Hellow ! Suite ! ^^ Bonne lecture ! Et n'hésitez pas à poster une review :) Ça me ferait très plaisir !
Bon je vais vous dire un truc quand même. Les titres de mes chapitres (à part le premier), sont des titres de chansons que j'ai écoutées pour écrire le chap ou qui me paraissent les plus appropriés.
Part Four
Le soleil se levait lentement ce matin. Erik l'observait depuis la fenêtre de sa chambre, les coudes sur le rebord de la fenêtre. Il se sentait serein, complet. L'air frais caressait ses joues rasées. Les gouttelettes sur ses cheveux, reliques de sa douche matinale, gouttaient sur le parquet de l'hôtel.
Il avait fait une escale dans la chambre de Raven. D'un hochement de tête, Hank l'avait rassuré. Elle dormait paisiblement dans ses bras, il lisait tranquillement le journal.
Alex et Sean dormaient encore profondément.
Erik leur commanda le petit déjeuner et décida de sortir prendre l'air. Il voulait reparler à Charles, mais il n'avait aucun moyen de le contacter. Peut-être aurait-il dû demander l'aide de Hank… Mais il ne voulait pas leur causer plus de griefs. Ils ont dû être déçus et choqués de Charles. Erik devait absolument comprendre ce qui lui était arrivé...
Sa veste sur les épaules, il sortit. La ville qui s'éveillait au petit matin était un petit plaisir qu'il chérissait. Pas grand monde de sorti, pas de bruit superflu, juste les gens du matin – facteurs et compagnie. Il flâna le long des rues, le nez en l'air. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi épanouis. La dernière fois remontait au mois précédent. Avec Charles bien évidemment. Ce qui renforça son désir de retrouver son ami. Et te le tirer à la maison par la peau des fesses s'il le fallait, parce qu'il ne se permettrait pas de perdre le bon temps qu'il pourrait avoir avec lui. Puis, une idée surgit dans son esprit.
Sortant de la pâtisserie, un paquet sous le bras, il tenta de se rappeler de l'adresse de la veille. Il héla un taxi, qui l'y conduisit.
Sur le palier de l'entrée, Erik attendait qu'on lui ouvre. Quand enfin la porte s'ouvrit, il fut surpris de découvrir M. Schell en peignoir. Il se souvint soudain de l'heure matinale. Rougissant légèrement, il présenta ses excuses.
« Oh M. Eisenhardt ! Quel plaisir de vous revoir ! Vous n'avez pas à vous excuser, je suis une personne du matin, j'aime juste passer du temps dans des vêtements confortables… Qu'est-ce qui vous amène ?
-Eh bien, je voulais m'excuser de mon départ précipité hier soir. J'aurais voulu rester plus longtemps, mais quand les affaires nous tiennent…
-Ahaha je comprends parfaitement. »
Erik lui présenta le paquet, qui renfermait un assortiment de pâtisseries. M. Schell le remercia du fond du cœur.
« Ça me fait plaisir. Avant de vous laisser à votre matinée, je me permets de vous déranger encore.
-Sans problème.
-Connaissez-vous l'adresse à laquelle réside le jeune homme qui est venu hier soir ? Celui que vous attendiez avec impatience. J'aurais voulu faire plus ample connaissance avec lui…
-Oh, Professeur Xavier vous voulez dire. Oui, oui, il réside dans un appartement du quartier haut. –il griffonna l'adresse sur un bout de papier qu'il avait trouvé sur une table basse- Voilà. Vous verrez, c'est un homme charmant, et si cultivé. »
Erik le remercia et lui souhaita une bonne journée avant de s'en aller.
Selon l'adresse indiquée, il n'était pas loin. Un appartement pour ses déplacements en ville, avait déclaré M. Schell. Erik n'en avait jamais entendu parler. En vérité, Charles exposait peu ses possessions. Il n'aimait pas parler de son héritage, il était trop humble pour se vanter des différentes acquisitions familiales. Mais Erik avait deviné que la famille Xavier n'avait pas qu'un château…
Une fois devant le bâtiment, il sifflota, impressionné. Les ancêtres Xavier n'étaient pas des péquenots pour sûr. Il aurait été furieux, si ce n'était pas à Charles. Bizarrement, l'humilité et la gêne qu'éprouvait Charles quand il devait parler d'une de ses possessions calmaient la colère d'Erik vis-à-vis des bourgeois.
Il décida de rester dans le coin, vérifier si Charles résidait bien ici. Quelques minutes plus tard, la porte du bâtiment s'ouvrit. Les informations d'Erik étaient à jour. Et Charles toujours aussi matinal. Erik pensa à le suivre discrètement. Discrètement était un grand mot quand il s'agissait de prendre un télépathe en filature. Il devait pourtant tenter le tout pour le tout. Quitte à transformer la filature en course-poursuite… Ou finir directement en zombie.
Raven se réveillait lentement, se frottant les yeux.
« Bien dormi ? »
Elle leva les yeux vers Hank, et sourit.
« Oui. Tu es confortable.
-Je suis content de le savoir », dit-il en riant.
Il l'embrassa sur le front, elle bougea la tête afin de l'embrasser sur les lèvres. Il posa alors son journal sur la commode, et la prit dans ses bras, prolongeant le baiser.
Les oiseaux gazouillaient dehors, et on frappa à la porte. Hank brisa la baiser, avec regret.
« Qui est-ce ?
-Votre petit-déjeuner, mademoiselle.
