Les personnes, les lieux et l'histoire originale appartiennent à Marvel et leurs sociétés affiliées, blabla, ceci est une fiction amateur destiné uniquement pour du divertissement.
Je n'ai aucun droit dessus, personne ne gagne de l'argent, ni l'auteur, ni le traducteur. (Et c'est bien malheureux.)

SPOILERS SAISON 2


« My demons are begging me to open up my mouth.

I need them mechanically made the words come out.

They fight me, vigorous and angry, watch them pounce.

Ignite me, licking at the flames they bring about. »

~Halsey, « Hold me down »


Chapitre trois

Tiens-moi

Il y a beaucoup de sang dans le corps de Matt et il n'y a pas que le sien. Un bon pourcentage de celui-ci se transfuse dans son bras droit, chaud et lourd. Il n'a pas besoin de suivre le tuyaux pour savoir à qui il est attaché, mais il le fait. Sans surprise, la main meurtrière de Franck est enroulée autour du poignet de Matt et met son bras sur la table.

« -Toujours moi, Red. »

Ce qui signifie qu'ils ont déjà eu cette conversation au moins une fois auparavant. Matt aimerait expliquer qu'il ne s'en souvient pas, mais il ne se souvient pas non plus de comment parler.

Il se sent déborder à l'intérieur. Une fois trop vide, et maintenant trop plein de sang, de plaquette et d'eau salée. Sa peau a du mal à contenir tout ça dans son corps, et alors que son tibia est grand ouvert, rien de semple s'échapper. Le médecin a ses mains là dedans. Des pinces en métal garde le muscle ouvert un scalpel pour séparer les tissus. Le médecin tend quelque chose le long de son os et laisse une fissure ouverte ronger ses sens.

La douleur se dérobe plus il tente de se concentrer. Il sait qu'elle est la sienne, que ces nerfs déchirés sont connectés, mais la douleur est volage et éphémère. Tout d'abord sa jambe, sa colonne vertébrale, puis son crâne, sa poitrine et puis disparus...Loin, très loin. Franck vérifie son pouls alors que le docteur applique des sutures là où le métal était utilisé pour mordre.

« -Je ne suis pas une mauvaise personne. »

Franck ne répond pas. Il l'entend, bien sur. Son doigt est prit de spasme qui tape sur sa jambe, comme lorsqu'il appui sur le déclencheur qui donne vie à l'arme de feu.

« -J'ai jamais dit que vous l'étiez Doc.

-Vous avez dit que vous alliez me tuer. Fait-elle remarquer. Vous ne tuez que les mauvaises personnes.

-Et vous allez me dire que vous ne le méritez pas - en faisant ce que vous faites ? Soigner des sacs de merde pour qu'ils puissent devenir des crapules pire qu'avant ?

Son cœur saute lors des deux battements suivants. Franck réagit comme si il pouvait sentir sa culpabilité, le sentiment digne de mériter une punition.

-Je pensez que vous aviez prononcer un serment, ou un truc du genre...Vous soignez ces gens et ils vont blesser encore plus de monde...C'est...C'est ça qui a foiré, Doc. »

Matt roule sa tête dans la direction de Franck, bafouillant « Stop, arrête, Franck. » Il gagne une main sur son front pour sa peine avant que sa tête soit tournée de force dans la direction opposée. Le monde tourne. Les médicaments le laissent dans une spirale en morceaux. Il est balayé hors de son état d'inconscience à nouveau au son de la voix de Franck. Il crache des mots comme un animal sauvage.

« - Et vous ? Vous avez une famille ? Des amis ? Et ces mecs vont les tuer si vous ne faites pas ça ? Non. Les docs comme vous, vous n'êtes pas forcés. Ça ne fait pas de vous une mauvaise personne, vous avez juste fait des mauvais choix. Tout d'abord de s'impliquer avec eux, et la seconde, c'est de n'être pas assez bon pour ne pas me voir à votre porte. »

Elle se tait, et supplique « S'il vous plaît » elle demande « S'il vous plaît, ne me tuez pas. »

Franck ne dit rien. Ne fait rien. Il est toujours aux cotés de Matt, à transfuser du sang de son bras.

