« Les choses changent. Et si elles changent, c'est qu'il y a une raison. »


JAMAIS ILS NE DEVRONT SAVOIR

CHAPITRE 4


Et si…
Rien d'autre que ces deux mots qui défilent continuellement en boucle. Le début d'une question simple en apparence, mais qui cache en réalité un sens beaucoup plus compliqué qu'il n'y parait, plus profond et beaucoup plus sombre car on ignore tout de la suite que pourrait avoir cette phrase. Une question effrayante, redoutée et admirée à la fois, car elle est porteuse d'espoir. Et l'espoir fait vivre. Sa réponse demeure pourtant incertaine, peut-être bien parce qu'il peut s'avérer y en avoir plusieurs au final, toutes plus différentes les unes des autres. Elles sont imprévisibles également.
Et si…

Je m'étais souvent interrogée sur cela, réfléchissant longuement à la réponse que je pourrais fournir afin de ne rien laisser dans l'ombre, de ne pas laisser de place aux doutes, être sûre de mes paroles. Pendant des heures j'y avais réfléchi, allant jusqu'à me perdre moi-même en chemin et ne plus savoir par la suite ce à quoi je réfléchissais. Et si, rien qu'une fois, une seule, on pouvait tout changer, que se passerait-il ensuite? Quelle conséquence cela aurait-il sur l'avenir que nous connaissions déjà ? Verrions-nous les changements s'opérer ou bien ne le sentirions-nous même pas ?
Et si…

Si on pouvait tout recommencer, changer les choses qui n'auraient jamais dû exister, reformuler les phrases qui avaient été mal comprises, parler avec les bonnes personnes quand cela s'était avéré nécessaire au lieu de les renier avec mépris…Avec des « si », il était possible de refaire le monde, notre monde, et de faire naître des réalités que l'on aurait cru impossible jusqu'alors, de rendre accessibles des rêves ne vivants qu'au beau milieu de la nuit.
Mais les « si » n'étaient que des mots, des souffles, des murmures, du vent qui s'échappait lorsqu'on lui en laissait la possibilité, s'engouffrant par la moindre petite fente, par la plus petite ouverture d'une paroi que l'on pensait solide et incassable. Les « si » n'étaient qu'illusion, un espoir pour les personnes au bord du gouffre du désespoir.

En quittant la chambre de Fili, je me suis de nouveau posée la question -mais cela n'a laissé une nouvelle fois qu'un blanc et un silence mortuaire dans ma tête. Une frustration qui me dépassait. Mon cerveau, dont le fonctionnement semblait ralenti et défaillant, m'a donné l'impression d'être sur le point d'exploser à cause d'un surmenage excessif. Ce nouvel échec a fait naître une autre interrogation par la suite, similaire à la première en un sens, quoique plus simple dans un autre : et si on pouvait tout changer, changerais-je quelque chose dans ce que j'avais fait ?

Je n'ai pas su répondre cette fois-là non plus, me heurtant de nouveau et de plein fouet à un mur que je n'avais pas vu venir droit sur moi. J'avais pourtant l'esquisse d'une réponse, le début d'idée qui avait du sens, mais je n'y arrivais pas malgré mes efforts.
Parce que cette fois-ci, je doutais.
Parce que cette fois-ci, je doutais de moi.

Si je n'avais pas accompli tout ce que j'avais fait jusqu'à présent, je n'aurais jamais été celle que j'étais alors. Et qui était en mesure de dire si dans un univers alternatif, j'aurais été une meilleure personne ? Peut-être même aurais-je été quelqu'un de plus détestable encore… Qui était en mesure de me blâmer pour ce que j'avais fait, ce que je faisais ? On ne pouvait que conjecturer là-dessus, et les conjectures étaient synonymes de doutes et d'hésitation. Mais parce que personne ne pouvait m'aider, je me sanglais de patiente dans l'espoir d'y voir plus clair au fur et à mesure que le temps passait.

Or l'attente était longue et je n'en pouvais plus de douter, d'hésiter, car ma force et ma patience faiblissaient et venaient à manquer cruellement. Je voulais effacer les plus petites hypothèses, réduire à néant toutes mes idées noires et exorciser mes démons une bonne fois pour toute. Je désirais ardemment pouvoir regarder le royaume entier droit dans les yeux et lui crier haut et fort ce que je pensais comme aurait dû le faire une vraie reine, être sûre et certaine de faire le bon choix sans avoir constamment à me retourner pour savoir si des gens me suivraient. Je ne voulais plus entendre ma voix trembler, je voulais pouvoir la moduler à souhait, au gré de mes envies, et m'en servir tant pour séduire que pour détruire.

OoO

J'ai longtemps marché, errant dans les couloirs d'Erebor, la tête baissée et plongée dans des pensées tantôt sombres, tantôt joyeuses, sans qu'aucun rapport logique ne les liât les unes aux autres. Il a fallu qu'une heure s'écoule pour que je me rende compte que la matinée était désormais bien avancée, que je n'étais pas vêtue de manière appropriée pour paraître devant quiconque, que j'étais bien loin de ma chambre et que n'importe qui pouvait surgir à l'improviste à tout moment et me surprendre dans cet état total de perdition et de relâchement intolérable.

