Merci pour vos reviews.
Et voici la suite
Bonne lecture
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Chapitre 4.
Elizabeth était assise à son bureau, occupée à rédiger le note de service prévenant le personnel de la base de la petite fête qui se tiendrait là le soir de Halloween dans un peu plus d'un mois – elle préférait prévenir les gens suffisamment en avance pour qu'ils puissent au besoin passer des commandes spéciales au Dédale. Elle continuait à croire que ce genre de distraction était une mauvaise idée, mais John, Rodney et Radek avaient beaucoup insisté. Elle avait cru pouvoir leur tenir tête, mais lorsque Carson s'en était mêlé à son tour, allant jusqu'à la harceler durant sa visite médicale, elle n'avait eu d'autre choix que de céder pour retrouver sa tranquillité. Une soirée après tout serait vite passée. Et puis le personnel méritait bien de temps en temps de relâcher la pression en s'amusant un peu. Pourtant, connaissant John et Rodney, qui avaient promis de tout organiser, elle n'était pas sûre que tout se passe au mieux. Enfin, au moins elle n'aurait plus à les supporter, jusqu'à la prochaine fois en tout cas, et pourrait elle aussi profiter de ce soir-là en compagnie de Radek. Deux mois qu'ils se fréquentaient, il était temps qu'ils officialisent les choses en venant ensemble, même si quasiment tout le monde semblait au courant. Après tout, les rumeurs allaient toujours bon train sur la Cité, même John et Rodney, qui avaient pourtant tenté de rester très discrets au début de leur relation, avaient fait les frais de ces commérages permanents.
Elle mettait la touche finale à sa note, rappelant à tous qu'elle refusait de voir qui que ce soit abuser de l'alcool – et tant pis si on la traitait de rabat-joie – lorsque le signal d'un vortex entrant se fit entendre depuis la salle de contrôle. Intriguée, après tout seules deux équipes étaient de sortie et aucune ne devait rentrer aussi tôt, elle quitta son bureau et interrogea Chuck, qui venait de baisser le bouclier, du regard.
« - Nous venons de recevoir le code d'identification du major Lorne, expliqua le jeune technicien. »
Et allons bon, l'équipe de Sheppard. Elle aurait dû s'en douter. S'ils revenaient précipitamment parce que les négociations avaient échoué, il allait entendre parler d'elle ce maudit militaire. Elle avait beau avoir beaucoup d'estime et d'amitié pour lui, sa façon de jouer les cabochards sur le terrain commençait à l'exaspérer sérieusement. Se tournant vers la salle d'embarquement, elle vit rapidement Teyla, Ronon puis Lorne émerger du vortex. Mais pas de Sheppard en vue. Subitement inquiète – et la mine sombre des trois arrivants n'arrangeait rien – elle dévala les escaliers pour arriver à leur rencontre.
« - Teyla, que se passe-t-il ? Où est John ? »
L'Athosienne, qui était profondément troublée, cherchait manifestement ses mots lorsqu'Evan posa une main réconfortante sur son épaule et s'adressa à la dirigeante à sa place.
« - Le colonel a disparu docteur Weir, dit-il simplement.
- Disparu ? Comment ça disparu ? Il lui est arrivé quelque chose ?
- Nous ne le savons pas. »
Evan rapporta brièvement tous les évènements survenus depuis qu'ils avaient été séparés, racontant également qu'un jeune villageois assurait avoir vu John, inconscient, transporté à travers la Porte des étoiles par un groupe d'hommes louches, à une Elizabeth de plus en plus incrédule. Soudain la jeune femme remarqua que tout le personnel présent sur la mezzanine au dessus d'eux les fixait avec attention.
« - Venez avec moi, dit-elle à ses trois interlocuteurs en se dirigeant vers l'escalier. »
Arrivée en haut, elle leur fit signe de se rendre dans son bureau, elle-même s'arrêtant auprès de Chuck.
