Merci pour vos reviews^^. j'espére que vous avez aimé cette fiction.
Merci à Pikliaz pour avoir corriger ce chapitre
Chapitre 4
- Qu'aimerais-tu manger ?, demanda Neville en regardant le plateau qu'il avait commandé.
Tous deux vêtus de peignoirs, ils se détendaient et reprenaient des forces après l'amour. Neville était assit sur les genoux de Severus.
- Il y a des fruits, de la salade, du fromage, des crevettes et, pour le dessert, des gâteaux et de la crème anglaise, ajouta-t-il.
Avec un sourire, Severus glissa sa main sous son peignoir et caressa la cuisse de Neville.
- Je meurs de faim et tout me tente, fit Severus en souriant à Neville
Neville lui fit croquer une fraise, il insista pour lécher ses doigts un par un.
- Parle-moi de ton nouveau poste, lança Severus
Fière de sa réussite, il répondit d'un ton enthousiaste.
- Je serai chargé de la direction de nouveau département en botanique au ministère de la magie. Le ministère a une des plus grandes serres. C'était pour moi une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer tant au plan professionnel que personnel.
- Tu risques de passer beaucoup de soirées et de week-ends sur des projets qui demanderont toute ton attention…
Neville prit une cerise et le porta à ses lèvres.
- Cela ne me dérange pas.
En tout cas, auparavant, consacrer l'essentiel de son temps à travailler ne l'avait jamais ennuyé. Mais soudain, les mots lui restèrent en travers de la gorge comme s'il s'agissait d'un mensonge. Il se rendit brutalement compte que son métier était tout ce qu'il avait dans l'existence. Il avait toujours refusé de nouer des relations amoureuses suivies par craintes de s'engager, de perdre son indépendance, sa sécurité. Depuis sa plus tendre enfance, il s'était répété qu'il n'avait besoin de personne. Cette certitude l'avait rassuré plus que tout pendant des années mais tout à coup, il n'en était plus aussi certain.
Comme le doute s'insinuait dans son esprit, il eut du mal à déglutir.
- Mais quand trouves-tu la possibilité de sortir, de fréquenter des amis, d'entretenir des liens amoureux ?
- La plupart des personnes ne comprennent pas mon désir de réussite professionnelle.
- Leur donnes-tu la possibilité de s'adapter à ton mode de vie ou décrètes-tu d'office qu'il n'y a, de toute manière, aucune place pour eux dans ton agenda ?
Même s'il ne le voyait pas, il devina qu'il fronçait les sourcils.
- Que veux-tu dire ?
- je me demandais si ton existence bien remplie te laissera quand même du temps pour un compagnon et une relation suivie ou si tu préfères rester seul.
- Être seul ne m'ennuie pas, c'est mon choix, répliqua Neville d'un ton énervé.
Un petit sourire sexy se dessina sur les lèvres de Severus.
- Il est respectable, mais peut-être pas idéal, chéri. Ce n'est pas ton métier qui te réchauffera la nuit et tout l'argent du monde ne te rendra pas heureux.
Il avait deviné qu'il nourrissait depuis toujours le désir secret d'être aimée par un homme qui remplirait son cœur de joie et lui permettre de vivre une existence d'homme épanouit. Troublé, déchiré, Neville se leva et s'écarta de lui. Malgré le bandeau qui couvrait ses yeux, Severus voyait plus clairement en lui que quiconque et Neville se sentait menacé par son intuition.
Severus enroula son bras autour de la taille de Neville pour le retenir. Levant la tête, il demanda doucement.
- Où vas-tu ?
- Je crois que nous en avons terminé, dit Neville d'un ton plus autoritaire qu'il ne l'aurait voulu, priant pour qu'il le laisse partir.
***.
À ces mots, l'angoisse s'empara de Severus, Neville voulait-il dire que leur folle soirée était terminée ou qu'ils avaient fini le repas ? De toute façon, il refusait de le laisser s'en aller, de lui permettre de mettre une distance entre eux. Maintenant, il devait agir vite s'il ne voulait pas perdre le terrain qu'il avait eu tant de mal à gagner.
