Dans celui là tout est à moi je crois…lol ! Merci pour toutes vos rewiews Je galère pour le chapitre 4 alors je ne vous promets pas qu'il y aura une mise à jour bientôt. Par contre ghost sera mis à jour dans la semaine.
Chapitre3 :
La première chose que Sam distingua en ouvrant les yeux fut les visages inquiets de ses trois coéquipiers. Dans le brouillard qui semblait danser devant ses yeux, elle nota que la pâleur qui s'étendait sur les joues du colonel était inhabituelle et que lui aussi semblait être pris de nausée. Ce qui, dans la mesure où il était penché sur elle, ne la rassura pas. Elle chercha à se relever mais ses membres étaient engourdis et lourds.
« Ca va, Sam ? »
Daniel lui écarta doucement les mèches rebelles qui étaient retombées sur son visage. Elle cligna des yeux, espérant que ça dissiperait le voile blanc qui dansait devant ses pupilles. Que s'était-il passé, déjà ? Elle dût chercher quelques secondes avant que ça ne lui revienne en mémoire en rafale. Le vortex, Daniel et ses explications assommantes, le pré, l'inconnu qui avait disparu aussi vite qu'il était arrivé, le chêne, les soldats, l'homme en noir, puis à nouveau le vertige, le flash, l'autre homme, celui qui la terrifiait autant que ce prétendu chevalier…Willem…
Apparemment rassuré sur son sort, le colonel s'écarta et s'assit à côté d'elle. Le sol ploya sous elle, tandis qu'il prenait sa tête entre ses mains et posait ses coudes sur ses genoux. Tactique que Janet leur avait enseignée pour faire passer la nausée, suite à une soirée beaucoup, beaucoup trop arrosée.
La disparition du colonel de sa vue eut le mérite de lui laisser voir ce qui l'entourait. Ils n'étaient plus dehors et la raison pour laquelle le sol bougeait sous elle, c'était parce qu'elle était sur un lit au matelas très, très mou. Elle se redressa lentement, s'adossant sur les nombreux coussins dans son dos.
« Doucement, Sam. Vous nous avez fait plutôt peur. »
Sa bouche était trop pâteuse pour qu'elle cherche à répondre à Daniel, dont le regard désapprobateur se posa sur le colonel, toujours courbé en deux. Sam profita de l'intermède pour détailler ce qui l'entourait. Ca n'avait rien d'un donjon. Si c'était comme ça que les prisonniers étaient traités ici, elle n'avait rien contre. Luxueusement meublée, la chambre dans laquelle elle se trouvait était composée d'imposants meubles de bois noir. Les murs, qu'elle supposait faits de pierres, étaient recouverts d'une épaisse tenture rouge. L'ensemble était assez oppressant et elle se sentit brusquement devenir claustrophobe.
« Qu'est ce qui vous arrive à tous les deux ? ! »
Jack se contenta de grogner tandis que Sam haussait péniblement les épaules. Daniel leva les yeux au ciel avant de se tourner vers Teal'c.
« Vous croyez qu'ils pourraient avoir la grippe ? »
Le Jaffa se contenta de leur jeter un regard dubitatif, tandis que sa bouche s'étirait vers le bas. Il était clair pour Sam qu'il se doutait que la jeune femme et son supérieur cachaient quelque chose. Décidant qu'il était temps de créer une petite diversion, la jeune femme s'adressa à l'archéologue.
« Daniel ? Non pas que je me plaigne, mais je m'attendais à une pièce sombre et humide pas…à ça ! »
Elle désigna la pièce d'un geste vague de la main. Daniel remonta ses lunettes sur son nez, un sourire moqueur aux lèvres.
« Apparemment, vous avez tapé dans l'œil du Chevalier. Après votre malaise, il a demandé que l'on vous porte dans une chambre. Je ne pense pas qu'on était invité mais Jack a bien fait savoir que s'il vous séparait du groupe, il allait s'énerver. » Daniel se tourna vers le colonel, son sourire devenant franchement goguenard. « Quoiqu'à part lui vomir dessus, il n'était pas en état de faire grand-chose d'autre, si vous voulez mon avis. Bref, on nous a parqués ici en attendant. » Il hésita quelques secondes, puis décida que visiblement elle était en état d'encaisser une petite plaisanterie. « Félicitation, Sam, vous avez une touche. »
Sam lui tira la langue. S'il voulait la jouer puérile, elle allait la jouer puérile. Jack grogna, avant de lui faire signe de se décaler. Elle s'exécuta, constatant avec soulagement que son estomac restait en place. Son supérieur s'étendit à ses côtés et plaça un bras sur ses yeux, sans doute pour se protéger de la lumière. Une fois installé, il se mit à bougonner.
