Oui, déjà un nouveau chapitre et beaucoup plus long que les autres. Je l'ai commencé hier soir et viens de le finir, j'espère qu'il vous plaira. Merci à tous pour vous adorables reviews, elles m'ont motivé à écrire la suite assez vite.

En passant, à peine quelques chapitres et j'ai déjà une réputation de psychopathe sanguinaire xD! J'ai vu plein de reviews me dire "T'as quand même pas coupé les cheveux à ton copain quand même ?!" Non je ne l'ai pas fait, je n'y avais pas pensé... Mais maintenant si... Mwhahahahaha!

PS : Je sais que je fais pas mal de fautes mais dès que j'en repère une, je la corrige aussitôt x) et dès que ma Bêta me corrige, je poste sa version. Donc s'il y en a, ne vous inquiétez pas, cela sera revu et corrigé pour une lecture plus agréable :D!

Bonne lecture et n'oubliez pas de laisser votre avis, il m'intéresse :3.


Durant deux longues semaines, Harry et Ron vécurent l'enfer. Pour finir chacune des dissertations qu'on leur assignait, ils ne dormaient pratiquement plus la nuit, ni le jour d'ailleurs. Rogue déchirait toujours aussi sadiquement devant eux leurs devoirs si durement rédigés. Jamais il ne leur avait été même venu à l'esprit d'écrire des devoirs bidons pour s'en sortir car ils savaient pertinemment que Rogue le saurait même s'il donnait l'impression de ne rien lire. À a fin de ces deux semaines, les deux amis se sentirent comme revivre, ils avaient presque oublié ce que cela faisait de dormir une nuit entière. Harry, avant de s'endormir rit presque douloureusement en se disant qu'après cette punition mémorable, il comprenait parfaitement ce que le supplice de Prométhée sur le mont Caucase avait put être.

Le jour où ils reprirent une vie normale après une bonne nuit de sommeil, tous deux était d'une bonne humeur inébranlable. Au petit déjeuner, ils furent plus sociables et enjoués qu'a l'accoutumée, ils se sentaient tellement en forme qu'ils s'engageaient dans toutes les conversations en cours à leur table. Lorsque Harry tourna la tête vers la table des professeurs pour narguer Rogue et lui montrer que malheureusement pour lui, il se portait au mieux, il vit son bien-aimé professeur de Potions en pleine discussion avec Dumbledore qui avait l'air contrarié. Le petit brun les observa durant plusieurs minutes, attendant la fin de leur parlote pour lancer son regard narquois à Rogue. Il savait que ça n'allait lui attirer que des ennuis mais ce jour-là il n'en avait rien à faire, ses bonnes résolutions reprendraient leur cours plus tard.

Au bout d'un quart d'heure d'attente, ses efforts furent récompensés, Rogue tourna finalement la tête vers lui, ce qui permit à Harry de lui faire un magnifique sourire. Au plus grand dam de Harry, Rogue, qui soutenait son regard, n'avait pas la moindre petite once d'expression quelconque, ni colère, ni agacement. Juste un regard d'un je-m'en-foutisme, qui, encore une fois blessait son orgueil de mâle qui se croyait dominant. Rogue avait juste l'air ébahi devant tant de bêtise mais pas atteint le moins du monde. C'est donc sans même un soupir qu'il détourna son regard de Harry, dont il avait visiblement un peu pitié. Celui-ci sentit que, finalement, le professeur de Potions avait encore une fois réussit à lui mettre les nerfs à vif en quelques secondes.

Harry détourna le regard à son tour. Et puis, après tout, il n'en avait rien à faire, Rogue restait Rogue... Même si son point de vue sur le professeur de Potions commençait à changer, le mécanisme était tout de même pénible et douloureux. Qu'il était difficile de se remettre en question, surtout quand on a tant de coopération de la part de son interlocuteur. Cela lui rappelait les cours de Legilimancie et d'Occlumancie qu'il avait eut avec Rogue sous ordre de Dumbledore. Ceux-ci avaient été un désastre car ils n'arrivaient pas à mettre leur mépris et leur haine de l'un pour l'autre de côté et finalement les cours particuliers stoppèrent, tout deux se supportant de moins en moins. En même temps, à l'époque, il n'avait pas pensé à se remettre en question, donc peut-être que cette fois, cela marcherait. Enfin, il verrait avec le temps, il lui restait encore près de sept mois. Repenser encore une fois au fait que si Rogue avait raison, il devrait s'excuser, assassina littéralement son orgueil encore une fois.

