Laure entre dans la cuisine et commence par aller dans le frigo afin de prendre les tomates, la salade et le fromage de chèvre. Elle découpe finement le fromage et les tomates. Elle dépose la salade dans le fond de l'assiette et recouvre le tapis de verdure par les lamelles de tomates et les carrés de fromage.

Laure prend son assiette et s'assoit dans son canapé. Alors qu'elle allume l'écran de sa télévision, la jeune bureaucrate se rend compte que toutes les informations tournent autour des nouveaux arrivants et elle ne souhaite plus entendre les critiques des reporters qui ne les connaissent pas.

La jeune femme essaye encore de comprendre pourquoi elle n'a pas avoué la vérité à son patron lorsque celui-ci l'a interrogé à la fin des visites. Elle se souvient vaguement avoir pensé que les mentalités humaines ne sont pas les meilleures concernant les choses et les personnes inconnues. Elle a donc imaginé tout ce que pensaient les autres s'ils venaient à découvrir la présence d'un roi dans la troupe des elfes.

La télé continue de passer en boucle les mêmes informations et Laure décide de regarder son film préféré dans le but d'oublier rapidement les ennuis qui lui sont tombés dessus ces derniers jours. Une fois que le film commence, la jeune bureaucrate se détend et profite de l'instant. Lorsque soudain, un léger bruit retentit dans la cuisine. La brune apeurée ne sait pas réellement comment elle doit réagir mais ne comprend pas comment la personne aurait pu entrer chez elle.

Elle se déplace vers la cuisine en prenant en main un parapluie dans le but de se défendre contre un éventuel agresseur. La jeune femme se rend dans la cuisine et découvre une silhouette longiligne étendue sur le sol. La forme ne semble pas faire de mouvements mais Laure se méfie tout de même, on ne sait jamais. Elle touche du bout de son parapluie la personne et tente de se rassurer sur sa présence inexpliquée dans la maison pourtant verrouillée. Elle se rapproche et allume la lumière afin de mieux discerner le profil de l'individu et rapidement Laure comprend pourquoi la personne est entrée chez elle sans toquer.

Elle commence par détailler l'aspect physique de l'étranger et ne peut manquer les oreilles pointus, les cheveux blonds presque blancs et la tenue venant tout droit d'une autre époque. Un elfe vient d'arriver directement dans sa cuisine et se retrouve inconscient. Laure commence par vérifier que l'elfe est toujours vivant avant de réfléchir à la marche à suivre. Le plus logique serait de prévenir son patron de la présence d'un nouvel individu mais elle sait qu'il finira enfermé comme les autres et qu'elle ne pourra pas le protéger. La jeune secrétaire décide de ne pas avertir son patron tant qu'elle ne court pas de réel danger et attend tranquillement que le jeune elfe se réveille en préparant un verre d'eau qu'elle pourra lui donner lorsqu'il se réveillera.

L'elfe se réveille brusquement et commence par chercher ses armes mais ne les trouve pas. Il tente de se lever afin de reprendre le contrôle de la situation et se fait brusquement rappelé à l'ordre par la brune. Sans un mot, elle lui tend le verre d'eau et attend que ce dernier le termine avant de prendre la parole :

Je m'appelle Laure et vous ?

Où sommes-nous ?

Nous sommes sur une planète appelée la Terre. Maintenant dites-moi comment vous vous appeler!

Comment suis-je arrivée ici ?

Vous êtes arrivé sans explications dans ma demeure, je souhaite savoir votre nom ?

Je m'appelle Legolas….

Un grand silence retentit après cette déclaration. La jeune femme sourit béatement sans vraiment pouvoir se contenir. Après avoir remarqué la réaction du jeune homme, la belle brune décide de lui proposer d'aller s'asseoir dans le salon qui se trouve être plus confortable que le sol de la cuisine. Alors qu'il entre dans la salle, le bel inconnu marque un temps d'arrêt en regardant l'écran de la jeune femme. En effet, elle s'était arrêtée sur le personnage de Legolas et l'inconnu avait bien entendu reconnu son visage.

