Salut! Alors voici le chapitre 4! j'espère qu'il vous plaira ;)
Merci à tous pour les reviews et les follow/fav :)


D'un pas soutenu, ils se dirigèrent vers l'aile ouest de l'hôpital. Beth ne tenta pas de mémoriser le chemin en détails, Noah était rapide et elle essayait simplement de suivre le rythme ce qui constituait déjà un exploit et réveillait douloureusement ses blessures. Après quelques minutes, il s'arrêta net à hauteur d'une porte et les deux jeunes se télescopèrent avant d'entrer précipitamment dans une petite salle qui semblait être un bureau.
Les stores avaient été tirés. Ainsi, une fois la porte d'entrée refermée, la pièce était plongée dans une pénombre quasi totale. La seule source de lumière provenait de la porte à la petite vitre carrée située sur la gauche, Noah contourna le grand bureau et s'en approcha d'un pas prudent en entraînant Beth avec lui. Avec précautions, il plaça son visage devant la vitre pour voir à travers et lui fit signe de l'imiter.
La porte donnait sur une grande salle très lumineuse où étaient disposés dix lits occupés par des patients, c'était en majorité des hommes mais il y avait aussi quelques femmes. Ils étaient tous menottés et leurs jambes semblaient maintenues aux lits avec du ruban adhésif.
_Ca à pas encore commencé chuchota Noah, surtout ne dit rien et regarde. Ils ne peuvent pas nous voir, ne t'en fait pas.
Beth observa plus en détails ; certains captifs tentaient de se libérer en se contorsionnant, d'autre paraissaient plutôt amorphes et bougeaient à peine. Au bout d'un moment, le médecin et une femme aux cheveux noirs, que Beth n'avait jamais vus, entrèrent dans la pièce ; vêtu de son habituel blouse blanche, le médecin poussait un chariot métallique gris clair sur lequel de nombreux instruments chirurgicaux étaient disposés. A ses côtés, la femme transportait un sac en tissus marron quelle se hâta de poser à terre. Elle sortit ensuite de sa poche plusieurs bandes de tissus et commença à bâillonner les patients qui tentèrent tant bien que mal de résister.

Derrière la porte, Beth avait du mal à entendre quoi que ce soit, elle arrivait néanmoins à distinguer des cris et des éclats de voix.
Lorsque la femme eut finit de bâillonner tous les patients, elle revint se placer auprès du médecin et ils échangèrent quelques mots.
Délicatement, Noah tourna la poigné.
Beth sentit son cœur s'emballer. Ouvrir la porte était le meilleur moyen de se faire remarquer… Mais elle ne dit rien et se contenta de retenir son souffle
Avec une infinie lenteur le jeune homme ouvrit la porte d'à peine un millimètre. Juste assez pour qu'ils puissent entendre ce qu'il se disait, mais pas assez pour que leurs présence soit découverte.
Toujours extrêmement tendue, Beth n'osait pas bouger un membre et commençait à sentir ses jambes s'engourdir. Mais malgré la peur qui la tenaillait, elle était absorbée par ce qui se passait, le médecin s'était placé devant le lit le plus proche de la porte. La patiente, une petite femme aux cheveux blancs, y était prostrée. Le docteur se saisit calmement de son magnétophone et entonna d'une voix claire ;
_Sujet numéro 1 de la série C, femme de soixante-six ans, caucasienne. Antécédents d'insuffisances respiratoires.
Il s'empara sans aucune difficulté du bras de la patiente et prit sa tension
_Vingt de tension, état de stress évident.
Il se saisit ensuite de la seringue qui attendait sur le chariot à côté d'autres instruments. Et après avoir désinfecté son bras, il y injecta un produit.
Complètement amorphe, la patiente ne tenta même pas de se défendre. Il reprit alors son magnétophone et continua ;
_Injection de la solution 28 à 18h51, nous allons maintenant infecter le sujet. Joan, à vous.
La femme, Joan, se saisit du grand sac marron et en sortir le contenus.
