GENRE : Action, Romance

PARING : Janto ( Jack x Ianto ) ; et j'ai réussit à mettre du Drarry, ne me demandez pas comment xD

RATING : T+, et M pour un chapitre, parce que Ianto est ultra badass... Uhuhuh :3

BÊTA : Merci à TenshinNeko ! \O/ Héhéhéhé, il est beau ton p'tit neveu, hein ? ;)

NOTE : La moitié des personnages appartiennent à Russell T Davies, et l'autre à JK Rowling ! :D Toute l'histoire est à moi par contre.

Et je déteste Gwen, Ok ? JE LA HAIS, C'EST DU PUTAIN DE BASHING ! Rien de moins xD

Et c'est un bon gros bébé. Un grooooos bébé de 140 milles mots \O/

De nouveau, petit résumé d'épisode de Torchwood à la fin :3

Attention, risque de déclencheur. Je veux dire, il y a une grosse... GROSSE crise de panique, d'angoisse et même un peu de dépression. ( Oui, sur les fics que je lis, il y a des warnings sur les différents déclencheurs de PTSD. ) Et c'est le cas, du PTSD dans ce chapitre.

Bonne lecture ! ~


# Chapitre 4

Ianto ferma lentement la porte de son petit appartement derrière lui. La nuit était tombée depuis un moment déjà, sombre et accueillante. L'intérieur de son appartement plongé dans la pénombre, illuminé seulement par les réverbères de la rue, il ne prit pas la peine d'allumer la lumière, prenant plaisir à évoluer dans les ombres en se déshabillant lentement, son esprit tournant et retournant sur la journée qu'il venait de passer.

Le Capitaine avait fait un bond en avant. Ianto sortait tout juste de leur dîner en tête à tête. Et cette fois-ci... Enfin, ça n'avait strictement rien à voir avec le Thaï de la semaine précédente. Durant les quelques minutes où ils avaient patienter en attendant leurs plats, Ianto lui avait demandé s'il pouvait reporter le congé de deuil d'une semaine, qu'il puisse prendre des dispositions pour retourner à Londres et avoir accès au caveau familiale de Hannah, alias Lisa.

Le Capitaine avait accepté et quand les assiettes leur avaient été servis, ils avaient cessé de parler travail. De quoi avaient-ils discuté ? Oh Merlin, de tout et de rien. Ianto ne pouvait même plus se rappeler de quoi, mais ce n'était pas grave : Il avait passé une des meilleures soirées depuis qu'il était à Torchwood III, et même la soirée avec Harry n'avait pas été aussi agréable. Avec son ami, ça avait été... du soulagement, de la tendresse d'avoir la chance d'être de nouveau avec son ami d'enfance. Mais ce repas avec Jack... Ce rendez-vous, ça n'avait rien à voir. Rien.

C'était différent. Ianto s'était amusé. C'était... Une agréable surprise, vraiment.

Certes, le Capitaine était un flirt sur patte comme il y en avait peu, ce n'était pas nouveau. Seulement, c'était un flirt léger, jamais invasif. Jack Harkness était de ces personnes qui aimait. Sans distinction de sexe, de couleur, d'espèce, d'âge - enfin, avec une certaine mesure tout de même, pas moins de 20 ans. Il était sans complexe, sans tomber dans le pervers, jamais dans l'excès. Quand le Capitaine avait commencé à se dégeler en sa présence, Ianto travaillait à Torchwood III depuis deux, trois mois et Jack avait bien entendu flirter avec lui. Comme il l'avait sûrement fait avec Suzie, ou Owen, Tosh et sans aucun doute Gwen en ce moment. Comment avait-il dit un jour déjà ? ... ah oui. "Je distribue de l'amour et de la confiance en soi ! Rien ne vaut un gentil flirt, un compliment bien amené pour remonter le moral de quelqu'un et le faire se sentir bien dans sa peau." C'était vrai que... Que c'était plutôt flatteur et agréable, il fallait juste ne pas se laisser aller à croire que c'était un comportement unique et surtout exclusif.

Mais ce soir-là, au restaurant... Le flirt avait été au-delà de ce à quoi il était habitué, cela avait été bien plus sérieux.

Ianto se glissa sous la douche, sous l'eau chaude, la tête plein de souvenirs de ce dîner.

Le Capitaine l'avait invité à sortir pour lui changer les idées, pour passer... du bon temps, loin du travail. L'équipe était sortie deux ou trois fois au bar, boire un verre en groupe, plus depuis la mort de Suzie, et surtout Ianto n'y était allé qu'une seule fois. Mais là... là, ça n'avait été que tous les deux. Le sorcier se secoua sous la douche et leva le visage vers le jet en fermant les yeux, se détendant. Jack Harkness était un homme... Intéressant. Indéniablement beau, sexy, avec un soupçon de danger qui ne manquait pas de faire frissonner Ianto de la tête au pied. Il n'allait pas se mentir, il avait été attiré par le Capitaine dès la première fois qu'il avait posé les yeux sur lui, quand il était encore sous la direction de Hartman. Il avait un magnétisme indéniable, il fallait le reconnaître. Aujourd'hui, il y avait toujours un peu d'attirance bien entendu, mais en deux ans, Ianto n'avait rien fait pour alimenter cette étincelle, et Harkness non plus. Il avait eut d'autre choses à penser à l'époque pour répondre positivement au premier vrai flirt sérieux que le Capitaine avait eu pour lui et ce dernier n'avait pas insisté.

Un petit sourire et une œillade par-ci, par-là, le flirt léger de retour, mais il faisait toujours un pas en arrière si ça mettait mal à l'aise son vis-à-vis.

La seule raison pour laquelle Ianto n'était pas rentré avec Jack Harkness ce soir, n'avait été que parce que le Capitaine l'avait poussé à rentrer chez lui pour se reposer.

L'agent de Torchwood prit une serviette et distraitement, s'essuya avant d'aller se laisser tomber dans son lit, s'enroulant dans ses draps.

Il avait faillit tomber dans le lit de son patron. Son patron !

Le problème, c'était que Ianto ne faisait pas dans les relations sexuelles, sans sentiments. Pendant quelque temps, durant et après la guerre, il avait utilisé le sexe pour la décharge d'endorphine, pour la chaleur d'une légère étreinte aussi rapide que... Triste, un moyen de faire retomber la pression. Mais il avait arrêté au moment où il avait commencé à être dégoûté de lui-même.

Oh, attention, il n'avait rien contre le sexe, les gens qui batifolaient à droite à gauche sans attaches, vraiment. Ce n'était juste... Pas pour lui. Certes, il n'avait eu que deux relations sérieuses dans sa vie, Hannah et Robie, un Serdaigle d'un an plus jeune, premier béguin qui avait duré de la sixième à la septième année. Une relation qui avait vu l'avènement de la guerre et qui n'avait pas résister aux affrontements et à l'horreur. Il savait juste que ce n'était plus pour lui.

Il avait été heureux avec Hannah, le peu de temps qu'ils avaient été ensemble, parce qu'ils avaient eut un lien avant, ils se connaissaient en amont. Même s'il n'avait pas été amoureux d'elle. Seulement il n'était pas sûr que Jack Harkness face réellement dans les relations, ou désire même quelque chose avec lui.

Alors... Oui. Peut-être que Ianto allait coucher avec lui une fois, pour voir, pour... Pour les mêmes raisons qu'après la guerre, par curiosité, pour décompresser aussi un peu et parce qu'il savait pertinemment que ça ne changerait en rien leur relation de travail.

Ianto cligna des yeux dans son lit en jetant un regard ébahis à son plafond. Mais... Mais à quoi pensait-il encore ? N'importe quoi. Roulant sur le côté, il s'agrippa à son oreiller et ferma les yeux. Il fallait qu'il écoute ses propres conseils et qu'il n'imagine pas des signes illusoires, dans le cas contraire cela ne pourrait que mal tourner. Il avait simplement besoin de se reposer, c'était tout. Il manquait de sommeil, et le week-end qui arrivait et qu'il avait désormais de libre, allait lui permettre de se reposer.

Merci beaucoup Capitaine Jack Harkness, il n'allait pas craché sur ce moment de favoritisme soudain, ça non.

.*.

La situation s'était détériorée sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit pour la freiner. Heureusement que Ianto était resté une semaine de plus, il ne parlait pas de sa relation avec le Capitaine qui avait subtilement changé, qui se dirigeait tout doucement vers quelque chose de plus charnel, non. L'équipe de Torchwood eut, pour la première fois depuis que le Capitaine en avait le commandement, contact avec le monde magique. Et pas un simple sorcier, non, ce serait beaucoup trop simple. Un des pires côtés de la magie inhérente dans le monde, si puissant et indéniable que personne ne pouvait remettre en cause l'autorité.

Des Faes. Des Faes venus dans le monde moldus.

