Blabla de l'auteur : Hello à tous. J'espère que vos préparatifs de noël avancent. Pour ma part je termine l'achat des cadeaux et du jus de fruit demain. Ahah j'en peux plus des magasins :p Merci à MiniMagiCcOulOurS , azerty (Hello Euh j'ai pas encore relu ce chapitre mais il me semble qu'il est plus joyeux. Bisouilles) et Angele (Hello miss. T'es pas trop débordée ? Ouais je voulais vous faire pleurer visiblement. Ah euh son but n'est pas d'aider Mitchie mais de prendre des forces pour distribuer la magie de noël… Je sais pas si c'est très clair ce que je raconte mais bon. Bisouilles) pour leurs reviews sur le chapitre précédent.
Disclaimer : Comme d'habitude, l'univers ne m'appartient pas. C'est à Disney. Je ne fais que l'emprunter le temps de cette histoire et promis je remets tout en place à la fin. =)
Partie 04
« - Tu n'imagines pas ce que j'ai ressenti lorsque tu as dis ne plus vouloir fêter noël, que c'était une fête stupide et pire encore. Quand tu as commencé à nous détester c'était comme si quelque chose en moi se brisait. Quelque chose que toi seule peux réparer.
« - C'est hors de question ! Toute ma vie, j'ai attendu un signe de toi, du père Noël ou même de ce Dieu que tout le monde idolâtre, mais il n'a jamais rien fait pour moi ! Il est hors de question que je vous aide ! Je me suis débrouillée sans vous, débrouillez-vous sans moi !
« - Ils ne pouvaient pas. Si tu ne crois pas en la magie, ou en Dieu, on ne peut pas t'aider. Tu dois croire en notre existence et…
« - J'ai cru en vous, vous ne m'avez pas aidé quand je l'ai demandé. Tu n'as même pas été capable de sauver ma mère, pourquoi je t'aiderais ?
« - Je ne pouvais pas Mitchie, ce n'était pas mon travail, je… Je suis désolé Mitchie, crois-moi. Ça fait dix-huit ans que je cherche un moyen pour que tu pardonnes notre erreur, mais il n'y en a pas. Je ne peux pas faire revivre ta mère, ça m'est impossible, mais toi tu as cette chance incroyable. Tu peux sauver plus qu'une vie. Tu peux sauver noël, être celle grâce à qui, je pourrais distribuer à chacun sa part de bonheur. Pense aux enfants des orphelinats, à Océane…
« - Non ne me parle plus d'Océane… Ne me parle plus jamais ! Je te déteste Shane, hurlais-je.
Sur ces mots, je quittais le zoo en courant pour rejoindre mon lieu de travail. Je passais le reste de l'après-midi à être sèche avec les clients me retenant, avec beaucoup de mal, de ne pas simplement les envoyer au diable. Je ne supportais pas ce travail mais habituellement je me consolais en me disant qu'il payait mes factures. Qu'il me permettait de mettre de l'argent de côté pour retrouver ma mère. J'avais assez à présent et je comptais prendre une année sabbatique afin de pouvoir la retrouver… Mais si Shane disait vrai, ma mère était morte et je n'avais plus aucune raison de garder ce travail stupide… Outre le fait que je ne voulais pas être à la rue ou pire… Retourner chez mon père. J'avais mis cinq ans avant de pouvoir me défaire de son influence sur moi, il était hors de question que je revienne vers lui. Je ne voulais plus jamais qu'il ne lève la main sur moi.
Dix-huit heures sonnèrent et je raccrochais au nez du type qui me draguait, sans même m'excuser, puis je quittais mon poste pour rentrer chez moi. Dan, un collègue, proposa de me ramener chez moi mais je refusais, préférant prendre le métro. Je croisais Shane dans la rue, et je changeais de trottoir puis à nouveau dans le métro où je changeais de rame. Je sentis son regard sur moi et j'eus l'impression qu'il me faisait ses adieux. Bon débarras !
