CHAPITRE 4 : Deux par deux.
Entre pères et frères, ne mets pas tes mains.
Anonyme
Point de vue de Bella.
Des jumeaux ? Pourquoi ceci ne met-il pas venu à l'esprit avant ? Je devais arrêter de regarder Urgences et House, je tirais toujours des déductions étranges au comportement des autres. C'était frustrant. Et maintenant, en revenant au monde réel...
« Oh, donc tu es parfait. » J'ai dit ça à haute voix ? Je ris.
« Quoi ? »
« C'est parfait. »
« Qu'est-ce qui est parfait ? » a-t-il demandé, curieux, sans cesser de sourire.
« Avoir un frère jumeau. »
« Non, ça ne l'est pas. Il ne m'apporte que des problèmes. »
« Suis-je un problème pour toi ? » ai-je dis tandis que j'arborais une moue boudeuse. Mais qu'étais-je en train de faire ? Depuis quand 'faire la moue' était une méthode pour draguer ? Je devrais m'acheter un manuel pour savoir comment faire, parce que vu mes réactions spontanées, je n'y parviendrais pas par moi-même.
« Non, bien sur que non. Oh, ne fais pas ça. »
Cet homme n'arrêtait pas de sourire. Je quittais ma moue instantanément. Et j'ai croisé les bras à la hauteur de ma poitrine.
« Je savais que c'était une mauvaise idée. Mais ce n'est pas ma faute, mon corps manque de coordination quand je suis près de toi. » J'ai ouvert les yeux me rendant compte de ce que je venais de dire. « Je veux dire, premièrement je suis maladroite, ensuite je semble assez spéciale, et maintenant je me comporte comme une petite fille... Je dois te paraître étrange. »
« Et bien, je crois que toi aussi tu as dû avoir une mauvaise impression de moi et tu es encore là. »
« J'ai seulement pensé que tu avais un dédoublement de la personnalité, alzheimer ou une impulsion irrépressible pour le mensonge. »
Un instant. Il venait de dire que je lui avais donné une mauvaise impression ? Rembobinons. Ses mots avaient cachés un « tu as aussi », bien il pense que je suis bizarre et je l'achève en disant que je pensais que c'était un malade. C'est merveilleux. Pour quand le manuel ?
Son rire m'a ramené à la vie réelle.
« Tu as pensé ça ? Avant ou après avoir pensé que j'étais un crétin ? »
« Après. » dis-je baissant la tête honteuse.
« Et que pensais-tu faire ? N'était-ce pas dangereux pour toi ? » Il riait de moi. Génial, au moins je parraissais amusante à ses yeux.
« Je pensais regarder sur google comment je devais te traiter. Je croyais que les gens avec ce type de problème devaient porter un bracelet ou un collier les identifiant. »
« Comme les chiens ? » Il riait avec appétit tandis qu'il décoiffait ses cheveux.
« Non. Bon oui. Je ne sais pas, mais de toutes façons pour maintenant je ne connais plus personne de tel. Je n'aurais pas à m'en préoccuper. »
« Ca me réjouit que tu tenterais de m'aider. » Il n'arrêtait pas de rire et je finis par rire avec lui.
« Tu sais, tu m'as inspiré pour mon examen de philosophie. »
Très bonne transition Bella. Tu as détourné la conversation, il ne s'attendait pas à ça. Enfin, nous pouvons changer de sujet et ne pas avoir à se lamenter davantage de mon idiotie.
« Vraiment ? De quoi traitait l'examen ? »
Merde. Bonne transition ? Mon oeil ! Qu'est-ce que je lui dis ? Réfléchis, réfléchis.
« Aimerais-tu un autre café ? » Essayons avec la tentative d'évasion. Il a levé un sourcil.
« Tu ne vas pas me le dire ? Pour de vrai ? »
J'ai secoué la tête en signe de négation et un parfait sourire en coin est né sur son visage. Cet homme ne savait-il rien faire de mauvais ? Erreur. Cette conversation ressemblait à celle du premier jour, et nous avons déjà décidé que la perfection n'existait pas. Mais bien sûr, mes maudits sens étaient aujourd'hui décidés à me contredire. J'ai soupiré.
« Tu sais, » me chuchota-t-il à l'oreille. « je me renseignerais. »
Je me suis tendue. Ce simple effleurement de son souffle sur ma peau a fait réagir tout mon corps. Un stupide sourire s'est placé sur mon visage.
