Pin lin! La suite, tout de suite, histoire de fêter le début des vacances!^^

Merci beaucoup Meldy pour ta review, ça me fait rudement plaisir! Je suis navrée de te faire attendre autant entre chaque chapitre d'ailleurs...Ah! On admet qu'Ed est susceptible! Tu trouves vraiment que je suis méchante? ^^ Oh, avoue, je suis sûre que tu es pareille! Et puis, c'est affecteux ces petits surnoms. Je suis certaine qu'au fond de lui, Ed les adore. et honnettement, la plus féroce des crevettes, c'est loin d'être mon meilleur qualificatif!^^

Je suis bien contente que le combat entre les deux autres t'ait plu. J'ai mis du temps à l'écrire je dois dire, je voulais qu'elle trace le cercle de transmutation sans que personne ne s'en rende compte. Dans la première version, Edward le remarquait relativement rapidement. Et Helena terminait salement amochée.^^ Finalement, je suis restée plus sobre sur le nombre de ses blessures et j'ai fait en sorte qu'elle trace son cercle en toute discrétion.

Et oui, sa fille adoptive!^^ C'était la surprise du jour! Du jour seulement, d'autres arriveront tout au long de cette fic. En Attendant, merci de tes encouragements!

Et bonne lectuer à vous tous!


Dire qu'il était choqué aurait été un effroyable euphémisme. Il était plus que choqué, plus qu'outré que personne ne lui ait rien dit, plus que furieux de devoir allonger ses foulées pour maintenir le rythme du Colonel. Il était au-delà de tout ça, projeté dans un monde parallèle, la 4ème dimension, où les militaires étaient des gamins sans précédent, les Alchimistes d'Etat, de véritables machines à tuer et son supérieur le père adoptif d'une fille à peine plus vieille que lui.

Mon dieu…en fin de compte, la réalité était vraiment horrible.

_ Non mais vous vous foutez de ma gueule là !

Un peu plus loin devant lui, Roy Mustang jeta un rapide coup d'œil par-dessus son épaule, lui adressant un sourire narquois et moqueur, ce qui le fit virer lentement mais sûrement au rouge.

_ Ai-je l'air de plaisanter Fullmetal ?

_ Mais pourquoi vous m'avez rien dit ? S'énerva le plus jeune tandis qu'ils cheminaient rapidement à travers les couloirs du QG.

Ils avaient laissé derrière eux leurs collègues et Helena, qu'ils avaient tout juste entr'aperçue alors qu'elle sortait du terrain sans un regard pour son adversaire, et regagnaient à grands pas le bureau du Colonel. Le brun haussa les épaules, désinvolte, un mince sourire de satisfaction étirant ses traits. Qu'il était agréable de faire tourner le plus jeune en bourrique.

_ Parce que tu ne me l'avais jamais demandé Fullmetal.

_ Comment j'aurais pu le savoir ! Excusez-moi mais vous n'êtes pas du genre à avoir des gamins !

Mustang réprima un sourire un peu grimaçant. Il était vrai qu'avec sa réputation de tombeur, peu de personnes le savaient capable d'une prouesse pareille. Comme quoi, les apparences étaient fichtrement trompeuses, car malgré l'image de l'éternel célibataire, libre et sans entraves, Roy Mustang aimait beaucoup les enfants. Enfin, quand ceux-ci faisaient leurs nuits, étaient propres et savaient manger tout seuls. Fallait trop lui en demander non plus.

Ils parvinrent au bureau du brun, Ed entrant à la suite de son supérieur en tirant une tête de trois pieds de long. Il n'en revenait pas, en restait proprement sur le cul. Comme le Colonel avait-il pu lui cacher ça ? Une fille enfin, sa fille ! Et il lui aurait dit quand cet emplumé ? D'un autre côté, il pouvait concevoir que Mustang ait voulut dresser une barrière entre la famille et le travail, reléguant ainsi la jeune femme au simple rôle de subalterne lorsqu'elle se trouvait au QG, ou bien simplement ne pas s'étaler sur sa vie privée. Mais de là à ne pas lui dire une chose aussi importante ! C'était pas comme s'ils ne se connaissaient pas ! Et il aurait sans doute croisé Helena tôt ou tard, quel était l'intérêt de lui cacher son existence ?