Dans notre monde, votre vie est une histoire rapportée par un certain J.R.R Tolkien. C'est pourquoi je me suis comportée ainsi, j'ai vu en vous mon personnage favoris et je ne savais pas comment réagir.

Je ne vous en veux pas mais je cherche quelqu'un qui a dû arriver sur cette Terre. Il est grand, mince, les cheveux semblables aux miens et nous avons les yeux identiques…

Vous cherchez le roi Thranduil...Je l'ai rencontré il y a quelques heures maintenant et vous pourrez le voir assez rapidement si vous suivez mes instructions. Il est dans un endroit interdit au public et je ne pourrais sûrement le faire sortir que demain au plus tôt.

Je vais donc attendre. Sauriez-vous où je pourrais trouver une auberge ?

Il n'y a plus d'auberge dans notre monde. Cela s'appelle des hôtels et il faut de l'argent pour payer. Mais je veux bien que vous passiez la nuit dans ma chambre, je dormirais sur le canapé.

Merci, votre amabilité est honorable, Wen Laure.

Avez-vous faim ?

J'avoue qu'un léger souper ne serait pas de refus. Combien vous dois-je pour cela ?

Rien...je ne veux pas d'argent mais j'ai de la salade composée si cela vous convient !

Bien sûr cela me convient tout à fait. Je ne veux pas abuser de votre hospitalité.

Le jeune elfe se rend directement dans la direction indiquée par la jeune femme. La jeune femme lui montre l'assiette qu'il doit prendre et l'invite à s'asseoir sur le canapé qu'elle occupait il y a quelques heures. Elle décide de lui montrer ce qu'est un film et lui montre l'acteur qui joue son rôle dans le Seigneur des Anneaux. Le jeune homme semble très intéressé par ce que la femme lui montre.

Il tente de comprendre tout ce que la jeune femme tente de lui apprendre. Il se passionne par tout ce qui touche à la photo et à la vidéo. Laure n'étant pas une experte dans le domaine de l'audiovisuel, elle tente de répondre de la meilleure manière à toutes les questions que se pose le jeune elfe.

Après quelques heures de discussion et un repas bien terminé, le jeune elfe accepte de se rendre dans la petite chambre de Laure et se glisse docilement dans les draps de la jeune traductrice. Cette dernière retourne dormir paisiblement sur le canapé, les armes de l'elfe toujours posées sur le comptoir de la cuisine.

Le lendemain matin, la jeune femme est réveillée par une succession de bruits provenant de la cuisine. Lorsque cette dernière reprend ses esprits, elle se rappelle de la présence de l'elfe dans les locaux et tente d'entrer doucement dans la salle afin de le prendre sur le fait mais il se trouve que le jeune homme l'a entendu arriver et lui sourit franchement. La belle brune tente de ne pas rire face à la mine désappointée de l'homme aux oreilles pointues. Ce dernier tient présentement une poêle à la main gauche et une spatule dans la main droite.

Laure comprend enfin que le jeune homme a tenté de lui préparer un petit-déjeuner et que le pauvre n'étant pas très habitué au monde moderne a dû être décontenancé pour faire une tâche aussi simple. Elle s'empare de la poêle et lui montre comment se servir du gaz afin de faire une petite omelette. Puis dans la joie et la bonne humeur, les deux comparses se rendent dans le salon afin de déguster leur petit-déjeuner devant la télé.

Je dois travailler aujourd'hui et vous devrez rester ici tout seul mais ne vous inquiétez pas je reviendrais tôt aujourd'hui et sûrement avec votre père.

Je ne peux pas venir avec vous ?

Non malheureusement. Si quelqu'un vous voit il appellera la police et vous finirez aux côtés de votre père. Et moi je lutterais difficilement pour vous faire sortir et je ne pourrais jamais vous aider.

Bien Wen Laure j'accepte votre demande et j'attendrais le bon moment pour revoir mon père. Tant que ce dernier va bien et n'est pas blessé, je me sens serein.

La jeune femme se prépare et part au travail avec une nouvelle mission, faire sortir les elfes des cellules tout en respectant la loi de son pays. Normalement, elle ne devra tant avoir de mal que ça sauf si les elfes se sont mal comportés pendant la nuit.

