4 décembre

Fire Emblem Fates : Conquête/Révélations

M!Corrin et Léo

Famille


Un peu de l'étouffante chaleur de la cuisine parvenait à s'échapper par la porte entrouverte, au fond de la petite échoppe, et réchauffait agréablement le cou et le visage de Yuma. Il avait, bien sûr, le froid dans le dos, que ne parvenaient pas à couper son gros manteau à boutons et son écharpe, mais c'était bon. La délicieuse soupe de tomates lui réchauffait la gorge et l'estomac à chaque gorgée et le bol brûlant lui tenait chaud aux mains. Avoir un peu froid à la nuque n'était finalement pas un si gros tracas. Et puis, c'était bien normal qu'il gèle, dans cette région enneigée du nord, parcourue de vents froids et...

"Que tu puisses continuer à te promener pieds nus, ça me dépasse, soupira Léo en baissant les yeux sur ses petits pieds fins et tout rougis de froid. A ta place, je suis certain que n'importe qui aurait déjà perdu un membre.

-Tu sais très bien que je déteste les chaussures, se défendit Yuma en ramenant ses pieds l'un contre l'autre pour les réchauffer. Ça me serre et ça me donne des ampoules !

-Je t'en prie ! Marcher pieds nus aussi, ça te donne des ampoules. Tu ne te souviens pas de toutes les cloques que j'ai dû soigner parce que tu marches sur des pierres coupantes ou sur du sable brûlant sans réfléchir à l'endroit où tu mets les pieds ?

-C'est certes arrivé à plusieurs reprises quand nous étions enfants, mais...

-C'est aussi arrivé la semaine dernière.

-Je te demande pardon ? Quand ça ?

-Quand tu t'es promené pendant des heures dans la ville sans te préoccuper de tout ce qui trainait par terre. Tessons de bouteille, débris de vaisselle, pierres coupantes, et j'en passe. Tiens, d'ailleurs, tu te souviens que j'ai dû utiliser ma magie pour te soigner il y a tout juste deux heures parce que tu as marché sur un os de poulet ?

-Ce... ce n'était pas pareil ! Toutes ces ordures ne sont pas censées traîner par terre, que je sache !

-Oui, et les princes ne sont pas censés se promener pieds nus.

-Pourquoi est-ce-que tu dois toujours avoir réponse à tout ? marmonna Yuma, vexé, en prenant une longue gorgée de sa soupe de tomates.

-Parce que c'est mon travail dans cette famille, mon frère, répliqua Léo en esquissant un sourire. Qui te dirait tes quatre vérités, si je n'étais pas là ? Les autres ont bien trop peur de te vexer !

-Toi, par contre, ça ne t'a jamais posé de problèmes."

Les rues étaient très calmes en cette fin de journée. Depuis une heure qu'ils étaient assis là, Yuma n'avait aperçu que quelques passants, et une ou deux famille qui étaient venues acheter de la soupe à emporter dans de gros thermos. Léo avait eu le temps d'avaler sept bols de soupe à la tomate, et il venait d'en entamer un huitième lorsque son frère se pencha vers lui du haut de son tabouret et susurra :

"Dis-moi, je me demandais... qu'allons-nous dire aux autres quand ils nous demanderont pourquoi nous n'avons pas pu acheter l'huile à lampes que nous étions justement sorti chercher ? Nous allons devoir rester dans le noir jusqu'à ce que nous puissions nous réapprovisionner, tu le sais."

Léo s'étouffa avec sa soupe et faillit la recracher par le nez. Yuma, en bon grand frère qu'il était, lui tapota le dos en attendant qu'il reprenne son souffle.

"Alors ? insista-t-il d'un air narquois. Tu es bien silencieux, tout à coup."

Léo toussota durement, inspira, toussa une nouvelle fois et, les yeux rougis, il tourna lentement la tête vers son frère.

"Je pensais que nous avions convenu de prétendre qu'un groupe de voleur nous avait dérobé l'argent des courses.

-Personne ne croira jamais une telle chose, tu le sais bien, s'esclaffa Yuma. Tu aurais été trop heureux de les réduire en cendres séance tenante ! Je pense que nous devrions plutôt leur dire la vérité. Ils ne seront sûrement pas fâchés d'apprendre que nous n'aurons plus de lumière jusqu'à mardi parce que tu as préféré utiliser l'argent des courses pour acheter une pleine provision de bonbons à la tomates... et t'enfiler huit bols de soupe en plus."

Léo se renfrogna et touilla distraitement son fond de soupe.

"Si tu ne racontes à personne que j'ai perdu l'argent des courses pour de la nourriture, je ne leur parle pas de l'incident avec l'os de poulet... qui est bien plus complexe qu'il n'y paraît.

-Ça me va, mon frère. C'est toujours un plaisir de faire des courses avec toi !"

Ils partagèrent un dernier bol de soupe à la tomate avant de retourner au château. C'était l'hiver, il faisait froid et Yuma était pieds nus, mais il savourait un bol de soupe en compagnie de son frère, assis sur un tabouret devant une petite échoppe. Et c'était tout. Mais c'était très doux.