Ianto, dû à son statut de sorcier, savait parfaitement ce qu'étaient ces êtres, comment ça procédait et surtout, pourquoi.

Les légendes racontaient que les Faes prenaient des bébés à la naissance, pour les remplacer par leur propres petits, que çavenait ensuite les récupérer plus tard. C'était plus compliqué. Certains enfants étaient tellement traversés de pouvoirs, un tel contact avec la Terre, la Nature, la Magie, qu'ils ne pouvaient vivre dans le monde dit 'normal'. Tout leur semblait toujours trop puissant, la douleur des autres était comme la leur, et leur propre douleur étaient une infamie, insupportable.

Certains sorciers avaient apporté des théories comme quoi les Faes sauvaient ses enfants, dont le contact trop poussé avec la Magie et sa puissance, les consummait peu à peu. Mais il y auvait d'autres enfants, que les Faes venaient chercher pour d'autres raisons : Une enfance difficile en devenir, une vie douloureuse. Chaque Faes était un de ses enfants sauvés, de ceux qui abandonnaient totalement cette réalité qui leur était désastreuse pour une autre, plus primaire, plus magique. Et ça viendrait aussi pour ces enfants, puisque ça avait la possibilité de les sauver d'un futur sombre.

Le Monde Sorcier avait accepté cet état de fait. Perdre son enfant était douloureux pour tout à chacun, mais les sorciers savaient que perdre un enfant en faveur des Faes était un mal pour un bien une bénédiction, qu'il aille dans un endroit où il ne souffrirait jamais.

Mais Jack Harkness connaissait les Faes, et d'après la manière dont il en parlait, il ne connaissait que la partie la plus... sale : Celle où les Feas vengeaient leurs Élus. Mais il savait aussi qu'il n'y avait rien à faire, et même si Ianto ne pouvait pas clairement discuter des Faes à cause de son contrat magique, il tenta tout de même d'être là, pour Jack.

Ianto avait écouté leur réunion sur ce qu'ils savaient sur les Faes en leur apportant leurs cafés et se fustigeait que son contrat magique soit aussi bien enroulé autour de lui. Harkness voulait les arrêter, et Ianto savait que c'était la toute dernière chose à faire. Personne ne pouvait "les empêcher de nuir" comme le pensait Toshiko, il n'y avait rien à faire !

Mais Ianto ne pouvait leur dire d'arrêter, qu'il ne fallait pas interférer avec le monde des Esprits, avec ces puissances qui dépassaient leur entendement. Il ne pu rien dire, et Jack perdit la vieille femme du nom de Estelle.

Ianto ignorait exactement qui elle était, mais... Jack était immortel. Il devait la connaître d'avant, et Ianto se sentait triste pour lui. Malheureusement, il ne pouvait rien faire d'autre que regarder sans pouvoir intervenir. Il ne pouvait même pas lui dire qu'il était désolé pour lui, parce que Gwen était toujours avec le Capitaine, Ianto ne pouvait l'approcher ; et en plus de cela, il n'était pas sensé être au courant de son statut d'immortel.

Et quand l'Élue des Faes fut emportée...

Ianto soupira en préparant le café pour le Capitaine, dans le silence angoissant du Hub. L'équipe était rentrée et Ianto avait suivi leur progression grâce aux ordinateurs et aux communications. Il avait tout entendu, toute la désapprobation glaciale d'Owen, la fureur violente et virulente de Gwen, le silence choqué et outré de Toshiko. Une fois arrivé au Hub, toute l'équipe avait ignoré le Capitaine, qui était allé s'enfermer dans son bureau, et Gwen avait tout de suite commencé à vociférer contre Harkness, qui d'après elle avait sacrifié une enfant, juste comme ça. Comme si ça ne lui avait rien coûté.

Ianto avait envie de la frapper, de lui hurler de se taire, mais il ne voulait pas attirer l'attention sur lui, plus qu'il ne l'avait déjà fait. Espèce de... Parce qu'elle aurait pu faire autrement et bien mieux, peut-être ?! A l'époque, Dumbledore avait fait de nombreux choix, pas vraiment les meilleurs, mais toujours au nom du Plus Grand Bien, et du Plus Grand Nombre, Ianto comprenait pourquoi Harkness avait choisi cette solution. Mais justement, en plus du fait que oui, si Jack avait vraiment empêcher la petite de partir avec eux, les Faes auraient sans aucun doute détruit tout Cardiff en représailles ; et surtout, Jack n'avait pas d'autres choix ! Aucun, parce que l'Enfant, l'Elue, n'avait pas besoin d'être sauvé.

Mais ça, ça semblait être trop dur à comprendre pour eux... Ianto savait qu'ils étaient tous choqués et qu'ils cherchaient un bouc émissaire à cette situation catastrophique qui n'avait pas eu d'autres finalité possible, ou alors de désastreuses conséquences.

Un pédophile était mort, un beau-père un peu rustre - Ianto reconnaissait que ce dernier ne méritait peut-être pas cette fin tragique- avait perdu la vie... Ils avaient été chanceux dans leur malheur. C'était peut-être froid, mais c'était la sombre et cynique vérité. Les Faes n'étaient que des enfants, au delà du temps et de l'espace ; les notions de bien ou de mal, les valeurs morales, rien de tout cela ne comptait. Seulement la Magie qui les traversait, la Magie et leur Élus, il n'existait rien d'autre pour eux.

Gwen avait enfin cessé de hurler à tue tête, puisque personne ne lui répondait. Toshiko s'était plongé dans son ordinateur, Owen avait disparu dans la zone médicale, et la galloise fulminait à son bureau, frappant rageusement sur son clavier d'ordinateur. Ianto les regarda un instant de là où il était et ravala un soupir. Resserrant sa prise sur le café qu'il avait préparé, il se dirigea silencieusement vers le bureau du Capitaine, frappant très légèrement à la porte. Sans attendre qu'il lui dise d'entrer, il ouvrit la porte et pénétra le bureau - parce qu'au vu de la situation, le Capitaine allait rester dans ce bureau pour se laisser engluer dans sa déprime, et il en était hors de question. La pièce était calfeutrée, les rideaux des fenêtres fermés et le Capitaine était assit à son bureau, la tête entre les mains, alors que la lumière de sa lampe juste à côté de lui jouait des ombres sur sa forme avachie.

L'immortel releva le visage au bruit de la porte que Ianto ferma derrière lui et grimaça en le voyant s'approcher.

- Ianto, je ne... Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée que tu sois là, soupira-t-il. Prennez tous votre fin de journée et rentrez, marmonna-t-il d'une voix sombre.

Ianto hocha la tête.

- Bien sûr...

Nooon, ce n'était pas du sarcasme, non.

- Mais voilà pour vous, tenez.

Il posa doucement la tasse de café qu'il avait préparé juste à côté de la main du Capitaine. Ce dernier regarda la tasse et esquissa un léger petit sourire.

- Merci, soupira-t-il.

Seulement, à peine avait-il trempé ses lèvres dans le café qu'il grimaça et eut du mal à ne pas recracher la boisson. Ianto eut un sourire un peu contrit.

- Oui, c'est du décaféiner. Toutes mes excuses, mais vous n'avez pas vraiment besoin de stress en plus.

Harkness fusilla la tasse du regard et la colère, la douleur le submergèrent, son visage tordu, il sauta sur ses pieds, repoussant brutalement la chaise avec fracas.

- Alors c'est ta propre manière de me le faire payer, c'est ça ? Explosa-t-il et Ianto secoua la tête.

- Non Monsieur, déclara-t-il doucement, mais le Capitaine ne l'écoutait pas.

- Qu'est-ce que je devais faire, hein ? Ce n'est pas... Je n'avais pas d'autres choix !

Ianto leva les mains et se rapprocha, attirant enfin son attention sur lui. Enervé, le Capitaine l'observait pourtant, la respiration hachée.

- Je sais, Monsieur. Je comprend, dit-il doucement.

- Est-ce que tu me detestes, toi aussi ?

Et le coeur de Ianto se serra. Il sourit tristement.

- Non, Monsieur. Et ils ne vous détestent pas, je vous assure. Ils sont juste... Choqués par ce qu'il s'est passé. Ils ont besoin d'un coupable. Ce n'est pas vous.

Du moins, il espérait sincèrement que l'équipe n'allait pas... Du moins, ils allaient finir par comprendre. Mais apparemment, ses paroles firent... quelque chose, au Capitaine, parce que Ianto ne le vit pas bouger. Et en un battement de coeur, en une fraction de seconde que Ianto ne le réalisa pas, le Capitaine était face à lui, prit son visage entre ses mains et l'embrassa comme si c'était la seule chose qui lui permettait de rester en vie. De ne pas perdre la tête.

Il écarquilla les yeux de surprise et ouvrit la bouche, et le Capitaine... Jack en profita, enfouissant sa langue dans sa bouche et... Oh, par Merlin... ! C'était...

