Spoiler : Aucun
Commentaire : Veuillez excuser la teneur en guimauve du flash-back, mais en cette période de crise Huddyenne, j'ai pété un plomb.
Bonne lecture !


Le même dossier rouvert pour la troisième fois, Cuddy réessaie de concentrer sur son travail. Rien à faire.

Quatre jours qu'elle n'a plus de nouvelles de House, c'est-à-dire depuis l'annonce de sa grossesse.

Elle sait qu'il est à l'hôpital. Elle a vérifié les registres. Pourtant, elle s'interdit de se rendre au quatrième étage. Il a besoin de réfléchir, ce qu'elle conçoit, mais il lui manque affreusement. Tout le temps, elle croit l'entendre clopiner derrière elle. Mais il n'est jamais là.

Elle a même baissé les stores pour se forcer à ne plus scruter la clinique.

La veille au soir, elle avait craqué et était allée chez lui. Son salon étant allumé, elle s'était contentée de se garer en face de la fenêtre. Il jouait du piano. Elle s'était attendue à le voir avec une dizaine de putes, alcool coulant à flot, et à ce qu'il ne revienne plus jamais. Avec tristesse, elle avait constaté qu'elle ne lui faisait pas suffisamment confiance. Elle l'avait observé un moment, jusqu'à ce qu'il tourne la tête et reconnaisse sa voiture. Elle peut même jurer qu'il avait croisé son regard sans s'en rendre compte. Puis, il s'était à nouveau concentré sur l'instrument. Elle s'était résignée et s'en était allée.

Si leur relation lui coûte la grossesse dont elle a toujours rêvé, elle s'en remettra. Elle est prête à faire n'importe quoi pour garder House auprès d'elle. C'est peut-être cela qu'on appelle ' aimer éperdument '. Elle aime à penser qu'il la mènera à sa perte, un jour. Ça a un petit côté romantique et mélo-dramatique qui lui plait bien.

La porte de son bureau s'ouvre. Et Cuddy ne connait qu'une seule personne qui ose défier son autorité et entrer dans son territoire sans frapper. Elle relève vivement la tête du dossier qu'elle ne voyait même pas, le sang battant sous ses tempes.

House est là, juste devant elle. Il s'approche sans un mot et dépose un gros nounours blanc sur son bureau – tant pis pour le pot à crayons qui se renverse.

L'ourson est assis sur son cul, il tend les bras avec un sourire tellement niais qu'on a envie de l'étrangler avec le ruban rose enroulé autour de son petit cou. Il est bien trop grand pour un nouveau-né – un enfant de six ans pourrait avoir une chance de le serrer contre lui sans se perdre dans sa fourrure blanche – mais c'est symbolique.

« Si on a un garçon » déclare solennellement House. « on lui mettra un ruban bleu. Et si on a un hermaphrodite, je sais pas. »

Cuddy sourit et ne le quitte pas des yeux, attendrie.

« A quel comateux l'as-tu pris, que j'aille le rendre à sa famille ? »
« Ah non, pour une fois que c'est moi qui l'ai acheté, tu vas pas le rendre ! » Il lui tend la main. « Viens par là. »

Elle se lève, ravie, contourne son bureau et attrape ses doigts. Il l'amène contre lui et la serre dans ses bras.

« Tu es sûr ? » demande-t-elle, sachant qu'il fait un gros sacrifice pour elle.
« Je veux ce bébé avec toi, Cuddy. »

Elle est heureuse de l'entendre. En fait, elle irradie de bonheur et se surprend à sourire bêtement. Elle appuie son front contre son épaule et noue ses mains sur ses reins. Elles dévient rapidement vers ses hanches. Cuddy relève la tête, fixe longuement ses lèvres fines en se mordant les siennes, y dépose un baiser outrageusement chaste dans un bruit mouillé et lui adresse un regard provocant, brillant de désir.

Tout semble vide et froid quand les lèvres de Cuddy quittent les siennes. Sa prise sur sa taille se raffermit; ils se dévisagent, fusionnels, le souffle court. Il se jette presque sur elle, l'embrasse fougueusement. Leurs langues se caressent et s'entortillent anarchiquement, emportées par la passion. Leurs nez frottent l'un contre l'autre, s'entrechoquent parfois. Cuddy saisit sa nuque, le colle à elle et lui impose ses baisers, lui impose de l'embrasser. Elle ouvre avidement la bouche pour l'y accueillir, se presse contre lui et ses mains courent sur ses épaules, touchant tout ce qu'elles peuvent. Elles palpent ses bras, ressentent leur force à travers ses vêtements.

« Fermer la porte. » souffle-t-elle entre deux assauts lascifs.

