Bonjour à tous,
Nouveau chapitre : Bienvenue en Terre du Milieu
Roxanne a rejoint son corps et commence à se familiariser avec son nouvel environnement. Pas trop d'action, mais le prochain chapitre sera plus agité.
Moins d'humour, mais pas encore trop sombre.
Merci à tous ceux qui prennent le temps de me lire, même si le fait que je parle de personnages qui n'existent pas dans le Hobbit, vous fait un peu peur.
Bonne lecture.
Merci à Cassiope, Elena et Julindy pour leur review.
Réponse à Cassiope : En effet, mon histoire est loin de ressembler à un conte de fée, comme c'est souvent le cas, lorsqu'une fille débarque en TdM. Son destin ne sera des plus joyeux. Roxanne finira par mal tourner au fil des chapitres, car son héritage refera surface malgré elle. Petite rectification à ton message : tu parles de "petite femme", mais Roxanne n'est pas petite pour une humaine (1,70m). Ce sont les fils de Fëanor qui sont très grands. Maïtimo est le plus grand, avec plus de 2,30 m et ses frères ne sont pas loin derrière. Les elfes en règle générale, sont plus grands que les humains.
Lorsque cela cessa, elle ne put empêcher son estomac de se vider. Tremblante de terreur, d'affolement et de froid, elle se recroquevilla sur elle-même.
Plusieurs heures lui furent nécessaire, pour qu'elle intuite et prenne conscience de ce qu'il l'entoure.
« Finalement, ils avaient raison » pensa Roxanne terrifiée.
Roxanne tenta de se relever, mais tout son corps la faisait horriblement souffrir. La douleur était tellement profonde et lancinante. Elle avait l'impression d'avoir était écrasée ou broyée, et même le fait de respirer était une souffrance. Alors elle resta allongée encore un peu.
Le ciel au-dessus d'elle était gris et une légère brise tempérée faisait danser les hautes herbes dans lesquelles la jeune femme était étendue. L'humidité du sol la faisait trembloter et elle lutta pour ramener ses bras autour d'elle, tentant de se réchauffer. Mais le contact de ses bras contre elle, était singulier. Elle s'attendait à toucher le tissu de ses vêtements, alors elle baissa son regard et constata qu'elle était aussi nue qu'un ver.
Cette constatation la glaça encore plus que ce qu'elle n'était déjà.
« Bon sang, mais c'est quoi ce bordel ! » pensa-t-elle fortement.
Après réflexion, cela était logique. Seul son corps avait fait le voyage dans le passé, grâce à son héritage génétique. Ses vêtements ne pouvaient faire partie intégrante de son corps physique.
Elle allait devoir trouver de quoi se vêtir rapidement, si elle ne voulait pas mourir de froid. Mais elle fut surprise de ne pas avoir plus froid que cela. Elle tremblait certes, mais après plusieurs heures passées nue dans cette herbe humide, ses doigts n'étaient toujours pas bleus. D'ailleurs, en regardant ses mains, Roxanne remarqua que la fameuse bague était toujours à son doigt. Ainsi, elle aussi avait voyagé.
Tout en l'observant, elle réussit à se mettre en position assise. La pierre émanait toujours une douce lumière blanche et pure, et la sensation de chaleur était présente, mais minime.
Comment une si petite pierre pouvait dégager tout cela ?
Roxanne était hypnotisée par l'éclat, et les mêmes sentiments, qu'elle avait ressenti avant que ses ancêtres apparaissent, se manifestèrent. Une propriété absolue sur le bijou et un besoin de le protéger du reste du monde. Personne hormis elle, n'avait le droit de posséder cette bague, ou plus précisément, la pierre qui l'ornait.
Elle fut sortie de sa contemplation par une rafale de vent, qui fit danser ses longs cheveux auburn devant ses yeux.
Roxanne releva alors la tête et aperçut la nature qui l'entourait. Une nature sauvage, sans la moindre trace de civilisation. Une plaine légèrement vallonnée s'étendait à perte de vue. Enfin, c'était un euphémisme, car lorsqu'elle fixa une tâche sombre à l'horizon, sa vision se fit encore plus nette et elle distingua parfaitement les détails, bien au-delà d'une vision normale L'impression était étrange, mais pas gênante.
Elle repensa aux paroles de ses ainés et elle se souvint qu'ils lui avaient précisé que ses sens seraient plus développés. Alors elle ferma les yeux et se concentra sur les bruits aux alentours, pour savoir si son ouïe l'était également.
