Bonsoir à tous !

Voici la suite de notre histoire avec le démon et le paladin.

Avant tout, un grand merci à Emma qui a corrigé tout le texte (oui, du début à la fin. Vous pouvez lui dire un grand merci !)

Un grand merci également à Dry1410, fiction-Mikana, Koneko-Hiya et NightmareDragon FB pour vos review!

Merci à tout ceux qui suivent cette histoire (préparé spécialement pour Myfanwi.)

Sur ce, bonne lecture pour la suite de l'histoire.

Bacciolino et cookie sur vous.


Chapitre 1 : Un diable de mage. (B.O.B )

Une charrette circulait dans des petits sentiers tracés entre les fougères et autres végétaux. N'importe quelle personne qui observait le véhicule et les personnes qui l'entouraient pourrait penser qu'il s'agissait des marchands. Qu'ils partaient en direction de la ville la plus proche, pour vendre leur produit.

L'erreur était commune. Surtout si on ne faisait attention qu'à l'apparence extérieure.

A l'intérieur, ce n'était pas de menus objets qu'on apportait à la capitale. Il s'agissait de là de créatures de tout horizon. Ils étaient les victimes qu'une troupe de chasseur de primes avaient attrapé.

Plusieurs créatures toutes aussi étrange les unes que les autres.

Un renard à 9 queues. Une jeune licorne. Un bébé orc. Un oeuf de dragon.

Ces créatures certes peu communes étaient connues dans certains milieux. Essentiellement parmi les magiciens ou les riches bourgeois qui se récoltaient les plus belles prises de ces animaux de compagnies.

Mais la fierté de certains de ces mercenaires étaient des créatures humanoïdes plutôt rares.

Parfois, ils arrivaient à capturer des demi élémentaires.

Souvent pour les revendre aux églises et ainsi récupérer un pactole très conséquent.

D'autres fois, il s'agissait des enfants de dragons. Sur leur corps des écailles symbole de leur descendance ou la malchance d'avoir subi des transformations alchimiques. Le plus dur pour ces mercenaires n'était pas de capturer les créatures humanoïdes. Mais de les conserver en vie jusqu'à la fin du voyage. Car contrairement à celle à forme animal, ils se révoltaient et tentaient de s'échapper. Parfois, une détresse psychologique les tuait de l'intérieur avant d'arriver à destination.

"Allez ! Réveille toi petit paquet d'oseille. On est presque arrivé à la capitale !"

Le mercenaire à l'intérieur de la caravane donna un coup de pied dans le corps de la créature humanoïde. Emmitouflé dans une grande toge rouge, qui par endroit était tailladé. La créature tourna son visage aux longs cheveux ondulés, pour laisser apparaître un visage de jeune adulte, possédant des écailles rouges, des crocs jaunes, des cornes sur le front et des yeux rougeoyant.

"Tu va me baisser ses yeux tout de suite, petit paquet d'oseille."

La créature s'appelait Balthazar Octavius Barnabé Lennon. Après avoir été chassé par son académie des mages, pour une tierce raison, le demi-diable était parti en voyage pour prouver sa valeur. Il voulait démontrer que ses pouvoirs ne servirait pas uniquement à la destruction.

Quelques temps plus tôt.

Balthazar avait cherché à louer ses services pour de quelconques missions. Parfois pour aider des aventuriers lors de leur quête. Un mage dans un groupe pouvait allumer un brasier pour les campements. Pour éradiquer les ennemis à coup de sort. Ou tout simplement pour certaine procédure administrative et tout se qui sert de document. Après tout, les érudits mages, même s'il étaient sortis vers 20 ans de leur académie, se débrouillaient bien dans le domaine administratif.

Jamais le mage n'avait réussi à intégrer complètement un groupe. Souvent, les guerriers se moquaient de sa carrure de crevette. Ou de son incapacité de se défendre. D'autres le prenaient comme un boulet de service. Certains ne pouvaient pas supporter ses paroles incessantes. Si bien qu'aucun groupe n'avait réellement envie de le garder avec eux.

Balthazar fini par se retrouver à 20 ans, au service d'une grande famille de noble. Ces derniers avaient besoin d'un érudit pour travailler sur des précieux ouvrages et d'en découvrir les secrets. Avec 5 autres mages et prêtres, le pyromage accepta cette requête, riche de savoir et de connaissance. Son aisance dans le domaine du social et de la connaissance lui permis de se lier avec le patriarche de la famille. Sa dextérité avec les mots et la négociation lui permettait de donner plus de poids dans certaines démarches que demandait le chef de famille.

