Bonjour -ou bonsoir-!

Voici le chapitre suivant, écrit avec une certaine appréhension. Tout simplement parce que je n'ai eu aucun retour sur le précédent... J'étais un peu déçue bien sûr, et j'espère donc que celui-ci aura plus de succès! N'hésitez pas, vraiment, à écrire votre avis, c'est ce qui encourage l'auteur -donc moi- à continuer et à persévérer.

En tout cas, comme à chaque fois je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à bientôt!


Pendant un temps il avait cru avoir mal entendu. Il songeait à une erreur, une faute stupide et anodine qui serait réglée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Intendant. Lui, intendant. Du Lord Commandant oui c'est vrai, mais intendant tout de même. Jon n'en revenait pas, le soir même il prononcerait ces vœux et deviendrait enfin un membre de la garde, pour être intendant. Il était venu ici pour accompagner son oncle en terrain ennemi, se battre contre les sauvageons et protéger le royaume étaient ses objectifs, jamais il n'avait ne serais-ce que songé à servir le vieil ours dans le moindre de ses désirs et ce jusqu'à sa mort. Avec ses capacités, que ne pouvait-il pas faire de plus que Grenn, qui lui avait été assigné aux patrouilleurs ? Il avait fallu les efforts combinés de ses trois amis pour le calmer et tenter de lui faire voir les bons côtés de cette ignoble et atroce fut finalement Sam qui exposa le meilleur argument.

-Jon, le Lord Commandant te veux à ses côtés. Toi, pas un autre. A ton avis pourquoi ? Certes tu verseras son vin, tu referas son lit c'est vrai, tu nettoieras sans doute ses vêtements, mais bon sang Jon tu seras avec lui à chaque instant ! Ne vois-tu pas les avantages et privilèges qui vont t'être accordés ? Tu vas tout apprendre de lui, de son poste, pour pouvoir sans doute un jour lui succéder, penses-tu que tu aurais pu avoir meilleur poste ?

Oui, patrouilleur, comme l'est mon oncle...

Par respect pour l'enthousiasme de son ami, Jon avait préféré se taire, ce qui ne voulait pas dire qu'il avait digéré la situation. Au contraire, il était encore plus amer en sachant qu'il aurait du se retrouver honoré. Il quitta ses amis pour rentrer dans la grande salle. Jon se dirigea immédiatement vers Mary qui, absorbée par le contenu de son assiette, arborait une nouvelle fois cet air maussade qui ne la quittait pas depuis quelques jours. Elle lui jeta à peine un regard lorsqu'il s'avachit à ses côtés sans rien avoir prit à manger.

-Intendant.

-Excuse moi ?

-Moi.

-Tu comptes faire une phrase complète à un moment ou non ? Railla Mary sans même le regarder.

-J'ai été assigné à l'intendance de Mormont.

-Hourra, félicitation à toi.

-Très convainquant.

-Merci beaucoup.

-Ce n'est pas ce qui était prévu, marmonna Jon en piquant un bout de pain à son amie qui le foudroya du regard, je devais partir de l'autre côté du mur, retrouver mon oncle et vivre au rythme du danger, être au combat contre les sauvageons, pas passer ma vie le cul vissé sur une chaise à superviser les autres.

-Tu as fini ?

-Je t'en prie.

-Te plaindre et te lamenter comme un gosse qui pique sa crise changera rien, alors par pitié arrête. Ensuite, comment peut tu vouloir tant que ça partir au delà du mur alors que tu ne sais rien de ce qu'il s'y passe. C'est pas une aventure toute rose où le grand et magnifique héros s'en sort miraculeusement à la fin, c'est pas parce que tu vas mettre un pied là-bas que Benjen Stark va revenir comme un fleur un beau matin. Tu as une place de choix comparé à d'autre, profites-en et laisse mon pain tranquille , pesta Mary en assenant une tape sur le dos de sa main.

-Mauvais jour ?

-Absolument pas.

-Qu'est ce que sa doit être quand c'est le cas, déclara Jon d'un ton léger tout en s'emparant d'un nouveau morceau de pain.

Mary planta sa fourchette avec rage dans son pain, n'évitant la main du jeune homme que de quelques centimètres.

-Tu ne veux pas le savoir crois moi, grogna t-elle, alors laisse ce pain à sa place, si tu en veux va en chercher !

-Mais tu ne le manges même pas, s'indigna le brun.

-Je le mangerais si tu m'en laissais le temps...

Jon observa la jeune femme qui semblait avoir des comptes à régler. Elle aurait presque pu lui faire peur si son ennemi actuel- qu'elle foudroyait du regard -n'était pas une patate récalcitrante qui paraissait ne pas vouloir venir.

-Donc ?

-Donc quoi ?

-Pourquoi une telle agressivité ? Demanda Jon ;

-Ça ne te concerne en rien.

-Je le saurais.

-Bonne chance alors.