Comme la veille, Laure entre difficilement dans le bâtiment. Entourée des journalistes, la jeune femme repasse toutes les étapes de sécurité avant de se rendre dans son bureau. La jeune femme tente de faire comme tous les jours afin de ne pas attirer l'attention sur elle malgré tous les regards qui se posent sur elle.

Rapidement, elle rejoint le troisième étage et entre dans le bureau. L'inspecteur Renardier est déjà attablé à son bureau en train de tapoter sur son ordinateur blanc datant sûrement de l'époque préhistorique. Laure ne s'est jamais cachée sur ce qu'elle pense de cette pauvre antiquité. Laure interroge l'ancien et ce dernier lui indique qu'il avance dans le rapport concernant les elfes. Et qu'il réfléchit à leur présence sur cette terre et sur le lieu où ils pourraient être logés.

La jeune femme commence à comprendre qu'il lui offre une possibilité de les faire sortir avec comme excuse que c'est la seule qui parle la langue de ces étrangers. Seulement, la jeune femme sait qu'elle ne peut pas le présenter de cette manière, cela paraîtrait trop suspect. Elle demande alors à son supérieur de retourner les voir et d'improviser par la suite. La femme pense que l'inspecteur l'a percé à jour mais il n'en dit rien et son supérieur accepte naïvement la proposition de Laure.

Ils descendent au rez-de-chaussée pour visiter les prisonniers. Laure demande à voir le trio en premier cette fois car ils semblent plus renfermés que les autres. L'inspecteur Renardier accepte de se rendre avec la jeune femme dans la salle d'interrogatoire en appelant les trois elfes de la veille. La première personne à entrer dans la salle n'est nulle autre que le roi Thranduil suivi de Venedil et de la belle Lilith. Le couple de gardes se regardent et lui lancent une œillade furibonde, ils ne semblent pas être heureux de leur convocation.

L'inspecteur Renardier sort de la pièce et laisse Laure parler en tête à tête avec les elfes. La jeune femme commence par présenter ses respects au roi puis aux gardes qui ne cessent de la fixer.

Mae Govannen Aran Thranduil, je viens vous avertir de la présence de votre fils sur cette planète. Il a atterri hier en plein milieu de ma cuisine et j'ai donc accepté de le loger dans mon appartement, le temps que je puisse vous faire sortir et vous faire repartir.

Mae Govannen Wen Laure, je suis heureux que mon fils ne soit pas tombé comme nous au milieu de nulle part mais comment allez-vous bien pouvoir nous réunir ?

De plus, nous vous conseillons de ne pas faire de mal au prince ou vous aurez à répondre de vos actes devant tout le peuple d'Eryn Lasgalen présent ici !

Venedil !

Laissez votre majesté? Je comprends tout à fait la réaction de votre garde qui se voit impuissant dans ses geôles alors que le prince est dehors sans repères et sans protections. Seulement, je suis la seule à pouvoir communiquer avec vous et je ne vous laisserai pas dans ses cachots très longtemps. Je compte bien vous faire sortir d'ici dès ce soir.

Sachez, que je n'ai pas donné le titre du roi car il sera en danger si les inspecteurs apprennent la présence d'une tête couronnée dans les locaux. En effet, chez les humains de notre monde quand une personne royale apparait sans raison c'est tout simplement pour prendre possession de la planète. C'est à cause de certains films créer par des humains étroits d'esprits et peu recommandables.

Nous vous sommes gré d'avoir pensé à tous les détails concernant notre arrivée ici et nous promettons de ne pas vous causer de tort, Wen Laure. Vous en serez largement récompensé et je vous promets que vous ne regretterez pas l'aide que vous nous apportez présentement.

La jeune femme salue le roi discrètement avant de se rendre dans la salle vitrée et de débriefer sur son audience avec les elfes. Comme la veille, Laure cache la véritable identité de l'elfe et tente de trouver une solution afin de faire sortir les elfes de leur cellule.

Je pourrais les accueillir chez moi, puisque je suis la seule à parler leur langue. Cela libérerait des places dans les locaux et peut-être que je pourrais en découvrir plus lorsqu'ils ne se sentiront plus surveillés.