Durant les jours qui suivirent, je me fis un devoir de clamer haut et fort que le père noël n'existait pas, que noël était une fête stupide… Bref, je voulais tuer Noël comme Shane avait tué ma mère ! Je savais au fond de moi qu'il n'avait rien fait de mal, mais j'avais besoin d'un coupable et il était le seul que j'avais sous la main, façon de parler. Je ne sus si c'était à cause de moi ou non, mais à mesure que les jours passaient, je trouvais les New-yorkais moins heureux, plus tristes. Je croisais de moins en moins de personnes qui souriaient et je m'en félicitais.
Quand je sortis de mon travail, mon portable sonna et je répondis en voyant que c'était le sergent Stew qui m'appelait. Je l'avais contacté la semaine dernière pour qu'il se renseigne sur ma mère, que j'avais déclarée comme disparue.
« - Mademoiselle Torrès ? Bonsoir sergent. Avez-vous des nouvelles de ma mère ? Vous l'avez retrouvée, demandais-je avec un fol espoir. Et bien… Pouvez-vous venir au poste ? Je… Bien sûr, le temps de prendre le métro.
Il m'assura qu'il allait m'attendre même s'il finissait son service dans quelques minutes et quand j'arrivais, vingt-cinq minutes plus tard, je m'excusais auprès de lui. Ce n'était pas de ma faute si le métro était bondé mais bon. Il m'invita à m'asseoir face à lui, alors qu'il s'éloignait le temps d'aller chercher un dossier. Je restais seule et je regardais tour de moi. Son bureau était chargé de dossier, il y avait un pot de stylos remplis. Une Monster High aux cheveux rose, un avec un canard, un autre encore était complètement poilu, et j'en passe. Une plaque sur son bureau m'apprit qu'il s'appelait Nate.
« - Bien, excusez-moi pour cette interruption, sourit-il en reprenant place.
« - Je vous en prie. Avez-vous retrouvé ma mère ?
« - Et bien, en théorie oui, soupira-t-il. Selon vos propres termes, votre mère aurait quitté le foyer conjugal l'année de vos sept ans ?
« - C'est exact.
« - Je dois vous avouer que j'ai eu beaucoup de mal à retrouver la trace de madame Connie Danford épouse Torrès. Elle a vécu quatre mois en Floride, dit-il en prenant un dossier qu'il ouvrit, où elle a travaillé en tant que commis de cuisine. Le restaurant a fermé pour rénovation et selon l'enquête que j'ai faite, votre mère aurait dit à ses collègues qu'elle revenait à New York pour venir chercher sa fille. Donc vous ?
« - Oui, je suis enfant unique, confirmais-je.
« - Très bien, souffla-t-il en ouvrant le dossier, votre mère a pris un ticket de train pour revenir à New York. Malheureusement, le train a été annulé à cause d'une défaillance et son billet a été échangé afin qu'elle prenne un car qui devait la ramener à la Grand Station Terminal. Malencontreusement, en arrivant à Paterson, il y a eu…
Je n'en écoutais pas davantage, je venais de comprendre que Shane avait raison… Le chauffeur avait trop bu… Ma mère avait voulu revenir me chercher. Elle était morte dans cet accident de malheur… Malheureusement, il n'y a eu aucun survivant à cette collision… Je réfléchis rapidement à Shane. S'il avait dit vrai pour ma mère… Se pouvait-il qu'il ait dit vrai pour le reste ?… Je suis désolée mademoiselle Torrès… Je fixais le sergent, me demandant pourquoi il me présentait ses condoléances, avant de me souvenir pourquoi j'étais là, puis je hochais la tête, retenant mes larmes. Ma mère était réellement morte. Seule, sans personne pour fleurir sa tombe. Cette pensée m'attrista encore plus et quand l'entretien se termina, je rentrais chez moi d'un pas rapide, bien décidé à m'enfermer et pleurer tout le week-end.
Quand j'arrivais devant ma porte, je vis Shane. Il semblait pâle et malade. Sans réfléchir, je m'agenouillais pour être à sa hauteur et lui demandais s'il allait bien… Même s'il était évident que non. Il me fixa et chuchota :
« - J'ai besoin de toi Mitchie.
« - D'accord, soupirais-je. Je vais t'aider. Comment je ne sais pas, mais je vais t'aider.
