Désolée pour cette journée de retard ^^

Merci à Prolixius5 pour la relecture et les corrections


Toujours en suivant de près cette mystérieuse femme, je ne peux m'empêcher de penser au fait qu'il y a quelques minutes, elle m'a appelée par mon prénom ainsi que mon nom de famille, alors que je ne l'avais jamais vue avant. Personne ne m'appelle Céleste. Personne. Pas même mon père, jusqu'à sa mort. Pas même Sam. Alors comment aurait-elle pu le savoir ?

Nous ne croisons personne en route, dans les couloirs, ce qui ne me rassure qu'à moitié. Je veux dire, il n'y a ni élève, ni professeur, ni qui que ce soit dans les parages, et je ne sais même pas où l'on me conduit actuellement.

Au bout d'un moment, après avoir gravi de nombreuses marches, elle s'arrête devant une porte sombre dont la taille est assez impressionnante. Elle se tourne vers moi et me dit, toujours en utilisant le même ton que tout à l'heure

-Le professeur Dumbledore va vous recevoir dans un instant. Veuillez entrer, s'il vous plaît.

La porte s'ouvre, et j'entre dans ce qui ressemble à un bureau. Ensuite, je me retrouve seule, enfermée à l'intérieur, ce qui monte ma barre de stress d'un cran ou deux. Et puis, ce nom… Dumbledore… Il ne me semble pas l'avoir déjà entendu auparavant.

Mes deux mains toujours plaquées contre la porte qui s'est refermée directement derrière moi, je ne peux m'empêcher de songer aux conséquences que ma présence ici aura. Sur les autres, comme sur moi-même. Mais qu'est-ce qu'il m'a pris de vouloir suivre ces personnes ? Qu'est-ce que j'avais en tête ? Si seulement j'avais écouté avec un peu plus d'attention les conseils que me rabâche sans arrêt Will… Si seulement…

Au bout de quelques instants, je finis par me dire que je ne peux passer les prochaines minutes qui suivront appuyé contre cette porte, et que cela ne me sert à rien de me morfondre de la sorte, alors je me redresse et me retourne. Et je découvre l'immensité de ce fameux bureau. Sur tous les murs, il y a des rangées et des rangées de livres. Je ne serais même pas capable de les compter, tant il y en a… La pièce est assez bien éclairée. Je me mets à avancer, pour en voir un peu plus Encore un tour à cause de ma curiosité, j'imagine…

La deuxième partie est un peu plus étroite que celle dans laquelle je me trouvais avant, et est comblée par plusieurs marches d'escaliers et un large bureau sur lequel toutes sortes d'objets qui me sont inconnus sont disposés. Je parviens quand même à y distinguer ce qui ressemble à un vieux chapeau brun rapiécé à plusieurs reprises. Il me parait étrange. Il y a quelque chose, qui émane de ce truc… Je ne saurais pas le décrire, mais le simple fait d'y jeter un coup d'œil me donne la chair de poule.

De plus, lorsque je m'avance davantage, je peux apercevoir, accrochée en hauteur, une cage dans laquelle un magnifique oiseau semble s'y reposer. Les couleurs de ses plumes sont splendides, presque irréelles. Et il est de taille anormalement grande. Je veux dire, c'est plus petit qu'un flamand rose, mais il doit bien dépasser la taille normale d'un perroquet ou d'un toucan. Sous la barre sur laquelle il se tient, il y a un petit tas de cendres. Je me demande bien pourquoi…

Il ouvre alors les yeux, et se met à me fixer.

-Bonjour, toi, lui dis-je en m'approchant un peu plus.

Il semble hocher la tête, comme s'il me comprenait… Et puis quoi, encore… Un oiseau qui comprend les humains… J'aurais vraiment tout vu, ici. Puis, une des nombreuses histoires que ma mère me racontait avant de m'endormir me revient brusquement en mémoire. Ce n'est pas un simple oiseau… Si j'en crois à tout ce qu'elle me disait, il s'agir d'un… D'un phénix…

Alors que je tourne la tête sur la gauche ayant cru entendre un bruit venant de ce côté, une voix masculine assez grave m'interpelle, ce qui me fait sursauter

-Bonjour, Céleste. A moins que tu ne préfères Charlie ? Je suis le professeur Dumbledore. J'imagine que tu m'attendais… J'espère que je n'ai pas été trop long…

Je me retourne brusquement. Devant moi se tient un homme ressemblant aux sorciers des contes que me lisait ma mère. Longue barbe blanche, des lunettes, une grande et épaisse robe aux tons grisâtres. Le portrait typique…

-Je… Heu… Ecoutez, je ne viens pas chercher d'ennuis, je veux simplement rentrer chez moi, et je…

-Chez toi ? Mais tu y es…

Je le dévisage durant quelques instants. Que veut-il dire exactement par « j'y suis » ? Et puis, comment se fait-il qu'ils connaissent tous mon nom, ici ? Plus personne ne m'appelle « Céleste » depuis des années, en plus…

-Tu dois très certainement te poser de nombreuses questions qui restent pour l'instant sans réponse…

-Oui, à commencer par celle-ci je suis où, exactement ?