Je ne pense pas que cela soit réellement la meilleure solution. Je ne veux pas vous imposer leur présence et je ne pourrais pas prendre cette décision sans vous octroyer une équipe entière de policiers dévoués pour votre sécurité.

Je ne peux de toute manière rien décider sans que mon supérieur ne valide votre approche, nous allons donc retourner voir Monsieur Chevalier afin de discuter de cette solution avec lui.

Si vous pensez que cela est nécessaire alors je suis d'avis d'aller voir le major maintenant afin de ne pas augmenter la méfiance de ces inconnus.

Laure semble avoir trouvé le moyen de faire sortir les elfes mais comprend que son supérieur ne fera rien sans l'accord de son chef. Pendant qu'il s'engage dans l'ascenseur menant au bureau de l'officier, la jeune secrétaire tente de repasser son discours dans sa tête afin de se donner du courage et de la prestance. Rien ne doit transparaître ou les elfes resteront prisonniers jusqu'à ce que l'on trouve un moyen de les faire repartir.

Elle entre dans le bureau avec plus de conviction que la première fois. La jeune femme fait face au major et commence par saluer le saluer. Son bureau n'a pas bougé depuis hier, le décor de la pièce semble figer dans le temps, l'odeur de l'encre et du vieux papier emplit les narines des deux arrivants. Laure prend une grande goulée d'air avant de commencer à parler.

Je voulais m'entretenir avec vous afin de discuter sur le devenir des elfes enfermés dans les cellules. J'ai indiqué à l'inspecteur Renardier mon désir de loger les elfes dans mon appartement afin de réduire leur méfiance et de pouvoir obtenir plus d'informations les concernant.

De plus, je suis la seule à parler leur langue et dont la présence ne les énerve pas. Je pourrais donc mener mon enquête sans que ces individus s'en rendent compte. Enfin, nous pourrions également récupérer les places que nous utilisons pour le moment.

Je vois que vous avez pensé à tout mais je ne peux m'empêcher de penser que vous n'êtes pas à l'abri de représailles de leur part. Je ne voudrais pas vous accorder cette faveur si cela vous met irrémédiablement en danger. Je vais peser le pour et le contre et jusqu'à ce que je vous convoque à nouveau, votre travail sera de discuter avec ces êtres étranges afin de découvrir ce qu'ils attendent pour repartir. Je vous appellerai d'ici la fin de la journée afin de vous faire part de ma décision.

Je te laisse repartir, Laure, je dois parler à ton supérieur.

Bien monsieur, je m'en retourne à mes interrogatoires...Je ferai mon rapport auprès de Mr Renardier qui joindra le sien ainsi que ses commentaires.

Bien Laure, je vous remercie. (prénom du chef de Laure) je te confirme la réception de ton rapport sur les décisions de management concernant l'interrogatoire des individus étrangers. Tu penses que Laure est fiable ? Je ne veux pas risquer un attentat en les laissant sortir sans explications à la presse.

Laure est une femme déterminée et je suis très confiant sur ses compétences mais je pense qu'effectivement elle me cache une information mais je ne pense pas qu'elle me dira la vérité… Je vais sûrement mettre un espion près de chez elle afin de savoir ce qui se passe, je ne veux pas que nous prenions trop de risques. Ce qu'elle me cache n'a pas l'air d'avoir un caractère dangereux mais je souhaite savoir ce qui l'a poussé à nous dissimuler la vérité.

Son empressement à vouloir faire sortir les elfes est louable mais cela vient précipitamment, je pense qu'elle n'est pas maîtresse de sa décision et que nous ne devons pas relâcher l'attention.

Je prend note de tes impressions et je vais affecter une équipe de police à sa protection pour ne pas négliger la sécurité de notre secrétaire. Nous irons également faire une apparition devant les médias afin de ne pas envenimer la situation lorsque Laure sortira avec nos étranges prisonniers.

L'inspecteur Renardier sort du bureau de son collègue afin de mettre en place la prochaine interview de la presse mais il n'est pas serein car la jeune femme semble ne pas tout lui dire et tente de faire sortir les elfes beaucoup plus rapidement que ce que les procédures exigent. Dans les faits, l'inspecteur aurait le droit de les garder deux jours de plus tant qu'ils ne sont pas inculpés mais personne ne peut encore ni les défendre juridiquement, ni les prendre en charge sur le territoire.