Sur ces mots, je me relevais, ouvris la porte puis je m'approchais de lui de manière à ce qu'il prenne appuie sur moi pour se lever afin d'entrer chez moi. Je l'accompagnais jusqu'au salon où il s'installa sur le canapé alors que j'allais fermer mon appartement à clé. J'enlevais au passage manteau et écharpe et rangeais mes découvertes dans un coin de ma tête, pour le rejoindre. Il m'observa revenir et j'eus l'impression qu'un souffle de chaleur m'enveloppa.
« - Arrête ça, dis-je sèchement.
« - Quoi donc ?
« - De me regarder, de m'envoyer du bonheur ou je ne sais pas quoi par vague, c'est déstabilisant. Je suis toujours en colère contre toi, grommelais-je en me demandant pourquoi il semblait si faible.
Je rejoignis la cuisine alors qu'il s'excusait de vouloir me rendre heureuse et je fermais les yeux. Ce n'était pas de son ressort. Je ne voulais que deux choses. Ma mère et lui. L'une était partie et l'autre inaccessible. Je nous préparais du chocolat chaud puis je revins vers lui en lui tendant une tasse qu'il accepta en souriant.
« - Alors explique-moi. Pourquoi es-tu dans cet état ? Il y a deux semaines et demie, tu avais la forme. Que s'est-il passé ?
« - Toi, chuchota-t-il faiblement. Souviens-toi de ce que je t'ai dis au zoo. Je suis lié à toi et si tu ne crois plus en noël, en l'esprit de noël que je suis, alors je cesse d'exister. J'ai moins de forces et je distribue moins de chaleur, les êtres humains dépriment plus et croient moins en moi, ce qui me fait perdre mes forces. C'est un cercle vicieux que toi seule peux briser.
« - Tu ne vas pas recommencer avec ces conneries, si ?
« - Mitchie, soupira-t-il en grimaçant, tu t'en es aperçue toi-même. Les gens semblent être de plus en plus tristes, depuis que tu as décidé de me tuer en refusant de croire en moi. Ce n'est pas une coïncidence. Tout est lié. Ton moral est lié à la joie mondiale. Je ne plaisante pas, m'assura-t-il en me fixant de son regard intense.
« - Bon visiblement si, tu recommences et tu m'énerves ! Je suis fatiguée, je vais aller me coucher, et on parlera de ça demain… Avant que je parte, demandais-je en me levant, veux-tu quelque chose à manger ? A boire ? Une couverture ?
« - Crois en moi Mitchie, je t'en prie, me supplia-t-il.
Je restais interdite une seconde en proie au doute puis je me repris, c'était ridicule. Dès que j'allais dire oui, il allait se lever d'un bond et hurler qu'il m'avait eu, des caméras allaient sortir de partout et je serais le dindon de la farce… C'est hors de question !
« - Bon écoute, tu n'as qu'à dormir ici cette nuit, on verra demain, je ne travaille pas. Je t'emmènerai chez le médecin et…
« - Il ne pourra rien pour moi, murmura-t-il en s'allongeant.
Je l'observais, luttant contre l'envie que j'avais de me blottir dans ses bras, puis je quittais la pièce au profit de ma chambre. Allongée dans le noir, je mis Shane de côté pour penser à ce que m'avait appris le sergent Nate Stew… Ma maman était réellement morte, et je ne l'avais jamais appris. Il ne me l'avait jamais dit… Le savait-il ? Etait-ce possible qu'il l'ait ignoré ? Ils étaient encore mariés, je le savais… Il avait forcément été prévenu, non ? Alors pourquoi me l'avait-il caché ? Lui qui aimait tant me faire souffrir et qui prenait tant de plaisir à me voir pleurer ?
Flash-back
Comme chaque jour après mes cours, je rentrais rapidement à la maison. Alors que la plupart des enfants de mon âge faisaient un détour par le parc, je devais être à la maison le plus tôt possible pour faire le ménage avant que mon père ne soit de retour. Je me dépêchais de monter mon sac à l'étage puis je fis la vaisselle avant de faire le repassage. Ce soir, nous mangerions des spaghettis bolognaise et je n'aurais pas besoin de plus de vingt minutes pour les faire. Le temps qu'il prenne sa douche. Le repassage terminé, je passais l'aspirateur, tapais les coussins du canapé avant de disparaitre dans ma chambre. Assise à un bureau de fortune, je commençais mes devoirs, le plus vite possible, tout en ayant les meilleurs résultats possibles. Si mes professeurs venaient à convoquer mon père… Je fermais les yeux en imaginant la raclée que je prendrais si ça se produisait.
