ça vous plait ? notre pauvre Sasuke n'a pas encore fini de se poser des questions ... bonne lecture !
Disclaimer : Les personnages et le monde de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto. Je ne gagne aucun centime avec leur utilisation, juste le plaisir d'écrire.
4- La salle secrète
Moi, Sasuke Uchiha, nukenin, élève d'un nukenin, je déambule tranquillement dans les rues de Konoha, aux côtés de mon ancien équipier, un pas derrière la Hokage du village. J'ai encore du mal à réaliser. Étrangement, je sens Naruto plus tendu que face à ses amis, que face à moi même, attentif au moindre bruit, comme s'il redoutait quelque chose ou quelqu'un. Ses yeux se déplacent de droite à gauche, de haut en bas. Je me rends compte que je suis totalement sous l'influence de cet homme, que depuis qu'il est apparu aux portes du village, il ne cesse de contrôler ce qu'il se passe. Pourquoi ai-je l'impression que pendant que je patientais dehors, il œuvrait à l'intérieur ? Ces regards lourds de sens avec Shika… Shikamou ? … Shikaflou ? … Shikamaru ? oui Shikamaru, c'est ça. Ce « je te l'ai promis » lancé à Sakura. Comme s'il avait préparé ma venue, l'avait facilitée… Pourtant il ne peut pas savoir pourquoi je suis là. Il ne peut pas savoir si je lui mens depuis ce matin. Je l'ai trahi lui aussi, tout comme Sakura, et pourtant, il n'a eu aucun geste belliqueux envers moi. Je ne comprendrais jamais cet idiot. Même si j'aimerais beaucoup essayer. Mais ça c'est impossible. Dans quatre heures environ, je quitterai ce village. Enfin peut-être …
Discrètement, je suis des yeux les déplacements des ANBU autour de nous. Je me souviens du masque de Kakashi, un chien blanc avec deux bandes latérales rouges. Je vois des oiseaux, des loups, des ours, même un chat… mais aucun chien. Il n'est pas là. S'il lui était arrivé malheur, Orochimaru n'aurait pas manqué l'occasion de venir me rapporter la nouvelle, brisant un peu plus le lien que j'ai eu dans le passé avec ce village. Il m'a pourtant bien semblé sentir son chakra sur les murailles pendant que j'étais dehors. Un coup de coude dans mon bras et une voix basse me sortent de mes pensées.
- Il n'est pas là. Il occupe certaines personnes qu'il vaudrait mieux que tu ne croises pas. Pas avant ta discussion avec la vieille.
D'un signe de la tête, je lui confirme que je l'ai entendu. Ai-je été si peu discret que ça ?
Les villageois que nous rencontrons se figent en nous voyant passer. Ils s'inclinent respectueusement au passage de la Hokage. Mais également au passage de Naruto qui leur offre un large sourire. Certains s'approchent même pour la saluer, puis reculent en me reconnaissant. La rumeur de mon retour va se propager comme une traînée de poudre. Les regards que je croise sont froids, haineux. La Hokage n'accélère pas le pas pour autant. Soudain la voix de Naruto s'élève, légèrement plus forte, plus impatiente aussi.
- Sas'ke… accélère … rapproche toi de Baa-chan, et quoi qu'il se passe, tu ne prononces aucun mot.
Je n'ai pas le temps de me tourner vers lui qu'il lance plus fort :
- Eh la vieille !
- Oui Naruto. Je sais. Mais tant que ce ne sont que des larbins, ils ne pourront rien faire.
Je déteste ne rien comprendre à une conversation mais ce n'est pas le moment de faire un caprice pour qu'ils m'expliquent. Je n'ai pas d'autre choix que de suivre les ordres de Naruto et de cette femme. Tout ne serait-il pas si rose au pays du feu ? Nous avons sensiblement accéléré l'allure. La Hokage prend toujours le temps de saluer les villageois, mais elle ne s'arrête plus pour discuter. Nous arrivons finalement en vue de la Tour de l'Hokage, siège du pouvoir politique du village.
J'entends Naruto souffler alors que je pose le premier pied sur l'escalier qui mène à l'entrée de la Tour. Un chien-ninja nous regarde gravir les marches. Il a l'air de nous attendre du haut de celles-ci. Je reconnais Pakkun, un des chiens de la meute à Kakashi. La Hokage passe devant lui sans lui adresser un regard et s'engouffre à l'intérieur du bâtiment. L'animal emboîte le pas à Naruto qui est toujours à côté de moi. A l'abri entre les deux cloisons du couloir, Naruto s'agenouille aussitôt et prend le chien dans ses bras. La Hokage se retourne également et interroge l'animal :
- Tout s'est bien passé ?
- Presque Hokage-Sama. Un seul membre de la Racine nous a échappé. Il vous a vu au niveau du marchand d'armes, dans la rue principale. Tenzô… heu … Yamato-Taichou, pardon… a réussi à l'intercepter. Il est actuellement entre les mains de Kakashi. Vous devriez avoir une marge de quelques heures avant que le Conseil n'ait vent de la présence du fils Uchiha entre nos murs. Les diversions placées sur leur trajet de promenade journalière ont parfaitement fonctionné. Les villageois n'ont également vu que ce que l'on a voulu leur faire voir.