Toutes les associations que le vieux policier a appelé lui ont annoncé qu'ils étaient dans l'incapacité financière et matérielle de subvenir aux besoins de sept personnes non reconnues dans les fichiers.

Perdu dans ses pensées, le fonctionnaire rejoignit sa jeune secrétaire afin de lui confier une importante tâche qui, il l'espère, la fera oublier les prisonniers pendant un temps. Il passe par le bureau des admissions afin de récupérer le dossier de Marjorie, une jeune lycéenne de la même école que Laure et qui va commencer sa première journée aujourd'hui.

La jeune demoiselle l'attend dans le bureau des admissions en compagnie de son représentant légal venu pour l'occasion. L'inspecteur lui fait visiter les locaux en passant par le hall, la machine à café et par le bureau du très important Major, avant de la conduire au troisième étage et de la présenter à Laure qui ne sait pas que dans quelques instants sa vie de rêve va se transformer en cauchemar.

L'inspecteur Renardier ouvre la porte et Marjorie découvre un bureau sobrement décoré de peintures rupestres. Le mobilier reste classique mais fonctionnel, les armoires remplies de dossiers en tous genre sont ouverts et se trouvent derrière le siège de bureau, chaque offices a son armoire afin de pouvoir classer plus efficacement ses documents. Les espaces de travails se font face afin de permettre une meilleure communication. Sur un grand côté de la pièce se trouve une imprimante-scanner qui permet aux agents de ne pas sortir de leur bureau lorsqu'ils ont besoin d'imprimer.

Laure, je te présente Marjorie, elle devra te venir en aide dans le classement des archives de l'année dernière. Je viens de lui faire faire le tour des locaux mais je voudrais que tu lui montres les tâches que tu veux lui donner.

Bien Mr Renardier, je m'occupe de Marjorie dans cinq minutes, je dois finir de taper mon rapport pour que Mr Chevalier puisse l'avoir avant 19h ce soir.

Marjorie, veux-tu bien t'asseoir en attendant, Laure va venir te montrer ce que tu dois faire. Ta mère peut rester avec toi jusqu'à ce que Laure te prenne en charge, après il faudra qu'elle quitte les locaux.

Pas de problème…

Laure continue de faire son travail, elle ne veut pas se laisser distraire par la présence de Marjorie dans les locaux. Elle tapote légèrement sur son clavier, ses longs doigts fins aux ongles vernis de rouge effleurent délicatement les touches de son clavier. Ses yeux bruns fixés sur l'écran, la jeune femme semble s'être statufiée en mouvements. Les lignes se succèdent sur l'écran blanc du vieil ordinateur et la jeune femme reste attentive à la moindre faute d'orthographe pouvant gâcher sa plaidoirie.

Après un quart d'heure de travail acharné, la brune imprime son rapport et le range dans un vieu parapheur sentant le renfermé avant de prendre le nécessaire pour accueillir Marjorie dans les meilleures conditions. En premier lieu, Laure s'empare du livret d'accueil qu'elle a fait pour tenter de montrer une bonne image d'elle à la nouvelle stagiaire et se rend devant sa camarade et la mère de cette dernière.

La femme âgée aux cheveux blonds sourit à Laure avant de s'en aller. La belle brune reste avec la jeune blonde. Laure commence par lui montrer son nouveau bureau avec ses fournitures composées pour tout et pour tout d'un ordinateur aussi désuet que celui de Laure et des stylos de différentes couleurs. Marjorie ne cesse pas de demander à voir les cellules mais la titulaire ne pense pas que ce soit une bonne chose. Laure insiste pour demander à l'inspecteur avant de se rendre dans l'espace réservé aux prisonniers. Malgré les multiples demandes de Marjorie la jeune femme tient bon afin de ne pas se faire licencier.