La porte d'entrée claqua à dix-huit heures et je me tendis. Si sa journée avait été bonne, la mienne le serait également mais si elle avait été mauvaise… Ma soirée…
« - Mitchie, hurla-t-il me faisant comprendre que j'allais passer un sale moment.
Je descendis en toute hâte et me plantais devant lui au salon, attendant qu'il me dise ce qu'il avait. Seulement, il ne parla pas mais me gifla si fort que je tombais au sol. Je compris qu'il avait simplement besoin de se défouler, lorsqu'il me mit un coup de pied dans le ventre sans raison.
« - Relève-toi traînée, dit-il me faisant sursauter.
J'eus à peine obéis, qu'il me frappa dans les côtes, me coupant le souffle que j'eus beaucoup de mal à retrouver. Je tentais d'ignorer les autres coups de poings, de pieds ou les gifles non méritées, mais lorsqu'il m'agrippa par le cuir chevelu pour me jeter contre le living en chêne, je ne pus faire autrement que pleurer, le suppliant d'arrêter, tout en sachant que ça ne servirait à rien. Il me tenait et il avait bien l'intention de s'arrêter que lorsqu'il serait calmé.
Fin du flash-back
Je me souvenais de ce moment. C'était le jour de mon neuvième anniversaire… Je restais silencieuse durant plusieurs minutes, pleurant sans vraiment m'en rendre compte ou vouloir arrêter. J'avais besoin d'évacuer ce genre de souvenir, d'oublier que je n'avais pas grandi entouré d'adultes pour me protéger. Que des égoïstes qui faisaient semblant de ne pas voir les traces de coups que j'avais, lorsqu'ils venaient voir mon père.
Lorsque j'ouvris les yeux, ma chambre était claire. Me souvenant que je n'étais pas seule, je pris une douche rapide, me changeais puis rejoignis le salon pour voir Shane. Il semblait dormir mais il ouvrit les yeux dès que j'entrais dans la pièce et me fixa quelques secondes avant de soupirer en secouant la tête. Je restais perplexe en le voyant fermer les yeux puis lui demandais ce qu'il avait.
« - Rien, justement. Je n'ai même plus assez d'espoir en moi pour te contaminer.
« - Je dirais que ça… C'est plutôt une bonne nouvelle. Tu as faim ?
« - Je n'ai pas besoin de manger, ni de boire Mitchie.
« - Et te laver ? Te changer… Tout ça non plus ?
« - Non. Si je veux me changer, je n'ai qu'à fermer les yeux et imaginer une autre tenue.
Pour me le prouver, il se concentra et la seconde suivante, j'avais un père Noël dans mon salon. Je sourcillais et il sourit avant de se changer à nouveau. Il opta pour un jeans délavé, un pull-over blanc et des chaussures de ville. Je lui avouais qu'il était mieux ainsi puis j'allais me restaurer parce que moi j'ai besoin de manger pour vivre. Le silence étant pesant, je lui demandais comment il se sentait.
« - Faible… Mourrant et légèrement déçu de savoir que la mort n'est qu'une étape. L'année prochaine, je reviendrais… Si tu ne me tues pas totalement avant.
« - Je pourrais, m'étonnais-je.
« - Oui… Si tu décides de ne rien faire et de me laisser sur ton canapé sans m'aider, je vais disparaître. Si c'est trop tôt avant noël, je ne suis pas certain de revenir l'an prochain.
Je fronçais les sourcils en entendant ça et réfléchis… S'il suffisait d'agir ainsi pour tuer les gens… Non je ne veux pas le tuer, il mérite de souffrir atrocement avant de mourir ! Secouant la tête, je fis disparaître mon père de ma mémoire et rejoignis ma chambre où je pris mon portable pour appeler Nate.
