Titre: Geisha XIII [toujours...]

Auteur: Eve... [toujours aussi... XD]

Pairing: HPxDM [je me répète encore, hein ?]

Rating: M SURTOUT DANS CE CHAPITRE !!!!

Disclaimer: Je ne porte toujours pas le nom de JK Rowling, malgré mes demandes expresses au gouvernement... XD

AVERTISSEMENT: Ce chapitre est TRES citronné, avec des scènes LOOOOOONGUEMENT explicites, chapitre déconseillé aux âmes sensibles, donc... y'a du sang et de la drogue, aussi...

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Chapitre Trois : « Orage printanier… »

Il pleut. Fort. J'aime la pluie, elle est romantique. Les hommes aiment à se réfugier dans mes bras, les soirs de pluie. Peut-être cela les rassure t-il, peut-être ma chaleur les berce t-elle tendrement… Hermione et moi retournons à ce café, celui où j'ai rencontré ces deux sympathiques étudiants. Celui dans lequel le plus bel homme qu'il m'ait été donné de voir m'offrit un soir un café, il y a des années lumières de cela. Une fois encore, nous dégusterons le meilleur chocolat de Paris, elle et moi…

Sortie de la bouche de métro. Le tonnerre gronde. Je me sens fatigué, mais agréablement léger. Ce temps, que certains trouvent trop triste, me donne un petit sourire que je ne parviens à réprimer. La sensation de ne pas exister. Trop épuisé.

Abrités derrière les bâches du café, Blaise et Pansy nous attendent, un sourire jusqu'aux oreilles. Peut-être artificiel, qui sait ? Avec eux se tient un ami.

Un homme.

A une autre époque, à l'autre bout du monde, peu importe, je reconnaîtrais toujours cette couleur si spéciale, ce blond nacré, presque argenté, cette lumière. Peu importe ce qu'ils reflètent, je reconnaîtrais toujours ces iris aussi orageux que ce ciel de printemps. Nous avions décidé de laisser faire le Destin, et il n'en fait visiblement qu'à sa tête. J'avais peur de le revoir. Comment me verrait-il, à la lumière du jour ? Et comment le verrais-je ? Les créatures de la nuit doivent-elles rester dans l'obscurité ?

Il semble surpris au plus haut point. Moi de même, j'imagine. Hermione a certainement immédiatement reconnu cet homme que je dessine sans cesse, mais… elle n'en montre rien. Hermione est une femme de fer, parfois. Plus solide que moi encore.

Je craignais que la lumière du jour ne lui ôte son aura de mystère, de magie… mais il n'en est rien. Il ne ressemble toujours pas à un homme ordinaire. Désespérément pas. Au contraire, mes souvenirs paraissent bien pâles, comparés à l'homme si séduisant se tenant devant moi. Comme l'autre fois, il est vêtu de rouge et de noir. D'étoffes coûteuses. D'un costume griffé. De son merveilleux manteau traçant ses hanches trop fines. Un appel à la luxure… combien de filles peuvent-elles se jeter dans ses bras au premier regard ?

Que je sois damné s'il existe ne serait-ce qu'un seul homme plus magnifique que lui…

-Harry ? demande une voix grave, me paraissant bien loin d'ici.

Je rattrape un borborygme incompréhensible de justesse, avant de claquer deux bises sur les joues de Pansy, puis de serrer la main de Blaise, toujours un peu absent. Lorsque vient son tour, il me semble le voir se tendre, comme nerveux… mais cette impression s'envole dès sa paume effleurée. Je ne sais si les autres peuvent percevoir quoi que ce soit, mais… des éclairs parcourent l'atmosphère.

Cette nuit, cette nuit emplie d'amour et de lumières… elle ne s'est pas finie au petit matin…

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Durant tout le petit déjeuner, ils se sont dévoré des yeux. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir… Blaise et moi échangeons, une fois de plus, un regard entendu. Pansy semble attendrie par ces deux hurluberlus… pourtant, je m'inquiète. Ce garçon, fort beau, me semble aussi torturé que Harry. Il n'y a qu'à le regarder pour le voir. Il ne mange pas assez. Il ne dort pas non plus. Il semble plus vieux que son âge, déjà trop de vécu derrière lui. Il ne parle pas beaucoup, trop occupé à scruter Harry, comme s'il craignait qu'il ne disparaisse soudainement. Fragilité et force à la fois. Délicat mais puissant. Son reflet, en somme… et son opposé.

