Chapitre 3 : Urgence, chien perdu !
Sybyl ouvrit difficilement les yeux, encore engluée dans le sommeil. Eteignant le réveil, elle se leva et tituba dans la salle de bains où elle se passa de l'eau froide sur le visage. Regagnant la chambre, elle tira les rideaux et cilla face à la vive clarté du matin. Après avoir entrouvert le battant de la fenêtre pour laisser entrer l'air frais, elle s'habilla et s'examina dans le miroir, portant son attention sur son épaule gauche.
*C'est bien ce que je craignais… Je suis bonne pour changer de haut…*
Poussant un profond soupir, elle retira son débardeur sans manche et enfila un chemisier à manches courtes qui dissimulaient le magnifique bleu provoqué par le sac de Castiel, la veille.
Sans entrain, elle descendit dans la cuisine, avala un bol de céréales, attrapa son sac et partit.
Arrivée au lycée, elle traversa la cour sans croiser quiconque, poussa la porte du bâtiment et allait se glisser dans la salle de classe lorsqu'une boule de poils de 40 centimètres de haut lui rentra dans les jambes, glapit de surprise puis fila sans demander son reste.
« Mademoiselle ! », s'exclama une voix familière.
Se tournant, Sybyl se retrouva face à la directrice, visiblement très agitée : « Oui Madame ? »
« Auriez-vu vu mon Kiki ? Il s'est sauvé ce matin et il gambade partout dans le lycée depuis ! Je n'arrive pas à le retrouver ! »
« Kiki ? »
« Oui, Kiki ! Mon petit chien ! », expliqua nerveusement la vieille dame.
« Oh ! Ce doit être lui que je viens de voir passer ! Il allait… »
La voix de Sybyl mourut alors que la gentille dame qu'elle connaissait se transformait sous ses yeux en furie échevelée.
« Vous avez vu Kiki ? Et vous ne l'avez pas attrapé ? »
« Hé bien je… Je ne savais pas que… »
« Silence ! C'est inadmissible, Mademoiselle ! Pour la peine, vous allez me le ramener ! Et ses affaires également ! Je les ai égarées dans le lycée en poursuivant Kiki. »
« Mais Madame… »
« Il n'y a pas de mais ! Vous avez intérêt à me ramener mon chien, son collier, sa laisse et son jouet avant la fin de la matinée si vous voulez évitée d'être collée ! », menaça la furie avant de se retirer dans son bureau, laissant derrière elle une élève complètement éberluée.
*Je rêve là… Je risque d'être punie parce qu'elle a perdu son chien ? On aura tout vu !*
Pas très sûre de la marche à suivre, elle alla déposer son cartable à sa place, au fond de la classe, et s'apprêtait à quitter le local pour se lancer à la recherche du chien quand Iris arriva.
« Sybyl ! Bonjour ! Comment vas-tu ? », lui demanda la brune avec un grand sourire.
« Bonjour Iris. Bien merci, et toi ? »
« La grande forme ! Par contre, toi, ça n'a pas l'air d'être la joie… Un souci ? »
« Hé bien… Il semblerait que le chien de la directrice se soit enfui et que j'ai été désignée volontaire d'office pour le récupérer… »
« Kiki s'est encore sauvé ? Le coquin ! Il lui fait le coup chaque mois ! Par contre, si elle a décidé que tu devais le ramener, je le ferais, à ta place. Dès qu'il s'agit de son chien, elle a tendance à se montrer légèrement… Euh… Irritable. »
« Oui, j'avais cru remarquer… Même si ce n'est pas franchement le terme que j'aurais utilisé ! »
Iris posa une main compatissante sur son épaule : « Allez, courage, ça va aller. On est tous passés par là, je crois. Et promis, si je le vois passer, j'essaye de l'attraper. »
« Merci Iris. C'est sympa. », répondit Sybyl en sortant de la classe.
« Bonne chance ! », lui lança Iris.
Revenue dans le couloir, la jeune femme se remémora ce qu'elle devait trouver : un chien court sur pattes, un collier, une laisse et un jouet.
*Bon… Pour les affaires de Kiki, ça ne devrait pas être trop difficile. Suffit de faire un tour du lycée. Vérifions d'abord les locaux tant que les cours n'ont pas encore commencé.*
La jeune femme fit donc rapidement le tour des classes, sans succès. Avisant la salle des délégués, elle y entra et repéra rapidement le collier, abandonné au pied d'une chaise près de la porte.
*Et de un ! Plus que deux !*, pensa Sybyl en attachant le collier autour de son poignet pour ne pas le perdre.