« - Bonjour mademoiselle Torrès, dit-il étonné. Bonjour, excusez-moi de vous demander ça, surtout que je me doute que vous ne pourrez pas me répondre favorablement mais accepteriez-vous de faire une recherche pour moi ? Sur un homme qui me suit depuis quelques jours, précisais-je en mentant franchement. Bien sûr. Vous désirez porter plainte ? Je…
Je jetais un regard au mur qui séparait ma chambre de mon salon et secouais la tête. S'il disait vrai alors non, mais s'il me mentait, je ne me gênerais pas.
« - Je ne sais pas encore. Je veux savoir avant s'il est ou non dangereux, tranchais-je… Très bien, donnez-moi son identité, je vais faire une recherche et je vous dirais ça rapidement.
Je le remerciais et lui demandais s'il avait des infos sur un dénommé Shane Gray. Il me promit de me tenir au courant dans la journée et je me demandais quoi faire en attendant. Je finis par me décider et rejoignis l'esprit de noël, comme il dit s'appeler réellement.
« - Je vais à l'orphelinat, veux-tu venir ?
« - Je le voudrais, mais je ne peux pas. Je tiens à peine sur mes jambes, me signala-t-il en grimaçant.
« - Oh… Bon on va bien trouver quelque chose d'autre à faire al…
« - Non vas-y, je te promets de ne pas bouger d'ici. Je ne le pourrais pas même si je le voulais.
Je lui demandais s'il en était sûr, s'il ne voulait pas que je le ramène chez lui mais il m'assura que ça irait, que je devais aller à l'orphelinat. Habituée à obéir sans broncher, je quittais mon appartement et pris le métro pour rejoindre le Queens. Ce n'est qu'une fois dans la rame que je m'aperçus qu'il m'avait mis à la porte de chez moi. Inquiète de ne rien retrouver à mon retour, je songeais brièvement à rentrer puis je soupirais. Le temps que je descendre, et fasse le chemin inverse, mon appartement serait vide alors à quoi bon ?
J'arrivais rapidement devant le bâtiment délabré, et j'entrais d'un pas rapide. Les couloirs étaient vides et heureusement que je croisais Caitlyn sinon, j'aurais pu croire que c'était abandonné.
« - Bonjour Mitchie. Ça alors, c'est étrange que vous veniez aujourd'hui. Vous allez bien ?
« - Bonjour. Euh oui et vous ? Pourquoi étrange ?
« - Océane vous réclame depuis plusieurs jours et ce matin, elle a dit à Rocky que s'il ne vous disait pas de venir aujourd'hui, alors elle le jetterait à la poubelle.
J'écarquillais les yeux, inquiète. Ce chien, je le tenais de ma mère, elle ne peut pas le jeter ? Un regard de Caitlyn m'informa que si, elle en était capable, et je lui demandais où était la petite. Elle me conduisit à l'infirmerie où elle était depuis hier soir. Elle était tombée dans les pommes durant le repas et depuis, elle était perfusée, en attendant de reprendre des forces.
Quand j'entrais dans la pièce, je fus choquée, tant c'était propre et net. Comparé au reste de l'établissement, je veux dire. Je repérais la petite rapidement et la rejoignis. Dès qu'elle me vit, elle sourit grandement et me tendit la main. Je la pris et m'approchais pour l'embrasser et lui demandais comment elle se sentait.
J'y restais deux heures tout en m'inquiétant de son état de fatigue générale et quand je partis, je demandais à Caitlyn ce qu'il s'était passé. Elle m'expliqua que depuis ma dernière visite, la petite avait commencé à déprimer et elle s'était enfoncée dans celle-ci, ce qui fragilisait son état de santé. Je l'écoutais attentivement, me demandant si Shane n'avait pas raison en disant que j'avais le choix de rendre le sourire au reste du monde ou non. Mon téléphone sonna et je m'éloignais pour répondre.