Harry, rêveur, laisse vaquer son regard, de Draco au temps pluvieux, du temps pluvieux à Draco. Je sais qu'il est épuisé, à bout. Je ne pense pas qu'il ait dormi. A dire vrai, il n'en aurait guère eu le temps : lorsqu'il passait le seuil de l'appartement, le jour allait poindre sous peu. Et moi, comme toujours, je pleurais en silence. Que puis-je faire d'autre, impuissante que je suis ? J'aurais beau y mettre tout mon être et plusieurs de mes vies, jamais je n'aurais assez pour devenir la personne capable de le sauver. J'en suis incapable. Je ne sers à rien.

Je sais que, quoi qu'il en dise, Harry attend son prince charmant. Je sais qu'il y croit. Peut-être est-ce la seule chose au monde en laquelle il croit encore. Et peut-être que, finalement, son prince serait cet homme. Cet homme étrange, qui me fait un peu peur. Comme Harry, il porte en son cœur un lourd secret, terrifiant. Cette douleur n'est pas normale, il y a forcément quelque chose d'autre, j'en suis certaine, même si je ne sais pas encore quoi… peut-être Blaise et Pansy connaissent-ils quelques bribes de l'histoire, les morceaux les plus sombres, mais jamais ils ne me les rapporteront. Je le vois dans leurs prunelles. Quelque chose de dangereux environne tout le monde ici… même moi. Mais moi, ils ne le sauront pas…

Pourtant, lorsque je croise les iris sombres de Blaise j'ai la désagréable sensation que rien ne peut lui échapper, au final… peut-être même peut-il égaler un cerveau tel que le mien, bien qu'étant donné les circonstances, j'en doute fortement…

-Dis-moi, Hermione, tu m'as dit être aux cours Florent ? Qu'est-ce donc ? interroge t-il, l'air réellement intéressé.

-Une école de théâtre. Je voudrais devenir actrice, si possible… mais bien sûr, si cela ne marche pas, j'aurais toujours d'autres diplômes en poche, au cas où…

-Actrice, voyez-vous ça ? commente t-il en haussant un sourcil. Intéressant… généralement, les personnes telles que toi se dirigent plus vers la voie de la médecine, non ?

-Les personnes telles que moi ? dis-je, étonnée.

-Les amoureux de leur prochain, ceux qui savent se servir de leur cerveau aussi bien que de leur cœur…

Je rougis, flattée.

-Il faut croire que je n'aime pas faire comme les autres… je fanfaronne innocemment.

Trois d'entre nous éclatons de rire. Quand aux deux qui restent… je vous laisse le soin de deviner leurs identités. Finiront-ils un jour par se lâcher du regard ?

Affaire à suivre… autre affaire tout aussi préoccupante : je vais vraiment finir par arriver en retard à mon cours de littérature, et il vous faut savoir que j'ai une sainte horreur des retards… de plus, il m'est intolérable de lui donner la moindre raison de se moquer de moi, comme il sait si bien le faire… comme lui seul sait le faire, d'ailleurs. Sur ces entrefaites, je laisse tomber quelques pièces sur l'addition, puis, après une rapide bise claquée sur quatre paires de joues, m'engouffre en trombe dans la bouche de métro, me fichant éperdument du fait que fumer à l'intérieur soit à présent interdit, tout autant que des regards outranciers que lancent les badauds à ma jupe à la longueur non moins outrancière, et ce malgré la pluie battante. Je peux bien les pardonner : après tout, ils ne savent pas par quels climats nous osons porter la jupe, à Londres…

Un certain temps plus tard, je surgis, telle une furie, dans l'amphithéâtre. La plupart des élèves ne sont pas encore présents, pas plus que le professeur, mais j'aime me mettre en avance, rien que pour choisir la place, et m'occuper à réviser un texte… et je sais que lui aussi arrive toujours à l'avance, mais pour de différentes raisons. Cet idiot ne fait jamais au grand jamais son travail personnel. Et il sait très bien que, malgré nos très fréquentes chamailleries, je finis toujours par l'aider. Il comprend d'ailleurs bien mieux les subtilités d'une œuvre lorsque je les lui explique, plutôt que lorsqu'il entend vaguement l'enseignant, entre deux somnolences… il ne fait rien. Se fiche de tout. Et pourtant, j'ai, dans ces quelques instants, la sensation qu'il boit mes paroles comme du petit lait.