Jon leva les yeux au ciel avant de s'emparer du morceau de pain que Mary n'avait toujours pas mangé, ignorant magnifiquement le regard noir qui lui était adressé. Jon commença à se lever aussitôt que Dany entra dans la pièce, il n'avait nul besoin de supporter son attitude aujourd'hui. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'au lieu de poser son divin séant près de Mary le blond partit s'asseoir bien à l'opposé, sans oublier de leur lancer un regard noir. Pas à Jon, mais à eux deux.

Depuis quand la haine de Dany s'étendait au personnes présentes près de lui -particulièrement quand la personne en question est Mary- ?

Il se rassit aussitôt, comprenant plus ou moins le comportement de la jeune femme.

-Dit, comment ça va avec Dany ?

-Dit, comment ça va avec Benjen ? Rétorqua aussitôt Mary.

-D'accord, j'ai saisi le message.

Elle soupira et ses épaules s'affaissèrent, la colère dans son regard fut remplacée par un profond agacement et, si on regardait bien, par une certaine tristesse.

-On a eu un petit accrochage lui et moi il y a quelques jours. Après l'histoire avec Thorne en fait...

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

-Il a dit certaines choses, moi aussi, des choses qui auraient dû rester dans nos têtes sans jamais sortir. J'en viens même à regretter certaines choses que je lui ai confié par le passé, et qui sont ressorties, plus amères et dangereuses que jamais..

-Si tu lui a dit, c'est que tu lui faisais suffisamment confiance pour partager ça avec lui. Et lui, bien qu'il soit une tête de cul à mes yeux, il tient à toi et te fait confiance de manière réciproque.

-Je sais.

-Il t'aime, déclara Jon.

-Je sais.

Ils s'observèrent quelques instants, silencieux, avant que Mary ne détourne le regard, son air maussade envolé.

-Assez parlé de Dany et moi, j'ai des choses à faire donc je pense pas te revoir avant ce soir, si bien sûr tu prononces tes vœux...

-A ce soir alors, sourit Jon.

Elle sourit à son tour avant de se détourner pour partir. Jon resta assit un long moment, observant Dany qui plaisantait avec quelques frères. Il prononcerait ses vœux ce soir, il resterait ici, ne serait-ce que pour en apprendre plus sur le blond et, surtout, sur Mary.


Alors qu'il pénétrait dans la foret de l'autre côté du mur, Sam à ses côtés, Jon se sentait étrangement bien, entouré comme il l'était par la présence de ses dieux, les anciens, les dieux du Nord. Ils s'agenouillèrent devant l'un des arbre-coeur, symbole même du regard protecteur venu des cieux, sous l'œil attentif du Lord Commandant et des quelques autres membres les accompagnants. Les mots qu'ils prononcèrent d'une même voix les lièrent alors à la garde de nuit, à leur nouvelle vie.

« Oyez mes paroles et soyez témoins de mon serment. La nuit se regroupe, et voici que débute ma garde. Jusqu'à ma mort, je la monterai. Je ne prendrai femme, ne tiendrai terres, n'engendrerai. Je ne porterai de couronne, n'acquerrai de gloire. Je vivrai et mourrai à mon poste. Je suis l'épée dans les ténèbres. Je suis le veilleur au rempart. Je suis le feu qui flambe contre le froid, la lumière qui rallume l'aube, le cor qui secoue les dormeurs, le bouclier protecteur des royaumes humains. Je voue mon existence et mon honneur à la Garde de Nuit, je les lui voue pour cette nuit-ci comme pour toutes les nuits à venir. »

Ils s'étaient agenouillés enfants, ils se relevèrent hommes, et furent acclamés comme tels par leurs nouveaux frères. Félicitations et étreintes s'enchaînaient lorsque, émergeant de la forêt s'approcha Fantôme, tenant dans sa gueule ce qui provoqua des exclamations de surprise et de stupeur chez chacun d'entre eux. Et pour cause, il tenait une main.

Personne ne bougea au départ, puis l'un s'avança, se dirigeant dans la direction dont Fantôme venait, bien vite suivit par tout les autres. Si la surprise les avaient prit à la vue du membres, ce ne fut rien à côté de ce qu'ils ressentirent en découvrant pas un mais deux cadavres, deux patrouilleurs, des hommes partis avec son oncle plusieurs mois auparavant...

Alors que les cadavres étaient inspectés dans la cour déserte de Chateau-Noir, Jon écoutait à peine, les yeux rivés sur la preuve indéniable que quelque chose était arrivé. Il voyait son oncle à la place de Jafer Flowers, dont la main était à présent près de mestre Aemon, flottant dans un bocal tandis que le vieil homme réfléchissait.

Il profita alors que chacun soit prit dans la conversation pour quitter discrètement le groupe, accompagné de Fantôme qui trottinait joyeusement à ses côtés. Il s'allongea dans son lit, pensif et inquiet malgré lui. Il resta ainsi une dizaine de minute avant que quelqu'un ne toque à la porte. Jon se redressa tandis que Mary rentrait dans la pièce.

