Je ne dirais jamais suffisamment que je suis désolée de poster aussi lentement. Cependant je pense me stabiliser à ce rythme : un chapitre par mois. Ayez juste un peu de patience ~ Bon sinon, ce qu'il en est de la parodie, on aaaaaa fait quelques dessins, mais ça va être infiniment long, en fait. Ce que je pense faire, c'est poster une vidéo du disque 1 avec uniquement le son, et on montera avec des dessins plus tard ! Vous aurez sans doute un lien dans le prochain chapitre ~

(Pour la chanson que chantent Loki et Tony au début du chapitre, cherchez "Young, wild and free" de Whiz Khalifa ~)

J'ai commencé à répondre aux reviews mais fourbes que vous êtes vous m'en rajoutez par dessus, alors ça va tout doucement mais j'y arrive petit à petit ! Surtout n'arrêtez pas de m'en mettre, je ne me répéterais jamais assez mais j'adore lire vos commentaires, ils me font infiniment plaisir et souvent c'est après la lecture de ceux-ci que je me mets à écrire ! Alors s'il vous plaît, des reviews ! Bonne lecture ~


Disque 4 - A comme Auto-destruction

Son verre fini, il repartit au milieu des danseurs. Une chanson ultra connue débutait. Tous les corps se mettaient à sauter sur place aux mêmes instants. Toutes les voix hurlaient aux mêmes moments. Toute l'euphorie explosait en même temps. Loki était bien, là, à s'exploser les sens au milieu d'une foule idiote, irréfléchie, qui répondait uniquement à ses pulsions basses et primitives. Franchement ça faisait du bien parfois. Living' la vida Loki.
Il aperçut un peu plus loin Stark, pris entre deux mecs; l'un lui embrassant les lèvres, l'autre lui dévorant le cou. Leurs mains parcouraient son corps comme un serpent s'appropriant sa proie. Il remit ses cheveux noirs de geai en arrière, repoussa son actuel partenaire en lui chipant sa tequila et alla rejoindre le trio. Il leva les bras, les passa entre chaque corps et écarta les deux autres pour ensuite les accrocher au cou de Tony qui se tourna vers lui avec un sourire ravageur. A son tour il posa ses mains sur ses hanches, et ce contact lui réchauffa les entrailles. Il avala une gorgée. Ouais non, l'alcool aussi ça réchauffe. Ils dansèrent, leurs corps imbriqués, indécents, on les observait, on les enviait. Le temps n'appartenait qu'à eux, ils décidaient de son écoulement, et actuellement ils avaient préféré l'arrêter. L'arrêter rien que pour eux, pour sentir le corps de l'autre contre soi, le sentir se mouvoir dans une recherche de contact toujours plus poussée et plus profonde. Ça ne leur suffisait plus, ils étaient à leur seuil maximum de tolérance niveau frustration, le tissu les gênait. A quoi ça servait, ces trucs-là, les vêtements ?
Les mains glissaient sur la peau. On ne les avait pas senti s'insinuer, mais on était content qu'elles soient là. Le boucan environnant leur donnait l'impression de se perdre, de ne pas être là réellement, de ne pas être dans ces bras là. Alors on s'abandonnait totalement.

Après tout, c'était son anniversaire, sa fête à lui, n'est ce pas ?

Son colocataire lui faisait un suçon de tout les diables dans le cou et il gémissait, presque silencieusement, dans son oreille, seul lui pouvait l'entendre. Tony était privilégié. Ce corps était à lui. Et leur danse pornographique gueulait à tout le monde par dessus la musique qu'il lui appartenait. Il le sentait défaillir dans ses bras, il le sentait s'abandonner à lui. Ses lèvres bougeaient contre son oreille mais il n'entendait rien. L'alcool avait coulé dans leurs gorges. La bouteille a été lancée par terre. Peut-être a-t-elle fini par exploser, qui sait.

Et puis Tony eût froid. Terriblement froid. Ça lui prenait tout le corps, ça lui bouffait les entrailles. Il balança ses mèches courtes, brunes, en arrière et il prenait conscience de son environnement. Et si la drogue l'avait fait halluciné ? Il n'y avait personne dans ses bras. Il se tapait juste une putain d'érection dans une boîte de nuit au beau milieu d'une centaine de personnes, pour aucune raison apparente. Ce serait limite normal si il n'avait pas été persuadé que trente seconde plus tôt il tripotait Loki qui lui rendait volontiers la pareille.
Un bras s'enroula autour de sa taille. C'était un mec grand, brun, les cheveux courts. Ça va, c'était son genre. Le gars lui passa son joint, et c'était reparti. Les hallucinations de drogués, fallait pas les prendre au sérieux.