A cet instant, Nathaniel pénétra dans la pièce.
« Sybyl ? Bonjour. Que fais-tu là ? »
« Bonjour Nathaniel. Hé bien j'agrémente ma collection de bracelets, comme tu peux le voir. », répondit-elle en lui montrant son poignet.
Devant l'air hésitant du jeune homme, elle sourit : « Je plaisante. En fait, Kiki s'est échappé et je suis l'heureuse élue désignée pour l'attraper. Ainsi que ses affaires, semées un peu partout par la directrice. Je viens de récupérer son collier, comme tu peux le voir. Restent la laisse et le jouet. »
« Ah, je vois. Hé bien bon courage en tout cas, c'est un vrai farceur, ce Kiki. »
A cet instant, la sonnerie annonçant le début des cours retentit et Nathaniel se sauva en lui promettant d'expliquer son absence au professeur.
*Bon, j'ai fait le tour de l'intérieur du lycée, direction la cour, le gymnase et le club de jardinage.*
Sybyl se glissa discrètement hors du bâtiment et se mit à inspecter avec soin la cour. Comme elle secouait la tête, dépitée, elle cru voir quelque chose briller dans le fond, au pied des buissons.
Elle s'y rendit rapidement et, remerciant la génétique de lui avoir donné de bons yeux, ramassa le jouet du chien, une espèce de peluche ridicule avec un petit écusson à paillettes.
L'empochant, elle se retourna, tout sourire… Et tomba nez à nez avec Castiel.
Son sourire disparut aussitôt, remplacée par une expression méfiante qui peina le jeune homme, même s'il n'en laissa rien paraître.
Les deux adolescents se regardèrent en silence, Castiel semblant profondément mal à l'aise.
Au bout d'un moment, lassée, Sybyl fit un pas de côté et se dirigea vers le club de jardinage.
Castiel resta un moment surpris puis se tourna vers elle, vexé : « Hé ! Gamine ! »
La jeune femme l'ignora superbement, bien décidée à ne pas lui faciliter les choses.
Elle était arrivée à l'entrée du club de jardinage quand une main la retint doucement par le bras : « Sybyl. Attends. »
*Gagné !*
Tournant la tête vers lui, elle planta son regard dans le sien et haussa un sourcil.
« S'il te plaît. », murmura Castiel, si bas que Sybyl aurait pu croire l'avoir rêvé.
Lui faisant face, Sybyl dégagea son bras, les croisa sur sa poitrine et attendit.
« Désolé. Pour hier. C'était involontaire. », lança rapidement le jeune homme.
Amusée par sa gêne, elle décida de le taquiner un peu : « Ah ? Tu as glissé et tu t'es rattrapé à Nathaniel, c'est ça ? Mais ton élan vous a propulsé contre les casiers. J'ai bien compris ? »
Castiel roula les yeux en grimaçant : « Mais non, rien à voir. Je voulais parler de toi. J'ai pas fait exprès de te cogner. Je m'excuserais pas d'avoir remis en place cet abruti ! »
« C'est vrai que, comme tu es un gentleman, tu frappes pas les filles. Pas vrai ? »
« Ouais… C'est ça. »
« Ok. »
« Quoi, ok ? C'est tout ? T'acceptes mes excuses et on en reste là ? Tu vas pas me faire une scène parce que j'ai empoigné l'autre crétin ? », demanda Castiel, éberlué.
« Non. C'est pas mon problème. C'est entre vous. Hier, je suis intervenue parce que ça se passait devant moi. C'est tout. Je suis pas ta mère, j'ai pas à te dire comment te comporter. Si ça t'amuse de faire l'idiot, tant mieux pour toi. » termina-t-elle en haussant les épaules d'un geste désinvolte.
Geste qui releva ses manches et dévoila son bleu.
« Et pour ça ? », demanda Castiel en désignant son bras.
« Laisse tomber. C'est pas mon premier bobo, je vais survivre. »
Le jeune homme reste silencieux un instant puis rit nerveusement, secouant la tête : « T'es pas croyable, toi ! Je m'attendais à une scène de tous les diables et… Fin bon. Désolé pour ça. Vraiment. »
« Ca va, Castiel, laisse tomber je te dis. Nathaniel ne fera pas de rapport, on va bien tous les trois, point. Pas besoin d'épiloguer. Mais à ta place, je me lancerais dans le yoga, histoire d'être plus détendu… Ou dans la boxe, pour évacuer ton enthousiasme. », fit Sybyl, s'engouffrant dans le club de jardinage, laissant Castiel, perplexe, derrière elle.
