Bonsoir ! Voilà la suite, un peu en retard. Mais bon, là Internet s'est ligué contre moi, j'y suis pas pour grand chose... T.T

Comme vous allez sûrement le remarquer, il y a des ' entre certains paragraphes. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour réussir à espacer mes blocs ! Alors oui c'est vraiment moche, laid et tout ce qu'on veut, mais ça aère un peu plus (la mise en page et moi sur ce site ça fait vraiment trois... ).

Trêve de bavardages je vous souhaite une bonne lecture!


Chapitre 3 : Mission.

Août

Le jour se levait à peine quand Hana arriva au terrain d'entraînement numéro 17. C'était la première fois qu'elle y venait et elle n'était pas sûre de l'apprécier. Si le numéro 8 était une forêt d'immenses arbres, le 17 ressemblait plutôt à un no man's land. Tout semblait mort à cet endroit. Les arbres étaient très hauts, avec des feuilles de forme étrange uniquement à leur sommet. Leurs troncs, fins et nus, étaient d'une couleur grisâtre un peu inquiétante. Le sol était illogiquement couvert de mousse et une brume dense réduisait le champ de vision de Hana à moins de cinq mètres. L'air était froid et la jeune fille commença à regretter de ne porter qu'un simple T-shirt. Kakashi aurait pu la prévenir des conditions particulières de cet endroit, pesta-t-elle intérieurement. La température de l'air était d'autant plus choquante que le village subissait depuis plusieurs jours une canicule d'une intensité peu commune.

A cause de l'atmosphère lourde des lieux, Hana avait l'impression d'entendre des bruits, comme si quelqu'un marchait en frôlant des feuilles mortes. Elle avait pourtant la certitude d'être seule, ne serait-ce que parce qu'il n'y avait aucune feuille susceptible de produire de tels sons sur le sol. Elle croisa les bras sur sa poitrine et leva la tête : le jour naissant perçait à peine la canopée. La jeune fille se remit à maudire Kakashi, à la fois pour être en retard et pour la laisser poireauter dans un endroit pareil. Elle aurait aimé se concentrer sur autre chose que les ombres menaçantes des arbres et les battements de son cœur, accéléré par la tension. Malgré la fraîcheur de l'air, une sueur froide coulait dans son dos, témoignant un peu plus de son angoisse. Tout son être refusait de baisser la garde dans un endroit pareil. Peut-être était-ce voulu ? Peut-être que ce lieu servait à entraîner les nouvelles recrues à agir dans un environnement défavorable et stressant ?

Elle faisait les cents pas devant la porte de la zone quand d'un coup, un frisson parcourut son échine : elle n'était plus seule. Hana s'immobilisa et porta la main à la poignée de son sabre, qu'elle portait dans le dos. Les sens en alerte, elle regarda lentement autour d'elle. Une voix masculine qui n'était pas celle de Kakashi résonna dans son dos, la faisant tressaillir.

- Tu es Hana, pas vrai ?

La jeune fille se tourna pour faire face à l'arrivant, sabre dégainé. Jeune, grand et large d'épaules, les cheveux noirs portés longs, il se tenait assez loin d'elle, les mains levées comme s'il se rendait. Son masque, représentant un singe, était relevé sur ses cheveux et Hana put distinguer ses traits, comme taillés à la serpe. Il avait d'incroyables yeux verts et un petit sourire moqueur retroussa ses lèvres quand il promena son regard sur le sabre qu'elle pointait sur lui. De toute évidence, il s'agissait d'un de ses nouveaux coéquipiers. Elle n'était pas sûre de l'apprécier s'il se sentait obligé de prendre cet air condescendant à leur première rencontre.

- Je m'appelle Kaï. Kaï Asano. Il me semble que l'on va faire équipe.

Elle avait beau détester être mal polie, Hana ne répondit pas et se contenta de le regarder d'un air méprisant. Elle eut la satisfaction de voir son sourire se faner presque instantanément. Ce n'était pas tous les jours que son regard particulier lui était aussi utile. Elle vit ensuite les yeux verts du jeune homme la détailler avec attention. Un petit « pouf ! » mit fin à ce qui commençait à ressembler à un silence gênant.

- Yo ! Fit Kakashi en émergeant de son nuage de fumée juste derrière la jeune fille.

- Bonjour Kakashi, répondit Hana sans détacher son regard de Kaï.

- Capitaine, dit Kaï en inclinant légèrement la tête.

- Je vois que vous avez déjà fait connaissance...

Kakashi observa Hana fixer Kaï alors qu'il se rapprochait d'eux en acquiesçant et sourit ironiquement en la voyant plisser les yeux, froncer les sourcils et sa main se resserrer sur la poignée de son sabre qu'elle tenait toujours à la main : ça commençait bien ! Il remarqua que Kaï, malgré le regard assassin de la jeune fille, se plaça juste à côté d'elle. Il faillit soupirer mais un autre « pouf ! » le coupa dans son élan.

- Désolé pour le retard, capitaine, fit le nouveau venu en s'avançant vers eux d'un pas bondissant.

- Hana, Kaï, je vous présente Haruo Sagara.

- Salut les gars ! Dit Haruo en levant la main en guise de salut.

Hana fronça les sourcils. Qu'est-ce que c'était que cette blague ? Elle avait déjà Kakashi le tortionnaire, pourquoi avait-il fallu qu'on lui rajoute Kaï le macho et cet espèce d'hurluberlu d'Haruo ? Parce qu'il fallait être honnête, Haruo avait l'air de tout, sauf d'être normal. Pour commencer, on avait l'impression qu'une explosion s'était produite sur sa tête, donnant un air de nid d'oiseau à ses cheveux châtains clairs. Il avait une peau plus mate que la sienne, des yeux dorés et l'air vraiment très heureux d'être là. Plus petit que Kaï, il était pourtant plus musclé et paraissait déborder d'une telle énergie qu'Hana se demanda comment il n'avait pas encore explosé.

Kakashi les observa tour à tour. Il avait beau savoir que les apparences peuvent être trompeuses, il lui semblait pourtant clair que les relations entre Kaï et Hana n'allaient pas être douces. Elle le regardait avec un air dégoûté si prononcé que s'en était presque comique. Lui la regardait maintenant avec un air que Kakashi ne parvint pas à identifier mais qu'il n'était pas sûr d'apprécier. Quand à Haruo, il regardait partout autour de lui avec ce qui semblait être des étoiles dans les yeux. Kakashi soupira. Ce genre de caractère n'était donc pas réservé à Gaï... Eh bien, c'est partit, songea-t-il.
- Écoutez moi. A partir d'aujourd'hui, nous sommes l'unité 16 de la section Assassinat. Première mission dans une semaine.

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Au cours des jours qui suivirent, Kakashi observa la manière de combattre de ses deux nouveaux équipiers et commença à élaborer des stratégies. Kaï était une fine lame et un expert en ninjutsu de type Doton et Katon, une combinaison peu courante. Kakashi comprit vite que s'il devait avoir des problèmes dans l'unité, ce serait avec lui. Il écoutait les ordres, certes, mais provoquait Hana en permanence et sans qu'il sache pourquoi, regardait à peine Haruo. Ce dernier, malgré son énergie débordante qui faisait un peu peur, se révéla en fait un combattant très sérieux, d'une concentration exemplaire. Doué pour le Fûton et le Katon, il était aussi très branché travail d'équipe, ce qui soulageait Kakashi : a u moins un qui ne poserait pas de problèmes ! Il était également très vif d'esprit, comme le lui avait dit le Sandaime. Et à sa grande surprise, il s'entendait très bien avec Hana.

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Les deux premiers jours, Kakashi avait bien vu, à la façon dont elle plissait les yeux quand il lui parlait ou s'approchait d'elle, qu'elle se méfiait du jeune homme. Puis elle s'était détendue, comme s'il était impossible de résister à l'espèce d'aura de bonne humeur dans laquelle Haruo semblait baigner en permanence. Kakashi avait également était très surpris par les affinités élémentaires d' Hana, qui maîtrisait le Raiton et le Suiton, comme lui. Toutes les fois où il l'avait regardée combattre d'autres ANBU, elle n'avait pas utilisé le Raiton. D'où son étonnement quand il avait surpris la jeune fille dire à Haruo que c'était sa première affinité élémentaire.