Il ne cesse de me narguer, le reste du jour. Sans aller trop loin. Il sait qu'il a besoin de moi. Je ne sais pourquoi. Il lui suffirait d'un effort pour devenir un excellent élève, sans aucune aide de ma part. Mais il ne le fait pas. Au départ, je ne savais même pas ce qu'il fichait là, en fac de lettres. Saleté de « fils de » qui entre avec de l'argent, et ressort avec un diplôme, sans rien avoir glandé entre les deux. Du moins se présente t-il en cours, lui. Pour y dormir, certes, mais il fait acte de présence. Ne lui en demandons pas trop. Après tout, il ne dort pas plus de ses nuits que Harry. Mais pour différentes raisons, une fois encore. Lui, à vingt ans, traîne sa carcasse amorphe, cocaïnée et imbibée d'alcool, de café mondain en boite de nuit, du soir au matin. Lui, si jeune encore, et trop vieux déjà, happé dans l'engrenage infernal de la Nuit, celui qui emprisonne déjà mon presque frère, se came à la house et à l'excès jusqu'à la nausée, malsain, désespéré. Lui aussi a depuis bien longtemps noyé ses illusions sur ce monde qui aurait dû lui paraitre parfait, les noie sous des torrents de Dom Pérignon, mêle l'alcool à la coke, la coke à la weed, la weed aux ecstas, il vit dans ce monde de clinquant dédié au dieu Paraître, ce monde dans lequel il n'est guère besoin de GHB mélangé à la vodka pour mettre une fille dans son lit, puisqu'il suffit de lui laisser entrapercevoir subrepticement la couleur de sa carte bancaire… ce monde où on noie dès son plus jeune âge le profond désespoir de découvrir l'absurdité du monde, la folie de l'homme, et à quel point tout est laid, tout n'est que néant, ce monde où l'on s'oublie dans la déchéance et la débauche, passant de bras en bras dans des chambres au luxe luxurieux, au prix exorbitant, tout en ingérant des substances illicites, mais que tout le monde s'en fiche…

Ce genre de personnes se fichent éperdument du monde, parce qu'ils savent pertinemment que celui-ci sombrera à cause d'eux. Et lui, chaque matin, il revient dormir dans l'amphithéâtre, avec ses lunettes de soleil et sa migraine, quand il n'est pas encore complètement défoncé et ivre-mort. Et je sais qu'à chaque fois, il revient d'un lit différent, mais jamais un qui fut sien. Il me fait mal. Et il m'énerve. Parce que jamais il ne parviendra à me faire verser une larme aussi amère que celles que je verse chaque matin pour mon presque frère. Pourtant, à présent, je le comprends. J'ai saisi. Ce garçon a beau être riche et le montrer sans la moindre gêne, lui aussi cache son sombre secret. Comme nous. Lui aussi cache sa douleur derrière ses lunettes monogrammées. Mais surtout, j'ai accepté sa présence parce qu'au fond, je le sais profondément bon, et romantique. C'est ce romantisme qui le tue. Il me plait. Parce qu'il m'amuse, et me fait tour à tour ricaner ou entrer dans des rages dantesques. Parce qu'il est le seul à ne pas médire de mes capacités cérébrales, à se montrer jaloux. Parce qu'il est le seul à jamais ne s'être senti inférieur à moi, et au contraire rabaisse le monde de sa supériorité empirique et financière. Il a le regard d'un roi du monde. Il fallait bien cela pour que je le choisisse comme adversaire.

Saleté de rouquin…

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Je l'ai revu, ce matin. J'ai pu graver de nouveau ses traits dans ma mémoire. Il ne fallut pas longtemps avant que ses amis ne le rappellent à l'ordre, après qu'Hermione soit partie. Lui aussi allait être en retard. Ils m'ont laissé seul, dans ce café. Seul. Dans ce vide oppressant. Sans son obscure lumière qui m'éblouit chaque instant.

Il fait nuit, la pluie tombe à torrents encore. Je restais à la terrasse plusieurs heures, enchaînant les cafés et les cigarettes. Les yeux dans le vague. Vers midi, un jeune homme pénétra sous la bâche, et me regarda de travers, mais s'assit à l'autre bout, sans souffler mot. Il semblait attendre quelqu'un, mais le serveur aux longs cheveux noirs lui dit qu' « il ne viendra pas, aujourd'hui encore… », tout en me lançant un regard éloquent que le garçon ne vit pas, et dont je ne saisis pas la signification. Je ne puis m'empêcher de penser à lui. Pas seulement ce soir, mais chaque jour, chaque minute, chaque seconde, de bras en bras, de soleil en lune… j'ai beau tenter de me forcer, tenter d'au moins ne plus transposer ses traits à ceux des hommes différents à qui j'offre chaque soir un coin de Paradis… ou d'Enfer. Rien n'y fait. Je pense encore à lui.