« C'est quand même incroyable, Carter. Maintenant que Daniel s'est calmé sur les conquêtes intergalactiques, vous prenez le relais. »
Elle évita de dire que cette conquête ci, elle s'en serait bien passé. En fait, elle évita carrément de répondre. Sa proximité inhabituelle la mettait mal à l'aise, particulièrement parce qu'ils étaient tous les deux couchés dans un lit. Le fait qu'ils soient tous les deux malades et que leur deux meilleurs amis étaient en train de les fixer d'un œil soupçonneux n'empêcherait pas longtemps son imagination de se mettre à galoper.
« Bon, alors ? »
Le regard de Sam se posa sur Daniel alors que Jack ouvrait un œil pour faire de même. Elle nota qu'il avait retrouvé ses couleurs et que c'était forcément bon signe.
« Alors quoi, Daniel ? »
N'importe qui se serait arrêté devant le ton ferme du colonel. N'importe qui sauf le docteur Jackson, éminent linguiste qui rata l'avertissement muet.
« Et bien, si Sam avait été la seule à être malade, j'aurai dit qu'elle était enceinte. A moins que vous, vous ne fassiez une grossesse nerveuse ? »
Sam manqua s'étouffer, tandis que Jack se redressait brutalement, faisant au passage tanguer le lit. Elle l'admira néanmoins pour son audace, malgré son indignation, elle n'était pas prête à jouer au pantin qui sort de sa boîte.
« Carter n'est pas enceinte. » Il se retourna vers elle, alarmé. « Vous n'êtes pas enceinte ? »
Sam leva les yeux au ciel, soudainement agacée par la discussion. Au lieu de nier poliment, elle décida de passer ses nerfs à la fois sur son supérieur et sur l'archéologue.
« Et qui m'aurait mise enceinte, exactement ?! Casper ?! »
Avec ça, elle croisa les bras sur la poitrine et s'enfonça dans un mutisme prononcé. Ils la connaissaient assez bien pour savoir que, maintenant, elle était en rogne et qu'ils auraient du mal à la calmer. Par idée de justice et parce qu'elle n'avait pas envie de se morfondre toute seule, elle décida que Teal'c serait tenu hors de cette histoire. Après tout, lui ne faisait pas de réflexion stupide sur sa vie amoureuse.
« Hé ! Pas la peine de me crier dessus, c'est Daniel qui fait des blagues stupides ! »
Le jeune homme haussa les épaules. « Je remarque que vous n'avez pas nié la grossesse nerveuse. »
Le colonel fronça les sourcils. « Daniel ! »
« Jack. »
« Daniel. »
Ce petit jeu là aurait pu durer longtemps si, agacée, Sam ne s'était pas levée d'un bond et n'avait pas sauté hors du lit. Indifférente au silence qui accompagnait ses moindres mouvements, elle se dirigea vers la petite fenêtre qui s'ouvrait dans le mur. Cette cité était peut-être d'apparence médiévale mais, apparemment, elle connaissait l'usage des vitres. La jeune femme mourrait d'envie de l'ouvrir et respirer l'air pur qui chasserait à coup sûr la confusion de son esprit. Malheureusement, le système d'ouverture ne lui était pas familier et elle ne tenait pas à détruire le mobilier.
Perturbée, elle se contenta donc d'observer le paysage lointain. Comme elle l'avait supposé, au vu du panorama, ils se trouvaient dans le palais, sur le plus haut des niveaux. Elle ne savait pas pourquoi elle avait réagi avec tant de violence à la plaisanterie de Daniel. Oui, la réponse du colonel l'avait énervée dans le sens où il savait très bien qu'elle n'était pas enceinte. Et avec un peu de jugeote, il n'aurait pas posé la question. Ca faisait des années qu'elle n'avait pas eu de relation qui ait duré plus d'une nuit ou de quelques jours. Et il savait très bien pourquoi, qui plus est.