Neville était prêt à s'échapper dès qu'il le lâcherait. Il le sentait se raidir. Clairement, il avait été trop loin mais Severus était décidé à lui prouver que la vie ne pouvait se résumer à un métier aussi passionnant soit-il. Et qu'il avait beaucoup d'autres choses à vivre. Avec lui en particulier…
Pour dissiper les tensions et le retenir, il comprit qu'il devait utiliser les meilleures armes à sa disposition : la séduction.
- Nous sommes loin d'en avoir terminé, répliqua Severus, mettant volontairement un double sens à ses paroles. Nous n'avons pas encore pris le dessert et j'ai vraiment très envie de goûter ce gâteau. Peux-tu m'en donner un morceau, s'il te plait ?
Le lâchant, il tendit la main et attendit, se demandant s'il allait accéder à sa demande ou s'il l'enverrait promener.
Lorsqu'il sentit se poser sur sa paume un bout du fondant au chocolat, un sentiment de triomphe le traversa. Il le mordit avec appétit, puis décida d'enchainer sur un petit jeu sensuel.
- Assieds-toi sur le bord de la table, Neville, lui ordonna-t-il.
Et cette fois quand Neville s'écarta de nouveau de lui il sut que ce n'était pas pour s'enfuir.
Il l'entendit repousser le plateau et s'installer.
- Que vas-tu faire ?, demanda Neville avec curiosité.
Il se leva et s'approcha de lui. D'une main habile, il tira sur le cordon qui fermait son peignoir et en écarta les pans. Puis il se mit à le caresser.
- J'aimerais que tu sois mon dessert...
Neville ne protesta pas et profitant de son avantage, il le dénuda complètement. Puis Severus se mit à étaler un peu de crème anglaise sur ses tétons, sur son ventre, sur ses cuisses et à la fin sur sa verge à demi levée. Quand il eut terminée son travail, il se pencha sur lui pour déguster la mousse onctueuse. Promenant ses lèvres, sa langue sur sa peau, il le lécha jusqu'à ce que Neville frémisse de plaisir. Lorsqu'il arriva enfin sur sa verge et commença à la lécher, il l'entendit le supplier de le prendre. Après s'être protégé, il l'étreignit et lui fit l'amour sur la table.
Sous ses assauts, Neville se tordit de jouissance, soudé à Severus. Ils s'envolèrent vers le septième ciel. Le plaisir les surprit en même temps et, dans un cri, Severus retomba sur lui.
Cet homme l'enivrait et Severus ne parvenait pas à se rassasier de lui. Et pendant les heures qui suivirent, il s'efforcerait de le lui prouver.
A l'aube, le lendemain matin, Neville considéra son reflet dans le miroir de la salle de bain, incapable de croire que cet homme aux joues rouges et aux yeux brillants qui lui faisait face était bien lui. De toute sa vie, il n'avait jamais ressemblé à ce point à un libertin. Sa nuit avec Severus avait été aussi mémorable qu'il l'avait espéré. Fermant les yeux, il frissonna en se remémorant l'épisode du dessert sur la table. Il savait que Severus avait cherché à le distraire après leur trop sérieuse conversation à propos de ses choix professionnels et de ses priorités dans la vie mais il l'avait laissé faire, feignant ne pas avoir remarqué sa manœuvre.
Severus était un amant incroyable, si généreux de sa personne et si attentif à l'autre. Il était tellement insatiable qu'il n'avait pas pu lui résister. Ensuite, ils avaient pris une longue douche ensemble, autre expérience érotique qu'il n'était pas près d'oublier. Enfin, ils s'étaient couchés dans l'immense lit. Sans retirer son bandeau, il l'avait enlacé avec tendresse et, blottis l'un contre l'autre, ils avaient longuement discuté. Il s'était enfin endormit, au creux de son épaule, son bras enroulé autour de lui, il s'était senti en sécurité comme il ne l'avait jamais été de sa vie.
