Bien le bonjour !
Encore mille mercis pour toutes vos reviews, tout le feedback que je reçois, honnêtement ça fait vraiment chaud au coeur.
Donc me revoilà pour la suite de Sheol. (Pour les intéressés, le chapitre 10 de "Vacances" est en correction chez Meriwether A. Hyde et ne devrait plus tarder~)
Je lance un "courage" télépathique à mes potes en Pologne. Ça caille un truc de fou, mais vous survivrez. (C'est le même voyage que j'ai fait l'année dernière. Si un d'entre vous a l'occas' d'aller visiter Prague, Cracovie ou Auschwitz sautez sur l'occasion. En plus la vodka est pas chère.)
Donc, quelques précisions à apporter avant de commencer, -pour ce chapitre, ou les chapitres précédents-
Le yiddish est la langue parlée par les Juifs d'Europe, c'est du haut-allemand avec un substrat slave et hébraïque (environ 20% du lexique). Elle est écrite avec l'abjad hébreu et des diacritiques pour noter les voyelles.
Le Friseur est le prisonnier, qui, dans chaque block, était chargé de raser les rayés.
La Guerre d'hiver est la guerre durant de novembre 39 à mars 40, entre les Finnois et les Russes. 800 000 mille hommes, 3 000 chars, 4 000 avions du côté Russe, 250 000 hommes, 30 chars, 100 avions du côté Finlandais. Les Finlandais on fait un carnage et ont massacré les Russes. C'était le seul champ de bataille de l'époque (La Drôle de Guerre chez les Frenchies...) Énormément de volontaires Danois, Norvégiens, Finnois expatriés, et d'autres nationalités ont été grossir les rangs Finlandais, surtout les Suédois, qui étaient presque 9 000, et ont aussi envoyé, malgré leur neutralité, de l'aide militaire, économique et humanitaire.
D'autant qu'il se souvienne, Ludwig savait que Silke avait une peur bleue de l'orage. Quand il pleuvait la nuit, Silke arrivait toujours en pleurant dans sa chambre, celle de leur frère, de leur cousin, de leurs parents, ou carrément de leur grand-père en fonction de son degré de terreur. Elle se cachait sous les draps, et y restait en tremblant jusqu'à ce que la pluie s'arrête. Toute la famille s'en amusait toujours ils s'amusaient tous à l'asticoter à cause de ça, « Silke qui fait l'orage sur sa face ». Silke qui s'en allait ensuite bouder pendant des heures. Cette pensée laissa un sourire triste sur les lèvres de Ludwig, qui regardait la pluie diluvienne passer par le carreau cassé.
-Qu'est-ce qu'il y a, Ludwig ? demanda Wilhelm, à côté de lui.
-Rien. Juste… Je me demandais si Silke allait bien.
-Je suis sûr qu'elle va aussi bien qu'on peut aller ici. Tu la connais…
-Oui, je la connais, sourit Ludwig. Faiblarde, poltronne, pochtronne et communiste.
-Je ne vois pas ce que le dernier vient faire ici, chuchota Wilhelm.
-Disons que ça sonnait bien.
Son père sourit aussi, et lui frotta le dos. Lui aussi voulait revoir sa fille. Saine et sauve.
Les rayés avaient pensé que la pluie les ferait travailler moins. Au petit matin, l'orage était toujours là. Ils venaient de passer leur appel debout, sous la pluie, regardant avec haine les SS et leurs parapluies, et avec envie les leurs partir travailler dans les Kommandos de l'intérieur.