Ianto soupira et ferma les yeux pour laisser le Capitaine user de son expérience sur lui, se plongeant dans le baiser avec un gémissement de plaisir. Il embrassa le Capitaine Jack Harkness avec passion, s'abandonnant totalement le temps de quelques minutes avant de poser ses mains autour de sa taille, le pressant un peu pour se détacher. Le souffle haletant de Jack caressait ses lèvres et Ianto déglutit.

- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, dit-il d'une voix un peu rauque, le désir le faisant frissonner.

Les mains du Capitaine sur son visage glissèrent le long de son cou, puis le quittèrent définitivement et le Capitaine fit un pas en arrière, le visage vide et fermer.

- Je suis désolé, j'ai... J'ai du mal comprendre, dit-il calmement.

Ianto secoua la tête et se rapprocha pour prendre son poignet et l'empêcher de s'éloigner de lui. Jack allait se fermer, et Ianto ne le voulait pas.

- Non, vous ne comprenez pas. Ce n'est pas une idée judicieuse, répéta-t-il. Pas maintenant, précisa-t-il calmement.

Le visage du Capitaine se contracta un instant et Ianto hocha un peu la tête, esquissant un sourir paisible pour le calmer un peu.

- Ces deux derniers jours ont été compliqués, Monsi... Jack, dit-il doucement. J'aimerai ne pas endommager notre relation professionnelle en nous perdant entre les draps.

Jack déglutit et détourna le regard, mais Ianto n'avait pas terminé.

- Le sexe, c'est bien. C'est un bon moyen de faire retomber la pression, précisa le gallois, et Jack lui lança un regard surprit.

Oui, il était paisible, calme et discret, mais pas prude, ni un saint. Et encore moins un moine, merci bien.

- Mais... Au vu de ces derniers jours et de votre état d'esprit présent, ce serait plus du sexe... plein de colère. Je ne dis pas, ça peut être bien, mais ça peut aussi être à double tranchant et mal se terminer. Et... J'avoue ne pas avoir envie de nous dégoûter l'un de l'autre, murmura-t-il enfin.

Le Capitaine ferma les yeux et soupira profondément en se passant une main dans les cheveux. Le plus jeune l'observa et posa sa main sur son épaule tendue, enfonçant légèrement ses doigts dans ses muscles, mimant un massage un peu bancal, il faut le reconnaître. Doucement, Jack commença à se détendre et il déglutit en rouvrant les yeux.

- J'ai... J'ai essayé de la sauver, tu sais, avoua-t-il d'une voix étranglée.

Ianto hocha doucement la tête mais ne dit rien, ne connaissant que trop bien cette culpabilité alors qu'il n'y avait pas d'autres solutions viables.

Le Capitaine soupira et ferma les yeux, son corps tremblant de colère. C'était de la colère réprimée, Ianto sentait cet arrière goût de fer dans sa bouche alors que l'esprit tourmenté de Jack se déroulait partout dans la pièce et pressait ses barrières. Le sorcier glissa sa main jusqu'à la nuque de l'immortel pour la presser, et l'homme se détendit un peu.

- J'ai... vraiment essayé, répéta-t-il d'une voix presque amorphe.

- Jack, souffla Ianto. Tu le sais aussi bien que moi : Certaines personnes ne peuvent être sauvées... Surtout ceux et celles qui n'ont pas besoin d'être sauvé.

L'immortel rouvrit les yeux et lui lança un regard un peu perdu.

- ... De quoi ?

Le sorcier s'humidifia les lèvres, essayant de savoir jusqu'où le contrat allait le laisser aller.

- Les Faes, précisa-t-il. La petite... L'Elue... Elle n'aurait jamais été bien ici. Heureuse. A l'aise. Elle aurait fini par... mourir de chagrin, ou quelque chose comme ça.

Il ne l'avait jamais rencontré, il ne pouvait savoir si elle faisait partie de ces enfants magiques nés dans les familles moldus et qui, ironiquement, étaient trop proches de la magie, ce qui aurait terminé par la consumer avec le temps ; ou de ces enfants que les Faes avaient prit d'affection et avait décidé de sauver. Mais au vu de ce qu'il avait entendu, c'était une enfant magique, et elle serait morte dans quelques années. Le contrat agissait, il sentait les mots coincés dans sa gorge et il ne pouvait pas lui dire.

- Tu... Tu crois ? S'enquit le Capitaine avec une petite voix.

Ianto sourit un peu tristement.

- Oui, Jack. J'en suis sûr, répondit-il très sérieusement, implacable.

Le Capitaine le regarda un long moment, ses yeux passant sur son visage comme pour chercher... une trace de mensonge peut-être. Mais Ianto ne se détourna pas, parce qu'il fallait que Jack comprenne que ce n'était pas de sa faute, qu'il comprenne qu'il allait pouvoir avancer. Certes, pas avant quelques temps, parce que c'était trop frais ; mais s'il comprenait maintenant, il allait pouvoir commencer à se remettre plus rapidement de cette épreuve.

- Je...

Jack ferma une nouvelle fois les yeux, passa une main sur son visage et son corps se détendit enfin. Ianto, lui, se rapprocha un peu et massa son épaule.

- Je ne sais pas... Je...

- Jack.

Il lui jeta un regard embrumé.

- Ce n'est pas de ta faute, murmura le sorcier, regrettant amèrement de ne pouvoir lui en dire plus.

Mais le Capitaine finit tout de même par hocher la tête, se détachant pour se rasseoir à son bureau pour prendre sa tasse et regarder le liquide noir, silencieux. Ianto l'observa un instant et retint un soupir : Le Capitaine venait de se renfermer, le sorcier n'allait plus pouvoir en tirer quelque chose. Alors il se redressa, passa ses bras dans son dos et posa son éternel sourire de circonstance sur les lèvres.

- Ce sera tout, Monsieur ? Lâcha-t-il d'une voix légère.

Jack, le nez dans son café, lâcha un rire et releva la tête vers lui, visiblement soulagé que le "barista" reprennent leurs bonnes vieilles habitudes.

- Ce sera tout, oui. Merci, Jones, Ianto Jones, répondit-il comme à leurs habitudes.

Le sorcier hocha la tête et quitta le bureau, espérant que le Capitaine n'allait pas se laisser tomber dans la déprime. Ianto allait informer le reste de l'équipe de leur fin d'après-midi de libre puis rattraper un peu son retard et rester tard ce soir, peut-être même manger avec le Capitaine un plat à emporter qu'il aurait été chercher. Cela lui changerait les idées et l'écarterait de son marasme intérieur.

Ianto s'avança dans la base de Torchwood III mais avant qu'il ait pu atteindre ses collègues, il vacilla un peu, un frisson le parcouru de la tête au pied, l'arrêtant. La chute d'eau lui sembla soudainement assourdissante et la magie en son sein se mit à chanter, de joie, de plaisir, d'euphorie. S'il n'avait pas appris un minimum de contrôle sur sa magie durant la guerre, il aurait à coup sûr laissé toute sa puissance éclater tout autour de lui, et détruire sûrement toutes les installations électroniques de l'endroit.

- ... to ? Ianto ?!

Comme sortant d'une apnée sous de l'eau glacée, Ianto cligna des paupières et déglutit difficilement. Face à lui, Toshiko avait quitté son poste pour venir devant lui, visiblement inquiète de son moment d'absence, et du coin de l'oeil, le sorcier vit que Gwen les regardait. A ses côtés... oh, Owen, qui se préparait à prendre son pouls.

- Ianto, est-ce que ça va ? S'inquiéta Toshiko en se rapprochant. Tu étais... comme dans les vappes, c'était inquiétant, là.

- Je-

Il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit : Une bourrasque violente traversa le Hub, repoussant efficacement Toshiko et Owen qui étaient près de Ianto. Ce dernier ferma les yeux et leva les bras au dessus de sa tête, la Magie du monde l'enveloppant dans une étreinte douce et agréable, familière et puissante. Un frisson de joie le secoua et il réprima un gémissement enfantin en rouvrant les yeux.

Des pétales de roses.

Des pétales de roses partout, voletant violemment dans le Hub, empêchant l'équipe d'approcher Ianto.

Les Faes étaient là.

- Ianto !

La voix de Jack était paniquée, douloureuse, et Ianto ne pouvait pas bouger. Pas parce qu'il était en danger, bien au contraire. Il ne s'était que rarement sentit aussi bien, sa Magie vibrait de joie et en coeur avec celle des Faes. L'une d'elles apparue devant lui, toute petite, brumeuse, guillerette, virevoltante autour de sa tête.

- Ianto ! Baisse-toi ! Cria Jack en essayant d'approcher.

- Stop ! L'intima Ianto en levant le bras derrière lui, vers là où il savait être Jack, ne quittant pas du regard ce petit être si puissant, si magique.