-Tu es à Poudlard, me répond-t-il. Dans la meilleure école de jeunes sorciers.

Je m'en doutais, de ça, merci…

-Oui, eh bien, merci pour cette info, mais… j'aimerais bien partir, si vous me le permettez, je reprends, en tournant les talons pour sortir.

-Déjà ? Alors que nous attendions ta venue ?

Je me stoppe sur place.

-Comment ça, ma venue, je lui demande, lui tournant toujours le dos.

-Eh bien, ta mère nous disait à quel point elle souhaitait que tu intègres notre école, lorsque tu aurais l'âge…

-Ma… Mère ? Non, mais c'est quoi, tout ça ? Que savez-vous d'elle, ou de moi ?

-Tu es Céleste « -Charlie- » Bradbury. La fille de Sarah Middleton et de Mickaël Bradbury. Tu as un grand frère, qui se prénomme Samuel.

-Mais, c'est… C'est impossible que vous… c'est…

-… Une école de sorciers. Comment as-tu fais pour passer à travers le mur entre les voies neuf et dix, ce matin, à ton avis ? Un peu de magie, et le tour est réglé…

Je m'assieds sur une des marches, en me prenant la tête entre les mains. Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Comment pourrait-il vraiment connaître tout ça, étant donné que je suis sûre que Sam n'est absolument jamais venu dans un endroit pareil ? Du moins, je crois…

Je sens Dumbledore se rapprocher de moi. Il m'attrape par l'épaule, et me dit

-Tu n'as pas à t'inquiéter. Tu peux te considérer ici comme chez toi, jeune fille.

-Mais… C'est pas possible, je… Je suis pas une sorcière, moi, je m'exclame en me relevant. Je suis une chasseuse, et jamais personne ne m'avait parlé avant vous d'un truc pareil ! Comment être sûre que vous dites la vérité, de toutes manières ? Comment vraiment savoir si tout cela n'est pas qu'un piège ?

-Justement, ta mère avait prévu cela avant de mourir.

Avant de mourir… Il est donc au courant… Je me mets à me détendre, et lui demande, la voix tremblante

-Vous… Vous la connaissiez ?

-Effectivement, oui, je la connaissais. Je pensais que ton père t'en avait parlé.

Tous mes mondes se chamboulent. J'apprends révélation sur révélation, et ça me donne un mal de crâne comme pas possible. J'aimerais tant me réveiller et m'apercevoir que tout cela n'est qu'un mauvais rêve, que ce n'est que le fruit de mon imagination… Que rien de tout cela n'est réel…

-Tu veux que je te montre quelque chose sur tes parents ?

Je relève la tête en direction du directeur, et finis par hocher la tête. Il me fait signe de me lever et de le rejoindre près du mur au fond de la pièce.

-Est-ce que… Est-ce que vous savez comment elle… Comment elle est morte ?

-Ton frère ne te l'a pas dit ?

-Il a seulement déclaré qu'un bâtiment avait explosé et qu'elle se trouvait toujours à l'intérieur. Mais je sais quand il me ment.

-Eh bien, je pense que tu mérites de connaître la vérité, maintenant que tu es ici, dit-il en ouvrant une porte dissimulée.

L'objet qui en sort ressemble à une fontaine, peut-être, et est fait de marbre blanc.

-Qu'est-ce que c'est, je demande.

-C'est une pensine, me répond-t-il en attrapant une des fioles posées sur une étagère. Cela permet de conserver certains souvenirs importants.

Il verse le contenu de la fiole dans le liquide de la pensine. Une image un peu floue se forme à la surface.

-Vas-y. Tu comprendras ce qu'il s'est vraiment passé cette nuit-là, il y a cinq ans.

Il attrape ma main et me fait avancer. Je ferme les yeux, mais je parviens tout de même à distinguer quelques formes à travers mes paupières, grâce à la grande quantité de lumière.

Lorsque je rouvre mes yeux, je suis toujours dans le bureau du professeur Dumbledore. Mais quelque chose a changé. L'atmosphère, très certainement. Et je suis seule. Le décor a pris des couleurs tristes, aux tons gris. Et je sens un froid glacial me traverser le dos. Puis, la porte s'ouvre brusquement. Quelqu'un entre.

-Professeur Dumbledore, je dis en le regardant.

Il ne me répond pas. Ou il ne m'a pas entendu, ou… Ou il ne me voit pas, ce qui serait assez logique, car si j'ai bien compris, je me trouve dans un de ses souvenirs. Il se dirige directement vers son bureau, et se met à fouiller dans ses documents. Il semble chercher quelque chose d'important.

La porte s'ouvre à nouveau, et deux autres personnes entrent à leur tour. Je reconnais le Professeur McGonagal, et elle est accompagnée d'un homme que je ne connais pas. Il est vêtu de couleurs sombres, et a des cheveux lui atteignant les épaules de la même couleur que sa tenue. Il semble assez sévère, vu à l'expression que l'on peut facilement lire sur son visage totalement exempt d'une quelconque émotion.

