Et de deux ! (Celui d'hier et celui d'aujourd'hui...) Encore désolée ! Lil'
Chapitre 4 : Au boulot
Le lendemain matin fut une véritable course pour Beckett entre se préparer et ramasser un minimum l'immense bazar que son père, ivre, avait mis dans le salon la veille et pendant la nuit. Au moment où elle s'apprêtait à quitter la maison, elle se figea. Son père se trouvait là, avachi dans l'entrée, une bouteille de bourbon à moitié vide à la main.
-« Oh Papa… Tu m'auras décidément tout fait… » soupira la jeune femme en attrapant le cadavre pour le jeter.
Une fois revenue de la cuisine, elle se mit au devoir de secouer son père afin de le réveiller un minimum.
-« Papa ! Papa ! Réveille-toi ! Il est sept heures et demie et tu as encore passé la nuit par terre ! Trop saoul pour atteindre ton lit ou même le fauteuil ! Allez ! Bouge-toi un peu ! »
La seule réponse que Beckett obtint fut un grognement indistinct. Soupirant, elle attrapa son père par les aisselles et le souleva de son mieux. Malgré les protestations incompréhensibles de Jim, elle le tira jusqu'à son fauteuil et le laissa tomber dedans. Il avait beau la dégouter à cause de son attitude, il n'en restait pas moins son père et elle l'aimait. Il était la seule famille qui lui restait et elle ne voulait pas l'abandonner à son désespoir. Elle ne le ferait pas sans se battre bec et ongles ! Avec tendresse, elle remit sa tête dans l'axe de son cou et le recouvrit d'un plaid avant de jeter un rapide coup d'œil à sa montre.
-« Et merde ! Merci Papa ! Grâce à toi, je vais encore devoir courir et sauter le petit déjeuner pour avoir une petite chance d'être à l'heure… » soupira Beckett avant de se pencher pour déposer un baiser sur le front de son père.
Ce n'est qu'en arrivant au vestiaire du poste de police où elle travaillait que la jeune femme se rendit compte qu'elle n'avait toujours pas allumé son téléphone. Aussi, une fois son uniforme passé, elle le sortit et l'alluma avant de le glisser dans sa poche.
-« Yo Beckett ! Alors, prête pour une nouvelle journée en ma compagnie ? »
-« Espo, je t'ai déjà dit un millier de fois que ton côté 'latin lover' n'avait aucun effet sur moi, » le rembarra gentiment la jeune femme en roulant des yeux.
C'est alors que son téléphone se mit à biper encore et encore annonçant l'arrivée de plusieurs messages.
-« Oh ! Oh ! Je crois savoir pourquoi tu es encore en retard toi ? Elle s'appelle comment ta nouvelle conquête ? »
-« La ferme Espo, tu ne sais pas de quoi tu parles, » lança fermement la jeune femme en repensant à son père.
Elle n'avait parlé à personne de son problème, pas même à ses amis les plus proches, refusant de lire dans leurs yeux la même chose qu'à la mort de sa mère.
-« Bon, on nous a assigné quel secteur aujourd'hui ? »
-« Le vingt-quatrième, » répondit fièrement Esposito. « Moi je t'l'dis Beckett, ça promet ! »
-« Vas-y, annonce, combien de mains as-tu graissé cette fois pour qu'on se retrouve encore une fois avec le secteur le plus chaud ? » demanda la jeune femme exaspéré.
-« C'est pas ma faute si Lenny a encore perdu son pari, » se défendit immédiatement Esposito. « Et puis… J'adore avoir l'occasion de te voir courir dans cet uniforme qui moule tes formes à la perfection… »
-« Espo ! » menaça Beckett. « Je te conseille de faire gaffe à ce que tu dis, tu pourrais le regretter très prochainement. »
-« Comme si tu me faisais peur ! » ironisa le latino en se dirigeant vers l'ascenseur.
Beckett le retint par le bras et approcha doucement sa bouche de son oreille.
-« Tu as aucune idée de ce dont je suis capable, aucune idée… »
-« Mais bien sûr ! Allez Beckett, ramène-moi tes jolies petites fess… » commença Esposito avant de se stopper brusquement.
La jeune femme venait en effet de lui attraper son oreille entre son pouce et son index et la tordait sans pitié.
-« Mais lâche-moi ! »
-« Uniquement si tu promets d'arrêter ton rentre-dedans à deux balles ! »
-« Et ma réputa… D'accord ! D'accord ! D'accord ! Ok, j'arrête ! Promis ! »
-« Bien, et si maintenant on allait travailler ? » fit la jeune femme en disparaissant dans l'ascenseur.
Ils étaient dans la voiture de patrouille depuis une vingtaine de minutes maintenant quand Beckett sortit enfin son téléphone portable pour découvrir qu'elle avait trois messages de Castle. Elle décida de les ouvrir chronologiquement.
« Vous êtes partie ? Je vous ai fait fuir ? Alexis vous a vraiment fait un dessin... Je vous le jure. »
Beckett sourit devant l'insécurité que reflétait ce message. Cela ne ressemblait en rien à l'image de séducteur sans pitié et changeant de conquête aussi vite que de chemises. Son rôle de père attentionné lui allait d'ailleurs comme une gant et il était évident que le bonheur de sa fille était plus qu'important.