Beth sursauta si violemment qu'elle craignit de trahir sa présence. Elle avait presque oublié leurs existences, protégée derrière les murs de l'hôpital… Pourtant ils existaient et la réalité de leurs présence la frappa de plein fouet, car c'était bien une tête de rôdeur entre les mains de Joan. La créature qui avait un jour été un homme avait le visage tuméfié et violacé, ses yeux étaient exorbités. Mais le plus déroutant, c'était sa mâchoire qui bougeait au rythme de ses mastications, et qui indiquait que ça vivait.

Cette fois-ci, la patiente se fit plus combative et tenta de se libérer en gémissant. Le médecin s'empara fermement de son bras et Joan approcha la tête du rôdeur dont la mâchoire claquait sinistrement. Bientôt le monstre arrachait un lambeau de peau du bras de la pauvre femme qui hurlait sous son bâillon.
Beth détourna les yeux, elle ne pouvait rien faire, elle devait juste rester là sans bruits et elle était tétanisée.
Pourtant ni le médecin, ni Joan ne semblaient partager son horreur, stoïques, ils s'approchèrent du second lit. L'homme qui s'y trouvait tentait de se défaire de ses menottes sans succès, il essaya de parler mais rien d'intelligible ne sortit.
Et il subit le même sort, décrit toujours froidement dans le magnétophone.
A côté, une femme qui se débattait depuis le début arriva à se défaire de son bâillon et se mit à parler fiévreusement ;
_Ne faites pas ça! Vous allez nous tuer, ça ne sert à rien! Je vous en supplie! Vous ne pouvez pas faire ça!
Les deux Bourreaux l'ignorèrent et continuèrent leur tâche.
_Vous êtes malades! Cria-t-elle. Ya pas de remède !
La jeune femme était hystérique, elle se mit alors à hurler sans interruptions des paroles incompréhensibles.
Le médecin dit quelque chose que Beth ne put entendre et la policière s'approcha pour la bâillonner de nouveau. La femme s'arrêta nette et se remit à implorer ses tortionnaires.
_Pardon, je ne crierais plus, s'il vous plait ! Je veux juste qu'on en discute calmement. On peut trouver un arrangement !
Joan ne répondit même pas et remit tant bien que mal le bâillon, évitant les coups de dents de la femme en pleure.

Presque en transe, Beth serrait le bras de Noah de toute ses forces, elle regardait la scène d'horreur qui se déroulait devant elle à travers ses larme ; elle vit les patients se faire mordre tour à tour. Le médecin et Joan continuèrent, sans montrer la moindre once d'humanité, ni la moindre hésitation. Puis, une fois leur travail achevé, ils s'assirent sur deux tabourets disposés dans un coin et discutèrent en attendant les résultats.
Beth n'en croyait pas ses yeux, ce qui la choquait le plus, c'était la façon ritualisée dont ils faisaient cela ; le médecin écrivait constamment dans son calepin, il décrivait chacun de ses actes dans son magnétophone, comme si il s'agissait de vulgaires expériences de laboratoires, comme si ces personnes assassinées ne valaient rien.
Elle ferma alors les yeux, tentant d'ignorer la complainte des patients infectés que pleuraient et gémissaient. Elle se sentait assommée, autant psychologiquement que physiquement, et elle en avait complètement perdu la notion du temps. Depuis combien de temps étaient-t-ils là ? Trente minutes ? Deux heures ? Elle n'en avait aucune idée. Dans la salle d'expérimentations, le sol était recouverts de sang et la plupart des patients semblaient malades, ils respiraient difficilement et gémissaient de douleur

Au bout d'un moment, le médecin s'approcha de la vieille femme qui avait été infectée en première et tâta son cou à la recherche d'un pou. Il se saisie ensuite du magnétophone et déclara :
_Décès du sujet numéro 1 de la série C à 20h13. C'est extrêmement rapide ce qui s'explique surement par le mauvais état de santé du sujet
Lorsque la femme se réanima et commença à se contorsionner Beth put voir la déception sur le visage du docteur qui alla se rasseoir lassement puis se mit à écrire rapidement sur son calepin. Joan quant à elle s'approcha de la rôdeuse et perfora son crâne.