Les autres mages, jaloux de l'intérêt porté sur Balthazar se divisèrent en deux groupes. Un composé du prêtre de la lumière et d'une mage de la terre, s'unissaient pour essayer de prouver qu'ils étaient meilleurs que ce mage de feu affriolant. Ils étaient beaucoup plus âgé que le blanc bec et ne comptaient que par leur savoir et désir de réussir. Ils voulaient prouver à la loyale de leur supériorité.

Le second groupe était composé d'un prêtre de l'eau, une prêtresse des murmures et un mage de l'ombre. Tous les trois avaient investi cette famille uniquement dans le but d'avoir de l'argent et des profits pour leurs églises ou académies. Ils cherchaient la renommée avec le moindre effort. Contrairement au premier groupe. Bien vite, des messes basses dans cette petite entité se profilaient. Un plan contre celui qui leur faisait de l'ombre, contre Balthazar Octavius Barnabé Lennon. Ils décidèrent de surveiller chacun de ses agissements, dans le but de trouver une faiblesse dans ce mage. Quelque chose qui tâcherait dans ce magnifique tableau qu'il offrait à cette famille. Pendant des jours, cette petite équipe observa sans relâche le pyromage. Ce dernier offrait une gamme d'activité diverses et variées. Passant de la négociation à la recherche. De la lecture à la drague. Ce dernier semblait rarement dormir et surtout ne mangeait presque pas.

Jusqu'à ce fameux jour. Où une erreur avait été commise. Un manque d'inattention de la part du mage. Balthazar sentait que l'autre allait reprendre le dessus. Sans aucun avertissement.

Le pyromage s'éloigna de ses collègues pour entrer dans sa chambre et tenter de reprendre ses esprits. Conscient qu'il avait une carte à jouer, le prêtre de l'ombre usa de sa magie pour se déplacer dans les partie sombre du manoir. Jusqu'à arriver dans la chambre du Lennon. Et ce qu'il vit le terrifia.

Roulé en boule, Balthazar se tenait la tête. Il essayait d'empêcher des gémissements de sortir de sa bouche tandis que la transformation s'opérait. Des canines jaunes sortirent de sa bouche. Une paire de corne noir comme l'ébène poussa sur son front. Des écailles rougeoyantes parsemait le visage si délicat de ce mage. Les yeux virèrent au rouge également. La sueur perlait sur le front du mage qui n'avait pas prêté attention à celui qui l'épiait. Balthazar ne se concentrait uniquement sur son démon intérieur. Ayant pour but de le calmer.

Le mage de l'ombre sourit en découvrant un tel secret. Avec une grande discrétion il quitta la pièce pour aller avertir le maître des lieux. Le prévenir d'un danger imminent.

L'obscur personnage raconta une histoire inventée sur le tas : Qu'il s'agissait d'un démon envoyé pour éliminer toute sa famille. Qu'il voulait gagner leur confiance pour ensuite tous les détruire et les mages également. Il proposa de faire venir tous les mages dans la chambre du Lennon afin d'arrêter ce dernier.

Sans se faire prier, le patriarche s'exécuta. Il espérait simplement que les dire du sombre mage étaient faux, car il avait porté une grande confiance envers le pyromage. Mais ce qu'il vit confirma les dires.

Il vit Balthazar continuant de se battre contre son ennemi naturel : Lui-même. Il n'avait même pas conscience des personnes qui venaient d'entrer.

Le prêtre de la lumière fut bouleversé en voyant cela. Un de ses ennemis de toujours était présent face à lui. Immédiatement, il chercha dans sa besace une sphère magique en fer blanc, avec des ailes repliées et des serres d'aigles cachées. Il prononça quelques formules de son église invoquant le pouvoir de sa sphère. Les ailes se déployèrent. Les serres sortirent et se dirigèrent vers le frêle corps du demi-diable. Sans comprendre ce qu'il se passait, Balthazar senti sa force être aspirée par cette magie. Il poussa un hurlement à peine humain alors que la sphère se contracta sur ses bras, l'empêchant de jeter un quelconque sort. Les autres érudits se placèrent autour du demi-diable, prêt à combattre si nécessaire.

