Hello hello ! Alors, pour commencer, un grand merci pour vos reviews. C'est vraiment motivant d'avoir autant d'échos positifs alors que l'histoire vient à peine de commencer ! =D
RoronoaAgathou : ne t'inquiète pas, c'est ma faute d'avoir utilisé une expression anglaise alors qu'on a des synonymes parfaitement valables en français XD "avoir un faible", "avoir le béguin"... ou bien, comme on dit ici en Belgique, "avoir un boentje" :-p En tous cas merci pour tes encouragements, et gros bisous à toi aussi !
Kupicar : ahah, Sanji vient à peine de découvrir la civilisation... il n'est pas au bout de ses peines, le pauvre :-p
pickiline : oooh oui, Zoro va bien s'occuper de lui ! *rire machiavélique*
Sarahahah : ne t'inquiète pas, mieux vaut tard que jamais ! ;-) et de toute façon, tes compliments compensent amplement ! Merci merci ! Gros bisous !
Minelae : c'est parti d'une idée fugace, de "Tiens, ce serait marrant si Zoro et Sanji venaient d'une époque différente !" et puis j'ai réfléchi à comment les faire se rencontrer, comment faire en sorte qu'ils parlent au moins la même langue... et je me suis lancée. Et finalement, cette histoire a pris forme presque toute seule lol ! Tant mieux si ça te plaît !
Pauline et Rineca : ne t'inquiète pas, tes reviews me font toujours plaisir, constructives ou pas ! Bisous bisous ! ^^
Le trajet en voiture se fit dans un silence pesant. Zoro et Nami avaient tous les deux bien trop de choses en tête pour avoir envie de parler – aussi, les yeux fixés droit devant eux et les lèvres serrées, ils avaient laissé un silence morose s'installer, seulement interrompu par Sanji qui marmonnait des prières sur le siège arrière. Il tenait entre ses mains jointes une petite croix en bois, toute simple, qui s'avérait être l'objet qu'il agrippait lorsqu'il était encore mort. Brrrr. Lorsqu'il était encore mort. Cette phrase résonnait étrangement dans la tête de Zoro. Il jeta un regard furtif en direction du fou de Dieu assis derrière lui, et poussa un petit soupir. Pour lui qui était athée et fier de l'être, c'était en quelque sorte un peu décevant que l'objet que Sanji (puisque c'était son nom) avait serré contre son cœur avec les dernières forces qui lui restaient, l'objet mystérieux qui avait poussé Robin à glisser son corps dans le scanner, n'était finalement qu'une banale petite croix. Mais bon – au XVIIème siècle, l'athéisme était encore quelque chose de très rare, et d'extrêmement mal considéré, alors Zoro n'avait pas osé se moquer du pauvre gars, qui devait déjà être bien assez perturbé comme ça.
- Voilà, Zoro, on y est, dit soudain Nami en arrêtant la voiture. Tu veux que je vienne avec toi, ou ça ira ?
Sanji, à l'arrière, avait sursauté lorsque Nami avait pris la parole, et regardait par la vitre de la voiture avec des yeux grands comme des soucoupes.
- Non, ça ira, je me débrouillerai tout seul, soupira Zoro en détachant sa ceinture de sécurité. Merci quand même.
- De rien. Et si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler, OK ? Et tiens-moi au courant !
- Ouais, ouais… répondit le sabreur qui était déjà à moitié sorti du véhicule.
Il alla ouvrir la portière de Sanji, et constata avec une surprise que le Sourcils-en-vrille avait réussi à détacher sa ceinture tout seul (ah, il n'était pas si inutile que ça, après tout) et faisait à présent des adieux déchirants à leur conductrice (comme quoi, il n'en restait pas moins idiot).
- Allez, viens. On est arrivés, lui dit-il en montrant l'immeuble situé dans son dos.
