation ?
- Oui…"
Kou savait qu'elle ne devait pas mentionner sa relation avec Nagisa. Elle ne voulait pas perdre le vermillon non plus, il était tout ce qu'elle aimait. Mais elle devait quand même se confier, quitte à mentir.
"Lequel est-ce ?
- Nagisa, le blond."
Elle retint difficilement ses larmes au souvenir de son air accusateur.
"Et quel en était la raison ? Si ce n'est pas indiscret, bien sûr.
- C'est indiscret."
La jeune femme ne sentit pas vraiment l'étreinte de Seijuurou se resserrer, en proie à un début de colère. Un ancien message sur le portable de Kou lui revint brusquement en mémoire. Ainsi, ses soupçons semblaient se confirmer. Mais il décida d'en avoir le cœur net.
"Tu es proche de ce Nagisa ? Comme des meilleurs amis, par exemple ?
- Pourquoi me demandes-tu ça ?"
Elle tourna la tête et croisa le regard noir du nageur, et une légère panique monta en elle. Savait-il quelque chose ?
"Oh, pour rien, sourit-il faussement. Alors ?
- Et bien… C'est un ami, comme tous les autres, tu sais ?
- Rahlala, Kou, qu'est-ce que tu mens mal…"
Le vermillon soupira et se détacha de la jeune femme, qui le regardait avec un mélange d'étonnement et de peur. Seijuurou se leva et attrapa le sac de la rouge, avant de fouiller dedans, sourd aux protestations de la jeune femme qui se leva pour l'en empêcher. Levant bien haut le sac, hors de porté des petits bras, il continua de fouiller et trouva ce qu'il voulait : son téléphone. Elle se mit à crier plus fort et tenta de le lui reprendre.
"Aurais-tu quelque chose à cacher ? Comme, je ne sais pas, des messages d'amour de ce Nagisa ?
A ces mots, Kou s'arrêta, tremblante. Elle avait bien compris qu'il savait quelque chose ; d'ailleurs, il ne mit pas longtemps à lui expliquer son attitude.
"Alors, vois-tu, il y a quelques semaines, tu as reçu un message de ce nageur. Comme tu étais sous la douche, et que je suis d'un naturel jaloux, je me suis permis de regarder.
- Mais ça ne se fait pas !
- Tututut. Tais-toi et laisse-moi finir. Donc, cet homme te faisait une belle et longue déclaration d'amour comme on en a rarement vu. Et en fouillant un peu, j'ai vu que ce n'était pas la seule, et que tu lui répondais avec ferveur et amour. Alors, forcément, je me suis méfié, tu ne crois pas ? Mais je n'ai rien dit, parce que je tenais à toi. Et aujourd'hui, je l'ai aperçu dans la rue, caché derrière un mur. Et il me semblait me souvenir que tu avais, à l'origine, rendez-vous avec lui, ce qui explique sa présence. Et son air étonné, triste et surtout remplit de douleur a accentué mes soupçons concernant votre possible relation. Et quand je te vois là, débarquer tard le soir alors que l'on s'est vu il y a quelques heures, je me suis dit qu'il s'était passé quelque chose. Parce que tu avais l'air de vouloir oublier cette chose. Et je présume que c'était ta rupture avec lui, non ? Puisque tu m'as si gentiment confirmé que vous vous étiez engueulés il y a quelques heures, mais sans me donner la raison, ce qui impliquait quelque chose que je ne devais pas savoir. Oh, bien sûr, il est possible que je me trompe complètement, mais au vue de ton air stupéfait et effrayé, j'en déduis que non.
Il termina sa tirade, et un blanc gênant s'installa entre eux. Kou ne savait pas quoi dire, trop choquée pour ne serait-ce que bouger. Puis elle reprit doucement ses esprits, baissa la tête et se mit à pleurer.
"Pardon… Je- Ca fait six mois que j'étais avec Nagisa, mais quand je t'ai vue, je t'ai trouvé tellement charmant… Je n'ai pas pu te repousser. Et puis c'était une période où ça allait un peu mal, alors je n'ai pas trop réfléchi… Pardonne-moi… Mais maintenant, il n'y a plus de problèmes, non ?
- Parce que tu crois qu'il te suffit de pleurer et de me dire que tu es désormais libre pour que je te tombe dans les bras ? Tu l'as cherché, et tes excuses n'y changeront rien. Maintenant, s'il te plait, j'aimerais que tu partes et que tu m'oublies. Ah, dernière chose. Ce n'était vraiment pas ta journée, aujourd'hui. Dommage."
Et il la poussa gentiment vers la sortie, son sac dans ses bras. Une fois dehors, il lui sourit et referma la porte, comme s'il ne s'était rien passé. Mais au fond de lui, il bouillait de rage de s'être fait ainsi avoir. Et plus le temps passait, plus un sentiment de tristesse horrible se faisait ressentir. Il lui avait fait confiance, lui avait ouvert son cœur, et voila ce qu'elle en avait fait.
Seijuurou frappa avec hargne le mur à sa droite, puis glissa au sol, avant de laisser quelques larmes couler. Et dire que demain, il allait nager avec son frère. Il ne savait pas s'il était capable de le regarder dans les yeux. Il ne savait même pas s'il devait le détester pour lui avoir présenté sa sœur. Il ne voulait pas y aller. Les deux se ressemblaient trop et cela lui ferait du mal. Mais en même temps, s'il n'y allait pas, il savait que le rouge viendrait chez lui pour le tirer du lit, quelque soit sa raison.
Soit. Il irait. Mais il se promit de ne pas approcher le rouge, du moins jusqu'à-ce qu'il s'en remette. Il savait que c'était égoïste, mais c'était mieux que de souffrir.
A croire que tout le monde voulait poster pour Noël, parce que je n'ai pas pu avoir accès à mon compte, et donc impossible de poster ce chapitre mercredi ! Rahlala...
Sinon, je suis trop fière de mon Sei' ! Un vrai petit détective :3. Vous avez aimé ? Bon, c'est vrai qu'il dit pas des trucs très gentil, mais bon, il avait raison. Bien, c'est donc la fin de Kou, elle va sûrement finir au fond d'un bois, abandonnée de tous...
Pour le prochain chapitre, il ne sera sûrement pas posté le mercredi même, parce que je ne serais sûrement pas en état de me lever... Nouvel An quoi. Voilà, vous êtes prévenus ! J'attends vos avis, et passez de bonnes fêtes !