Le patriarche n'arrivait toujours pas à réaliser ce qu'il venait de se passer au sein de sa propre maison. Qu'il avait faillit détruire sa famille. Doucement, le prêtre de l'eau se dirigea vers l'épaule du chef de famille pour lui proposer un contrat.

« Écoutez seigneur. Avec ce genre de créature, nous pourrions vous créer des armes puissantes. Des soins incroyables. Des potions qui vous permettrons de vous rendre encore plus riche et plus fort. Laissez nous l'examiner, dans un coin de votre manoir qui ne mettra pas votre famille en danger. Nous nous chargeons de nous occuper comme il se doit de cet infâme hérésie. »

Balthazar reprit tout doucement conscience de son état. Son regard noisette se tourna vers le patriarche. Il avait l'allure du demi-diable que tout le monde s'imaginait. A la différence de la pitié qui pouvait se lire dans ses yeux.

Le patriarche était embarrassé. Il ne savait pas s'il était bon d'étudier un tel spécimen. Mais à la fois, il souhaitait protéger sa famille. Et si les pouvoirs du diable le lui permettait, de soigner une de ses filles souffrant d'une étrange maladie.

« Allez-y. Nous avons un mausolée au fond de notre terrain. Prenez le et venez me donner vos rapports toutes les semaines. »

Les mages et Prêtres acceptèrent l'accord et commencèrent leurs expériences dans l'endroit secret offert par le maître de maison.

Du moins, quelques érudits firent le nécessaire. Le prêtre de la Lumière n'avait pas envie de participer à ce genre d'expérience. Il les prévenait au contraire que jouer avec la magie démoniaque était fortement déconseillé. L'homme de la lumière essayait d'expliquer son avis au patriarche en informant qu'il était nécessaire de détruire le diable plutôt que de l'utiliser. Cependant le maître de la famille ne pouvait pas refuser ce genre de pouvoir. Si ce dernier pouvait lui permettre de soigner sa fille, sa descendance, il prendrait le risque. Il ne cherchait pas de grand pouvoir pour régner sur le monde, ou pour devenir plus riche. Mais juste protéger ce qui lui était plus cher.

Ainsi, le demi-diable fut enfermé dans un cachot. Derrière des barreaux créer par les érudits. Un cercle magique avait été tracé sur le sol pour l'empêcher d'utiliser ses pouvoirs. La salle était sombre. Elle sentait le renfermé et la poussière. Rare ont été les personnes à entrer dans cette bâtisse qui réunissait les membres de la famille décédée. Le maître de maison avait enterré à l'intérieur ses grands parents, ses parents, ses frères et sœurs ainsi que ses enfants. Leur famille était dit-on maudite. Une sorte de maladie rongeait les membres dès leur plus jeune âge. Ceux qui avaient pu survivre ne vivait pas très longtemps après avoir donné naissance à leur enfant. Les grands parents avaient juste eu le temps de découvrir le visage de leur petits fils qu'ils ont péri en même temps que leur enfant. Puis sa propre famille. Ses fils et filles. Aucun n'avait survécu. Ce n'était plus qu'un monument de larme et de tristesse pour cet homme qui avait tout perdu.

Alors quand l'unique espoir de guérir sa descendance lui était offerte. Il ne pouvait pas résister à la tentation. Et Balthazar le savait parfaitement.

Allongé sur le sol, ayant une apparence mi-humaine, mi-démoniaque, le pyromage observa les alentours. Il n'y avait même pas un lit pour s'allonger. Juste un morceau de tissu obscur posé au coin de la pièce. Un bol en bois abîmé était visible avec un peu d'eau à l'intérieur. Était-elle croupi ? Ou saine ? Balthazar n'en savait pas plus. Il vit un petit morceau de pain à côté de ce dernier. Symbole de son repas du soir et des futurs.

Relevant la tête le demi-diable vit un faible rayon de lune qui traversait un carreau brisé du mausolée. L'endroit était plongé dans le noir et le silence dans le monument aux morts. Ou plutôt de la prison du diable.

