Disclaimer : Le personnage principale et les secondaires ne m'appartiennent pas. Tout est à JRK ainsi qu'à je-ne-sais-plus-qui pour les films.
Genre : One Shot
Note : Me revoilà… Avec du HP !
Il s'agit d'une grande première pour moi alors j'espère ne pas choquer les puristes.
Merci pour vos reviews
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CHRONIQUE D'UNE EDUCATION
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- Opus I : Conception-
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Jeudi 5 juin 1980
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Il y a quelques heures déjà, une note m'a m'annoncé ta naissance. Un petit bout de papier volant, sans aucune grâce, mais qui eut le privilège d'amener un sourire à mes lèvres. Tu peux sans difficulté t'imaginer à quel point celui-ci a interloqué ceux qui m'entouraient, ce n'est pas sans raison que les membres de notre famille se laissent aller à montrer leur satisfaction.
Alors que je sentais l'intérêt des membres du Conseil, je me décidais à leur octroyer la nouvelle de ta naissance. Et, bien que je ne supporte pas d'être dérangé en réunion, celle-ci m'a permis de recueillir les félicitations du Ministre avec une expression faciale de circonstance avant que mes mains ne soient happées par celles, rugueuses, de ses laquais.
Je reconnais, non sans mal, la légère grimace que j'eus à retenir face à la main tendue de Weasley. Lui n'a aucunement caché son déplaisir d'avoir à me toucher et ce sont les doigts moites et mous qu'il me félicita du bout des lèvres.
Ses phalanges se souviennent de mes remerciements d'usage.
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Malgré la distance, le temps passé entre mon écriture et ta lecture, je peux aisément m'imaginer ton étonnement à l'évocation d'un Weasley à une réunion de pouvoir. Je te rassure de suite, seule sa passion et ses connaissances à l'égard des Moldus nous intéressaient afin de répondre à un des sujets placé à l'ordre du jour. Jamais un Weasley ne siègera de manière permanente au Conseil de l'Etat, ce serait d'une incohérence à la limite de l'aberration.
Ils ne sont tous bons qu'à perpétuer le gène roux afin qu'il reste actif au sein de la population sorcière. Ce qu'il réussit parfaitement puisque sa famille, déjà nombreuse, ne l'a en rien empêché de remettre le couvert, son épouse a mis bas il y a peu d'un énième fils. Famille dégénérée dont la pureté du sang est une honte pour notre milieu.
Mais après tout, qu'il en fasse des fils ! Qu'il continue à peupler les bas-fonds de têtes rousses. Sa grimace et ses yeux fuyants prouvent son amertume, teinté peut-être d'un brin de jalousie. Car, quand bien même il dépasserait la vingtaine de rejetons, pas un ne t'arrivera à la cheville.
Il le sait.
Il me félicite avec une répugnance non dissimulée.
Il a l'honneur de recevoir mon premier vrai sourire de ma journée, petit mais bien présent et orgueilleux à souhait.
Le second, je te le réserve mon fils.
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L'arrivée de l'héritier Malfoy est un événement à ne pas manquer, la réaction des membres du Conseil était donc tout-à-fait légitime et fort divertissante de mon point de vue. Ils eurent du reste la décence d'écourter la réunion afin de me permettre de te reconnaître avant de rentrer au manoir.
J'ai donc poursuivi mon travail de sape en demandant à Weasley de m'orienter vers le service de recensement, arguant qu'il y avait ses quartiers depuis la naissance de son aîné. Laisse-moi te prévenir, bien que tu le vivras bien assez tôt : la teinte cramoisie ne convient définitivement pas aux crânes roux, même à demi chauves.
Seul mon sourire, définitivement plaqué sur mes traits, a répondu à son regard haineux. Un jour, qui sait, parviendra-t-il à se contrôler. Et c'est avec une grimace acide qu'il consentit à m'instruire du chemin le plus court vers le département adéquat.
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Je m'attendais presque à découvrir un nouveau rouquin à l'archivage mais l'homme derrière le bureau n'avait définitivement aucune attache avec cette famille génétiquement atteinte.
Avec une condescendance propre à son statut, il m'invita à m'asseoir sur un siège minable à l'inconfort marquée par les ressorts du coussin. Il me fallut un contrôle irréprochable de mes nerfs pour prendre le temps à ton inscription et ne pas repousser le parchemin officiel loin de ses yeux porcins et de son rictus mielleux.
Son dos se voûtait vers l'écritoire au point que ses lunettes en demi-lune s'infléchissaient dangereusement sur le bout de son nez. Telles des griffes, ses doigts déformés par les années de labeur tendaient la feuille à presque la rompre. Tout dans sa personne ne pouvait qu'amener une antipathie et un dégoût bien honorable.
Il était poussiéreux, à la limite de la momie graisseuse, son appendice nasale long et courbé presque à toucher l'écritoire, mais professionnel, connaissant la généalogie et l'héraldique de nos familles avec exactitude, montrant par sa complaisance l'importance attachée à ta naissance.
Parfait.
En remerciement, il reçut l'aumône d'un signe de tête de ma part alors qu'il me tendit une plume pour signer.
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C'est fait.
Achevé.
Tu existes officiellement.
Mon héritier.
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Dans mon hâte de rejoindre notre demeure pour enfin te rencontrer, j'augmentais mes foulées autant que me le permettait la décence. Malgré mes efforts, je mis un temps considérable à atteindre les cheminées, le bouche-à-oreille fonctionnant à merveille et chacun désirant se rappeler à mon bon souvenir en me félicitant à outrance.