-Ah c'est vrai que je ne suis pas censé être ici, dit-il à Raven, lui caressant les cheveux.
-Entrez », dit Raven en riant.
La femme de chambre semblait étonnée de voir Hank, mais s'attendrit. Deux jeunes qui s'aimaient était toujours une vision magnifique. Elle posa le plateau de petit-déjeuner sur la commode et alla chercher celui de Hank, avant de repartir.
Hank s'assit dans le lit, et posa son plateau sur ses genoux. Raven sirotait déjà son café.
« C'est romantique non ?
-Hmm, ch'est chûr ! » déclara Raven, un croissant en bouche.
Hank éclata de rire. Ils passèrent le petit déjeuner à rire et se raconter des anecdotes, le mauvais souvenir de la veille laissé en hiatus.
Sean et Alex avaient décidé de prendre le petit déjeuner dans le restaurant – parce que deux jeunes hommes dans une chambre n'ont pas le même effet qu'un couple roucoulant. Sean dévorait les croissants. Alex en était à sa deuxième biscotte beurrée.
« On fait quoi aujourd'hui ?
-Aucune idée. Erik est sorti. Les deux autres roucoulent, dit Sean.
-J'aimerai bien faire le tour de l'hôtel. Qu'est-ce t'en penses ?
-Ouais. Toutes façons, j'ai pas de meilleure idée. »
Ils continuèrent leur petit-déjeuner en discutant de tout et de rien – mais surtout pas de la veille.
Voilà une heure qu'Erik suivait Charles. Il l'avait sûrement repéré depuis un bout de temps. Il a dû projeter plusieurs fois son excitation. Mais Charles n'avait pas tiqué.
Jusqu'à maintenant.
Erik avait décidé de le confronter. Il alla s'asseoir sur le banc où Charles lisait. A l'écart des gens, un coin assez calme, qui deviendra bien bruyant une fois la ville parfaitement réveillée.
Pendant quelques minutes, aucun ne pipa mot. Charles gardait les yeux rivés sur son bouquin. Erik regardait le parc, le dos contre le dossier du banc.
Le silence commençait à peser. Erik se retint de souffler d'agacement.
Charles tourna une page lentement.
« Je peux faire quelque chose pour vous, Monsieur ? »
Les premiers mots de Charles depuis… longtemps. Erik déglutit difficilement, à cause de l'émotion.
Il tenta de former une phrase correcte à sortir. Correcte en terme et en ton.
« Eh beh c'est pas gagné… » souffla Charles, continuant à lire.
Erik inspira – il était agacé du comportement de Charles. Déjà. Ca promettait.- et il dit : « Où étais-tu ? »
Charles leva les yeux vers lui. « Ici. Tu m'as suivi.
-Non Charles, je parlais durant tout ce temps. Où étais-tu passé. On s'est fait un sang d'encre.
-Hmm. Ça se voit. Je vais essayer de te croire.
-Charles, pourquoi… Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qu'on a fait ?
-Tu n'as pas à mettre tout le monde dans le même panier que toi. Toujours le même salopard. »
Erik regarda Charles, ne cachant plus sa colère montante.
« Je peux savoir ce que tu me reproches au juste ?
-A part m'avoir rendu tel que je suis maintenant, non rien de spécial.
-Bon sang Charles ! Sois plus clair ! »
Charles ferma son livre et le posa sur le banc. Il porta sa main à sa tempe. Erik se prépara à repousser son intrusion mais rien. Charles planta ses yeux bleus dans les siens. Erik s'y perdit, comme à son habitude. Mais la chaleur et le réconfort que lui prodiguait autrefois le regard bienveillant de son ami n'étaient plus.
« Où étais-tu… On s'inquiétait.
-Apparemment pas assez pour venir à ma recherche.
-Charles, tu as disparu. Tu m'as laissé sur la plage, avec les jeunes.
-Et ? Tu es encore vivant. Il semblerait que ce soit le principal pour toi, non.
-Tu m'as abandonné ! cria Erik, le cœur serré.
-Aha, voilà l'égoïsme qui revient… Chassez le naturel, il revient au galop.
-Charles !
-Non Erik. TU m'as abandonné. Tu nous a tous abandonné. Tous les mutants que tu voulais récupérer, qu'en as-tu fait ? Que sont-ils devenus ?
-Je n'ai... Je ne pouvais pas ! Que veux-tu que je fasse sans toi ?! Tu es parti, sans donner de nouvelles ! Et je devais m'inquiéter des autres mutants qui ne savent même pas qui ils sont ?!
-C'est toi qui prônait ça Erik. Toi et seulement toi. Tu nous rabâchais les oreilles avec ton plan, ton idée "magnifique, tu verras Charles, ils nous suivront." Et moi ? ET MOI ERIK ?
-TU AS DISPARU !
-TU M'AS ABANDONNE ! L'amitié ?! Mais quelle amitié ?! TU NE M'AS MÊME PAS CHERCHE ERIK ! TU ES RESTE PROSTRE DANS TON SEMBLANT DE TRISTESSE !"
Charles hurlait avec une force qu'Erik ne lui connaissait pas. Les mots l'avaient atteint comme une simple balle aurait pu l'atteindre, le canon pointé sur son cœur. Les mots de Charles le brisaient. Jamais il n'aurait pensé entendre des propos aussi incisifs de la part du doux Charles. Il avait changé... et pas pour le mieux. Comment pouvait-on être mieux que Charles ?