Loki s'accouda au bar. Ses cheveux lui barraient la vision et se collaient à son front. D'une main il les replaça tous en arrière, avec le reste de la masse noire qui constituait sa chevelure. Ses yeux balayaient les danseurs. La tête lui tournait, elle se balançait d'elle même en arrière, sur les côtés, indépendante. Le sol bougeait un peu aussi sous sa chaise. Il souriait. C'était drôle. Il sursauta quand une grande source de froid se colla à sa gorge. Il tourna la tête. Un type blond avec lequel il se souvint avoir dansé un bon bout de temps tenait une canette de Heineken contre son cou. On aurait dit qu'elle était tout juste sortie du congélateur. Le brun sourit et posa sa main sur la sienne. Il se leva, s'approchant de lui, qui était accoudé au bar; colla son torse au sien. Il guidait le bras du blond tenant la canette dans son propre cou, sa clavicule, et descendit plus bas, sur son torse. Puis il s'arrêta. Il récupéra la boisson, la décapsula et la vida avidement dans sa bouche. L'alcool coulait dans sa gorge, et sur sa peau, humidifiant son t-shirt, glissant sur les courbes de sa glotte, de ses os. Le blond se pencha, et lécha doucement chaque goutte qui s'était perdue hors de sa bouche avant d'attraper celle-ci avec ses lèvres dans un doux baiser.

Il se détacha, caressa la joue de Loki de sa main et contempla ses yeux d'un vert émeraude, envoûtant. Il vit que ses pupilles étaient dilatées, alors il sourit, et l'obligea à s'asseoir. Il sortit un élastique de sa poche et noua ses longs cheveux blonds en un minuscule chignon. Puis il s'assit à son tour, tout près du brun pour chuchoter dans son oreille. Et ils discutèrent ainsi pendant un long moment.

Tony avait l'impression de ne jamais avoir aussi longtemps attrapé un mec pour lui seul sans partir de l'autre côté du rideau de chaînes. Sauf qu'il avait décidé que ce soir il ne coucherait pas. Mais pourquoi ? Ça il avait du mal à s'en souvenir. En tout cas, il y avait forcément une raison à se priver de sexe, alors il tiendrait son engagement. Logique implacable. Le garçon brun avec qui il dansait collé-serré depuis un moment interminable murmura à son oreille et lui glissa un papier dans la poche. Bien évidemment il n'avait rien entendu, ni écouté, mais il comprit qu'il s'agissait de son numéro. Pendant le laps de temps où l'autre s'était penché, Stark avait aperçu derrière lui le bar, et son colocataire qui était assis là-bas.
Ha oui voilà, c'est pour ça qu'il s'était promis de ne pas baiser : il était venu ici pour son pote !

Il quitta donc l'autre homme pour venir prendre Loki dans ses bras, l'obligeant à se lever et hurla autant que ses cordes vocales explosées lui permettait.

"-JOYEUX ANNIVERSAIRE D'EMMENAGEMEEEEEEEEEEEEEEEEEEN T !
-MERCI TONYYYYYYYYYYYY !"

Loki le serra fort dans ses bras à son tour et pendant un moment ils restèrent ainsi, à chanceler d'un pied à l'autre en hurlant. Stark commanda deux absinthes, et ainsi il ne vit pas le grand blond baraqué glisser un papier dans la main de son colocataire avant de s'éclipser. Le barman les servit, et ils trinquèrent en hurlant encore. Ils se concentrèrent cinq bonnes minutes pour lire l'heure, et finalement c'est le serveur qui eut pitié d'eux et qui leur indiqua qu'il était trois heures et demi passée. Alors ils décrétèrent qu'il était temps de partir, une fois leurs verres finis.

"-SO WHAT WE GET DRUUUUNK ? SO WHAT WE SMOKE WEEEEED ! WE'RE JUST HAVING FUUUUN WE DON'T CARE WHO SEEEEES
-HO ! VOS GUEULES VOUS LA-BAS !
-FERME LAAAAAAA !
-OUAIS EXACTEMENT, VOILA !"