« - Bonjour ? Bonjour Mitchie, c'est Nate. Oh bonjour sergent. Vous avez déjà des nouvelles ? Et bien oui et non. J'ai cherché des informations sur le dénommé Shane Gray comme vous me l'aviez demandé. Oh et ? Et rien justement. Il n'apparaît nulle part. Cette personne n'a pas fait son service militaire, n'est pas recensé, n'a pas d'adresse ni même de sécurité social. C'est un fantôme.
Je restais interdite quelques instants face à cette découverte puis je le remerciais de ce service avant de raccrocher pour me tourner vers Caitlyn.
« - Depuis quand connais-tu Shane ?
« - Je ne pourrais pas dire, admit-elle. J'ai l'impression de le connaître depuis toujours. Pourquoi cette question ?
« - Et il fait quoi dans la vie ?
« - Représentant en produit pharmaceuti… Non attends, il est bénévole dans une association qui a pour but de divertir les enfants ma… Je ne sais pas, s'aperçut-elle. A chaque fois que je lui demande, il me sort un métier différent… Il est dangereux, tu crois ?
« - Je ne sais pas, avouais-je.
On resta perplexe deux minutes puis je décidais de rentrer chez moi pour en savoir plus. Durant le trajet, qui me parut interminable, je réfléchis à tout ce que je savais. Selon Shane, il était l'esprit de Noël qui se déguisait en chauffeur de taxi. Selon Caitlyn, il faisait plusieurs travails différents. Et selon Nate, il n'existait pas… Qui disait vrai ? Quelle version croire ? Il n'avait aucune adresse, pourtant, il devait bien dormir quelque part, sinon où rangeait-il son taxi ? En plus de sa voiture, je veux dire. C'était tellement étrange. J'arrivais enfin dans ma rue et je rentrais d'un pas pressé. Je montais les étages puis entrais.
« - Shane, criais-je inquiète qu'il ne soit qu'un menteur.
« - Oui, souffla-t-il depuis mon salon.
Je le rejoignis pour voir qu'il n'avait pas bougé, tout comme mes meubles, cependant il me jeta un drôle de regard.
« - Quoi, demandais-je perdue.
« - Qu'as-tu fait ?
« - Euh… Rien, enfin je crois. Pourquoi ?
Sans un mot, il tira la couverture qu'il avait sur lui et j'hurlais en découvrant qu'il lui manquait un pied. Hors j'étais certaine qu'il était là quand je suis partie.
« - Mon dieu, tu as mal ?
« - Non, je disparais simplement… Je vais mourir, soupira-t-il en rabattant la couverture. C'est sans espoir. Tu ne croiras jamais en moi, et ton scepticisme contamine trop de gens, trop rapidement. A cette vitesse-là, je serais mort dans trois ou quatre heures… Noël est dans une semaine… Je vais te laisser Mitchie, tu n'as pas à voir ça. Un esprit qui meurt, c'est moche.
Il se leva avec du mal et je l'observais sans savoir quoi faire. Lorsqu'il fut debout, il devint blanc avant de tomber quand il voulut marcher. Je tentais de le rattraper mais je ne pus que tomber avec lui, voir carrément sur lui.
« - Navrée, grognais-je.
« - Tu n'as pas à t'excuser pour ça, je ne ressens pas la douleur. Comme tous les sentiments négatifs.
« - Tu ne peux pas marcher Shane, il est hors de question que tu partes. Rallonge-toi sur le canapé et dis-moi quoi faire pour que ton pied réapparaisse au moins.
« - Je te le dis depuis plusieurs jours. Crois en moi. Je n'ai pas besoin de plus pour aller mieux. Tu dois simplement accepter l'idée que la magie de Noël existe, que le père Noël aussi, tout comme Dieu et ses anges.
« - Je n'ai qu'à dire que je te crois ?
« - Tu dois le penser, nuança-t-il… Assieds-toi, sourit-il en désignant une place à côté de lui.
Intriguée et inquiète qu'il disparaisse dans une poussière d'étoile, j'obéis sagement puis le fixais.
« - Fermes les yeux à présent… Aie confiance en moi Mitchie, je ne vais pas partir, je ne peux pas, rit-il doucement.
Je le fixais intriguée, puis il prit ma main pour me prouver, dit-il, qu'il ne partirait pas, et je ressentis une décharge.
« - C'était quoi ça ?