Et ce matin, il allait le quitter pour toujours. À cette idée, son cœur se serra et il lutta contre les doutes qui l'envahissaient, prenant soudain conscience de l'énormité de ses actes. Au lieu de satisfaire les pulsions qu'il éprouvait pour Severus depuis des mois, cette folle nuit avait intensifié ses sentiments pour lui.
Refusant de se laisser abattre, il se brossa les dents et s'aspergea le visage. Il était temps de partir, avant de commettre une bêtise bien pire encore que les précédentes. Comme d'avouer à Sévères qu'il était tombé amoureux de lui, par exemple. Il l'était déjà avant cette nuit mais à présent, il brulait d'une passion totale, et cela n'avait rien d'étonnant.
Il avait besoin de remettre la main sur ses habits pour partir et il tenait à le faire avant que Severus ne se réveille. Il préférait éviter la scène des adieux.
Pourtant, il ne put s'empêcher d'entrebâiller la porte de la chambre, de regarder le lit et le bel homme qui y était étendu, au milieu des draps froissés. Il portait encore le foulard. Comment avait-il pu être bête pour croire que le bandeau le protégerait de ses propres émotions.
Les cheveux ébouriffés, intégralement nu, il était magnifique et il remarqua qu'il était en érection. Neville sourit, sentant aussitôt un désir puissant se réveiller au creux de son ventre.
Résistant à la tentation, il tourna les talons et retourna dans le salon pour récupérer ses vêtements.
- Vas-tu me quitter comme cela ? demanda Severus soudain d'une voix rauque.
De surprise, il sursauta, se demandant ce qu'il voulait dire. Faisait-il allusion au fait qu'il avait toujours les yeux bandés ? Ou qu'il était prêt à faire l'amour ? lui reprochait-il de filer à l'anglaise ?
- Viens près de moi, Neville, appela-t-il.
Neville se surprit à retirer son peignoir et s'approchait docilement. Il avait envie de faire l'amour une dernière fois avec lui. Avant de lui dire adieu. Se laissant tomber sur le matelas, il repoussa les draps et glissa le long de son corps. Lorsqu'il l'enlaça et le serra contre lui, il frissonna.
Baissant la tête, Neville posa ses lèvres sur les siennes et leurs langues entamèrent une danse sensuelle. Sans relâcher son étreinte, Severus lui caressait le dos. Le souffle court, ils sentirent leur cœur s'accélérer. Neville devina son désir, aussi puissant que le sien, et sa faim de lui. Neville de ses mains, de sa bouche, il exprimait les mots qu'il gardait enfouis au fond de son cœur.
Il l'aimait. Des larmes inattendues brûlèrent ses paupières mais il réussit à les maitriser. Plus tard, il aurait tout le temps de s'apitoyer sur son sort.
La tenure de leur baiser changea, devenant brûlant, et Severus resserra son emprise. Neville sursauta quand Severus le fit rouler sur le lit pour l'emprisonner sous son corps musclé. Il lui écarta les jambes, se glissant sur ses hanches, là où était sa place. Il le dominait complètement et Neville retint son souffle, attendant qu'il le prenne et lui fasse tout oublier.
Mais ce moment ne vint pas. Au lieu de lui faire l'amour, il commit l'impensable. Sans prévenir, il arracha son bandeau, violant leur accord. Et il planta ses yeux sur lui, son regard noir le sondant comme un rayon laser, pour la première fois depuis qu'il l'avait kidnappé.
Severus regarda Neville. Le souffle court, il se débattait comme un fou dans l'espoir d'échapper à son emprise. Fermant les yeux Neville tourna la tête pour lui dissimiler ses émotions et ses sentiments. Severus ne bougeait pas d'un pouce.
Plantant ses bras de part et d'autre de la tête de Neville, il mêla ses doigts à ceux de Neville. Il le maitrisait complètement.
- Tu m'avais promis de garder ton bandeau jusqu'au bout !, protesta Neville.
Il se sentait trahi et une pointe de culpabilité tortura Severus mais il n'éprouvait aucun regret. Ce foulard était un obstacle qu'il devait écarter s'il voulait avoir la chance d'envisager un avenir avec lui, de vivre à ses côtés. Neville devait absolument lui faire confiance.