« - Chuck, veuillez demander au docteur Zelenka de me rejoindre dans mon bureau au plus tôt je vous prie.
- Bien madame.
- Et assurez-vous que la nouvelle de l'absence du colonel Sheppard ne sorte pas d'ici avant que je ne le décide. »
Nouveau hochement de tête de la part du jeune homme. Elizabeth prit ensuite un instant pour se frotter l'arrête du nez tout en luttant pour garder son calme. A présent la priorité était de mettre en place une équipe de recherche. Mais elle voulait également épargner Rodney pour l'instant. C'était à elle de lui annoncer la nouvelle, et non un quelconque bruit de couloir. En clair, elle avait beaucoup à faire en un minimum de temps. Une fois sûre qu'elle saurait faire face, elle se dirigea vers son bureau d'une démarche assurée.
« - Bien, l'un d'entre vous a-t-il une idée de qui a pu s'en prendre à John ?
- J'y ai déjà réfléchi, répondit Teyla. Ça ne peut pas être les Wraiths, je n'ai pas senti leur présence sur la planète. De toute façon ils ne seraient certainement pas contentés du colonel en cas d'attaque. Peut-être les Géniis, même si nous n'avons plus eu affaire à eux depuis longtemps et qu'il y a plus ou moins une trêve entre nous.
- Plus ou moins, confirma Elizabeth, qui avait toujours du mal à faire confiance à ce peuple malgré tous ses efforts.
- Ça peut aussi être un coup des Andrasiens, intervint Ronon.
- J'y ai pensé, dit Evan, mais ce n'est pas vraiment leur façon de faire. S'ils étaient venus sur la planète ils nous auraient abattus tous les quatre et ne se seraient certainement pas donné la peine d'emmener le colonel.
- Qu'importe, nous allons nous pencher sur les Géniis, les Andrasiens et les Valariens eux-mêmes, s'exclama Elizabeth. Le jeune garçon qui vous a dit avoir vu John être emmené à travers la Porte des étoiles, vous le pensez fiable ?
- Il n'a aucune raison de nous mentir, reprit Evan. Selon moi les Valariens n'y sont pour rien. Nous n'avons aucun problème avec eux, ce qui n'est pas le cas avec nos deux autres suspects. Silos nous a dit que le colonel était emmené inconscient par plusieurs hommes armés. Il ne peut s'agir que des Géniis ou des Andrasiens.
- Je vais contacter Cowen et Ophalie pour savoir ce qu'il en est avec leur peuple respectif. Quand à vous je veux que vous retourniez sur Valaria. Interrogez tous les villageois s'il le faut, parce qu'il y a bien quelqu'un qui sait quelque chose. »
Alors que la dirigeante finissait, Radek fit son entrée dans la pièce.
« - Elizabeth, que se passe-t-il ? Chuck n'a rien voulu me dire.
- Ah Radek, parfait. Alors voilà, il semblerait que John ait été enlevé sur Valaria puis conduit sur une autre planète.
- Enlevé ? Mais par qui ?
- Tout le problème est là, nous n'en savons rien. Je veux que tu accompagnes Teyla, Ronon et le major Lorne sur Valaria afin de relever les dernières adresses composées sur leur DHD. Ça nous donnera une base de travail.
- Entendu. Rodney est au courant ?
- Pas encore. Comme je viens de l'expliquer, je vais d'abord contacter Cowen et Ophalie, ensuite j'irai le prévenir.
- Emmenez Carson avec vous, conseilla Teyla. Ça va être une nouvelle difficile à encaisser pour lui, la présence de son meilleur ami ne sera certainement pas de trop.
- Excellente idée Teyla, je vais l'appeler pour qu'il se joigne à moi. »
A la vérité elle aurait préféré tout bonnement envoyer Carson lui-même se charger de rapporter la mauvaise nouvelle à Rodney, afin d'éviter le drame qui se produirait forcément. Pourtant, en tant que leader de l'expédition, elle savait parfaitement que ce genre de tâche lui incombait.