J'ai été prise d'une vague de frissons glacée que j'ai senti naître et grandir depuis le bas de mon dos, avant que celle-ci ne remonte jusqu'à mon échine d'un mouvement lent et progressif, semblable à ceux que pourrait produire l'eau lorsqu'un doigt un peu maladroit effleure la surface lisse d'un lac, par exemple. Ce n'était pourtant rien de plus que des petites ondes régulières et légères qui m'ont parcourue, chacune à peine plus douloureuses qu'un soupir sur la peau, pas de quoi s'inquiéter en somme. J'ai repris ma course d'un pas rapide et déterminé, chassant de mon esprit ces pensées infantiles qui ne me rapportaient rien, concentrant mon regard vers l'horizon qui paressait aussi clair et net que mon avenir.

Mes pas se sont retrouvés guidés par une force invisible contre mon gré ou non -je ne saurais le dire- mais cette force m'a permis de regagner ma chambre dans le plus grand silence et la plus grande rapidité. Si on venait à m'interroger sur les chemins que j'avais empruntés pour y parvenir, je serais incapable de répondre avec exactitude. Devais-je cependant en déduire que la chance était avec moi ? Pas nécessairement. D'autant plus que je n'étais pas le genre de personne à croire en la chance, et à tout ce qui survenait de manière fortuite. Pour moi, rien n'arrivait sans raison, tout avait un but bien précis.
Mais avec de telles pensées, de telles convictions, à qui pouvais-je alors me vouer ?

Durant ce laps de temps que je décrirais comme court, mon esprit a semblé se décrocher de la réalité pour se retrouver loin, très loin, à flotter quelque part entre deux frontières inconnues et insondables. Toujours dans cet état second, cette perte de conscience momentanée, j'ai poussé la porte de ma chambre d'une forte saccade, sans faire attention à l'impulsion que j'y mettais.
Cela n'a pas été sans conséquence.
Lorsque la porte a heurté la façade de pierre en un bruit assourdissant, mes ongles sont venus se figer dans mes paumes avec force, brisant presque la barrière dérisoire de peau qui retenait mon sang et l'empêchait de s'échapper de mon être. Une barrière fragile qui a pourtant tenu bon. La douleur a ensuite irradié mon corps mais j'ai réussi à faire taire ses voix qui montaient en moi. Je n'ai fait que pincer les lèvres en grimaçant.

J'avais eu l'impression que la montagne allait s'effondrer tant les murs en avaient amplifié le son et l'avaient répercuté dans toutes les pièces, proches ou non, et dans toutes les directions. J'étais prête à parier que le bruit aurait suffi à faire se réveiller les fantômes les plus anciens d'Erebor, aussi loin fussent-ils enfouis sous terre. Mais aucun souvenir d'une époque révolue n'est venu me rendre visite. Le présent et le passé sont restés des époques bien séparées et distinctes. Les morts sont restés avec les morts, et les vivants, qui avaient pour obligation de s'occuper des vivants, sont restés avec les vivants. La vie avec la vie, la mort avec la mort. Tel était l'ordre naturel des choses pour les années à venir et sans doute pour l'éternité.

Il n'y avait rien, pas même un courant d'air frais pour me faire peur avec une satisfaction malsaine.
Rien.
Le vide.
Juste
du vide.
Par réflexe, mes yeux s'étaient fermés et je les ai rouverts lentement de ma propre volonté, de crainte d'avoir affaire à quelque chose, ou quelqu'un, à qui je devrais fournir des explications quant à cette soudaine entrée. Mon cœur, lentement mais sûrement, a repris un rythme cardiaque acceptable, je ne croyais plus qu'il allait sortir de ma poitrine devenue soudainement si étroite pour mon organe vital. Je me suis calmée aussi vite que je m'étais emportée. Voir que ma seule présence était notable en ces lieux a suffi à me rassurer et à me permettre de recouvrir ma lucidité.

Mon regard est machinalement venu se poser sur le vaste lit défait de chaque côté, siégeant au milieu de la gigantesque chambre à l'aspect lugubre, froid et désolant, que très peu de meubles agrémentaient. Il n'y avait que le strict nécessaire, le minimum vital et nous n'avions guère besoin de plus. Cependant je trouvais toujours que l'endroit était bien trop grand, même pour deux personnes, et qu'il manquait de quelque chose de vivant.

