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Harry et Draco réfléchissaient à tout ce qu'ils venaient de voir. Il semblait que quel que soit le futur, ils s'apercevaient trop tard qu'ils s'aimaient. Mais est-ce qu'ils s'aimaient? Etaient-ils vraiment faits l'un pour l'autre? Les questions se bousculaient dans leurs têtes. Alors qu'ils atterrissaient dans un autre de ces futurs probables, Harry interrogea la Destinée.

« Dans cette première idée de l'avenir que nous avons vu... quels étaient mes... euh, les sentiments d'Harry pour Malfoy ? »

« T'as pas entendu, Potter ? Quand il est mort, il a dit à mon double qu'il le haissait. »

« C'est exact, répondit la Destinée. Ce Harry a haï le Draco Malfoy de son temps de l'avoir livré à Voldemort, d'avoir fait le choix des ténèbres et surtout de ne pas l'avoir aimé. Il est mort en pensant que son bien-aimé ne l'aimait pas. »

Le coeur d'Harry se serra à cette idée. La Destinée ne sembla pas vouloir s'éterniser là-dessus, puisqu'elle reprit:

« Nous voici dans un Possible où Draco a rejoint la Lumière, entraînant avec lui nombre de ses camarades Serpentards. Voldemort a été vaincu. »

Ils étaient sur une terrasse où attendait une table mise pour six personnes. Le jardin qui lui faisait face était fleuri de roses et de jasmin. Une piscine non loin semblait inviter à la baignade. Retournant leurs regards vers la maison, ils l'observèrent. C'était une charmante demeure du dix-neuvième siècle, rénovée avec goût. Des clématites couraient sur les murs. Tout ici respirait le bonheur. Cependant, habitués lors de leurs deux précédents voyages à ne pas se fier aux appararences, ils s'attendaient aux nouvelles catastrophes émotionnelles de ce monde-ci.

Leurs doubles ne tardèrent pas à se montrer: ils venaient de la maison, accompagné par deux couples. Ils reconnurent Pansy Parkinson, Hermione Granger, Blaise Zabini et Ron Weasley. Les six adultes prirent place autour de la table. Cette fois, les deux garçons furent étonnés de ne ressentir que du bien-être.

« Avançons, dit la Destinée. »

Ils étaient assez proches pour entendre la conversation, maintenant. Ils étaient tout de même assez anxieux de savoir quelles nouveautés ou fracassantes révélations les attendaient là. (NDA: Pour des raisons de commodité, nos deux voyageurs du temps ne font qu'observer pour l'instant, donc, quand je dis Harry et Draco, il s'agit de ceux du futur, jusqu'à ce que la Destinée refasse son intervention dans l'histoire)

« C'est incroyable ce que vous avez fait de cette maison, disait Pansy. Elle est vraiment charmante, maintenant. »

« Je n'aurais jamais pensé que vous auriez pu tirer quelque chose de cette ruine, approuvait Hermione. »

« Harry tenait tellement à l'acheter! Râla gentiment Draco. S'il n'en avait tenu qu'à moi, nous aurions pris une maison neuve, mais je ne regrette pas. Et puis, j'adore faire plaisir à mon mari, ajouta t-il en déposant un baiser furtif sur les lèvres du brun. »

« Qui aurait dit qu'un jour la fouine dégoulinerait de romantisme et qu'elle aurait pu vivre ailleurs que dans un manoir? Plaisanta Ron. »

« La fouine t'emmerde, la Belette, rétorqua le blond avec un sourire qui démentait ses mots. A ce que je sais, c'est plutôt toi qui as pris goût aux manoirs. »

« Je ne m'en plains pas, avoua Ron en souriant. »

« Je suppose qu'avec la tribu d'enfants que vous comptez avoir, ça se justifie, intervint Blaise. »

« Au fait, Hermione, comment vont les jumeaux ? Demanda Pansy. »

« Ils font leurs dents. A vrai dire, je suis contente de passer une nuit sans eux, en ce moment, répondit la brune. »

« Déjà! Comme le temps passe vite. Je t'ai dit que Julian commence à réclamer le pot? »

« C'est merveilleux! Oh, j'ai hâte d'y être moi aussi ! »

« Les filles, vous n'allez pas parler couches et biberons toute la soirée! Intervint Blaise. »

« Non. Mais... j'ai une bonne nouvelle, dit Hermione. Je voulais l'annoncer la semaine dernière, mais je me suis dit que ça te ferait un beau cadeau d'anniversaire, Harry. »

« Qu'est ce que c'est, Mione? »

« J'ai dans mon sac les papiers qui officialisent l'acceptation de votre demande auprès du Ministère. »

Pansy et Blaise avaient l'air un peu perdus, tandis que surprise et bonheur s'affichèrent sur le visage de Draco et Harry.