Sa canne est tombée au sol, mais il fait sans, et pousse Cuddy contre la porte. Elle gémit, coincée entre la surface dure et les caresses de son amant. Elle sent une main masculine fouiller dans la poche de sa jupe, trouver les clés et aussi un moyen d'effleurer son entrejambe. Celle de Cuddy la rejoint, la tapote gentiment. Elle lui obéit, introduit la clé dans la serrure, et est stoppée net par un poing qui frappe le verso de la porte.

House et Cuddy échangent un regard paniqué. Pensant qu'elle va se dérober à lui et reprendre son rôle de doyenne, il s'appuie un peu plus contre elle et presse son pouce contre ses lèvres.

Elle ne comptait pas s'extirper de son emprise : elle s'est abandonnée à lui dès qu'il a posé la peluche sur le bureau.

Ils attendent, en oublient de respirer. Les mains de Cuddy sont toujours autour de son cou, figées. Elle sursaute quand le poing réessaie et que quelqu'un l'appelle derrière la porte. Elle l'entend ensuite demander à son assistant si elle est sortie. Heureusement, il ne s'en souvient pas et lui propose de repasser plus tard.

Elle capture insidieusement son pouce entre ses dents et le suçote, jusqu'à le prendre en entier dans sa bouche. House ferme les yeux, essaie vainement de se concentrer sur ce qu'il se passe à l'extérieur. Il ne peut pas ignorer la tendresse de sa langue, la chaleur de sa bouche. Ses mains relâchent progressivement sa nuque. Il rouvre les yeux et croise son regard lubrique.

Enfin, les pas s'éloignent. House attend quelques secondes avant de tourner la clé dans la serrure. Ils sont désormais seuls. Lentement, sa main regagne la hanche de Cuddy. Un bruit de succion brise le silence. Elle a délivré son pouce, à présent luisant de salive. Elle regarde son amant, les lèvres gonflées et entrouvertes.

Leur bataille reprend.

Il l'embrasse à nouveau, d'une ardeur égale à leur précédente étreinte, voulant relancer la flamme qui brulait en eux. Il s'immobilise ensuite pour reprendre son souffle éreinté dans sa bouche.

Elle a trop hâte, trop envie de lui. Elle lui réclame un autre baiser, se cambre afin que ses courbes épousent les siennes. Il la repousse contre la porte, la fait gémir, remonte sa jupe jusqu'à sa taille, saisit ses cuisses et soulève ses mollets pour les enrouler autour de lui. Automatiquement, elle s'adosse à la porte. Une main sur ses reins, l'autre entre ses omoplates, il l'en décolle. Elle reste parfaitement calme, ne voulant pas risquer de les faire chuter à cause de ses taquineries. Il les emmène jusqu'au sofa où il s'assoit, Cuddy le chevauchant. A peine posés, elle l'attaque à nouveau. Elle lui mord la langue, les lèvres, le retient entre ses dents. Les mains de House s'infiltrent sous son chemisier, palpent sa peau brulante. Elle feule, rejette la tête en arrière et lui offre sa gorge. Il mordille sa peau fine, désireux de laisser sa marque au creux de son cou. Cinq jours qu'ils n'ont pas fait l'amour, et le suçon précédent commence à s'estomper. Toutefois, il est assez gentil pour la marquer assez bas et de ne pas la condamner aux cols roulés.

Il lape chaque parcelle qu'il peut atteindre, caresse un sein à travers le tissu prune. Il tente d'en défaire les boutons, Cuddy agrippe son poignet pour toute réponse.

« Hors de question que je me dénude dans mon bureau. »

Pourtant elle est assise sur ses genoux, sa jupe est relevée jusqu'à son bassin; elle est belle et indécente.

« J'ai envie de ta peau. » halète-t-il. « J'ai envie de toi, je te veux toute entière... »

Elle lâche un petit soupir de satisfaction et le laisse faire. Leurs bouches ne se quittent pas. Ils ne laissent pas l'autre respirer, ils prennent tout, clairement fous amoureux.

Son sein passe par-dessus le soutien gorge noir. House le caresse, le pétrit sans jamais être brutal, joue avec le mamelon.

Cuddy lui ouvre sa chemise à son tour. Il lâche sa hanche à contre cœur pour lui faciliter la tâche, la reprend ensuite pour la plaquer contre lui. Leurs peaux moitent glissent habilement l'une contre l'autre. La doyenne caresse son torse musclé, sa main se faufile entre leurs deux corps et ressent les pulsations de son cœur. Elle remue un peu, la bosse sous le jean de House vient se caler parfaitement contre son entrecuisse. Un désir fulgurant leur transperce le ventre à tous les deux.

Il glisse une main sous sa jupe, écarte sa culotte et caresse sa vulve brulante. Il lisse ses lèvres, titille le clitoris, s'aventure près de son entrée. Elle se cambre quand son pouce la pénètre.

