Bonjour tout le monde !

Et bien voici le troisième chapitre de cette histoire qui je l'espère plaira un peu plus que le précédent...

je vous laisse donc lire, mais avant cela j'aimerais remercier Az' pour ses messages de soutien !

Bonne lecture :)


Chapitre 3 : un pas vers l'amitié.

Assise sur le parquet, les mains tenant fermement ses chevilles, elle sentit ses muscles s'étirer à mesure qu'elle rapprochait son visage de ses genoux. Elle expira, presque bruyamment, quand son corps encore chaud se plia en deux. Chaque jour se répétait. Se lever, s'habiller, prendre le métro, se changer, mettre ses pointes, s'échauffer, s'étirer et danser. Finalement, Marinette vivait dans une continuelle routine où il fallait se donner à fond. Mais elle aimait ça.

Ses journées étaient peut-être routinières, mais elles étaient toutes uniques. Une nouvelle sensation l'envahissait à chaque pas frôlant ce parquet libérant la soif de vivre qui l'animait. Oh oui elle aimait sa vie, et par-dessus tout, elle aimait savoir qu'elle touchait son rêve du doigt.

Sentant que la tension musculaire retombait, elle se releva et se plaça à la barre où elle entreprit d'autres étirements. Délicatement, elle se pencha en avant et attrapa sa cheville droite qu'elle leva aussi haut qu'elle le put. Tikki disait souvent qu'une bonne danseuse devait être aussi souple qu'un chewing-gum mais aussi gracieuse qu'une plume. Alors elle arrivait toujours avant ses camarades afin d'appliquer au mieux ces conseils et être la plus parfaite possible.

Même si elle était d'ordinaire toujours la première arrivée, elle n'avait guère à attendre plus de dix minutes avant que le reste de sa classe ne la rejoigne. Malheureusement, depuis trois semaines, ses séances d'étirements s'étaient considérablement allongées. Adrien était toujours en retard. Elle n'arrivait pas à déterminer si cela était uniquement pour l'embêter, ou s'il avait vraiment un souci à se lever, à en voir ses cernes, la question pouvait légitimement se poser.

Néanmoins elle n'en avait cure, une certaine routine s'était installée entre eux depuis la fameuse audition. En réalité, puisque les insultes étaient réciproquement interdites, aucun d'eux ne se parlait. Aucun échange, pas une salutation ni même une seule recommandation lors des chorégraphies.

Tiffany et Pascal ne savait plus quoi faire. Même si leur duo fonctionnait à merveille, il n'en était pas autant de leur relation. Cela commençait à avoir un impact sur leur danse, notamment depuis qu'ils commençaient à appréhender les porters. Les professeurs furent quelque peu dépassés, ils ignoraient ce qu'ils pouvaient tentés pour au moins qu'ils se parlent. Parfois, ils en venaient même à regretter cette collaboration.

Alors qu'elle avait fini son étirement à la barre, Adrien débarqua dans la salle de danse, comme à son habitude, avec nonchalance. Il posa son sac sur le banc et commença son échauffement en faisant quelques tours de salle en petites foulées. Non pas que Marinette souhaitait le regardait faire, mais il était pratiquement impossible de ne pas se voir dans une salle où chaque mur disposait d'un miroir. Alors il lui arrivait de le suivre du regard, analysant sa pratique – ou son corps- le débat pouvait être lancé, mais elle chassa cette idée de son esprit rapidement, hors de question de ne serait-ce que de penser à Adrien de cette façon. Elle se reconcentra alors sur son reflet et fit une arabesque avec sa jambe gauche pour éliminer toute distraction visuelle.

Lorsqu'elle l'entendit s'arrêter, elle se redressa et regretta à l'instant même où sa seule vision était le torse à présent nu du blond. Sans comprendre réellement pourquoi, elle se mit à rougir et replongea la tête en avant afin de toucher le sol et lever sa jambe droite en arrière. Bien qu'elle ait partagé les vestiaires avec les autres garçons de sa classe durant des années, elle avait une difficulté certaine à regarder Adrien se changer en plein milieu de la salle de danse.

