Tenkû no Escaflowne – Le sommeil d'un autre
Lune des Illusions.
Hitomi attrapa la main tendue de Yukaru et la serra fortement. Elle poussa les personnes qui la séparait de ses deux précieux amis et saisit enfin le bras d'Amano.
« Que de monde pour ce concert ! », cria Amano par dessus le tumulte de la foule.
« J'ai cru que je ne vous retrouverai jamais ! Je ne savais pas qu'il aurait autant de monde. » hurla à son tour Hitomi.
« Tu devrais t'intéresser un peu plus à la presse people, Hitomi et tu saurais que c'est une star montante de la chanson. »
Hitomi souleva les épaules, désintéressée par le chanteur, mais enchantée de revoir ses amis.
Peu avant l'entracte, elle quitta Amano et Yukari, dans les bras l'un de l'autre, joue contre joue, passant d'un pied sur l'autre au rythme d'une chanson d'amour. Elle se dépêcha de rejoindre les toilettes avant que ceux-ci ne soient assaillis par une horde de femmes ne pouvant plus se retenir.
Elle allait pousser la porte des toilettes quand elle retint son geste, éblouie par un reflet rosé.
Elle le vit, seul, au milieu du couloir, observant un écran de télévision. Elle ne le reconnut pas tout de suite, mais ces vêtements l'interpellèrent. Des habits bien de là-bas. Elle s'approcha furtivement. Etait-il vraiment-là en chair ? ou n'était-ce qu'une vision ?
Elle le reconnut et l'appela doucement. « Gades ! »
Le sergent d'Allen se retourna. Il lui sourit avec bienveillance, comme il l'avait toujours fait sur Gaïa.
« Dame Hitomi ? Est-ce là la magie de ton monde ? » demanda-t-il en désignant la télévision.
Hitomi pouffa idiotement. « Gades, la magie n'est pas de mon monde, mais du vôtre, celui de Gaïa. Nous aussi nous faisons voler des machines dans le ciel, mais elles ne sont pas aussi féeriques que le Dragon Blanc d'Escaflowne. Non, ce n'est pas de la magie, seulement de la technologie. »
Gades examina une seconde fois la télévision, risquant son doigt sur l'écran. Les cristaux liquides présents dans l'écran laissèrent une marque où il posa son doigt, puis disparurent.
« Comment suis-je venu ici ? » demanda Gades en s'approchant d'une porte ouverte donnant sur l'intérieur de la salle de concert.
« Vous devez dormir Gades, là bas, sur Gaïa. Tout cela n'est qu'un rêve. »
« Quand je me réveillerai, me souviendrais-je de toi et d'ici, du monde de la Lune des Illusions ? »
« Espérons-le Gades. Espérons-le. »
Gades regarda ahuri les centaines de personnes attroupées dans la salle, criant, chantant, s'exclamant au rythme d'une musique rock. Des filles en mini jupes, aux hauts ne couvrant que l'essentiel de leur corps, se déhanchaient de façon vulgaire sur des talons aiguilles.
Il se tourna vers Hitomi et désignant les personnes s'exclama : « Ils sont tous comme cela dans ton pays ? »
Hitomi sourit sottement. Elle aussi avait été perdue la première fois qu'elle avait rencontré les habitants de Gaïa, craignant d'être revenu au temps du moyen-âge. Elle dévisagea à son tour la horde de Groupies qui dansaient idiotement.
« Et sur Gaïa, comment se porte Van…»
Hitomi se tourna vers Gades, mais celui-ci n'était plus là. « … et les autres ? » termina-t-elle dans un murmure.
Elle rejoignit Yukari et Amano, le cœur serré. Comme ils leurs manquaient.
Gaïa.
« Profites de ces quelques jours de repos, Gades ! ».
Gades salua son capitaine d'un salut impeccable. « A vos ordres, Capitaine Schezar. »
Les deux hommes se fixèrent un instant puis éclatèrent de rire en se serrant affectueusement l'épaule. Allen le poussa d'une rude bourrasque vers la porte. Il sortit en traînant un peu des pieds. Un soldat lui tendit les reines de son cheval et Gades se tourna une dernière fois vers son capitaine, adossé sur le montant de la porte. Allen savait qu'il espérait qu'il retiendrait Gades, avec une quelconque mission. Mais celui-ci avait bien besoin de prendre un peu de temps pour se reposer et prendre du plaisir dans la capitale d'Astria.
« Tu devrais en profiter pour prendre un bain ! » rugit un soldat au loin.
Allen le salua de la main, hochant positivement la tête au commentaire du soldat, et retourna dans la salle d'entraînement.
Gades grogna. « Merci Capitaine ! ».
Il talonna son cheval, et quitta rapidement la ville. Il mena son cheval vers les montagnes, traversa de nombreux champs où les paysans procédés à la récolte. Mais il ne s'arrêta qu'une fois arrivée en haut d'une montagne.
Il descendit de sa monture, attrapa la gourde qui pendait à sa selle et vida un peu d'eau dans sa main, puis l'appliqua sur le museau du cheval.
« C'est ici que pour nous la guerre a commencé. C'est ici que j'ai vu pour la première fois cet immense faisceau de lumière jaillir dans le ciel de Gaïa. Mademoiselle Hitomi… avec toi, tu as apporté le bonheur et l'espoir. Tu as apporté un renouveau. Mais ton départ a laissé un vide qui ne sera jamais comblé. »
Il remonta en selle et reprit la route pour un petit bois à quelques kilomètres de là. Il chevaucha jusqu'à la nuit noire, laissant les lumière dansantes de la Lune des Illusions éclairées faiblement son chemin.
A l'orée du bois, il posa son baluchon, défit sa couverture qu'il jeta par terre, s'allongea et dormit aussitôt.
Il s'éveilla avec l'aube, de la musique rock and roll bourdonnant dans les oreilles. Il se frotta les yeux, observa le bois, regarda attentivement sa monture qui broutait quelques brins d'herbes et enfin leva son regard vers le ciel et vit la Lune des Illusions s'estomper avec l'aurore.
« Il va bien, mais ce langui de toi ! »
A suivre…