Les cheminées… Moyen de transport exécrable s'il en existe, seule l'impatience qui me tiraillait de parvenir à bon port le plus rapidement possible, m'incita à user de cette abomination.
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Vite.
Rentrer.
Te voir.
Vérifier par moi-même ton sexe, ta perfection.
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Je me déchargeais de ma cape à un elfe portemanteau pour rejoindre directement l'aile des enfants. Les tableaux, générations de têtes blondes aux traits aristocrates,bruissaient à mon approche pour se taire face à moi et reprendre de plus belle dès mon dos tourné. C'est dans un silence presque religieux que je pivotais la poignée de ta porte, m'arrêtant sur son seuil.
Jamais encore je n'y étais entré, ta mère ayant sollicité l'autorisation de s'employer elle-même à l'aménagement intérieur de tes appartements. Après une brève hésitation, j'avais consenti à son désir et, à cet instant, je ne le regrettais nullement : je venais de prendre place dans une ambiance douce et tamisée s'accordant à merveille à l'accueil d'un nouveau-né tout en restant à l'honneur de notre rang. Tu y seras bien mon fils, nos couleurs s'allient parfaitement au plafond enchanté. Mais je me devrai de l'étudier plus tard, ta nourrice te tend vers moi.
A bout de bras, je t'observe à la lueur des chandelles. Les sourcils froncés, tu t'égosilles de toute la force de tes poumons, montrant comme il se doit ton désaccord. Tu es minuscule entre mes mains qui me paraissent soudain gigantesques, prenant toute la place contre tes omoplates, mes doigts dans tes cheveux courts.
Blond.
Un solide caractère.
Et un corps de mâle, petit et parfait. Je t'examine sous tous les angles et pas une stigmate disgracieuse ne vient marquer ta peau si pâle. Ta naissance est-elle réellement l'histoire de quelques heures ?
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Rien dans mon attitude ne montre l'attention que je prête à la femme engagée pour se consacrer à ta personne alors que je l'examine du coin de l'œil.
Mal à l'aise en ma présence, elle connaît son rang et ne cherche aucunement à te soustraire à ma vérification musclée. Les mains croisées sur son ventre rebondi, ses bras encadrent sa poitrine proéminente. Elle a été désignée pour te nourrir et seuls ses appendices mammaires ont grâce à mes yeux.
Son anxiété pour ta personne se lit facilement sur ses traits. Appréhension réelle pour l'enfant sans défense que tu es ou pour la place et le salaire que tu représentes ? Je n'en ai strictement rien à faire, elle est silencieuse et a passé avec brio les épreuves lors de son entretient. Elle le sait et jamais ne montrera un geste pouvant amener notre déplaisir. Les postulantes se sont succédées et d'aucunes ont été remerciées avec la plus extrême diligence avant que mes exigences ne soient remplies par cette perle d'obligeance qui gardera sa place en niant ses envies et son caractère personnel.
Elle tente néanmoins de cacher le léger soupir de soulagement lorsque je te laisse entre ses bras. Tu te calmes immédiatement contre sa chaleur, promesse d'un repas promptement servi, et je vous laisse, je me dois de congratuler ta mère pour le devoir accompli.
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Après tes cris, le manoir s'avère particulièrement paisible, même les murmures des tableaux n'ôtent en rien la quiétude du lieu. Maintenant que je suis rassuré sur ton compte, j'attendrai que ta voix de stentor devienne plus contrôlée en ma présence. Heureusement que les ailes sont fort éloignées les unes des autres, il n'aurait pas été convenable que mon sommeil soit dérangé par ton tumulte.
Et c'est dans le calme que j'atteignis la porte des appartements de ta mère.
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Le médicomage vint directement à moi laissant à l'infirmière le soin d'achever de s'occuper de Narcissa. Je fronçais mes narines devant l'odeur de la pièce qui, bien qu'aérée, sentait encore l'effort et le sang. Je te passe les détails de l'accouchement qu'il me narra. Je ne sais si tu souhaiteras être présent pour la venue de ton fils mais pour ma part je suis plus qu'heureux d'y avoir échappé.
M'installant à ses côtés, j'embrassais les doigts de ta mère, passant par ce simple geste toute mon euphorie. Elle me sourit, soupira avant de fermer les yeux et s'abandonna dans un sommeil réparateur.
Je restais quelque peu à son chevet avant de payer les honoraires tout bonnement exorbitant pour l'assistanat d'un acte somme toute naturel. Puis pris congé pour rejoindre mon bureau, le bourbon comme présent à ta venue.
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Voilà mon fils, ton arrivée dans mon monde.
Je souhaite qu'en lisant ces lignes tu ressens ma satisfaction teintée d'une once d'émotions difficilement contenues que seule ta personne arrive à m'arracher.
J'ose espérer que malgré les années qui nous séparent, tu ne m'aies pas déçu et que ton premier né est mâle, digne descendant de notre lignée.
C'est aujourd'hui que tout commence, que tout se joue.
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Bienvenue
Draco.
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Lucius Malfoy
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Un quatrième petit OS…
Les conseils d'usage : ne vous habituez pas, ce n'est pas une fic à chapitres et, si (je dis bien « si ») une suite est écrite, cela restera des OS indépendants qui me seront venus à l'esprit sans demande de ma part. Je ne vous donne donc aucun rythme d'écriture et aucune certitude d'une continuité (faudrait déjà qu'elle soit attendue… ahum…).
A bientôt (enfin, tout est relatif)
HLO