Il tenta de répondre à Charles ; il n'y arrivait pas. Il eut un sentiment désagréable, comme une boule dans l'estomac et un blocage au niveau de la gorge. Aucun son ne semblait vouloir contredire Charles.
"Tu... Nous étions amis Charles... Comment as-tu pu ...
-Ce n'est pas un mystère pour moi. Je sais exactement ce qui m'est arrivé. Cette amitié - aha, je devrais dire pseudo-amitié- je m'y suis accroché les quelques heures, les quelques jours qui ont suivi l'incident. Mais tu n'as pas fait un signe. Rien. Erik. J'étais toujours là pour toi, et tu n'as rien fait pour moi. Tu m'as abandonné à mon propre sort. Tu m'as oublié Erik. Tu t'es noyé dans ton chagrin pour ne pas agir. Parce que c'est ce que tu es. Un lâche. Un profiteur."
L'esprit d'Erik était dans un néant.
Charles poursuivit.
« Tu n'as pas intérêt à venir dans mes pattes. Je suis occupé. » – il marqua une pause et regarda Erik dans les yeux
Son regard était celui qu'il arborait quand il effleurait les pensées de quelqu'un. A un moment, il ouvrit les yeux plus qu'avant. Une tristesse à peine perceptible voilà son regard. Il brisa le contact.
« Elle va bien. » déclara Erik, toujours cette désagréable sensation d'impuissance.
Charles inspira profondément, et prit son livre.
« J'espère que tu m'as compris Lensherr. »
Il se leva et le quitta.
Quand Erik rentra, Raven remarqua que quelque chose n'allait pas. Il avait les poings serrés, la mine renfermée, et une profonde tristesse se peignait sur son visage. Quelque chose ne lui avait pas plus.
« Erik ?
-Il n'est plus le même.
-Pardon ? demanda-t-elle, interloquée.
-Charles. Il a changé. Et pas pour le meilleur. »
Raven s'effondra sur le bord du lit.
« Tu… Tu l'as vu ?
-Mieux encore. On a parlé. Enfin… Il a mis certaines choses au clair. »
Hank arriva à ce moment – il cherchait Raven et avait reconnu sa voix provenant de la chambre d'Erik. Voyant sa mine déconfite, il s'immisça dans la conversation.
« Qu'est ce qui se passe ? Ça n'a pas l'air d'aller…
-Il… Erik a revu Charles. Il lui a parlé. »
Hank resta sans voix. Erik souffla. Deux sur quatre étaient désormais au courant. Il fallait bien leur dire…
« Où sont Alex et Sean qu'on en parle… »
A ces mots, les deux concernés arrivèrent.
« Eh beh quand on parle du loup. Bon. J'ai des choses importantes à vous révéler. »
Alex et Sean se regardèrent, craignant d'avoir fait une bêtise à quelconque moment.
Ils étaient tous réunis dans la chambre d'Erik. Il regarda par la fenêtre avant de commencer.
« J'ai rencontré Charles aujourd'hui.
-TU AS QUOI ? dit Alex, choqué.
-J'ai rencontré Charles aujourd'hui, tu as très bien entendu et compris. En fait, c'est un peu plus compliqué que ça. »
Il leur raconta qu'il était repartit chez les Schell pour leur soutirer l'adresse. Puis il raconta la filature et entra enfin dans le vif du sujet.
Il marqua des pauses de temps en temps, leur laissant le temps de souffler. Les émotions qu'il lisait sur le visage passaient de l'étonnement à l'horreur, à la déception, à l'incrédulité. Erik lui-même avait eu du mal à croire ce qu'il avait vécu sur le moment. Malheureusement c'était vrai.
« Voilà. Vous savez tout maintenant. Charles a changé. Je ne sais pas comment, ni pourquoi. Ça reste à découvrir.
-Ses mots sont durs. Mais… Ce sont ses mots. Sa syntaxe. Sa façon de s'exprimer. C'est bien notre Charles, murmura Raven.
-Euh au fait. Je viens d'y penser. On a découvert un truc cet aprèm avec Alex et… commença Sean.
-Sean, on discute de sujets plus importants là, déclara Hank d'un ton sec.
-Mais c'est par rapport à…
-Sean !
-A propos des mutants, dit Alex, défiant Hank.
-Sur les mutants ? demanda Erik, soudain intéressé.
-Oui, c'est ce qu'on a entendu.
-Eh bien racontez !
-Ce soir il va y avoir une séance secrète dans le salon VIP de l'hôtel. Une séance d'exposition spéciale, ils disaient. Ils ont parlé d'une mutante. Et d'invités.
-Sean, je n'ai jamais entendu de discours aussi confus, dit Hank.
-Purée Hank mais TU LE FAIS EXPRES DE PAS COMPRENDRE ? » cria Sean, sur les nerfs.
La tension dans la chambre était palpable. Alex retint Sean, tandis que Raven s'interposait devant Hank.
« Calmez-vous tout de suite. Ce n'est pas comme ça qu'on va arranger les problèmes. Sean, c'est quoi cette séance secrète ?
-Si je le savais, je vous l'aurais dit.
-Ce qu'il a oublié de préciser, manifestement, c'est que c'est par hasard qu'on a entendu cette conversation. On l'a suivi jusqu'au bout quand ils ont parlé de mutants. »
Erik inspira profondément. « Bon boulot. »
Il fallait avoir plus d'info…
A cet instant, Raven se leva et se dirigea vers la porte.