Adossé au mur, abrité par un balcon saillant, j'observe les passants, tente de les attirer vers mon regard perçants, vers mon corps décharné, je ne suis qu'une invitation à la débauche, un appel à la luxure. Et son image qui me hante m'appelle moi, bien plus fort encore…

Même si souvent je n'en ai cure, et prend les choses telles qu'elles viennent, sans chercher à améliorer mon quotidien ou à trouver le bonheur, même si je me laisse constamment porter par la vague, sans effort, amorphe, parfois je hais ma vie, j'abhorre mon être dans son entièreté. Honnie soit ma médiocrité.

Ne pas savoir pourquoi on existe. Qui suis-je ? D'où viens-je ? Où vais-je ? Quelle importance, après tout. Changer de visage de la nuit au jour, changer de nom d'étreinte en étreinte, jamais avancer, jamais reculer, toujours à la case prison. Enfermé dans cette entité charnelle qu'est le corps humain. Libérez-moi…

Je ne suis qu'un homme, et l'homme est faible, si fragile dans ce monde de brutes où règne le plus violent, le plus influent. Je suis faible, et j'ai la sensation que mon corps se meurt lentement. Je ne mange presque rien. Ne dors pas beaucoup plus. Mes joues se creusent, mes cernes s'assombrissent, mes lèvres blêmissent. Mon corps, bien qu'entretenu et finement modelé, est, justement, trop fin, paraissant presque aussi délicat qu'une fleur de serre. Le contraste de ma pâleur de perle sur la peau souvent dorée, voire parfois burinée et hâlée de mes clients, frappe constamment ces derniers, qui restent captivés par mes allures de sylphide. Seuls mes yeux restent brillants, éclatants de couleur sur mon visage trop pâle, éclaboussant le monde de leurs mille reflets enchanteurs, comme s'ils absorbaient peu à peu toute la vie coulant en moi. Verts comme l'espoir, remplis du contraire. Se morfondre dans la douleur n'est à ces yeux qu'un doux euphémisme…

Du noir, du cuir, de la quincaille. Une chemise à moitié ouverte, malgré les torrents glacés s'écoulant des nuages lourds, un collier clouté emprunté à Lavande, en passant, une chaîne ouvragée pendant à ma ceinture, j'attends. J'attends que passe celui qui deviendra ma proie. Celui que je capturerais, puis détrousserais honteusement, mais de la plus jolie des façons.

La rue est bondée, malgré le temps, bondée, et pourtant je me sens seul au monde. En plein milieu de la rue. Lui. Désemparé, perdu. Un inconnu. Un étranger. Seul. Des traits sympathiques, un air gentil. Je ne me sens pas d'humeur gentille. Il n'est l'habitué de personne. Il ne s'habituerait jamais à cela. Tant mieux. Me dirigeant droit sur lui, je plante dans ses yeux mon regard sans égal. Il ne semble pas saisir, il ne doit même pas savoir dans quel genre de rue il se trouve. Le temps que je passe sur le trottoir d'en face, sans le lâcher des yeux, puis de faire volte-face, je sais que j'ai gagné. Ma proie s'est prise dans mes filets, il me suit, me rattrape. Tel est le pouvoir du regard d'une geisha.

Il fait ma taille, environs. Je me penche, il fait le dernier pas, et me laisse avec grand plaisir embrasser ces lèvres anonymes. Je l'informe du prix, il ouvre de grands yeux, regarde à droite, puis à gauche. Lavande attends Viktor sous un porche, un sourire doux flottant sur ses lèvres, c'est samedi soir. Marcus adresse un sourire charmeur à une femme mûre, qui y répond. Ce garçon payera. Parce qu'il a croisé mes yeux, ce qui l'a perdu. Il demande mon prénom. Je réponds que je porterais le nom qu'il désirera me donner ce soir. Il me donne le sien. Je n'écoute déjà plus, ma pensée chaotique ayant eu la fâcheuse envie de comparer ses iris bleu pâle à la tempête faisant rage dans les yeux de Draco Malfoy. Je m'empare de sa main, il me suit, confiant. Gentil garçon…

Je le mène à l'hôtel du coin de la rue, la réceptionniste m'adresse un sourire, me laisse les clés d'une chambre pour la nuit. Je paierais au matin, elle le sait. Je le déshabille dans l'ascenseur. Effleure du bout des doigts les endroits qui font frissonner tous les hommes, me glisse insidieusement derrière l'ourlet de la ceinture, que je déboucle. Dans le couloir, je déchire sa chemise sans aucun état d'âme, glisse fébrilement la clé dans la serrure, puis, refermant la porte d'un coup de pied, le pousse sauvagement contre un meuble. Un petit cri lui échappe, il semble étonné, un peu effrayé peut-être, très excité en tout cas, vu la proéminence d'une certaine partie de son corps.

