Juste pour dire.

Mon moral frisant le zéro ces derniers temps, je ne sais pas i j'aurais vraiment envie d'écrire. Ce chapitre-là était déjà fini avant ma baisse de moral, donc je peux vous le passer. mais je ne garantis rien pour le prochain, rien du tout. Excusez-moi, s'il vous plaît.

REPONSES AUX REVIEWS ANONYMES :

: Et oui, je suis jeune (un âge normal pour mon âge quoi) donc on peut en conclure que je suis un génie ^^ C'est comme ça, c'est naturel en fait. Je suis super contente de ta review qui m'a fait bien rire et que mon texte t'ai plu =D Voici la suite !

Revy-chan : Lora ? Pas Lora ? En tout cas, merci de ta review ! Comme tu le vois, ici commence un nouveau chapitre !

Disclaimer : Debi et... padampadampadam, le garçon DONT ON APPREND LE NOM DANS CE CHAPITRE sont à... Bah à Hoshino U_U Et Theme of Day, la ville, Tachika et son amie m'appartiennent !

ENJOY !


Debitto entendit le froissement des draps signalant que quelqu'un se levait, et entendit des pas furtifs sur le parquet. Une porte s'ouvrit et se referma tout aussi silencieusement. Il n'eut pas le courage d'ouvrir les yeux, préférant rester dans ce lit, quand un lointain bruit de chute suivi d'un juron acheva de le réveiller. Il entrouvrit un œil pour regarder l'heure. 6 heures du matin. Avec un grognement, il retourna se caler sur quelque chose de mou et d'assez chaud qui lui servait de coussin depuis quelques temps. Trois ou quatre minutes plus tard, la porte se rouvrit et se re-referma, les pas reprenant bien qu'il notait une légère claudication. Celui ou celle qui était tombé s'était bien fait mal. Il commençait à se rendormir quand une odeur de café lui chatouilla les narines et une voix murmura à ses oreilles, amusée.

- Certes, mon frère n'est pas très remuant, de là à le confondre avec le matelas, il y a une marge…

Il ouvrit des yeux vitreux, marmonna quelque chose et palpa autour de lui. Il sentit un drap, un autre tissu doux qu'il supposait être un t-shirt et le visage de quelqu'un, quand il tomba sur quelque chose d'étrange. C'était très doux, et très fin, et il ne savait absolument pas ce que c'était. Il tira dessus pour l'amener jusqu'à lui… Sa joue ressentit une douleur fulgurante au moment où il saisissait la chose étrange et il recula un peu, sonné.

- Désolée pour toi, c'est un automatisme chez Dero… On ne touche pas à ses cheveux.

Il se releva à demi, ouvrant entièrement les yeux. Il y avait peu de lumière, et il sut d'instinct qu'il pleuvait encore. Tachika s'était assise sur le lit, deux tasses fumantes dans une main, un verre de lait dans l'autre. Elle lui tendit une des tasses.

- Tu en veux ?

Il acquiesça et prit la tasse entre ses mains gelées – pourquoi, d'ailleurs ? Il avait eu chaud toute la nuit ! – en la remerciant. Elle approcha l'autre tasse de son visage et but du bout des lèvres avant de l'éloigner, grimaçante.

- Aaah, que j'aime pas ça ! Comment vous faites pour boire un truc aussi amer ?

Elle soupira et alla se pencher à côté du blond qui avait pris toute la couette et s'était fait un cocon avec.

- Dero… Dero, c'est moi… ta sœur chérie adorée, l'idole à qui tu as construit un temple en allumettes… Debout ! Il est l'heure de se lever !

Il émit un grondement très éloquent et s'enfouit un peu plus sous les draps.

- C'est Noël... Maman vient me rechercher… Les extraterrestres ont envahi la Terre…

Toujours pas de réponse.

- J'ai fini la quête pour trouver les perles de lumière chez les Zoras !

- Ah bon ? Quand ? Comment t'as fait ?

Il avait sorti la tête de son cocon de fortune et regardait sa sœur brune, hébété, les cheveux emmêlés et les yeux ensommeillés. Elle rit et lui donna sa tasse, sous les yeux interrogateurs de Debitto qui buvait à petites gorgées en fixant le blond. Il se releva aussi et pencha la tête de côté en voyant le brun qui baissa aussitôt les yeux, intimidé, et se concentra sur sa tasse.

- Pourquoi es-tu là, demanda t-il en prenant sa tasse des mains de Tachika.