La journée se passa tranquillement, même la dernière heure de la journée et avant les vacances de Noël, Potions, se passa dans le calme. Lorsque la fin du cours arriva, tous se levèrent pour aller profiter de leur vacances, certains partaient le soir même, donc ils devaient faire leur bagages, les autres avaient planifié de partir à Pré-au-lard, de simplement aller se balader ou encore de rester au château pour quelques activités. Néanmoins, avant qu'ils ne quittent des cachots, ils entendirent leur professeur de Potions s'adresser à eux.

- Messieurs Weasley et Potter, veuillez rester ici.

Cela aurait été beaucoup trop beau qu'il s'en arrête là. Tout deux regrettèrent amèrement d'avoir eut la naïveté d'imaginer pouvoir s'en sortir ainsi. Lorsqu'ils se retournèrent vers Rogue, celui-ci leur tendit à chacun un paquet très épais de feuilles. Lorsqu'ils les eurent récupérées, ils réalisèrent que cet amas impressionnant de feuilles était en fait toutes les dissertations qu'ils avaient faites ces quinze derniers jours. Rogue les avaient visiblement rapiécées avec un sort, rassemblées et corrigées. Preuve que les deux amis avaient bien eut raison de ne pas faire de devoirs bidon.

- Monsieur Weasley, vous pouvez disposer. Monsieur Potter, vous, vous restez.

Ron ne se fit pas prier et abandonna son meilleur ami à son triste sort. Jamais Harry ne s'était à ce point soutenu moralement. Il vit Rogue croiser les bras sur sa poitrine puis s'approcher de lui. Il ne savait pas pourquoi, mais être totalement seul avec son professeur de Potions le mettait dans un état de malaise qu'il ne s'expliquait pas. Le potionniste l'observait d'un regard perçant, qui donnait l'impression à Harry d'être totalement mis à nu et que Rogue avait le pouvoir de tout lire en lui sans lui-même exprimer quoi que ce soit. L'adolescent se sentit soudain petit à côté de cet homme qui, dans toute sa grandeur, le dépassait d'environ une tête et demie. Ne pouvant même plus, ou ne voulant même plus supporter le regard de Rogue, le plus jeune, qui se racrapotait littéralement sur lui-même depuis quelques secondes, baissa la tête comme dans un signe de soumission. Encore une fois, il sentit sa fierté torturée lui demander pourquoi.

- Je tenais à vous dire Monsieur Potter que vos dissertations m'ont... surpris. Prenez note de mes commentaires sur votre travail. Maintenant déguerpissez.

Harry osa à peine relever la tête. Son regard rencontra celui du potionniste, qui lui donna une sensation étrange dans la nuque. Il remarqua avec étonnement que Rogue le regardait d'une manière dont il ne l'avait jamais regardé. Il n'y avait aucune haine, ni aucun mépris de quelque sorte dans son regard. Il le regardait juste de ses yeux noirs de jais. Harry se rendit aussi compte qu'aucune animosité n'avait non plus teinté ses paroles envers lui. Lorsqu'il retrouva l'usage partial de son cerveau, le plus jeune se contenta de quitter les lieux sans rien ajouter comme lui avait demandé Rogue. En sortant, il croisa Dumbledore qui marchait d'un pas pressé vers la salle de cours de Rogue. Trop dans ses pensées pour relever l'étrangeté de la situation, Harry se contenta de continuer sa route jusqu'à la salle commune de Gryffondor. Là, il s'assit dans un fauteuil puis décida de lire ce que Rogue avait écrit comme commentaires sur sa pile de devoirs.

"Lorsque vous lirez ceci, j'espère pour vous que vous serez seul. Je vous donnerais un conseil pour le reste de votre lecture : restez naturel ou de préférence, mimez une mine contrariée. Si vous prenez encore un de ces petits sourires narquois que vous avez le don de faire lors de votre lecture, je le saurais et je transformerais cet Optimal en Troll si rapidement que vous ne vous en rendrez même pas compte. Oui Monsieur Potter, à mon plus grand étonnement, vous avez décidé de vous mettre au travail. Au bout de sept ans ce n'est pas trop tôt vous me direz. Vos devoirs de ces deux dernières semaines sont excellents, surplombant de loin ceux de votre camarade Granger. Peut-être avais-je tort et que finalement notre conversation passée vous a mis un peu de matière dans votre petite tête vide. Il est possible, si vous continuez ainsi, que vos notes d'ASPICS en potions soient égales à celle-ci. Je suis satisfait."