En observant mieux, j'ai noté qu'il y avait une sorte de symétrie amusante dans la position des couvertures, repoussées de façon identique de chaque côtés, et une sorte de contraste indéfinissable dans l'ensemble de la pièce dont le clair-obscur dominait en grande partie la rendait encore plus visible. Thorin était parti, et le feu qui éclairait le lit en lui donnant des aspects étranges et une taille non négligeable, mourrait lentement dans l'âtre. Les crépitements étaient discrets et s'atténuaient un peu plus à chaque fois que je prenais la peine de m'y intéresser, signe distinctif que d'ici quelques secondes le feu s'éteindrait pour de bon et ne laisserait qu'une vague odeur de brûlé désagréable dans la chambre.

Pourtant, les braises continueraient d'être chaudes, ardentes, n'attendant plus que du combustible frais pour repartir de plus belle dans un crépitement mélodieux et joyeux. Je me suis assise lentement sur mon lit, à la place qu'occupait d'ordinaire mon époux, acceptant de libérer le soupir que je m'efforçais de retenir prisonnier derrière mes dents fermement serrées. J'ai caressé d'une main évasive sa partie du lit à présent froide puis ai serré fermement son oreiller avant d'humer son odeur envoûtante. Le tissu, doux et chaud entre mes mains, en était imbibé plus que nécessaire.

Pour moi, Thorin a toujours senti le sapin après une belle averse du matin, après que la forêt se soit réveillée suite à une longue nuit de sommeil réparateur et qu'une fine rosée parsemait l'herbe verte et fraîche. Il avait l'odeur de la nature à l'état pur, à l'état sauvage, dans toute sa splendeur et sa beauté, dans des moments si rares qu'ils ne duraient qu'un bref instant, des instants insaisissables mais pourtant bien présents pour quiconque prenait le temps de regarder avec un peu d'attention. Les choses les plus belles étaient éphémères… Mais elles étaient si agréables que cela en valait la peine.
Depuis combien de temps Thorin était-il parti ? S'était-il inquiété de ne pas me voir présente à ses côtés lorsque ses yeux s'étaient ouverts ?

J'ai revêtu la première robe qui m'ait passée sous la main, simple et banale, qui traînait dans mon armoire soigneusement garnie par ma belle-sœur. D'une couleur sombre et commune, mais tout de même assez imposante et majestueuse pour ma condition, elle m'allait juste comme il fallait et je n'en demandais guère plus. J'ai relevé mes cheveux en une longue queue de cheval au sommet de ma tête, n'ayant plus de temps à perdre en coiffure et dans d'autres détails sans importance.
De fines mèches couleur d'or sombre sont venues me titiller la nuque avec amusement et entêtement. J'ai secoué vigoureusement la tête pour me dégager de leur étreinte doucereuse et mes cheveux ont suivi le mouvement, voltigeant au-dessus de mon visage jusqu'à me faire pleurer lorsqu'ils me rentraient dans les yeux. Je les ai repoussés d'un geste vif et impatient, avant de me diriger vers la sortie sans prendre le temps de refermer la porte après mon passage.

J'ai regagné la salle principale où les résidus de la fête de la veille jonchaient encore le sol çà et là, et où des nains s'occupaient à faire le ménage d'un geste lent et peu confiant, maladroits dans leurs mouvements, encore endormis et (ou) groggys par l'abus d'alcool qui avait coulé à profusion durant toute la soirée. Beaucoup trop selon moi, mais il était bien trop tard pour en faire le reproche à quelqu'un. Le mal était fait et puis bon, il n'y avait pas de réelle raison de s'alarmer.
Pour ma part, je m'en tirais à bon compte malgré les quelques coupes de vins bien arrosées que je m'étais enfilée sans compter, et la nuit plutôt torride que j'avais traversé sans m'en rendre compte avec délectation.

Pour avoir grandi dans une ville au commerce florissant, qui vendait et recevait de tout en provenance de toute la Terre du Milieu, il était impossible que je n'eusse pas quelques connaissances en matière de vins, et autre type de boissons « festives » pour ainsi dire. L'habitude m'avait forgée une carapace solide contre la boisson, et l'expérience en avait par la suite renforcée la surface avec minutie en m'ajoutant des connaissances au fil des années.

Le souvenir de mon premier contact avec l'alcool m'est revenu lentement d'un recoin sombre de mon passé, mais aussi clairement que si tout s'était déroulé la veille, ou dans un passé bien plus proche encore. Je revoyais l'enfant que j'étais alors, les cheveux plus courts et bien plus dorés qu'aujourd'hui, m'arrivant à la moitié de la poitrine. J'avais les genoux constamment écorchés, car je trébuchais ici ou là lors de mes courses folles dans les rues de la Rocheneuve, bien que l'on m'interdisait formellement de trop m'agiter en raison du statut parental.

Je devais avoir neuf ou dix ans, guère plus, et mon père, un homme d'un âge avancé au visage constamment froid et fermé, aux yeux sombres et cruels, était déjà l'homme que je craignais aussi sûrement que je le respectais. Il était assis sur une chaise richement décorée, le dos droit comme s'il y avait pris racine depuis des années, désignant d'un vague signe de tête une choppe de fer blanc polie qui trônait devant lui, sur la table de bois dont la surface lisse ne laissait entrevoir aucun défaut qui aurait pu ternir sa splendeur.