-Albus, il faut y remédier immédiatement, s'exclame la femme.

-Je le sais bien, Minerva. Je suis en train de convoquer les Aurors. Il n'y a qu'eux qui pourront nous aider.

Les Aurors… Un terme que je n'avais jamais entendu auparavant non plus.

A peine a-t-il terminé sa phrase que pour la troisième fois en moins de deux minutes la porte s'ouvre à nouveau. Un homme tenant dans sa main droite une sorte de grand bâton lui atteignant l'épaule entre dans la pièce. Je remarque qu'il a une sorte d'œil de verre, ainsi qu'une jambe-de-bois... métallique. Son long manteau dégoulinant d'eau de pluie prouve qu'il a dû faire un sacré voyage avant d'arriver ici.

-Alastor. Tu es venu.

-Avec un problème tel que celui-ci, je me le devais bien.

Il salue les deux autres personnes, et se dirige vers le bureau du doyen, et laissant la porte ouverte derrière lui, se doutant que d'autres personnes ne tarderont pas à arriver, ce qui est le cas très rapidement. Deux hommes se joignent à eux, essoufflés également, comme s'ils venaient de piquer un sprint. Seulement, moi, je ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe ici. Déjà, qui sont tous ces gens ? Que viennent-ils faire ici ? Et pourquoi ? Vu à leur tête, je dirais qu'ils se sentent menacés, mais… Par quoi ? Ou… Ou par qui ?

-Et les autres, demande celui qui a les cheveux sombres. Que font-ils, ils ne viennent pas ?

-Tout va bien, Severus, lui répond Dumbledore. Ils ne vont pas tarder, et tu sais qu'il est assez compliqué de voyager ou de transplaner en ces temps difficiles.

Transpla… Quoi ? C'est quoi, transplaner, exactement ?

-Est-ce vrai, Albus, lui demande l'homme à la jambe de bois. Ce qu'on raconte…

-Je le crains, Alastor, je le crains. Ce ne sont plus de simples rumeurs, à cette heure-ci. Nous avons appris de sources sûres qu'il est de retour.

-Pas pour longtemps, reprend l'homme, assez remonté, en se mettant à marcher de long en large dans la pièce. On ne va pas le laisser agir comme il l'a fait la dernière fois.

Laisser qui agir ? Qui a fait quoi ? Que s'est-il passé qui puisse les inquiéter à ce point-là ? Depuis tout à l'heure, je détaille du regard chaque personne se trouvant dans la pièce. De McGonagal à cet Alastor. La même expression peut à présent se lire sur leur visage. Je ressens comme une légère vague de peur traverser chacun d'entre eux durant quelques instants. Quant à moi, j'essaye de comprendre comment ma mère a réussi à se retrouver mêlée à tout ça, étant donné qu'elle n'était qu'une chasseuse vivant à Londres avec sa famille. Autrement dit, avec mon père, Sam, et moi. Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire pour se retrouver parmi tous ces sorciers ? Avait-elle été capturée par l'un d'entre eux ?

-Comment allons-nous remédier à cela, Albus, le questionne un homme du nom de Kingsley. Avons-nous un moyen de nous défendre ?

-Pour être honnête, lui répond Alastor, nous, les Aurors avions prévu de lancer une offensive. Cette nuit. N'est-ce pas, Albus ?

-C'est exact. Nous n'avons plus qu'à attendre le reste des vôtres. Plus tôt nous nous débarrasserons de lui, et mieux cela sera pour nous, notre Univers, et celui des Moldus.

A peine a-t-il achevé sa phrase, qu'une faible lueur provenant de l'extérieur de la pièce les stoppe dans leur conversation, dont je n'ai toujours rien compris. Puis, deux autres personnes font irruption dans la pièce, en saluant chacun des membres déjà présents. Ce sont deux femmes. L'une d'entre elles a une épaisse tignasse dont je ne saurais donner un nom exact pour ce qui est de sa couleur. D'après ce que j'entends, elle s'appellerait Nymphadora. Elle parait assez jeune, pour faire partie de ce groupe, bien que je n'en connais toujours pas l'utilité cependant, si l'on pouvait me voir, cela ne changerait pas grand-chose, car immobile comme je le suis, ils ne me remarqueraient même pas. Je suis incapable d'effectuer le moindre geste.

La bouche entrouverte, les yeux écarquillés, les mains tremblantes, mon esprit en ébullition tentant de trouver une explication logique à tout cela… Cette femme, dont les cheveux noirs sont retenus en une queue de cheval qui lui revient sur l'épaule droite… Cette femme aux grands yeux clairs, qui vient d'entrer dans la pièce, d'un pas décidé, le visage dur, un fusil de chasse en bandoulière… Le seul mot qui parvient à s'échapper de ma bouche est;

-… Maman ?