Ils étaient tout les deux aussi bourrés et défoncés l'un que l'autre, ils chantaient fort, ils faisaient un bruit pas croyable à deux, mais c'était tellement bon. Loki s'accrochait à Tony comme à une bouée en plein naufrage, son bras autour de son cou pendant que celui-ci le maintenait, la main sur sa taille. Il chancelait dans ses bras, ses jambes faiblissaient par moments, et à d'autres elles pouvaient courir un marathon sans problème. C'est fourbe, un corps bourré. Ils auraient bien aimé souffler tout les deux dans un éthylotest, voir le massacre que c'était et le bordel que ça devait être dans leur sang. Loki s'imaginait ses globules rouges porter des grosses gouttes d'alcool sur leur dos et courir partout dans ses veines, comme des enfants. Comme lui qui grimpait maintenant aux troncs des arbres pour sauter sur les bancs et s'étaler par terre. Tony le rejoignait et s'agenouillait à côté de lui, tout les deux riant à s'en péter les côtes. C'était bon.

"-Hé Tony !
-Quoi ?
-J'crois que je me suis cassé le dos !
-Ho bah si c'est que ça, tu peux encore danser !
-Carrément !"

Il tend les bras, Tony les passe par dessus sa tête, les accroche derrière sa nuque et le prend par la taille pour l'aider à se relever. Debout, Loki s'affale dans ses bras, et il met un moment à reposer ses pieds à plat. Pendant ce moment, ses entrailles se réchauffent, comme la première gorgée de vodka qui glisse dans la gorge. Mais là c'est juste Tony, sa Vodka.

"-Tony Vodkark !
-Quoi ?
-Ho rien, t'es bête !"

Ils rient. Loki se détache un peu, juste pour le regarder dans les yeux, sa main glisse sur sa joue. Tony ne relâche pas sa taille, son étreint se resserre, ses mains caressent légèrement son dos. Une nouvelle gorgée de Vodka dans les entrailles de Stark comme dans celles de Laufeyson. Ils se sourient. C'est le taux d'alcoolémie dans le sang ou du bonheur, ça ? Qui sait. Un mélange des deux, ça se trouve.
Et puis ils ont continué comme ça à tituber jusqu'à l'appartement, ils ont dû se perdre deux ou trois fois, de toute façon ils ne faisaient pas trop attention au chemin. Ils étaient bien trop occupés à hurler des chansons diverses, la plus part du temps paillardes. Et puis arrivés devant l'immeuble, ils avaient tout les deux oublié le code, alors ils ont sonné à tout les interphones jusqu'à ce que quelqu'un se décide à leur ouvrir, non sans râler, injurier, menacer. Mais ils s'en foutaient totalement. Rien ne leur importait à part eux, et leur petite réjouissance.


Un anniversaire d'emménagement. Putain. Il aurait pas pu trouver plus stupide comme idée celui-là. C'était sans aucun doute l'idée la plus stupide qui ait émergé dans son esprit déjà dévoré par la drogue. Quel jour on était d'abord ? Il attrapa comme il put son portable sur sa table de chevet. La lumière de l'écran lui explosa les yeux comme une bombe aveuglante dans les films d'espions, et il lut difficilement les chiffres. Samedi vingt-cinq août; treize heure vingt huit. Trop tard pour aller au boulot. Il téléphona à son supérieur pour feindre une fulgurante grippe, au beau milieu de l'été, aussi surprenante que terrassante et lui indiquer qu'il reviendrait bosser aux alentours de mardi. Une grippe qui se soigne très facilement, tout à fait, mais pour ça il lui fallait beaucoup de repos, voilà, bonjour chez vous. Connard.

Il se redressa et s'assit dans son lit. Un regard vers la fenêtre lui indiqua qu'il faisait beaucoup trop beau dehors pour une gueule de bois. Et puis la porte s'ouvrit sur un Tony tout autant dans le gaz que lui. Il arqua un sourcil en le voyant s'approcher d'une démarche hésitante, les yeux à demi clos. Il s'arrêta au pied du lit avant de se laisser tomber dedans, entraînant Loki dans sa chute qui retomba sur le dos. Le nouveau venu rampa un petit moment pour se mettre au même niveau que l'autre et laissa sa tête s'écraser dans les coussins, le bras en travers du torse nu de son pote. Ce dernier le regarda un moment, perplexe, et voyant que la larve à ses côtés ne réagissait pas, il la stimula.