Otant sous son regard gourmand les derniers boutons de ma chemise, puis la posant sur le dossier d'une chaise, je m'élance à l'assaut de ma victime. Déboutonne son jean avec les dents, tout en enlevant mon pantalon en cuir, envoie les deux malheureux valser au loin, emprisonne son membre entre mes lèvres assassines.

Un cri lui échappe, incontrôlable.

Il tremble déjà de tout son être, il tremble sous l'intensité et la brusquerie, il tremble sous ma violence. Je lui fiche les trouilles.

Tout du moins n'ai-je pas mal choisi mon homme, il semble lui en falloir plus que cela pour ouvrir les grilles du Paradis. Me relevant, plantant mon néant d'émeraude dans ses yeux trop fades et trop communs pour me captiver autant que l'orage, je le pousse sur une chaise, près de la fenêtre, et l'enfourche brutalement, lui arrachant un véritable hurlement de jouissance.

Je serre les dents. Laisse mon regard voguer vers les larmes des cieux, mon corps s'habituant peu à peu à sa présence. Je lutte. Contre moi-même. Entame les mouvements lascifs qui lui arrachent de délicieux gémissements. Je lutte contre mon démon intérieur. Celui qui me dit en cet instant même que je voudrais le tuer, celui qui m'achète, celui qui me possède, lui qui est partout, entre mes cuisses, entre mes doigts, sous ma langue, sous mes caresses, ses bras qui me serrent, ses râles qui emplissent mes oreilles… il est en moi.

Complètement.

Il me possède, me donne le plaisir, la suprême satisfaction qu'offre la souffrance, il me soulève les reins de ses mains que je ne soupçonnais pas si fortes, pour que je retombe toujours plus vite, plus violemment, pour qu'il force plus en moi, qu'il me souille encore… je lutte contre cette voix insidieuse, qui me souffle que je devrais repeindre ces affreux murs, couverts de papier peint à fleurs, de son sang écarlate, que je devrais me tuer immédiatement, en finir, me foutre en l'air. Et, pour ne pas céder, pour le traumatiser complètement, pour qu'il ne revienne plus jamais me voir, je lève la main gauche, et mords la peau fragile de mon poignet, jusqu'à ce que le sang en coule, jusqu'à ce que ce goût de rouille emplisse ma bouche, teinte mes lèvres, qu'une perle cramoisie roule le long de mon avant-bras, mourant sur sa poitrine, mon être tout entier baigne dans une souffrance jouissive.

Je veux ne plus pouvoir me regarder dans une glace. Je veux mourir de honte, abandonné à mon désespoir.

Dans les derniers coups de reins brutaux, si violents qu'ils m'arrachent une larme, il sent l'étau se resserrer autour de lui, et c'est dans un ultime râle qu'il m'ouvre les grilles du septième ciel à coup de bulldozer, m'éclaboussant l'intérieur, éclaboussant partout lorsque je me relève brutalement, me rendant soudain compte que j'avais totalement oublié un détail très important de l'acte, et que je m'en fiche éperdument, trop préoccupé par la souffrance qui me torture de toutes parts et me libère de ce monde physique, m'emporte ailleurs, très loin, là où je ne me sens plus exister, là où ne se trouve que le néant.

Nu comme au premier jour, je me précipite sous la douche, il doit être dans les cinq heures du matin, Paris s'éveille, Paris ne s'est pas encore couché. Avec les flacons, je lave, frottant presque jusqu'au sang ce corps qui me dégoûte, car je me dégoûte, au plus haut point, j'ai envie de mourir, mais juste d'en finir, de souffrir encore, pour ne plus sentir après, comme tout à l'heure, et je sens contre moi l'étreinte d'un corps étranger, un corps sain, qui a récupéré, qui en demande encore. Je lui dis que ce sera plus cher, il réplique qu'il a les moyens, et me l'enfonce encore, contre le carrelage de la douche, sans prévenir, sous le jet d'eau brûlante, avec le savon, avec ces parfums envoûtants qui me donnent le tournis, avec mes jambes qui tremblent, il me prend par derrière, comme une bête, et nous crions donc comme des bêtes, dans cette petite chambre miteuse dont le seul avantage est l'insonorisation. Il me donne des coups de butoir qui me font haleter, je ne trouve plus mon souffle, perdu entre océan de douleur et monts de plaisirs. Je finis par m'effondrer, suffoquant, mais il revient à la charge à peine un instant plus tard. J'ai la tête dans les étoiles, il me serre dans ses bras, continue à forcer brutalement, jusqu'à la garde, à genoux sur le carrelage ; il me fait mal, il a compris que je le voulais, il a compris que je voulais me souiller, me blesser irrémédiablement. A l'heure de la délivrance, délivrance d'autant plus bestiale que l'acte était sauvage, il me laisse gisant sous l'eau brûlante, se sèche, et repars. Bientôt, j'entends la porte claquer doucement. J'ouvre les yeux. L'eau est rouge. Qu'importe.