Balthazar tenta de se rasseoir dans une position fœtale pour essayer de réfléchir. Il sentit cependant la sphère toujours agir sur lui. La douleur pulsa à l'arrière de son crâne et dans son dos. L'objet magique l'empêchait d'utiliser ses bras et ses mains. Doucement, avec l'aide de ses jambes il prit appui sur le sol pour ramper jusqu'au mur. Il frotta son épaule contre le coin de l'angle du mur. Il poussa avec ses pieds contre l'une des parois pour s'asseoir un peu plus convenablement et apercevoir dans l'obscurité le sort qui lui était réservé.

En face de lui, durant cette nuit, le rayon de lune tournait. Il laissa voir des instruments ésotériques et enténébrés. Des pinces, des cisailles et des objets de torture les plus sordides les uns que les autres.

Balthazar frissonna. Les images que son esprit lui montrait l'inquiétait au plus haut point. Le mage savait qu'il allait souffrir. Mais pendant combien de temps. Qu'allaient faire ces érudits ? Le tuer ? Le travailler sans relâche.

Aux lueurs des premiers rayons du soleil, il s'éveilla. Il avait réussi à dormir une partie de la nuit. Il du changer de position toutes les dix minutes, sinon les douleurs devenaient insupportables et l'assaillaient pendant des heures. Le cerveau engourdi des pires images que le monde ait pu lui donner, Balthazar entendit des pas au sein de cet endroit sacré. Des chuchotements, puis finalement l'apparition des érudits. Les mages et prêtres qui l'avaient aidé. Sauf celui de la lumière : Gabriel.

Commença alors les pires instant de vie du pyromage.

Les douleurs, les pleurs, les cris s'intensifiaient tous les jours. Des séances de tortures. Des examens de toute sortes.

Ils lui avaient extrait du sang pour l'analyser. Échantillonné des larmes pour l'observer. Attrapé tout liquide : Sueur, crachat, vomissement, urines, défécation. Tout était analysé afin d'enrichir leur savoir. Certains auraient aimé le disséquer pour découvrir ce qu'il y avait au plus profond de ses entrailles. Cependant, le mage de l'ombre refusait. Prétextant qu'il fallait tout essayer avant de lui ouvrir le ventre.

Les journées, les semaines, les mois, des années mêmes passèrent dans cette nuit noire. Horrible et terrifiante. Le pyromage n'était plus que l'ombre de lui même. Tous les jours, une petite voix lui susurrait : Laisse moi prendre ta place.

La réponse du mage était la même : Non. Je refuse.

Il pouvait en effet laisser parler le diable. Deux choses l'en empêchaient.

En premier : La sphère magique qui lui conservait les bras paralysés. Même si le diable se réveillait, la magie viendrait lui aspirer toute son énergie et finalement, il périrait sous sa propre puissance.

En second : Le respect qu'il avait envers le maître de la maison. Il n'avait pas pitié de lui. Non, Balthazar avait entendu l'histoire de ce dernier et de sa famille. De se qu'il faisait pour essayer de les soigner. Il avait entendu parfois dans les journées les plus calme, les jours où le maître de maison recevait des invités, les enfants jouaient dans le jardin. Il entendait les rires de ces derniers. Il avait écouté les paroles des comptines d'une jeune fille disant : "les larmes d'un ange m'a sauvé. Et ceux sont mes ancêtres qu'il faut remercier. Car il s'est sacrifié. Et s'est enfermé dans cette pièce pour l'éternité."

La petite fille avait déjà essayé de regarder au travers de la vitre cassée. Elle avait appelé son dit ange. Mais Balthazar n'avait pas assez de force pour lui répondre.

Au final, sa souffrance servait réellement à quelque chose. Il pouvait supporter certaine torture. Sauf peut être le lit de Slime.

C'était la torture préféré du prêtre de l'eau.

Un slime était étendu en forme d'un rectangle pouvant accueillir le mage. Le manipulateur d'eau le posait délicatement sur le corps du slime. La créature commençait à poser ses ventouses gluantes sur le frêle corps, squelettique même de Balthazar. Ensuite, le prête d'eau ajoutait un autre slime de la même forme pour recouvrir le dessus du corps du demi-diable. Tout doucement, il fit descendre. Le Slime se fondit sur les formes du mage. Ce dernier sentait la sussions des créatures gélatineuses en plus des mauvais traitements du prêtre. Fouet. Glace, pic. Tout y passait. Ses cris étaient étouffés par le slime au dessus. Sa respiration était difficile. Presque impossible. Parfois, il s'étouffait même par le liquide visqueux sécrété par les créatures. Les larmes de douleurs venait saler le corps de ces deux infâmes slimes. Balthazar maudissait ce prêtre de l'eau qui était entrain de se réjouir de son malheur, de sa souffrance.