Le médecin continue de travailler. Ses mains sont fortes sur la cheville et sur le genou.

Une fissure, un son écœurant fait échos dans les oreilles de Matt comme un coup de feu, et la douleur est de retour. La souffrance est furieuse, la douleur est partout, puis il est parti.


Matt se réveille et le médecin n'est plus là. L'odeur de la mort est réunie à ses pieds, qui flotte à partir d'une carcasse froide et morte sur le sol dans une flaque de sang. Il ne peut entendre aucun battements de cœur, hormis le sien, rapide et terrible sous sa poitrine nue.

« Franck. » Sa voix est gonflée à cause des fluides supplémentaires pulsants sous sa peau. Il se sent comme une vieille éponge, l'anesthésie persiste et tire ses sens hors de son contrôle. « Franck...Bon Dieu, Franck... »

Il se lève. Ou il tombe. Matt est sur d'une seule chose, il se déplace dans la seule direction possible et le mouvement est terrible. Le masque glisse de son visage dévasté. Ses côtes sont douloureuse. La zone sous son genou palpite profondément et se répercute sous tous les pansements qui entourent toute la longueur de son tibia. Il essaie de mesurer la longueur de l'incision en centimètres, et quand il échoue, il tente de compter toutes les secondes qu'il passe à écouter, ressentir. Il perd aussi la trace du nombre. C'est seulement lorsqu'il arrête de se concentrer que la bulle contenant la réponse éclate à travers de sa conscience trouble. De la cheville au genou, sa peau palpite lentement. De la cheville au genou, de l'arrière à l'avant, il y a une croix mal dessinée de chair brisée.

Matt pose une main tremblante sur son genou. La douleur et des nausées le traversent dès qu'il le touche. Il ne reconnaît pas son membre, ou même le sens du toucher, mais il est bien le sien. Savamment maintenu droit par un ensemble de bandage épais et par deux morceaux de bois alors que son médecin est mort sur le sol.

« -FRANCK ! » Il avale difficilement pour ne pas vomir. « Tu ne l'a….Tu...Ne me dis pas que... »

La porte s'ouvre violemment dans un maelström de balles et de sang.

« -Le doc a dit que tu pourrais te réveiller. » Bon sang, Franck semble presque joyeux. Son souffle est fort. Tuer est tout ce qui lui reste.

Matt se lève loin de la table, son corps sur pilote automatique. Son pied droit le soutient quand il frappe le sol grâce à Dieu, car ses bras ne lui sont d'aucune aide. Ni sa jambe gauche et ni ses cinquante tonnes qui tombent comme une ancre et il rage durant toute sa chute vers le sol.

Il agrippe Franck. Il ne sait pas comment il l'attrape, les lois de la physique lui jouent des tours, ou peut être que c'est lui qui leur en joue. Mais tout à coup il est de retour sur la table, l'air lui coupant le souffle. Ses côtes cassées griffent ses poumons. Ses mains se tiennent au sangles du gilet pare-balles de Franck et ne veut pas se laisser aller. « Pourquoi tu as fait ça, Franck ? » Il exige d'un ton bourru, jetant ses jambes en avant « Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Qu'est-ce qu'elle à fait pour mériter ça ? »

Franck gémit. Du moins, Matt pense qu'il le fait. C'est difficile à dire avec ses poumons qui crachent et ses nerfs qui hurlent. La seule chose que Matt sait avec certitude c'est qui retenu. Franck place un bras sous ses genoux.

« -Reste tranquille, Red.

- Elle m'a sauvé la vie ! Elle a sauvé ma putain de vie ! »

Sa voix se coupe. La bile monte dans son œsophage. Matt recourt au poings pour appuyer ses paroles. Il frappe surtout de l'air jusqu'à ce que la chance permette à ses doigts d'atteindre la trachée de Franck. Franck agrippe ses cotes cassées en représailles. Le peu d'air que Matt gardait s'échappe dans un faible cri juste avant que Franck place une main sur sa bouche pour le faire taire. Mais il n'a pas besoin de sa bouche, Matt continue d'envoyer des coups de poings et le touche, mais Franck les absorbe comme si il était ailleurs dans son cerveau. L'homme garde la douleur pour les futures munitions et coups de feu qu'il réserve à ses ennemis.