« Ils acceptent? Demanda celui-ci avec incrédulité. »

« Comme si on pouvait refuser quelque chose au Vainqueur! Ricana Ron. »

« Oh mon chéri ! C'est merveilleux, dit Draco en serrant Harry contre lui. »

« Un bébé à nous! »

« Quoi ? S'écria Pansy. »

« Harry et Draco ont fait une demande pour un bébé-chaudron. (NDA: je ne sais plus dans quelle fic j'avais lu ça et cette idée m'a parue vraiment géniale. Ça me paraît plus « réalisable » que les MPREG) Je les attends dès demain dans mon service à Sainte Mangouste pour les prélévements, révéla Hermione. »

Les félicitations s'élevaient de toutes part. La conversation continua joyeusement. A ce moment, la Destinée intervint, sortant les deux garçons de leur transe de stupéfaction et de bien-être.

« Nous allons avancer un peu dans le temps, cette conversation n'apporte rien de plus pour vous. »

Ils se retrouvaient dans le salon de la maison. Cette fois, il semblait que c'était l'hiver. Un bon feu brûlait dans la cheminée. Les doubles étaient assis sur le tapis, près du feu, l'un face à l'autre. Leurs jambes se croisaient pour s'enrouler à la taille de leur compagnon. Ils s'embrassaient langoureusement. Les deux garçons pouvaient aisément sentir leur sentiment de bonheur et l'impression de se trouver là où ils devaient être. Le double de Draco rompit le baiser.

« Tu te rends compte que nous aurons notre trésor dans seulement dix jours, amour? »

« Je suis impatient... Tu es si beau, Dray ! J'aimerais que notre enfant te ressemble. »

« Il faut qu'il nous ressemble à tous les deux, 'Ry. La seule chose qu'il serait dommage de lui léguer serait cette tignasse indomptable, ajouta t-il en passant amoureusement la main dans les cheveux de son mari. »

« Hé! Je croyais que tu l'aimais! »

« Oh oui je l'aime! Et j'aime tes yeux verts si magnifiques ! Et ton petit nez ! Et tes joues! Et tes lèvres si parfaites! »

En énumérant l'anatomie du visage de son époux, Draco déposait des baisers sur les endroits qu'il citait. Les mains d'Harry s'aventurèrent sur le torse du blond puis s'activèrent à défaire sa chemise.

« Je te veux, Harry ! »

« Je t'aime, Draco. »

Le tourbillon désormais familier de fumée enveloppa les deux garçons complètement subjugués par la scène qui venait de se jouer devant eux. Ils étaient de nouveau dans l'étrange salle blanche et vide.

« Où... où était le piège dans ce monde là? Balbutia Draco qui avait très chaud depuis quelques minutes. »

« Il n'y a aucun piège. Il n'y en avait dans aucune des vies possibles que vous avez visitées. »

« Vous voulez dire que l'avenir pourrait être comme ça, si... si nous... »

« Arrête de bredouiller, Potter. Les mots que tu cherches sont sans doute: si nous acceptions de nous aimer. »

Le feu aux joues, Harry aquiesça. Il était encore bouleversé par les émotions que son double lui avait fait ressentir. Il s'était senti complet et il savait que cela ne venait que du fait qu'il avait épousé Draco. Ce dernier, de son côté, tentait d'oublier cette plénitude et ce bonheur que lui avait laissé entrevoir son double; sentiments qui ne venaient que d'une seule chose: son amour pour son mari et l'amour qu'il lui rendait. C'était très perturbants. Ils regardèrent tous deux la Destinée.

« En effet. Dans ce monde, ils se sont battus ensemble du même côté et ils ont eu le temps de se découvrir et de s'apprécier malgré les anciens préjugés. Ils se sont avoué leur amour pendant la guerre. Maintenant, si vous êtes remis, nous allons dans le dernier des Possibles que vous aurez à visiter en sachant que ce n'est pas le dernier futur possible pour autant. Le Possible a d'énormes pouvoirs. Des Pouvoirs plus puissants parfois que lorsqu'il devient réalité. (NDA: petite citation de David Eddings) »

Ils partirent alors dans un autre univers...

A suivre ...