Alors qu'il était à la limite de la mort, le prêtre le libéra. Il lui prit les cheveux pour l'entraîner vers une bassine d'eau. Une fois que le mage reprenait conscience et retrouvait une respiration un peu stable, il y plongea sa tête à l'intérieur. Le mage tenta de se débattre, de s'enfuir de cette torture supplémentaire. Il n'en pouvait plus. Il voulait qu'on l'achève. Il voulait que tout s'arrête.

Après s'être délecté de la souffrance du diable et des richesses obtenues par le savoir, le prêtre enfermait à nouveau le mage dans sa cellule. Jusqu'à la prochaine séance.

Balthazar en avait assez. Il désirait tardivement mourir. Il aurait aimé voir une dernière fois le visage de sa mère. Sentir sa douce main caresser sa joue. Lui sécher ses larmes. Sentir sa chaleur. Sa force et son courage. Le demi-diable aurait aimé se blottir dans les bras de son père adoptif et de se sentir en sécurité. Cela faisait 4 ans qu'il était enfermé et traité d'une manière horrible. Pire qu'un animal. Il sentait les effluves nauséabonds qui émanaient de la créature misérable qu'il était devenu.

24 ans. Il venait tout juste d'avoir 24 ans. Un âge que son père : Enoch, n'aurait jamais pensé voir arriver pour son rejeton. L'idée de voir son géniteur lui provoqua des frissons. Même lui n'était pas venu le retrouver. Le sauver. Il était seul au monde. Sa seule compagne était sa tristesse. Il n'avait plus d'espoir, plus de raison de s'imaginer un avenir.

Soudain, en cette journée particulière, le pyromage entendit le bruit de la clé ouvrant la porte du mausolée. Il tressaillait face à ce son. Une nouvelle fois, il s'attendait à une avalanches de coups, de tortures, mêlés d'injures et d'humiliation. Mais c'étaient des pas qu'il n'avait pas l'habitude d'entendre. Un rythme doux et paisible. Également hésitant.

Il vit une douce lueur luire d'un bâton devant sa cage. Ce n'était pas la silhouettes des mages ou prêtres que d'habitude. Les autres avaient l'habitude d'utiliser des torses et de déposer des cendres sur son corps frêle. Là, la lueur était magique. Ses yeux habitués à l'obscurité eu besoin d'un petit temps d'adaptation, avant de voir le prêtre de la lumière.

Balthazar n'essayait pas de modifier sa position. Rien ne pouvait changer le cours des événements. Il avait l'intention de subir son châtiment avec dignité. Sans chercher à se défendre.

Le mage l'observa. C'était un homme légèrement plus âgé que lui. Le crâne chauve. Le regard empli de pitié pour lui. Il avait une carrure impressionnante et était plus grand que le mage quand il était debout. Le prêtre souffla quelques mot, ouvrant la grille pour qu'il puisse y pénétré. Il avait apporté un panier avec lui qu'il déposa au sol.

Doucement, le prêtre se dirigea vers le diable et fit luire une étrange lumière de ses mains, soignant quelques cicatrices.

"Je ne voulais pas cela. Je suis certes en guerre contre les démons. Mais là. Ce n'est plus humain. J'ai l'impression que le monstre ce n'est pas vous."

Le mage lâcha des larmes de joies face à ses premières paroles douces prononcées à son égard depuis ses années d'enfermement. Et cela venait de la personne dont il s'attendait le moins.

"Je m'appelle Gabriel Chevillard. Je vais parler pour vous au propriétaire de cette maison. Cela a trop duré. Je ne peux pas vous délivrer maintenant. Je n'ai pu apporter qu'une soupe chaude et de quoi boire."

Le prêtre attrapa le demi-diable dans ses bras, toujours entravé par cette sphère qu'il avait lui même lancé. Certaines personnes en lien avec la lumière pouvaient le libérer de ses entraves. Mais il n'avait pas le droit de le faire tant qu'il n'avait pas eu l'autorisation de son maître. Doucement, Gabriel prit des cuillerées pour donner la becqueté au mage. Ce dernier pleurait de joie. Sa souffrance allait peut être s'achever. Il avait cru qu'il allait le tuer. Qu'il allait lui dire qu'il était une hérésie. Il était heureux de se sentir reconnu comme un être vivant.

