Un chapitre plus court que les précédents, je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment, mais je tenais à poster un truc pour garder mes fifics en vie!

C'est encore assez sombre, le patron de l'enfer frappe encore, et cette fois il n'est pas seul... je vous laisse lire, enjoy!

O*O*O*O*O*O*O*O*O*O

Nice rêvassait en installant son chariot à son poste habituel dans les Hotlands, pas trop loin du complexe MTT. Il avait passé un week-end de rêve, et il ne pouvait s'empêcher d'y repenser. Burgy avait été si adorable, frissonnant de froid malgré toutes ses pelures, mais le suivant partout, patte dans la patte. Ils avaient fini par passer beaucoup de temps chez lui, buvant chocolat chaud sur chocolat chaud en regardant des films, ou chez Grillby's pour manger un bout et profiter de la chaleur ambiante de l'être de feu. Les villageois étaient curieux de voir le visiteur des Hotlands, et Burgy était plutôt timide, se cachant derrière lui pour éviter les gens, surtout les chiens sentinelles… il était trop chou!

Et puis ils avaient passé leurs soirées à se caliner et à se bécoter et… Nice ne pouvait s'empêcher de rougir et d'esquisser un très large sourire juste en y repensant. Maintenant tout ce qu'il pouvait espérer, c'est que le prochain congé de Burgy serait très bientôt!

Une vibration dans la poche de son pantalon le fit sortir de sa rêverie. C'était un texto de Burgy, lui aussi devait bientôt commencer sa journée de travail…

"Ne t'installe pas dans les Hotlands aujourd'hui!"

Intrigué, Nice répondit rapidement:

"Pourquoi? Je fais mes meilleures ventes ici!"

La réponse ne tarda pas, mais Nice ne la comprit pas très bien:

"MTT a engagé M"

Visiblement le message avait été envoyé avant d'être terminé. Nice attendit un peu la suite de la réponse, mais elle ne vint pas. Peut-être s'était-il fait prendre par son patron? Il était inquiet, et il ne comprenait pas…

-Ahuhuhuhuhuhuhu…

Le lapin se tourna, soudainement très tendu. C'était une araignée, presque aussi grande que lui, vêtue de jolis vêtements rouges avec des boucles et des dentelles. Elle était très mignonne, mais elle avait définitivement une aura inquiétante, et ce rire ne présageait rien de bon…

-Est-ce que je peux vous servir quelque chose? demanda-t-il nerveusement. Une glace?

-Une glace? Voyons, les araignées ne supportent pas le froid, c'est bien connu!

Elle se rapprocha de lui et mit un doigt sous son menton. Nice était appuyé contre son chariot et tentait de se reculer autant que possible, mais l'araignée était très… envahissante avec ses six bras.

-Est-ce que vous essayez de me tuer, monsieur le vendeur de glaces?

-Pardon… je n'ai pas voulu…

Elle esquissa un sourire particulièrement inquiétant, avant de s'éloigner un peu. Le lapin respira un peu plus librement.

-Je ne sais pas ce que vous avez voulu ou pas, mais je sais très bien ce qui se passe avec vous, monsieur le vendeur de glaces. D'abord vous nuisez à mon commerce en vous installant ici dans les Hotlands avec des sucreries. Vous savez, je fais une oeuvre de charité, pour sauver les araignées des Ruines, mais si vous vous mettez dans mes pattes, je n'arriverai jamais à ramasser assez…

Nice déglutit difficilement. L'araignée continua.

-Et puis il y a quelqu'un qui a généreusement donné à ma cause, mais au lieu de prendre mes beignets, il m'a demandé un petit service: vous faire dégager d'ici. Je n'ai pas l'habitude de rendre ce genre de services, mais vous savez, monsieur le vendeur de glaces… vous avez l'air très appétissant. On m'a dit que les lapins faisaient les meilleurs beignets, mais on n'en voit si peu hors de Snowdin, je n'ai jamais eu l'occasion d'essayer.

Cette fois-ci, Nice sentit la panique monter en lui. Il sauta alors que l'araignée lançait ses toiles vers lui, les évitant de peu. Mais son chariot était maintenant englué de fils collants. Le menu de combat était déjà devant lui, et il savait à peine comment s'en servir. Il ne savait même pas comment se battre, il n'en avait pas l'option!