« Non, tu ne le feras pas. » Je le défiais, mais une partie de moi voulait qu'il le fasse.
« J'obtiens toujours tout ce que je veux. »
« Hey ! Quand vous êtes-vous permutés ? » Demandais-je feignant la surprise et regardant alentour. Il a levé un sourcil. « Oh allez, l'arrogant c'est 'ton autre toi'. »
« Ce n'est pas être arrogant. » Son rire était frais, je pourrais m'y habituer. « C'est être réaliste. » Il a regardé sa montre et son sourire s'est transformé en grimace. « Désolé, j'adorerais continuer à bavarder avec toi mais je dois y aller. J'ai du travail. »
Je ne voulais pas qu'il parte. Je me sentais bien avec lui. Si je lui demandais si j'allais le revoir, paraîtrais-je trop désespérée ?
« La prochaine fois, comment saurai-je qui tu es ? »
Il est resté pensif. Bella... Qui te dis qu'il y aura une prochaine fois ? Peut-être a-t-il une fiancée ? Tu ne lui as même pas demandé. Peut-être est-il gay qui sait ? Peut être est-il de passage par ici ? Ou il n'a simplement pas envie de revoir une cinglée.
« Quand je te verrai, je ferais cela. »
Il s'est approché de moi et m'a embrassé à la commissure des lèvres. Je suis restée figée, mon coeur a entamé une course desespérée. Mon corps entier fut traversé par un courant electrique. Génial, il a seulement embrassé ton visage. Ce n'est pourtant pas grand chose. Si. Si, ça l'était.
Quand mes lèvres ont voulu réagir, il n'était déjà plus en face de moi.
« Comment t'appelles-tu ? » Ai-je réussi à dire après cinq minutes.
« Doly, tu ne te rappelles pas ? »
J'ai levé les yeux pour apercevoir ma chef, souriante. J'ai serré la mâchoire pour ne pas lui faire un doigt, geste que je regretterais amèrement. Ma journée avait été trop bonne pour qu'elle me licencie .
« Et bien ? »
« Et bien quoi ? »
« Continue-t-il d'être un crétin ? »
« Je ne vais pas parler de ça avec toi. » Lui ai-je dis tandis que je me levais et reprenais mon travail avec un sourire niais sur mon visage.
Après tout, tu ne sais jamais ce que le destin te réserve. Peut-être que cette année est la mienne. J'étais de bonne humeur donc j'ai décidé de nettoyer le four. Oui mais cela gâcherait ma journée et mon humeur. Mieux, je le ferais un jour où je suis de mauvaise humeur.
Le reste de la journée fut amusant. Mon esprit était dans un certain lieu du monde, je ne voulais pas analyser mon comportement d'il y a quelques heures parce que cela me rendait hystérique. Lui ai-je dis qu'il était parfait ?
En parlant de perfection, j'espérais que jamais il ne cherche de quoi traitait mon examen de philosophie, ça pouvait être quelque chose de très humiliant.
« Bonjour. » Cette voix veloutée a provoqué une montée d'adrénaline dans mon corps.
J'ai ouvert les yeux pour rencontrer le sourire parfait le plus sexy du monde. Mon coeur a accéléré et j'ai seulement pu fermer les yeux en espérant que ses lèvres recommenceraient à froler le coin des miennes.
« Tu vas bien ? »
J'ai tout à coup ouvert les yeux, les plissant.
« Toi ! » ai-je crié.
« Moi. » a-t-il dit en riant. Que se passait-il ? Leur rire devait-il être semblable ?
« Qu'est-ce que tu veux ? »
« Est-ce la façon que tu as de traiter les clients ? Je te connaissais plus sympathique. »
« Je ne sais pas de quoi tu parles, hier tu a dû parler avec ma soeur jumelle. » Voyons si il réagit à mon allusion.
« Une soeur jumelle ? Sérieusement ? J'ai aussi un... »
Génial. La répartition de l'intelligence a vraiment été inégale : 90% pour l'un et le reste pour l'autre. Normal que c'est un crétin, il a hérité du reste. J'ai levé un sourcil.
« Sérieusement ? Ne me dis pas... »
« Si, si tu veux nous pourrions sortir tous les quatre... Mais bon, c'est toi que je veux. Ta soeur est un peu farouche, elle convient mieux à mon frère. »
Finalement, j'allais nettoyer les fours.