La boue empêchait tout travail sur le chemin de fer. Les planches de bois glissaient, les rails n'arrivaient pas rester en place, il n'y avait pas moyen de les visser. Mais ils travaillaient. Ils étaient vingt, et avaient avancé de trois mètres depuis ce matin. Ils avaient de la boue jusqu'au cou, et profitaient du fait que les SS n'allaient pas salir leurs bottes dans la boue pour se permettre des pauses toutes les heures ils en profitaient, mais ils savaient que dès que le sol serait sec, ils allaient devoir travailler plus encore. Pour la première fois, Ludwig était fier de ce qu'ils avaient accomplit lors de leur journée de travail : rien. Ils n'avaient rien fait, ils n'avaient pas avancé d'un pouce. Au final, leurs trois mètres étaient bons à refaire. Ils n'avaient entendu aucun « Schnell », aucun coup de fouet, aucun coup de pied. Et puis, la pluie s'était finalement arrêtée. Silke pourra dormir ce soir.
L'appel du soir fut court, plus court que d'habitude, Ludwig aurait dit : visiblement, la durée dépendait de son état d'esprit. Il devait vraiment être mal pour penser que de patauger dans la boue pendant douze heures était une bonne journée. Mais cela lui importait peu.
-Das klein Eisenbahn Kommando ! Bleibt hier ! hurla le SS à la fin de l'appel.
Ludwig lança un regard aux autres de son Kommando. Visiblement, ils n'avaient pas plus idée que lui de ce qu'il se passait. Les autres rayés partirent dans les blocks. Ludwig eu juste le temps de voir Feliciano déglutir en le regardant, avant de partir, entre Ivan et Wilhelm. Ne restaient que les vingt du Kommando, et cinq SS.
-So… Ihr denkt Pausen gönnen euch zu können, weil es regnet ? sourit un SS en claquant sa cravache dans sa main.
Ludwig n'avait jamais autant détesté l'allemand que depuis qu'il était ici.
-Dreiundzwanzig…
Un autre claquement. Il ne sentait plus rien, de toute façon. A peine les nombres s'échapper de sa bouche.
-Vierundzwanzig…
Sa voix partait. Il ne devait pas défaillir. Plus qu'un coup à compter. Mais le sang que le fouet projetait autour de lui à chaque fois qu'il se levait le terrifiait.
Un autre claquement. Le dernier.
-Fünfundzwanzig.
Le SS derrière lui rit, et lui asséna quand même un autre coup, à l'arrière du crâne, avant de le pousser d'un coup de pied dans la boue. Le coup sur la tête finit de lui retourner l'estomac, et il vomit toute la bile qu'il avait dans le ventre, sonné. Le SS rit en le regardant, avant de se tourner vers son collègue qui riait à gorge déployée.
Ca ne fait que quinze, qu'il disait, que quinze coups et le mien ne sait déjà plus compter.
Ludwig se redressa comme il le put, les yeux rivés sur Bert, le dos en sang, à moitié dans les pommes. Bert était maigre, très maigre. Le plus maigre du Kommando. Et il riva ses yeux sur Ludwig, ne le quittant plus du regard.
Et bien, dit un autre SS qui venait de finir de battre un des rayés du Kommando, on va lui montrer.
Les trois SS sortirent leurs matraques et les fracassèrent de concert sur Bert. Une pluie de coup s'abattait sur le rayé. Ludwig le savait. C'était la dernière fois qu'il verrait Bert. Bert qui gardait les yeux rivés sur Ludwig.
Les premiers craquements se firent entendre. Ludwig se mit à trembler. Les autres rayés su Kommando devaient être dans le même état que lui, et les deux autres SS vinrent aider leurs compères avec joie.
Ludwig ignorait combien de temps s'était écoulé. Finalement, Bert, qui n'avait pas crié une seule fois, s'étala de tout son long, et ne bougea plus. Les yeux toujours rivés sur Ludwig.
Les SS rirent en s'éloignant de la mare de sang. Ils laissèrent les autres passer leurs blessures à l'eau croupie, avant de les emmener vers leurs blocks respectifs, sans jeter un regard de plus vers Bert, qui semblait toujours avoir ses yeux rivés sur Ludwig.
La soupe semblait avoir plus de goût que d'habitude. C'était peut-être parce que, aujourd'hui, il y avait quatre morceaux de pomme de terre de belle taille qui flottaient dedans.