« Raven ? demanda Hank.
-Je vais aller demander. »
Et elle disparut dans le corridor. Les quatre hommes se levèrent et la suivirent discrètement.
Elle s'était légèrement métamorphosée, à l'allure majestueuse et séductrice. Elle se dirigea vers le comptoir d'accueil.
« Bonjour jeune homme, je me demandais si vous pouviez me renseigner…
-Euh, oui, b-bien sûr, je suis là pour ça, déclara le jeune réceptionniste, tenta de ne pas lorgner son décolleté.
-Mais c'est une information assez… discrète. Elle concerne – elle baissa la voix et s'approcha du comptoir- la soirée privée de ce soir.
-Ah, euh oui, bien sûr Madame. De quoi avez-vous besoin ?
-Eh bien je voulais savoir si elle était là… Vous voyez de qui je parle.
-Je vous rassure Madame, elle est présente et en sécurité. Rien ne perturbera la soirée.
-Je suis heureuse de vous l'entendre dire. Est-ce que je pourrais vous demander un dernier petit service ? J'aurais voulu savoir si un de mes amis s'est bien inscrit…
-Ah, pour cela j'aurai besoin de voir votre carte d'invitation.
-Oh bien sûr. »
Elle chercha dans son sac à main, et fit une mine étonnée. « Où est-ce que je l'ai mise ? » Elle tâta son pantalon, espérant peut être la découvrir dans une des poches. Elle continua sa moue. De l'autre côté du comptoir, le jeune homme résistait à la tentation…
« Je… Je ne sais pas où je l'ai mise… Je vais aller la chercher, mais je ne sais plus à quoi elle ressemble… J'ai tellement d'invitation pour la semaine… »
Elle baissa la tête d'un air innocent et malheureux, ce qui acheva le jeune homme.
« Je-oui- attendez… Je peux vous montrer… Où est-ce qu'elles sont ? »
Tandis qu'il cherchait, un homme vint se poster à côté d'elle. Il lui tendit une carte.
« Allez gamin, juste sors en une nouvelle. On va pas déranger la demoiselle plus que ça. »
Il regarda Raven. Elle remarqua qu'il lui présentait sa carte d'invitation.
« Voilà à quoi elle ressemble… Une jeune femme aussi magnifique que vous peut-elle être désorganisée ? dit-il, un sourire en coin.
-Il semblerait que ce soit le cas. Désolée de vous décevoir… répondit-elle, d'un. air joueur.
-Oh mais vous ne me décevez pas, mademoiselle. Vous me charmez. »
Il lui embrassa la main, et signa la nouvelle invitation à son –faux-nom.
« Eh bien, au plaisir de vous revoir, mademoiselle Lena Eisenhardt. »
Elle lui sourit avant de repartir.
De leur côté, Erik et les garçons avaient observé la scène avec admiration. Raven était douée. Très douée. Charles y était-il pour quelque chose ?
Ils remontèrent dans la chambre. Raven les rejoignit peu de temps après.
« C'est bon. Tu peux nous faire ça pour ce soir, Hank ?
-Ouaip. Ça va me prendre un peu plus de temps que prévu. Tout le monde vient ? »
Erik fit un signe de la tête.
« Merci Raven. Tu n'as pas pu voir la liste ?
-… J'ai complètement oublié ! … Mais comment tu sais ça toi ?! »
Les garçons se regardèrent et détournèrent leurs regards. Raven souffla, exaspérée.
« On peut même plus faire son boulot en paix... »
Erik l'embrassa sur le front, comme le faisait Charles pour la féliciter. Elle fit un petit sourire en coin.
Il était 21h30, et Erik ajustait sa cravate. M. Eisenhardt, ambassadeur d'Allemagne, allait reprendre du service auprès de la société…
Sorti de sa chambre, il alla frapper à la porte de Raven.
« Tu es prête ?
-Oui oui. »
Elle ouvrit la porte, et apparut dans toute sa splendeur. Elle arborait une robe fourreau à basques bleu nuit, sans manche, col dentelé ras-du-cou. Ses yeux étaient soulignés d'un simple trait d'eyeliner noir, du rouge à lèvre discret sur ses lèvres.
« Tu… »
Il ne parvenait pas à parler. Raven était une jeune femme exceptionnelle, intelligente et si magnifique…
« Raven ? »
Erik reconnut la voix de Hank. Ce dernier regardait Raven, les yeux grands ouverts. Il remarqua ses pupilles dilatées – signifiant l'amour qu'il portait pour elle. Quand tout le monde fut prêt –Alex et Sean ayant eu la même réaction qu'Erik-, ils descendirent, leurs invitations en poche. Ils purent entrer dans le salon privé sans accrochage – Hank devenait maître en la matière. Tous les yeux se tournaient à leur passage –ils constituaient un groupe assez charmant mine de rien-, mais surtout sur Raven. Lorsqu'ils s'assirent à leurs places, un jeune homme vint saluer Raven.
« Je vois que vous êtes venues, mademoiselle Eisenhardt. Vous êtes éblouissante, dit-il, en embrassant sa main.
-Je vous reconnais, vous êtes le gentleman de cet après-midi. »
Erik se leva et se retourna vers l'homme en question. Ce dernier lui tendit la main.
« Bonsoir Monsieur.
-Bonsoir, je suis le père de Lena.