-Mais arrêtez! Je ne veux pas finir en beignet!

-Oh, c'est dommage, un beau lapin comme vous, j'aimerais tellement vous croquer… vous ne voudriez pas? Juste un bout?

Les toiles et les pâtisseries surgissaient de toutes parts, et Nice avait de la peine à tout éviter. Il était un commerçant, pas un combattant! Il ne s'était jamais battu de sa vie! Si ACT ne fonctionnait pas, et qu'il ne pouvait pas FIGHT, il ne lui restait qu'une seule option…

Prendre la fuite!

O*O*O

Burgerpants se rongeait les sangs à son comptoir. Il avait tenté de prévenir Nice que le patron avait engagé cette folle de Muffet pour le faire dégager des Hotlands, mais Mettaton avait confisqué son téléphone avant même qu'il ait terminé son message. Il espérait très fort qu'il ne finirait pas en beignets…

Il était incroyablement nerveux, et il se trompait à peu près sur chaque commande. Mettaton l'engueulait, mais il n'entendait rien tant il avait l'esprit ailleurs. Il voulait juste avoir des nouvelles… juste savoir que Nice s'en était sorti…

Ce fut probablement la journée de travail la plus longue pour Burgerpants - et pourtant il avait déjà fait des triples journées pendant la saison touristique! Lorsqu'il se présenta au bureau de Mettaton à la fin de son quart pour récupérer son téléphone, il lui fallut essuyer un autre sermon avant de récupérer son appareil. Il l'ouvrit au plus vite pour voir s'il n'avait pas de messages… et heureusement il y en avait un de Nice, qui datait d'il y a une heure. Il l'ouvrit:

"Je suis chez moi, en un seul morceau. L'araignée ne m'a pas lâché avant Waterfall. J'ai dû laisser mon chariot, peux-tu vérifier s'il est encore là?"

Burgerpants sortit du complexe hôtellier en appelant Nice. Un texto ce n'était pas assez, il avait besoin d'entendre sa voix. Le lapin décrocha après trois sonneries.

-Burgy…? C'est toi?

Sa voix était si faible, il sonnait si épuisé, plus que Burgerpants ne l'avait jamais entendu. Il était normalement si plein d'énergie!

-Oui, c'est moi, tu n'es pas blessé?

-J'ai perdu quelques points d'HP, j'avais beau me sauver, elle me rattrapait et m'attaquait… j'ai dû faire les Hotlands au complet avec cette araignée à mes trousses.

-Mange un morceau pour reprendre des forces, ok? Je suis en route pour aller voir si ton chariot est là, et après je viens te voir.

-C'est pas la peine…

Nice qui refusait de le voir? Il n'était définitivement pas dans son état normal… et Burgerpants se doutait bien que c'était justement le moment où il aurait le plus besoin de lui.

-Arrête tes salades, je viens que tu le veuilles ou non. Avec un peu de chance je vais pouvoir te ramener ton chariot.

-D'accord, merci.

Définitivement, il n'était pas dans son état normal! Burgerpants avait d'abord été rassuré d'entendre sa voix, mais maintenant il était redevenu inquiet. Il avait été secoué à ce point! Ils avaient passé un si beau week-end, pourquoi est-ce que le patron venait encore tout gâcher?

Il y avait un petit attroupement dans les escaliers, là où Nice mettait généralement son chariot. Burgerpants comprit vite pourquoi: le chariot était bien là… à moitié couvert de fils gluants. Deux grands gardes en armure étaient penchés au-dessus, après avoir probablement écarté un peu les badauds. Burgerpants, de mauvaise humeur, s'approcha d'eux.

-Vous pouviez pas être là plus tôt? Mon ami s'est fait attaquer, et vous n'avez rien vu!

-Personne ne nous a appelés, répondit le premier garde.

-C'est à votre ami ce chariot? Vous pouvez le reprendre? C'est un peu dans le chemin, là, ajouta le deuxième garde.

Grinçant des dents, Burgerpants dut se retenir très fort pour ne pas engueuler les deux gardes, mais il étaient au moins deux fois plus hauts que lui, et il ne voulait pas ajouter des ennuis à cette journée pleine d'ennuis. Il s'avança donc vers le chariot, et voulut le tirer… mais les fils gluants le liaient au sol.

-Vous pourriez m'aider à le décoller de là, au moins?