Là, Harry n'en revenait pas, mais alors vraiment pas. Rogue lui dire ça ? Vraiment ? Pour de vrai ? Rogue, Severus Rogue, LE Severus Rogue ? Lui dire qu'il avait des devoirs excellents mais surtout dire qu'il était satisfait. Un "satisfait" de la part de Rogue, cela relevait du prodige, du miracle. C'était égal aux grandes félicitations des plus grands mages et la remise de toutes les récompenses mondiales, Moldues et Sorcières réunies. Rogue avait déjà dit à des élèves que leurs devoirs étaient bons mais pas que lui même était personnellement satisfait.

Obéissant au commentaire avec difficulté en se retenant de sourire, Harry se sentit extrêmement fier de lui-même. Mais très vite il se sentit blêmir. Cela voulait dire que Rogue avait donc raison depuis le début et qu'il allait devoir lui demander pardon. Ça allait faire très mal par où ça passerait... Il le ferait... Mais... Plus tard. Oui, plus tard. Pour le moment il avait une envie folle de se promener dans le parc de Poudlard. Il prit donc son manteau et sortit dans le froid de cet après-midi d'hiver.

Il faisait un froid impressionnant dehors, l'hiver était arrivé aussi tôt que violemment. À l'aube des vacances de Noël, il y avait déjà une couche épaisse de neige à terre, ainsi qu'une couche de glace sur le lac. Harry alla marcher sur les rochers près du lac justement ; il adorait se balader là-bas quand il sortait un peu seul dans le parc de Poudlard. Il grimpa sur les pierres comme il avait l'avait fait tant de fois dans le passé puis se balada dessus durant un petit moment, profitant de la vue qu'il avait sur les environs.

Lors de sa marche, il ne remarqua pas que la pierre était verglacée à cause de la saison et il trébucha. Harry n'eut même pas le temps de crier, ni même de pouvoir penser à s'agripper à l'une des pierres lisses. Il tomba contre la glace fine qui se brisa sous son poids, l'enfonçant dans les eaux glaciales du lac. Momentanément assommé par le froid et le choc, il se ressaisit tout de même, essayant de nager vers la surface, mais à son grand malheur, les mauvais souvenirs revinrent au grand galop. Des Strangulots l'avaient repéré et n'avaient pas l'intention de le laisser partir, lui rappelant sa mésaventure durant le Tournoi des Trois sorciers. Ils agrippèrent ses jambes, puis ses bras, finissant par tout son corps pour le tirer vers les abysses. Il essaya de sortir sa baguette pour jeter un sort de répulsion, mais à peine l'eut-il tiré hors de son manteau que la horde de Strangulots lui fit lâcher prise et qu'elle tomba dans les profondeurs sombres et glaciales qu'il n'allait pas tarder à rejoindre. Malgré tous ses efforts pour atteindre la surface, il sentait ses forces le quitter de plus en plus, sa vue se brouiller, puis finalement, il se sentit couler, totalement vidé d'oxygène et soumis au sort.

Soudain, il entendit un bruit sourd, puis il sentit quelque chose agripper ses vêtements au niveau de son torse, le tirant puissamment vers la surface. Quelques secondes plus tard, une fois à l'air libre et pouvant respirer, il sentit ce qu'il identifia être un bras s'enrouler avec vigueur autour de son corps. Il se sentait sonné mais en sécurité, serré avec force contre un corps, par un bras rassurant. Toujours contre ce corps étranger, il se sentit tiré hors de l'eau toujours à la seule force de ce bras autour de lui qui lui donnait l'impression de ne rien peser.

Une fois sur ses pieds, il sentit qu'on le retournait violemment, faisant ainsi face au visage de son sauveur qui lui agrippa les épaules pour le secouer comme un prunier et lui faire reprendre ses esprits. Rogue lui faisait face, dans ses yeux il pouvait lire la panique de son professeur qui avait totalement perdu le contrôle de lui même et qui lui hurlait dessus.

- Non mais vous êtes fou ma parole ?! Par Merlin, mais qu'est-ce qui ne va pas dans ce qui vous sert de cerveau ?! Avez-vous une idée de la peur que j'ai eue ?!