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En parallèle de l'entraînement en équipe, il continuait à former Hana, avec l'aide des deux autres. Haruo avait dix-huit ans, en dépit des apparences, et faisait partie de l'ANBU depuis trois ans. Kaï en avait vingt et trois ans dans l'ANBU derrière lui également. Leur expérience était précieuse pour la formation d'Hana. La jeune fille n'en finissait plus d'étonner Kakashi. Comme si la présence des deux nouveaux venus la poussait à se dépasser plus que d'habitude, elle avait progressé à une vitesse affolante au cours de la semaine écoulée et ne semblait plus avoir de vraies difficultés face à des ANBU expérimentés. Elle ne le battait peut-être toujours pas, mais Kakashi en venait à se demander si ce n'était pas une question de temps...

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Deux jours avant le départ en mission, l'unité 16 finissait un exercice imposé par son capitaine sur le terrain numéro 8. Ils avaient formés différents duo au cours de l'après midi et Kakashi était relativement satisfait du résultat. Relativement à cause de Kaï et Hana. Il était clair que la jeune fille ne lui faisait pas confiance, ce qui polluait le travail d'équipe de ces deux là. Il ne comprenait pas pourquoi. Elle n'avait pourtant eu aucun mal à travailler avec Haruo ou avec lui, ni à leur accorder sa confiance. Kakashi avait été très surpris et même un peu effrayé de constater qu'Hana et lui formaient un duo qui frôlait la perfection. Était-ce parce qu'ils se voyaient combattre chaque jour depuis un mois ? En voyant la jeune fille jeter un regard venimeux à Kaï qui devait se tenir un peu trop près d'elle, Kakashi décida qu'il était temps de tirer cette histoire au clair au lieu d'imposer un nouvel exercice, comme il en avait eu l'intention.

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- Bien, fin de l'entraînement pour aujourd'hui. Demain, repos. Briefing vendredi matin à 7h devant la porte Ouest.

- Oui capitaine ! Cria Haruo.

Hana ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en souriant. Haruo était manifestement increvable. Elle trouvait étrange qu'il existe un ninja tel que lui, heureux de vivre et de servir le village. Paradoxalement, c'était grâce à ça qu'elle avait réussi à lui faire confiance aussi vite.

- Rompez.

Kaï fut le premier à partir, suivit de près par Haruo. Hana allait les suivre quand elle sentit avec surprise la main de Kakashi se refermer sur son poignet.

- Attend s'il te plaît. J'ai des choses à te dire.

Hana leva les yeux pour le regarder. Il regardait un point fixe au dessus de sa tête, concentré sur elle ne savait quoi, sa main toujours fermée sur son poignet. Au bout de quelques secondes, il la lâcha, et plongea son regard dans le sien. La jeune fille se rendit alors compte qu'il avait attendu d'être sûr que les deux autres membres de l'équipe étaient bien partis avant de parler.

- D'abord, je pense que tu mérites des félicitations pour avoir survécu au mois écoulé, surtout que les entraînements aussi longs sont peu fréquents. Tu es donc maintenant une ANBU à part entière.

- Ça veut dire plus d'entraînement ?

- Ça veut dire plus d'entraînement, oui, fit Kakashi en souriant sous son masque.

Hana était très soulagée de l'apprendre. Fini les matins difficiles, fini les journées interminables … et fin de cet amaigrissement impossible. Avec un peu de chance, elle arrêterait même de maudire Kakashi à longueur de journée. Cette pensée lui arracha un brusque sourire.

- Ensuite ?

- Ensuite, j'aimerais savoir ce qu'il se passe avec Kaï.

Le sourire de la jeune fille s'effaça de ses lèvres aussi vite qu'il y était apparu. Comme souvent quand il lui posait une question à laquelle elle n'avait pas envie de répondre ou lui demandait quelque chose qui ne lui plaisait pas, Kakashi l'a vit se fermer et froncer les sourcils. Il savait cependant qu'elle répondrait quand même, ne serait-ce que parce que ça pouvait passer pour un ordre. Il patienta donc. Au bout d'une minute à se faire fusiller du regard, il la vit fermer les yeux et prendre une brusque inspiration.

- Au début... Au début, c'était juste parce qu'il m'avait fait une mauvaise impression quand je l'ai rencontré. Non mais, tu l'as vu Kakashi ? C'est un vrai crétin ! Il m'a regardé de haut direct, et je me suis dit que s'il voulait jouer au plus con avec moi, il était tombé sur la mauvaise personne. C'était épidermique, je...

Hana s'interrompit. Kakashi s'était rendu compte qu'elle avait toujours du mal à mettre des mots sur ses ressentis quand la colère montait. Aussi laissa-t-il le silence s'étirer un instant avant de la relancer doucement.

- Et maintenant ?

- Maintenant, il pose un regard sur moi qui ne me plaît pas du tout. Je dis ça sans prétention mais... Je sais reconnaître la convoitise dans le regard d'un homme, Kakashi... Et c'est avec ces yeux là qu'il me regarde. J'ai confiance en toi et en Haruo mais lui... S'il veut ma confiance, il faudra qu'il la mérite, ce n'est pas en une semaine que ça va changer. J'ai bien conscience que ça nuit à l'équipe, c'est pour cela que je vais me permettre de te dire ça. Pour la mission...

- Si je devais prévoir de nous séparer en binôme ou autre, je ne te mettrai pas avec lui, la coupa Kakashi.

Hana lui adressa un regard reconnaissant et un semblant de sourire, puis se détourna pour aller rassembler ses affaires. Kakashi l'observa. De la convoitise avait-elle dit. C'était donc ça qu'il voyait dans les regards que Kaï posait sur elle ? Il n'avait jamais fait attention au fait qu'elle puisse être jolie. Il était d'accord avec Kurenaï quand elle disait que la jeune fille émettait une sorte d'aura qui attirait les gens, mais ça n'avait rien à voir avec son physique. Et maintenant qu'il la regardait vraiment, il devait admettre que oui, elle était plutôt bien faite de sa personne. C'était d'autant plus flagrant qu'aujourd'hui, en raison de la chaleur suffocante régnant au village, elle ne portait qu'un débardeur noir sur son habituel short, laissant apparaître sa silhouette ciselée au lieu de n'en donner qu'une vague idée. Ses longs cheveux étaient relevés en désordre sur sa tête, quelques mèches folles s'en échappant. Quelques unes bouclaient sur sa nuque à cause du voile de sueur qui luisait sur son dos. Lui même mourrait de chaud avec son T-shirt.

Hana ferma son sac à dos et se releva.

- Oh, Kakashi, est-ce que... commença-t-elle en se tournant vers le jeune homme. Elle s'interrompit et tressaillit en voyant qu'il la fixait intensément, les bras croisés et les sourcils froncés.

- Kakashi ?
Sa voix sembla tirer le jeune homme de ses réflexions.
- Hm ?
- Je voulais savoir si tu avais une blessure à soigner. Si c'est le cas, profites-en, pour une fois qu'il me reste assez de chakra...

Kakashi continua à la fixer un instant avant de s'approcher et de lui tendre son bras. Hana baissa les yeux et se rendit compte que son avant bras virait au violet. Il avait du parer un peu trop de coups avec... Elle composa quelques signes avant d'appliquer ses mains gantées sur l'hématome. Elle sentait toujours le regard du jeune homme sur elle et commençait à se sentir mal à l'aise. Heureusement, le violet s'estompa rapidement, pour laisser sur la peau de Kakashi une marque réduite, d'un jaune diffus.

- Bon, eh bien, si c'est tout, bonsoir Kakashi, dit-elle en ramassant son sac et son sabre.

- Salut Hana.

Et elle disparut à travers les arbres. Kakashi ramassa son propre sac avant quitter lui aussi le terrain numéro 8.