A sa demande muette, je m'étais emparée de la chope à deux mains car elle était bien trop grande et trop lourde pour qu'une seule ne suffise. Puis j'y avais trempé mes lèvres avec précaution, lentement et prudemment, craignant que le liquide à l'intérieur fût brûlant ou pis encore. Le goût m'avait écœurée sitôt qu'il fût dans ma bouche, j'avais froncé les sourcils par surprise et mes yeux s'étaient par la suite ouverts en grand alors que je m'efforçais d'avaler la gorgée qui me restait en travers de la gorge, tout en reposant le verre avec précipitation, luttant pour ne pas tout recracher sur la table immaculée.
De l'hydromel. Un véritable désastre pour mes papilles, encore innocentes et délicates à l'époque. Un alcool que je n'ai toujours pas réussi à supporter d'ailleurs, même après tout ce temps, et que je fuyais comme la peste lorsque l'on m'en proposait. Le ciel savait pourtant que j'avais fait des efforts pour m'y habituer...

J'ai aperçu Dis, assise sur un banc un peu plus à l'écart des quelques nains qui travaillaient, l'air somnolente voir complètement absente. Elle aussi semblait avoir du mal à se remettre de la dure soirée qui avait sans doute été éprouvante pour nous tous. Des cernes noirs marbraient son visage qui laissait d'ordinaire entrevoir une force et une vitalité sans limite, et des poches rétrécissaient son regard habituellement étincelant et vif.
J'étais prête à parier que ceux qui avaient encore les idées claires et la tête froide pouvaient se compter sur les doigts de la main. J'étais surprise d'ailleurs de pouvoir m'y inclure sans la moindre hésitation. Je me suis assise aux côtés de Dis -qui était à deux doigts de replonger dans un profond sommeil-, en faisant le maximum de bruit qu'il m'était possible de faire afin de l'avertir de ma venue. Son visage s'est éclairé lorsqu'elle m'a reconnue et j'ai souri. J'ai eu du mal à réprimer un bâillement lorsqu'elle en a laissé échapper un.

« -Bonjour Dis…Comment all…Comment vas-tu ? » me suis enquise par la suite.

Je servais cette phrase à toutes les sauces et à tout le monde. Pour certain, il ne s'agissait que d'une formalité, d'une marque de politesse, une attention aimable et polie, mais fausse et non sincère que j'agrémentais d'un joli rictus savamment préparé devant une glace afin de le rendre irréprochable. C'était devenu un discours que je débitais machinalement avec une telle facilité, comme un engin mécanique qui n'accomplirait qu'une seule et unique action lorsque l'on en remontait la clé. Pour d'autre, comme pour Dis par exemple, je mettais davantage d'émotions dans cette question qui était cette fois sincère, souriant plus chaleureusement et plus sincèrement bien que je m'évertuais toujours à modérer mes sentiments.

« -Pas fort. » a-t-elle avoué en secouant longuement et lentement la tête. Sa voix était faible, Dis devait sans doute faire preuve d'une force surhumaine pour prononcer un mot et plus encore pour achever sa phrase. La migraine sans doute. « J'ai un mal de tête atroce et je me sens aussi lourde que la montagne ! Je suis complètement épuisée…Tu as l'air d'aller bien mieux toi en revanche ! Quel est ton secret ? »

« -J'ai grandi dans une ville commerçante. » ai-je rappelé avec un sourire, tout en m'efforçant de parler clairement pour lui faciliter la compréhension. « J'ai dû apprendre très jeune beaucoup de choses sur les marchandises que l'on y vendait, et notamment sur l'alcool qui avait un certain succès à l'époque. Et encore aujourd'hui je suppose, c'est l'une des rares choses qui ne connait pas de fin ! C'est normal que je tienne mieux les contrecoups d'une soirée arrosée je dirais. Sinon j'ai une certaine connaissance des plantes également. » ai-je ajouté. « Si tu le souhaites, je peux te préparer une infusion ou quelque chose qui pourrait t'aider à aller mieux. »