Il ne voulait pas que Jack intervienne ; il ne fallait pas qu'il intervienne ! Les Faes pourraient très mal le prendre. Une boule d'euphorie éclata dans son ventre alors que les murmures multiples des Faes lui parvinrent. Il ferma à demi les yeux en soupirant difficilement, presque trop joyeux pour comprendre ce qu'il se passait.

- Eh oh, ce matin, y a Chloé qui s'est noyée, dans l'eau du ruisseau, j'ai vu ses cheveux flotter... ~

- Hm... Mesdemoiselles... Sourit-il délicatement, les... la coupant dans sa chansonnette.

La Fae soupira doucement et arrêta de voler, s'arrêtant juste devant lui, à quelques centimètres de son nez. Ses petites ailes claquaient dans son dos, et malgré tout cette intensité lumineuse, cette brume qui l'enveloppait, Ianto la vit sourire.

- Il est temps de venir, Notre Élu.

Gazouilla la Fae en virevoltant devant lui. Ianto haleta en écarquillant les yeux.

- Je... Quoi ?

Il déglutit et secoua la tête. La Fae pencha la tête sur le côté.

- Il est temps. Si tu le désires, Notre Élu.

- Je... Je suis un adulte, pourquoi moi ?

Le petit être magique roucoula et se rapprocha de lui, Ianto sourit, juste heureux.

Un coup de feu retentit, arrachant un sursaut au sorcier qui sortit de sa transe. La Fae perdit tout son aspect enchanteresse. Elle se déploya, de taille désormais adulte, aspect monstrueux puisque ces enfants qu'ils avaient été un jour n'avaient jamais été adultes et ne faisaient... qu'imaginer. Un corps rachitique, un visage long et des canines pointues. Elle se tourna violemment, tout comme Ianto, vers Jack, qui tenait encore son arme levée. La Fae commença à bouger, mais le sorcier bougea en même temps et se mit entre eux deux, levant les mains devant lui.

- Non, je vous en prie !

Elle s'arrêta, ses ailes battant furieusement derrière elle, mais ne quitta pas du regard le Capitaine.

- Cet être a essayé de te faire du mal, Toi qui est Notre ! Clama-t-elle d'une voix sombre.

- Non ! Non, il pense... Il pense qu'il doit me protéger ! De vous... S'il vous plaît, ne lui faites rien... S'il vous plaît.

Elle feula en montrant les crocs, les pétales de roses volants un peu plus violemment autour d'eux, avant qu'elle ne reprenne sa forme plus légère et Ianto soupira doucement. Elle se rapprocha de lui.

- Il ne doit pas te faire de mal, Notre Élu ! Plaida-t-elle.

- Il... ne le fera pas, je vous assure.

- Il ne faut pas... Il ne faut pas ! Tu dois venir ! Tu seras en sécurité, avec les tiens !

- Je... Mais je suis adulte... S'étonna-t-il, un peu perdu.

- Qu'importe. Tu es Notre Élu, qu'importe ton âge, chantonna-t-elle en penchant la tête sur le côté.

- Mais je... Je ne suis pas mort, je... Pourquoi je devrais venir...

Il était perdu.

- Non... Mais toi et un autre Enfant de Mère Magie auriez dû venir avec nous.

- Attendez, attendez... Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas... quand vous venez habituellement, quand nous ne sommes que des enfants ?

La Fae feula et se secoua, grognant de toutes ses dents.

- Mère Magie peut être cruelle. Les Prophètes voient les noeuds de la Réalité, et quand ils prennent ces liens pour les tisser en des mots, même nous ne pouvons intervenir. Et nous vous avons perdu, toi et Notre autre Élu... Soupira-t-elle douloureusement.

Un bloc de glace tomba dans son estomac et il ferma les yeux.

- Oh non... Harry et moi...

- Nous voulions venir. Nous voulions vous prendre et vous protéger ! Mais Mère Magie-

Ianto secoua la tête en levant les mains devant lui, haletant.

- D'accord... D'accord, vous ne pouviez... pas intervenir... D'accord.

Il prit une grande inspiration et se secoua, ne voulant pas y penser dans l'instant.

- Mais alors, pourquoi maintenant ?

Elle voleta en rond devant ses yeux, et il loucha pour continuer de la regarder.

- Nous t'avons retrouvé ! Notre Petite était ici, et nous vous avons sentit de nouveau, toi et l'Enfant de Mère Magie ! Nous vous avons retrouvé, nous vous avons retrouvé ! Chanta-t-elle. Et tu vas être si heureux avec nous !

Le sorcier trembla et tenta de faire un sourire.

- Je suis honoré de l'intérêt que vous me portez. Mais je dois malheureusement décliner, répondit-il doucement.

La Fae arrêta de virevolter partout pour le regarder, penchant la tête sur le côté, surprise.

- Hm ? Mais pourquoi cela ?

- Parce que... Je me suis fais une vie. J'ai une vie. J'ai un futur, et... Et je veux pouvoir le voir, expliqua-t-il calmement.

- Mais tu souffres, Notre Élu. Tu as tellement souffert, et tu vas souffrir ! Insista-t-elle.

Ianto sourit tristement.

- La douleur fait partie de la vie humaine. Et elle me permet de savoir que je ne suis pas mort, expliqua-t-il.

- Mais la douleur ! Insista-t-elle. Tu es triste, Notre Elu !

- Bien sûr. Mais vous saviez... Vous saviez ce que j'allais vivre jusqu'à aujourd'hui. Vous savez ce que j'ai vécu. Alors vous savez... - Il soupira un peu et secoua la tête. - ... que rien ne pourra être pire, termina-t-il, la gorge sèche.

- Mais...

La Fae perdit toute sa joie, sa lumière irradiante se fit moins puissante et elle descendit de quelques centimètres, comme abattue.

- Mais tu vas avoir mal, Notre Élu... Pleura-t-elle presque.

- Et c'est le tout à chacun des Humains, vous le savez mieux que quiconque. Je ne suis pas un de vos Petits, et j'ai survécu jusqu'à aujourd'hui, j'ai survécu à... tout ça, malgré tout ce qu'il s'est passé.

- Alors... Tu vas rester ? Comprit-elle d'une petite voix triste.

- Oui. Je suis vraiment honoré de votre intérêt pour moi, mais je peux apprendre à être heureux, ici, déclara-t-il.

Elle fredonna un instant et se remit à voler en rond autour de sa tête avant de s'arrêter devant lui une nouvelle fois, soupirant de toute son âme.

- Tu feras attention, n'est-ce pas ? S'enquit-elle.

- Bien sûr, mademoiselle, acquiesça-t-il. Et qui sait, peut-être que mon âme vous rejoindra une fois que j'en aurais terminé ici.

- Et nous prendrons bien soin de toi, je te le promets !

Il hocha la tête et déglutit.

- Je sais.

- Et... Et l'autre Enfant de Mère Magie... ?

- Non. Je ne crois pas qu'il voudra partir. Lui aussi a survécu, il a un fils maintenant, qui n'aura heureusement jamais besoin de vous.

- ... D'accord... Soupira-t-elle d'un air abattu.

Ianto sourit et lui offrit la révérence d'usage.

- Veuillez offrir mon profond respect à votre Altesse.

La Fae gazouilla un instant et se rapprocha pour poser ses petites mains sur son front et l'embrasser. Ianto ferma les yeux alors que la magie en son sein tressautait de plaisir.

- Et fais attention à toi surtout... Lui souffla-t-elle en volant un peu plus haut.

Puis elle souffla un rire de clochette qui se répercuta dans tout la pièce et la bourrasque de vent revint, plus forte encore, emportant les pétales de rose avec elle. Le vent s'enroula autour d'elle, de plus en plus fort, de plus en plus vite, et tout explosa dans un flash de lumière. Un souffle de Magie pure et puissante s'échappa alors, percuta Ianto qui ferma les yeux sans pouvoir empêcher un sourire paisible d'éclairer ses traits et avec un soupir tendre. La Fae était partie, emportant avec elle sa Magie mélodieuse et gracieuse, maternelle, ses pétales de roses, sa douceur incommensurable.

Ianto resta quelques secondes comme ça, immobile, cherchant à s'accrocher un peu plus à cette si agréable sensation, mais c'était terminé.

Partie, évaporée, il n'y avait plus rien. La Magie s'était dissipée aussi brutalement qu'un coup de feu, laissant la seule réalité froide et implacable pour le sorcier. Ce dernier déglutit avec difficulté, une douleur dans sa gorge, dans son torse et son estomac se révulsa. Il se mit à trembler alors que l'affreuse vérité le percutait avec la force d'un avion à plein vitesse.

Harry et lui.