Chaque sonorité lui parvenait plus clairement et elle distinguait chaque bruissement des chaumes qui l'entouraient. Malgré la profusion de bruit, elle n'en fut pas étourdit et arrivait à faire le tri très simplement. Le jeu de la brise, ondulant sur l'étendue de verdure, la berçait agréablement et elle ne put retenir un soupir d'aise.
Bizarrement elle se sentait mieux. La douleur et la peur avaient disparu. Mais elle se rappela que Maedhros lui avait conseillé de ne pas perdre sa peur. Question de survie.
Survivre ?
Comment allait-elle y arriver ?
Elle était seule dans un environnement qui lui était étranger. Et les souvenirs de ses ainés ne la rassuraient pas vraiment. Ce monde semblait être tellement violent et sans pitié, que de nouveau l'inquiétude la saisit.
A qui faire confiance ?
On lui avait dit d'accorder sa confiance avec parcimonie. Mais qui voudrait aider une personne du même sang que ceux qui sont à l'origine de tant de malheur ? A son avis, peu de monde, et c'était pour cela qu'elle était ici. Racheter une dignité à sa famille.
La boule au ventre par autant de crainte, elle se releva entièrement. Sa nudité la gênait terriblement. Trouver de quoi se couvrir était sa principale priorité… et se nourrir aussi, même si elle ne ressentait pas encore la faim.
« Vers où me diriger ? » Se demanda-t-elle.
Même avec sa vision améliorée, rien ne lui indiquait la présence d'un quelconque village ou autre signe de vie humaine. Alors, résignée, elle partit en direction de la tâche sombre qu'elle avait aperçu l'instant d'avant et qui était l'orée d'une forêt. Ce n'était pas l'idéal, mais il fallait bien se mettre à l'abri, car la plaine ne lui offrait aucune protection.
Roxanne marcha rapidement vers cette forêt qui se situait à plusieurs kilomètres de l'endroit où elle avait atterri. Furetant de tous les côtés pour prévenir l'arrivée d'une personne ou d'un danger, elle chercha également dans son esprit, à quoi pourrait ressemblait la vie à cette période.
C'était son travail d'archéologue de connaître les détails du quotidien des anciens habitants de la planète, mais elle ignorait complétement, de combien d'années elle avait voyagé. Elle essaya d'ordonner toutes les informations à sa disposition. Dans un premier temps ses ainés lui avaient dit qu'ils étaient morts depuis plus de 13 000 ans et d'après leurs souvenirs, ils semblaient relativement bien avancer dans les arts et la culture, le travail des minerais, la médecine et l'art de la guerre. Néanmoins, il y avait une autre constante qu'elle n'arrivait pas à citer.
« Mais comment une telle civilisation a bien pu disparaitre ? »
Car une notion bien répandue dans son époque, était qu'un événement cataclysmique avait eu lieu 5 000 ans auparavant. Les fouilles archéologiques qui avaient été effectué un peu partout sur la planète, le prouvaient. Aucun vestige datant de plus de 5 000 ans n'avait été mis à jour et de ce fait, ils ignoraient ce qui avait existé avant. Alors pour une archéologue, c'était une chance de pouvoir contempler de ses propres yeux, le passé de sa planète.
Une chance ? Oui, il fallait mieux qu'elle voit cela comme tel. Même si en ce moment, elle vivait le début d'un cauchemar éveillé.
Sa traversée de la plaine se fit sans incident. Pas essoufflée malgré sa marche rapide, Roxanne ne souffrait uniquement que des pieds. Marcher sans chaussures n'était pas dans ses habitudes, et la plante de ses pieds le lui faisait remarquer.
Le soleil avait pratiquement terminé son cycle lorsqu'elle arriva à l'orée du bois. La forêt lui apporta un peu d'intimité et de sécurité. Par contre, le problème vestimentaire n'était toujours pas résolu. La nuit n'allait pas tarder et Roxanne appréhendait ce moment. Pas de feu pour s'éclairer et se réchauffer, et toujours rien à se mettre sous la dent, malgré ses cherches dans le sous-bois. Hormis la cueillette, elle ne pouvait espérer se nourrir autrement.
La nuit fut vite arrivée. La peur serra les entrailles de Roxanne. Elle était restée à la lisière de la forêt, sous le couvert des premiers arbres. Recroquevillée sur elle-même, la jeune femme ne pouvait fermer les yeux. Chaque bruit la faisait sursauter, car elle se sentait complétement à la merci de n'importe qui, ainsi dévêtue et sans moyen de défense.