« -C'est très gentil Alana mais je supporte assez mal ce genre de choses, ça me rappelle de mauvais souvenirs. Quand j'étais enceinte de Fili, j'étais encore jeune et j'ai été malade pendant de longs mois. De longs mois de convalescence au lit, la fièvre constamment présente et la douleur qui me vrillait les tympans. Tu imagines un peu ce que j'ai pu traversé ? Beaucoup disaient que je ne survivrais pas, que je mourrais en donnant naissance à mon enfant si ce n'était avant. On me faisait souvent boire des tisanes et d'autres infusions pour me calmer, pour atténuer la douleur…
Mais Fili était souvent agité, il bougeait beaucoup et donnait souvent des coups de pieds. Mon époux disait en riant qu'il était pressé de voir le jour et de courir partout jusque dans les bras de ses parents, et ça le rendait tellement heureux que j'ai enduré la douleur sans mot dire, je n'ai rien dit pour ne pas le blesser, pour continuer à voir un sourire éclairer son visage.
Après la naissance de mon garçon, je ne voulais plus jamais avoir affaire à la grossesse. Puis il y a eu Kili, venu quelques années plus tard d'une manière un peu…Enfin passons, ce n'est pas important. Il a été plus doux, plus discret que son frère, et cette fois-ci tout s'est bien déroulé, sans douleur ni rien de déplaisant. Les neufs mois sont passés à une telle vitesse que je ne m'en suis rendue compte que lorsque la sage-femme m'a ordonnée de pousser fort alors que j'étais allongée sur le dos dans un lit ! Quand tu regardes ce qu'ils sont devenus aujourd'hui, c'est peut-être difficile à concevoir, mais c'est pourtant la vérité. »

« -Oui… Ils sont l'opposé total de ce que tu viens de raconter ! J'aurais prétendu l'inverse ! Ils sont totalement différents à présent, quoique… »

Je m'apprêtais à dire quelque chose d'autre quand une tête surgie de nulle part s'est posée sur mon épaule d'un seul coup, m'arrachant un sursaut, se rapprochant de mon cou pour mieux se caler contre moi avec un soupir de satisfaction. Une sensation de chaleur croissante m'a envahie, un contact rassurant et familier. J'ai reconnu les cheveux bruns de Kili lorsque ces derniers sont venus caresser le dessus de mes seins par inadvertance, créant un chatouillement délicat et agréable sur ma peau.

Inconsciemment, j'ai souri puis ai repoussé ses cheveux. Son visage était si proche du mien que je n'ai pas pu tourner la tête pour lui faire face, incapable de pivoter le moindre muscle tant la distance qui nous séparait était...inexistante. Nous étions si proches que je l'ai entendu déglutir contre moi et ai tapoté affectueusement et avec compréhension la main posée près de ma cuisse gauche. Le pauvre Kili…

« -Je devrais t'interdire de boire Kili, tu ne tiens vraiment pas l'alcool ! » ai-je remarqué en riant doucement avec bienveillance.

« -Ca allait bien tout à l'heure pourtant… Tu es témoin!» a-t-il répliqué en grognant sans pour autant bouger.

« -Ne t'inquiètes pas mon fils, nous sommes tous dans un état déplorable ! » a rassuré Dis avec un profond soupir de lassitude. « Aujourd'hui nous ne serons bons à rien sinon à dormir et tourner en rond! Peut-être que ton frère est dans un meilleur état que le nôtre, qui sait ? Il y a peut-être une chance car je ne l'ai pas vu à la fête. »

« -M-moi si. » ai-je fait bien trop vivement à mon goût. « Il est venu me féliciter. Il est passé rapidement mais n'est pas resté. Je crois qu'il avait quelque chose d'important à faire. Je ne me suis pas attardée sur son cas car cela ne me concernait pas. Je ne lui ai rien demandé de plus, je suis navrée. » ai-je répondu en essayant de ne pas croiser le regard de Dis.

« -Tu as bien fait Ana ! » a approuvé Kili en riant. « Fili est quelqu'un de plutôt réservé et quand on lui demande quelque chose et qu'il nous l'explique, on ne comprend généralement pas grand-chose…Sinon rien du tout. » a-t-il ensuite enchaîné.

Crois-moi Kili, je sais exactement de quoi tu parles… Mais je sais aussi qu'il peut être très explicite dans ses propos.

« -Tu es aussi insaisissable que ton frère quand tu t'y mets Kili ! » a fait remarquer Dis en poussant la tête de son fils pour me libérer de son étreinte.

La tête de Kili s'est levée lentement avant de retomber avec la même lenteur sur mon épaule, comme si rien ne s'était passé. Dis a soupiré mollement de lassitude alors que Kili entourait mon bras gauche de ses deux mains pour énerver sa mère, et qu'il me serrait affectueusement comme l'aurait fait une petite fille avec sa poupée le soir avant de s'endormir, pour être certaine qu'aucun cauchemar ne viendrait perturber son sommeil durant la nuit. J'étais prête à parier à dix contre un qu'il souriait.

J'ai rassuré Dis d'un hochement de tête avant de tapoter affectueusement la tête de Kili pour lui faire comprendre que tout irait bien et que cela ne me gênait pas. Il était un vrai gamin, à peine sorti de l'adolescence. Avec un sourire tout de même gêné, ma belle-sœur s'est levée avant de nous laisser seuls, sans doute pour regagner ses appartements et voler quelques minutes de sommeil à la journée qui s'annonçait morne et fade.