Ludwig était de loin le plus sale. Ses camarades de cube étaient pleins de boue, mais on arrivait au moins à lire leurs noms sur leurs pyjamas rayés. Ludwig, lui, avait passé la journée dans la boue, et était brun, du crâne aux orteils, et les chiffres sur son uniforme étaient totalement invisibles. Ca lui remontait le moral, d'un sens. C'est comme si son nouveau nom avait disparu.
-Déshabille-toi aussi, avait dit Feliks en montrant que plusieurs des rayés, un peu partout dans le baraquement, dont lui, étaient nus. Et arrange-toi pour pendre ta tenue entre deux étagères, elle sera sèche d'ici demain matin et tu pourras gratter la boue.
Ludwig obtempéra. Cependant, il était tout aussi sale en dessous de sa tenue qu'au-dessus. Feliciano lui tendit une chute de tissu rayé, sale au possible, pour qu'il puisse tenter de se nettoyer un peu. Il laissa Feliciano lui essuyer le dos, encore ensanglanté, grimaçant dès qu'il touchait une blessure.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Arthur en regardant Ludwig.
-On a profité que les SS ne nous disaient rien pour faire des pauses pendant le travail. Résultat, vingt-cinq coups dans le dos. Et ils ont massacré Bert.
Ődőn rit jaune.
-Tu vas faire peur aux nouveaux.
En disant ça, il montra, à côté de lui, deux rayés très mal à l'aise. Un était grand, l'air terrifiant, et l'autre semblait perdu. Ils étaient tous les deux Rouges. Sur l'étagère du haut, un autre était assis en tailleur, le regard perdu. Un Juif.
-C'est… Berwald, Tino et Heiko. Quelque chose comme ça, dit Roderich. Ils parlent allemand. Pas très bien, mais c'est suffisant.
Berwald était le grand, qui avait la même carrure qu'Ivan. Ses yeux te transperçaient, comme s'il pouvait voir à l'intérieur de toi, qu'il arrivait à lire tes pensées. Il restait quelques cheveux blonds, sur son crâne mal rasé. Tino était celui à côté de lui. Plus petit, plus maigre. Des ses yeux, on voyait qu'il avait peur, qu'il était perdu, qu'il était abattu. Mais on voyait aussi qu'il espérait. Heiko était le Juif, à l'étage. Ses yeux à lui ne montraient rien. Il regardait le mur, et c'est tout.
-Ils viennent d'un convoi norvégien, expliqua Ődőn.
Ah. Donc, ils arrivaient par le chemin de fer que le Kommando de Ludwig venait de terminer.
Ivan revint à leur cube, la tête complètement rasée.
-Tu reviens du Friseur ? demanda Feliks en voyant le Russe arriver. Moi aussi, il faudrait que j'y aille avant qu'on m'y force…
Ivan ne répondit pas. A la place, il mit les jambes dans son petit espace, au sol, et croisa ses bras sur l'étage du dessus, les yeux rivés sur les nouveaux.
Berwald et Tino le regardèrent le fronçant les sourcils. Et puis, les yeux du plus petit s'écarquillèrent.
-Capitaine Braginski ? demanda Tino.
-Hey bien, j'avoue que j'aurais aimé que l'on se retrouve dans un autre contexte, Camarade Väinämöinen, répondit le Russe en souriant.
-Oui, peut-être quand j'aurais pu te ficher une balle entre les deux yeux, cracha l'autre en russe.
-Oh, mais calme-toi. Nous sommes dans la même galère ici, non ?
-Ils se connaissent ? demanda Arthur, plus pour lui-même que pour les autres.
Heiko, au-dessus d'eux, arrêta de battre des jambes quelques secondes, avant d'expliquer :
-Il y avait la guerre d'Hiver, il y a quatre ans. Tino était un lieutenant Finnois, et Braginski le capitaine Russe de la division juste en face de celle de Tino. Ils étaient connus des deux côtés « Väinö le magicien » et « Braginski le briseur d'os ».