*Ca s'est plutôt bien passé… Bon, maintenant, la laisse de ce fugueur… Oh génial ! La voilà !*
Elle se pencha et saisit la laisse qui gisait dans l'herbe, le long du chemin de pierres. Elle l'attache au collier et rebroussa chemin.
*Collier : ok. Jouet : ok. Laisse : ok. Il ne manque plus que le chien et je serai tranquille.*
A cet instant, elle vit une boule de poils blancs et bruns filer ventre à terre vers le gymnase.
« Hé ! Kiki ! Viens ici bonhomme ! », cria-t-elle en se lançant à sa poursuite.
Elle parvint à le rattraper dans le gymnase, le coinçant sous dans un coin. S'approchant lentement, elle sortit le jouet et lui montra, l'agitant doucement sous son nez.
« Allez mon gros, viens ici. Sois gentil. Tu as assez couru comme ça. »
Elle tendit la main, prête à lui passer le collier lorsqu'il bondit en avant, passant entre ses jambes et disparaissant dans la cour.
*Nom de… ! Saleté de clébard !*
Se précipitant à sa suite, elle le rattrapa dans le couloir malheureusement, malgré tous ses efforts, Kiki s'échappa une fois de plus, ressortant du lycée.
*Mais c'est pas vrai ! Il s'amuse peut-être comme un fou mais moi, ça me fait pas rire du tout !*
A regret, elle repartit dans la cour, réfléchissant à un moyen d'attraper l'animal.
*Je devrais l'appâter… Le jouet ne suffit visiblement pas, il me faudrait un truc à manger… Des croquettes ou des biscuits pour chien… Hé ! Castiel a peut-être ce qu'il me faut !*
Sybyl se hâta donc vers la cour, espérant que le jeune homme y soit toujours. Heureusement pour elle, il était assis sur un banc, mp3 sur les oreilles, yeux fermés et visage tendu vers le soleil.
La jeune femme se planta devant lui, lui bloquant l'accès à la lumière : Castiel ouvrit immédiatement les yeux, une expression furieuse sur le visage qui s'adoucit dès qu'il la reconnut.
« Sybyl. Qu'est-ce que tu veux ? »
« T'aurais des biscuits pour chien sur toi ? Ou des croquettes ? »
Surpris, Castiel ouvrit de grands yeux : « Hein ? Pourquoi ? T'as changé de régime alimentaire ? »
La jeune femme secoua la tête, agacée : « Mais non ! C'est pour attraper le chien de la directrice ! »
« Alors, tu es dog-sitter maintenant ? », ricana-t-il.
« On m'a pas franchement laissé le choix ! C'est le ramener avant la fin de la matinée ou être collée. »
« Bah, c'est pas la fin du monde non plus, la colle. C'est plus sympa que de courir après ce clébard. »
« T'as peut-être rien de mieux à faire de tes après-midi mais moi, j'ai une vie en dehors de l'école. », cingla la jeune femme, excédée par ses chipotages.
« Oh, doucement, gamine. Pas la peine de me mordre. Ouais, j'ai des croquettes dans mon sac. Mais elles sont pour Démon alors... »
« C'est bon, j'ai compris. Tu veux combien ? »
« Hein ? »
« Pour les croquettes ! Tu veux combien ? »
« Oh, j'vais m'sentir insulté là ! Je voulais juste dire qu'elles seront peut-être un peu grandes pour ce roquet. », grinça Castiel.
« Oh… Oh, je suis désolée, je croyais… », bégaya Sybyl, gênée.
« Maintenant, si tu insistes… », continua Castiel avec un petit sourire moqueur.
« Ah non, trop tard, t'as laissé passer ta chance ! », rit Sybyl.
« Tiens, voilà, ça devrait suffire pour attirer cette saucisse sur pattes. », dit-il en lui tendant quelques croquettes.
« Merci, tu me sauves là ! », répondit Sybyl en souriant.
Impulsivement, elle se pencha et l'embrassa sur la joue. Castiel écarquilla les yeux et pendant un instant, il n'y eut que le silence entre eux.
« Euh… Je vais y aller… Salut… Et encore merci de ton aide ! », bafouilla la jeune fille en rougissant avant de filer précipitamment à la recherche de Kiki.
Castiel la regarda partir, médusé, puis porta la main à sa joue.
*Quelle drôle de fille, quand même…*
Sybyl s'arrêta, essoufflée, dans le gymnase. Mais quelle mouche l'avait donc piquée ?