C'était mon dernier client pour cette nuit. Il m'a laissé un pourboire. Il me le devait bien, jamais il ne prendra autant plaisir que dans ma folie. Lentement, avec des gestes précautionneux, je revêts sous-vêtements et pantalons, enfile mes chaussures, passe ma chemise.

Un coup de tonnerre. Des éclairs effrayants. A la sortie de l'ascenseur, je salue la réceptionniste, lui remets les clés et le prix de la nuit. Soirée fructueuse, par ma foi. Il est presque six heures moins le quart. Nous sommes dimanche. J'ai raté tous les cours d'hier, et me suis volontairement fait malmener par pur plaisir de souffrir. Pour ses beaux yeux. Je me dirige vers ce café, lentement, laissant la pluie rafraîchir ma peau ébouillantée, mon être douloureux. Elle imbibe mes cheveux, colle ma chemise à mon corps, fait rutiler le cuir et la ferraille. Alors que j'arrivais presque à la rue du café, quelque chose attire mon attention. Dans une ruelle. Une masse informe, étendue sur le sol. Parsemée de cheveux blonds…

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Je sèche les cours. Je ne pourrais pas m'y rendre, pas aujourd'hui. Pas après avoir pu le dévorer des yeux durant presque une heure. Pas après avoir eu l'occasion de m'imbiber de sa présence, pas après que le destin m'ait poussé à reposer mes yeux sur lui. J'en reste complètement choqué. Je ne sais combien d'heures ai-je pu passer, assis sur le bord de mon lit, les yeux dans le vague. J'eus besoin d'un remontant. Optais d'abord pour l'alcool. Pris un verre. Puis deux. Y ajoutais une cigarette. Intégrais un autre ingrédient au tabac à rouler. Puis mes mains se mirent à trembler, raison pour laquelle je cassais un caillou blanc, et traçait quelques lignes sur la table basse. Mais rien n'y fit. Je me sentais toujours étrange. Vide. Mais pas le bon vide. Il fait sans doute nuit depuis bien longtemps lorsque je décide de redescendre de mon appartement. Près du café m'attends mon dealer, à qui je viens de demander quelque chose de plus fort. Deux hommes dans une ruelle sombre… je chasse cette idée de ma tête. Ne pas penser à ça. Ne pas penser qu'à cette heure, cet homme magnifique que je désire tant, muse du dieu Perfection, doit sans doute chasser l'homme, ou consommer de sa proie, que sais-je, et qu'importe. Celui qui se trouve en cet instant entre ses bras n'est pas moi, c'est tout ce qui compte.

Mon homme arrive, furtivement. D'habitude, nous nous rencontrons dans les bars lounge, dans les hauts-lieux fréquentés par la jet-set et les gosses nés comme moi de parents fortunés. Mais je n'ai pas envie, alors que la nuit prend fin, d'aller lui courir après dans tout Paris. Très peu pour moi… il semble perdu, dans ces rues du centre où lui et son engeance insolente ne posent jamais un pied, si ce n'est pour vomir un surplus d'alcool, ou de drogue, ou de tout autre chose susceptible d'être ingérée…

-Draco !... souffle t-il, sourire aux lèvres.

-Stan, tu en as mis, un temps… cela fait au moins deux heures que je t'ai appelé.

Il m'adresse un sourire contrit. Stan est un gentil garçon, un peu fou, un peu trop camé peut-être, embarqué dans un monde nocturne duquel jamais on ne peut ressortir, une fois entré… mais il reste fidèle à lui-même. Gentil, et plaisant.

-Excuses-moi, Draco… je me suis un peu perdu en route, et… je me suis fait accoster… je ne savais pas que tu vivais si près de cette rue… tu ne risques pas de t'ennuyer toute la nuit, il suffit d'y mettre les pieds pour rencontrer des sourires charmants…

Il sourit encore.