Le jeune Alchimiste ne parvenait à saisir le pourquoi d'une telle colère. Mustang lui avait dissimulé la présence de sa fille dans le corps des Alchimistes d'Etat, soit. Il ne connaissait la jeune femme ni d'Eve, ni d'Adam, pourquoi la nouvelle l'avait-elle ébranlé à ce point ? Sans doute parce qu'il découvrait une nouvelle facette de son supérieur, sans doute parce qu'il prenait doucement conscience du gouffre qui les séparaient tout deux. Mustang avait, malgré les dires du jeunot, une certaine importance dans la vie des Elric. Il était celui qui leur avait proposé cet échappatoire, cette occasion de se racheter tous les deux de leurs fautes. Ed devait bien l'avouer, il avait confié à Mustang de nombreuses choses qu'il aurait préféré garder pour lui. Même sans rien lui dire de vive voix, Roy avait ce don particulier de lire dans les yeux d'autrui. Et le regard n'est-il pas le miroir de l'âme ?

Alors oui, le fait que Mustang lui ait caché le fait qu'il était père, même adoptif, c'était à la fois frustrant et désespérant. C'était comme pour lui prouver que Roy Mustang, malgré son air détaché et presque avenant, était et resterait un homme mystérieux, qui ne laissait voir au monde extérieur, que ce qu'il voulait bien.

Un manipulateur aguerri.

D'un signe vague de la main, le plus vieux invita les deux Elric à s'assoir, lui-même gagnant son bureau et se calant dans son fauteuil comme il en avait l'habitude. Et attendit.

Ed lui renvoya un regard septique auquel l'adulte répondit par un sourire affable.

_ Quelque chose ne va pas Fullmetal ? S'enquit-il avait une fausse inquiétude.

_ On fait quoi là au juste ? On attend votre fille c'est ça ? Bah si elle est aussi ponctuelle que vous on n'est pas rendu.

_ Sache que ce n'est pas ma fille mais Gust, rétorqua Mustang d'un ton un peu plus ferme. Un alchimiste au même titre que toi. Voire même plus expérimentée.

_ C'est avec elle que nous allons devoir travailler ? demanda un peu stupidement Alphonse, plus pour couper la parole à son frère qui menaçait de dire une connerie plus grosse que lui. Quel âge a-t-elle ?

_ Vous aurez tout le temps de lui demander, je doute que cette mission dure moins d'une semaine, voire deux. Ah Gust ! Tu sais te faire attendre ! lança Mustang en se redressant alors que la porte pivotait encore une fois pour laisser entrer la jeune femme d'une démarche un peu trainante.

Son visage était morose, elle arborait une expression figée guère rassurante et darda sur son père un regard mauvais. Elle s'était rapidement changée et ses affaires étaient propres, ses cheveux encore un peu humides mais débarrassés de la moindre particule de terre. Son visage avait pris des teintes blanchâtres et sa voix fut un tantinet sèche et froide.

_ Je crois que tu n'as rien à me dire quant à ma ponctualité vu tous les dossiers que tu accumules sur ton bureau. Et c'est la dernière fois que tu me fais un coup comme ça. Le Fullmetal a été briffé ?

_ Je ne suis pas invisible, balança Ed de mauvaise humeur.

Helena se tourna vers lui, une vague d'énervement balayant l'air autour d'elle. Elle n'était pas très encline à être aimable. Il était impressionnant de constater à quel point la fatigue semblait jouer sur ses nerfs.

_ Bien- sa voix avait des accents mielleux tout à fait horripilants- dans ce cas, as-tu été briffé, Fullmetal ?

Le plus jeune vit rouge, se retint de hurler et répondit le plus calmement du monde que oui, il avait lu son dossier, oui, il était au courant de tout et il savait où ils se rendaient, oui, il savait aussi qu'il allait devoir la supporter durant tout le voyage.

_ Bien, approuva Gust, déjà un peu moins remontée que précédemment. Dans ce cas, si le Colonel n'a plus rien à ajouter, nous allons y aller. On a un train qui part dans 20 minutes. C'est le temps que vous avez pour faire vos valises.

_ Une seconde Gust, intervint enfin Roy, qui s'était fait étrangement petit. Helena se tourna vers lui, déjà prête à partir. Plus tôt ils seraient sortis d'ici, plus tôt ils auraient fini cette mission et elle pourrait rentrer faire dignement sa fête à son père.

_ Quoi ?

_ Un peu d'amabilité ne te ferait pas de mal. N'ai-je pas dit que je m'excusais ?

_ Non.