Beth sentit la bile lui monter aux lèvres, quel gâchis ; comment pouvaient-ils continuer ? Même derrière la porte une odeur de sang et de mort régnait.
Elle se rendit à peine compte que Noah la tirait en arrière, elle sortit du bureau à reculons ; dans le couloir, la lumière naturelle semblait aveuglante en comparaison de l'obscurité qui régnait dans le bureau et Beth ferma instinctivement les yeux. Elle crut entendre Noah dire quelque chose mais n'y prêta pas attention.
Sans réfléchir, elle se mit à courir, elle ne savait même pas ou elle allait, elle avait besoin de se vider l'esprit. De s'éloigner le plus possible de cet endroit.
Le rythme du bruit de ses pas sur le sol s'entremêlait avec les battements de son cœur et occultait presque la panique qui l'habitait.
Soudain, elle sentit des mains l'empoigner fermement.
Noah l'arrêta dans son élan et l'immobilisa violemment, l'empêchant de courir.
Elle tenta de se débattre, sans succès.
_Arrête ! Ça va pas bien ?! Tu me fais risquer ma place avec tes conneries ! Viens, viens avec moi.
Il la reconduit dans sa chambre et la fit s'assoir sur le lit. Il s'accroupit devant elle, de façon à ce que leurs visages soient à la même hauteur.
_Si je t'ai montré ça, c'est pour que tu te prépares calmement, je te connais pas bien mais j'ai l'impression que t'es du genre à partir en live. Si le médecin voit que tu peux pas le supporter. Tu perds ta place. Tu sais ce que ça signifie ?
_J'en ai rien à foutre, je le ferais pas.
Elle ne pleurait pas, elle était en colère maintenant.
_Tu crois que tu peux démissionner, tu crois que tu peux partir de cet hôpital ? Tu peux pas, t'as de chance, tu te rend pas compte ! C'est soit ça soit être à la place des gens que tu as vu là-bas.
_Je peux pas, je ne suis pas ce genre de personne !
_Vraiment ? T'es toujours là pourtant, Et tu veux me faire croire que t'as jamais fait des choses moralement répréhensibles pour survivre ?
Devant la moue de Beth, Noah reprit ;
_D'accord… Du coup tu as laissé quelqu'un faire quelque chose de répréhensible pour que tu survives. Non ?
Beth prit la question comme une accusation.
Est-ce qu'elle avait fait ça ? Est-ce qu'elle avait laissé faire ?
« Randal »
C'est le premier nom qu'il lui vint à l'esprit. C'était il y a longtemps, à l'époque ils étaient à la ferme mais elle y avait pensé plusieurs fois depuis. Lorsqu'ils l'avaient condamné à mort, elle n'avait rien dit. Elle avait trop peur et au fond elle comprenait.
Puis il y avait eu les prisonniers, et Tyresse et Sacha…
Oui mais ce n'était pas la même chose, si ?
_Tu vois, reprit Noah, tu sais ce que c'est n'est-ce pas ?
Elle baisa les yeux sans rien dire.
Noah se releva.
_Bon, Je pense que tu as assez vu l'hôpital. Si on te demande je t'ai fait visiter. Je te laisse, tu as besoin de réfléchir. La seule chose à te demander c'est à combien tu évalue ta vie
Sur ce il sortit.

Beth expira longuement et s'allongea sur le petit lit en ramenant la couverture sur elle, ses cheveux sentaient toujours une forte odeur de shampoing. Elle avait les yeux secs à force d'avoir pleuré et la soif compressait sa gorge, pourtant elle n'avait pas la force de se lever pour prendre un verre d'eau. La course à pleine vitesse dans les couloirs de l'hôpital n'avait surement pas amélioré son état. Mais sa santé n'était pas ce qui la préoccupait le plus, la question de Noah la taraudait.