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Deux jours plus tard, une fois n'est pas coutume, Kakashi arriva à l'heure devant les portes Ouest du village. Le jour était levé depuis peu, l'air encore frais, le village désert. Il vit Haruo arriver en même temps que lui, venant d'une rue opposée. Hana, portant pour la première fois l'uniforme de l'ANBU, son masque rabattu sur son visage, patientait les bras croisés, son sabre en équilibre sur le sac de voyage posé à ses pieds. Elle tournait résolument le dos à Kaï, assis sur son propre sac. Lui aussi portait son masque. Kakashi alla se planter devant eux alors qu'Haruo se plaçait entre ses deux équipiers.
- Bonjour à tous. Aujourd'hui est une bonne journée, notre mission n'est que de rang A.
Alors que les épaules d'Haruo s'affaissaient à cause de ce qui semblait être de la déception, Kaï resta de marbre tandis qu'Hana faisait mine d'agiter un drapeau invisible.
- Je vous expliquerai les détails un peu plus tard. Sachez cependant que notre cible se trouve à Kusa no kuni. En route.
Il se tourna vers les gardes qui surveillaient la porte et leur fit signe d'ouvrir. Puis l'équipe s'élança sur la route.

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Hana commençait à fatiguer mais plutôt crever que de l'admettre. Ils couraient depuis le matin, ne s'étant accordé qu'une courte pause en début d'après midi. Il faisait maintenant presque nuit et la frontière du pays du Feu était proche. Hana soupçonnait Kakashi de vouloir passer la nuit sur leur territoire. Elle ne faisait plus vraiment attention à la route, se contentant de sauter d'arbre en arbre en mode automatique. Elle aurait voulu que Kakashi leur donne les détails de la mission, histoire qu'elle commence à penser à un moyen d'approcher la cible. Et surtout, elle aurait aimé qu'ils s'arrêtent, qu'elle puisse reposer son dos qui ne supportait plus son sac. Comme s'il avait entendu ce qu'elle pensait, Kakashi qui avançait en tête, leur fit signe de s'arrêter. Ils se trouvaient dans une de ces forêts denses qui couvraient une bonne partie du pays du Feu. Hana entendait un bruit d'eau non loin. Elle soupira intérieurement en devinant qu'ils allaient enfin se reposer.

- Bien, nous allons passer la nuit ici. On se partagera les tours de garde, 2h chacun. Je prend le premier, Hana le deuxième, puis Haruo. Kaï tu prendras le dernier. Nous allons monter le camp puis je vous donnerai les détails de la mission.
Chacun se mit au travail. Haruo se chargea de leur feu pendant que les 3 autres installaient leur sac de couchage. Ils devraient se contenter de rations de survie pour le repas du soir. Hana s'assit en tailleur sur son lit de fortune après avoir retiré masque, plastron, gants et bottes. Elle sortit la grande veste qu'utilisaient les ANBU pour se fondre dans la masse et s'enroula dedans. Elle était prête à écouter l'ordre de mission. En regardant autour d'elle, elle remarqua que Kaï et Haruo avait fait la même chose. Seul Kakashi se tenait encore debout.

- Bien. Comme je vous l'ai dit ce matin, notre cible se trouve à Kusa no kuni, dans une ville relativement proche de notre frontière. Il s'agit d'Eijiro Maeda, un membre du conseil d'Iwa. Il doit rencontrer quelqu'un, nos sources ne savent pas qui, dans un grand hôtel de cette ville. Avec la reprise récente des tensions avec Iwa, plus nous en savons sur leurs manœuvres, mieux c'est. Si cette personne inconnue est un émissaire d'un autre village pour une alliance contre nous, nous devons le savoir. C'est pourquoi nous allons nous infiltrer dans l'hôtel après la rencontre, et prendre les souvenirs de Maeda.

- Et c'est tout ? On le laisse en vie ? Demanda Kaï.

- Oui. Maeda n'est pas un ninja, sa mort ne servirait à rien à part à déclencher un vrai conflit. Et le village n'a pas besoin de ça en ce moment. Il faut que nous repartions comme s'il ne s'était rien passé, vous comprenez ?

Ses trois équipiers acquiescèrent.

- Bien. Le problème majeur dans cette mission, c'est la garde rapprochée de Maeda.

- Combien sont-ils? Demanda Haruo.

- Au dernier comptage, ils étaient dix. Oui je sais, ajouta-t-il quand il vit leurs yeux s'écarquiller, c'est un nombre inhabituel. Je suppose que comme il n'est pas ninja, ils n'ont voulu prendre aucun risque. Bref, voilà comment nous allons procéder...

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Hana ne dormait que depuis peu quand elle sentit Kakashi la réveiller pour prendre son tour de garde. Les yeux un peu lourds, elle se mit debout tant bien que mal, s'enroula dans sa veste et partit s'installer dans l'arbre que Kakashi venait de quitter. Adossée au tronc, assise dans une position inconfortable sur sa branche, elle observa le jeune homme s'installer dans son propre sac de couchage avant de fixer la végétation des yeux. La nuit était claire et la température relativement clémente. Pour s'occuper, elle repensa à ce qu'elle savait du plan de Kakashi. C'est à dire pas grand chose. Maeda résidait dans une des suites du quatrième étage. Elle partirait en reconnaissance pour repérer la position des gardes en assurant le service d'étage d'une suite voisine pendant que Kaï se chargerait du toit et qu'Haruo et Kakashi étudieraient les plans du bâtiment. Ils agiraient ensuite en fonction. Kakashi était quasiment sûr qu'il n'y en aurait pas dans la chambre elle même. Ils passeraient par les toits et les fenêtres si aucun ninja n'y était posté et Hana espérait vivement que ce serait le cas. Dans le cas contraire, elle allait devoir se frayer un chemin jusqu'à la chambre en passant par le système d'aération et les fondations du toit. Et ça ne l'enchantait pas vraiment. Kakashi lui avait assuré qu'il la suivrait mais ça ne changeait rien au fait qu'elle allait devoir ramper dans la poussière de ces conduits très étroits pour atteindre Maeda. Enfin au moins, elle n'aurait pas de rôle dégradant à tenir cette fois.

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Hana finit son tour de garde sans qu'aucun événement ne vienne perturber la tranquillité de la nuit. Elle réveilla Haruo, sourit en le voyant pour une fois sans énergie et s'enroula dans son sac de couchage avant de sombrer immédiatement dans le sommeil.

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Le lendemain matin, ils atteignirent rapidement leur destination après avoir franchi la frontière. Ils entrèrent en ville sous l'apparence de simples voyageurs et prirent la direction de l'hôtel. Le dirigeant était une taupe travaillant pour Konoha. Ils leur attribua une chambre un étage sous la suite de Maeda et leur glissa discrètement un passe pour entrer dans n'importe quelle pièce. Puis ils prirent congé et reprirent une apparence normale une fois en sécurité dans leur chambre. Hana regardait Haruo en souriant. Il contemplait la chambre avec des yeux pleins d'étoiles.

- Aha, vivement que la mission soit finie, que l'on puisse enfin dormir confortablement, s'exclama-t-il en laissant tomber son sac sur un des quatre lits de la pièce.

- Désolé de te décevoir Haruo, mais on ne dormira pas ici, dit Kakashi. On repart pour Konoha sitôt les souvenirs de Maeda en notre possession.

Les épaules d'Haruo s'affaissèrent sous le coup de la déception.

- Mais on va passer une partie de la journée à ne rien faire, tu pourras faire une sieste si tu veux, ajouta-t-il devant l'air déçu du pauvre Haruo.

- Pourquoi ça ? Demanda Hana en regardant son équipier bondir sur le lit et s'étendre d'un air bienheureux dessus.

- Repérer les lieux et où se situe la garde ne prendra pas énormément de temps. Et la rencontre qui nous intéresse ne se déroulera que ce soir. Nous même n'agirons que quand Maeda sera endormi. D'ailleurs, la première partie du plan commence maintenant, dit-il en se dirigeant vers une grande étagère...qui pivota silencieusement avec un pan de mur quand Kakashi introduisit le passe entre deux livres.

Les trois autres s'approchèrent et virent une petite salle qui contenait ce dont ils avaient besoin pour la première partie de la mission : la tenue des gens du service d'étage, un chariot chargé de plats, et plusieurs étuis qui devaient contenir les plans du bâtiment. Kakashi s'avança dans la salle, prit les plans et tira le chariot hors de la pièce.

- Hana, Kaï, si vous voulez bien vous donnez la peine d'enfiler ces tenues...