- Je suis parti de chez moi, murmura t-il sans lever les yeux, et j'ai voulu venir ici… Mais je ne savais pas que c'était ouvert ! Et je n'ai rien volé du tout ! Promis !

L'autre s'étouffa brusquement avec son café et émergea du liquide brûlant, hilare.

- Pourquoi tu te défends comme ça ? Je n'ai rien dit !

Debitto esquissa un faible sourire contrit et finit de boire son café pour donner la tasse à Tachika qui alla les poser dans la cuisine. Le blond, pendant ce temps, regardait autour de lui, sourcils froncés.

- Qu'est-ce que tu cherches ?

- Mes cigarettes.

Debitto ouvrit de grands yeux incrédules. Il fumait ? Pour de vrai ? Il était… Déçu… Non… Quand même pas… Déçu ? Quel imbécile ! Il en avait le droit ! Même les anges ont droit à la nicotine, non ? Mais il devait avouer que cela lui faisait un choc de voir ce garçon qu'il connaissait à peine fumer… Lui, il n'avait jamais voulu essayer. Cela ne lui servait à rien, même si ses parents – qui fumaient allègrement – ne le lui avaient jamais interdit. Que le blond fume le faisait ressembler à quelqu'un de… Normal.

- Tachika ! Où sont mes cigarettes ?

- Ahah, mystère, répondit la jeune fille.

Il se pencha au-dessus du brun pour fouiller dans un tiroir débordant de feuilles à côté de lui, et il ressentit encore le besoin de se l'approprier, de le faire sien. Comme toute chose qu'il voyait, Debitto avait envie de la posséder. Et le blond ne faisait pas exception à la règle.

Soudain, il poussa un hululement de victoire et brandit triomphalement deux cigarettes et une boîte d'allumettes, serrées dans sa main gauche comme si elles constituaient le plus grand des trésors. Avec des gestes précis et rapides, comme un rituel, il craqua une allumette. Un bref flamboiement qui servit à allumer le bout de la cigarette. Le bâton noirci jeté à côté de lui, la fumée à l'odeur étrange emplissant l'air et floutant le blond. Il ne s'aperçut donc pas que le brun avait ouvert grand les yeux et mémorisé chaque geste, chaque mouvement qu'il avait fait. Longtemps après, il pourrait fermer les yeux et s'imaginer le garçon en train de répéter ces postures, comme une pièce de théâtre. Le blond tourna les yeux vers lui et souffla une bouffée de fumée dans l'autre direction.

- Ca te gêne ?

- Non, mais ça m'a… Surpris.

- Pourquoi, demanda t-il, perplexe.

- Je ne t'imaginais pas comme ça, avoua t-il, gêné.

Il sourit et pencha la tête en arrière, levant les yeux vers le plafond masquant le ciel.

- Je sais. Personne ne m'imagine comme je suis.

- Quand vous aurez fini de papoter, vous pourriez me laisser le lit, lança la voix moqueuse de la brune, dans la pénombre.

Debitto sursauta en l'entendant tant il avait oublié sa présence. L'autre soupira.

- Tu as dormi autant que nous…

- Faux, rétorqua t-elle. Moins que toi et plus que Debi !

- Debi ? répéta t-il, incrédule.

- Bah… Oui, répondit-elle, surprise. Debi et Dero…

Il resta un temps silencieux. Même ses parents ne lui avaient jamais donné de surnom… Debi. Pourquoi pas ?

- Ca ne te va pas ? paniqua la jeune, fille, inquiète. Si tu veux je t'appelle Debitto hein !

- Si, si, mais ça aussi ça m'a surpris…

Le blond rit et tira encore sur sa cigarette.

- Bienvenue chez nous alors !

Lassée d'attendre, Tachika les poussa brusquement hors du lit et se faufila sous les draps, se roulant en boule comme un loup famélique. Elle bâilla et ferma les yeux.

- Tu devrais lui montrer la librairie un peu mieux, marmonna t-elle. Moi je reste ici ce matin…

- Mais…

Elle s'était déjà rendormie, ses cheveux noirs dépassant à peine de la couette. Debitto regarda Dero qui lui sourit, vaguement désolé, et lui fit le signe de descendre. Il le suivit jusqu'à ce qu'une drôle d'idée ne lui vienne en tête.

- Mais, elle ne va pas au collège aujourd'hui ? On est en semaine pourtant…

Il se figea et ouvrit la bouche puis la referma, mal à l'aise. Le brun le fixa jusqu'à ce qu'il détourne les yeux et avoue d'une petite voix.

- Elle n'y va pas, jamais.

- Pourquoi, s'exclama t-il, stupéfait.