"-Je peux savoir ce que tu fous là ? En boxer ?
-J'ai mal à la têêêêêête ! J'ai la gueule de boooois !
-C'est pas en venant squatter mon lit qu'elle va s'arranger, va prendre une aspirine plutôt.
-J'ai trop mal pour bougeeeer !
-Par contre pour venir me faire chier, t'as pas mal. Putain."

Il prit le bras de son colocataire pour le lui balancer sur la figure et se leva en rejetant les couvertures sur le corps encore allongé qui suppliait qu'on lui apporte la paix, la voix étouffée par les draps et le coussin. Loki tituba légèrement, se prenant l'encadrement de la porte de sa chambre, mais se maintint contre les murs pour avancer jusqu'à la salle de bain. Son cerveau tambourinait contre son crâne à chaque pas, comme entraîné par le balancement du corps. Ses yeux mi-clos ne supportaient pas la lumière, il tira les rideaux de chaque fenêtre. Puis il récupéra dans la pharmacie deux cachets qu'il ramena dans sa chambre avec deux verres d'eau.
Il retrouva le mollusque enroulé à la manière d'un sushi dans les draps et couvertures. Celui-ci grogna à peine lorsqu'il s'assit au bord du lit, affaissant le matelas au passage.

"-Lève toi et bois.
-Est ce Dieu qui me parle ? Serais-je au paradis ?
-Toi t'irais plutôt en enfer."

Sa tête finit par émerger du saucissonnage de tissus, et il remua pendant un moment en dessous, sous un regard vert et perplexe, avant de soupirer et de laisser sa tête choir.

"-Tu veux pas me donner à boire toi-même ? J'arrive pas à sortir mes bras.
-C'que t'es con. J'ai pas envie d'inonder mon lit, alors fais un effort.
-Embrasse-moi alors."

Loki, qui avait tourné la tête au cours de la conversation, se la décrocha presque quand il regarda brusquement de nouveau son ami. Ses iris vertes plongèrent dans les orbes brunes pour tenter d'y déceler le moindre signe de plaisanterie. Mais Tony semblait être parfaitement sérieux et conscient de ce qu'il demandait. Réfléchir donnait encore plus mal au crâne de Laufeyson. Alors tant pis, il ne réfléchirait pas.
Il posa les verres et les cachets sur sa table de chevet et aida Tony à se dépêtrer de son bordel.

"Je ne t'embrasserais jamais, même si cela pouvait me sauver la vie."

Il se redressa rapidement, son affaire faite. Mauvais idée. Ses tempes battirent un moment comme si son cœur s'y trouvait, et il dût porter ses mains dessus pour atténuer l'impression de gonflement que son cerveau subissait, comme s'il n'aurait bientôt plus de place à l'intérieur de sa boîte crânienne. Il plongea les cachets dans les verres.

Ce sentiment de froid brusque avait encore saisi le coeur de Tony. Il avait de plus en plus cette impression; celle que les moments où il se rapprochait de Loki appartenaient à un autre. Et que dans un excès de sadisme pur, quelqu'un s'amusait à les introduire dans sa mémoire. Tout ça pour lui laisser l'amer goût des regrets et de la jalousie en travers de la gorge. Peut-être qu'en avalant un verre d'eau plein d'aspirine, ça passera.

"-Tu es cruel avec moi.
-Tu le mérites bien."

Et lui ? Se souvenait-il de cette nuit ? Et qu'est ce qui était vrai ? Qu'est ce qui n'avait été qu'hallucinations ?
Tony se souvenait avoir dansé avec Loki. Il se souvenait l'avoir possédé, devant les yeux de tout le monde. Son corps lui avait appartenu pendant un court moment. Il l'avait caressé, il s'en souvient. Il regarda son cou, mais ses longs cheveux noirs le cachaient à ses yeux. Si ça s'était réellement produit, il devrait y avoir un suçon juste sous la mâchoire de Loki, à gauche. Il fallait qu'il sache. Il devait être fixé. Était-ce la réalité, putain ?

Loki se retourna et lui tendit son verre. Il sourit. Tony feint un sourire. Ils trinquèrent. À quoi ? À rien. À tout. À la vie, à l'alcool.

À eux.

Loki avala son verre d'une traite. Il pencha la tête en arrière pour boire le fond.
Juste là, dans son cou, à gauche, il y avait un suçon.
Alors quoi ?