*Bien, ma fille, bravo ! Tu sautes sur les garçons, maintenant ?*
Tirée de ses pensées par un halètement, elle balaya la salle des yeux et repéra Kiki s'éclipser discrètement et s'engouffrer dans le lycée. Sans hésiter, la jeune fille se lança à sa suite et parvint à le bloquer dans un coin d'un local. S'agenouillant, elle sortit de sa poche les croquettes données par Castiel et les tendit doucement au chien. Celui-ci s'approcha lentement, remuant la truffe : avec précautions, il s'avança et vint fourrer son museau dans la main de la jeune femme, dévorant les croquettes. Sybyl fit glisser le collier autour du cou de l'animal et le referma rapidement.
*Ca y est ! Sybyl : 1 – Kiki : 0 ! Maintenant, le ramener à sa maîtresse… Avant qu'il ne parvienne à se sauver encore !*
La jeune femme ramena donc son chien à la directrice qui, ravie de retrouver son ''Kiki chéri'', remercia chaleureusement Sybyl : celle-ci posa les affaires égarées sur le bureau directorial et prit rapidement congé.
Refermant la porte, elle s'y adossa et poussa un soupir de soulagement : enfin tranquille !
Jetant un œil à sa montre, elle s'aperçut que la pause repas avait débuté depuis 10 minutes à peine. Prenant d'un pas léger la direction de sa classe afin de récupérer son diner, elle croisa Nathaniel, qui se dirigeait vers la salle des délégués.
« Ah, Sybyl ! Alors, tu as réussi à attraper Kiki ? »
« Oui, mission accomplie ! Il m'en aura fait voir de toutes les couleurs ! »
« Je m'en doute ! Dis, n'oublie pas de te rendre régulièrement à ton club, au cas où on y aurait besoin de toi. »
« Chef, oui chef ! », répondit la jeune femme, mimant un salut militaire, un sourire aux lèvres.
Nathaniel rit et disparut dans le local. Suivant son plan originel, elle alla prendre de quoi se restaurer puis prit la direction du gymnase.
Arrivée dans la salle, elle remarqua un joueur qui s'entraînait et qu'elle n'avait encore jamais vu : curieuse, elle s'assit au bord du terrain et l'observa. Plutôt joli garçon, grand, élancé et sec, bref, le physique type du basketteur.
Après un dernier panier, le jeune homme saisit sa serviette et s'approcha de Sybyl.
« Bonjour. Tu fais partie du club de basket ? »
« Bonjour. Oui, je suis une nouvelle recrue. Moi c'est Sybyl. »
« Je m'appelle Dajan. Je fais partie d'un échange extrascolaire avec l'équipe de ton lycée. Alors comme ça, tu aimes le basket ? »
« J'aime le sport. Et puis, je devais choisir entre le basket et le jardinage et vu que je n'ai absolument pas la main verte, j'ai préféré épargner ces pauvres plantes ! », dit Sybyl en souriant.
Dajan rit : « Tu fais quoi comme sport, alors, si t'es pas basketteuse ? »
« Oh, un peu de tout. Hier, j'ai pris part à un match de box et ce matin, j'ai fais un jeu de piste. Bref. Si t'as besoin de quelque chose, je suis comme qui dirait à ta disposition. »
« T'es une comique, toi. Tu sais pas où je pourrais me procurer une bouteille d'eau, par hasard ? Je suis mort de soif et j'ai oublié la mienne. »
« Je peux aller t'en chercher une, si tu veux. Comme ça, tu peux continuer l'entraînement. »
« Sérieux ? Super, merci ! », dit Dajan en s'éloignant.
Sybyl alla donc chercher une bouteille d'eau qu'elle ramena au gymnase.
« Déjà de retour ? Waw, ça c'est du service ! Merci ! », fit Dajan en ouvrant la bouteille qu'il vida d'un trait. « Ca fait du bien ! Bon, j'ai fini, je vais y aller… Hé ! Mais… C'est pas vrai ! », s'énerva-t-il en farfouillant dans ses affaires.
« Un problème ? »
« Mon collier ! Je ne le trouve pas ! »
« Tu veux un coup de main ? J'ai encore un peu de temps avant la reprise des cours. »
« C'est pas de refus ! Si tu le trouves, je serai ici. Je vais continuer à chercher. »
Sybyl quitta le gymnase en secouant la tête.
*Mais quelle idée ! Comme si j'avais pas assez couru ce matin après ce chien !*
« Un problème, gamine ? »
« Castiel ! Tu m'as fait peur ! », s'exclama la jeune femme. « Non, pas vraiment. Je suis en mission pour le club de basket. »
« Ils ont encore perdu leurs ballons ? », se moqua, narquois, l'adolescent.