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Ce qu'ils firent. Hana s'enferma dans la salle de bains pour passer la sienne, chemise blanche, jupe et veston noirs. Elle sortit ensuite de son sac ce que celle qui l'avait formée à l'infiltration sous couverture appelait le « strict minimum de la kunoichi qui s'infiltre » ou SMK pour faire plus court. Ce SMK était en fait un rouleau où étaient scellés les vêtements, perruques et autres nécessaires pour jouer n'importe quel rôle. La jeune fille, comme beaucoup d'autres kunoichis ce jour là, était restée sceptique face à cette manière de se déguiser. A quoi bon se fatiguer pendant des heures alors que la métamorphose apportait de meilleurs résultats quasi instantanément ? Mais depuis qu'elle évoluait dans ce milieu, Hana s'était rendue compte que sa formatrice avait raison. Plus les missions avaient un rang élevé, plus on trouvait des ninjas capables de détecter cette technique, que ce soit la cible ou son entourage.

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La jeune fille déroula son rouleau et appliqua sa main sur un des cercles représentés : plusieurs objets apparurent dans un faible nuage de fumée. D'une petite boîte ovale, elle sortit une paire de lentilles de contact qu'elle mit avant d'observer le résultat dans le miroir. Ses yeux étaient d'un vert lumineux un peu irréel mais au moins, ses pupilles avaient une forme normale. Elle se maquilla puis coinça ses cheveux à l'aide d'épingles et d'une charlotte avant d'enfiler une perruque brune. Règle numéro une pour passer inaperçue : changer tout ce qui est susceptible d'attirer l'attention pour du commun. Il avait suffit à Hana de vivre à Konoha pour se rendre compte que sa couleur de cheveux n'était pas commune. Enfin, ce n'était pas pire que cette petite fille aux cheveux rose bonbon qu'elle avait vue dans les bras de sa mère sur le marché du village quelques semaines auparavant...

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Quand elle ressortit de la salle de bain, Kaï portait une tenue similaire à la sienne, avec un pantalon, ses cheveux attachés en arrière. Sans un mot, elle s'approcha du chariot, et le tira vers la porte, ignorant Kaï qui la suivit. Elle s'immobilisa devant la porte et tendit l'oreille : aucun bruit dans le couloir, la voie était libre.

- Hana, Kaï, fit Kakashi.

Tous deux se retournèrent vers leur capitaine.

- Hana, chambre 423 pour la fausse livraison. Tu auras besoin de ça, dit-il en lui tendant le passe. Kaï, tu sors faire ta pause sur le toit. Essayez d'agir vite.

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Ils acquiescèrent en chœur puis sortirent dans le couloir avant de prendre la direction de l'ascenseur. Dès que les portes de celui-ci s'ouvrirent, ils prirent place dans la cabine, avec le chariot. Hana se rendait à l'étage juste au dessus, Kaï à celui d'après. Les portes s'ouvrirent à nouveau et Hana, sur un dernier signe de tête à son équipier, se dirigea vers le fond du couloir en poussant son chariot. La chambre qu'elle devait livrer était vide. Il était convenu que si on lui posait des questions à ce sujet, bien qu'improbable, elle devait répondre qu'elle préparait l'arrivée de gens importants. En tournant à l'angle, elle vit deux hommes, clairement ninjas à leur posture, encadrant une porte. Position de surveillance classique. Elle passa devant eux, les salua d'un signe de tête comme une bonne employée, et introduisit son passe dans la serrure de la chambre 423. Elle prit un plateau chargé de nourriture sur le chariot et entra dans la chambre. Elle le déposa en vitesse sur la table du salon de la suite avant de retourner se placer devant le judas avec la discrétion d'une ombre. Aucun mouvement des deux ninjas. Elle patienta une minute puis ressortit prendre autre chose sur le plateau. Elle répéta le manège trois fois avant d'entendre des bruits de pas, étouffés par la moquette, en provenance du couloir. Hana ressortit dans le couloir, referma la porte et repartit avec son chariot. Elle croisa un homme et l'entendit parler avec les deux ninjas. Elle fit tomber une des serviettes sur le chariot et en profita pour jeter un coup d'œil en arrière en la ramassant. Elle vit l'homme entrer dans la suite de Maeda. Elle se dépêcha ensuite de regagner l'ascenseur pour faire son rapport.

- Tu es sûre de toi, Hana ? Il est entré dans la suite de Maeda ? Demanda pour la troisième fois Kakashi.

- Certaine.

- Kaï, qu'as-tu vu de ton côté ?

- Il y a deux ninjas sur le toit de l'hôtel, un sur le toit des trois bâtiments qui nous entourent.

- Ce qui n'en fait que sept avec ceux qui gardent la porte de la suite, fit remarquer Haruo.

- Ce qui nous laisse deux possibilités : soit les trois qui manquent au compte qu'on nous a donné sont dans la suite, soit il y en a moins que prévu, ajouta Hana.

- Et le type que tu as vu Hana, ça ne pouvait pas être un membre de la garde ? Demanda Kakashi.

- Je suppose que oui... Mais ce n'est pas l'impression que j'ai eu. Peut-être que l'heure du rendez-vous a été avancée...

- Quels sont les ordres capitaine ? Demanda Haruo.

Kakashi les observa tour à tour avant de se pencher sur les plans de l'hôtel. L'orage grondait au dehors mais il ne pleuvait pas.

- On maintient l'intervention pour cette nuit. Et on passera par le système d'aération.

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Le reste de la journée passa lentement. Haruo put profiter pleinement de ce temps pour dormir, imité par Kaï. Hana profita de ce temps pour retirer perruque et lentilles et remettre son uniforme. Elle passa en revue son équipement, somnola un peu, nettoya la lame de son sabre... Elle détestait attendre comme ça. Kakashi étudiait les plans avec attention, rejoint par Haruo un peu plus tard. Le patron de l'hôtel leur avait fait livrer des repas en début d'après midi. Et le temps qui semblait avoir ralenti... Hana supportait de moins en moins de ne rien faire à mesure que la pièce s'assombrissait. Personne ne parlait, seul le tonnerre brisait de temps à autre le silence. A 23h, Kakashi leva enfin le nez des plans. Les trois autres convergèrent d'un même mouvement vers lui. Il était enfin temps d'agir.

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Hana rampait derrière Kakashi dans un conduit étroit. Ni elle, ni lui ne portait plus le moindre élément métallique de l'uniforme, rien de susceptible de tinter contre le conduit. En entrant dans le système d'aération à l'étage inférieur, elle s'était demandé pourquoi le jeune homme avait demandé à Haruo et Kaï de préparer leur départ au lieu de les accompagner. Un étage plus haut, elle avait compris : le conduit aurait été un peu trop étroit pour eux. Leur progression aurait été ralentie et leur discrétion pas forcément assurée. Cela lui sautait aux yeux à présent, Kakashi avait une silhouette plus fine que les deux autres. Ils arrivèrent devant un tuyau ascendant. Elle vit Kakashi malaxer brièvement son chakra avant qu'il ne disparaisse dans le conduit en prenant appui sur les parois, sans faire le moindre bruit. Elle le suivit. Hana avait l'impression que plus ils montaient, plus les conduits étaient étroits. Elle avait beau ne pas être claustrophobe, cette impression que les parois se refermaient sur eux faisait lentement mais sûrement monter l'angoisse dans sa poitrine. Elle était en train d'essayer de respirer calmement quand un coup de tonnerre plus violent que les autres retentit et que toutes les lumières s'éteignirent. Depuis le début, ils progressaient grâce à la lumière des couloirs, qui passait par les grilles de filtration. Elle entendit Kakashi pousser un juron à mi-voix.

- Un problème ? Chuchota-t-elle.

- A part le fait que je n'y vois plus rien ? Aucun, répondit-il sur le même ton.

- Je peux passer devant si tu veux. Je vois très bien.

Elle vit Kakashi lui lancer un regard surpris mais c'était totalement vrai. Ses yeux n'avaient pas qu'une forme féline, ils lui octroyaient une vision nocturne plus que correcte.

- Comment ça se fait ?

- Plus tard. Plaque toi comme il faut, je passe. Tu n'auras qu'à me guider selon ce que je vois.