- Si c'est tout ce que tu me permets, laisse-moi au moins te regarder faire l'amour avec moi, dit-il d'une voix rauque. J'aimerai au moins emporter ce souvenir de toi, de cette nuit, ajouta-t-il.
Il lâcha les mains de Neville, plaça les jambes de celui-ci sur ses épaules et d'un mouvement de reins, il le pénétra et Neville gémit doucement, acceptant cette intrusion. Tandis qu'il allait et venait, il le sentit se détendre. Les tensions s'évanouissaient au fur et à mesure que le plaisir s'emparait de Neville.
Doucement Neville tourna la tête et Sévères vit ses prunelles brunes remplies de larmes se poser sur lui, il en éprouva un soulagement intense. Si Neville n'avait rien ressenti pour lui, il n'aurait pas pleuré.
Leurs regards se rivèrent l'un à l'autre tandis que Severus achevait d'entrainer Neville vers l'orgasme. Severus observait ses réactions, devinait le moment où Neville basculait dans la jouissance. Et lorsqu'il parvint enfin à l'extase, il murmura son nom et son visage roula sur l'oreiller. Comme Neville allait à l'encontre de ses coups de riens, incapable de se retenir plus longtemps, il jouit à son tour.
Le souffle court, Severus le prit dans ses bras, et Neville ne chercha pas à se libérer.
Les premiers rayons du soleil pénétraient dans la chambre. À l'expression de Neville, Severus devina la vulnérabilité de Neville.
- A quoi penses-tu ?, demanda Severus d'une voix douce.
Neville prit une profonde inspiration et dit :
- Je suis terrifié.
Severus fronça les sourcils, ce n'était pas la réponse qu'il attendait.
- Tu as peur de moi ? demanda Sévères avec précautions.
Neville se mordait les lèvres.
- Plutôt de ce que tu me fais éprouver.
- Et qu'éprouves-tu ?
Avec douceur, Neville caressa la joue de Severus.
- Je me sens aimé et chéri.
- Voyons… si j'ai bien compris, dit Severus en souriant avec chaleur. Tu es terrifié à mort parce que tu te sens aimé et chéri, c'est bien cela ?
- Oui, répondit Neville en rougissant. Je n'ai jamais laissé personne s'approcher de moi suffisamment pour me sentir en danger.
- A mon avis, tu as, à présent, le choix entre deux possibilités. Tu peux t'en aller et classer cette folle nuit dans ta catégorie des aventures purement sexuelles et sans lendemain ou tu peux tenter ta chance avec moi. Avec nous… quelle que soit ta décision, je l'accepterai.
Le cœur battant Severus attendait sa réponse.
- Je veux bien essayer. Parce que je suis incapable de m'imaginer franchir cette porte et poursuivre ma vie comme si rien ne s'était passé entre nous, sans un regard en arrière.
Severus lui caressa la nuque, le cœur remplit de passion et de tendresse pour cet homme qu'il ne put s'empêcher de lui déclarer.
- Je t'aime, Neville.
Neville planta sur lui ses grands yeux bruns. Il semblait fragile et incrédule.
- Tu m'aimes ?
Severus se demanda si quelqu'un ne lui avait jamais fait un tel aveu.
- Oui, je t'aime, répéta-t-il d'une voix forte et assurée. Cela te pose un problème ?
Il espérait que non parce qu'il avait l'intention de le lui répéter souvent.
- Non, pas du tout, répondit Neville, les yeux de nouveau pleins de larmes mais cette fois, il s'agissait de larme de joie. Je t'aime, moi aussi, Severus Snape.
Severus n'avait pas besoin de lui demander s'il parlait sérieusement. L'émotion qui brillait dans son regard lui prouvait la sincérité et l'intensité de ses paroles.
Et savoir que Neville était à lui, maintenant et pour toujours, lui suffisait.
FIN.
Dit-moi ce que vous en pensez de cette fiction^^