Le bruit d'une respiration rauque s'est fait entendre et en secouant mon épaule, je me suis rendue compte que Kili s'était endormi. Il était impossible, ce n'était plus de son âge de se comporter de cette façon…J'ai soupiré de lassitude en souriant tout de même. Je lui jalousais en silence cette capacité à pouvoir s'adapter à toutes les situations et à pouvoir s'endormir partout. Durant un bref instant, j'ai revu mon frère dans le comportement et la position de Kili. Girael et Kili s'étaient transformer pour moi en une seule et même personne, s'imposant d'un seul coup à moi. Les mêmes cheveux barraient le même visage enfantin et malicieux. Lui non plus n'avait jamais été très mature, préférant rire et jouer qu'autre chose.

En repoussant une nouvelle fois les cheveux de son visage, ma gorge s'est serrée. Nous qui étions si proches autrefois, nous n'étions plus à présent que des souvenirs, des ombres qui revenaient de temps à autres dans la vie de l'autre quand une lumière un peu plus vive venait éclairer nos vies.

Qu'es-tu devenu Girael ? As-tu quitté la Rocheneuve ou y habites-tu encore ? As-tu des enfants qui te ressemblent, qui ont ton rire et tes yeux malicieux ? Penses-tu souvent à moi, ta sœur à qui tu manques tant ?

Personne n'aurait été en mesure de me répondre car je n'avais personne à qui adresser mes questions. Quand bien même y aurait-il eu quelqu'un, comment aurait-il pu avoir connaissance de toutes ces réponses ? Il faudrait qu'il ait vu mon frère pour cela, or j'ignorais où il était. J'ai pris dans une mes mains un des bras de Kili que j'ai serré doucement, luttant contre la tristesse brève mais intense qui m'a soudainement submergée. J'ai posé ma tête sur celle de Kili en bataillant ferme avec moi-même pour calmer mes effusions et chasser mes souvenirs. J'ai fermé les yeux et me suis laissée bercer par la respiration du nain brun en fermant les yeux.

« -Puis-je caresser l'espoir de m'installer également ou est-ce un privilège qui n'est réservé qu'à Kili ?»

Je me suis redressée d'un bond en lâchant le bras de Kili, dont la tête est tombée à la renverse, mais je l'ai retenu de justesse avant qu'il ne tombe complètement du banc, grandement aidée par un bras fort surgit de nulle part devant mon visage surpris. Kili ne s'est même pas réveillé, il n'a même pas bronché ni quoique ce soit. Lentement, je me suis relevée et ai déposé Kili sur le banc. Puis j'ai levé les yeux vers le nouveau venu, Fili, dont la barbe ne réussissait pas à dissimuler le sourire mystérieux qui éclairait ses traits. J'ai froncé les sourcils de désapprobation, -non dissimulé également. Depuis quelques temps déjà, je m'étais rendue compte d'une chose : si je n'avais pas été amoureuse de Fili, je l'aurais probablement détesté, allant peut-être jusqu'à le haïr. A moins que je l'aimais au point de le détester.

Son attitude actuelle me dépassait, il…Il était si insouciant, trop inconscient de tous les dangers qui pouvaient survenir n'importe quand, qui nous menaçaient de toute part sans que l'on soit en mesure de les voir avant qu'ils n'attaquent. Il avait pourtant autant à perdre que moi dans cette histoire, sinon plus encore car toute sa vie, sa famille, était liée à la Montagne qu'il mettait cruellement en jeu pour...Pour quoi, au juste ? Quelle pouvait bien être sa motivation ? Qu'y avait-il de si bien à gagner à la fin pour qu'il y ait autant à risquer au début, en contrepartie?

Certes, toute victoire nécessite sacrifice, mais toute bataille possède autant victoire que défaite. Alors qu'en était-il là ? Quel était son pourcentage de victoire pour qu'il ait une telle confiance en lui-même ? N'était-ce qu'un jeu dont j'ignorais les règles mais dont je faisais partie intégrante bien malgré moi, aussi bien en tant que pion qu'en tant que joueur ? Les événements commençaient à me dépasser, je ne comprenais plus rien, je me perdais et me noyais peu à peu dans le néant de l'incompréhension, ne saisissant plus aucune des informations qui me parvenaient difficilement.

« - Mais Lana tu…Tu pleures ? » a-t-il demandé, surpris.

J'ai écarquillé les yeux sans comprendre. J'ai cligné des paupières rapidement, effleurant mes longs cils de la main et me suis rendue compte qu'en effet, je pleurais. Je n'avais guère fait attention à cela, je n'avais strictement rien senti, je n'avais même pas reniflé, sangloter…Tout était venu si spontanément, de façon si naturelle que s'en était indiscutable.