Le Colonel toussota un peu, penaud avant de reprendre, faisant abstraction du regard désormais vide de sa fille.

_ Les Elric doivent d'abord passer par Resembool.

_ Resembool ? S'étonna la jeune femme, septique. C'est à l'autre bout de notre destination ! On ne peut pas se permettre un détour pareil. Décida-t-elle catégoriquement.

_ Mais on ne te demande pas ton avis, rétorqua méchamment Ed, que ses grands airs commençaient doucement à échauffer. Pour qui se prenait-elle cette pimbêche ? Parce qu'elle était plus âgée que lui et plus « expérimentée », elle se permettait de jouer aux supérieurs tyranniques ? Et elle croyait vraiment qu'il allait rester là à lui obéir sagement ? Elle ne connaissait pas encore le Fullmetal Alchemist !

_ C'est pour l'automail de mon frère ! Intervint Al, inquiet de la tournure que prenait la conversation. Il n'est pas équipé pour le froid et notre mécano se trouve à Resembool.

_ Oh…

Un air de compréhension passa sur le visage de la jeune femme qui se calma aussitôt. Elle considéra Ed, l'étudiant du regard comme si elle espérait voir le métal à travers ses vêtements, puis haussa les épaules. Un « clac » un peu sec retentit dans la pièce et son bras gauche parut curieusement se déboiter, s'affaissant brusquement. Roy leva les yeux au ciel. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il lui aurait fait part de son opinion à propos de ça. Seulement, si Helena était sa fille, Gust était sa subordonnée.

_ Je crois qu'une petite révision s'impose pour toi aussi. Tu n'y es pas allée de main morte avec Muddy.

_ Vous portez aussi un automail Mlle Lewin ? demanda Alphonse en s'avançant un peu vers elle, intéressé. Il y avait chez la jeune femme quelque chose qui lui était familier sans qu'il ne puisse savoir quoi. Bah, cela lui reviendrait bien avec le temps.

_ Oui, au bras gauche.

Et c'était tout. Les porteurs des prothèses mécaniques s'étendaient rarement sur la nature de leur greffe. Une sorte de pudeur et de gêne, qui les empêchaient d'en parler librement. Le regard des autres également, y était pour beaucoup. Mieux valait cacher un automail que de le montrer au grand jour et devoir supporter les regards dégoulinant de pitié ou de dégout des personnes « valides ». Combien de fois Ed avait été fixé à la manière d'une bête curieuse, comme si le membre de métal était d'une quelconque confection malveillante. Son bras ne mordait pas, s'était plutôt d'Edward dont il fallait se méfier.

_ Bon et bien dans ce cas tout est réglé ! S'exclama Mustang avec un faux air joyeux, histoire de rompre l'atmosphère légèrement tendue. Un train pour Resembool part dans trois quart d'heure, vous n'avez qu'à prendre celui-ci. Et oh, Gust ! L'interpella-t-il une dernière fois alors que les Elric se levaient de leurs sièges et qu'Helena se dirigeait vers la porte, ramassant son sac au passage. Son bras gauche pendait un peu le long de son corps tel un poids mort. Elle se tourna vers lui, levant un sourcil interrogateur.

_ Oui ?

_ Je veux des rapports réguliers, tu connais les lignes sécurisées. Pas plus de cinq jours de silence. Passé ce délai, j'envoie des hommes vous récupérer.

_ Très bien.

Elle sortit de la pièce sans plus un regard, laissant les garçons derrière elle. Un petit silence succéda au bruit de la porte qui se referme et Mustang se détendit légèrement, laissant même un soupir passer ses lèvres. Avant qu'un sourire légèrement carnassier ne vienne si dessiner.

_ Eh bien, bon courage Fullmetal, je suis certain que vous allez bien vous entendre avec Gust.

Ed étouffa un grognement limite rageur et se détourna d'un coup, faisant signe à son frère de le suivre. La grosse armure se leva précipitamment et s'inclina avant de sortir à la suite de son ainé.

Le bureau redevint brusquement calme, soudain vide de toute autre présence que celle du militaire qui sourit doucement, affectueux. Avant de ricaner d'un air machiavélique en se tournant vers sa fenêtre.

Gust et Fullmetal, ça allait donner.

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Gare d'East City, quai n° 12

_ Mais qu'est-ce qu'elle fout cette grande cour…

_Grand frère!