« -C'est bon, fini ? »

Matt n'a pas terminé. Il frappe le visage et les épaules de Franck, en ignorant la douleur croissante dans sa jambe qui lui hurle d'arrêter. S'il te plaît, stop.

« -T'es un putain de connard, Franck ! »

Il se repousse sur la table. Sa jambe cri, brûle et pleur. Et pas à cause de Franck. Mais parce que Matt ne cessera pas. Il ne peut pas arrêter. Pas même lorsque Franck l'immobilise avec ses bras.

« -Arrête, Red. Il sonne comme un ordre. Arrête ! Sois tu viens tranquillement, sois je t'embarque de force. Tu choisis. »

Ce n'est pas un choix, pas pour Matt. Il grogne et mord le bras de Franck. Il gémit cette fois-ci, une sorte de soupir non verbal signifiant « Alors on le fait à ta manière. » Il libère le cou de Matt et il se jette sur Franck avec tout ce qu'il a.

Le haut devient le bas. Matt ne peut pas l'expliquer, mais au lieu de percuter Franck, il est de retour sur la table avec un bras serré autour de son cou et sa tête claquant contre la poitrine du Punisher. Il ne peut pas sortir de la prise avec ses jambes, pas immobilisées comme elles le sont dans le bras de Franck. Pas pour se défendre mais pour protéger la jambe de Matt : inutile, Matt secoue la jambe cassés de spasmes musculaire alors qu'il frappe et donne des coups de coude contre Franck avec le peu de force qui lui reste.

« -Stop, Red. Arrête putain. » Il semble presque ennuyé.

Mais Matt ne peut pas s'arrêter, pas plus qu'il ne peut s'arrêter de respirer. La futilité de sa situation se sent irréelle, enterrée sous les litres du sang du Punisher qui bat dans son crâne, enterrée sous l'agonie de sa jambe, sa putain de jambe, celle qu'il n'a pas perdu mais qui fait mal, terriblement mal. Presque autant que sa voix dans son oreille. « Je sais maintenant, Matthew. » alors qu'il sombre dans le rouge, le blanc et le noir.

Au loin, il est conscient du bras de Franck qui libère son cou, de l'air remplissant lentement ses poumons. De ses jambes descendant lentement vers le sol, celle de gauche dans une agonie absolue. Une main plane à quelques centimètres de sa bouche vérifiant sa respiration. Matt gémit faiblement, sentant qu'il est tiré au loin de sa conscience.

« -Tu vas bien, Red. Tu vas bien. Bon sang, tu vas bien, bordel. » Franck soupire. Matt ne sait pas qui il essaie de convaincre. Il entend Franck tirer le cadavre au pied de la table pour prendre ses vêtements qui drape sur le dos de Matt une seconde plus tard.

Matt conclut en perdant connaissance.


La voiture réveille gentiment l'audition de Matt, doucement. Il ouvre à peine ses yeux au crépitement de la pluie sur les fenêtres, le bruissement des essuies-glace et leurs mouvements qui correspond à l'inertie de ses pensées. Il n'est pas étourdi ou nauséeux ici. Il peut s'arranger lui même sur le siège arrière, enroulé dans le drap de Franck, sa jambe gauche calée et sur-élevée sur son armure pliée.

Il s'est fait de nouveau droguer. C'est assez léger donc il le sent à peine, ou peut-être que c'est la voiture, mais il est détendu et somnolent et pas du tout gêné à l'idée d'être le passager de Franck Castle en dépit d'être cerné par l'inconscience.

En parlant de Franck, « Tu n'a pas... » sa bouche est sèche. Matt lèche ses lèvres et tente à nouveau. « -Il ne fallait pas la tuer. »

Franck libère un petit soupire, presque inaudible si Matt n'y prêtait pas attention. La légèreté de ses perceptions droguées prennent un nouveau sens. Franck était inquiet au sujet de la posologie. Pas inquiet de son étranglement, mais du dosage. Il cache sa préoccupation sous un comportement froid.