Sanji sortit de la « carriole du diable » (selon ses propres termes) avec un soulagement manifeste, et parcourut la rue du regard avec un mélange de peur et de fascination. Pauvre gars. Tout devait lui paraître tellement étranger : la rue couverte d'asphalte, les voitures en stationnement, les poubelles métalliques, les tags sur les murs, les gens qui passaient avec des écouteurs dans les oreilles, ou pianotant sur leur téléphone… Zoro soupira derechef, et ouvrit la porte d'entrée de son immeuble sans plus attendre. Sanji le suivit d'un pas légèrement hésitant, mais après tout, quel autre choix avait-il ? Il ne connaissait rien à ce nouveau monde qui l'entourait, et s'il tentait de s'enfuir, il n'irait certainement pas très loin. Pour l'instant, il semblait en avoir pris son parti, et avait choisi de faire confiance à Zoro – pour l'instant.
Ce dernier eut un moment de flottement avant d'appeler l'ascenseur, se demandant quelle réaction cela allait encore susciter chez l'homme du XVIIème siècle, mais il finit par appuyer sur le bouton. Il réprima un sourire en voyant Sanji sursauter lorsque le bruit de moteur s'enclencha, les informant que la machine arrivait.
- Quelle est cette nouvelle diablerie ? murmura le blond, pâle comme un linge.
- Ça s'appelle un ascenseur, et on va monter dedans, répondit Zoro avec un petit sourire.
La diablerie en question venait d'arriver au rez-de-chaussée, et le sabreur en ouvrit la porte métallique pour révéler la cabine exigüe aux yeux de Sanji.
- Ah, non ! Non non non ! Je refuse ! protesta celui-ci en reculant d'un pas. Vous n'allez pas encore m'enfermer dans une cage en fer !
- Tu peux toujours prendre l'escalier, mais j'habite au 8ème étage, et ça m'étonnerait que tu sois capable de monter jusque-là à pied pour l'instant. Allez, grimpe dans l'ascenseur, ou c'est moi qui te pousse !
Sanji pinça les lèvres tellement fort que celles-ci se réduisirent à un trait, mais il entra dans la cabine en deux grandes enjambées, sans doute indigné qu'on ait insulté ses capacités physiques. Mais il fallait dire ce qui était : après trois siècles et demi passés dans la tourbe, ses muscles s'étaient atrophiés et, à l'heure actuelle, ses jambes le portaient à peine.
Zoro appuya sur le bouton du 8ème étage et ferma les yeux avec irritation lorsque Sanji, dès que l'ascenseur commença à monter, poussa un cri de frayeur et se plaqua contre l'une des parois. Il avait été mal inspiré de faire ça, car dès qu'il sentit les vibrations qui parcouraient la paroi en question, il s'en écarta en gueulant à nouveau, et passa tout le reste de l'ascension à sauter d'un pied sur l'autre sans oser toucher les murs. Zoro se massa les tempes, sentant naître la migraine. Pourquoi avait-il accepté de s'occuper de cet énergumène, déjà ?
~~oOo~~
Après que Sanji ait accepté la dure réalité, à savoir que personne ne lui mentait et qu'il était bel et bien au XXIème siècle, il avait fallu prendre une décision, et vite, à en juger par les regards noirs que leur jetait le patron de l'auberge.
- Je pense que le plus urgent serait d'emmener Mr Sanji…
- Lenoir. Sanji Lenoir, murmura le blond, qui avait l'air complètement anéanti sur sa chaise.
- …Mr Sanji Lenoir, donc, chez un docteur digne de ce nom, fit Robin en croisant les doigts devant elle. Nous lui avons extrait la balle qu'il avait dans le dos, mais ce n'est sans doute pas suffisant, et il faudrait lui faire un check-up complet.
- Un docteur ? Pourquoi voulez-vous m'emmener chez un docteur ? s'étonna l'homme du XVIIème siècle, haussant un sourcil. Et un docteur en quoi, si vous me permettez ?
- Un physicien, si vous préférez, corrigea Robin avec un sourire contrit.
- Un physicien ? Qu'est-ce la physique vient faire là-dedans ? grogna Zoro. C'est d'un médecin dont il a besoin !
- Argh ! Tais-toi un peu, Zoro ! s'énerva Nami, en lui envoyant un coup de pied sous la table. On ne parle que de ça depuis le début, figure-toi !