Mais comment cette part de ma tristesse, de ma douleur, de ce fardeau qui n'appartenait qu'à moi, avait-elle pu être si facilement arrachée à ma personne contre mon gré ? Je devais sans doute avoir baissé ma garde trop longtemps et trop facilement, les épaules brisées par le poids d'un passé qui continuait encore de me hanter en silence chaque jour. Silence qui n'était d'ailleurs ni pur ni paisible, seulement pesant et lassant à la longue, qui faisait ressurgir du néant des rumeurs chuchotées tout bas, très doucement, par des voix qui écorchaient la peau et la laissait à vif.
J'étais devenue bien trop faible…

« - Je…Je ne sais pas quoi te dire, je... Un moment de relâchement sans doute… » ai-je tenté de justifier bien que je n'arrivais pas à me convaincre moi-même. « As-tu vu Thorin ? Quand je suis rentrée il était déjà parti. » ai-je enchaîné pour changer de sujet, d'une voix que j'espérais sans émotion, calme et posée.

Je n'avais pourtant pas choisi le meilleur sujet. Fili n'aimait pas m'entendre parler de Thorin, il n'écoutait que par obligation ce que j'avais à dire à son propos, préférant profiter de moi quand il en avait l'occasion plutôt que de perdre son temps dans des choses où il ne pouvait intervenir. Pour lui, c'était à cause de son oncle si nous ne pouvions pas être ensemble, il devait sans doute lui en vouloir.
Je ne doutais pas que si j'avais été mariée à quelqu'un d'autre, Fili n'aurait pas hésité à me revendiquer pour lui, -peu importaient les conséquences-, allant jusqu'à se battre pour me posséder. Mais malheureusement pour lui, j'étais tombée sur la seule personne avec qui il lui était impossible de livrer bataille. Il n'avait alors pas d'autre choix que se taire, que de faire taire la jalousie qui consumait son cœur d'un désir inassouvissable. Endurer, réprimer, mentir…

« -Oui. » a-t-il répondu, une pointe d'amertume dans la voix. « A la forge avec Dwalin. Et je crois qu'il y est depuis quatre heures. » a-t-il ajouté avec un petit sourire moqueur.

« -Q-quatre heures ?! » ai-je répété, choquée. « Mais ça veut dire que… »

« -Que tu étais encore dans ma chambre quand il est parti, c'est exact. » a coupé Fili, un sourire triomphant aux lèvres. « On remet ça dès que possible ! »

« - Il vaudrait mieux éviter au contraire !»

« -Pourquoi ça ? Tu ne trouves pas ça excitant ? » a interrogé mon amant, mi vexé mi énervé. « Tu n'as pas aimé la façon dont nous avons fait l'amour ? Pourtant lorsque tu me chevauchais, tu prétendais le contraire. »

Il s'est avancé d'un pas et s'est penché jusqu'à mon oreille où il a murmuré d'une voix basse et sensuelle :

« -J'aime t'entendre et te voir jouir contre moi. »

Par chance, il a eu la présence d'esprit de ne pas m'embrasser ou me toucher. Il a rétabli une distance raisonnable entre nous même si l'idée de venir me coller à lui m'a rapidement traversé l'esprit. Il faisait tout pour que je craque, que je cède enfin une bonne fois pour toute et que l'on cesse une bonne fois pour toute cette manigance. Fili n'avait rien contre l'idée de tout dévoiler à son oncle, de lui dire la vérité et par conséquent de me libérer du mal que je m'auto-faisais.
Il se fichait royalement du fait que le mariage était un engagement sacré, que l'union des deux êtres était en théorie inviolable car bénie des dieux. Il se fichait également des conséquences que produiraient nos actes si jamais on venait à les découvrir. Lui et moi, nous avions fait des choses que nous allions regretter un jour ou l'autre mais il n'en avait cure.

On prétendait que la luxure était l'un des plus gros défauts de l'être vivant, et qu'il le paierait sans doute à sa mort. Mais si la mort promettait d'être aussi douce que le plaisir que procurait la luxure de notre vivant, je voulais m'y bannir avec application. J'ai souri à cette simple pensée, m'imaginant Fili et moi, condamnés à errer dans un quelconque enfer pour avoir succomber à notre désir et à la passion charnelle. Si même en Enfer nous étions ensemble…

Je m'apprêtais à dire quelque chose quand j'ai vu Thorin s'avancer dans notre direction, l'air fier, royal. Il était vêtu d'une simple chemise blanche qui le mettait cruellement en valeur, laissant entrevoir des muscles saillants. Le vêtement était taché par le charbon, la sueur, légèrement troué également, et son pantalon de couleur sombre tout comme ses chaussures était, en revanche, d'une propreté sans égale. Arrivé à notre hauteur, Fili l'a salué d'un vague mouvement de tête ponctué d'un sourire alors que je m'avançais pour l'embrasser.
Il était chaud sous moi et j'ai frissonné lorsqu'il m'a prise par la taille et attirée contre lui pour renforcer notre étreinte. J'ai presque pu sentir la fureur de Fili et la jalousie qui le consumait, me foudroyant au passage. Je le voyais bien serrant les poings à côté de nous, se retenant de nous sauter dessus. Ses yeux bleus irradiaient d'une lueur malaise, animés par une pulsion dévastatrice.

« -Je vous laisse. J'ai à faire. » a fait Fili d'un seul coup alors que Thorin desserrait son emprise sans pour autant me lâcher.