« -Je ne dois jamais tuer quelqu'un, Red. Je le fait. Je choisi de le faire. »

Matt sent la plaie. Bon sang, les médocs. L'épuisement. Le subtil bouillonnement de son muscle déchiré et de sa peau ouverte sous son genou.

« -Et tu te sens bien après ce choix ? Une jeune médecin, qui sauve mon cul…

-Je ne me souviens pas qu'elle ai soulevé la poutre de ta jambe, ou transporté ton cul partout dans Hell's Kitchen.

-Elle m'a sauvé la vie !

-Elle a fait du bon boulot sur ta jambe, je peux au moins lui donner ça. Elle a même offert ses services pour suturer une fois le gonflement disparu.

C'est un véritable connard, et un bon, qui se révèle stratégiquement lorsque Matt n'est pas capable de lutter en retour.

-Elle ne méritait pas de mourir, Franck.

Franck rigole.

-Elle méritait de vivre ? Rembourser les frais de ses études de médecine en rapiéçant des sacs de merde qui eux même vont tout autour envoyer encore plus de gens à l'hôpital. Un vrai modèle de vertus putain, Red. »

Matt perçoit un éclat de remerciement à travers les médicaments antidouleurs. Sa peur palpite dans la pièce. Son attention, son ton mesuré. La douceur de ses doigts quand elle touche le muscle. La façon dont elle a supplié, doucement, pour ne pas rendre les choses pires. Ses larmes glissent dans ses cheveux et il ne peut pas les arrêter, ne peut pas les essuyer non plus, il ne peut rien faire, sauf haïr sa jambe, lui-même et Franck. Il sort son esprit hors de sa mémoire, loin du frémissement de la voix de la doctoresse, en demandant :

« -Où allons nous ?

-Y'a un endroit où tu devrais être, Red ?

Son cœur se sert avec nostalgie durant un moment. Mais seulement un instant. Parce que c'est mieux ainsi.

-Non.

-Pas plus de justiciers à défendre ? De témoin à traiter comme hostile ?

Il pince ses lèvres.

-Non, et pas grâce à vous. Et ils n'auraient même pas cette discussion si il avait fait correctement son travail cette fois-ci.

Franck ne remarque pas son ressassement, ou plus probablement, il ne s'en souci pas. Il est trop occupé à être impressionné.

- C'est un sacré truc que tu as. Ça fait combien de temps que tu es aveugle ?

-Bien plus de temps que quand je pouvais voir. Matt enfonce plus profondément sa tête dans le siège. Les mouvements du cuir berçant doucement son cuir chevelu. Il sent les bosses du siège à travers ses cheveux.

- Et y'a toujours quelqu'un qui t'as apprit à te battre comme ça ?

Matt ne veux pas avoir cette conversation.

- Qu'a dit le médecin ?

Avant sa mort. Avant que Franck l'ai tué.

- Le doc a dit que tu es un poids mort qui doit rester immobile.

Entre les autres mots, comme - s'il vous plaît, pitié et ne me tuez pas - sont les plus notable selon Matt.

- Sans oublier le repos absolu au lit jusqu'à ce que la plaie de ta jambe soit fermée. Tu as quelqu'un chez qui tu peux aller ? Un qui sait tout à ton propos ?

Foggy. Karen. Claire.

- Non.

- Et ton partenaire ?

- Non.

- Ta secrétaire ?

- Non, il n'y a personne, Franck. » Il aime le son de cette phrase, qu'il n'y ai même pas une personne. Il est familier, comme un coup dans l'estomac ou un poing froid dans la mâchoire. Le silence d'acier de Franck le frappe avec la même force brute, et Matt à soudain besoin de sortir de la voiture. L'air immobile, le doux balancement : il est complaisant, docile, mais il ne peut pas être l'un des deux quand il est déjà dans une situation désavantageuse. Il effleure la couverture sur ses épaules tressaillant ses côtes cassés et la chemise de la personne morte qu'il est actuellement en train de porter.

- J'ai un appartement.

- Je vais pas t'y amener, pas si tu as personne pour t'aider tout du long.

- Depuis quand tu t'en souci ?