-Oh ! Je suis heureux de vous rencontrer ! Je suis confus, j'aurai dû me présenter plus tôt. Je suis si malpoli… »
Ils se serrèrent la main et discutèrent pendant une bonne demi-heure.
La soirée commença effectivement à 22h. Il y eut les formalités, les présentations. Ils arrivèrent enfin au cœur du sujet.
La porte s'ouvrit, et se referma. « Excusez mon retard, le chauffeur s'est trompé de rue… »
Les invités commencèrent à discuter des chauffeurs et de leur stupidité. Erik essaya de garder son calme –les discussions comme celle-ci lui tapaient sur les nerfs. Il tenta d'apercevoir qui était cet imbécile qui n'avait pas prévu ce genre de situation.
Une paire d'yeux bleus.
Son cœur loupa un battement.
Ses yeux s'agrandirent.
C'était bien lui.
« Maintenant que nous sommes tous réunis, je suis heureux de vous annoncer le début de cette soirée. La mutante que je vais vous présenter cette fois-ci est assez exceptionnelle. »
Erik se pencha discrètement vers Hank et lui murmura : « Tu as noté le 'cette fois-ci'… Ça veut dire qu'ils font ça régulièrement.
-Oui, et ça ne présage rien de bon. »
Ils amenèrent une personne – la tête cachée par un sac en tissu, vêtue d'une simple robe blanche. Erik se positionna afin d'avoir la meilleure vue possible. Charles était au premier rang – comment s'était-il arrangé ?
« Bien. Nous allons pouvoir commencer. Je vous présente Lydia. »
Quand il enleva le sac, la jeune fille qui apparut les estomaqua. Elle était jeune et fraîche –Erik se demanda quel âge elle avait- et avait les yeux d'un vert particulier. Vert jade. Qui ressortaient par rapport à sa chevelure brune.
« La particularité de cette jeune fille mutante, à part sa beauté singulière, est de pouvoir connaître le passé. Ce qui aurait pu se passer en vérité. Il lui suffit de toucher la personne et de rester en contact avec elle pour voir ce qui aurait pu se passer, pour un évènement particulier. Il semblerait cependant que le choix du souvenir est aléatoire… »
Il continua de parler, mais Erik avait lâché. Il en savait assez –et Charles aussi. Il avait remarqué qu'il avait eu un mouvement en avant, indicateur qu'il allait se lever où dire quelque chose. Erik l'avait observé assez longtemps quand il était avec lui pour connaître ces petits détails. Donc à cet instant, il se préparait. Il ne savait pas ce que Charles voulait faire, mais d'après sa récente conversation, c'était pensé. Et il ne voulait pas l'avoir dans les pattes.
C'est qu'il a oublié que je peux être chiant, se dit Erik.
Quand le présentateur demanda un volontaire à la vingtaine d'invités qu'ils étaient, le seul qui avait levé le bras n'était autre que Charles. Erik sentait que ça n'allait pas se passer comme tout le monde le croit.
Charles se leva, et s'avança.
Erik retint son souffle – et prépara ses plus puissantes barrières mentales.
L'assemblée semblait curieuse de voir comment les choses allaient se développer.
Erik n'était pas sûr de vouloir le savoir…
« Je suis désolé, mais cette soirée s'arrête ici. »
Charles venait de parler, faisant face à la salle. Les gens le regardaient sans comprendre. Le présentateur voulut protester.
Plus aucun mouvement. Plus une parole.
Erik tenta de bouger ses doigts. Ses phalanges se mirent en mouvement. Il cligna des yeux. Il avait été épargné. Et les jeunes aussi.
Charles s'approcha de la jeune fille et l'aida à se lever. Elle le remercia silencieusement.
« Je t'ai pourtant dit de ne pas venir dans mes pattes, Lensherr.
-Tu n'avais qu'à choisir un autre hôtel. »
La jeune fille les regardait d'un air bizarre.
« Il est comme nous, ne t'inquiète pas. Eux aussi », dit-il en désignant Raven, Hank, Alex et Sean.
Puis il se retourna et regarda Raven. « Je suis heureux de voir que tu te portes bien, Raven. »
Elle ne dit rien, déchirée entre tristesse et rage. Il fit un signe de la tête en souriant aux trois jeunes. Enfin, sourire est un bien grand mot. Il n'y avait aucun sentiment. Et personne ne lui rendait quelque sentiment que ce soit.
Charles prit la jeune fille désorientée et dépassée par les évènements par la main et tourna le dos pour sortir.
« Tu comptes te barrer aussi facilement ?
-Ton langage Lensherr. Ce n'est pas le meilleur exemple pour les jeunes.
-Et tu crois que prendre cette jeune innocente sous ton aile dans l'état où tu es est un bon exemple. Franchement. »
Charles lâcha brutalement la main de la fille et se retourna vers Erik. On pouvait y lire de la haine. Raven se précipita à côté de la jeune fille et l'emmena de côté, le plus proche possible de la porte. Les trois garçons vinrent la rejoindre, lui prêter main forte au cas où les choses dégénéraient. Ce qui semblait être le cas.
« Dans l'état où je suis ? commença Charles.
-Exactement. Tu n'es plus toi-même.
-Et en quoi je te parais différent ? Dis-moi Lensherr. J'ai tellement envie de savoir ce que tu penses de moi maintenant.
-Tu peux le faire d'une manière moins orthodoxe.
-Je ne rentrerais pas dans ta tête, siffla Charles. Plus jamais.