- Parfait Pakkun. Tu peux retourner voir Kakashi et le prévenir que nous sommes dans la salle secrète et que nous l'attendons.
- Très bien Hokage-Sama.
Naruto retient alors l'animal sur le point de partir.
- Sasuke veut se rendre au quartier Uchiha quelques heures.
- OK Naruto. Je fais la commission à Kakashi. Mais ça ne va pas être facile, la zone est étendue.
- Je vous envoie un clone dès que Monsieur Sas'ke aura bien voulu nous en dire plus. Vous pouvez demander à Neiji et Hinata de vous aider à nettoyer la zone. Ils sont chez Ichiraku avec les autres.
- Saï et Kakashi vous rejoindront dès qu'ils auront mis une équipe en place.
- Super. Merci Pakkun. Vous êtes géniaux.
En quelques bonds l'animal s'élance hors du couloir tandis que la Hokage reprend la parole.
- Bon, dépêchons-nous quand même. Venez
Naruto se redresse et suit sa supérieure qui avance le long du couloir.
- Ramène-toi, Teme
Teme ? Quoi ? Teme ? Je suis où là ? Dans un univers parallèle ? Je suis un nukenin je te rappelle, j'ai suivi l'enseignement d'Orochimaru. J'ai manqué de te tuer je ne sais combien de fois. Et là tu me fais le coup du flash-back nostalgique ! J'ai l'impression d'être revenu à mes douze ans. C'est quoi ce bordel ? Eh mec, je suis un méchant, moi ! Et c'est quoi ces plans à la noix ? Il se passe quoi dans ce village ?
Et sans vraiment savoir pourquoi, j'accélère le pas pour rattraper cet idiot blond.
Nous pénétrons dans une salle simple avec une large baie vitrée qui donne sur le village. Un bureau, un fauteuil et contre un des murs un canapé, sont les seuls meubles présents. La décoration est sommaire. Essentiellement les tableaux des anciens Hokage. Contrairement à ce que je pense, la femme ne se dirige pas vers son siège. Elle traverse la pièce et se dirige au fond à gauche, vers le mur. Elle regarde à droite puis à gauche, et effectue rapidement quelques signes. Une porte apparaît alors dans le mur, porte qu'elle ouvre d'un geste ample.
- Bon, vous attendez de la visite ou vous suivez ?
- On arrive la vieille, on arrive … grogne Naruto. Et question visite, je crois qu'on a tout ce qu'il nous faut, non ?
- Ne m'appelle pas comme ça, insolent !
Le léger sourire qu'elle affiche me renseigne sur le fait qu'ils doivent être habitués à ce genre de joute verbale et qu'elle n'est aucunement en colère de la familiarité de langage du blond. Les choses ont décidément bien changé en quatre ans. Tu es bien entouré, Naruto.
La pièce est plus petite que la précédente, et sans fenêtres. Six chaises sont disposées autour d'une table centrale. Un coin cuisine est équipé au fond. Les deux blonds font le tour de la table pour s'installer face à la porte, elle au milieu, lui à sa droite. Il tend la main vers le coin cuisine, attrape trois tasses retournées sur le meuble, un thermos rempli de thé chaud et s'attelle à remplir les récipients délicatement. La Hokage est assise, les coudes sur la table, les mains jointes sous son nez. Elle ne porte aucune attention aux gestes de Naruto, comme si tout cela était habituel… Ses yeux sont braqués sur moi, à un point que ça en devient gênant.
- Assis toi, Sas'ke. Je sens que ça va être long. Toujours pas de sucre dans ton thé ?
Je m'exécute en choisissant un siège dos à la porte et fait non de la tête. Je n'aime pas tourner le dos au seul point d'entrée de la pièce mais je n'ai pas le choix.
- Va falloir être plus bavard sinon on n'est pas couchés …
- Si tu la fermais, il pourrait peut-être en placer une, gamin. Mais dans le fond, tu n'as pas tort. Il va falloir te monter à la hauteur de tout le bordel que tu as déclenché depuis ce matin, Uchiha.
Je soupire longuement en fermant les yeux. On y est. Si je suis convaincant, j'ai une chance de m'en sortir sans trop de dégâts et peut être même avec ce que je veux. Si j'échoue, il me faudra combattre l'homme qui est en face de moi, et je suis de moins en moins sûr d'avoir le dessus face à lui. Et si je perds, ce sera la prison puis certainement la mort. Est-ce que tout ça en vaut la peine ? L'image d'un homme aux longs cheveux noirs s'impose à moi. Il est en tenue d'ANBU et une larme coule le long de sa joue. Oui, ma mort n'est rien si j'arrive à comprendre.
Alors que je m'apprête à répondre, un petit couinement aigu se fait entendre. Une souris étrange est en train de monter sur la table au triple galop. Ce n'est pas un animal fait de chair et d'os mais une sorte de crayonnage noir. Le plus étrange est qu'elle porte une sorte de ceinture avec le logo du village inversé dessus. La partie pointue de la feuille n'est pas dirigée vers le bas, mais vers le haut.