-Stan, cesse de tourner autours du pot. Je suis fatigué, et déjà défoncé, je ne suis absolument pas en mesure de comprendre un traître mot de ce que tu racontes si tu ne parles pas clairement…

Il hésite quelque peu, puis cède :

-Tu ne vas pas me croire, mais… je me suis fait accoster par un homme. Enfin, il m'a regardé, et j'ai su qu'il me voulait, je ne sais pas ce qu'il m'a prit, je ne suis pas homo, pourtant, enfin je crois…

-Staaan… en gros, l'un de ces gigolos t'a fait les beaux yeux, et tu lui es tombé dans les bras pour de l'argent… j'espère que cela valait le coup de me faire attendre deux longues heures, au moins...

-Pas les beaux yeux, non… il m'a regardé droit dans les yeux, a insisté, et c'est moi qui l'ai rattrapé, comme… hypnotisé. C'était le plus beau mec que j'aie jamais vu… toi mis à part, bien sûr, mais vous n'avez rien de commun… je ne sais pas ce qu'il avait, mais il s'est mis à m'arracher mes vêtements, m'a poussé sur une chaise, m'a enfourché comme un sauvage… juste quand on allait… enfin tu vois quoi… il s'est mordu le bras, mais jusqu'au sang, comme s'il voulait souffrir, comme si ça lui donnait encore plus de plaisir… à bien y réfléchir, peut-être qu'il était maso… c'était peut-être un mec, mais c'était la partie de jambes en l'air la plus phénoménale de tous les temps...

Je le laisse soliloquer, serrant juste les dents. Je vois l'image, je me vois moi, en train de faire subir ça à… non, je ne pourrais pas, pas avec celui auquel je voudrais témoigner toute la douceur dont je sois capable, le faire monter lentement, découvrir et chérir chaque parcelle de son corps… embrasser passionnément chaque centimètre de sa peau… découvrir ce qu'est « faire l'amour », cette chose dont on nous parle tant, mais qui jamais encore ne m'est arrivée, en sa compagnie…

Stan, après m'avoir raconté en long, en large et en travers sa superbe soirée entre les bras experts d'un autre homme, glisse dans ma main un petit sachet, plein de petites pilules magiques. Je l'en remercie en lui fourrant une liasse de billets dans la poche, et le laisse s'en retourner vers de nouveaux horizons. Je me sens mal. Etrangement nauséeux. Logique, puisque je suis défoncé, me dires-vous. Mais le doute s'installe. J'y regarderais de plus près une autre fois, car, pour l'heure, je préfère de loin aller faire un tour aux portes du Paradis, mais pas de la même façon que Stan. Je prends rarement de ces cachets. Uniquement lorsque je suis au plus mal, lorsqu'ils m'ont appelé… faut-il donc que cet homme m'obsède et me hante, pour qu'ainsi je m'en voie forcé à en venir à mes derniers recours ? Quel est ce vide étrange et désagréable que je ne parviens à effacer, ni à combler, ou à remplacer par le néant d'inconséquence qu'offrent la fumée, les vapeurs d'alcool et la poudre blanche ? Je me sens mal, et cette douleur n'a rien d'ordinaire. Je me sens mourir peu à peu, et sans doute est-ce véridique, je me consume, j'agonise, et personne ne semble vraiment le voir. Pourtant, je me tiens là, sous leurs yeux. Ils pensent que je m'autodétruis par mes habitudes malsaines. Mais comment diable pourrais-je supporter cette atrocité quotidienne, sans rien pour effacer cette souffrance dont je ne sais encore si elle est physique ou mentale ? Si je ne l'efface pas un peu en gardant ma tête dans la brume, je m'effondrerais en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

M'effondrer… que fais-je ici, au fait ? Pourquoi ce genou me fait-il souffrir, et pourquoi ces pavés froids sous mes doigts ? Pourquoi la pluie tombe t-elle horizontalement sur ce sol vertical ? Pourquoi un être tel que moi ne trouve t-il pas de réponse à ces stupides questions ?

Des papillons dansent devant mes pupilles. Parfois, ils sont noirs, puis éclatent un instant plus tard en mille couleurs vivaces. Ils sont beaux, mais leurs mouvements saccadés et incessants me donnent la nausée. J'ai l'étrange sensation que leur charme m'attire, et que leurs corps m'aspirent vers une dimension inconnue. Peut-être devrais-je leur céder… une silhouette se précipite vers moi, dans le raisonnement incessant du bruit de ses pas. Je tente de lui grogner de faire moins de bruit, mais aucun son ne sort d'entre mes lèvres. Je me sens oppressé par les ténèbres qui m'engloutissent peu à peu ; j'ai froid, horriblement froid. Une voix parvient à mes oreilles, étrangement claire dans le chaos de mes perceptions. Une lueur perce l'obscurité. De petits éclairs glacés échouent sur ma peau. Puis un éclair brûlant. Qui vient de ces lueurs vertes. Mon Dieu, quel magnifique couleur, elle lui va si bien…