-Et c'est moi qui suis malpoli. Tu n'es plus le Charles qu'on connaissait. Tu n'épaules plus personne, tu es seul, à ton compte. Comme je te l'ai déjà dit, tu nous as abandonné. Tu m'as accusé de ne pas être venu te chercher. Mais est-ce que tu es venu voir comment allaient les jeunes ? Comment allait Raven ? TA PROPRE SŒUR CHARLES. »
Charles se jeta sur lui, lui balançant un coup de poing. Erik en esquiva la grande partie, mais il atteint quand même son arcade sourcilière, qui s'ouvrit sous le choc.
« TU NE SAIS RIEN LENSHERR ! »
Ce qui avait changé aussi était que Charles ne l'appelait plus par son prénom. Ce qui l'affectait beaucoup. Mais Erik était beaucoup trop arrogant pour l'admettre.
« Quoi, tu sais plus prononcer mon prénom ? Tu as des remords ? » dit-il en grinçant des dents.
Il esquiva une nouvelle fois un coup, et le lui rendit. Il projeta Charles à travers la salle en utilisant son pouvoir. Charles essuya son sang sur sa lèvre nouvellement coupée. Il releva la tête, un sourire en coin malsain se dessinant sur ses lèvres. Ca non plus ce n'était pas du Charles.
« Dis donc Lensherr. Je te signale que tu n'as toujours pas prononcé mon nom. Tu fais la morale, mais tu es le premier concerné. C'est toi qui as compté nous laisser plusieurs fois. C'est toi qui travaillais solo. C'est toi qui as profité des autres, pour t'améliorer. Tu crois que parce que tu as connu la douleur de perdre des êtres chers, d'avoir été manipulé à ton insu, d'avoir vu des choses horribles, ça fait de toi un martyr, une personne qu'on ne peut pas atteindre parce qu'elle a déjà assez souffert. Des mensonges Erik. Tu le sais, tu sais comment sont les gens, tu utilises cette pitié que tu prétends exécrer. »
Incisif.
« Et oui Lensherr. Je ne prononcerai pas ton prénom, il me dégoûte. Tu prétendais vouloir annihiler les hommes comme Shaw, mais tu aspirais tout autant au pouvoir. »
Erik, de rage, fit voler plusieurs choses dans la salle – aucune ne toucha les invités inconscients. Elles atterrirent toutes aux pieds de Charles.
« Admets-le. Tout le monde veut dominer le monde. Tout le monde y a déjà pensé. Même moi, avec mes idéaux pacifistes. Et comme tu l'as souvent relevé, les non-mutants ne nous accepterons pas. Je n'ai jamais complètement adhéré à cette idée, mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas d'accord. C'est pour ça qu'on a engagé ce programme de recherche des mutants. Pour les aider à s'intégrer. »
Il se releva, repoussant du pied les babioles à terre. Il avança vers Erik.
« Mais finalement, tu avais peut être raison. Ce monde est régi par la loi du plus fort. Le seul moyen de l'améliorer est de passer par cette voie. »
Erik ouvrit de grands yeux. Il croyait avoir mal compris, il croyait que son cerveau venait d'inventer ces dernières phrases. Mais voyant la tête de Raven et des autres, il y avait peu d'espoir pour que Charles bluffe.
« Tu vois Lensherr. Même le plus pacifiste des hommes peut changer. Mais je ne compte pas faire comme toi – la violence c'est pas trop mon truc. Je préfère utiliser ça – il tapota sa tête. Mais notre temps est venu, tu avais raison. Unis, on ne peut pas nous arrêter, ils ne peuvent pas nous contrôler. L'espoir est la seule chose plus forte que la peur. C'est pour ça qu'il faut réunir les mutants. »
Erik n'arrivait pas à se rendre compte que c'était Charles qui parlait. Dans son discours, il y avait un intérêt autre que l'intérêt commun et la paix qu'il avait toujours défendu.
« Tu es malade… Tu ne sais pas de quoi tu parles.
-Des mutants souffrent, Lensherr. Tu comptes les faire attendre encore longtemps. »
Charles commençait à agacer Erik, avec ses airs de justiciers qui ne lui allaient pas. Il n'avait jamais pris cet air de héros. Il parlait comme s'il savait ce dont il parlait. Qu'est-ce qu'il sait de ce qu'endurent les mutants ? Qu'est-ce qu'il connaît de la souffrance ?! Erik sentait la colère monter en lui. Et ça faisait longtemps.
« Tu te fous de moi ?! Qu'est-ce qui te prends avec tes airs de justiciers ? Tu sais de quoi tu parles ? TU SAIS CE QU'ILS RESSENTENT ? Cette peur d'être rejeté ?! Je ne crois pas. TU NE SAIS MÊME PAS CE QU'EST LA SOUFFRANCE. »
A ce même moment, il fut plaqué contre le mur. Charles n'avait pas bougé. Mais son esprit rayonnait dans la salle. Une présence pesante.