- Pas assez d'argent…

Il était devenu écarlate et avait vite tourné la tête tandis que Debi se mordait la langue, conscient d'avoir fait une gaffe.

- Désolé, murmura t-il.

- Oublie, répondit le blond. Tu viens, reprit t-il d'une voix plus forte, et un peu plus enjouée.

Il le suivit docilement, pénétrant dans la librairie à proprement parler, puis arriva dans une autre pièce adjacente à la première où une batterie un peu vieille, un réfrigérateur et des piles de disques, tous différents avaient été posés. Il le regarda avec admiration, et ne vit même pas que l'autre repartait discrètement puis revenait.

- Elle est à qui la batterie, dit-il en se penchant vers elle.

- Tach. Elle s'entraîne pour devenir batteuse plus tard, avec une amie à elle, répondit-il en le regardant avec insistance.

Il surprit ce regard car il se releva.

- Quoi ?

- Tu peux me parler de toi… S'il te plait ? demanda t-il en s'asseyant sur un fauteuil dans un coin.

Debitto en resta abasourdi quelques secondes avant de s'assoir aussi et de raconter ce qu'il avait vécu, tout ce dont il se souvenait. Ses parents qu'il trouvait trop absents, voir méprisants, sa vie trop seule qu'il comblait du mieux qu'il pouvait. Sa passion pour les livres, et pour la musique, avec lesquels il survivait plus ou moins. Petit à petit, il s'engagea sur ses pensées, sans se soucier de ce qu'il pouvait en penser. Qu'il était sûr que l'humanité ne pouvait pas tomber plus bas, qu'elle était vouée à s'éteindre en détruisant le plus de choses. Que rien ne pouvait le sauver lui, sauf peut-être la mort.

Le blond l'écouta avec attention, puis commença à parler. Il s'appelait Jasdero, Tachika était sa petite sœur. Leurs parents avaient divorcé, comme des milliers de couples avant eux. Mais leur mère était atteinte de la paranoïa, la vraie, la maladie. Jasdero, une fois qu'il avait eu la librairie qu'il avait toujours voulue, n'accepta pas de laisser sa sœur avec sa mère. Elle pouvait passer de son état normal à l'état paranoïaque, emportant alors fille et vêtements dans sa voiture et partant elle ne savait pas où. Si bien que la jeune fille n'avait pas… pas de vie, en fait. Alors il l'avait prise avec lui, mais il n'avait pas eu assez d'argent pour qu'elle aille au collège et elle se débrouillait avec ses livres pour apprendre. Il allait manifestement continuer quand leurs ventres grognèrent de concert, les surprenant tout deux. Ils avaient trop parlé, beaucoup trop. Jasdero se leva et s'étira, avant d'allumer sa neuvième cigarette depuis le début de la journée.

- On n'a pas grand-chose à manger, s'excusa t-il en fouillant dans le réfrigérateur. On se nourrit surtout de sandwiches, je me doute que ce n'est pas très…

Il chercha ses mots, fonçant les sourcils. Debitto lui vint en aide.

- Convenable ?

- C'est ça… Encore désolé.

Le brun haussa les épaules et se leva à son tour.

- Pas grave, je ne vais pas vous déranger longtemps…

- Parce que tu sais où aller ?

La question provoqua un courant glacé dans le dos de Debitto. Non. Non, il ne savait pas. Il ne savait pas où aller, quoi faire, et vers qui se tourner. Il n'avait personne, il n'avait pas de but. C'était tellement étrange de ne pas, rien savoir quoi faire. Aucune ambition, aucun avenir, le néant. Il n'avait pas prévu de partir aussi brusquement de chez lui, ni de venir ici. Alors il n'avait rien calculé… Rien ne s'étendait devant lui. Eux, ceux d'ici, ils avaient un but. Tachika rêvait, Jasdero travaillait. Ils savaient, et pas lui.

- Pourquoi tu ne resterais pas ici en attendant ? Quand tu sauras quoi faire, tu pourras partir !

Il leva vers lui des yeux écarquillés. Comment avait-il su ? Comment avait-il compris que…

Il rit. Debitto aimait bien le rire du blond, il était… Joyeux. Il ne riait presque plus, lui.

- Alors ? Qu'est-ce que tu en penses ?

Sa réponse était logique. Tellement logique.

- J'accepte, évidemment !

Jasdero rit encore, Debitto sourit. La pluie qui tombait dehors s'était calmée, un pâle rayon de soleil traversait péniblement les nuages. Une accalmie.

Comme chez lui. Une accalmie dans sa solitude.