Grâce à un commentaire de Nash-elle (merci beaucoup d'ailleurs), j'ai remarqué qu'il manquait en effet le Chapitre 3, que je repost donc maintenant !
Un de mes tous premiers chapitres, soyez indulgentes !
Merci beaucoup à vous toutes...!
Chapitre 3.
J'estimai que trente minutes étaient passées lorsque j'entendis un bruit extérieur. Puis la porte s'ouvrit de nouveau avec un courant frais. Edward entra avec dans une main, ce qui semblait être des vêtements et dans l'autre un saladier qui dégageait une odeur plus qu'alléchante de pâtes, de tomates, de viande haché et de fromage fondu. Mon ventre se serra, me rappelant à quel point j'étais affamée.
- Du calme, je t'ai apportée quelque chose à te mettre sur le dos, et de quoi manger. Je suis désolé, c'est tout ce que j'ai et ça risque d'être grand, me déclara-t-il avec un je ne sais quoi dans la voix qui m'aida à garder mon calme.
Je me relevai précipitamment, l'esprit entièrement concentré sur la nourriture. La louve était là, mais s'agitait à peine, me laissant un semblant de tranquillité. Il me lança les vêtements, je les attrapai au vol et passai à la hâte le pantalon de jogging gris, en effet beaucoup trop large et long, et le tee shirt bleu marine. La nudité ne m'avait jamais vraiment dérangée, je me souvenais de ces paris passés entre amis qui m'avaient presque poussé à me faire arrêter pour attentat à la pudeur. Mais cela me semblait lointain désormais. Les habits sentaient la lessive et l'homme, ajouté à une odeur sauvage l'odeur d'un loup, celle d'Edward. Puis il avança jusqu'au milieu de la pièce, déposa au sol le saladier qui devait contenir une boite entière de ravioli. C'était beaucoup trop pour une seule personne, mais il me sembla que je pouvais tout engloutir. Quelque chose, une méfiance en moi me retins de m'approcher, j'attendis qu'il se recule, jusqu'à s'adosser contre le mur, pour me jeter sur le plat. Je me saisis de la cuillère en équilibre sur le bord du plat et commençai à manger. J'enchainai les bouchées à toute vitesse, mâchant à peine les raviolis qui me brulaient la langue et la gorge, mais je n'en avais que faire. Arrivée à la moitié à peu près, je levai les yeux vers Edward. Il me fixait avec intensité, un air désolé gravé sur ses traits carrés. Ses lèvres fines étaient pincées et leurs coins tirés vers le bas, les épaules basses. Je ne voulus pas croiser son regard, et me contentai de fixer la tension sur sa mâchoire et ses épaules. J'avalai, puis dégluti de nouveau.
- Merci pour les vêtements et la nourriture, murmurais-je.
Il ne répondit pas, se contenta de hausser les épaules et de sortir de la pièce. Je me retrouvai de nouveau seule, et me remis à manger.
A peine une minute plus tard il revint avec une bouteille d'eau. Il fit un pas dans ma direction et soudain, avant que je m'en rende compte moi-même j'étais accroupie prête à bondir, les lèvres retroussés en signe de menace, et non plus assise. Il s'immobilisa immédiatement et croisa mon regard. Je sentais celui-ci ardent et il sembla le ressentir aussi. Me rendant compte que la bête m'avait submergée en un instant, je portai mes mains à ma bouche en un hoquet de surprise.
- Je…désolé…je ne sais pas…c'est elle, je n'arrive pas à la retenir…balbutiais-je.
Je me forçai alors à la repousser, à l'enfermer en plus profond de moi. A la faire taire, elle et ses excès de colère. Puis je croisai encore son regard. Cela ne plu pas à la louve qui s'agita davantage. Mais je m'y attendais, et me concentrant intérieurement de toutes mes forces, je parvins à la contenir, en la sentant tout de même incendier mon regard. Ce fut alors moi qui fus balayée par la puissance de son regard lupin. Je baissai les yeux.