« Je ne sais pas ? Tu crois que je ne sais pas ? C'EST TOI QUI NE SAIS RIEN. TU NE SAIS RIEN DE MOI, LENSHERR. Là-dedans –il montra sa tête-, il y a des choses dont tu ne connais même pas l'existence. Tu ne sais pas ce que c'est. Tu crois que la télépathie est une partie de plaisir, qu'il suffit de rentrer dans les pensées de quelqu'un, faire un tour, et puis repartir comme si de rien n'était ? C'est vrai que toi et les responsabilités ça fait deux, donc je t'épargne le discours inutile là-dessus. Mais ne viens pas me dire que je ne sais pas ce qu'ils ressentent. Je ressens tout, tu l'as oublié ça ? Ce souvenir que j'ai ressorti en toi, tu sais, celui on a tous les deux versé une larme. Tu crois que c'est de la comédie ? »
Il donna un coup de poing sur le visage. « Je t'assure que ça, ce n'est pas de la souffrance. TU-NE SAIS PAS-CE QUE J'AI-ENDURE. Tu ne sais RIEN de moi. Alors, ne t'avise pas à parler de choses que tu ignores. »
Charles lui tourna le dos, et sortit.
Erik était figé sur place.
« Erik ! Eh ! Charles a dit qu'on avait deux minutes pour partir, avant que l'hôtel ne se réveille. »
Il entendit la voix de Raven au loin, mais ne bougea pas. Hank dut venir le chercher.
Ils étaient remontés dans leurs chambres à vitesse grand V. Personne n'avait compris ce qui s'était passé. Le comportement de Charles était incohérent, anormal et effrayant.
Erik était assis sur le bord de son lit. La jeune Lydia s'approcha de lui.
« Je voulais vous remercier de m'avoir sauvée, Monsieur.
-Je t'en prie, appelle moi Erik.
-C'était votre ami ?
-… Oui c'était. Ca n'y ressemble pas, hein…
-Au contraire, j'ai ressenti un puissant lien qui vous unissait. Malgré les mots durs que vous vous êtes dits. C'est drôle, parce qu'il a l'air si gentil de prime abord. Jamais je n'aurais imaginé qu'il était comme ça.
-Charles est la meilleure personne au monde que je connaisse. Il a un esprit de bonté et d'altruisme que je n'ai vu nulle part ailleurs. Mais il a changé. Ça aussi, on n'a toujours pas compris comment. »
Elle s'agenouilla et le regarda dans les yeux. Il avait les yeux d'un bleu gris plus terne que d'habitude, brillants de tristesse et d'incompréhension. Elle prit sa main et continua à le regarder. Erik ne voulait pas bouger – ses yeux particuliers l'apaisaient. Ou était-ce juste sa présence ?
Au bout de cinq minutes, elle brisa le contact. Elle s'assit à côté de lui, légèrement troublée.
« Ça va ? Vous avez l'air troublé… »
Et Erik se souvint de sa mutation. Il la regarda, et elle vit qu'il avait compris.
« Je peux vous montrer…
-Oui. Montre-moi. »
Erik avait besoin d'une échappatoire – est-ce que c'était une bonne idée ? Il allait le savoir de toute façon. Elle prit ses deux mains et les serra, tout en plongeant son regard dans celui d'Erik. Ce dernier se laissa envahir par une étrange sensation.
Ils étaient sur la plage de nouveau. Le sous-marin échoué sur la plage, les mutants attendant sur la plage. Erik sortit d'un trou, tout en faisant léviter le corps de Shaw.
« Aujourd'hui notre combat s'arrête. » déclara-t-il.
Il laissa Shaw s'écraser sur le sable.
« Enlevez vos œillères, frères et sœurs. Le véritable ennemi est là-bas », dit-il en désignant les bateaux militaires américains et russes.
-Je sens leurs armes se mouvoir sous l'eau, leur métal nous visant. Américains, soviétiques… Humains. Unis dans leur peur de l'inconnu. »
Charles s'avançait vers lui tandis qu'il parlait.
« Ils sont justes effrayés, mes chers mutants. »
Puis il s'adressa à Charles : « Vas-y Charles. Dis-moi que je me trompe. »
Deux doigts sur une tempe, Charles s'avança, braquant son esprit vers les bateaux.
Les canons étaient armés, et dirigés vers eux.
Charles, désemparé, rompit sa connexion, et fit un hochement de tête à Moira, qui se dépêcha d'aller prévenir les navires de leur position. Mais personne ne répondit. Les canons étaient prêts.
Ils tirèrent. Une nuée de missiles et projectiles se dirigeaient à toute vitesse vers la plage. Les mutants reculèrent, pris d'effroi. D'un mouvement de main, Erik les arrêta. Son poignet tourna, et en même temps, les projectiles changeaient de direction.
« Erik tu l'as dit toi-même, nous sommes de meilleurs hommes. C'est le moment de le prouver. »
Erik continua son mouvement de poignet.
« Il y'a des milliers d'hommes sur ces bateaux, des hommes bons, honnêtes, innocents, qui ne font que suivre les ordres. »
La colère d'Erik monta.
« J'ai été à la merci d'hommes qui ne faisaient que suivre les ordres. »
Il tourna sa tête vers Charles. « Plus jamais. »
Et il lança les projectiles.
« ERIK LACHE-LES ! » hurla Charles.
Mais les missiles continuaient sur le trajectoire.
« NOOOOOOOOOOON ! »hurla Charles tout en se ruant sur Erik. Il le fit tomber à terre. Il tenta de le maintenir sous lui, tout en essayant de lui enlever son casque.
« Je ne veux pas te faire de mal, dit Erik, en lui donnant un coup de coude dans le visage. Ne m'oblige pas. » Et repris le contrôle au-dessus de Charles. Les positions étaient désormais inversées.