Zoro se tassa dans sa chaise, bougonnant dans sa barbe, et darda un regard venimeux à Sanji, qui ne cachait pas sa satisfaction à le voir ainsi mouché.
- Mais… continua Nami, en se tournant vers Robin. Ce n'est pas un peu risqué, de le conduire chez un médecin ? Je veux dire… Les cellules de Sanji ont plus de trois cent ans ! Et s'il lui fait une prise de sang, et qu'il remarque qu'il y a quelque chose de bizarre ?
- Il vaut mieux s'adresser à un médecin de confiance, et lui expliquer la situation au préalable, en effet, admit Robin.
- On n'a qu'à demander à Chopper, intervint Zoro. Il ne lui reste que deux ans pour terminer ses études de médecine, et il n'ira pas crier sur tous les toits qu'on a fait revenir à la vie un cadavre du XVIIème siècle, au moins…
- Hey ! Pourriez-vous vous abstenir de parler de moi de la sorte ? protesta Sanji. De plus, votre sollicitude me touche, mais je n'ai nullement besoin d'un médecin, je vous assure. De toute ma vie, je n'y ai jamais eu recours, et je préfèrerais m'en abstenir cette fois encore. Nombreux sont les gens de ma connaissance qui ont fait appel aux services d'un physicien, et que les lavements et saignées ont fini de précipiter dans la tombe. Pour ma part, je suis certain que quelques bons repas suffiront à me faire reprendre des forces !
- Ne vous inquiétez pas, Mr Lenoir, répondit Robin en lui prenant la main. La médecine a bien changé depuis, et je vous promets que vous n'aurez à subir ni lavement, ni saignée. Faites-moi confiance ? S'il-vous-plaît ?
- E-évidemment, ma mie ! Et vous pouvez m'appeler Sanji ! s'écria l'imbécile, avec des cœurs dans les yeux.
- C'est décidé, dans ce cas : on demandera à Chopper de l'ausculter, trancha Robin en retirant sa main de celles du blond. Maintenant, la question qui se pose est la suivante : qui s'en charge ?
Il y eut un grand silence, durant lequel la brune, la rousse et le kendoka se jaugèrent du regard. Finalement, ce fut ce dernier qui brisa la compétition.
- Et pourquoi tu ne le ferais pas toi-même ? C'est TA découverte, après tout !
- Comment osez-vous parler à une dame avec un tel irrespect ?! s'étrangla Sanji, indigné.
- J'aimerais bien, mais je ne peux pas abandonner mon chantier et mes hommes sans un mot d'explication, s'excusa Robin. Je vais déjà devoir inventer un mensonge valable pour justifier la disparition du corps…
- Robin a raison, intervint Nami. En plus, Franky et elle n'ont pas de chambre d'amis, alors que toi bien, Zoro.
- Hein ? Parce qu'en plus, je vais devoir le loger chez moi ?!
- C'est la seule solution possible, insista la jolie manipulatrice. Tu me vois expliquer à Nojiko pourquoi je ramène chez nous un type aussi bizarre ? En plus, si tu acceptes, j'envisagerai de réduire ta dette de… disons 10%...
- 50%.
- 20% !
- 25%, à prendre ou à laisser.
- Tope là !
Et c'est ainsi que Zoro s'était retrouvé avec un colocataire pour le moins particulier.
~~oOo~~
Chopper avait promis de passer dès qu'il finirait sa journée de stage, et Zoro avait donc un peu de temps pour prendre une douche et se changer. Il rangea son téléphone dans la poche arrière de son jeans, et soupira d'aise en imaginant l'eau chaude qui tomberait en cascade sur ses épaules, le débarrassant de son stress et des tensions accumulées. Mais d'abord, il devait s'assurer que l'autre abruti ne fasse pas de bêtises pendant qu'il…
CRASH ! Zoro sortit de sa chambre en courant et constata avec horreur que Sanji venait d'exploser l'écran de sa télévision. Le blond avait encore une jambe à demi-levée, et avait en plus le toupet de ne pas avoir l'air désolé du tout.
- Que… TOI ! rugit-il, hors de lui. Je t'ai dit de poser ton cul sur ce canapé et de ne toucher à rien ! T'es bouché ou quoi ?!