Les Faes les auraient prit, tous les deux. Oui... Au vu de l'enfance de son ami et même de son temps passé à l'école, ce n'était même pas une surprise. Et lui... Sa grand-mère n'avait bien entendu jamais été violente avec lui, juste dure, stricte, froide. Il avait été la seule preuve que son fils avait été sain un jour, mais elle ne l'avait considéré réellement comme.. quelqu'un digne de sa considération, uniquement lors de son premier acte de magie accidentelle, quand Robert Londubat, frère de Frank, l'avait jeté par la fenêtre à ses huit ans. Elle n'avait même pas réagit quand son deuxième fils l'avait attrapé, clamant qu'ils allaient tout de suite voir s'il méritait le temps et l'argent qu'elle déboursait pour lui depuis qu'elle l'avait récupéré, et dans le pire des cas, se débarrasser d'un cracmol déshonorant. S'il n'avait pas eu de magie...

À partir de là, il avait dû être une copie carbone d'un père qu'il n'avait jamais pu connaître autrement que comme une coquille vide. Elle l'aimait, Ianto n'en doutait pas, mais elle ne l'avait montré que rarement. Un peu quand il avait rebondi sur le sol comme un ballon gonflé, jeté du troisième étage, un peu quand il avait été mit à Gryffondor, tout comme son père ; et malgré tout cela, elle n'avait cessé de voir Frank en lui. Il n'avait pas réalisé ce qu'elle lui faisait vivre au quotidien, trop habitué à son comportement jusqu'à ce que sur son lit de mort, la fatigue la débridant, il n'avait été que Frank pour elle. Jusqu'à son dernier souffle. La timidité, le dénigrement, les rires, les affrontements à l'école... Seules les Gryffondors avaient été presque gentils avec lui. Puis tout le reste. Ces années dangereuses entres les murs sensé être sécuritaires, avec encore et toujours Harry première victime, puis le retour de Voldemort, la résistance, la guerre, la torture de la septième année, Lestrange qui voulait l'envoyer dans la même chambre que ses parents...

Il aurait pu éviter tout cela.

Il aurait pu ne pas avoir à vivre tout cela ! Et à cause de cette connerie de prophétie de merde... ! qui avait détruit leur vie à tous deux, à Harry et à lui, parce qu'ils avaient été deux enfants qui répondaient aux critères des dires de la magie, ils avaient dû vivre tout ça !

Un spasme douloureux le secoua, Toshiko lui parlait depuis quelques instants déjà, il ne comprenait rien. Rien. C'était impossible ! C'était... Trop gros, c'était...

La douleur apporta des larmes amères à ses yeux et il plaqua un peu plus sa main tremblante sur sa bouche alors que son ventre se retournait une nouvelle fois.

- Ianto !

La bile remonta dans la gorge et il écarquilla les yeux, les larmes s'échappant de ses cils.

- Je vais être malade, gémit-il et il s'écarta violemment.

Trébuchant sur ses propres pieds, il eut tout de même le temps de foncer aux toilettes avant d'être malade. S'accrochant à la porcelaine, il plongea la tête dans la cuvette et se laissa submerger par... tout.

La douleur, la tristesse, la nostalgie l'étouffèrent alors que son estomac se déversait et il éclata en douloureux sanglots. Tout son corps tremblait, secoué de spasmes vicieux et il s'écroula. La bile, le vomit lui enflammait la gorge, les larmes lui brûlaient les yeux et la morve coulait jusqu'au menton.

Il ne réagit pas quand de douces mains se posèrent sur sa nuque et son front pour retirer ses cheveux qui collaient à sa peau avec la sueur ; et d'autres mains enserraient doucement son poignet, des doigts pressaient son cou, sa peau en douceur.

- Chut Ianto, tout va bien, tu vas bien, chut, murmura une voix tout contre son oreille.

Toshiko. C'était Toshiko qui caressait son dos et ses cheveux pour le rassurer, le réconfortant comme un enfant et Owen était en train de l'ausculter en faisant très attention à lui, à ne pas le bousculer.

- Owen, comment va-t-il ? Qu'est-ce qu'elle lui a fait ? S'inquiéta la jeune femme.

Le Docteur de Torchwood III ne dit rien pendant un moment, continuant d'ausculter le sorcier qui pleurait toujours, effondré.

- Physiquement, il n'a rien. Aucune trace de ce qu'elle a pu lui faire. Mais psychologiquement, je ne peux pas le savoir.

- Owen, dieu seul sait ce qu'elle lui a dit. Tu as entendu tout comme moi comment il lui a parlé, il a parfaitement compris ce qu'elle lui disait !

- Je sais, j'étais là ! S'énerva l'homme d'un ton grinçant. Mais qu'est-ce que tu veux que l'on fasse ? Que l'on essaye de deviner ce qu'ils se sont dit en examinant son côté de la discussion ? Je ne suis pas sûr que ça va l'aider dans l'immédiat.

Ianto gémit douloureusement en essayant de presser ses mains sur ses oreilles pour faire taire leur voix, mais les mains de Toshiko l'en empêcha avec douceur et Owen commença à nettoyer son visage avec du papier humide.

- Hey, Tea-boy... Ne t'en fait pas, on est là, chut...

Mais Ianto était inconsolable, régurgitant plus que de la bille, son estomac totalement vide. Et ça faisait mal, ça faisait si mal...

- Chut Ian, tout va bien, on est là, calme-toi... Calme-toi... Répéta Toshiko en caressant ses cheveux.

Ianto... avait besoin de sa soeur. Il avait besoin de voir sa nièce et son neveu, il avait besoin de voir Harry, il avait besoin de voir Luna... Il fallait qu'il sorte, il avait envie d'éclater, il avait besoin d'un épuisement magique pour s'endormir et tout oublié de ces derniers jours, de ces derniers mois, ces dernières années...

Mais délicatement, Owen l'éloigna de la cuvette et avec l'aide de Toshiko, ils l'installèrent sur le sol, appuyé contre le mur pour lui donner de l'air, qu'il puisse mieux respirer. Une lumière passa devant ses yeux et le docteur soupira.

- Il est en état de choc, déclara-t-il de sa voix professionnel.

Il posa sa main sur son front et le força à tourner la tête vers lui, plantant son regard dans le siens.

- Allez Tea-boy, respire profondément, ça va aller. Calme-toi, il faut que tu te calmes et que tu me dises ce qu'elle t'a fait, dit-il d'une voix si douce que s'en était surprenant.

Owen n'était pas doux. Il n'était pas gentil. Pas avec lui. Toshiko passa un nouveau papier humide sur ses lèvres et si la nausée était toujours là, Ianto n'avait plus envie de vomir.

- Owen, qu'est-ce qu'on peut faire ? Tu crois qu'il y a quelque chose... dans les archives, un truc alien qui nous permettrait d'aller dans sa tête pour l'aider ?!

- Je ne sais pas, on avait déjà fait des recherches et on avait rien sur les Faes, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de jouer avec des objets dont on ne connaît rien même si c'est pour l'aider...

- Vous ne comprenez pas...

Comment avait-il réussit à parler, Ianto n'en savait trop rien. Mais son murmure attira l'attention des deux membres de son équipe, qui braquèrent leurs regards sur lui. Toshiko sourit, un sourire un peu tremblant et caressa doucement son épaule, comme pour l'ancrer dans la réalité.

- Hey, Ian... Chuchota-t-elle doucement avec un sourire aqueux.

Le sorcier grimaça alors que la douleur de la situation le submergeait une nouvelle fois.

- Ianto, peux-tu me dire de quoi tu te souviens ? Est-ce que tu sens quelque chose de différent chez toi ? Est-ce que tu peux me dire si elle t'a fait quelque chose ? Commença à demander Owen, medecin consciencieux qu'il était.

L'agent le plus jeune ferma les yeux et tenta de prendre une grande inspiration, mais son corps était toujours secoué de sanglots qui lui coupaient le souffle.

- Je... elles auraient dû venir... hoqueta-t-il.

- Venir où ? Insista doucement Toshiko.

- Me chercher... Elles auraient dû venir quand j'étais enfants, mais... mais... Elles ont pas pu, et j'ai dû... J'ai dû vivre tout ça...

Il sanglota un peu plus fort alors que toutes les horreurs dont il avait été témoin, dont il avait été victime et qu'il avait fait l'aveuglèrent. Il ferma brutalement les paupières et se recroquevilla sur lui-même.

- Je veux... Je veux voir David et Mica, murmura-t-il sans même le réaliser, contre ses genoux.

- De qui il parle ? Chuchota la voix de Toshiko.

- Comment veux-tu que je le sache ?

- Je vais chercher Jack, clama Tosh en sautant sur ses pieds.

Et le silence s'abattit sur les salles de bains de Torchwood III.

.*.

Jack ne pouvait pas bouger. Il était incapable de faire le moindre mouvement : Les Faes étaient venues jusqu'ici, dans le Hub de Torchwood... pour Ianto. Malgré les chants étranges, enchanteur que tous avaient entendus, il avait semblé que le gallois avait réussi à communiquer avec elle. Elles avaient voulu le prendre, mais il avait refuser poliment, sans même paniquer un seul instant, et Jack s'était de nouveau senti trahis. C'était comme si le jeune homme savait parfaitement ce qu'il était en train de faire, et cela n'avait aucun sens. Mis à part si Ianto lui avait de nouveau caché des choses.