Grâce à son chakra, elle passa telle une araignée au dessus de Kakashi et se remit en route. Ils continuèrent comme ça pendant plusieurs minutes, Kakashi s'orientant selon les descriptions qu'elle faisait des embranchements. Ils finirent par déboucher sur ce qui ressemblait à une vaste pièce mais avec moins d'un mètre de plafond, remplie de tuyaux et de fils électriques. Le ventilateur de l'aération produisait un son bourdonnant en tournant. Hana et Kakashi s'accroupirent en sortant du conduit.

- Qu'est-ce que tu vois ? Murmura Kakashi.

- Grande pièce, impossible de se tenir vraiment debout, beaucoup d'obstacles sur le sol, répondit-elle dans un souffle à peine audible. On est au bon endroit ?

- Oui. D'après les plans, il y a des carreaux non scellés, qui permettent les réparations des installations électriques et autres.

- Bizarrement, je ne doutais pas un instant que les équipes de maintenance ne prennent pas le même chemin que nous...

- Il faut que tu trouves le carreau qui débouche dans la chambre, continua Kakashi en ignorant le sarcasme. Normalement le plus proche du mur du fond.

- OK, attend moi là, je reviens.

Pendant que Kakashi restait à la sortie du conduit, la jeune fille malaxa une nouvelle fois son chakra et se mit à marcher au plafond, en se servant de ses mains et ses pieds. Une grande partie du carrelage en marbre noir et blanc était couverte par les tuyaux et les câbles. Elle s'orienta donc vers une zone où il n'y en avait quasi pas vers le fond de la pièce. Elle stoppa l'afflux de chakra dans ses mains et se maintint accroupie au plafond. Elle tata sans bruit chaque carreau, cherchant un mouvement du marbre, avançant pour atteindre d'autres blocs. Au bout de deux minutes elle finit par en trouver un. Elle sortit de la pochette autour de sa cuisse droite un shuriken qu'elle déposa délicatement sur le carreau cible. Elle continua comme ça jusqu'à avoir couvert toute la zone. Puis elle repartit vers Kakashi.

- Je l'ai trouvé, souffla Hana.

- Bien. Guide moi jusque là.

- Attend, murmura Hana en lui saisissant le bras.

- Quoi ? Répondit-il en la cherchant des yeux dans l'obscurité.

- On n'est pas sûr qu'il n' y aura aucun garde dans la chambre. Si c'est le cas, on va d'une manière ou d'une autre laisser une trace de notre passage. Et si j'ai bien suivi jusque là, l'objectif de la mission, c'est justement de n'en laisser aucune.

- Je suis quasiment sûr qu'il n'y aura pas de ninja avec Maeda pendant qu'il dort. Il vont garder les issues. Et je passe en premier, si il le faut, je me servirai de ça, souffla-t-il en effleurant son œil gauche.

Hana le fixa en silence pendant quelques secondes puis attrapa sa main et la posa au plafond.

- On va passer par le plafond. Attrape un de mes poignets, je te guiderai comme ça.

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Quelques minutes plus tard, après s'être assurés que le seul bruit qui provenait d'en bas était la respiration de Maeda, ils soulevèrent le carreau d'un demi mètre de côté qui débouchait sur la chambre. En jetant un coup d'œil par le trou, ils se rendirent compte que c'était l'ensemble de la ville qui était plongé dans le noir et que ce faible crépitement qu'ils avaient entendu à certains moments de leur progression dans le système d'aération étaient dus à la pluie qui s'abattait finalement. On y voyait un peu plus que dans les conduits grâce aux veilleuses indiquant les sorties de secours. Kakashi était soulagé de voir au moins pour cette partie de la mission. Avancer à l'aveuglette était très inconfortable. Il retira son masque de chien et le déposa au bord du trou. Pas la peine de faire capoter la mission pour une chute intempestive du masque. Il sentit Hana l'imiter dans son dos. Il fit passer ses jambes dans le trou, et grâce à son chakra, se pendit au plafond par les pieds. La tête en bas, il regarda autour de lui, sharingan ouvert. Pas de ninja dans la pièce, Maeda endormi dans son lit trois mètres plus loin. Hana le rejoignit. Ils allèrent se placer sans bruits juste au dessus de l'homme. Le problème sauta alors aux yeux d'Hana : elle allait devoir descendre si elle voulait l'atteindre. Quelle idée de faire des plafonds aussi hauts, pesta-t-elle intérieurement. Elle se tourna vers Kakashi et lui fit signe qu'elle allait descendre, ce à quoi il répondit en secouant fermement la tête. Elle fronça les sourcils puis à sa grande surprise, le vit tendre les bras vers le plafond, se redresser et refermer les mains autour de ses chevilles à elle. Hana sentit son cœur palpiter : il n'était pas sérieux là ? Kakashi s'impatienta et d'un mouvement sec, la décolla du plafond. Hana se sentit basculer et ferma les yeux pour s'empêcher de produire le moindre son involontaire en voyant sa chute. Une fois immobile, elle rouvrit les yeux, fusilla Kakashi du regard puis s'intéressa à Maeda. Elle retira un gant, le coinça entre ses dents et composa une série de signe avant de rendre la main vers le bras nu de l'envoyé d'Iwa, qui dépassait des draps. Elle ne posa que le bout des doigts sur son bras, et maintint le contact pendant une minute. Puis avec son autre main, elle scella les souvenirs. La soudaine chaleur entre ses omoplates lui indiqua qu'elle avait réussi. Elle enfila son gant, respira un coup puis hocha la tête en direction de Kakashi. Il hocha la tête à son tour puis se balança et l'envoya vers le plafond. Hana y adhéra avec ses mains puis, une fois que Kakashi eut lâché ses chevilles, ramena ses pieds au plafond. Ils repartirent vers le trou et s'y hissèrent avant de refermer silencieusement le trou. Le noir revint, l'action avait duré quatre minutes. Hana remit son masque à Kakashi, fit de même avec le sien et ils firent le chemin en sens inverse, la jeune fille ramassant les kunais marquant les dalles non scellées au passage. Se frayer un chemin dans les conduits se révéla encore plus fastidieux qu'à l'aller à cause de l'obscurité complète qui obligeait à nouveau Hana à décrire à Kakashi ce qu'elle voyait pour qu'il lui indique la direction à prendre. Pourquoi n'avait-elle pas appris les plans elle aussi ? Elle comprenait tout à fait que Kakashi n'ait pas prévu la coupure générale de courant, qui aurait pu ? Le trajet fut d'autant plus long qu'ils devaient ressortir hors de l'hôtel, et non pas au deuxième étage, leur porte d'entrée. Finalement, ils débouchèrent au pied de l'hôtel, dans une ruelle adjacente. Kaï et Haruo les attendaient avec leurs affaires, dissimulés sous l'abri, vide, des poubelles. Une minute plus tard, ils étaient hors de la ville, direction le village.

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Le lendemain, leur unité atteignit Konoha en fin de journée. Hana patientait avec Kaï et Haruo dans une salle commune de la caserne, pendant que Kakashi faisait son rapport. Elle réfléchissait aux sceaux sur son dos. Elle en portait quatre à présent. Plus qu'elle n'en avait jamais eu. Par conséquent, jamais elle ne s'était trouvée dans une situation aussi périlleuse. Il lui semblait tellement improbable que sa mère, si prévoyante, ne lui ait rien laissé, pas un rouleau de techniques, pas un parchemin pour lui faire maîtriser son don au cas où elle même ne serait plus là pour le faire. Cela commençait à l'inquiéter. Quatre sceaux, c'était suffisant pour la plonger dans le coma... Un détail lui revint en mémoire à ce moment là. C'était les parents de Ran qui avaient emballé les affaires de sa mère quand elle était morte. Peut-être y avait-il dedans un moyen de se débarrasser de ces sceaux... Kakashi arriva sur ces entrefaites.

- Unité 16, vous avez bien travaillé. Prochaine mission dans trois jours, on se retrouve ici même à 6h30. Repos d'ici là.

Hana commença à suivre Haruo et Kaï vers les vestiaires quand elle vit Kakashi lui faire signe de rester. Il avait relevé son masque en forme de chien, et à son expression, elle devina qu'il allait encore lui poser une question à laquelle elle n'allait pas avoir envie de répondre... Une manie qui commençait à l'agacer.