Il a regardé son neveu s'éloigner d'un pas rapide mais n'a pas chercher à le retenir. Je pouvais sentir son désarroi et son incompréhension face à la situation. Thorin ne comprenait pas pourquoi Fili était devenu si distant par rapport à sa famille. Pour ma part, j'ai baissé les yeux sans piper mot, étant justement la cause du problème. Une fois que Fili eût totalement disparu de notre champ de vision, Thorin s'est retourné vers moi, me dépassant d'une bonne demi-tête. Ses yeux sont venus rencontrés les miens, puis m'a longuement embrassé le cou, chatouillant et mordillant chaque parcelle de ma peau qui était à découvert.

« -Thorin… » ai-je fait en me retenant de gémir. « Nous ne sommes pas seuls ici. » ai-je ensuite rappelé.

« -C'est vrai, mais je suis le Roi, je peux faire ce qu'il me plaît. »

« -S'il te plaît Thorin… »

Il s'est brusquement retiré de moi, me relâchant d'un seul coup avant de me toiser de toute sa hauteur. Je me suis retenue à l'un de ses bras puissants pour ne pas trébucher avant de lever les yeux vers lui. La colère transparaissait dans ses yeux et j'ai tout de suite pris peur. Que venais-je donc d'engendrer ?

« - Bon sang mais qu'est-ce qui t'arrive Lana hein ?! A quoi joues-tu depuis quelques temps ? Et pendant que nous y sommes, où étais-tu jusqu'à présent ? Je t'ai cherché partout sans jamais te trouver ! »

J'ai eu l'impression que mon cœur avait raté un battement, que l'on venait de me mettre un coup de poing dans le ventre tant je ne parvenais plus à respirer. Un coup de poignard dans le dos m'aurait sans doute fait moins souffrir…J'ai regardé Thorin sans répondre, mais celui-ci ne semblait pas prêt de lâcher sa question et de passer à autre chose. Il voulait une réponse.J'ai ouvert la bouche pour répondre mais aucun son n'en est sorti. Je commençais à manquer d'air mais j'avais soudainement oublié comment respirer.

« -Je te le redemande Lana : où étais-tu ? »


ET PAF ACTION! Enfin bref, très sérieusement, bonjour x)

Héhé, désolée si j'ai pris du retard, je tiens à m'en excuser, ce chapitre aurait dû sortir plus tôt mais j'étais en voyage et donc, privée de connexion (sauf si je déboursais ce qui n'a pas été mon cas). Comme vous l'aurez sans doute remarqué, ce chapitre est cruellement plus long que les autres mais en guise de compensation, il y a du suspense (enfin, en quelque sorte et piètre compensation donc...Non, vous ne me taperez pas ! C'est interdit par MA loi. :P).

A partir de maintenant, les chapitres gagneront en longueur (plus ou moins) car j'ai décidé d'amener l'intrigue plus rapidement que prévue. Si c'est réellement trop long, je reviendrai à la taille jusqu'ici normale des chapitres, cela ne me gêne pas.

Bienvenue dans le début de la déchéance et de la décadence de notre adorable trio! J'aime la souffrance (niark niark).

N'hésitez pas à me prévenir si ça commence à virer Mary-Sue car ce n'est pas censé être le cas.

Comme convenu, je réponds aux "SCF" (sans compte-fixe):

Lillyy: Bienvenue à toi donc, même si j'ai cru comprendre que tu étais déjà venue ! (merci bien, au passage.) Je peux concevoir que tu aies voulu attendre un peu avant de te manifester, j'ai conscience que ma fiction n'est pas quelque chose de commun et peut être est-elle même potentiellement gênante car bon, il faut se l'avouer, l'adultère n'est un sujet que l'on aime aborder, moi si, mais je suis mal formée donc je ne compte pas x).
Aaah l'amour, un sentiment qui nous malmène autant qu'il nous fait vivre. Oui, Fili aime vraiment Alana et c'est réciproque. Une histoire similaire (en quelques points) à leur romance peut être celle de Tristan et Iseult. Je trouve que cette légende résume assez bien ce que vivent les protagonistes, et j'avoue m'être beaucoup inspirée de leurs sentiments pour construire le côté triste et désemparé d'Alana qui est comparable à Iseult.
Si tu auras plaisir à lire la suite, je t'avoue donc avoir plaisir à l'écrire ;)

A la prochaine alors,

Lhena. :)

POST-SCRIPTUM:
J'ai eu une idée lumineuse ce matin, (car, oui, ça m'arrive des fois) et j'ai décidé de publier un OS à caractère sexuel tous les cinq chapitres -donc potentiellement bientôt. Etant donné que j'ignore le nombre total de chapitre qu'aura cette fiction, je suis incapable de vous dire s'il y aura plus d'un OS. Normalement oui mais l'avenir est indéfinissable.

A bientôt pour la suite !

Lhena :)