Et quand le gallois, après le départ des Faes, avait tourné vert, tremblant et sur le point de se mettre à pleurer comme il ne l'avait même pas fait à la mort de son amie, qu'il s'était ensuite précipité vers les sanitaires, Jack avait voulu le suivre. Il avait voulut se jeter à sa suite comme l'avait fait Toshiko et Owen, mais il avait été incapable de faire un seul mouvement.

Il restait là, le regard dans le vide, son esprit essayant de comprendre ce à quoi il avait été témoin, jusqu'à ce qu'une voix perçante - Ô combien stridente - le sortit de ses pensées turbulentes.

- Je le savais !

Le Capitaine Harkness cligna des yeux et se tourna vers la seule personne qui était encore avec lui dans la pièce principale, Gwen - qui fusillait du regard là où avait disparu le reste de l'équipe.

- Pardon ? S'enquit Jack, voulant qu'elle répète.

Elle posa sur lui un regard de pur feu, sa personnalité flamboyante lui envoyant une pique de désir dans le corps. Cette fougue, ce brasier, c'était beau à voir, mais... Mais ce n'était pas le moment. Et puis, il y avait Ianto - quoi qu'il n'était jamais contre un peu de diversité- Il se secoua mentalement alors que l'ancienne policière fit un pas vers lui.

- Quelque chose ne va définitivement pas avec Ianto ! Clama-t-elle, le regard sombre.

Jack se mordit l'intérieur de la joue, l'inquiétude tordant de nouveau son ventre.

- Quoi, tu... Tu as vu quelque chose ? Il... Il était malade avant ça ?

Comment n'avait-il pu voir ça ?! Et il se disait chef d'équipe, mais qui essayait-il de convaincre ?! Mais la galloise secoua vivement la tête, faisant voler ses cheveux bruns autour de son joli visage.

- Non, Jack. Tu ne comprends pas. Je n'ai aucune confiance en Ianto après ce qu'il s'est passé la dernière fois avec sa petite-amie, expliqua-t-elle.

Le Capitaine fronça de nouveau les sourcils et l'inquiétude le secoua, mais pour une toute autre raison cette fois-ci. Il n'aimait pas la direction que prenait cette conversation.

- ... Et qu'est-ce que tu as fait ?

- J'ai regardé son dossier.

- Tu as... quoi ? Espionné Ianto ?!

Gwen le regarda comme s'il avait dit une blague de plutôt mauvais goût.

- Bien sûr ! Avec ce qu'il s'était passé, ne penses-tu pas que c'était dans mon bon droit de m'inquiéter de ma sécurité ? J'ai ressorti son dossier de Torchwood I, et devine quoi : Il n'y a rien.

Jack haussa un sourcil.

- Excuse-moi ?

- Il n'y a rien, rien du tout, que du blabla administratif. C'est du chiqué, trop parfait, il n'y a rien d'exploitable dans son fichier ! Alors j'ai voulu savoir comment il avait été engagé à Torchwood, s'il avait des références ou quelque chose comme ça. Et de nouveau, rien. Comme s'il n'existait même pas! Il est marqué dans son dossier que c'est un transfert, et pas moyen de trouver d'où il provient ! Ianto est un putain de fantôme, et je n'ai aucune confiance en lui, tu devrais prendre des mesures.

Le Capitaine ferma les yeux et soupira. Ianto était un bureaucrate, un gratte-papiers - sans vouloir être méchant - sous les ordres de Hartman, bien sûr que son dossier était... basique.

- Oui, c'est un transfert, de Torchwood I à Torchwood III, Gwen. Tu-

Elle secoua la tête en soupirant, comme s'il était long à la détente.

- Non, tu ne comprends pas. Avant Torchwood, c'est comme s'il n'existait pas. Il a été transféré, et pour autant qu'on sache, ça pourrait être un putain de mensonge ! Est-ce que tu es sûr au moins qu'il travaillait à Torchwood I ? Clama-t-elle.

Jack allait répondre, mais un bloc de glace tomba dans son estomac et il observa la femme.

- Qu'est-ce que tu as dit ? Demanda-t-il d'une voix faible.

Elle souffla de nouveau, exaspérée.

- Est-ce qu'il a vraiment travaillé à Torchwood I, Jack ?!

- Pas ça ! Il a été transféré ? C'est marqué, noir sur blanc, dans son dossier ?

Gwen hocha vivement la tête et Jack détourna le regard. Elle avait raison. Elle avait parfaitement raison, ça n'allait pas du tout.

Parce qu'aucune agence gouvernementale ne faisait de transferts à Torchwood. Pas même U.N.I.T. Les agents démissionnaient avant d'avoir un nouvel emploi, ils n'étaient plus à U.N.I.T, ils n'étaient pas des transferts. Mais avant même qu'il ne puisse comprendre cette nouvelle étrangeté dans la vie de Jones, Ianto Jones, Toshiko arriva en trombe, le visage défait.

- Jack ! Appella-t-elle. Jack, Ianto, il... il a besoin de toi !

Le coeur du Capitaine tressauta, en quelques enjambée, il dépassa la jeune asiatique pour se précipiter dans les sanitaires de Torchwood.

En passant les portes des salles de bain, l'odeur acide et âpre de la bille l'agressa et son inquiétude augmenta d'un cran. Il se précipita dans la cabine des toilettes où il avait aperçut Owen et déglutit pour ravaler une plainte : le Docteur n'avait jamais semblé aussi inquiet pour son tea-boy. Et ce dernier...

- Oh, Ianto...

Le jeune gallois était recroquevillé sur lui-même, tremblant comme Jack ne l'avait jamais vu, et face à lui, Owen cherchait à le faire sortir de sa tétanie. Jack se laissa tomber au côté du médecin inquiet sans oser toucher le jeune agent.

- Owen, qu'est-ce qu'il a ? Murmura-t-il, inquiet.

- Si... si j'ai bien comprit ce qu'il s'est passé, les Faes auraient dû venir le chercher quand il était jeune.

- Quoi ?!

- Et que ça ne s'est pas fait. Je ne crois pas qu'il l'ai bien prit... Et il veut voir un certain David et une certaine Mica... Termina le docteur avec un visage soucieux.

Jack déglutit difficilement et se rapprocha de Ianto pour poser délicatement sa main sur son épaule. Le jeune homme se crispa sous sa main et releva la tête de ses genoux. Le regard qu'il posa sur l'immortel était si déchiré que le Capitaine grimaça et son coeur se serra.

- Je veux rentrer à la maison... murmura-t-il d'une voix brisée.

Jack hocha la tête et se pencha en avant pour attraper son regard.

- J'ai besoin que tu restes ici, Ianto. Je ne veux pas qu'elles viennent te prendre.

Le jeune homme secoua la tête, des larmes coulant sur ses joues.

- C'est trop tard... Ca ne servirait plus à rien, répondit-il en un murmure.

Il observa Jack, le visage défait, perdu, et alors que le Capitaine allait parler, son regard se perdit dans le vide et Ianto ne fut plus là. Jack ouvrit la bouche, paniqué, et pressa son épaule.

- Ianto ? L'appella-t-il.

Mais le jeune homme... venait de se perdre quelque part dans son esprit. Le Capitaine fronça les sourcils, le coeur dans le creux de sa gorge et fit quelque chose qu'il s'était toujours refusé de faire depuis qu'il était arrivé dans une époque bien vieille : Il ouvrit son esprit, n'eut même pas besoin de tendre son attention vers le jeune agent.

La douleur, la colère, la tristesse, la si grande tristesse le submergèrent. Ianto n'avait plus aucune barrière, bien que Jack ne savait pas réellement comment il faisait tous les jours pour ne pas être submergé par les esprits invasifs de chacun sans aucun entraînement comme il en avait eut dans sa jeunesse, sur sa planète natale. Et le Capitaine ne s'attarda pas, la douleur était trop forte, Ianto était une épave.

- Jack- Commença Owen, mais le directeur de Torchwood III secoua la tête.

- Rentrez chez-vous, je vais m'occuper de lui, déclara-t-il fermement.

- Mais-

- Owen. Maintenant.

Le Capitaine lui lança un regard entendu et Owen, après un dernier regard sur Ianto et une main posée sur son épaule pour lui donner du courage, il se leva et attrapa Toshiko par le coude pour la conduire gentiment hors des sanitaires. Jack observa Ianto et lâcha un petit soupire, ignorant comment gérer cette situation... Mais il n'allait pas abandonner Ianto. Jamais. Les Faes pouvaient revenir...