« Maintenant. » implore-t-elle.

Cuddy baisse sa braguette, libère le membre tendu de son carcan. Son amant l'empoigne solidement par les hanches et s'enfonce brusquement en elle, jusqu'à la garde. Qu'est-ce-qu'elle lui a manqué... Comment a-t-il pu passer quatre jours sans elle, à se poser des questions ? Il ne peut pas vivre sans elle, c'est inéluctable.

Il remue lentement le bassin, l'embrasse encore et encore. Sa toison frictionne contre la sienne, leurs poitrines sont pressées l'une contre l'autre, leurs peaux luisantes glissent l'une sous l'autre. L'osmose parfaite. Pourtant il sent que Cuddy pleure. Un goût salé se mêle à leurs lèvres.

Ils vont avoir un bébé. Cette phrase se répète dans son esprit depuis qu'il l'a prise dans ses bras. C'est comme si elle vivait dans un rêve. Elle n'a jamais été aussi heureuse.

Elle sent que ses mouvements parfaits s'arrêtent. Il lève les yeux vers elle, inquiet.

« Tout va bien ? Je t'ai fait mal ? »
« On va avoir un bébé, House... » murmure-t-elle.

Elle sourit et il lui sourit en retour. Il repousse tendrement une mèche de cheveux qui barre son front trempé de sueur et la coince derrière son oreille. Elle est magnifique.

« Je t'aime. » chuchote-t-il, comme s'il lui racontait un secret. « Je t'aime. Je t'aime ! »

Elle se penche et pose ses lèvres sur les siennes, saisissant sa joue. La frénésie les reprend. Les mouvements de House repartent. Leurs bouches se lâchent mais ils restent proches, nez contre nez. Et, enfin, il trouve le point qui l'emmène au septième ciel. Cette fois, il n'essaie pas de la faire jouir avant lui, il veut qu'ils explosent ensemble. Il frappe autour de la zone gonflée par à-coups, sentant Cuddy se tendre à chaque fois. Plus ses muscles se resserrent autour de lui, plus il se sent venir. Et il la sent venir aussi. Il capture ses lèvres pour un long baiser langoureux, un violent orgasme les traverse. Cuddy serre les poings et cogne le mur du plus fort qu'elle le peut, trouvant ainsi le moyen de se libérer sans crier. House, lui, la plaque sauvagement contre lui et plante ses dents dans son épaule. Elle tressaille mais le laisse faire, ses doigts caressant sa tête alors qu'il se déverse longuement en elle. Ils restent longtemps dans cette position, sans rien dire, reprenant leur souffle.

« Il est cinq heures. » dit-il enfin. Elle le regarde sans comprendre. « Tu es censée partir dans une heure. On pourrait juste rester là en attendant ? »

Elle hésite un moment. Elle a du travail, mais il lui a tellement manqué...

« D'accord. Si tu viens diner à la maison après. »

Il fait mine de réfléchir. Elle sait aussi bien que lui qu'il viendra sans hésiter.

« Ça me va. » déclare-t-il très sérieusement.

Elle replace son soutien-gorge correctement, reboutonne son chemisier et il l'aide, allant même jusqu'à lisser le tissu pour que ce soit joli. Il la soulève pour s'extraire d'elle, lui remet sa culotte en place et redescend sa jupe. Il lui demande se lever, remonte sa braguette, s'allonge sur le divan et lui tend la main. Elle se déchausse, répond à son invitation et se couche sur lui, faisant attention à ne pas appuyer sur sa cuisse, se blottit contre lui et niche sa tête dans son cou.

« Cuddy ? »

House secoue gentiment ses épaules. Elle relève la tête, l'esprit embrumé, et bâille un grand coup.

« Tu t'es endormie. »

xxx

Elle s'était rendormie. Et elle aurait préféré ne jamais se réveiller.

Sa blouse était ouverte au niveau de la poitrine et sa main était fourrée entre ses cuisses. Quelle bonne idée sa mère avait eu de baisser les stores... Elle aurait offert un bien joli spectacle.

« House. » appela-t-elle à mi-voix. Son murmure résonna doucement dans la pièce, contrastant avec ses pulsations cardiaques qui retentissaient dans ses tympans. Elle avait chaud, son corps était recouvert d'une infime pellicule de sueur. Si elle avait été reliée à un moniteur, celui-ci se serait affolé. Heureusement, elle n'était là qu'en observation. Dans deux jours, elle pourrait sortir. Sortir, mais pour aller où ? Rester à l'hôpital la rendait malade, mais elle n'avait plus que Rachel. L'avenir l'effrayait plus qu'autre chose. Pour la toute première fois, elle ne savait pas si elle parviendrait à se relever.


TBC...