Elle posa son front contre la vitre froide. Elle savait qu'elle devrait probablement se retourner et sourire à ses amis, faire comme si de rien n'était. Le silence pesant qui l'entourait laissait deviner sans mal qu'ils étaient en train de l'observer, s'auto regardant en essayant de déterminer si l'un d'entre eux savait ce qui lui arrivait. Il était rare qu'elle se mette en colère, particulièrement quand il s'agissait d'une plaisanterie. Oui, mais voilà, son esprit était engourdi par ses étranges visions dont elle ne comprenait rien. Qui était cette Aude, qu'elle semblait incarner dans chacun de ces rêves ? Et pourquoi cette sensation que tous ces personnages lui étaient si familiers ? Joffrey…Dar'ch…Aude…Ces prénoms tournaient dans sa tête, formant une ronde mortelle dont elle ne savait rien. Pourtant, c'était là. A portée de main. Il lui suffirait de forcer un peu plus pour comprendre…
Une main se posa gentiment sur son épaule, l'écartant de la vitre. Elle n'eut pas besoin de regarder pour savoir que c'était son supérieur. Ce qui l'étonna, en revanche, c'est qu'il ne mit pas plus de deux secondes à actionner le mécanisme d'ouverture. Il n'avait même pas hésité alors que celui-ci se composait de plusieurs poignées et de minuscules poulies. La fenêtre bascula en position ouverte et un petit vent frais pénétra dans la pièce, balayant l'odeur résiduelle d'humidité. Elle le dévisagea, incrédule. Comment avait-il pu faire marcher ce truc sans même avoir pris la peine de réfléchir une seconde ? Pour simple réponse, il haussa les épaules, une lueur espiègle dans le regard. L'espace d'une microseconde, l'image de Joffrey plana devant les yeux de Sam, puis le bruit distinct d'une porte, qui aurait grandement besoin d'huile, en train de s'ouvrir la coupa dans sa réflexion.
Le chevalier Willem de Bleunwenn se tenait dans l'encadrement de la porte. Un nouveau détail sauta aux yeux de Sam, envoyant un frisson le long de sa colonne vertébrale. S'il était toujours vêtu de noir, l'armure souple et fine qu'il portait et qui couvrait simplement sa poitrine correspondait point par point a l'uniforme du chevalier de son rêve. Bien sûr, il s'était présenté en tant que tel, mais elle n'était pas sensé connaître les coutumes vestimentaires de Rivalen.
Les yeux sombres se posèrent sur elle et, une nouvelle fois, elle frissonna. Elle se savait physiquement trop proche de son supérieur. Certes, la situation précédente justifiait cette proximité mais, sous le regard de Willem, elle se sentait coupable. Comme si elle n'avait pas eu le droit d'être là, comme si elle avait dû se tenir à des mètres de tout homme, comme si elle était infidèle. Mais infidèle à qui ? A quoi ? Incapable de supporter plus longtemps, seule, le poids de ce regard, elle se rapprocha légèrement du colonel. Leurs épaules se touchaient à présent.
Daniel parlait. Elle entendait sa voix sans comprendre ses paroles, trop occupée à dévisager le nouveau venu. Elle avait conscience que le comportement du colonel était identique au sien. Il avait lentement décalé son épaule de façon à se trouver légèrement devant elle, prêt à la défendre de son corps en cas d'attaque. Lui aussi étudiait l'homme sans rien dire. Le regard de Willem, quant à lui, se baladait de Carter à Jack, agacé visiblement par ce qu'il voyait. Si son visage restait impassible, au même titre que Jack, tout dans son attitude prouvait qu'il était sur ses gardes.
Sam, elle, était tout sauf sur ses gardes. Elle était terrifiée. Cet homme la paralysait littéralement. Sa respiration était courte et rapide et elle était certaine que si cette bulle qui semblait les emprisonner tous les trois n'explosait pas bientôt, elle allait faire une crise d'angoisse.
Daniel s'était tu maintenant. Lui aussi observait la scène avec curiosité. L'archéologue échangea un regard avec Teal'c, conscient qu'il se jouait là quelque chose qui les dépassait.
