Première partie : Chapitre 4

.

P.O.V. : Sirius

.

Cet été-là a été absolument fou, et un des plus heureux qu'on ait passé. Ça a été l'été des Maraudeurs, et crois-moi, en se trouvait terriblement malins avec notre petite bande et notre petit surnom, aussi idiot l'un que l'autre. C'est le seul été qu'on a passé tous les quatre, parce qu'après avec la mobilisation de plus en plus importante à cause de la guerre et toute cette merde, on s'est presque jamais revu. Mais cet été là, on était les rois du monde, crois-moi. Les rois du monde et de tout ce qui pouvait compter pour un jeune vagabond de vingt ans en ce milieu de XXème siècle. D'ailleurs c'est bien comme ça qu'on s'est tous retrouvé, dans le vagabondage. J'étais le plus ancien, parce que ça faisait un an que j'avais quitté ma famille. J'ai rencontré James Potter peu après, ensuite est venu Peter Pettigrew et pour le finir, le grand, le seul, l'unique : Remus Lupin.

Le plus drôle dans tout ça, c'est qu'on était tous des fils de bonne famille. James était l'éminent descendant d'une famille fondatrice de l'Amérique ou une connerie de ce genre, et je crois qu'en réalité, il voulait juste s'amuser un peu et échapper à une responsabilité et un passé trop lourd qui allaient de paire avec son nom de famille. C'est comme ça que je l'ai trouvé par hasard sur la route. James a toujours été quelqu'un de simple, un peu trop grande gueule si tu veux mon avis, mais simple et c'est pour ça qu'il a fui sa famille. Il les aimait, mais il était juste pas fait pour cette vie là. On s'est vite entendu mais de toute façon c'était impossible de pas s'entendre avec James, c'est un type que tout le monde aime, me demande pas pourquoi. En tout cas il m'a suivi jusqu'à New-York où on a trouvé une piaule pour deux, et où on a continué à vagabonder. Un soir, dans une boite de jazz, on est tombés sur Peter, comme tu t'en doutes, avec un nom pareil, on pouvait pas le laisser partir. Pettigrew, il s'appelait Pettigrew et il portait bien son nom. Je dois admettre une chose, c'est que j'ai jamais vu quelqu'un avec un visage aussi sympathique que Peter. Enfin Peter lui venait d'une grande famille de fermiers du Kansas où on vous élevait presque aussi strictement que dans une famille d'aristo, qui l'avaient envoyés ici pour qu'il fasse des études. Il n'a jamais su à quoi ressemblait son université parce qu'il a préféré nous suivre aussi, d'ailleurs il n'était pas fait pour les études.

En tout cas c'est à ce moment là que notre petite bande a commencé à vraiment se former. Puis Remus est arrivé l'été quarante-deux, et ça a été l'apothéose. C'est vraiment dommage qu'on ait passé aussi peu de temps ensemble tous les quatre, parce qu'on était fait pour être ensemble, c'était presque fusionnel. Oui, là tu te dis sûrement que je connais rien à la fusion ou aux atomes ou ce genre de stupidités, mais c'était une image li-tté-raire, hé l'idiot ! T'es sûrement curieux de savoir d'où je sortais, moi, le corrupteur des fils de bonne famille ? D'ailleurs, je ne les ai pas corrompu. Enfin, moi, comme je te l'ai dit, je venais d'une sacrée lignée de Brits, ce que j'ai omis, c'est que c'était pas n'importe quelle famille de Brits ma foi puisque mon père était un foutu Lord, du genre qui dîne avec roi d'Angleterre. Je suis le seul de nous quatre à vraiment avoir quitté sa famille par rébellion. James était parti pour tenter de voir s'il n'y avait pas mieux ailleurs, Peter était parti parce qu'il était un peu lâche et paresseux, et Remus était tout simplement appelé à faire de plus grandes choses, c'était dans son sang, dans son âme. Moi je détestais ma famille et leurs idéaux stupides et quand je suis parti en les insultants, ma mère s'est évanouie, de honte, parce que la triste vérité c'est qu'elle ne m'a jamais aimé. Peut-être que si ils étaient restés en Angleterre, ça ne serait jamais arrivé, mais j'avais goûté à l'Amérique, et j'avais bien l'intention d'en profiter autant que je le pouvais.