Son seul réconfort venait de sa pierre. La lumière qui en jaillissait lui apportait un soutien bienvenu. Le faible rayonnement était largement suffisant en pleine nuit. Elle lui permettait de voir dans un rayon de quelques mètres. Mais elle préféra la camoufler et ne s'éclairer que lorsque des bruits se faisaient entendre. Une telle source de lumière pouvait indiquer sa présence, et de nuit, elle préférait ne pas se faire remarquer.
Cette première nuit fut très longue et éreintante pour ses nerfs. A chaque fois que Roxanne commençait à s'endormir, un bruit quelconque venait la réveiller en sursaut.
La faim commençait à se faire ressentir. Bien qu'elle ne se sente pas faible, par le manque de repas depuis les dernières 24 heures, l'estomac de Roxanne lui signalait sa présence par des gargouillements répétitifs.
La jeune femme reprit son chemin, longeant la lisière du bois, la plaine à sa droite et la forêt à sa gauche.
Le paysage changea progressivement. Dans la plaine, des éperons rocheux pointaient de-ci de-là, mais toujours aucunes traces d'habitation.
Néanmoins, après plusieurs heures de marche, un son familier vint aux oreilles de Roxanne. De l'eau. Une rivière. Elle retrouva le sourire, et courut en direction de la source du bruit.
Un court d'eau, large mais peu profond, coulait dans son lit pierreux.
« Enfin, une bonne chose ! » pensa Roxanne.
Elle savait que les fleuves et rivières étaient précieux pour n'importe quelle civilisation. L'implantation d'un village près d'un court d'eau, était capital et nécessaire pour son développement. Donc en suivant la rivière, Roxanne avait plus de chance de rencontrer des populations, au lieu de continuer à sillonner la campagne.
La berge était constituée de galets polis par l'incessant courant. Roxanne se précipita jusqu'à l'eau et s'agenouilla au bord. Elle ne se risqua pas à entrer dedans, car la température extérieure n'était pas des plus chaudes et il ne voulait pas attraper froid.
Roxanne plongea ses deux mains en coupe dans l'eau puis les approcha de son visage. Et alors qu'elle allait en boire le contenu, son odorat se mit en alerte. Elle stoppa son geste et renifla plus attentivement l'eau.
Une odeur métallique et suspecte se fit sentir dans le liquide pourtant clair et limpide. Instinctivement, elle ouvrit ses mains pour laisser s'échapper le contenu et, dégoutée par l'odeur, elle se releva pour s'en éloigner.
« Qu'est-ce qui a bien pu rendre cette eau aussi nauséabonde ? »
Cette odeur la rendait mal à l'aise sans qu'elle sache vraiment pourquoi. En y faisant attention, même l'air avait un parfum identique.
Roxanne sentit sa peur revenir et observa attentivement ses environs. Il n'y avait personne hormis elle et cette odeur de mort. Oui, c'était bien le mot qui la décrivait le mieux.
Prudemment, Roxanne décida le remonter le courant et d'aller voir ce qui était la source de cette puanteur. La rivière formait une boucle non loin de là, cachée par la forêt. Avec d'infinies précautions, elle longea la berge. Elle ne savait pas sur quoi elle allait tomber, mais ses sens ne la trahiraient pas pour des pacotilles, alors mieux valait être prudente.
Pas après pas, elle finit par se glisser à travers les arbres qui lui cachaient la vue.
La vision qui s'offrit à Roxanne, fut au-delà de mes pires cauchemars. Un frisson lui parcourut l'échine et elle se retourna vivement, pour ne plus regarder ce spectacle effroyable.
Une centaine de mètres plus haut dans le court d'eau, les restes d'une bataille, qui visiblement avait fait de nombreux morts.
La main couvrant son nez et sa bouche, Roxanne prit sur elle, et se retourna. Elle ne saurait dire si c'était la vue ou l'odeur qui était le plus immonde. Première trace de vie humaine, et malheureusement c'était une vision de mort.
Après plusieurs minutes passées à observer de loin et constatant qu'elle était la seule être encore vivante dans les parages, la jeune femme se força à s'approcher. Elle ne voulait pas voire de plus près la scène, mais c'était sa seule occasion de trouver de quoi se vêtir et de trouver de quoi se défendre au cas où.
Une cinquantaine de soldat et quelques chevaux décédés, trempaient dans le lit de la large rivière. D'autres créatures faisaient également parti des victimes. Des êtres à la peau sombre et à l'allure repoussante, qui firent écho dans l'esprit de Roxanne. Ses aïeux les avaient déjà combattus.
« Ainsi, les ennemis du passé sont encore présents. Mais de combien d'années ai-je voyagé ? » Pensa Roxanne.