« A combien j'évalue ma vie ? » qui pouvait répondre à cette question ?
Elle avait envie de hurler de colère, elle ne voulait pas mourir.
Elle avait répondu à cette question il y a longtemps, chez elle, dans la salle de bain attenante à sa chambre, à l'aide d'un fragment d'un miroir brisé et d'une entaille dans l'un de ses poignets.
Elle avait choisi, elle ne voulait pas mourir.
Ce qu'elle voulait, c'était revoir tout le groupe et qu'ils soient en vie, quelque part en sécurité. Elle voulait revoir sa sœur et passer le plus de temps possible avec elle. Maggie était sa dernière famille.
Elle voulait encore serrer Judith dans ses bras.
Elle voulait revoir Daryl, elle voulait qu'ils finissent la conversation qu'ils avaient commencé dans la cuisine, elle voulait être sure de comprendre ce qu'il lui avait dit, ou plutôt ce qu'il ne lui avait pas dit. Daryl n'était pas du genre à exprimer ses sentiments facilement. Et elle n'avait pas été pas assez courageuse pour creuser, pour le pousser à en dire plus et maintenant elle s'en voulait. Daryl ne l'avait pas seulement protégé, il la changeait, ou plutôt, il faisait ressortir cette part d'elle habituellement enfuit. Avec lui elle était entière. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait mais elle savait qu'elle se sentait bien à ses coté et qu'elle voulait le revoir. Elle lui aurait demandé si elle lui avait tellement manqué comme elle l'avait supposé.
Elle sourit.
Elle souhaitait tous les revoir, mais pour ça il fallait qu'ils soient vivants… Et qu'elle le soit aussi. Elle devait vivre.
Et il y avait cette pensé qui revenait sans cesse ;
« Mais si tu refuses, tu mourras, et ça ne changera rien pour ces gens. Les expériences ne cesseront pas. »
Ce n'était qu'une excuse, mais ça n'en était pas moins vrai pour autant. Ca ne changerait rien pour eux.
« Mais ça changerais tout pour moi » Il n'était pas question de vie ou de mort, mais de la personne qu'elle souhaitait être.
Mais là elle voulait vivre, tout simplement.
Lorsqu'on s'imagine comment on réagirait dans des situations comme celle-ci, on se dit souvent qu'on ferait ce qui est bien, peu importe les conséquences. Et comme beaucoup, Beth s'était toujours dit qu'elle accomplirait ce qui est juste. Mais là rien ne paraissait aussi simple.
Elle repensa à son père, elle savait ce qu'il aurait fait, lui.
« Je préfère mourir en faisant ce qui est juste, que vivre en lâche »
C'est ce qu'il lui avait dit un soir, après que Rick leurs révèle la proposition du gouverneur, celle de lui livrer Michonne en échange de la paix. Aux débuts, ils souhaitaient tous le faire ; son père, Daryl et Rick. Sacrifier une vie pour tous les sauver, ça paraissait être la seule chose à faire. Puis son père s'était ravisé, tout comme Rick.
Son père était de bons conseils, Beth Green les avait toujours appliqués, pourtant là, c'était bien plus compliqué.
Ça lui paraissait impossible et aucun des conseils de son père ne pouvait l'aider.
Mais Herschel avait aussi l'habitude de dire que face aux grands dilemmes de la vie la prière était le meilleur moyen de discernement.
Beth se leva pour s'approcher de la fenêtre, il faisait nuit noir et on ne voyait rien, on ne pouvait même pas distinguer les bâtiments. Elle tenta de prier mais un bruit la fit sursauter et elle se retourna vers l'entré.
Le médecin était entré sans frapper.
_Il faut que tu viennes avec moi, on est en sous-effectif et le timing est plus que mauvais, on a besoin de bras supplémentaires. Aller, suis-moi.
Son ton était autoritaire, il respirait la colère et la frustration tout en se voulant professionnel.
Beth ne discuta pas et le suivit en tentant de masquer son trouble.