L'immortel se passa une main sur le visage et retira sa main de l'épaule du jeune homme pour se redresser, il hésita un instant en le voyant tressaillir à la perte de son contact. Au vu de son état, Jack ne pensait pas qu'il serait judicieux de pénétrer son esprit pour l'aider à monter des barrières, le jeune homme pourrait inconsciemment se cacher derrière et ne plus en sortir, laissant une coquille vide amorphe - et Jack ne voulait pas ça. Le Capitaine s'éloigna doucement, ne le quittant pas du regard, pour prendre plusieurs papiers et retourna aux côtés du jeune homme amorphe. Étouffé par la porte, il entendit tout de même l'alarme de la porte.

Ils étaient désormais seuls dans le Hub, et Jack soupira doucement. Précautionneusement, il s'assit face à Ianto et commença délicatement à essuyer ses joues, observant chaque tressaillement, chaque spasmes qui le secouait encore. Ses sanglots s'étaient taris, mais il pleurait toujours. Une fois que le Capitaine eut terminé de nettoyer son visage, il se redressa pour grossièrement nettoyer les sanitaires et se rapprocha du jeune homme.

- Ianto ? L'appela-t-il doucement.

Mais le jeune homme ne réagit pas, Jack ravala un soupire. Il s'accroupit, attrapa doucement ses coudes pour le tirer sur ses pieds.

- Allez, viens, dit-il d'une voix calme et douce, gardant un ton ouvert pour ne pas aggraver son cas. Viens avec moi, Ian. Les toilettes ne sont pas le meilleur endroit pour se perdre, n'est-ce pas ?

Le jeune homme se laissa faire, une véritable poupée, et Jack le sortit des sanitaires. Doucement, il guida le jeune homme dans le Hub et... Putain, qu'est-ce qu'elle foutait encore là, elle ?!

Gwen était à son bureau, assise royalement sur sa chaise, les jambes et les bras croisés, le regard mauvais et tapant du pied sur le sol.

- Qu'est-ce que tu fais encore là ? Je vous ai dit de rentrer, dit-il doucement, ne voulant pas plus agresser Ianto qu'il ne l'était déjà.

Mais la galloise n'avait pas autant de considération pour le jeune homme, puisqu'elle sauta sur ses pieds en les voyant arriver, le visage mauvais. Si mauvais. La colère ne lui allait pas, s'il l'avait trouvé belle plus tôt, ce n'était plus le cas dans l'instant.

- Jack ! Je ne vais pas te laisser seul ici, surtout avec Lui ! Clama-t-elle passionnément.

Le Capitaine réprima une grimace alors que sous ses mains, contre lui, il sentit Ianto tressaillir violemment. Il regarda le jeune homme, inquiet, mais ce dernier gardait le visage vide, le regard perdu, il n'était... il n'était pas là, et là en même temps, c'était... Très douloureux de le voir ainsi.

- Gwen, rentre chez toi. Maintenant.

- Jack !

- Ne discute pas mes ordres ! Cracha-t-il, et Ianto sursauta.

Violemment. Très violemment. Un véritable spasme qui contracta tout ses muscles et une sueur froide traversa le Capitaine de la tête au pied. Mais il n'eut pas le temps de réagir plus que cela, puisque le jeune homme se redressa soudainement, le visage... glacial, le regard dur et... Il était de nouveau là. Il... Quelque chose n'allait pas.

Ianto se détacha de lui et fit deux pas en avant, un pas stable, et alors que Gwen allait de nouveau parler, Ianto ferma les yeux, prit une grande inspiration, et passa ses mains sur son torse pour lisser ses vêtements.

- Je vais rentrer chez moi, maintenant, déclara-t-il d'une voix posée, atone.

Jack déglutit, n'aimant pas l'air de zombie que le jeune homme arborait et secoua la tête.

- Non, Ianto. J'ai besoin que l'on discute un peu.

Le gallois tourna la tête vers lui, avec un regard si neutre que... Le Capitaine hocha la tête, cachant son trouble.

- S'il-te-plait, insista-t-il.

Ianto ne dit rien pendant un instant tout en l'observant, sembla décider que c'était acceptable puisqu'il se détourna et partit dans le bureau du Capitaine, laissant la porte ouverte derrière lui. Jack prit une légère inspiration pour se donner du courage et tourna son attention sur son autre agent. Son regard devient plus dur, il n'aimait pas que l'on remette en cause son autorité comme elle osait le faire de plus en plus dernièrement.

- Gwen. Tu rentres chez toi et tu retournes auprès de ton fiancé.

Elle ouvrit la bouche mais Jack la coupa avec un regard noir.

- C'est un ordre, si tu ne veux pas être suspendue, obéi, déclara-t-il délicatement, la colère rendant sa voix glaciale et sombre.

Elle ouvrit de grands yeux, surprise et choquée qu'il ose lui parler de la sorte.

- Si dans cinq minutes, tu es toujours là, je te mets en congé forcé sans paye, est-ce que c'est clair ? Déclara-t-il d'une voix sombre sans la quitter du regard.

- Mais-

Mais rien. Il se détourna avant qu'elle ne lui fasse son regard perdu, celui qu'elle avait déjà utilisé sur lui quelques fois auparavant et dont elle avait même usé quelques heures plus tôt, alors qu'elle le suppliait de sauver la petite emportée par les Faes. Mais Jack n'allait pas se laisser avoir, pas encore, pas de nouveau.

D'un pas décidé, le visage déchiré par la colère froide qui brûlait en son sein envers l'ancienne policière qui avait mal choisit son moment pour l'exaspérer, il la laissa en espérant sincèrement qu'elle n'allait pas lui désobéir de nouveau et pénétra son bureau fermant la porte derrière lui. Là, il ferma les yeux et soupira, prenant le temps d'écouter l'alarme de la porte, annonçant enfin le départ de Gwen. Elle en avait mit du temps. Elle avait longtemps hésité apparemment. Mais au moins, elle était partit.

- Bien, soupira-t-il en rouvrant les yeux.

Il s'avança dans le bureau. Iant était assit sur le canapé, penché en avant, ses coudes posés sur ses genoux ; immobile, froid, comme détaché de la réalité. Jack fronça les sourcils et soupira. Il prit la chaise qui était face à son bureau et la rapprocha pour s'asseoir juste face à lui. Ianto ne réagit pas, le regard braqué face à lui, silencieux. Le Capitaine se pencha vers lui et posa sa main sur celles liées de Ianto.

- Ianto, dit-il doucement.

Le jeune homme cligna des paupières et releva enfin la tête vers lui.

- Monsieur, répondit-il délicatement.

- Comment te sens-tu ? Lui demanda-t-il, observant son visage.

Visage neutre, vide ; une marionnette aux fils coupés. Vidé de toutes substances.

- Tout va bien.

- Faux.

Le Capitaine soupira et secoua la tête.

- Tu t'es enfermé derrière tes murs. Ce n'est pas la chose à faire, et tu le sais.

- Tout va bien, répéta le jeune homme et Jack lui envoya un regard noir.

- Arrête, Ianto.

Le jeune homme ferma les yeux et soupira. Son corps s'affala et Jack resserra sa prise sur ses mains.

- Les Faes voulaient t'emmener. Pourquoi ?

- Parce que.

- Ce n'est pas une réponse, Ianto, soupira Jack.

Le Capitaine observa son agent rouvrir les yeux et lui lancer un regard neutre, vide.

- Je ne peux rien dire, expliqua-t-il simplement.

Jack l'observa, essayant de comprendre en analysant ses yeux, son nez, la courbe de sa bouche, ses cheveux ; rien.

- Tu ne peux rien dire, comme tu n'as pu rien dire sur le civil que tu as laissé partir la dernière fois, déclara-t-il.

Une étincelle de... quelque chose passa brièvement dans le regard du plus jeune, qui hocha simplement la tête.

- Gwen a dit quelque chose d'étrange à propos de ton dossier tout à l'heure.

- Qu'est-ce qu'elle a encore fait... soupira Ianto plutôt qu'il ne demanda, et Jack eut un rapide sourire.

- Ne t'occupe pas d'elle. Le fait est qu'elle a regarder ton dossier.

- Et pas vous.

- Non, en effet. Je n'ai que faire des mots d'un supérieur sur un bout de papier, je préfère voir les actes. Je n'ai lu aucun dossier, aucun rapport précédent sur mes agents. Si j'ai besoin de savoir quelque chose d'important sur eux, je préfère qu'ils m'en parlent eux-même.

- Ce n'est pas une bonne idée, déclara Ianto en le regardant dans les yeux.

Jack ne dit rien pendant quelques secondes, réfléchissant en l'observant.

- Je crois que je commence à m'en rendre compte. Elle m'a dit que tu as été transféré à Torchwood. A Torchwood I.

Ianto se redressa et hocha la tête. Jack continua.

- Sauf que Torchwood n'accepte pas de transfert, malgré le fait que le siège du 1 dépendait totalement de la couronne.

- Je sais, acquiesça le plus jeune.

- Mais... Il y a une agence, une seule, qui à l'autorité de transférer ses agents à Torchwood.