_ Mais quoi ! S'énerva Edward en se tournant vers son frère, debout à côté de lui, leur valise à la main. Elle nous donne des ordres et après elle se casse ? Tu vas pas me dire qu'elle ne le fait pas exprès ! Ah bah ça pour ouvrir sa gueule et passer sa mauvaise humeur sur tout le monde, Madame est douée ! Mais arriver à l'heure, c'est bien comme son père !

_ Tu pourrais être un peu indulgent non ? Le rabroua le cadet avec un froncement de sourcil mental, à défaut de pouvoir le faire apparaître sur sa cuirasse.

Il détestait cette attitude de la part de son grand frère, si suffisante et agressive. Qu'avait donc fait Mlle Lewin pour qu'Ed la déteste ? Elle ne faisait qu'obéir aux ordres, voilà tout et il était normal qu'elle veuille assoir quelque peu son autorité sur le Fullmetal. Après tout, le Colonel l'avait officieusement nommée responsable de leur petite troupe. Une fois de plus, Alphonse leva son énorme tête et scruta la foule dense qui se formait sur les quais. Bien que les paroles de son frère soient dures, il avait cependant raison. Leur train pour Resembool partait dans dix minutes comme venait de le stipuler le chef de gare dans son espèce de cornet acoustique et Mlle Lewin n'était toujours pas en vue

Edward à ses côtés poussa un grognement monumental et shoota négligemment dans une canette vide qui trainait là, les mains enfoncées si profondément dans ses poches que son jeune frère s'étonnait que celles-ci ne soient pas encore trouées. Il y eut soudain un mouvement subtil dans le flot de voyageurs à l'autre bout du quai et Al repéra sans trop de mal la silhouette dégingandée qui s'avançait vers eux à grands pas, un sac de voyage en toile sur l'épaule droite.

_ Ed ! C'est bon elle est là !

Le blond leva les yeux de la canette martyrisée par ses soins et avisa lui aussi l'Alchimiste qui poussait un homme du coude pour pouvoir passer.

_ Ah bah c'est pas trop tôt ! S'exclama-t-il, de mauvaise humeur. Bon sang mais elle est pire que son père ! On n'apprend pas la ponctualité chez les Mustang ou quoi ?

_Grand frère!

_ J'ai entendu Fullmetal, lança Helena en arrivant à leur hauteur, légèrement essoufflée. Je vous prie de m'excusez, une affaire de dernière minute à régler.

_ Mais il n'y a pas de mal, lui assura Alphonse en s'inclinant un peu. Il remarqua ses traits un peu pales et tirés. Votre épaule vous fait souffrir ? Je peux prendre votre sac si vous voulez.

_ C'est très aimable à toi Alphonse Elric, mais je devrais pouvoir m'en sortir, sourit la jeune femme, agréablement surprise de sa gentillesse si spontanée. Tu me tutoyer tu sais.

_ Oh eh bien…

_ Vous venez ouais ! Gueula Ed depuis la porte du wagon dans lequel il s'était engouffré sitôt Gust arrivée. On n'a pas que ça à faire ! Al grouille toi !

L'armure aurait volontiers voulut se cacher dans un trou de souris tant le comportement sans gêne de son frère le mettait mal à l'aise. N'avait-il aucune politesse ? Helena lui passa devant et grimpa à son tour, s'agrippant de sa main valide à la barre de sécurité afin de monter dans le train. Edward avait déjà choisi leurs places, une table de quatre personnes entourée de deux banquettes face à face et s'était étalé de tout son long sur l'une d'elle avec un sans gêne irréprochable. Helena glissa son sac sous les sièges sans émettre le moindre commentaire et laissa Alphonse s'assoir en face de son frère, se plaçant elle-même à sa gauche, du côté de l'allée.

Et le silence tomba. Pesant et dérangeant, aucun des deux Alchimistes ne semblaient vouloir le rompre et Al ne tarda pas à se sentir affreusement mal à l'aise. Le contrôleur passa, jeta un regard en coin à la jeune fille qui n'en tint pas compte et le départ fut donné. Une dizaine de minutes passèrent ainsi, Edward fixant la jeune femme avec un mélange de colère et de dégoût, tripotant nerveusement sa montre.

Il devait l'avouer là, sur le champ, il n'aimait pas cette fille. Il y avait quelque chose en elle qui lui déplaisait royalement et ce n'était pas le simple fait qu'elle soit arrivée en retard ou qu'elle soit la fille de Mustang, ou bien encore qu'elle ait été assignée à cette mission avec lui –bien que cela jouât fortement en sa défaveur, selon l'adolescent –il y avait autre chose et il ne parvenait à mettre le doigt dessus.