- Oui ? Soupira-t-elle en se plantant devant le jeune homme.

- A partir de combien de sceaux, c'est dangereux pour ta santé ?

- … Ça dépend de ce que tu considères comme dangereux, répliqua-t-elle d'un ton acide.

- Il avait beau ne pas pouvoir voir ses yeux, dissimulés par son masque, elle ne put s'empêcher de détourner le regard.

- Bien, je reformule. Hana, qu'est-ce qui se passe avec quatre sceaux ?

Elle ne répondit pas. Pourquoi posait-il toujours des questions comme ça ? Pourquoi trouvait-il toujours la faille dans sa carapace ? Cette fois, elle n'allait pas répondre. C'était son problème. Elle tourna les talons et commença à s'éloigner quand elle sentit la main de Kakashi se fermer avec une poigne de fer sur son bras. Il l'obligea à lui faire face et releva de force son masque. Il ne put s'empêcher de tressaillir devant le regard chargé de promesses de mort qu'elle lui lança en retour, accentué par le maquillage qu'elle n'avait toujours pas retiré mais vrilla quand même son regard dans le sien.

- Hana, ne m'oblige pas à te dire que c'est un ordre... fit Kakashi d'un ton tranchant.

Un vrai coup bas ! Il savait qu'elle ne désobéirait pas à un ordre, même un aussi injustifié que celui là. Elle lui adressa un regard venimeux et s'entendit lui répondre :

- Un coma de quelques jours. Un sceau qui se brise, ce n'est rien de plus qu'un mal de tête foudroyant. Deux ou trois, une perte de connaissance plus ou moins longue. Au delà de cinq... un coma prolongé dans le meilleur des cas.

Kakashi la lâcha. Il avait demandé à l'Hokage où en était le service des renseignements dans leur recherche d'un moyen de récupérer ses souvenirs mais apparemment, ça n'avançait pas très vite. Il trouvait ridicule qu'on les envoie en mission si c'était pour accumuler des souvenirs inutilisables. Elle lui avait dit qu'un nombre trop élevé de sceaux était dangereux pour elle. Il ne se doutait cependant pas que c'était un nombre aussi faible ! A partir de leur prochaine mission, elle risquerait la mort si ses réserves de chakra tombaient à zéro. Elle mourrait, et s'en était finit de l'unité 16, qui reposait entièrement sur sa technique héréditaire. Il ne put empêcher un début d'angoisse de monter.

- Ne me regarde pas comme ça Kakashi. Je connais les risques et je ne suis pas suicidaire. Je gère.

Il ne répondit pas, se contentant de la fixer intensément, ce qui l'a mis mal à l'aise. Est-ce que ça allait devenir une habitude ça aussi? Songea-t-elle agacée. Elle jugea préférable de mettre fin à l'examen visuel qu'elle subissait et rabaissa son masque.

- Bonne soirée Kakashi.

Et elle reprit sa route vers les vestiaires avant qu'il n'ait pu ajouter un mot.

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Le lendemain matin, Hana se réveilla de bonne heure. Elle comptait passer ses jours de repos à fouiller dans les affaires de sa mère. Malgré ce qu'elle avait dit à Kakashi, elle ne gérait pas du tout son problème. Elle aussi angoissait. Après tout, on ne savait jamais ce qu'un combat pouvait nous réserver. Les accidents arrivaient toujours tellement vite... Après un rapide petit déjeuner, elle enfila un t-shirt bleu sur un short blanc et quitta son appartement sous une autre apparence. On était samedi matin et le marché de Konoha était déjà noir de monde, malgré l'heure matinale. Les gens devaient vouloir fuir la chaleur qui ne tarderait pas à s'abattre sur le village. Elle ne savait pas si Ran était revenue de mission, mais ses parents devaient être là. Elle savait aussi qu'ils étaient toujours debout à l'aube.

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Quand elle frappa à la porte quelques minutes plus tard, ce fut la mère de Ran qui lui ouvrit. Hana s'émerveillait toujours de voir à quel point Ran et sa mère, Emiko, se ressemblaient. C'est avec un grand sourire que celle ci la prit de force dans ses bras, avant même qu'Hana n'ait ouvert la bouche.

- Hana ! Je suis si heureuse de te voir ! Cela fait tellement longtemps... dit-elle en s'écartant pour regarder la jeune fille

- Je sais bien, et j'en suis désolée mada... Emiko, se corrigea Hana en voyant les sourcils de celle-ci se froncer.

Elle grimaça intérieurement. Elle n'aimait pas se montrer aussi familière avec les parents de Ran, bien qu'ils lui aient toujours dit de les appeler par leurs prénoms.

- Dieu que tu es maigre ! Tu ne manges pas assez ma chérie. Tu devrais venir plus souvent, je m'occuperais de te remplumer.

- Ce serait avec plaisir... Emiko.

- Bien. Et maintenant dis moi... Pourquoi es-tu là de si bonne heure ? Demanda Emiko en la guidant jusqu'au salon. Tu ne nous déranges pas du tout ma chérie, mais comme Ran n'est pas là, je suis surprise...

- Eh bien...

A ce moment là, le père de Ran, Akinaru, pénétra dans la pièce. Grand et bien bâti, il avait une présence imposante, impossible à ignorer.

- Hana ! Quelle joie de te revoir !

- J'en suis aussi très heureuse, Akinaru, répondit Hana en s'inclinant légèrement.

- Qu'est-ce qui nous vaut l'honneur de ta visite ?

- C'est ce qu'elle s'apprêtait à me dire avant que tu ne nous interrompes, fit Emiko en lui adressant un sourire inquiétant.

Hana se retint à grand peine de pouffer. Les parents de Ran se comportaient toujours comme s'ils avaient dix ans, se chamaillant et s'envoyant des piques à longueur de temps. Elle décida qu'il n'était guère dans son intérêt de les laisser démarrer.

- Eh bien, je ne sais pas trop comment formuler ça mais... C'est vous qui vous êtes occupés de déménager les affaires de ma mère quand elle est morte n'est-ce pas ?

Elle vit Emiko et Akinaru échanger un regard avant que celui ci ne quitte la pièce.

- En effet, Hana. Et tu n'as pas besoin d'en dire plus.

- Pardon ?

- Quand Arina...ta mère est tombée malade, elle nous a demandé de nous occuper de toi s'il elle devait ne pas s'en remettre. Nous avons accepté, naturellement, je la connaissais depuis tellement longtemps ! Je lui aurais confié Ran de la même façon. Arina nous avait cependant prévenu que tu risquais de rencontrer des problèmes dans la maîtrise de ton don. Elle nous a donc confié tous ses documents à ce sujet, en nous faisant promettre de te les remettre le jour où tu en aurais besoin.

Hana tressaillit en entendant ces explications. Sa mère ne l'avait donc pas laissée sans rien.

- Je pense que ce sont ces documents que tu es venue chercher aujourd'hui, n'est-ce pas ? Toutes les affaires de ta mère sont bien rangées à la cave mais...

- J'ai besoin de ces documents en effet... Le reste... Je ne préfère pas y toucher. Sauf si vous avez besoin de la place que ça occupe, auquel cas, je peux chercher un garde meubles...

- Non, non, c'est inutile. Je préfère les savoir ici que...

Le retour d'Akinaru, chargé de deux gros cartons, l'empêcha de finir sa phrase.

- Tout est là, Hana.

- Merci, merci beaucoup...

Hana garda le silence quelques secondes avant de poser la question qu'elle s'efforçait de retenir depuis un moment.

- Pourquoi... Pourquoi ne jamais m'avoir dit que ces documents existaient ?

- Parce que … Ta mère nous a demandé de ne pas le faire, répondit Emiko d'une voix hésitante. Apparemment, il existait une faible probabilité selon laquelle tu n'en aurais pas eu besoin...

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Hana en fronçant les sourcils.

- Ça veut dire que certains membres de ton clan sont de surprenants autodidactes, dit Akinaru. D'après ta mère, ces ninjas apprenaient d'eux même les techniques que tu veux étudier. Elle espérait que ce serait ton cas...

- … Pour que ce soit moins long et moins difficile pour toi ma chérie, acheva Emiko.