- Oui, sembla-t-il le presser et Jack fronça les sourcils.

- Le MI6.

Ianto ferma les yeux et soupira.

- Exact.

Jack lâcha les mains du jeune homme et se passa une main sur le visage.

- Tu es un putain d'agent du MI6.

- Je ne dépend qu'à moitié de la secti... Du MI6.

La voix du plus jeune s'était étranglée dans sa gorge avant qu'il ne finisse sa phrase, et Jack comprit qu'il avait eut raison.

- Oh putain... Torchwood n'a pas besoin d'agent secret dans ses rangs, soupira-t-il en se prenant la tête dans les mains. Tu viens de la section spéciale.

Ianto ne dit rien et Jack releva la tête vers lui, surpris. Tout son corps était crispé alors qu'il ne quittait pas du regard son patron, à sa grande surprise.

- Monsieur... Il faut que vous le disiez à voix haute, murmura-t-il dans un souffle.

- Tu es un sorcier, lâcha-t-il enfin en ne le quittant pas du regard.

Tout le corps de Ianto sembla se liquéfier et il s'enfonça dans le canapé en soupirant de soulagement.

- Deux ans, Monsieur, dit-il d'une voix faible en lui lançant un regard fatigué. Deux ans que j'attends ce moment.

Jack se redressa dans sa chaise, se laissant aller contre le dossier de cette dernière.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Mon dossier public est un faux. Mon dossier officiel est censuré et mon véritable dossier est enterré sous tant de couche de cryptage qu'il faudrait trois bons mois à Toshiko pour passer au travers, et cela ne serait pas suffisant. Il n'y a qu'un dixième de mon véritable travail dessus, parce que j'ai été embauché par Torchwood sous un contrat magique. Un contrat qui m'empêche de parler de ce que je suis et de la magie à quiconque s'ils n'ont pas été mit au courant ultérieurement. Le fait est que le contrat est toujours effectif malgré le fait que Torchwood I est tombé. Quand je dis que je ne peux pas parler, c'est que je ne peux littéralement rien dire, soupira-t-il.

Jack l'observa soupirer et se redresser pour passer sa main dans ses cheveux. Le Capitaine s'humidifia les lèvres en réfléchissant.

- Ca explique beaucoup de choses, murmura-t-il enfin.

- Vous croyez ? S'amusa Ianto amèrement.

- Lisa ? S'enquit Jack en voulant comprendre.

- Elle était toujours là, sa magie était toujours là... Jusqu'à ce qu'elle ne le soit plus.

Il prit une grande inspiration et croisa les jambes en levant le regard vers le plafond, ne supportant visiblement pas le regard interrogateur de Jack sur lui.

- Lisa et moi avons été à Poudlard ensemble, avoua-t-il et Jack hocha la tête, l'ayant deviné. On a vécu beaucoup de choses là-bas, et en plus de ne plus sentir sa magie, la livreuse de pizza n'avait que les souvenirs du temps de Lisa passé à Torchwood.

- Ouais, un internat avec des dizaines de gamins pleins d'hormone, ça doit marquer les esprits, tenta Jack pour faire redescendre la pression, mais Ianto ne fit que se figer, reposant son regard sur lui, silencieux.

- ... Depuis combien de temps n'avez-vous pas eut de contact avec le monde magique ? Demanda-t-il d'une voix froide.

Jack fronça les sourcils, perdu.

- Euh... Eh bien, je n'y vis pas, parce que je ne suis pas magique, mais je suis exempté du statut du secret. Je me tiens assez au courant, je pense...

- Alors faites un rapide calcul, lui déclara Ianto d'une voix sombre, presque comme s'il lui reprochait quelque chose.

Mais Jack ne comprenait pas où il voulait en venir et ne fit que l'observer, un peu perdu. Ianto soupira.

- Je suis né en 80. Comment croyez-vous qu'on a passé notre adolescence, hm ?

La glace retomba dans le ventre de Jack, qui ouvrit la bouche. Oh... Oh non...

- La guerre... Tu as assisté au retour de Voldemort, assisté à la guerre.

- Assisté ? Je ne crois pas non. Lisa et moi étions dans la même classe que Harry Potter. On a vécu la guerre de plein fouet, expliqua-t-il enfin.

Et Jack ferma les yeux en pressant une main sur son visage, soupirant. Ça changeait... Énormément de choses. Ça oui.

Comment Jack n'avait-il pu rien voir ... ?


RÉPONSES AUX REVIEWS :

Guest : " ON EST JEUDI "

Euh... Oui, tu connais bien les jours de la semaine ^^


ALORS !

L'épisode des Faes dans Torchwood.

Les Faes.. fées ?, ou encore Mara par Jack, sont des petits êtres qui... eh bien, bonne question. Ce ne sont pas des aliens, ils sont sur Terre depuis sûrement plus longtemps que les humains, mais... ils/elles vivent sur un autre plan de la réalité. Comme je l'ai dit dans le chapitre, ça vient pour prendre des enfants. Dans l'épisode, Jack a des souvenirs de son temps dans l'armée, ou tout son régiment à été tué par les Maras parce que la veille, après avoir trop bu, ils avaient renversé et tué une de leur Elus. Ils ont été étouffés par des pétales de roses alors que leur train passait dans un tunnel sombre. Jack est très, très remonté contre eux, et refuse de laisser un autre enfant être enlevé par eux. Le fait est qu'il y a en effet une nouvelle élue, une petite gamine qui est assez déphasé de la réalité, c'est vrai. Elle voit les maras habituellement invisible, et ils la protègent de tout - ainsi que d'un sale dégueulasse de pédophile qui veut l'enlever à la sortie de l'école. De son côté, Jack glane des infos en allant voir son ancienne fiancée, Estelle, qui pense avoir affaire au fils de Jack, son amant de la seconde guerre mondiale. Estelle aime les fées, et croit dur comme fer qu'elles sont bonnes, tandis que Jack pense qu'elles sont foncièrement mauvaises.

Malheureusement, Estelle "titille" un peu trop les Fées qui, énervées que Jack essaye de déterminer enfant va être enlevé pour empêcher les maras de le prendre, se vengent en lui montrant bien qu'il ne peut pas leur échapper en tuant cette pauvre Estelle. En effet, les Maras peuvent contrôler la météo. C'est d'ailleurs ainsi que l'équipe détermine quelle enfant a été choisit par les Mara. Quand ils arrivent pour la sauver, la petite est déjà prête à partir avec eux, et Jack veut l'en empêcher. Seulement, les Maras le préviennent : S'il les empêche d'avoir leur Elue, les enfers se déchaînerons sur la terre, etc. Jack ne peut que s'incliner, en leur faisant jurer qu'elle sera la dernière. Il faut savoir que les Faes/Fées/Maras ne sont pas dépendantes du temps, et elles acceptent en déclarant qu'ils iront chercher leur enfants dans le passé. Jack laisse donc partir la petite fille, qui est très heureuse de s'en aller et tous disparaissent dans un rire enfantin, et l'épisode se termine en voyant une des photos des années 30, déterminé comme des canulars sur les Faes, où l'on voit l'une d'elle qui se trouve être en fait la gamine que Jack a laissé partir.

Voilà ! Quant à moi, j'ai décidé de prendre les vieilles légendes de Faes, qui disent que ces petites bestioles viennent dans les foyers avec un nouveau né et l'enlevait pour l'échanger avec un de leur propres petits - c'était l'explication de l'époque pour les dépressions post-parthum et le fait que la mère n'arrivait pas à s'attacher à son bébé. -, j'ai mit un peu de soupçons de magie purement Harry Potteresque et j'ai tout mélangé ! :D Encore mieux qu'une margarita.

Parce qu'en vrai, dans la série... On a même pas d'explication sur ce qu'elles sont réellement, juste qu'elles sont là depuis aussi longtemps que le temps et seront là pendant encore très longtemps après ça, mais... On ne sait pas pourquoi elles prennent des enfants, mis à part parce qu'ils sont un peu lunatiques et un peu... Introvertis par rapport aux autres. Mais rien de véritablement concret.

Hm... Que dire de plus... Eh bien voilà, c'est tout :3

J'espère que ce chapitre vous a plus, et ça y est, CA Y EST ! Jack est enfin au courant ! O/

Ah, oui et pour ceux pour qui ce n'est pas très clair : La petite Fae, quand elle parle à Ianto en italique, il est le seul à la comprendre. Par contre, quand elle parle en gras, tout le monde la comprend.

Et la chanson qu'elles chantonnent en arrivant est Chloé, de Mylène Farmer. Bien glauque cette histoire. J'en avais plein d'autre, mais c'était la seule en français, et je ne voulais pas faire de traduction inopinée dans la narration.

Voilà ! J'espère que ça vous a plus :3 En tout cas, j'y... Bah je retourne tranquillement écrire, et je vous dis à jeudi prochain !

xoxo, 'Win !