Enfin, le chevalier détourna les yeux et fit quelques pas dans la pièce, inclinant brièvement la tête en direction de Jack. Sam se relaxa à l'instant même où son regard quitta son corps. Elle se sentit stupide de s'être laissé dominer aussi facilement par sa peur. Depuis quand Samantha Carter agissait-elle comme une damoiselle en détresse ?
« Major Carter, je suis ravi de voir que vous allez mieux. Le soleil de Rivalen est traître pour celui qui n'en a pas l'habitude. »
Sam se força à sourire poliment, sans ouvrir la bouche. L'excuse du soleil était facile mais inexacte. Elle le savait, et elle était certaine qu'il le savait aussi. Tout comme le colonel. Ignorant toujours Daniel et Teal'c, Willem alla se placer devant Jack.
« Le Roi a accepté de vous recevoir à sa table. Vous êtes désormais les invités de Bra'hm de Rivalen. Sachez-vous en montrer digne. »
Sam crut percevoir une ironie moqueuse sous les propos, mais elle n'en comprit pas le sens. Il tourna ensuite son regard acéré vers elle, et un sourire torve vint déformer ses lèvres. On aurait dit un rapace. L'image qui s'imposa à Sam quand elle vit ses lèvres s'étirer était celle d'un oiseau de proie fonçant vers une pauvre souris. Il était évident qu'elle jouait le rôle du mulot.
« Ma Dame, » Il inclina lentement la tête sans pour autant lâcher ses yeux. « Je sais bien que là d'où vous venez, vous vous plaisez à surveiller les arrières du colonel, et je ne doute pas qu'il apprécie, mais ici, les femmes restent à leur place. »
Un regard de côté vers le colonel suffit à la convaincre qu'il était à deux doigts de sauter sur cet individu pour lui faire ravaler sa superbe, même Teal'c semblait insulté pour ses deux amis. Daniel, lui, se contentait d'attendre, les lèvres pincées, qu'arrive l'inévitable. Il était clair pour tous qu'à cet instant, Jack n'avait qu'une seule envie, balancer son poing dans la mâchoire du chevalier. Sam devait reconnaître que le sous-entendu était beaucoup trop appuyée pour qu'elle puisse faire comme si de rien n'était. Elle avait néanmoins l'impression fugace que Willem cherchait délibérément à les provoquer de sorte que, justement, l'un d'eux face l'erreur de l'affronter. Elle posa donc une main restrictive sur le bras de son supérieur.
L'échange muet dura à peine une seconde, assez pour que Sam lui fasse comprendre que ça n'en valait pas la peine. Comme a regret, Jack reporta son attention vers l'homme, son visage figé dans une expression indéchiffrable. Elle aurait détesté ça en tant normal. Qu'il la défende comme si elle n'était pas capable de le faire elle-même. Mais là…Elle ne savait pas. Elle avait l'impression ténue que c'était normal. Que c'était ainsi que les choses allaient depuis le début. Le début de quoi ? C'était la question à 100 000 dollars.
« Vous trouverez donc des vêtements plus convenables à une Dame de votre importance dans votre armoire. Tant que vous serez à Rivalen, le Roi attend de vous un comportement digne d'une Dame de la cour. En remerciement de sa générosité, il exige que vous respectiez nos coutumes. »
Par vêtements, elle supposait qu'il parlait robe. Elle grimaça d'anticipation. A tous les coups, les robes s'additionneraient de corsets et de crinolines…Willem se retourna vers les autres et désigna d'un geste les quatre serviteurs qui se tenaient dans l'entrebâillement de la porte, jusque là invisibles.
« Ces serviteurs vont vous mener à vos appartements privés. Vous disposerez chacun d'une chambre individuelle et de tous les honneurs qu'être invité du Roi apporte. »
Willem marqua une pause, un nouveau sourire sarcastique naissant sur ses lèvres tandis que son regard revenait vers Sam. « A moins que votre fonction ne vous oblige à partager les vôtres avec le Colonel O'Neill, naturellement. »
Sam était certaine que Jack avait ouvert la bouche, refusant d'entendre d'avantage d'insinuation sur son compte. Cependant, elle fut plus rapide, une fureur soudaine envahissant chaque parcelle de son être. Elle haïssait cet homme. Elle le haïssait. Sa voix ne trembla pas, ne montra pas le moindre signe d'émotion.