« Non, j'aide Dajan à retrouver son collier. »
« Dajan ? C'est qui celui-là ? », demanda Castiel, fronçant les sourcils.
« Un garçon qui participe à un programme d'échange extrascolaire. »
« Ah ouais, ces squatteurs qui piquent nos installations ! »
« Arrête de râler tout le temps, il est très sympa ! »
« Hé, j'fais c'que j'veux, compris ! »
« Ok ok, boude autant que tu veux, moi, j'ai un collier à retrouver ! », termina Sybyl en entrant dans le lycée.
Castiel poussa un soupir : effectivement, il n'avait pas de raison d'être si remonté… Mais ça l'énervait, tous ces mecs ''sympas'' qui lui tournaient autour. D'abord cet abruti de délégué et maintenant un sportif ! Kentin ne comptait pas. Et lui, alors ? Bon d'accord, ''sympa'' n'était pas vraiment un adjectif qui lui correspondait… Pfff, cette fille lui chamboulait vraiment la tête.
Pendant ce temps, Sybyl avait regardé sans succès dans les différents locaux et revenait vers la sortie lorsque les voix d'Ambre, Charlotte et Li retinrent son attention. Elle s'approcha discrètement de la porte entrouverte et tendit l'oreille.
« Tu as vu le gars de l'échange interscolaire ? Il est trop mignon ! »
« Oui, dommage qu'il doive repartir ! D'ailleurs, je lui ai pris un petit quelque chose, en souvenir. »
*Un souvenir ? Ca doit être le collier !*
« Oh, Ambre, t'es trop forte ! Tu nous montres ? »
« Quand il sera parti. Je l'ai caché dans mon casier, je vous montrerai tantôt. »
La conversation continua mais Sybyl n'y prêtait plus attention : profitant de l'inattention du trio et du vide du couloir, elle se précipita vers les casiers et localisa celui d'Ambre. Heureusement, il était mal fermé et elle pu récupérer le collier de Dajan sans problème.
Satisfaite d'avoir retrouvé la chaîne et de jouer un tour à Ambre par la même occasion, elle retourna rapidement au gymnase et, tout sourire, lui tendit l'objet.
« Je l'ai ! »
« Génial ! Tu es super, merci beaucoup, vraiment ! »
« Pas de quoi ! Allez, je file, les cours vont reprendre ! Salut ! »
Entendant la cloche retentir, Sybyl courut jusqu'à sa salle de classe : à peine installée, le professeur arriva et le cours commença.
Lorsque la fin des cours arriva, Sybyl était plutôt satisfaite de sa journée, Elle rangeait tranquillement ses affaires quand Nathaniel l'accosta : « Dajan m'a dit que tu l'avais aidé, aujourd'hui. Deux fois. Il n'a pas tari d'éloges à ton sujet. »
« C'est gentil de sa part mais j'ai rien fait de particulier. Lui donner un coup de main m'a fait plaisir. Allez, à demain, Nathaniel. »
« En fait, je voulais te demander… Je nourris des chats errants après les cours… Ca te dirait de m'accompagner ? », bredouilla-t-il en rougissant.
« Des chats errants ? C'est super, de faire ça ! Oui, je serais ravie de venir avec toi ! », s'exclama Sybyl avec un grand sourire.
« Génial. Viens, c'est par ici. », fit-il en lui prenant le bras, la guidant plus bas dans la rue.
Castiel, qui attendait devant le lycée, les vit partir ensemble, à nouveau. Rageur, il donna un coup de pied dans une pierre, l'envoyant valdinguer plus loin. C'était décidé, à partir de demain, il se montrerait (un peu) plus aimable avec elle. Pas question de voir l'intello l'exhiber à son bras !
Sybyl, quant à elle, passa une excellente fin d'après-midi : après avoir nourri les chats du quartier avec Nathaniel (il y en avait un nombre incroyable et ils étaient mignons comme tout ! Peut-être allait-elle en adopter un… Ou deux… Après tout, le loft et son jardin feraient une chouette maison…), elle était enfin rentrée chez elle, moulue. Elle s'était douchée rapidement, avait dîné sur le pouce et s'était écroulée dans le canapé. Après 20 minutes à tenter de suivre la série policière de la soirée, elle se résigna à aller se coucher : elle se traîna jusqu'à son lit, s'y écroula et s'endormit avant même que sa tête ne touche l'oreiller.