- Boucher ? répéta Sanji, les sourcils froncés. Non, je suis cuisinier, à vrai dire…
- Je m'en fous ! Quand je te dis de ne toucher à rien, TU NE TOUCHES À RIEN ! Vu ?
- Je n'ai touché à rien ! se défendit le coupable, haussant le ton à son tour. Je me suis juste assis sur la banquette, et les lutins enfermés dans la cage en verre se sont animés d'eux-mêmes ! Qu'y a-t-il de mal à avoir voulu les délivrer ?
Zoro se laissa tomber dans le canapé, soudain très découragé, et se rendit compte qu'en effet, il avait laissé la télécommande coincée entre deux coussins. Sanji avait dû s'asseoir dessus sans le savoir, et la télévision s'était allumée. Zoro se massa les tempes à nouveau, et poussa un gros soupir.
- Ohlà, maraud ! s'emporta l'homme du XVIIème. Cesserez-vous de m'ignorer, à la fin ? Coquin ! Fripon ! Malotru !
- Bon. Du calme. La « cage en verre », comme tu dis, ça s'appelle une télévision. Et il n'y a aucun lutin à l'intérieur. C'est juste une… machine… qui nous permet de voir des images… qui bougent… essaya d'expliquer Zoro, tout en suant à grosses gouttes. Tu comprends ?
- Des images qui bougent ? répéta Sanji, qui fumait encore de colère. Comment est-ce possible ? De plus, j'ai bien entendu les lutins parler, je ne suis pas fou !
- Oui, mais… Huuum… Comment expliquer ça ? gémit Zoro. Où sont Usopp et Franky quand on a besoin d'eux, franchement ?
Zoro se creusa les méninges pendant quelques secondes, pendant que Sanji restait debout devant lui, les bras croisés et la mine sceptique.
- Bon, on va procéder autrement. Mais assieds-toi d'abord, je vois d'ici tes jambes qui tremblent, crétin, lui enjoignit le kendoka en tapotant le canapé à côté de lui.
- Humpf ! Je ne suis pas en verre, vous savez ! s'offusqua Sanji, en s'asseyant quand même.
- Alors. Les gens que tu as vus dans la télévision sont des gens réels, qui bougent, qui parlent, exactement comme toi et moi. Mais, euh… Tu vois bien que c'est vide, à l'intérieur, hein ? Parce qu'ils ne sont pas vraiment dans la télévision. Ils sont quelque part ailleurs, très loin, et c'est grâce à une machine qu'on a inventée, et qui s'appelle une caméra, qu'on arrive à les filmer (je veux dire, à les enregistrer) et qu'on peut ensuite retransmettre à la télé tout ce qu'ils font et ce qu'ils disent. Mais en miniature. Tu saisis ?
Sanji resta silencieux durant un long moment, analysant sans doute ce qu'il venait d'entendre.
- Vous voulez dire que… grâce à ces « machines », vous pouvez observer des personnes se trouvant à distance ? Et ceci, sans qu'ils n'en aient connaissance ? C'est bien ça ?
- Oh non, ils savent qu'ils sont filmés ! Enfin, la plupart du temps, ils le savent, précisa Zoro. Ce sont des acteurs qui jouent pour notre divertissement, tu vois ?
- Oh, ce sont des acteurs ? fit Sanji, avec un éclair de compréhension dans le regard. Donc cette… « télévision » vous sert à assister à une pièce de théâtre sans devoir vous déplacer, en quelque sorte ?
- Oui, voilà, on peut dire ça, souffla Zoro, soulagé.
- Les gens de votre époque sont vraiment paresseux. La moitié du plaisir éprouvé en allant voir une pièce est d'y aller en bonne compagnie, et de pouvoir huer ou applaudir les comédiens, déclara Sanji en haussant les épaules avec suffisance.
Zoro résista à l'envie de l'étrangler, et se demanda s'il manquait encore beaucoup de temps avant que Chopper n'arrive. Parce qu'à ce rythme-là, il risquait de re-tuer le mort avant que le médecin en herbe n'ait eu l'occasion de l'ausculter !