- J'ai traversé un sacré bordel pour sauver cette jambe. » La dernière chose que je veux c'est que tout ce que j'ai fait soit détruit en te déposant à ton appartement. Franck tombe à nouveau dans un silence quasi-militaire. La jambe de Matt est son nouveau travail, et il n'y a rien qui empêche un marine de faire son boulot. Cependant, il brise son calme pour demander :

« - T'es vraiment sérieux? Y'a personne que je peux appeler ?

- Non.

Franck ricane.

- Quoi ? Demande Matt.

- Toutes tes belles paroles...à propos de l'espoir, d'une seconde chance, de ton Dieu et tu fais tout ça par toi même ? Franck rit. Un rire froid, étrange. Tous les ingrédients du rire sont là, mais il n'y a aucune légèreté. L'Enfer est à ta porte, Red. L'enfer est à ta porte. »

C'est une déclaration, pas une question. Une déclaration qui frappe bien plus près de la vérité que ce que veut admettre Matt.

« - Où tu n'emmène ?

- À mon appartement.

- Tu as un appartement ?

- Ouais, j'ai un endroit.

- Où est-ce qu'il est ? Où...Euh...Où on est maintenant ?

- Nord, sur Malcolm X. » Et Franck s'arrête là.

Matt tente de deviner.

« - Harlem ?

- Pour le moment.

Il ne panique pas. Les médicaments ne lui permettent pas.

- Tu vas me dire où on va ? »

Rien. Aucun changement dans le rythme de son cœur, il ne souffre d'aucune culpabilité à propos de son enlèvement, rien : Franck Castle pour tout aussi bien être une statue dans le siège conducteur. Matt prend un profonde inspiration, il ne panique toujours pas, ne pense pas à la façon dont la ville passe à coté, et il n'y a aucun moyen de savoir où ils sont ou par quel chemin ils y arrivent. Il se concentre pour mémoriser les mouvements. Franck tourne brusquement à droite. Un pont. Ils sont dans le Bronx. Matt halète pour respirer, feignant la nausée.

« - Tu peux...Euh...Tu peux ouvrir la fenêtre Franck ? Je dois...J'ai besoin d'un peu d'air. »

Franck mouline. Il n'y a pas de fenêtres électriques dans sa voiture il grogne alors qu'il tourne la poignée. La pluie et le froid vol dans l'habitacle. Matt sent le fleuve Harlem céder et laisser place au odeurs urbaines. Les vieux bâtiments, les édifices en ruine, la vapeur et les égouts. Le sud du Bronx est sous une forte pluie. Il entend la voiture qui passe à coté des immeubles, mais il ne peut pas avoir une lecture clair sur leurs hauteurs, et il a plu depuis trop longtemps pour que les températures lui donne quelconque informations.

Matt avance une main faible pour fermer la fenêtre. Quelques tentatives inutiles plus tard, la main de Franck réapparaît. Il remonte la vitre.

Droite, deux blocs, gauche, quatre blocs...Ou c'était trois ? Matt secoue la tête, mais ses pensées ne sont pas clairs. Le balancement, la chaleur, et les médicaments conspirent ensemble pour l'envoyer à nouveau dans le sommeil, peu importe combien il refuse.

Sa jambe vient à la rescousse, fortement endolorie quand Franck cherche un stationnement sur un parking en gravier. Matt siffle, serrant ses côtes cassées pour les soutenir et soulevant sa jambe autant qu'il peut pour lui épargner les bousculades. « On y est presque. » Franck lui dit, mais une éternité passe avant que la voiture s'arrête.

Matt n'a même pas le temps de penser à se défendre. La porte s'ouvre au dessus de la tête, Franck le prend par les épaules et le traîne hors du véhicule sous une pluie battante. Il est instantanément trempé, mais Franck enroule encore plus la couverture avant de l'aider à avancer.

« - Y'a une marche ici. » dit Franck. Matt tente de la repérer, mais ses sens sont flous, bloqués entre les gouttes de pluie sur sa peau, le tonnerre au loin, Franck à coté de lui, les brûlures de sa jambe, la plaie béante. Il s'arrête et s'effondre contre la brique de l'immeuble de Franck. Les gémissements se transforment en petits cris. Le muscle trace son chemin au travers de sa peau, et Dieu, s'il vous plait. Dieu, pitié. Dieu pitié. Matt n'a pas la moindre idée de pourquoi il prie, mais seulement pour que Dieu intervienne.