-« Tu as l'air rêveuse. C'est ton nouvel amoureux qui t'a écrit des cochonneries ? »
-« Tu veux que je m'occupe de ta seconde oreille ? »
-« Non, merci ! répondit rapidement Esposito en se couvrant l'oreille la plus proche de sa coéquipière.
-« Je vois que tu apprends vite, « sourit la jeune femme avant de se replonger dans ses messages.
« Alexis voulait vous dire bonne nuit et je dois dire que moi aussi. Benne nuit KB. Prenez soin de vous. RC »
Beckett fronça ses sourcils en lisant ce message. L'écrivain utilisait-il sa charmante petite fille de cinq ans pour l'attirer dans ses filets ou bien leurs échanges étaient-ils basés sur une profonde et réelle sincérité ? Le souvenir des moments qu'ils avaient passé ensemble dans ce petit café ainsi que le dernier message datant de ce matin achevèrent de la convaincre.
« Je ne vous importunerai plus si c'est cela que vous souhaitez. Sachez que je ne vous voulais pas de mal. Prenez soin de vous. RC »
Seul un homme sincère pouvait accepter de se mettre en retrait alors que toutes les femmes se pavanaient à ses pieds. Ni une ni deux, Beckett se carra dans son siège et rédigea un message à destination de l'écrivain.
« Si je ne vous ai pas répondu avant c'est parce que j'avais éteint mon téléphone hier soir. Embrassez Alexis pour moi et remerciez-la pour son dessin mais laissons le destin décider de notre prochaine rencontre. KB »
La jeune femme rangea son téléphone dans sa poche et reporta son attention sur son environnement.
-« Qu'est-ce qu'on a pour le moment ? »
-« Rien. Tu peux continuer à textoter tranquille avec ton homme, tu sais. Ca ne me gêne pas. Surtout que tu es détendue comme jamais… »
-« Espo ! » fit Beckett menaçante avant de reporter son attention sur la route en enclenchant la sirène. « Espo, regarde ! Conduite dangereuse. Je crois que c'est pour nous. »
La poursuite s'engagea entre les deux véhicules et, alors que la jeune femme donnait ses informations au travers de la radio, Esposito faisait tout pour rattraper et surtout arrêter cette voiture folle. Il y parvint rapidement en bloquant la voiture entre un bus et son véhicule de patrouille. La jeune femme sortit immédiatement de voiture, la main à la ceinture, prête à sortit son arme au besoin.
-« NYPD ! Sortez les mains du véhicule lentement, » annonça la jeune officier tout à son travail.
L'automobiliste obtempéra et Beckett se présenta à sa fenêtre.
-« Papier du véhicule, assurance et permis de conduire Monsieur. »
-« Oh… Allez ma p'tite dame, soyez cool ! Ce n'était qu'un petit excès de vitesse de rien du tout ! »
-« Et c'est pour ça qu'il nous a fallu près de cinq minutes pour vous rattraper et vous obliger à vous arrêter ? Papiers s'il vous plait. »
Le contrôle se déroula sans incident et les deux policiers alignèrent le contrevenant pour conduite dangereuse. Alors qu'ils dirigeaient vers leur véhicule de patrouille, Beckett sentit son portable vibrer dans sa poche. Rien à voir son regard, Esposito roula des yeux.
-« Vas-y ! Regarde. De toute manière, on n'est pas à cinq minutes près. »
Avec un sourire de remerciement à l'intention de son partenaire, la jeune femme sortit son téléphone et ouvrit le message de son nouvel ami l'écrivain.
« Heureux de savoir que vous vous êtes reposée et que vous ne m'avez pas refermé la porte au nez. Si vous voulez embrasser Alexis, venez le faire vous-même… Nous sommes au café juste derrière vous en train de prendre notre petit déjeuner. C'est Alexis qui vous a reconnu immédiatement mais je dois dire que la tenue vous va à ravir… RC »
Beckett rougit violemment et se retourna pour rencontrer le regard bleu de l'écrivain depuis l'autre côté de la rue. Là elle se figea alors qu'Alexis lui faisait de grands signes de la main.
-« Tout va bien Beckett ? Tu les connais ? » s'enquit Esposito qui avait suivi son regard.
-« Tu me donnes une minute s'il te plait, » fit la jeune femme en s'éloignant déjà en direction de l'écrivain et de sa fille. « Hey, bonjour vous deux… Je ne m'attendais pas à vous trouver là… »
-« A vrai dire, nous non plus, » sourit Castle. « Mais je dois dire que c'est une bonne surprise. Vous êtes à croquer dans votre uniforme. »
-« Papa… » appela doucement la fillette. « J'ai pas mon dessin pour Kate… »
-« Tu peux toujours la saluer et lui faire un bisou. On trouvera bien une occasion pour le lui donner, non ? Qu'en penses-tu ? »
-« Et si on l'invitait à manger à la maison avec Grand-Mère ? » lança alors Alexis en s'approchant de Beckett pour lui faire un câlin. « Tu sais, elle est gentille Grams, un peu bizarre parfois mais gentille. »
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