Devinant que ce geste faisait de l'effet sur la jeune femme, Adrien s'était amusé à rejouer la scène à chacune de leur rencontre. Bien qu'il ne l'admettait pas directement, il aimait troubler les femmes, et plus particulièrement cette cinglée de brune attardée. Pourquoi ? Il n'en avait aucune idée, mais cela l'amusait. De plus, aujourd'hui il faisait particulièrement beau pour un mercredi de novembre, alors il se disait qu'il pourrait peut-être jouer un peu plus longtemps. Il s'avança à son tour vers la barre et commença lui aussi ses étirements. Il ne put s'empêcher de constater les petits coups d'œil furtifs de sa voisine, ce qui lui gratifia d'un léger sourire.

Ah… ce qu'il aimait embêter cette tordue.

Au grand soulagement de Marinette, Tikki entra dans la pièce et s'approcha d'eux.

- Bonjour à vous, vous êtes prêt ?

Un simple mouvement de tête respectif suffit à la rouquine pour commencer la séance.

- Ajuste tes pointes Marinette, elles ne sont pas assez serrées.

La jeune femme obéit à son mentor et se mit en place.

- Donc, comme je l'ai dit hier, c'est une musique particulièrement triste, je veux de l'émotion, je veux Adrien que tu sois désespéré de savoir qu'elle va mourir et que tu ne puisses rien y faire, et toi Marinette tu va perdre l'amour de ta vie car tu vas mou-rir ! Donc je veux pleurer en vous voyant danser.

La rouquine lança la musique, « la liste de Schindler » de John Williams. Le violon intensément malheureux, amena les deux danseurs à commencer leur chorégraphie. La brune exécuta ses pointes à la perfection et se laissa aller dans les bras d'Adrien qui dirigea les pas. Au rythme des vagues du violon, le couple dansa avec harmonie et élégance mais néanmoins pas de la façon qu'attend la directrice. Bien que leur technique soit parfaite, l'émotion n'y était pas. Elle les fit recommencer, deux fois. Mais rien.

- Bon stop. Fit résolument Tikki. Ça fait trois semaines qu'on travail ensemble. On a malheureusement fait tous les registres possibles sauf les dramatiques et sentimentaux. Je peux comprendre que vous ne vous appréciez pas mais il s'agit de votre avenir tout de même !

Les deux danseurs se lancèrent un regard puis revint vers leur professeur.

- Ecoutez, il va falloir que vous osiez au moins vous parler. Créer un contact même cordial sera simplement indispensable si vous voulez projeter autre chose qu'une danse robotique.

Devant le silence écrasant de ses deux élèves, la rousse reprit.

- Bon, demain soir Plagg et moi sommes invités à un gala de bienfaisance. Vous deux, vous nous accompagnerez. Tenue de soirée exigée. Ce sera une parfaite opportunité pour vous de faire plus ample connaissance dans un contexte différent. Il y aura également du beau monde alors vous pourriez faire des rencontres uniquement si vous vous tiendrez bien. Une objection ?

Adrien ouvrit la bouche puis la referma en apercevant Tikki froncer les sourcils.

- Parfait si tout est ok, je vous laisse. A demain.

La rousse partit fièrement. Elle savait qu'elle avait fait fort et que Plagg serait fier d'elle. Pour autant, les deux danseurs toujours surpris par la nouvelle, ne bougèrent pas. L'un lança des regards furtifs quand l'autre paniquait de savoir quelle tenue elle allait mettre. Après un long silence, Adrien pris une grande inspiration et se tourna vers la brune.

- Bon. Je sais qu'on ne s'entend pas bien mais… commença Adrien en cherchant ses mots, il serait bien, dans la mesure où nous n'avons pas le choix, que l'on créait une sorte de… comment dire ? Une relation amicale ? En sachant que nous sommes contraint à rester ensemble jusqu'à juin… Qu'en dis-tu ? Ami ?

Marinette le toisa longuement et analysa ce qu'il venait de dire. Il fallait avouer qu'il avait eu le courage de lui adresser la parole, contrairement à elle, et que malheureusement… il avait raison.

- Et bien… reprit-elle durement, je suppose que dans un sens tu as raison. Mais qualifier ça de relation amicale serait légèrement gros. Je propose une relation cordiale. On pourrait laisser de côté le passé et agir comme des… collègues ?

- Collègues ? s'étonna Adrien, et bien après réflexion pourquoi pas. Donc plus d'insultes ?

- Ça me coûte de le dire mais… oui, plus d'insultes. Du respect et rien d'autre.