« - Vous êtes prêts à repartir immédiatement ?
- Bien sûr, confirma Ronon en se levant. Et ne vous en faites pas docteur Weir, nous ferons tout ce qu'il faut pour trouver des informations.
- Je vous fais confiance. »
Une fois seule dans la pièce, Elizabeth s'autorisa à soupirer profondément afin de se donner du courage pour la suite. Contacter Cowen ne serait pas une partie de plaisir, mais ce serait certainement pire avec Ophalie. Cette dernière était la dirigeante d'un tout petit peuple vivant sur une planète hostile. Guerriers pour la plupart d'entre eux et peu tolérants, leur rencontre avec l'équipe de Sheppard ne s'était pas particulièrement bien passée. Effectivement, ils avaient bien vite accusé les Atlantes d'être entièrement coupables de ce qui se passait actuellement dans la galaxie. Récemment sélectionnés, ils étaient ravis de pouvoir passer leur haine contre les Wraiths sur quelqu'un d'autre. Elizabeth était parvenu à faire libérer l'équipe après d'âpres négociations avec Ophalie, bien que la plupart des termes du marché passé ne lui convenait pas. Pourtant la nouvelle alliance qu'avaient scellée les deux femmes ne plaisait pas à tous le monde parmi les Andrasiens et un groupe d'entre eux avait juré la perte des Atlantes. Depuis, chaque fois qu'une équipe était sur le terrain Elizabeth craignait qu'ils ne tombent dans un guet-apens tendu par ces hommes. Mais Lorne avait probablement raison, ils auraient usé de la violence s'ils avaient été sur Valaria et non d'un pareil subterfuge.
Quant aux Géniis, la trêve qu'ils avaient conclue était elle satisfaisante pour les deux partis, Cowen n'avait donc aucune raison de la renier. En gros, retour à la case départ. Ou alors ils s'étaient faits de nouveau ennemis sans même le savoir, ce qui ne faciliterait pas vraiment les démarches pour retrouver John. Bon sang, se sentir aussi impuissant était tellement frustrant. Elle était dans une telle colère que pour un peu elle aurait été capable de tout fracasser dans la pièce, ce qui l'aurait très certainement soulagé. Au lieu de cela elle se leva et se rendit en salle de contrôle où elle demanda à Chuck de composer l'adresse des Géniis.
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Cette satanée corde tenait décidément bon. Pourtant il fallait qu'il parvienne à s'en dégager. Il le fallait, sinon… Pensant avoir perdu la partie, il décida de gagner au moins un peu de temps. Peut-être que cela ne ferait que reculer l'inévitable, mais sait on jamais. Et puis, connaissant Cowen, qui avait une passion pour le son de sa propre voix, cela ne serait certainement pas difficile de le faire oublier pour un temps ce qu'il s'apprêtait à faire.
Alors que le Génii disparaissait de son champ de vision, s'approchant un peu trop de ses doigts à son goût, John décida de passer à l'action, tout en continuant d'espérer un miracle.
« - Cowen, pourquoi ? J'ai bien le droit de savoir pourquoi je suis ici avant que vous ne me mutiliez.
- Probablement, admit Cowen. Mais avant cela permettez-moi simplement de vous donner un conseil : il est inutile de tenter de vous libérer. Vous n'y arriverez pas, vous vous fatiguez simplement pour rien, or croyez-moi, vous allez avoir besoin de toutes vos forces dans les jours à venir. »
John se tortilla encore un instant puis décida que le Génii avait probablement raison, aussi s'immobilisa-t-il, non sans grimacer de mécontentement.
« - Bien, à présent… Comme vous devez vous en souvenir lors de notre première rencontre, nous voulions du C4 et un Jumper que nous n'avons évidement jamais eu. Entre temps nous vous avons fait nous même cadeau des prototypes de nos armes nucléaires, une fois de plus sans retour. Alors c'est simple, aujourd'hui je vais exiger à votre chère docteur Weir du C4, des Jumpers ainsi que des fournitures médicales et des denrées alimentaires.