Il sentait chez elle comme une sorte de méfiance à leur égard, pas vraiment du mépris mais pas loin, on aurait dit qu'elle était constamment sur ses gardes et les surveillait du coin de l'œil. Sans doute avait-elle reçu des ordres, et cela l'irritait. Il n'était plus un enfant bon sang ! De par son attitude stoïque et raide, Gust semblait froide et hautaine mais dans ses yeux ardoise brillait une lueur d'amusement, presque de moquerie qui n'était pas sans rappeler Mustang.

Edward gronda intérieurement. Peut-être était-ce ça qui le gênait lorsqu'il regardait Lewin. L'impression d'avoir le Colonel en face de lui, qui le descendait encore et encore à cause de sa taille, qui le rabrouait sans cesse et se moquait de lui.

En creusant d'avantage, il se serait sans doute rendu compte que ce n'était pas après Helena Lewin qu'il en avait mais bien son père adoptif. D'abord parce qu'il lui collait une mission de merde et lui faisait perdre son temps, ensuite parce qu'il devait se trainer une Alchimiste dans les pattes, cette Alchimiste étant bien entendu sa fille adoptive dont il n'avait jusque-là jamais entendu parler et enfin parce qu'il ignorait trop de choses sur cette même Alchimiste et qu'il ne pouvait décemment pas lui accorder sa confiance comme ça.

Edward restait intimement persuadé que le Colonel l'avait mise au courant de bon nombre de choses les concernant tous deux, Al et lui. Mais quand était-il de la réciproque ? Il ignorait ce qu'elle savait à leur propos et cela avait le don de l'angoisser. Mustang lui avait-il confié ce pourquoi il était devenu Alchimiste d'Etat ? Elle finirait bien par découvrir qu'il était capable de transmuter sans cercle, que dirait-elle à ce moment-là ? Que savait-elle de leur histoire ? Son bras, sa jambe et le corps d''Alphonse ?

Et eux qui se retrouvaient face à elle sans rien connaître de son parcours, encore moins son existence, qu'ils ignoraient jusque-là. Non, il ne pouvait lui faire confiance comme il ne pouvait supporter sa présence. Aux yeux du jeune Alchimiste d'Etat, elle représentait un danger potentiel, une menace pour le projet qu'il avait l'intention de mener à bien. Et même si le Colonel avait ses raisons et semblait avoir en elle une confiance inébranlable, ce n'était certainement pas son cas.

Il allait devoir être prudent, très prudent.

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Malgré l'ambiance plutôt lourde qui régnait entre les trois comparses, le trajet jusqu'au village natal des Elric se déroula dans le calme et sans incidents notables. La journée était déjà bien avancée lorsqu'Ed, s'ennuyant ferme, proposa à son frère une partie de poker. L'ainé avait décidé qu'il n'adresserait pas la parole à Gust tant que lui resterait cette sale impression au fond de l'estomac et ce fut la raison pourquoi il ne lui proposa pas de se joindre à eux. C'était bien entendu sans compter son très cher frère et sa gentillesse hors du commun qui le poussa à se tourner vers Lewin, qui lisant tranquillement depuis qu'ils étaient partis.

Ed retint un grognement d'avertissement envers son cadet et roula en sa direction de gros yeux menaçants. Les parties de cartes entre eux étaient définitivement sacrées, hors de question qu'elle y participe.

_Vous voulez jouer avec nous Mlle Lewin ?

Malgré la demande de la jeune femme sur le quai de East City, Alphonse ne parvenait pas à la tutoyer comme le faisait son frère ainé. Simple question de respect. Contrairement à Edward, Alphonse n'avait aucun ressentiment ni aucune inquiétude à propos de l'Alchimiste du Vent. Elle était là pour le boulot, comme eux, et c'était tout. Il n'y avait que le Colonel qui prenait un malin plaisir à taquiner Ed et ce n'était parce qu'elle était sa fille adoptive qu'elle lui était semblable. Le cadet aurait aimé lui demander comment elle avait rencontré le Colonel mais n'avait pas osé. Trop personnel selon lui, il ne la connaissait pas assez pour se permettre ce genre de questions. Avec le temps peut-être ?