Franck le saisit sous les bras quand il s'effondre. Heureusement, la pluie couvre ses pleurs, mais Franck sait. Son pouls descend, il marche comme un porteur de cercueil. Il pousse la porte pour l'ouvrir et Matt se laisse mettre à l'intérieur.

Franck passe le bras droit de Matt au dessus de son épaule, la plupart du temps en le traînant sur le sol carrelé et ébréché. Un escalier répond à l'écho de leurs pas, et Matt fait le compte des autres doux battements de cœur. Franck a des voisins. Deux, peut-être trois. L'un d'eux cuisine à l'italienne et un autre écoute du Bach faussé sur un tourne-disque qui grince.

La marche apparaît sur ses orteils. La tête de Matt descend. Sa main trouve la rampe. Chaque morceaux de son être, chaque cellule, sont vidés et secs, mais au lieu de ramper sur le sol et de mourir, il se lève. Un pas, deux pas – il s'accroche de plus en plus fort à Franck le long du chemin en soutenant misérablement de moins en moins son propre poids. La douleur efface le monde pendant quelques instants. Son gémissement et ses malédictions se mêlent à l'insistance de Franck qui ne cesse de répéter que ça va, que ça va bien, qu'ils y sont presque. Bon Dieu, Red, respire. Et quand il pense qui ne peut plus supporter, quand il pense qu'il pourrait mourir dans le feu et l'horreur des escaliers, Matt frappe la rampe et fait un putain de pas de plus.

Une porte s'ouvre sur le chemin. L'audition de Matt se concentre sur elle, c'est moins un acte volontaire et plus à cause de son épuisement. Il ne peut pas lire plus qu'un souffle fragile et la course d'un cœur avant que la porte ne se referme. Les violons sautent sur la platine, puis redémarrent.

Matt mord sa lèvre inférieure, le lourd secret sur sa langue. Quelqu'un les a vu et fait semblant de ne l'avoir pas fait.

Franck s'arrête brusquement et fouille dans une poche cachée par Matt. Il sort une clef, ouvre la porte, et tire un Matt oscillant à l'intérieur.

À peine la porte fermée derrière eux, la bonne jambe de Matt lâche, ayant décidé que c'était le plus loin où elle pouvait aller. « Pas ici. » Franck lui dit, en le tirant un peu plus loin jusqu'à ce que Matt tombe sur une toile rêche. Un lit militaire avec un oreiller et des couvertures militaires qui sentent comme si il avait des éclats d'obus entre ses mains.

Lève-toi, Matty : tu as un travail à faire. Mais il ne se lève pas. Ses bras sont bien là, ses jambes se trouvent ici, et il est là quand Franck retire la couverture mouillée de ses épaules. Jusqu'à ce que Franck le retourne sur le dos. Jusqu'à ce qu'il place sa jambe mutilés élevée. Le sang revient dans sa poitrine et dans sa tête. Matt oscille dans l'espace délabré de Franck, étourdi, aveugle et avec une respiration sifflante.

« - Je reviens. Franck lui dit.

- Je vais bien. » Balbutie Matt, couché. Trop tard. Franck est déjà parti. Hors de la pièce et de retour sous la pluie à lutter contre les portes grinçantes de son véhicule.

La chambre se glisse sous son souffle en lambeaux et reste obscure, cachée, inaccessible. Matt tourne la tête, dans l'espoir d'obtenir un meilleur angle, mais l'espace est si Franck, si foutu Franck, qu'il garde tous ces secrets. Il est laissé seul avec sa douleur, aucune idée de où il se trouve dans l'appartement. Aucune idée de où se trouve l'appartement dans le Bronx. Il est coincé au deuxième étage dans une douleur violente et portant les vêtements d'un cadavre, avec une jambe écrasée et Franck Castle pour seule compagnie.


Un chapitre bien plus long que les précédents, d'ou le temps mit pour le publié. Puis la traduction n'est pas encore aussi aisée que l'écriture dans sa langue natale.
J'espère que vous avez apprécié.
Et je remercie notre premier followers ! ;D À très bientôt.