- C'est réellement la journée des surprises aujourd'hui. Si même Kakashi-Sensei arrive au bon moment, on peut s'attendre à tout. Ne bouge pas Baa-Chan, je vais leur ouvrir.
Il se lève, contourne la table, et effectue quelques signes devant la porte qui s'ouvre, tout comme la femme l'a fait il y a quelques minutes pour nous faire entrer. Il se recule ensuite pour laisser pénétrer deux hommes. Etant dos à la porte, je me lève pour voir les nouveaux arrivants. Le premier à pénétrer dans la pièce est un jeune homme tout de noir vêtu. Il porte un sabre court dans son dos et tient actuellement à la main une toile de parchemin déroulée. Je reconnais l'homme que j'ai rencontré dans un des repères d'Orochimaru il y a deux ans et qui était sur la place à mon arrivée. Le coéquipier possessif. Naruto lui offre un large sourire et ouvre les bras en le voyant. Saï s'approche lentement, passe ses bras autour des hanches de Naruto, et glisse son visage dans le cou du blond qui s'empresse de refermer ses bras autour de l'autre homme.
- Tout s'est bien passé ?
Mes yeux ne peuvent quitter les deux hommes étroitement enlacés. Ce n'est pas une chose à laquelle j'ai été habitué dans les souterrains d'Orochimaru. Je les fixe tant et si bien que je n'ai pas vu le second homme entrer dans la pièce et je sursaute imperceptiblement lorsque j'entends sa voix répondre.
- Rien de neuf depuis que vous avez vu Pakkun, Naruto. Ils ont bien regagné leurs quartiers tous les deux. Neiji et Hinata patrouillent dans le quartier Uchiha. Quand Saï est venu me chercher, ils avaient déjà repéré trois sentinelles et Ino était en route. Kiba, Akamaru, et la meute se chargeront de les épauler à l'extérieur des murs du quartier le temps qu'il faudra. Tenzô est resté sur place pour coordonner tout le monde.
Puis se tournant vers moi :
- Bonjour Sasuke. Tu as l'air en forme. Désolé de n'avoir pas pu t'accueillir avec les autres, mais j'étais … occupé à l'autre bout du village. Naruto, pourrais-tu, s'il te plait, relâcher notre pauvre camarade, il a eu sa dose de câlin là je crois.
Avec un grand sourire aux lèvres, Naruto lève le bras droit et vient présenter son poing tendu à l'homme au masque. Ses yeux s'étirent alors en une souriante mimique alors qu'il secoue sa chevelure argentée puis vient frapper doucement le point tendu.
- Rebonjour, Sensei. Ce n'est pas à vous que je vais apprendre qu'on n'en n'a jamais assez, des câlins…
- Oui Naruto, mais là, il commence à étouffer …
En effet, le brun avait attrapé le dos du blouson de Naruto et essayait en tirant de l'éloigner de lui, mais le bras puissant du blond qui était placé au milieu de son dos, réduisait à néant tous ses efforts.
- Oups, désolé vieux … vraiment désolé, ça va ?
- Oui oui … ça va, Naruto, merci …
Reprenant doucement sa respiration, le brun s'approche de la table et étend son parchemin dessus. La petite souris à la marque inversée sur le dos bondit aussitôt sur la feuille, et s'écrase en une large tâche noire. Le temps qu'il referme son parchemin, Kakashi a fait le tour de la table et s'installe à la gauche de la Hokage. Saï s'assoit, lui, à un siège de lui, à sa gauche et étale à nouveau sa toile devant lui. Ce siège vide entre les deux hommes me donne l'impression que chaque siège a un propriétaire attitré, que ces hommes ont l'habitude de se retrouver ici, dans cette pièce secrète, autour de la femme la plus importante du village.
Naruto regagne sa place à la droite de sa « Baa-Chan », attrapant deux tasses supplémentaires. Avant de s'asseoir, il les remplit de thé chaud, et les avance devant son coéquipier et son Sensei. Remarquant qu'il n'y a plus que moi de debout, je pose précipitamment mes fesses sur ma chaise. La Hokage plonge délicatement ses lèvres dans le breuvage chaud. Elle ne m'a pas quitté des yeux pendant toute la séance câlin entre Naruto et Saï. Je savais le blond tactile, mais là il fait fort. J'imaginais Sakura en louve jalouse protégeant âprement son homme, interdisant à tout homme ou femme de le toucher, me serais-je trompé ? Naruto a raison, c'est visiblement une journée pleine de surprises, même pour moi.
Naruto s'étire un peu plus sur son siège, faisant basculer les pieds de la chaise vers l'arrière. Tous les regards se tournent vers moi. Le moment des explications va arriver. Je secoue latéralement la tête afin de tenter de faire partir les tensions installées dans ma nuque, puis prends la parole
- Bon. Si je vous raconte tout en détail, y'en a pour des heures. Je vous propose un court résumé de mes quatre dernières années puis vous pourrez me poser des questions. Ça vous convient ?
J'ai quatre visages attentifs face à moi qui se déplacent lentement de haut vers le bas. On y est.