« Est-ce la coutume de Rivalen qu'un supérieur partage le lit de son second ? Je serai curieuse de rencontrer le votre. »
Le petit rire du colonel n'échappa à personne. Pas plus que la colère fugace qui troubla l'espace d'un instant les traits de Willem. Sam sourit effrontément, heureuse de l'avoir mouché.
« Le dîner aura lieu à huit heures précise. Le Roi apprécie la ponctualité. »
Sur ces derniers mots, Willem quitta brusquement la pièce, renversant au passage les serviteurs massés devant la porte. Le rire franc de Jack accompagna sa sortie sous l'œil désapprobateur de Daniel.
Willem marcha à grandes enjambées jusqu'à sa chambre. Cette femme le rendait fou. Il la haïssait et l'aimait dans le même souffle, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Certes, d'abord, sa beauté l'avait charmé, puis sa façon de soutenir son regard l'avait surpris. Les femmes n'étaient pas sensées agir comme ça avec les hommes. Elles étaient sensées être dociles, douces et serviles. Elles étaient sensées exaucer le moindre de ses désirs, simplement parce qu'il était chevalier. Elles étaient banales et interchangeables…Alors pourquoi celle-ci en particulier le mettait-elle dans un tel état.
Il lui suffisait de penser à elle et le désir enflait aussitôt son corps et son esprit. Le Roi s'affaiblissait de jour en jour et il serait bientôt appelé à régner, faute d'héritier. Il lui fallait prendre épouse au plus vite. Et depuis qu'il avait croisé ce regard d'azur…Il pensait sérieusement à faire d'elle sa femme. Elle était forte et incontrôlable…Absolument pas ce qui lui fallait. Un sourire vint étirer ses lèvres…Même le plus indomptable des étalons pouvait être dressé…
Curieusement épuisé par cette journée, Willem se laissa aller sur le lit. Il avait convaincu le Roi d'organiser pour ses invités, une véritable fête comme Rivalen n'en avait pas connu depuis longtemps. Il lui restait, d'ici là, une bonne paire d'heure qu'il comptait bien utiliser à un repos nécessaire. Ce soir, il s'arrangerait pour que cette étrangère tombe sous son charme. Après tout, toutes les femmes de Rivalen, sans exception, se pâmaient après lui. Et elle n'était pas différente des autres…
Willem se laissa aller aux images curieuses qui s'imposaient à lui. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait aujourd'hui. Son imagination se mettait à divaguer et il rêvait de conquêtes et d'une ancienne princesse que son peuple avait élevé en héroïne…Dans ces rêves, il n'était pas lui-même…Il était un conquérant, un homme qu'il aurait aimé être. Le pouvoir coulait entre ses mains, et rien ne lui résistait. Sur ce point, ils étaient semblables. Mais Dar'ch était bien plus que cela. Il était une légende. L'homme qui avait fait tomber la citadelle de Rivalen…
Dar'ch regardait distraitement par la fenêtre, observant sans trop y prêter attention le ballet incessant des paysans qui, en contrebas, labouraient les champs intérieurs. Un sourire maléfique étira ses lèvres. En encourageant les paysans à quitter la citadelle, Marc lui avait carrément offert Rivalen sur un plateau. Assiéger la citadelle, sachant que les champs intérieurs étaient déserts et qu'il n'y avait aucun moyen d'acheminer de la nourriture était un plan brillant.
Il aurait pu la prendre par la force. Il aurait pu faire couler le sang. Il l'aurait fait sans aucuns scrupules si Marc n'avait pas proposé quelque chose de plus alléchant. Il lui avait offert sa fille et le trône d'un même jet de pierre, en échange de la paix. En temps normal, Dar'ch aurait refusé. Il n'avait pour ses ennemis, aucune pitié. Mais Aude de Rivalen…
Elle était une légende. Sa beauté avait fait le tour de tous les Royaumes. Avec elle à ses côtés pour gouverner sur toutes ses possessions…Dar'ch avait conquis trois des douze Royaumes. Rivalen serait le quatrième, et en plus il le prenait à la régulière. Bien entendu, Marc n'était pas dénué de convoitise. Ce qu'il espérait, c'était que Dar'ch lui laisse les rênes du Royaume. Là, il se fourrait le doigt dans l'œil. Le chevalier n'était pas encore décidé sur ce point là. Il avait laissé à trois de ses meilleurs lieutenants la régence de Nihed, Satya et Ilkay, les trois autres citées qu'il avait conquise.