Entre deux cuillères, le mage posa sa tête contre le torse de Gabriel. Le prêtre vit un regard suppliant, beaucoup de tristesse et de reconnaissance envers cet homme. Doucement, avec le peu de force qu'il avait dans ce corps squelettique, il tentait de parler mais ne produisit qu'un faible chuchotement. Dès les premières nuits de captivités il s'était cassé la voix à force de torture :

"Si vous n'y arrivez pas. Je vous en prie. Achevez moi. Je préfére encore mourir que devoir subir encore plus de torture."

L'homme de foi en la lumière resta silencieux face à cette demande. Il n'avait pas imaginé qu'un jour un demi-diable lui fasse une telle demande.

"Non, vous allez vivre. Je vais vous sortir de là !"

"Mais...S'il vous plaît. Promettez moi de m'éliminer si je ne peux pas. Je vous en prie !"

Malgré ses cordes vocales brisées, dans ce murmure il y avait tant de tristesse, de fatigue, de larmes emplies de désespoir. Gabriel eu pitié pour ce petit bout d'homme. Oui, ce n'était pas le diable que son église avait décrit. Ce n'était plus lui le monstre. Avec une grande délicatesse, Gabriel prit dans ses bras le pyromage. Il lui tapota le dos et lui murmurait :

"Je vous le promets."

Balthazar laissa couler des larmes, rassuré. Avant d'ouvrir les yeux et de sentir un liquide chaud couler sur son dos. Devant lui venait d'arriver le prêtre d'eau. Il tenait dans ses mains un couteau ensanglanté. Une immense blessure était visible dans le dos du prête de la lumière qui lâcha un râle de douleur. Le diable montra les crocs vers cet individu qui n'avait plus rien d'humain.

Ses yeux reflétaient toute la folie de l'être humain. Peut être plus sordide que celle du démon qui était en lui.

"Vous ne sortirez plus jamais de ce mausolée. Vous serez détruit par ce que vous avez voulu délivrer. Démon mange cet homme ! Nourrit toi de son sang."

"JAMAIS ! " Gémit Balthazar la voix fragile en larme, tout en essayant de réchauffer du mieux qu'il le pouvait le corps de Gabriel.

Ce dernier s'accrocha au diable. Il écoutait son cœur.

Soudain, un coup de fouet frappa le visage du diable. Ce dernier n'émit aucun gémissement de douleur. Même s'il était marqué par cette sanction, il ne détourna pas le regard vers le prêtre de l'eau.

"Petit insolent. Tu vas me le payer. Ta soif de sang va se réveiller plus tôt que tu ne le pense. Profite de ton dernier souffle Chevillard. Tu va bientôt être dévoré."

Sous un rire maléfique, le prêtre de l'eau parti rejoindre les autres mages à l'extérieur. Gabriel tenait toujours fermement le diable dans ses bras. Les larmes coulaient sur les joues des deux hommes.

"Tenez bon ! Le maître de cette maison va sûrement s'apercevoir de votre absence et il viendra vous chercher. Même s'il doit me tuer, il viendra vous sauver !"

Le prêtre de lumière sourit. Il aurait voulu que tout ce qui était dit par le démon soit vrai. Mais il sentait que la vie s'échappait de son corps.

"Je crains qu'il soit trop tard. Je m'en veux de ne pas avoir été assez vigilant. De ne pas avoir su vous aider."

"NE DITES PAS CA !" Pleurnicha le diable en observant le regard de Gabriel.

Les yeux du prêtre se remplissaient de larmes. Il n'avait pas envie de mourir également. Il sentait que la fin était proche. Gabriel commençait à tousser du sang en abondance.

"Cet imbécile...Ignore le fonctionnement de mon église. A ma mort...Ils le sauront. Ma lumière va s'éteindre. Ils vont venir demander des comptes. Avant cela...Je vais vous délivrer."

Le prêtre cracha à nouveau un jet de sang sur le sol tandis que son bras avançait faiblement sur le torse du mage. Une légère lueur émana de ses doigts.

Hélas, la blessure était telle que le moindre déplacement, affaiblissait le prêtre. Ce dernier n'arrivait pas délivrer celui qu'il était venu sauver. Ses yeux s'embrumèrent. Son corps se refroidissait.