- Toi. C'est incroyable, dit-il en partant d'un rire qui témoignait de sa surprise.
Je ne comprenais pas, il semblait amusé, alors que je perdais pied. Il fit rouler la bouteille jusqu'à moi et se colla contre le mur. Aussitôt, je me détendis, sans vraiment comprendre pourquoi et me rassis près du saladier. Je finis le plat, un peu honteuse et incrédule, avant de me saisir de la bouteille d'eau. Une fois ma faim et ma soif passée, je me repliai sur le matelas piteux taché de mon sang. J'observai sous mes cils Edward, il semblait épuisé, bien que tendu. Il était assis, le dos contre le mur et la tête renversée. Sa tension se lisait dans la manière où ses poings étaient collés à ses cuisses, où les muscles de ses épaules et de son torse étaient contractés. Un silence pesant s'installa et dura. Il me fallut un moment pour m'habituer à sa présence.
Sa respiration était lente et régulière, assurée à côté de la mienne, et j'aurai presque pu croire qu'il était assoupis si seulement ses poings n'étaient pas si serrés. J'étais épuisée. Ce repas m'avait fatigué, et les informations que je devais assimiler me dépassaient.
J'étais une louve, un loup garou. Invraisemblable mais pourtant vrai. La bête en moi me le rappelait autant que le sang qui maculait les draps et mon corps. Je me demandai ce qui allait réellement changer, me rendant compte que j'étais un monstre. Mes réflexes et sens étaient déjà plus vifs, je devais dépendre d'une meute, dépendre d'un rang, de mon pouvoir. Je devais apprendre à contrôler la - ma - bête intérieure, apprendre à la maitriser. Il avait dit que j'étais soumise, puis dominante, mais je n'étais pas sure de comprendre cette notion de dominance. Et il semblait qu'il y avait un million d'autres choses que je devais apprendre. J'étais complètement dépassée.
Le temps passa, et je dus m'endormir. Je voyais devant moi une bête, un monstre comme certains loups garous de fictions, avec des yeux jaune perçants, de longs crocs tintés de sang, et des membres bizarrement distordus et allongés, entre le loup et l'homme. La bête hurlait, se débattait, semblait attaquer le vide à coups de dents et de griffes. C'était ce monstre effrayant et répugnant qui habitait en moi désormais. Puis un bruit strident me tira violemment de mon cauchemar. Encore une fois, avant même d'avoir compris comment, je me retrouvais plaquée au mur, prête, à l'affut de la moindre alerte. Mais j'étais seule dans la pièce, et une odeur saisissante, presque poisseuse, envahissait l'habitacle : la peur, la mienne. Puis j'entendis Edward parler avec un autre homme, il me semblait que c'était la même voix qu'au téléphone.
- Elle dort, dit-il.
- Dormait, le corrigea l'autre. Je sens sa peur et son agitation d'ici. Soumise puis dominante dis-tu, plus que toi. Je vais voir ça, reste là.
- Oui patron.
Ma respiration se bloqua dans mes poumons, et l'appréhension me saisit, alors que la lourde porte s'ouvrait.
L'homme était impressionnant. Il devait mesurer plus d'un mètre quatre-vingt. Sans être dans l'excès il avait la carrure bien bâtie d'un sportif, les cheveux courts. La courbe de sa mâchoire était plutôt carrée, mais pas trop, et sa peau était ambrée, bien que plus claire que la mienne, métissée. Ses lèvres étaient pleines et son nez droit. Il arborait un air sérieux et neutre soutenu par ces sourcils froncés. Je ne voyais pas ses yeux, mais il me semblait distinguer deux éclats presque argentés. Il portait un bas de survêtement noir et un tee shirt blanc à motif. Mais ce n'était pas seulement son physique et sa beauté qui le rendait si impressionnant. Tout en lui suintait la force et la puissance. C'était donc ça la dominance ! J'avais la louve à fleur de peau, elle s'agitait tellement que mon plus grand soucis était de rester immobile. Un grondement s'éleva de ma poitrine, fort et rauque, et je dévoilai les dents. Il fit quelques pas, le visage toujours baissé pour que je ne distingue ses yeux, et je grognai de plus belle. Il finit par lever la tête, lentement, très lentement, et me regarder. Je ne pu soutenir son regard plus d'une seconde. Et durant cette courte seconde tout changea. Ses iris étaient très clairs, presque translucides, transparents, brillant comme du cristal avec un éclat d'argent. Des yeux de loup qui exprimait sa puissance bestiale et sa force. Des yeux qui me transpercèrent. Ma louve, qui l'instant d'avant ne demandait qu'à le soumettre et le combattre fut pétrifiée par ce regard si fort et assuré.