Enfin au final, tout ça nous mène à Remus qui était lui aussi un fils de bonne famille. Il avait été élevé dans une campagne Irlandaise, au bord de la mer et au milieu des moutons, puis ses parents, parce qu'ils étaient assez pauvres, avaient voulu tenter leur chance en Amérique. Je crois que de nous quatre, c'est lui qui était issue de la famille la plus honnête. J'ai rencontré ses parents plusieurs fois, d'ailleurs c'est le seul de la bande à nous avoir jamais fait rencontrer ses parents, et j'ai bien failli tomber amoureux de sa mère tellement elle était douce. En tout cas, Mr. Lupin était un sacré veinard. C'est en rencontrant ses parents, que j'ai compris ce qui avait crée Remus, parce qu'il était l'exact résultat de cette intrigante équation qu'étaient Mr et Mme Lupin ; elle était douce comme un agneau, et lui solide comme un roc. Le plus drôle dans tout ça, c'est que Mr Lupin était le descendant d'un baron français. Je te laisse imaginer à quoi on ressemblait tous les quatre, la fine équipe.

Enfin assez de présentations, comme je te dis, cet été-là, a été spectaculaire. On a enchaîné boîte de jazz sur boîte de jazz, et donné un sacré coup aux stocks d'alcool de la ville. On avait une sacrée ardoise dans plusieurs bars, mais avec des noms de famille comme Potter ou Black, c'était pas important, les gens savaient qu'on avait de l'argent. Je me demande si ma famille a jamais payé ces foutues ardoises. Je ne pense pas, de toute façon, ils m'ont déshérité alors ils doivent estimer qu'ils n'ont rien à faire avec moi et encore moins avec mes ardoises. Les Potter par contre ont sûrement dû payer celles de leur fils, parce que c'était des gens honnêtes, mais je les ai rencontrés qu'après la guerre. Jamais quatre garçons dans la fleur de l'âge n'ont autant profité de tout ce qui s'offraient à eux, enfin, c'est ce qu'on a pensé à ce moment là. Ce que je peux vous dire, c'est qu'en quarante-deux, malgré ces foutus protestants, il y avait de l'alcool plus qu'on ne pouvait en boire et que les filles étaient belles et qu'elles savaient aimer les hommes librement et que l'excès était un mot qui n'existait pas. On avait même une fleur au sein du groupe, qui s'appelait Lily Evans. C'est beau n'est-ce pas ? Une jolie fleur rousse au jazz endiablé que Potter avait finalement réussi à cueillir. Quatre vagabonds et une maman, que demander de plus ? On avait même Peter Pan, parce que Peter avait une tête d'enfant, encore pire que Remus.

Oui cet été a été complètement fou, mais la vraie raison, plus que l'alcool, le jazz, la jeunesse, les jolies filles et la guerre qui nous menaçait, c'était Remus Lupin. Parce que Remus me stimulait plus que quiconque ne l'a jamais fait. En lui je voyais un océan de possibles, bon sang mes cours de littérature anglaise remontent, écoutes-moi parler. Remus Lupin a allumé une flamme en moi cet été là, parce que quand je l'ai vu, j'ai su, j'ai lu dans son regard que je pourrai tout faire avec lui, tout. Parce qu'en lui brûlait cette espèce de folie créatrice, de premier instinct, un truc presque animal, sauvage. C'est à la fin de cet été que j'ai compris que moi, Sirius Black, j'avais trouvé ma muse du vagabondage. Mais en réalité, toute cette histoire commence réellement à partir du moment où j'ai regardé Remus droit dans les yeux et lui ai dit : « Allez, pars avec moi. »

.


Voici donc -sous vos yeux ébahis- mon quatrième chapitre, toujours aussi court je m'en excuse. Ce chapitre marque aussi la fin de la première partie, c'est-à-dire la fin de la "rencontre" entre Sirius et Remus. L'été raconté est leur genèse, l'établissement du premier contact avant la fusion si j'ose dire. Il ne sera à partir de maintenant plus question de Maraudeurs (désolée mesdames), mais plus principalement de Remus et Sirius. Je dois cependant reconnaître que je commence à réellement douter de ma capacité à mener cette histoire de la meilleur manière possible. Qui vivra verra.