Avec de multiples haut-le-cœur, elle chemina à travers les cadavres. Nombreux étaient ceux transpercés par des flèches, ou avec une lance plantée dans l'abdomen. Mais sur certains corps, il manquait littéralement un ou plusieurs membres. L'odeur des chairs en cours de décomposition, était insoutenable pour l'odorat de Roxanne, mais elle ne pouvait fuir et passer à côté de cette occasion. Même si l'idée de déposséder un mort de ses biens était immorale, elle ne pouvait faire autrement.
Elle repéra un corps pas trop abimé. Un jeune homme aux cheveux bruns, de faible corpulence, fut son objectif. Sa mort devait remonter à plusieurs jours, mais on pouvait encore lire sur son visage, la douleur et la violence de son funeste destin.
Dans son métier, Roxanne avait eu l'occasion d'observer des restes humains, mais ce n'était plus que des os et non des corps entiers, morts depuis peu de temps. Les squelettes ne lui avaient jamais donné autant de gêne, car intérieurement les humains étaient tous plus ou moins identiques. Mais voir un visage encore rempli d'émotions, rendait la chose beaucoup moins accommodante. Il était loin de ressembler aux cadavres impersonnels, gisants sous terre depuis des siècles, qu'elle avait découvert.
Du bout de son pied, elle le toucha à plusieurs reprises, pour vérifier qu'il était bel et bien mort. Le contact lui donna de nombreux frissons de répugnance. Puis, elle s'agenouilla à côté et, du bout des doigts, elle tenta de défaire le nœud qui maintenait le morceau de tissus qui lui couvrait ses épaules. Elle avait le cœur au bord des lèvres. Dans un sens, heureusement qu'elle n'avait rien trouvé à manger, sinon elle aurait tout rendu.
Ainsi, au bout de ce qui lui sembla être une éternité, elle réussit à s'approprier de quoi s'habiller, c'est-à-dire : un pantalon de toile, une sorte de chemise malheureusement trouée par des flèches, une veste un peu épaisse et une cape avec un capuchon. Mais concernant les chaussures, elles étaient bien trop grandes pour elle. Tant pis, c'était toujours mieux que marcher pieds nus.
Mais hors de question pour Roxanne, d'enfiler des vêtements dans cet état. Elle se décala du champ de bataille et entreprit de laver le linge, de façon à enlever les traces de sang et l'odeur de mort qui imprégnaient les tissus. Elle frotta du mieux qu'elle pouvait et mis le linge à sécher sur les basses branches des arbres. Le temps n'était pas ensoleillé, mais une brise relativement chaude facilita le travail.
En attendant que ses futurs habits sèchent, Roxanne retournant autour des cadavres. C'étaient des guerriers donc ils avaient sur eux de quoi se défendre, et elle risquait d'en avoir besoin, plus qu'eux n'en avaient besoin désormais.
Après moult recherches, essais et réflexions, son choix se fit sur une épée pas trop lourde et sur un couteau – relativement petit comparé aux autres – le tout avec le fourreau de l'épée, fixé à une ceinture de cuir, pour la porter à la taille. Même si Roxanne avait eu l'occasion d'en toucher quelques-unes, jamais elle n'avait jamais eu à s'en servir. Elle doutait d'en avoir le courage, mais il fallait mieux se protéger.
Pendant que le linge finissait de sécher, elle se tailla
dans un autre morceau de tissus plus léger et donc déjà sec, de quoi se fabriquer des sous-vêtements. Une habitude contemporaine qu'elle aurait vraiment du mal à se passer. Une large bande lui maintenait la poitrine et pour le bas, elle fit de son mieux, mais cela ressemblait plus à une couche de bébé, qu'à une jolie petite culotte.
« Tant pis » Se dit-elle.
Elle emmaillota également ses pieds pour les rendre plus épais, et ainsi pouvoir marcher dans les bottes du soldat sans trop flotter dedans.
Finalement, en fin de journée, Roxanne fut enfin équipée correctement. Elle quitta la zone après avoir rempli d'eau propre, une gourde qu'elle avait trouvée attachée à l'harnachement d'un cheval.
Ainsi, elle continua de suivre le court d'eau, trouvant de-ci de-là, de quoi se sustenter maigrement. Durant plusieurs jours, Roxanne marcha seule parmi la nature inhabitée de sa nouvelle terre d'accueil. Hormis les animaux sauvages, elle ne rencontra aucun signe de vie… jusqu'à ce matin-là, où elle fut réveillée par des voix humaines.
N'hésitez pas à me donner votre avis, que se soit positif ou négatif.
Merci