Harry avait du mal à se ressaisir. Il se contenta de regarder Rogue qui était à bout de souffle et tremblait des pieds à la tête. Il ignorait si c'était à cause du froid, de la peur ou des deux. Rogue était en chemise à manches bouffantes blanche comme les nobles en portaient durant la période Romantique, son pantalon noir dans lequel elle était glissée lui remontait jusqu'à la moitié du ventre comme à cette époque aussi. Harry était tellement perturbé qu'il n'avait rien trouvé d'autre à faire que de regarder et détailler son professeur. Après tout, il est vrai qu'il y avait de quoi être étonné, Rogue n'était jamais habillé comme cela et on ne sortait pas en hiver habillé ainsi. Ce ne fut qu'après quelques secondes, lorsqu'il remarqua la cape et le long manteau à col mao de Rogue jetés sur la banquise, qu'il comprit que c'était visiblement ce que son professeur avait l'habitude de porter en dessous.

Harry sentit que Rogue l'attirait violemment contre lui pour le serrer dans une étreinte forte et rude. Il sentait les longues, fines mais fortes mains de Rogue se crisper sur lui. Une derrière sa tête avait plongé son visage dans le torse fort et pale de l'homme tandis que son autre bras s'était enroulé autour de son corps, le serrant si fort que s'en était douloureux. Vu la très violente maladresse de ces gestes, il était évident que ce genre de contact étaient d'habitude inconnu du professeur. Celui-ci lâcha Harry rapidement. Le plus petit ne savait toujours pas ce qu'il se passait et commençait même presque à oublier qui il était.

- Où est votre baguette ? Dans mon saut j'ai laissé tomber la mienne au fond du lac, vous avez besoin d'un sort de séchage.

Le petit brun commença à se ressaisir, pouvant donc formuler une réponse.

- La mienne est au même endroit, un Strangulot l'a fait tomber...

Rogue poussa un soupir d'exaspération. Il alla rapidement récupérer sa cape et son manteau pour les enrouler autour des épaules de Harry. Gardant ses mains dessus, il guida rapidement le jeune homme, plus proche de la marionnette à ce moment-là, vers le château, ou plus particulièrement vers l'infirmerie. Pomfresh eut presque une crise cardiaque en les voyant arriver ainsi et les accueillit en catastrophe. Elle prit le relais avec Harry, lui donnant des vêtements sec pour qu'ensuite il aille les passer dans le dressing room de l'infirmerie.

Lorsqu'il revint, il vit que Rogue était toujours là, en pleine discussion avec Pomfresh. Il était réellement trempé jusqu'aux os et devait sûrement mourir de froid. Il avait plongé dans un lac gelé pour le sauver avec sur le dos en tout et pour tout une chemise et pantalon. Ensuite, en réalisant qu'ils n'avaient tous deux plus de baguette, il lui avait donné ses vêtements pour se réchauffer sur le trajet entre le lac et l'école, qui était tout de même long et venteux. Harry était tombé à l'eau avec son manteau, donc avait à la base une couche épaisse de vêtements, ce qui compensait un peu le fait qu'il était mouillé et qu'il faisait très froid. Le fait que lui même avait été frigorifié lui faisait imaginer à quel point Rogue, qui était tout de même uniquement en chemise et pantalon avait put et pouvait toujours l'être. Il se sentit soudain très mal à propos de ça.

Harry ne put s'empêcher de détailler encore une fois son professeur. Son ample chemise blanche étant mouillée, donc devenue transparente, exposant à tout regard la musculature conséquente du potionniste. Son torse était large et puissant. Harry ne pouvait voir la naissance de ses abdominaux, car (malheureusement ?) son pantalon remontait beaucoup trop haut pour montrer le ventre qu'il savait d'avance plat et ferme. Ses bras forts étaient accrochés à des épaules larges, qui elles-mêmes se réunissaient en un cou puissant, jadis caché par les anciennes longues mèches de Rogue. Finalement, ils avaient bien fait de lui couper les cheveux. Malgré son inconsciente admiration à la vue de ce corps dont il ne soupçonnait pas l'existence, Harry ne put s'empêcher de ressentir une (grosse) pointe de jalousie. Lui étant au point de vue corps... assez banal, il devait l'avouer.

- Severus, soyez raisonnable, vous allez attraper la mort si vous ne vous séchez pas immédiatement.
- Je n'en ai pas le temps, je dois partir au plus vite, je suis déjà très en retard. Je me changerai avant de quitter le château en passant par mes appartements. Allez plutôt vous occupez de votre cher petit Gryffondor insouciant et sans cervelle.