La jeune femme leva le nez de son bouquin, un peu désorientée. Ses yeux étaient légèrement rouges, preuve qu'elle semblait fatiguée et elle mit un certain temps à concentrer son regard sur Alphonse qui attendait sa réponse. Elle analysa rapidement la situation, ses yeux ardoise se posant sur la table et le tas de cartes, avant qu'elle ne hausse un sourcil.

_ Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle, un certain intérêt dans la voix. Al parut décontenancé par la question et Ed se redressa, lui adressant un regard à la limite du méprisant et de l'incrédule.

_ Tu connais pas le poker ?

L'idée en elle-même lui paraissait ridicule. Même sans connaître les règles du jeu, tout le monde avait au moins une fois dans sa vie entendu parler du poker. C'était le genre de jeu incontournable, qui faisait partie de l'histoire du pays au même titre que l'Alchimie, au moins.

Helena secoua la tête, reposant son livre ouvert sur ses genoux.

_ Non. Déclara-t-elle avec une simplicité déconcertante. Roy n'est pas très jeux de sociétés.

_ J'me demande bien à quoi tu passes ton temps dans les transports, marmonna l'ainé en distribuant les cartes d'un geste habitué. La question de faire participer Helena ou non était réglée il n'avait pas le temps de lui expliquer les règles et n'avait aucune envie de jouer avec une débutante.

La jeune femme semblait posséder une ouïe ultra développée car un sourire ironique étira ses traits lorsqu'elle répondit au blond.

_ Jouer seul n'a aucun intérêt. Quant à la façon dont j'occupe mon temps, figures toi que je lis.

Comme pour prouver ses dires, elle leva son livre pour l'agiter devant lui. Agacé, Edward s'apprêtait à lui lancer une remarque acerbe lorsque ses yeux captèrent le titre de l'ouvrage. Il fronça les sourcils devant les caractères qui ne lui étaient pas familier.

_ Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il malgré sa promesse intérieure de ne pas lui adresser la parole. Sa curiosité était hélas, bien plus forte que ses résolutions mentales.

_ Un roman Xinnois.

Les deux Elric se tournèrent vers elle, Ed ouvrant des yeux ronds, estomaqué. Helena arqua un sourcil, étonnée de leurs réactions.

_ Quoi ? Questionna-t-elle un peu sèchement, sur défensive.

_ Tu lis le Xinnois ?

_ Oui, bien sûr. Où est le problème ?

Edward referma la bouche sans rien ajouter. Soit elle était sincère et son air perplexe n'était pas feint, soit elle était aussi machiavélique que leur supérieur et lui faisait comprendre qu'il n'était un abruti illettré. Oui, parce qu'on n'était pas tous capable de lire le Xinnois. Devant son manque de réponse, Helena haussa les épaules et les laissa à leur jeu, replongeant dans sa propre lecture avec une facilité déconcertante. Ed lui jeta un regard en coin et se reconcentra.

Il allait devoir faire gaffe, elle semblait plus douée qu'elle n'en avait l'air.


Un chapitre plus cours que le précédent, je vous l'accorde. Mais le combat avec Gust et Muddy se devait d'être un peu plus détaillé (de mon point de vue du moins, j'aime bien visualiser les scènes).

Tant que j'y pense, Gust peut se traduir en anglais par "rafale" ou "coup de vent", ce qui colle bien avec l'alchimie que pratique Helena (logique en même temps). Pourquoi je n'ai pas mis Wind? Parce que c'était trop "simple" et que Gust est le restant d'une fic qui ne verra jamais le jour où je m'étais en scène Helena. Ou du moins, son fantôme. Ce qui nous donnait Ghost en anglais. Les sonorités sont assez similaires, et comme je suis une grande fana de toutes ces histoires de revenants, esprits, etc c'est pourquoi je n'ai pas prit wind.

Pour ce qui est de Muddy, cela signifie; "boueux".

Et l'insulte que veux lancer Edward à la gare, c'est "grande courge". Un vieux souvenir que je dois à quelques amies.^^ Et oui, Helena sait lire le Xinnois, et plein d'autres choses encore. Elle au moins, elle est douée en langue étrangères. Pas moi!

Voila voila, j'ai mis en ligne un dessin d'Helena au chapitre précédent. Sinon, vous pouvez allez jeter un coup sur mon profil, vous trouverez l'adresse de mon deviantART. ^^

Merci à vous et au prochain chapitre! Si jamais vous avez des questions, des suggestions, je serais heureuse de les entendre et d'y répondre. Bien entendu, un petit mot d'encouragement fait toujours plaisir.