Les deux gardes se regardèrent, puis sortirent leurs épées et entreprirent de couper les toiles d'araignées, jusqu'à ce que le chariot soit finalement en état de rouler. Il y avait encore plein de fils mauves qui pendaient de partout, mais au moins il pourrait l'enlever de là. Il remercia les deux gardes, avant de se diriger vers le ferry, en espérant qu'il puisse aussi prendre le chariot…

O*O*O

Nice était roulé en boule sur son divan, une couverture sur lui. Il n'avait pas froid - il n'avait jamais froid - mais il frissonnait. Il n'avait jamais eu aussi peur pour sa vie, et le rire moqueur de l'araignée lui restait dans la tête. Il avait couru pendant si longtemps, sautant de toute la force de ses jambes de lapin pour éviter les jets de thé et les pâtisseries qu'on lui lançait… il était épuisé, et il avait peur. Même si les araignées craignaient le froid, et qu'elle ne viendrait certainement jamais le chercher à Snowdin, il ne pouvait pas s'en empêcher.

Ainsi, lorsque la porte sonna, il sursauta à un point tel qu'il en tomba du divan, et il hésita avant d'aller répondre.

-Burgy…!

-J'ai réussi à te ramener ton chariot. Tu me laisses entrer? J'ai pas pris le temps d'aller chercher mon manteau, je crève de froid!

Nice s'écarta aussitôt de la porte pour laisser entrer le chat, qui secoua la neige de son pelage et s'essuya les pieds.

-Je sais pas comment on pourra faire décoller toute cette cochonnerie sur ton chariot, je suppose qu'on va devoir frotter pour un moment… mais pour le moment…

Burgerpants le regardait, hésitant. Nice aussi hésitait, et il finit par lui tourner le dos.

-C'est… très gentil d'être venu, Burgy. Mais je vais me débrouiller pour la suite, ne t'en fais pas.

Le lapin entendit un petit ricanement… puis il sentit des bras autour de sa taille. Burgerpants avait collé son visage dans son dos.

-Tu sais que tu ne joues pas très bien la comédie?

Nice sentit les larmes lui monter aux yeux. Il avait fait ça plein de fois, prendre Burgerpants dans ses bras par derrière pour lui remonter le moral. Mais il ne s'attendait pas à ce que le chat en fasse autant… ni à ce que ça lui fasse autant de bien. Le poids qu'il sentait peser sur ses épaules semblait s'alléger.

Ils restèrent comme ça un bon moment, Nice sanglotant et Burgy niché dans son dos. Puis ils se séparèrent, Nice allant se moucher un coup, avant d'aller sur le divan, se réfugiant tous les deux sous la couverture. Le chat était tout ouïe, écoutant le lapin raconter tout ce qui s'était passé.

O*O*O

Décidément, Burgerpants n'avait jamais vu Nice aussi vulnérable, aussi triste. Il faut dire qu'après avoir été attaqué de la sorte, n'importe qui serait sous le choc! Mais ce n'était pas n'importe qui, c'était son Nice qui avait été attaqué. Pour le moment, il dormait appuyé contre son épaule, mais à un moment ils devraient se lever de ce divan et faire… quelque chose.

Si Mettaton avait engagé Muffet pour l'empêcher de vendre ses nice creams dans les Hotlands, il devrait s'installer ailleurs. Il fallait juste espérer qu'il n'engagerait personne d'autre pour attaquer Nice ailleurs… mais il voulait probablement juste le faire dégager de sa vue. Et lui faire peur. En tout cas c'était réussi.

Ils pourraient toujours appeler les gardes s'il se passait quelque chose, mais ce n'était pas garanti qu'ils arriveraient à temps. C'était une situation compliquée et désagréable. Mettaton ne devait vraiment pas aimer avoir Nice dans les environs…

Et Burgerpants se demandait pourquoi son patron réagissait autant. Nice était là depuis un bon moment, pourquoi vouloir le faire dégager maintenant? Il s'était fâché contre lui l'autre jour, mais de là à… non, c'était précisément le genre de raisons qui allaient pousser Mettaton à se venger.

Qu'est-ce qu'il en avait marre de ce patron de merde!

Il secoua la cendre de sa cigarette dans un cendrier à côté de lui, avant de reprendre une bouffée. Oui, qu'est-ce qu'ils pouvaient faire, maintenant?