Pomfresh reporta donc son attention sur Harry qu'elle n'avait pas vu revenir. Lui par contre, se rapprocha de Rogue qui le toisait de toute sa grandeur.

- Que se passe-t-il Monsieur Potter ? Que me vaut l'immense plaisir de ces yeux de Boursouflet ?

Harry rit intérieurement. Rogue resterait vraiment toujours Rogue. Celui-ci tourna les talons, commençant ainsi à quitter les lieux sans plus de conventions.

- Professeur Rogue.
- Quoi encore ?

Le ton de son professeur était emplit de sarcasme et il semblait visiblement pressé. Néanmoins, Harry se força tout de même à garder ses yeux plantés dans ceux de cet homme qui lui avait encore une fois sauvé la vie au péril de la sienne, lui disant quelque chose qu'il ne lui avait encore jamais dit.

- Merci.

Rogue tiqua, clignant des yeux durant une fraction de seconde, il semblait visiblement cacher son étonnement. Au vu du peu de réaction que son professeur eut, Harry en déduit assez facilement que Rogue ne savait visiblement pas comment réagir et se montrait mal à l'aise face à ce genre de paroles. En y repensant, il est vrai qu'il ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui dise merci. Ses spéculations trouvèrent leur confirmation lorsqu'il vit Rogue partir sans rien dire, parce que justement il ne savait pas quoi dire.

Pomfresh fit signe à Harry d'aller dans son lit, lui disant qu'elle devait partir pour environs une heure et que s'il y avait un problème, il suffisait de l'appeler, elle l'entendrait. Lorsqu'elle fut partie, Harry marcha vers son lit, remarquant au passage que Rogue s'était enfui si vite qu'il avait oublié son manteau et sa cape. Il s'en approcha, se remémorant la scène où Rogue l'avait sauvé. Il se rappela de l'expression de panique qu'il avait vue sur son visage et dans sa voix, ainsi que ces mots qu'il avait prononcés. Rogue avait eu peur pour lui, il avait vraiment eu peur, cela se voyait. C'était l'une des dernières choses que Harry aurait soupçonné chez l'homme, surtout qu'il avait eu peur au point de perdre son sang froid légendaire.

Ensuite, il se souvint de la sensation de Rogue le serrant maladroitement dans ses bras. Jamais il n'avait été serré de la sorte. Il est vrai qu'il n'avait pas reçu beaucoup d'étreintes dans sa vie, mais jamais il n'en avait eu une telle. D'habitude c'était des étreintes douces, enfin, plus molles que douces. C'était aussi lui qui dominait toujours l'étreinte, mais là, ce n'était pas le cas du tout. Ça avait été une étreinte puissante et brutale, mais qui lui avait parut étrangement agréable. Il ne s'était jamais senti aussi en sécurité qu'entre les bras puissants de ce grand homme, le dominant totalement. Étrangement, lui qui détestait se sentir soumis s'était laissé aller et serrer d'une telle manière qu'il s'en était sentit presque fragile et faible. Le pire et de loin le plus bizarre dans tout cela, c'est qu'il avait adoré cette sensation. Se sentir si fragile, faible et en même temps protégé par quelqu'un d'une force physique bien plus imposante que la sienne était une sensation bien étrange mais si douce. Il aurait pensé se sentir humilié d'avoir exposé à ce point sa faiblesse mais ce n'était pas la même chose, ou peut-être que cela l'était mais qu'il ne le vivait pas de la même manière.

Harry ne put s'empêcher de prendre dans ses mains les étoffes noires qui composaient les vêtements de Rogue. À sa surprise, il remarqua que la matière était extrêmement douce, souple et semblait très confortable (1). Il l'aurait plutôt imaginée rêche et dure allez savoir pourquoi. Les deux étoffes embaumaient une odeur de potion, odeur qu'elles avaient évidemment dut absorber pendant les heures où Rogue donnait ses cours et celles où il composait ses propres potions. En y pensant, Rogue n'avait jamais daigné préparer de potions en face de ses élèves, il se contentait de donner des informations, sans plus. Avait-il des secrets de potionniste qu'il n'avait pas envie que l'on sache ? Qui pouvait bien le savoir à part lui-même ?