« - Je ne sais pas, avoua-t-il, c'est la première fois que je dois convaincre une âme de mon existence.
Il me tendit sa main et je la repris en m'attendant à une nouvelle décharge électrique mais rien ne se passa et je fermais les yeux, attendant la suite. Il prit mon autre main et les serra doucement. La seconde suivante, je ressentis une vague d'espoir intense comme si je rayonnais réellement. Existait-il vraiment ? Etait-ce possible qu'il y ait un monde de rêve ? Je n'y avais jamais cru, ni même prêté une oreille attentive, pour la seule bonne raison que je n'avais plus eu de rêves, d'espoirs, après le départ de ma mère.
« - Ensuite, murmurais-je.
« - Laisse-toi guider, chuchota-t-il. Tu as confiance en moi, n'est-ce pas ?
Incapable de parler, je hochais la tête et je crus sentir son sourire à travers mes paupières closes. C'était de plus en plus étrange. Aucun mot ne fut prononcé, durant les minutes qui suivirent, pourtant j'eus l'impression d'entendre les prières d'énormément de monde. S'il te plait père noël, je veux le circuit Cars pour Noël… Papa noël, je veux pouvoir marcher pour noël… Faites que je trouve un homme gentil. Je ne demande pas grand-chose, juste qu'il soit gentil avec mes enfants… Faites que ma femme sorte du coma. D'autres encore demandaient de l'amour, un geste d'amitié, de quoi payer leurs factures pour ne pas être à la rue. Une femme demandait que son mari cesse de boire, une autre qu'il sorte de prison, une petite fille voulait un chat pour sa grande sœur qui venait de perdre le sien. Un homme demandait que sa femme retrouve assez d'espoir pour quitter sa dépression nerveuse et puisse faire noël avec leur bébé de six mois. Je sentis tant d'amour me traverser que mes larmes coulèrent malgré moi. Le flux se stoppa doucement et je rouvris les yeux. J'avais la vision brouillée après un tel choc, mais ça m'était égal. Ce que j'avais vécu était si magnifique… Je ne savais pas ce qu'il s'était passé et je regardais Shane pour comprendre. Sans un mot, il se pencha vers moi et essuya mes joues avec tant de tendresse que je fermais les yeux, me laissant aller à ce moment, consciente qu'il ne se reproduirait jamais. Quand ses doigts quittèrent mon visage, je le fixais à nouveau.
« - Qu'est-ce que c'était, demandais-je doucement.
« - C'était les souhaits des New Yorkais. Des personnes que tu croises chaque jour, sans le savoir, dans le métro, ou dans la rue.
« - Mais… Comment ai-je pu les entendre ? Quelqu'un a entendu les miens, m'inquiétais-je en sachant que c'était lui que je voulais.
« - Je suis une des rares personnes qui peut entendre les souhaits des gens, me confirma-t-il. Pourquoi, tu as peur que je connaisse les tiens ?
« - C'est gênant. J'ai déjà l'impression d'avoir violé tous ces gens !
« - Ce n'est pas gênant. C'est perturbant, je le concède, mais tes espoirs, tes rêves n'ont rien de gênants… Qu'est-ce qui te gêne ? Que quelqu'un les entende ou que je les entende ?
Je rougis et détournais le regard refusant d'avouer que je ne voulais pas qu'il sache combien je voulais qu'il reste dans ma vie. Il m'appela doucement puis changea de conversation.
« - Je n'ai presque plus assez de force, mais je peux encore te montrer quelque chose. Si après ça, tu ne crois pas en moi…
Il soupira et me tendit les mains. Confiante, je posais les miennes dessus et il les serra avant de me demander de fermer les yeux, encore une fois. J'obéis sans me poser de question et attendis une décharge électrique ou l'apparition de voix dans ma tête seulement rien ne se passa.
« - Ouvre les yeux Mitchie.
J'obéis et écarquillais les yeux. J'étais dans l'espace.
…
Ok j'avoue, j'ai très mal coupé mais ce qui suit est trop important pour être coupé donc… J'ai du couper avant… Désolée =) J'attends votre avis sur ce chapitre =)
Miss Tagada (L)