-La Finlande, hein ? fit Ludwig. Vous ne venez pas de Norvège ?
-On s'est tous rencontrés en Finlande. Berwald, Niels et moi on était volontaires pour aller aider la Finlande. On s'est retrouvés dans la division de Tino, sous ses ordres. Et puis, quand les Allemands ont envahit la Norvège, ils sont venus m'aider à me cacher, moi et ma famille. Mais on a été attrapés alors qu'on allait traverser la forêt vers la frontière suédoise.
-Tous les trois ?
-Oui. Ils ont fait une rafle dans le village, alors on s'est enfuis. Mes parents se sont fait tirer. Nous, on a continué à courir dans les bois en priant pour rapidement passer en Suède. Là je suis tombé et me suis tordu la cheville, alors Tino et Berwald m'ont aidé à me relever et j'ai dit à Niels qui portait mon petit frère de courir. Il a couru. Il a bien fait, dix secondes plus tard on avait la Gestapo qui nous avait retrouvés.
Plus personne ne disait rien. Même Ivan avait arrêté de provoquer Tino.
-Ils ont pu passer la frontière ? demanda doucement Feliciano.
-Je sais pas. J'espère. Jendrick n'avait rien à voir avec tout ça. Niels n'avait rien à voir avec tout ça. Il est venu exprès de Copenhague pour m'aider. Tino et Berwald n'avaient rien à voir avec tout ça non plus. Eux aussi, ils sont venus, de Finlande et de Suède, pour nous aider. Mais ils n'avaient rien à voir avec tout ça. Ils n'auraient pas dû être attrapés.
-Tu n'avais rien à voir avec tout ça non plus, dit Roderich. Aucun de nous n'avait quelque chose à voir avec tout ça. Aucun d'entre nous n'aurait dû être attrapé.
Heiko ne répondit rien. Il retourna à sa contemplation du mur.
Berwald avait prit la place de Bert dans le Kommando du chemin de fer. Il travaillait à côté de Ludwig, et ne disait jamais un mot. Il installait le bois, mettait les rails en place, les fixait, bloquait le tout avec des pierres, se contentant de marmonner. Un jour, Ludwig finit par comprendre ce qu'il racontait. C'était en suédois, mais c'était suffisamment proche de l'allemand pour que Ludwig comprenne quand même. Et ce qu'il disait, Ludwig l'aurait comprit, quelque soit la langue qu'il utiliserait.
Berwald priait. Toute la journée. Il priait pour lui, il priait pour sa famille, en Suède, il priait pour Niels, pour Jendrick, il priait pour Nous, il priait pour Heiko, il priait pour Tino. Il priait pour que tout le monde s'en sorte, il priait pour qu'on en sorte il priait. Et c'était tout ce qui comptait.
Ludwig sourit. Il lui rappelait sa sœur, qui priait aussi toute la journée à la maison. Alors ce jour-là, Ludwig se mit aussi à prier en travaillant.
Berwald l'avait entendu, alors Berwald l'avait regardé, et lui avait sourit. Ludwig lui sourit aussi, se sentant un peu plus heureux.
Et puis, le coup claqua et ils recommencèrent à travailler.
-Hey ! Le Kapo est mort !
-Quoi ?
La nouvelle de Feliks avait fait sursauter tout le monde, au block.
-Le pasteur, là-bas, vient de me le dire, expliqua le Juif.
-Mais comment ça se fait ?
-Il a déconné, il s'est fait pendre, apparemment.
-Qui va le remplacer ?
Feliks haussa les épaules, montrant, pour une fois, son ignorance.
-Il faudrait que ce soit un Rouge. Vraiment. Ou un Vert qui a la pointe en haut, dit Roderich.
-Il paraît que dans un autre block, c'est un Rouge comme Kapo, et ils ont droit au journal et deux rations de soupe ! s'emballa Ődőn.
-Arrête. Vert, Rouge, ça ne change pas grand-chose, dit Arthur. Le seul truc, c'est qu'on pourra chuchoter plus longtemps.