Il savait que c'était mal, que c'était très mal de fouiller, mais c'était trop tentant, il voulait savoir ce que Rogue pouvait bien cacher dans son manteau. Après tout, qui saurait s'il avait regardé ou non ? Harry glissa sa main dans le long manteau noir, la doublure était encore plus douce, elle devait être faite de soie ou de satin, en tout cas c'était une matière très douce, lisse et agréable au toucher. Il glissa ses doigts dans la première des poches et en sortit plusieurs fioles, certaines vides, d'autres remplies de petites doses de poudres, d'une racine ou d'un autre ingrédient, sûrement des choses qu'il avait récupéré en se promenant ou qu'il avait sur lui en cas d'urgence. Harry se sentit coupable lorsqu'il se coupa le bout du doigt sur un morceau de cristal : quelques unes des fioles étaient cassées. Cela avait sûrement dû se passer lorsque Rogue avait jeté son manteau à terre.

Dans la deuxième poche, il trouva un petit calepin noir et un morceau de fusain, sûrement des notes de Rogue. Mais lorsqu'il l'ouvrit, il vit qu'en fait les pages étaient recouvertes de croquis, visiblement faits à la va vite mais néanmoins très beaux et réalistes. Il y avait un peu de tout : des croquis de plantes, de créatures (dont un Strangulot) mais aussi de paysages, dont un qu'il adora. C'était une vue de Poudlard depuis le parc. Il y avait aussi, bien que beaucoup moins présents, des portraits. Apparemment, Rogue, lorsqu'il ne corrigeait pas de copies pendant les cours, dessinait quelques élèves en plein travail, car tous les portraits qu'il avait faits étaient des élèves penchés sur leur chaudron.

Dans ces portraits, il reconnu facilement Drago Malefoy, sur un autre Crabbe et Goyle, quelques autres qu'il ne connaissait pas, puis finalement, celui qui prenait la double page centrale et qui le troubla. C'était lui. Il ne pouvait pas s'y tromper. Des lunettes rondes, une cicatrice sur le front, les cheveux en batailles, une petite pointe de couleur verte pour ses yeux, en plus de son visage et de son corps qui étaient très ressemblants. Les traits avaient été faits avec délicatesse et méticulosité, ce n'était pas une caricature ou un dessin que l'on fait de quelqu'un quand on est en colère ou qu'on le hait. Il était tellement bien fait que Harry eut presque envie d'enlever la double page centrale et de la garder, mais cela ne se faisait pas. D'ailleurs fouiller ainsi ne se faisait pas non plus, il devinait que si Rogue gardait ce calepin dans son manteau, c'est qu'il ne tenait pas réellement à ce que quelqu'un, encore moins lui, ne le regarde. Après tout chaque homme avait ses petits secrets. D'ailleurs, Harry allait s'arrêter là, il en avait assez vu pour lui donner une insomnie de plusieurs jours à cause des tonnes de questions qu'il se posait, ainsi qu'un sentiment de culpabilité profonde face à sa curiosité incontrôlable.
Il rangea le tout où il l'avait trouvé puis alla s'allonger sur son lit. Il avait vraiment besoin de repos. Voir la mort en face n'était pas vraiment une promenade de santé. Il s'assoupit pour le reste de l'après-midi, ne se réveillant qu'une demi-heure avant le dîner. Il se leva et remit les vêtements qu'il avait eut pendant la journée, il avait trouvé ceux-ci secs et pliés sur sa table de chevet lorsqu'il s'était réveiller. Par contre les vêtements de Rogue n'étaient plus là. Sans savoir pourquoi, Harry s'en sentit quelque peu déçu.

Lorsqu'il arriva dans la grande salle, quelques Gryffondors, dont Ron et Hermione lui demandèrent où il avait bien put passer durant tout ce temps. Ne voulant pas parler de l'incident aux autres, il préféra dire qu'il était allé se promener, ce qui n'était pas un mensonge en soit. Il n'aurait pas été étonné si Rogue, en partant, avait jeté un sort d'effacement de mémoire sur ceux qui les avaient croisés alors qu'ils étaient tous les deux, ou peut-être n'en avait-il pas eu besoin, car la seule vue de son regard noir et empli de menaces de morts en tout genres dans des souffrances atroces était en lui seul un lavage de cerveau très efficace. Harry regarda vers la table des professeurs pour voir si Rogue était vraiment parti comme il avait dit qu'il le ferait et c'était vrai, sa place était vide, il n'était plus là. Par contre la place à ses côtés était toujours occupée par Dumbledore qui agissait toujours aussi bizarrement.