Alex, Sean, Hank et Raven vinrent pour porter main forte à Charles. Erik repoussa les trois jeunes : « Arrière ! »
Il tenta de maintenir Charles, une main sur sa gorge, l'autre levée pour reprendre le contrôle des projectiles qui avaient déviés après l'attaque de Charles. Ce dernier tentait désespérément de retirer le casque de Charles, tout en gardant du souffle. Les projectiles reprenaient leur course vers les bateaux.
Charles, toujours en train d'essayer de soulever le casque d'Erik, parvint à grappiller quelques millimètres. « ERIK ARRÊTE ! »
Erik lâcha son cou et lui asséna un coup de poing.
Quelques projectiles avaient encore été perdu dans ce mouvement, mais Erik reprit le contrôle de ceux qui restaient, et se releva. Il regardait les missiles se dirigeaient là où il les commandait. La rage se multipliait en lui.
Charles se relevait lentement.
Un bruit de coup de feu se fit entendre. Erik perdit le contrôle, pour se retourner vers son agresseur. Moira lui tirait dessus avec son arme. Sa colère reprenant le dessus, et furieux qu'on ose lui tirer dessus, Erik dévia les balles. Gauche. Gauche. Gauche. Droite.
« Ugh ! »
Erik se retourna et ce qu'il vit le paralysa.
Charles s'écroulait au sol, la bouche ouverte en un cri silencieux, la main sur le bas de son dos.
Raven observait la scène, horrifiée.
Moira n'en croyait pas ses yeux.
Erik se rua vers Charles, et entreprit de dégager la balle de son corps. Charles grimaça de douleur.
Au loin, les missiles se désintégraient. Les américains et les soviétiques célébraient leur salut.
« Je suis désolé », dit Erik, s'adressant à Charles.
Quand il vit les mutants s'approcher, il hurla : « J'ai dit ARRIERE ! »
Ils s'arrêtèrent. Erik leva les yeux et regarda Moira. « Toi… Tu as fait ça. »
D'un geste de la main, le collier métallique serra le cou de Moira, qui tenta de s'en débarrasser.
« S'il te plaît… Elle n'a pas fait ça, Erik. C'est toi qui l'as fait. »
Erik reporta son regard sur Charles – il relâcha son emprise sur Moira.
« On se retourne l'un contre l'autre. C'est ce qu'ils veulent. J'ai essayé de te prévenir, Charles. Je te veux à mes côtés. On est frères, toi et moi. Tous, ensemble, se protégeant les uns les autres. On veut la même chose.
-Mon ami… Je suis désolé, mais nous ne voulons pas la même chose. » répliqua Charles, les yeux pleins chagrin.
Erik contempla ces yeux bleus, si magnifiques, et pourtant désormais si loin.
Il fit signe à Moira de venir et se leva tandis qu'elle prenait la relève, tout en s'excusant auprès de Charles. « Je suis désolée Charles, je suis désolée.
-Ca va aller, ça va aller », dit-il avant de gémir de douleur.
Erik s'adressa aux autres mutants.
« La société ne nous acceptera pas. On formera la nôtre. Les humains ont joué leurs cartes. Maintenant, on se prépare pour jouer les nôtres. Qui est avec moi ? » demanda-t-il, contemplant l'assemblée.
Tous se regardèrent. Erik fixa Raven. Il tendit la main vers elle. « On ne se cache plus. »
Raven avança, son regard oscillant entre Charles, allongé au sol, la tête reposant sur les cuisses de Moira, et Erik, la main tendue vers elle. Elle se dirigea vers Charles, qui gémissait de douleur, et respirait par petits coups, pour évacuer la douleur.
« Tu devrais aller avec lui. C'est ce que tu veux, dit Charles à Raven, accroupie à ses côtés.
-Tu m'as promis que tu ne lirais jamais mon esprit, répondit-elle en lui caressant ses cheveux.
-Je sais. Je t'ai promis beaucoup de chose, j'en ai peur. Je suis désolé. »
Il lui embrassa la main, elle l'embrassa sur le front. Ses yeux bleus se chargeaient de larmes, voyant sa sœur partir.
« Prends soin de lui », dit-elle à Moira.
Elle accepta la main tendue d'Erik, tandis que les trois mutants qui accompagnaient Shaw vinrent se joindre à lui.
« Et le Fauve ! N'oublie jamais. Mutant et fier. » déclara-t-elle à Hank.
La seconde d'après, Azazel les avait téléportés.
Alex, Sean et Hank se ruèrent vers Charles.
« Aidez-moi à le lever ! demanda Moira. On va t'amener à l'hôpital. »
Hank l'aida à se relever, et Charles hurla de douleur.
« Attends, ne bouge plus Charles », dit Hank, alarmé.
Charles gémit. « Je ne… Mes... Je, dit-il avant de reprendre son souffle. Je ne sens plus mes jambes. »
« Quoi ? demanda Moira.
-Je ne sens plus mes jambes. Je ne sens plus mes jambes. »
Lorsque le contact fut rompu, Erik ne bougea pas. Les jeunes étaient au seuil de sa porte, le regardaient, inquiets. Mais Erik resta de marbre. Les dernières paroles de Charles, l'air abattu, affligé, détruit, résonnaient dans sa tête.
Je ne sens plus mes jambes.
Vili volooo :) ça a pris un ptit peu plus de temps que prévu, mais c'est un gros morceau comparé aux deux précédents. Je vous en supplie, une petite review si vous êtes généreux, et je sais que vous l'êtes. Ça me ferait tellement plaisir… *yeux de Charles suppliant*