J'en profitai pour reprendre un peu de contrôle et me calmer. Je déglutie en détaillant lentement l'homme devant moi qui accaparait mon attention d'humaine. « Dominant. » C'était la louve qui me soufflait ce que je venais de comprendre. Elle savait qu'il nous dominait, mais me suppliait tout de même de la laisser lui prouver que nous n'étions pas si faible. Je tachai de ne pas l'écouter, et de mon plein gré cette fois, croisai son regard poignant pour lui montrer la part calme et soumise de mon être. Il haussa un sourcil puis sa bouche se tordit dans une moue moqueuse. Il était terriblement beau. Son regard anormal commença à prendre une teinte plus foncée, puis il détailla mon corps. Je me sentis rougir. Mais la louve ne l'entendit pas de la même oreille et à son tour profita de ce moment d'inattention pour se manifester. Je me baissai donc subitement et grognai violemment. Il sembla légèrement surpris, mais répliqua avant même que son regard ne redevienne glacial. Il était maître de lui, et de sa bête, alors que je ne parvenais même pas à étouffer la colère de la louve, qui montait en moi. Et je finis par la partager cette hargne, cet acharnement à nous faire reconnaître. Nous le toisâmes et nous efforçâmes de ne pas faiblir, de ne pas baisser les yeux ou abandonner ce combat que nous savions quand même perdu. Il était plus fort que nous certes, mais la louve m'entrainait à vouloir lui montrer l'étendue de sa détermination de sa force. De notre force.
L'échange dura presque dix secondes. Au terme desquelles, je me retrouvai face contre le béton froid. Il avait bougé si vite que je n'avais pas eu le temps de me protéger. D'une main sur ma nuque il écrasait mon visage par terre, son genou sur mes paumes maintenait mes bras coincés dans mon dos, m'immobilisant totalement. Et pour le coup, ce ne fut pas mon désir de contrôle qui renvoya la colère de la louve, mais ma peur – notre peur. J'étais morte de trouille, et elle aussi. Cette odeur poisseuse de peur s'éleva, me sourdant par tous les pores. L'homme-loup au-dessus de moi se mit à grogner et une autre odeur violente, musquée et acide se mêla à ma peur. « Excitation… Peur faiblesse... Calme.» La louve, se reprit, retrouva sa colère et me souffla quoi faire. Ainsi donc, sentir ma peur, ma faiblesse, l'excitait. Savoir qu'il était l'origine de cette peur le grisait. Comme un prédateur excité devant la terreur de sa proie. « Loups prédateurs. Moi louve, moi toi. » La louve, non, ma louve, mon monstre, n'était pas une proie, elle était le prédateur. Et elle disait qu'elle était moi. Après tout, elle était en moi.
Alors je décidai de l'appeler, par ce que nous n'étions la proie de personne, je la suppliai de m'aider, la bête, forte, en moi. Je l'acceptai pour qu'elle me sauve de ma peur, nous sauve. Quitte à être un monstre, autant ne pas être faible.
J'aurais presque honte de ses chapitres si ce n'était eux qui avait forgé cette histoire en moi, alors je les aime, malgré toutes leurs imperfections et maladresses dont j'essaye de me débarrasser par la suite !
J'espère vous retrouver au Chapitre 11 ! (et par review si possible..)
Hihi, à plus ! Aiko !