Le vieil homme semblait très soucieux. Il caressait sa longue barbe d'un air nerveux et ses yeux, normalement si pétillants de malice, étaient assombris par un regard inquiet. De plus, il ne souriait pas, ce qui était très rare, d'habitude, il souriait en toute occasion, bonnes comme mauvaises. Quelque chose avait dû se passer pour qu'il soit dans cet état depuis ce matin, depuis qu'il avait parlé à Rogue au petit déjeuner. Soudain, une image d'horreur prit place dans son esprit. Et si Rogue avait sentit la marque des Ténèbres le brûler ? Et s'il sentait que Voldemort se mettait en marche ? Peut-être était-ce pour ça qu'il avait dû partir. Si tôt ? Si soudainement ? Ça ne pouvait pas être possible...

Harry sentit son cœur s'accélérer lorsqu'il vit le vieil homme se lever de sa chaise et s'avancer lentement vers sa chaire. Il allait le dire, il allait dire que Voldemort était de retour... Il le savait, il le sentait, ça ne pouvait pas être quelque chose de bon, pas du tout même. Sa respiration se coupa lorsque Dumbledore commença à parler.

- Votre attention je vous prie. Merci... Je me sens bien mal de devoir nous annoncer quelque chose qui me peine ce soir, soir qui devrait pourtant être synonyme de joie. Vous tous êtes en vacances depuis le début de cet après-midi, certains d'entre vous sont déjà partis ou vont partir... Croyez que je m'en sens désolé mais cela est nécessaire, car quelque chose de très grave, je pense surtout pour moi, est en train d'arriver dans cette école mes enfants...

Le vieil homme s'arrêta un petit moment, retirant ses lunettes pour frotter ses yeux dans lesquels des larmes commençaient à prendre place. Il se ressaisit un peu et remit ses verres sur son nez, puis continua son discours.

- Il faut que vous sachiez que votre professeur de Potions, Severus Tobias Rogue, quitte l'école à la fin de l'année scolaire... Sûrement au plus grand plaisir de certains élèves, nous ne sommes pas aveugles... Nous allions vous l'annoncer... Il aurait dit qu'il voulait aller voir le monde au-delà de l'Angleterre... On l'aurait pris encore une fois à tort pour un fuyard et un lâche... Mais les raisons sont bien loin d'un voyage ou d'une envie de fuite... Severus ne pourra plus assurer aucun cours l'année prochaine, qu'il le veuille ou non... Ne voulant pas exposer sa vie aux yeux des autres, il m'a demandé, à moi mais aussi à tous ceux qui sont au courant de la nouvelle de ne rien révéler... Mais une telle chose ne se peut pas dans ce cas-là, il nous est impossible au sens moral de vous le cacher... Severus est mourant...
Le vieil homme s'arrêta encore un instant, instant durant lequel les murmures s'élevaient dans la salle. Harry, lui, sentit son cœur se crisper une fraction de seconde. Ce n'était pas possible... Ça ne se pouvait pas...

- Sainte-Mangouste a confirmé nos soupçons... Il ne lui reste qu'entre six et sept mois à vivre... Son mal est incurable... Nous espérons désespérément qu'un traitement sera trouvé durant le laps de temps qu'il lui reste... Mais il n'y a que très peu d'espoir...

Dumbledore trébucha soudain – ses jambes s'étaient dérobées sous lui – mais réussit à se rattraper au dernier moment, sous un hoquet de surprise et de panique générale. Il tremblait, visiblement il était encore sous le choc de la nouvelle qui devrait être fraîche pour lui aussi.

- Minerva... Minerva, ramenez-moi s'il vous plaît...

La femme s'avança vers le directeur, qu'elle aida à marcher vers la sortie. La salle semblait beaucoup plus silencieuse, une atmosphère lourde avait pris place en quelques minutes. L'on n'entendait que des murmures. Harry ne dit rien, ne répondit rien non plus lorsqu'on lui parla, si on lui avait parlé. Il se contenta de baisser les yeux vers son assiette qu'il ne toucha plus, masquant son visage derrière ses cheveux noirs, cachant ainsi à tous les larmes naissantes dans ses yeux.


(1) Qui a pensé Soupline à ce moment x'D?

Pourquoi est-ce que j'ai le sentiment que je vais recevoir "quelques" menaces de mort ?