"Non...NOOON ! NE VOUS ENDORMEZ PAS ! GABRIEL !" siffla le diable.

"Pardon...Balthazar..." souffla le prêtre avant de sombrer dans le plus profond des sommeils.

Les bras de Morphée s'étaient refermé à jamais sur lui. Sa lumière ne se réveillerait plus. Il ne viendrait pas aider le diable dans ses derniers instants.

Des larmes coulèrent sur les joues du pyromage. Une souffrance intense. Une crise de folie, de peur. Il se promit de venger ce prêtre. De lui faire payer au triple ce qu'il avait infligé à lui et à Gabriel Chevillard. Il se promettait qu'un jour, l'église de la lumière serait au courant de l'affaire. Quitte à périr sous ses lames.

Pendant des heures, le mage continua de prier pour le repos de ce prêtre si compréhensif. Tel une princesse qui souhaite être délivrée de sa tour de verre gardée par un dragon.

Les rayons du soleil laissa place à ceux de la lune. Balthazar n'entendit pas dans le jardin les cris et les supplications du maître de maison. Il ne s'en aperçu que lorsqu'un homme de grande taille et musclé apparut devant les grilles.

"Alors, c'est lui le diable ? C'est se qui a de plus précieux dans cette maison. Ce qui fait la richesse de ces mages ?" sourit l'homme.

Rapidement, le prêtre de l'eau arriva à son tour, invoquant ses pouvoirs pour faire face à l'individu qui avait osé entrer dans son antre de recherche.

"Il est à moi ! Vous n'avez pas le droit d'entrer dans ce mausolée !"

"Au contraire. Le maître de cette demeure m'a laissé toust les pouvoirs. En échange de sa vie et de celles de ses proches. Je peux m'accaparer tout se que je souhaite. Richesse. Pouvoir. Les terres également. Mais cela n'est rien face à ce diable." sourit le mercenaire en attrapant le visage de Balthazar entre ses doigts.

"JE NE VOUS LAISSERAI PAS PRENDRE MA DÉCOUVERTE ! MA RICHESSE ! C'EST A MOI !" hurla le prêtre avant de vomir du sang. Il observa ses vêtements. Une immense tâche était apparue, ainsi qu'une lame qui avait traversé son corps.

Le mercenaire sourit, ses camarades venaient de le rejoindre et d'éliminer le dernier résistant dans cette équipe de mage.

"Vous n'êtes pas comme cet homme." disait le chef des mercenaires en parlant du propriétaire du manoir. "Je lui ai proposé de partir avec de quoi vivre. De quoi partir avec sa famille. En échange, je m'accapare de tout ce qu'il a construit comme bien matériel. J'aurai pu l'éliminer. Mais à quoi bon se salir les mains, quand l'autre vous propose de tout récupérer. Apparemment, il ne voulait plus de ce lourd héritage. Il ne voulait plus entendre les plaintes du diable que vous torturez dans les limbes de ce mausolée. Je vais accomplir son souhait. Je vais me le récupérer. Le vendre. Puis revenir ici avec mes hommes. On vendra tout ce que l'on pourra. On deviendra riche. Et oui, prêtre de l'église de l'eau. Vous étiez trop accaparé par vos recherches, que vous n'aviez même pas vu que certains se sont intéressés à vos remèdes miracles. A vos richesses. Vous avez tellement déballé votre savoir. Vous vous êtes montré au devant de la scène. Et maintenant, nous récupérons votre résultat."

Le prêtre de l'eau s'effaça de la surface de la terre en un souffle. Le chef des chasseurs de primes se dirigea à l'intérieur de la cage. Il observa un cour instant l'homme qui était affalé, sans vie aux côtés du diable. Il le retourna et attrapa un médaillon. Celui du représentant de l'église de la lumière.

"Bon, au vu du coup qu'il a prit, je ne crois pas que le petit paquet d'oseille nous l'a tué. Bah, on va modifier un peu la vérité à l'église de la lumière. On va dire que c'est toi qui l'a éliminé. Ils vont être content. Nous donner un belle somme d'argent pour t'avoir récupéré et peut être un bonus si on doit t'éliminer."