- Tout ça contre ma misérable vie, ricana John. Apparemment vous me donnez plus d'importance que je n'en ai en réalité.
- Ne vous sous-estimez pas colonel. Je crois savoir que depuis la fameuse tempête lors de laquelle mes hommes avaient envahi votre Cité le docteur Weir vous doit la vie. Je lui donne là simplement une occasion de s'acquitter de sa dette.
- Elle me doit peut-être la vie, mais elle ne négociera pas avec des terroristes.
- C'est ce que nous verrons ! s'écria Cowen. A présent taisez-vous. Je ne veux plus vous entendre, sauf pour crier votre douleur. »
Eh voilà, retour à la case départ, se dit John tandis qu'il sentait le souffle de Cowen sur sa nuque. Fermant les yeux et serrant les dents pour parvenir à résister lorsque la douleur serait là, il sursauta en entendant la porte s'ouvrir à la volée.
« - J'avais demandé qu'on ne me dérange pas ! aboya Cowen en se dirigeant vers le jeune soldat qui venait d'entrer.
- Désolé, mais nous avons un problème, balbutia le nouvel arrivant. »
S'autorisant à entrouvrir les yeux, John vit le jeune Génii murmurer quelque chose à l'oreille de son supérieur. Quelque chose de pas franchement réjouissant à en croire la pâleur soudaine de Cowen. La cavalerie, pensa John avec soulagement.
« - Ils sont nombreux ? demanda vivement Cowen.
- Nous n'en sommes pas sûrs, mais apparemment plus que nous.
- Entendu, alors allons-nous en. Le plan de secours est prêt ?
- Nous n'attendons que votre ordre pour le mettre en application.
- Parfait. Partez devant, je vous retrouve à la Porte des étoiles. »
Se retournant vers lui, Cowen croisa le sourire amusé de son prisonnier.
« - Alors, ça ne se passe pas comme prévu on dirait, s'amusa le militaire.
- En effet. Mais la remarque peut s'appliquer à vous également. Contrairement à ce que vous semblez penser ce ne sont pas vos hommes qui ont investi le village. A présent je dois partir. Peut-être nous reverrons nous une prochaine fois, quoi que j'en doute. En tout les cas bon courage avec lui. »
Et avant que John ne puisse répliquer quoi que ce soit, Cowen avait déjà filé, sans prendre évidement la peine de le détacher. Qui pouvait donc être cet homme qui semblait lui faire peur à ce point ? En tout cas suffisamment pour le pousser à fuir sans demander son reste. Tout en se creusant la tête pour trouver la réponse, John mit ce répit à profit pour tenter une nouvelle fois de venir à bout de cette maudite corde qui lui sciait les poignets. Mais rapidement, alors qu'il ne progressait pas d'un poil, la réponse à ses questions apparue à l'entrée de la pièce.
« - Kolya ! cracha-t-il.
- Comme on se retrouve, n'est-ce pas ? s'amusa celui-ci en venant vers lui, son arme à la main. »
TBC…
Ne m'en veuillez pas trop, mais je me suis dégonflée et n'ai finalement pas eu le courage de mutiler John. Je sais, shame on me...
Concernant Kolya, ben dans la mesure où j'adore ce type, son arrivée était inévitable. Et puis ça rajoute un peu de suspense pour la suite, en tout cas j'espère.
J'espère également que vous êtes quand même satisfait de l'intervention d'Elizabeth, ce qui n'est pas tout à fait mon cas. Je n'ai rien contre ce personnage, mais j'ai toujours énormément de mal avec elle, je ne sais jamais comment m'en sortir quand elle est présente dans l'une de mes fics...
Bref, j'arrête de vous raconter ma vie et vous remercie de m'avoir lue. A bientôt