Au début, Dar'ch était ce qu'on pouvait appeler un mercenaire. Puis, un jour, il avait décidé qu'il se débrouillerait sans doute mieux à son propre compte. Il avait alors monté sa propre armée et était parti en campagne. Avec raison.
Sans doute serait-il juste qu'il laisse Rivalen à Joffrey. Son frère l'avait secondé avec une efficacité indéniable et l'avait servi avec ferveur. Certes, il n'appréciait pas, comme Dar'ch, les carnages à leur juste valeur. Tuer des soldats ne le dérangeait pas. Tuer le peuple, par contre…L'homme balaya ses sombres pensées d'un revers de main. Personne n'était parfait, et Joffrey avait mérité sa chance. Il laissa son esprit s'égarer du côté d'Aude. Elle était farouche et il n'appréciait pas son comportement. Avec un sourire entendu, il décida que la mater ne serait pas un problème. En fait, ce serait même amusant…Cette femme le fascinait. Et il lui tardait les noces qui devaient être célébrées dans deux jours.
« Mon seigneur… »
Une porte dérobée s'ouvrit et un homme aux traits pointu entra. Dar'ch fit un petit signe de la tête, l'invitant par là même à entrer.
« Qu'y a-t-il, Malek ? »
Malek lui servait d'espion depuis deux ans maintenant. Mettre en place un empire créait forcément des jalousies…Il préférait les anticiper. Malek était un serviteur, et son apparence banale ne poussait pas les gens à se méfier…C'était un tort, Malek était partout, tout le temps. Il était aux cuisines, écoutant les cancans des femmes, il était en salle d'arme, vérifiant l'attachement des soldats pour leur maître, il était dans la chambre de ses plus proches officiers, s'assurant qu'aucun d'eux n'avaient l'ambition démesurée de passer au dessus de leurs supérieur…
« Mon seigneur, c'est le chevalier Joffrey… »
Dar'ch fronça les sourcils. Il y avait sur le visage de Malek la jouissance caractéristique de quand il avait trouvé quelque chose de croustillant à se mettre sous la dent. Mais sur Joffrey ? Impossible. Il était sa chair et son sang. Lui qui n'aimait personne avait pour Joffrey une affection sincère.
« Et bien quoi, Joffrey ?! »
D'un coup, Malek perdit de sa superbe, réalisant certainement qu'il s'avançait en terrain dangereux mais qu'il était maintenant impossible de reculer.
« Il y avait des rumeurs aux cuisinse, mon seigneur…Alors j'ai tenu à vérifier…Et je l'ai vu de mes yeux, mon seigneur… »
Dar'ch envoya valser son poing contre le mur de pierre, soulagé quand la douleur se propulsa le long de ses veines, calmant sa folie meurtrière.
« Vu quoi, Malek ?! »
Malek prit une grande respiration et lâcha sa bombe.
« Le chevalier Joffrey et la Princesse Aude ! Ils s'embrassaient, mon seigneur. »
La rage se propagea en lui avec une vitesse hallucinante. Il avança vers Malek sans plus y réfléchir, il fallait qu'il se défoule. Quelques secondes plus tard, la tête de l'homme heurtait le pied de la cheminée avec un craquement ignoble. Dar'ch se frotta pensivement les mains, légèrement soulagé. Il lui faudrait un autre espion…
Ainsi donc, Joffrey l'avait trahi…Et cette saleté de Princesse en était la cause…Une évidence brûlat en Dar'ch avec la force des fous, Aude de Rivalen serait sienne ou elle n'appartiendrait plus jamais à personne. Le désir s'empara de lui, balayant tout sur son passage. Il voulait cette femme. Il l'aimait et la haïssait. Tout ce qu'il espérait, c'était que Joffrey n'ait pas la folie de s'interposer plus longtemps…Oui, Aude serait à lui qu'elle le veuille ou pas et il était temps qu'ils aient une petite conversation tous les deux…