L'inspecteur rentre dans le bureau après la vingtième demande de Marjorie, il est chargé de dossiers en tous genres et Laure se précipite afin de lui venir en aide. Les dossiers sont pour Marjorie qui devra s'occuper de les archiver. La jeune femme semble un peu étonnée par la charge de travail qui l'attend mais ne fait aucun commentaire en présence du fonctionnaire. Elle débarrasse un petit espace sur son bureau afin de recevoir la pile de dossiers. Laure en profite pour demander à l'inspecteur Renardier si elle peut emmener Marjorie avec elle car cette dernière souhaiterait voir les cellules. L'inspecteur hoche la tête et demande également à Laure d'emmener la blonde à ses interrogatoires. Malgré le fait que la jeune femme tenait à parler aux elfes seule mais bon au moins Marjorie ne maîtrise pas la langue.

La jeune femme enjoint la stagiaire à la suivre aux étages inférieurs, la jeune blonde ne se le fait pas dire deux fois et suit religieusement Laure à travers les couloirs identiques et fades. Dans le couloir, Laure entend parler des elfes et de ce que les médias disent de ces êtres et elle comprend qu'il faut les sortir de là avant qu'ils ne soient lynchés en place publique. Elle continue son chemin sans s'arrêter, rejoint les cellules et montre à Marjorie l'endroit où les prisonniers sont enfermés. Marjorie semble déçue, Laure a fait en sorte de ne pas mettre Marjorie en face des "vrais" prisonniers dans le but de ne pas augmenter la colère de ceux qui sont enfermés là.

Après cela, Laure demande à Marjorie si elle a des questions concernant les cellules ou sur le fonctionnement de la police. La jeune femme lui affirme qu'elle n'a pas de questions pour le moment mais qu'elle veut bien assister à la séance d'interrogatoire que Mr Renardier a demandé. C'est dans ces conditions que la brune repart assez rapidement, la blonde n'arrive pas réellement à suivre les foulées de sa comparse. En effet, la brune ayant de grandes jambes parcourt hâtivement les différents niveaux du bâtiment alors que Marjorie avec son un mètre soixante-dix semble trottiner derrière la jeune femme.

Laure entre dans une grande salle d'interrogatoire et fait face à tous les elfes en même temps. Son souhait était de pouvoir parler à tout le monde en une seule fois et les gardiens ne sont pas loin en cas de nécessité. Elle se place devant l'assemblée et commence par dire bonjour à tout le monde sans omettre de présenter sa collègue qui ne parle pas correctement la langue. Puis la conversation commence, sérieuse et diplomatique.

Je voulais vous parler de mes agissements en ce moment. Je tente de vous faire sortir rapidement de cette prison.

Qui est la jeune femme derrière vous ? Parle-t-elle notre langue ?

Notre je ne crois pas mais il serait prudent de ne pas dire votre titre car dans notre monde votre vie est une histoire écrite et retranscrite à la télé. Ce qui veut dire que certains mots de votre langue peuvent marquer les esprits tels que Mae Govannen et d'autres…

Après avoir rapidement fait les présentations à Marjorie, elle continue de parler aux elfes en oubliant totalement la présence de sa collègue dans son dos. Au bout de quelques secondes laissée seule sans surveillance, la nouvelle en profite pour enregistrer toute la conversation. Elle pense pouvoir trouver quelqu'un qui pourra traduire les paroles de Laure et des elfes afin de la mettre en porte à faux avec les inspecteurs.

Les deux femmes sortent de la pièce, remontent dans leurs bureaux et notent ce qu'elles viennent de faire. Laure, professionnelle, commence par prendre le modèle et par noyer son écran de lignes en format Arial 11.

L'inspecteur entre dans la pièce et annonce à Laure qu'il vient de voir le major et que les elfes ne pourront sortir que le lendemain car il faut une signature du ministère et qu'ils n'ont pas réussi à l'avoir ce soir. Il lui propose de prévenir les elfes afin qu'ils soient prêts à sortir dans la matinée de demain. Il prévient également qu'elle devra faire une allocution devant les médias. Il faudra également que les elfes soient présents et puissent répondre à quelques questions quand les médias le souhaiteront. Laure bien que peinée accepte tout de même la demande de son supérieur, en pensant que Legolas au moins sera épargné.

... The END of the chapter ...