Je pensais être arrivé en Enfer, mais ce ne doit pas être le cas. Je ne suis pas encore mort, je ne me suis pas encore foutu en l'air avec mes conneries. Non. Pourquoi aurais-je dû mourir alors que je viens de le revoir ? Je ne le sais… peut-être pour emporter son image avec moi, avant qu'il n'apprenne quel genre de monstre je suis… il ne devrait jamais savoir ce que je suis, jamais… par pitié, faites qu'il ne comprenne jamais…

Etendu sur le pavé d'une ruelle sombre, je sens mourir sur mon visage les larmes du ciel, ainsi que celles d'un homme… non, d'un ange. Je persiste. Envers et contre tout. Ce garçon ne peut qu'être un ange…

Ses mains, les mains les plus fines, les plus douces qu'il m'eut été donné de toucher un jour, caressent mes joues, mon cou… je voudrais qu'elles y restent indéfiniment, que jamais elles ne me quittent. Qui eut crû, si on le lui avait dit, que le grand Draco Malfoy tomberait sous le charme triste d'un garçon de trottoirs ? Personne, bien entendu. Draco Malfoy aurait plutôt intérêt à épouser une jolie petite oie blanche afin de donner une descendance obéissante et digne de ce nom à son père… on peut dire que ce n'est pas une franche réussite…

Tes yeux me sauvent de la destruction, tes yeux forcent mon cœur épuisé à battre encore, tes yeux sont ma rédemption, ton corps est mon garde-fou…

Il faut être fou pour t'aimer si fort.

Je ne te savais pas si fort, pour me soulever ainsi de terre. Je ne te savais pas soucieux au point de m'emmener dans cette chambre inconnue, rouge et agressive. Je voudrais t'en remercier, mais aucun son ne parvient à sortir de ma gorge. Je ne pensais pas que tu songerais à ne pas appeler les secours pour ne pas que je me fasse ficher comme consommateur de drogues. Jamais je n'aurais songé que tu saurais quoi faire dans mon cas désespéré… je te savais exceptionnel, mais je me rends compte à présent que les milles merveilleux secrets qui constituent ton être sont encore à découvrir, même pour moi. Moi qui sais toujours tout sur tout le monde dès le premier regard…

Je ne pensais pas que tu tenais à ma misérable personne au point d'en verser quelques larmes. Je sais que tu ne pleures jamais, d'ordinaire. Mais cette nuit n'a rien d'ordinaire, n'est-ce pas ?

Nous sommes deux, dans cette chambre aux couleurs trop vives. Tu ne cesses de gesticuler, et je ne peux bouger. Tes cheveux noirs et indomptables dégoulinent encore d'eau. Ta chemise noire te colle à la peau. Tu n'es qu'un affolant appel à la luxure… tes yeux pleurent de rage. Tu es furieux contre moi. Et je le suis également contre toi.

Je vois d'ici le filet de sang vermeil traçant son sillon le long de ton bras. Ton poignet et sa marque de dents. Ainsi, c'est entre tes bras que mon cher dealer est monté au septième ciel ? Si je le pouvais, je le tuerais immédiatement. Pour avoir osé te donner ce que tu demandais. De la douleur.

Je suis furieux contre toi, car tu as eu envie de partir. Ainsi, nous sommes deux dans cette pièce à vouloir en finir ? J'ai envie de pleurer. Parce que j'ai peur.

Peur de partir, et de te laisser t'autodétruire. Je n'ai plus envie de mourir. Pas tant que tu seras là. Pas tant que tes larmes couleront. Les anges ne devraient pas pleurer. Les anges ne devraient pas aime les monstres. Et vice-versa…

Mon pauvre Harry, tu n'imagines quel démon s'est entiché de toi…

OOOo0°0oOOOo0°0oooO0°0OoooOO°o0Ooo°0Oo ...Tsuzuku...

Eve: Je suis déééésolée du temps que je mets à poster des chapitres, chers lecteurs... T,T si, si, croyez-moi...

Nana: Mais, maintenant que nous sommes en vacances, nous pourrons faire mieux !

Eve: Ouais... En tout cas, j'adooore ce chapitre... X3

Nana: Tu m'étonnes... OçO J'adoooore...

Eve/Nana: Gaaaaaaaaaaaaah... *ç*

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[Je suis obligée de faire la manche pour me payer mes cafés... plaignez-moi... T,T]

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