Sans aucune précaution, le mercenaire fit signe à ses hommes d'attraper Balthazar. Ces derniers lui tirèrent les cheveux pour le ramener dans lacharrette.

C'était ainsi qu'il s'était retrouvé dans cette carriole. Depuis maintenant des semaines. Il n'avait pas pu manger. Parfois il avait le droit à quelques goûtes d'eau. Rien de plus.

Le demi-diable maudissait ses humains qui l'avaient prit comme un gibier. Qui se régalait à l'idée de pouvoir le vendre comme une bête à une enchère. L'église de la lumière le pourchassait pour le crime de sa naissance et le fictif crime contre Gabriel Chevillar.

Une larme coula légèrement sur le visage du diable. Qu'allait-il devenir ? Il connaissait les souffrances qu'on pouvait lui infliger. Il préférerait encore mourir sous l'épée d'un paladin de la lumière que pour de l'argent.

Soudain la charrette s'arrêta brusquement. Un hurlement imposant et terrifiant se fit entendre. Le sol semblait trembler sous les pieds des chasseurs de primes. Habitués à combattre, les hommes prirent les armes pour se mettre face à leur nouvel adversaire. Balthazar resta seul dans la carriole.

Au début, il entendit des ordres provenant du chef de la bande. Puis des cris strident. Des coups donnés dans l'air. Des bruits d'arbres se fracassant. Puis l'odeur du sang qui lui parvient aux narines. Bien qu'épuisé, Balthazar sentait qu'il était en danger. Il rampait du mieux qu'il le pouvait jusqu'au bord de la carriole. Penchant la tête vers l'extérieur, il découvrit un de ses geôliers le ventre ouvert par les griffes d'un immense dragon violet. Visiblement une mère en colère contre ces hommes qui lui avait volé un oeuf.

Les stupides humains essayèrent de vaincre la terrible créature qui lançaient ses flammes magiques contre leurs pathétiques armes.

Voyant que l'attention de ses hommes étaient davantage tourné à leur survie plutôt qu'à leur butin, Balthazar tenta de se remettre sur ses deux jambes. Bien qu'épuisé, maltraité durant tout le voyage, blessé, il se mit debout. Chancelant il se mit à courir dans la forêt.

Dans les ténèbres profondes, il s'enfonçait courant avec l'énergie du désespoir. Il connaissait la sphère et savait qu'il ne pourrait s'en défaire que par le biais d'un paladin de la lumière. Un des hommes qui les pourchassait. Quitte à mourir. Il voulait au moins mourir proprement.

Il courait du mieux qu'il le pouvait. Il entendait autour de lui des créatures qui le chassait. Elles avaient senti le sang qui coulaient de ses plaies. Les larmes coulaient des yeux du demi-diable. Il était à nouveau poursuivi. Il était le bas de la chaîne alimentaire. Les chiens errants étaient à ses trousses pour se nourrir de sa chair.

L'adrénaline lui permettait de courir encore quelques kilomètres. Il ne savait pas comment il avait évité les crocs d'un premier animal. Il ne senti pas l'haleine de l'un d'entre eux qui failli lui bondir dessus. Il n'était qu'obnubilé par une idée. Sortir de ce cauchemar. Ne pas mourir comme un animal.

Et puis soudain, Balthazar se prit les pieds dans une racine. Il tomba au sol. Rampa du mieux qu'il le pouvait.

Il était fini. Les créatures l'entourait.

Quand soudain. Un homme passa au travers les feuillages, armés d'un arc et de flèches gelées. Une dizaine de morceaux de glace se plantèrent dans le cou des animaux. Un bras métallique fit rugir la terre faisant perdre l'équilibre pour d'autre d'entre eux.

A bout de souffle, à demi-conscient Balthazar vit soudainement une lueur tamisé éclaircir les lieux. Une lueur qu'il n'aurait jamais pensé revoir. Celle d'un paladin de la lumière. Bouclier armé dans la main gauche, l'épée dans la main droite, il se mit à charger les créatures.

Les yeux tout doucement se fermèrent, en voyant cet étrange spectacle. Les créatures fuyaient. Balthazar souriait en pensant qu'il ne mourrait pas comme un vulgaire bétail. Il aura au moins la chance de mourir sous les honneurs. Ses dernières pensées se tournaient vers Gabriel Chevillard.

Les yeux clos, le mage pensait que sa fin était venu et l'accepter tel qu'elle était.