-Hé, on avait dit qu'on se verrait, donc me voilà, Commença la jeune femme en caressant le loup qui était venu se blottir contre elle. Comment ça va ?

-Ça peut aller.

-Malgré cette histoire de cadavres ?

-Comment peux-tu être au courant si rapidement ?

-Je vois tout, j'entends tout, je sais tout.

-Et tu espionnes les gens.

-Oui, c'est vrai que ça aide, Ricana Mary.

Jon secoua la tête, un léger sourire aux lèvres, avant de se rallonger, laissant Mary jouer avec Fantôme.

-J'ai vu les corps, Reprit-elle sans le regarder, c'était pas des mauvais gars...

-Tu meurs d'envie de le dire, vas-y ne te gêne pas, Coupa Jon brusquement.

-Dire quoi ?

-Ce que tu penses si fort que j'arrive à l'entendre.

-Si tu l'entend, je n'ai aucune raison de le dire.

Jon soupira longuement, passant ses mains sur son visage. La jeune femme souffla doucement avant de s'adoucir.

-Ils étaient avec ton oncle.

-Ça ne veut rien dire, rétorqua Jon d'une voix dure, ce n'est pas parce que deux des hommes partis avec lui sont morts qu'il en est de même pour les autres. Il est leur chef, il est expérimenté...

-Je suis ici depuis deux ans, et ces deux hommes étaient patrouilleurs bien avant que je n'arrive à Chateau-Noir, ils n'étaient pas assez expérimentés pour toi ? Railla Mary.

-Moins que lui, répliqua t-il. Et il a plus de valeur aux yeux des sauvageons...

-Un homme est un homme.

-...peut-être l'auront-ils fait prisonnier.

-Peut-être.

Jon inspira longuement avant de continuer.

-Peut-être qu'il est mort.

-Peut-être.

Il y eu un long silence pesant alors que leur raison les poussait inexorablement vers la seconde option.

-La seule chose dont on soit sûr aujourd'hui, reprit Mary, c'est que tu es un membre de la Garde de Nuit maintenant. Tu ne peux plus prendre n'importe quelle décision en fonction de ta propre personne à présent. Tu l'a juré devant les anciens dieux.

-Tu suis les anciens dieux toi aussi ?

-Je ne suis aucun dieu, sourit-elle, j'ai prononcé mes vœux devant les sept comme tout les autres mais je n'ai aucune affinité avec eux. Ou avec les tiens.

-Tu n'as jamais prié ?

-Si, une fois. J'étais seule et au plus bas alors je me suis tournée vers les dieux. Mais je n'ai pas précisé dans mes paroles si je m'adressai aux anciens, aux nouveaux ou à je ne sait quelle autre divinité encore... Je voulais juste qu'ils m'entendent et qu'ils m'aident. Souffla la brune, détachée.

-Et ils l'ont fait ? Demanda doucement Jon en la fixant.

-Eh bien, je suis là pour t'en parler alors je suppose que oui, plaisanta t-elle.

-C'est bien.

-Pourquoi?

-Parce que sinon tu ne serais pas là pour m'en parler, expliqua t-il avec un sourire.

Elle rigola légèrement et l'observa un instant.

-Ta journée a été riche en émotions, tu ferais mieux de te reposer.

-D'accord.

-Contente que tu sois toujours là.

-Moi aussi.

-Et puis tu vois, pas besoin d'être patrouilleur pour vivre des moments pleins de sensations, tu as tout de même trouvé deux cadavres dès ton premier jour de service...

-Mary, pour me reposer il faudrait que je sois dans une situation calme, et ta présence semble s'opposer littéralement à cette notion.

-Nan mais écoutez-le celui-là ! Pas la peine de tourner tes phrases dans une configuration compliquée, on sait que tu as été élevé dans un château, le message n'en est pas moins violent ! S'indigna Mary.

-Et comment sait-on que j'ai été élevé dans un château ?

-C'est grâce à cet air pimpant que tu sors parfois, tu sais l'air de dire '' ne me parlez pas, je suis supérieur et je ne peux vous adresser la parole''. Expliqua la brune en mimant l'air en question.

-Oui c'est totalement moi, ricana Jon.

-Tu vois, même toi tu le dis !

-Aller sors maintenant ! On se verra demain.

-Sauf si l'un de nous deux meurt pendant la nuit, ça semble courant et étrangement à la mode en ce moment..

-Dehors !

Mary évita le coussin lancé par Jon avant de quitter la pièce, son rire résonnant à travers le mur. Jon sourit, amusé, et s'apprêtait à se rallonger lorsque la jeune femme entra de nouveau. Elle lui lança quelque chose.

-Pour déstresser, lança t-elle toujours en plein fou rire avant de repartir.

Il ne put lui-même pas s'empêcher d'éclater de rire lorsqu'il vit de quoi il s'agissait. Cette folle lui avait offert du pain !