- Eh bien je ne serais pas là si c'était le cas, fit Hana en se levant. Je vais donc me mettre au travail tout de suite. Akinaru, Emiko... Merci pour tout.

Elle se dirigea vers la porte, un carton sous chaque bras.

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De retour chez elle, Hana s'installa confortablement sur le grand tapis de son salon avant d'ouvrir une première caisse. Elle était pleine de cahiers et de rouleaux de techniques. Ne sachant pas par où commencer, la jeune fille ouvrit le deuxième carton et tomba sur un rouleau intitulé « Projection ». Elle le déroula et après en avoir parcouru quelques lignes, ouvrit de grands yeux. Si elle savait encore lire, ce rouleau contenait une technique pour projeter les souvenirs directement dans la mémoire d'une autre personne... Avec comme variante la possibilité ou nom de protéger la personne de la douleur. Son don était donc susceptible d'être utilisé comme une arme... Mais peut-être pas tout de suite, pensa-t-elle en remarquant l'annotation «difficulté : rang A» . Elle délaissa ce rouleau et en ouvrit un autre intitulé « Transfert 1» parmi les quatre autres du même type. Des techniques pour transférer ses sceaux. A une autre personne ou sur un support, comme un rouleau par exemple. Une sauvegarde de données s'il devait lui arriver quelque chose en somme. Elle regarda à nouveau dans l'autre caisse et parmi les rouleaux, trouva un épais livre, qui semblait très vieux. Elle l'ouvrit et une lettre en tomba. En l'ouvrant, Hana se rendit compte que l'auteur n'était autre que sa mère.

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« Ma très chère Hana, si tu lis ces mots, c'est que je ne suis plus là pour t'apprendre à maîtriser ce fabuleux don qui fait de toi une Asakura à part entière. J'aurais aimé être là pour t'aider à le faire car c'est un chemin long et difficile. Je peux malgré tout, à travers cette lettre, que j'ai peu de temps pour écrire, te guider une dernière fois.

La première chose que tu dois savoir, c'est qu'il ne fait pas de toi un monstre. J'étais la première à le penser quand il s'est manifesté la première fois pour moi. Il est vrai qu'il apporte de la souffrance, du doute et une marginalisation dont on se passerait bien à ton âge. Mais c'est un don très riche, avec de multiples facettes qui faisait du clan Asakura un maître dans la collecte d'informations. Comme tu finiras par le savoir si tu lis ce livre qui retrace notre histoire, nous étions un clan assez vaste, originaire de Kumo no kuni. J'ai quitté le pays pour Konoha quand j'avais dix-sept ans suite à un désaccord avec mes parents. C'est grâce à Emiko, que j'avais rencontré durant les différents examens qui jalonnent la vie des ninjas, que j'ai eu le droit de rester au village. Et c'est là que j'ai rencontré ton père, que tu n'as que très peu connu. Mais tu apprendras tout ce que tu veux savoir sur notre histoire en lisant ce livre.

Ensuite, venons-en au côté pratique de ma lettre. Comme je l'ai mentionné plus tôt, maîtriser toutes les facettes de ton don te prendra du temps. Beaucoup de temps. La logique voudrait que tu commences par les techniques les plus simples à apprendre mais je pense moi qu'il faut parer au plus urgent. Il faut que apprennes à te débarrasser de tes sceaux. Le plus simple est de commencer par apprendre à les transférer dans des rouleaux, au moins ta vie ne sera plus en danger. Mon dernier conseil est de ne pas t'entraîner seule et, surtout si tu as accumulé plusieurs sceaux, de ne pas en faire trop. Tu te rendras vite compte que maîtriser ces techniques nécessite beaucoup de chakra...

Enfin ma chérie, surtout accepte qui tu es et fais les choses à ton rythme. Ton don finira par perdre sa place centrale dans ton existence. Crois en quelqu'un qui est passé par là. Oui, tu pourras un jour ne plus porter de gants et toucher les gens sans craintes, c'est promis.

J'aurais aimé t'en dire plus mais j'entends Emiko et Akinaru qui viennent chercher les cartons...

N'oublies jamais que je t'aime,

Maman. »

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Hana ne put empêcher une larme de rouler sur sa joue. Elle se trouvait décidément très émotive en ce moment. En colère pour un rien et l'instant d'après au bord des larmes. Sûrement les hormones. La jeune fille secoua la tête, comme pour remettre de l'ordre dans ses idées. Elle remit la lettre dans le livre et se leva pour aller le déposer sur sa table de chevet, dans la pièce adjacente. Elle avait de quoi lire avant de s'endormir pour un moment. Elle retourna ensuite dans son salon et fouilla parmi les rouleaux étalés sur son tapis pour mettre la main sur celui traitant de transfert. Difficulté C. Pas trop compliqué. Elle repensa alors à un détail de la lettre. « Ne t'entraînes pas seule ». Elle comprenait tout à fait pourquoi : si les sceaux devaient se briser, autant que ce soit en présence de quelqu'un capable de l'emmener rapidement à l'hôpital. OK, mais comment était-elle supposée y arriver alors qu'elle n'avait que deux jours pour la maîtriser et que Ran n'était pas là ? Elle aurait pu demander aux parents de cette dernière mais ils lui avaient dit qu'ils partaient eux aussi en mission dans l'après midi. La réponse s'imposa alors d'elle même dans son esprit : Kakashi. Elle était sûre qu'il était au village et grâce à l'incident de la semaine précédente, elle savait où il habitait... et où le trouver s'il n'était pas chez lui à 10h30 un dimanche matin. C'est en courant qu'elle quitta à nouveau son appartement, ne prenant qu'une seconde pour fermer à clé avant de s'élancer sur les toits de Konoha.

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Kakashi était plongé dans un demi-sommeil quand il crut entendre frapper. Il entrouvrit un œil pendant quelques secondes puis se retourna et tira la couverture sur sa tête en songeant qu'il avait du rêver. Des coups retentirent alors à nouveau contre la porte de son appartement, plus prononcés que ceux qu'il avait cru entendre. Il s'extirpa difficilement de son lit, manqua de chuter en se prenant les pieds dans les draps et enfila à la va vite un t-shirt par dessus le pantalon qui lui servait de pyjama. Il s'avança ensuite au radar vers sa porte, en priant pour que ce ne soit pas Gaï de l'autre côté de la porte. Il l'entrouvrit et plissant les yeux à cause de la luminosité soudaine, remercia Dieu en remarquant que son interlocuteur avait des cheveux bien trop longs pour être ceux de Gaï.

- … Hana ? Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il en se concentrant de toutes ses forces pour arriver à articuler.

A travers les brumes du sommeil qui embuaient encore sa vision, il vit le visage de la jeune fille se fendre d'un sourire attendri. Kakashi en conclut qu'il n'avait pas quitté son lit et qu'il rêvait encore, ce genre de sourire et Hana n'étant pas compatibles.

- Désolée de te déranger Kakashi mais j'ai besoin d'aide et tu es le seul à qui je peux demander ça actuellement.

Kakashi se dit que c'était un rêve décidément bien étrange. Il resta interdit pendant quelques secondes avant de s'écarter et de lui faire signe d'entrer.

Un quart d'heure plus tard, alors qu'il sortait de la douche un peu plus réveillé, Kakashi trouva Hana perchée sur un des tabourets haut de sa petite cuisine, le regard complètement vide. Elle avait entrouvert les volets des trois fenêtres de son appartement, laissant entrer la lumière et filtrant la chaleur qui commençait à se faire sentir au dehors.

- Alors, Hana ? Qu'est-ce qui était si urgent ? Demanda-t-il en se préparant du café.

Il n'en buvait pas en temps normal, mais là, il avait besoin d'un coup de pouce pour s'éclaircir les idées.

- J'ai trouvé le moyen pour me débarrasser des sceaux.

Kakashi se figea dans son mouvement avant de se tourner lentement vers elle et de la fixer d'un regard surpris. La veille encore, il n'y avait pas de solution à ce problème là.

- OK. Admettons. Qu'est-ce que je viens faire dans l'histoire ?

- Eh bien, il s'agit d'un transfert de sceaux. Tu te doutes que je ne maîtrise pas cette technique, pas encore. J'ai deux jours pour le faire. J'aimerais que le problème soit réglé avant qu'on ne reparte en mission. Et je pense que ça te soulagerait aussi de savoir que je ne m'écroulerais pas d'un coup, ajouta-t-elle en lui adressant un demi sourire.