-Dans la mesure où chuchoter, c'est la seule chose qu'on peut faire, c'est déjà pas mal, maugréa Feliks.
Finalement, ce fut un Rouge qui devint Kapo. Un Alsacien qui avait refusé de devenir un Malgré-nous.
Maintenant, ils pouvaient chuchoter plus longtemps et puis, en plus, quand une dispute éclatait, le Kapo était toujours là pour éviter que ça ne dégénère en bagarre. C'était un bon Kapo.
Tout le monde ne s'entendait pas bien, dans le cube.
Arthur et le Français se prenaient la tête pour rien, dès qu'ils avaient encore assez d'énergie le soir. Quelques fois, ils en venaient aux mains. Ce n'était rien de bien méchant; mais ils en venaient aux mains. Ils s'accusaient de tout et de n'importe quoi. De voler de la nourriture, d'empiéter sur leur espace personnel. C'était stupide. Le peu de nourriture qu'ils avaient était avalée bien trop vite, et il n'y avait pas d'espace personnel.
Le petit Peter ne supportait pas son frère non plus. Lui et Arthur se sautaient à la gorge dès qu'ils en avaient la possibilité, malgré leurs vingt ans et vingt kilos d'écart. Au final, le petit garçon partit faire son nid un peu plus loin, près de Tino et Berwald.
Tino, lui, ne supportait pas Ivan. Dès que leurs regards se croisaient, ou qu'ils se touchaient –ce qui arrivait souvent dans le minuscule cube où trente personnes étaient perchées-, un flot de jurons en russe était lâché. Ils étaient les deux seuls à parler russe, mais Feliks était fier de reconnaître quelques injures qui étaient les mêmes en polonais. Eux aussi, un jour, ils en étaient venus aux mains. Tino finit avec deux doigts cassés, et Ivan ne pouvait plus ouvrir l'œil droit pendant deux jours. Et Berwald, qui avait tenté de les séparer, s'était foulé l'épaule.
Et puis, tout le monde en avait par-dessus la tête de Feliks, qui philosophait toute la journée, de Ludwig et Berwald, qui n'alignaient pas deux mots, de Ődőn, qui parlait trop, de Feliciano, qui était toujours aussi terrifié et criait en dormant, de Roderich, qui mettait le doigt juste où ça faisait mal, de Wilhelm, qui tentait d'arranger tout, d'Heiko, qui te transperçait du regard sans raison.
D'un sens, cela rappelait à Ludwig sa famille. Son cousin Gilbert, qui était presque son frère, sa cousine Hedwig, sa sœur Silke, qui se battaient comme des chiffonniers et parlaient sans arrêt, son frère Bernd, sa cousine Louise et lui-même, qui regardaient en ne disant rien, son père et sa mère qui tentaient de calmer les choses, son grand-père qui jetait un œil désapprobateur sans jamais rien dire.
Ludwig aimait les siens. Être avec eux lui faisait oublier qu'il avait un pyjama rayé et un numéro en guise de nom.
Ludwig ne dormait pas. Il attendait.
La respiration était sifflante. Aigre. Lente. Hachée.
Plus qu'une dizaine.
Finalement, la respiration s'arrêta. Ludwig s'extirpa de sa place quelques minutes après, et toucha les pieds de l'homme au premier étage.
Ils se refroidissaient, et l'homme ne réagit pas.
Ludwig lui attrapa les chevilles, et descendit le cadavre, pour le poser au milieu de l'allée. Enfin, il allait pouvoir dormir sur autre chose que le sol dur.
Et puis, il regarda les autres, en bas. Il y avait son père, Feliciano, le Russe, et les autres. Lentement, il secoua l'épaule de Feliciano. L'Italien ouvrit les yeux. Sans un mot, Ludwig l'aida à se relever, et à s'installer sur la place encore chaude de la première étagère.
Feliciano lui sourit, et secoua vaguement sa main maigre pour le remercier.
Ludwig se sentait fier de lui.