- …

- Bref, comme je te l'ai expliqué, je ne peux pas perdre tout mon chakra, sous peine de briser les sceaux... J'aimerais que tu sois avec moi pendant que je m'entraîne. Je ne pourrais pas me transporter à l'hôpital toute seule s'il devait y avoir un problème...

Sa voix se brisa sur les derniers mots : le visage de Kakashi prenait peu à peu une expression de colère froide qu'elle ne lui connaissais pas, visible même à travers le masque de tissus.

- Donc tu attends de moi que je te surveille pendant ton entraînement ? Demanda-t-il d'une voix froide. Bon sang Hana, c'est quoi que tu ne comprends pas dans le mot repos ? La prochaine mission sera très différente de celle d'hier, il faudra se battre ! Il est hors de question que tu t'épuises pendant ces deux jours et que tu nous mettes dans la merde après.

Hana réagit au quart de tour.

- Et si je perds le contrôle pendant la mission justement ? Tu crois qu'on sera moins dans la merde comme ça ? Je dois maîtriser cette technique ! Je te signale que le service des renseignements était supposé apporter une réponse rapide à mon problème ! Et on attend encore ! Moi j'ai trouvé la solution, et ça passe, aujourd'hui au moins, par cette technique !

- Parlons-en de cette technique justement. D'où est-ce qu'elle sort ?

- Des affaires de ma mère, qui était la dernière à Konoha à savoir se servir de son don. Moi, je ne compte pas, c'est encore loin d'être le cas apparemment...

- Apparemment… ?

Hana se tut quelques secondes. Elle n'aurait jamais pensé qu'il le prendrait comme ça, encore moins qu'il puisse être entêté. Mais bon, c'était peut-être du au réveil matinal... Il fallait le convaincre. Elle en avait marre de cette épée de Damoclès au dessus de la tête.

- OK, je vois le problème. Suis moi.

- Pardon ?

- Suis moi, te dis-je !

Kakashi la regarda s'avancer vers la porte, l'ouvrir et lui adresser un regard plus qu'insistant. C'est avec un soupir qu'il se résolu à enfiler ses chaussures et à la suivre.

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Une heure plus tard, Kakashi était assis en tailleur sur le canapé d'Hana, le rouleau de la technique de transfert ouvert sur ses genoux. Il n'en revenait pas d'avoir cédé aussi facilement. Ce qui le gênait dans ce qu'elle lui avait raconté, c'était le caractère inconnu des techniques dont elle parlait. A peine avait-t-elle ouvert sa porte qu'elle avait disparu pour réapparaître une seconde plus tard et lui fourrer un carton dans les mains. Et en lisant les titres des techniques qu'il contenait, il devait reconnaître qu'Hana ne maîtrisait en effet pas vraiment son pouvoir héréditaire... ou plutôt qu'elle ne le faisait que dans sa forme la plus basique. Le jeune homme était ébahi par l'étendu des possibilités qui s'ouvraient à eux avec ces deux cartons. Si elle arrivait à apprendre toutes ces techniques, ils deviendraient une unité de renseignements inestimable... Enfin, il avait jeté un coup d'œil au niveau de difficulté de ces techniques, l'apprentissage promettait d'être long. Très long.

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Le jeune capitaine focalisa son attention sur Hana, assise elle sur son épais tapis blanc. L'air tellement concentrée qu'elle en semblait absente, elle enchaînait depuis un moment les tentatives. Il n'y avait pas de secret avec les techniques de sceaux en général, il fallait répéter jusqu'à ce que ça réussisse. Il fallait avoir un dosage très précis du chakra. Le problème ne résidait pas dans le fait de réussir à être précis. Elle maîtrisait le ninjustu médical, elle savait donc parfaitement doser le chakra. La difficulté majeure, c'était de découvrir soi même la dose nécessaire. Et ni elle ni lui n'avait la moindre idée de quelle pouvait être cette quantité...

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Alors qu'elle recommençait une fois de plus après plus de trois heures d'essais, Hana sentit le découragement la gagner. Si ça devait être pareil pour toutes les techniques qui restaient, elle allait y passer des années ! Elle n'avait pas l'habitude d'apprendre les choses lentement. C'était même une première pour elle. Mais Kakashi n'avait accepté de l'aider que si elle procédait avec lenteur et prudence. Elle devait reconnaître que dans ce cas, c'était sûrement la chose la plus intelligente à faire. En appliquant ses mains sur le parchemin censé accueillir le sceau, elle sentit qu'elle avait échoué une fois de plus. Hana se leva sous le regard de Kakashi et fit le tour du salon en étirant son dos et ses bras. Elle retourna ensuite s'asseoir et ferma les yeux. Elle se força à respirer lentement avant de malaxer à nouveau son chakra et de composer une nouvelle fois la série de signes... Elle sentit immédiatement qu'elle avait réussi : elle sentit une traînée de chaleur quitter son dos, passer son épaule droite, descendre le long de son bras, de sa main et disparaître. L'effort la laissa pantelante. Elle souleva ses mains et vit un symbole sur le parchemin.

- Kakashi, ça a marché ! Dis-moi quel symbole a disparu de mon dos, s'exclama-t-elle en se tortillant pour remonter son t-shirt et passer à genoux en même temps.

Elle se plaça dos à lui et Kakashi pu voir que le dernier sceau avait disparu, ne laissant aucune trace sur la peau satinée de son dos.

- Le dernier a disparu. Celui de Maeda non ?

- Exact, fit-elle en laissant retomber le tissu et en notant le nom sous le sceau. Est-ce que ce n'est pas génial ? Il ne me reste plus qu'à retirer les autres, ajouta-t-elle en se levant pour aller prendre un autre rouleau.

Ou du moins, essaya-t-elle. A peine eut-elle pris appui sur ses jambes que celles-ci se dérobèrent sous elle. Sa chute fut interrompue par Kakashi qui la conduisit à un fauteuil en la maintenant fermement par les bras.

- Et moi je pense que ça suffit pour le moment, dit-il. Tu en retireras un plus tard, les deux autres demain. Et cette fois, c'est un ordre, ajouta-t-il alors qu'elle ouvrait la bouche avec l'intention manifeste de protester.

Il se leva, alla chercher un verre d'eau à la cuisine et revint pour l'obliger à boire. C'était quand même terrible qu'il en soit réduit à lui donner des ordres un jour de repos. A croire qu'elle avait six ans et non pas dix-sept.

- Maintenant que tu es obligée de faire une pause... dit moi pourquoi tu peux voir dans le noir.

- Ça t'intéresse tant que ça ? Fit-elle en soulevant un sourcil.

- Je ne poserai pas la question si ça ne m'intéressait pas, Hana...

- Certes, répondit-elle avec une esquisse de sourire. Je pense que tu as remarqué que je n'ai pas des yeux normaux...

Il avait remarqué oui.

- Eh bien, continua-t-elle, disons qu'ils ne font pas que ressembler à ceux des chats ou des félins en général... Ils ont des caractéristiques identiques, comme la vision nocturne ou la rapidité de réaction. C'est aussi simple que ça.

- Caractéristique héréditaire ?

- Il semblerait, oui. Un peu comme les Inuzuka et leur flair surdéveloppé.

Kakashi hocha la tête.

- On s'y remet ? Proposa-t-il.

- OK.

Le soir venu, Hana avait pu retirer trois des quatre sceaux, après une dispute de plus avec Kakashi. Elle retira le dernier le lendemain matin. Kakashi et elle avaient convenu qu'il valait mieux confier les rouleaux de souvenirs à l'Hokage, en attendant d'être capable de les lire. Ce qu'ils firent, le surlendemain, avant de partir pour une nouvelle mission.


Et voilà ! Fini! Si vous avez des remarques à faire (même critiquer mes horribles ' ), si ça vous a plu, déplu, je suis toute ouïe (façon de parler, oui, ça passe par la case review et ça se lit...bref).

Le prochain chapitre... Bientôt, je ne ferai pas plus précis. Pour vous rassurez si vous voulez la suite, il est déjà écrit.

A bientôt! =)