Marinette lui tendit la main, signe qu'elle voulait pactiser avec lui un nouveau règlement.

- Avant ça j'aimerais qu'on fasse une chose.

- Et quoi si je puis me permettre, fit-elle légèrement vexée.

- Je veux qu'on se fasse un compliment mutuel.

- Tu es sérieux ? lança-t-elle presque avec dégoût.

- Oui ! Au moins ça voudra dire que notre relation conflictuelle sera officiellement finit.

Après un long moment de lutte intérieure, Marinette serra les dents et abdiqua. Adrien prit un temps pour réfléchir à ce qu'il allait dire, puis se décida à se lancer en premier.

- C'est si dur que ça ? fit la brune d'un ton sombre.

- Et bien, je pense qu'après tous ces jours où nous avons dansé ensemble, je peux dire que tu es la meilleure danseuse avec laquelle j'ai dansé.

Marinette ne put dire si elle fut surprise ou légèrement attendrit. Même si cet abject personnage lui avait prouvé maintes et maintes fois qu'il était un goujat, à cet instant précis elle fut touchée. Ses joues rougirent et son pouls s'accéléra. Lui qui avait déjà dansé avec de nombreuses femmes, il l'a considérait comme la meilleure et ça, c'était le plus beau compliment qu'il aurait put lui faire.

- Mer…merci… tu… tu es un très bon danseur également…

- Seulement un très bon ? fit-il l'air faussement déçu, dommage…

- Non… je veux dire, que j'aime danser avec toi. Tu comprends mes gestes et… tu me rends meilleur d'une certaine façon. C'est la première fois que je vis ça avec un partenaire.

Adrien se mit à sourire. Ces mots le touchaient également car malgré la haine qu'elle avait pour lui, elle osait lui dire que leur duo était de loin le meilleur qu'ils aient eu.

- Bien alors cher collègue, à demain. Sur ce, je retourne dans mes locaux.

Alors qu'il allait sortir de la pièce, Marinette inspira un bon coup et fit quelque chose qu'elle n'aurait jamais imaginer faire.

- A demain… Ad… Adrien. Bonne journée.

- A toi aussi ! Bye !

Bizarrement cette toute nouvelle relation avait une étrange répercussion sur la brune. Un petit sourire se dessina sur le coin de sa bouche. Elle était contente de la tournure des évènements. Fière de leur effort mutuel. Heureuse de voir que peut être, ce garçon n'était pas qu'un simple goujat. Malgré tout, même s'ils s'étaient accordés à être courtois l'un envers l'autre, elle ne pouvait pas oublier que cet homme était tout sauf sympathique. Alors son petit sourire s'effaça et elle se secoua la tête pour se rappeler à l'ordre. Cordial peut être mais amical surement pas. Ou bien si… mais avec beaucoup d'efforts de sa part.

Non, non et non.

La brune prit sa tête entre ses mains, ce n'était pas le moment de se montrer tendre et compatissante. Il était son partenaire et ça s'arrêtait-la. Pas besoin d'entrer dans son jeu et de tomber sous son charme. Jamais elle ne se laisserait avoir par ce don juan blond. Jamais.

Enfin, c'est ce qu'elle croyait.


Fière de sa magnifique tenue bleue ciel, Marinette se toisa encore et encore dans son miroir, telle une princesse admirant sa sublime robe que sa chère Tikki avait autrefois porté. C'était une robe bustier ajustée à la taille et devenant volante jusqu'aux pieds. Elle avait un fin voile pailleté ce qui la rendait encore plus scintillante. Accompagné d'une belle paire d'escarpin à talon, Marinette s'était nouée les cheveux sur le côté par une jolie tresse.

Elle était somptueuse.

Elle descendit les marches la menant dans le salon de ses parents et vit avec grand plaisir que Tikki l'attendait déjà. La belle rousse n'avait rien à envier à sa jeune danseuse. Ses cheveux ondulés tombaient sur ses épaules recouvertes d'un châle. Sa robe était d'un vert sombre, longue et épousant les formes du corps de cette femme à la beauté sans pareil. Une fente laissa entrevoir l'une de ses jambes ce qui l'a rendit légèrement plus sexy qu'à son accoutumé. Elle était pressée de voir ce que cette robe ferait comme ravage ce soir. Secrètement, elle espérait que Plagg aurait une réaction digne d'un amoureux transit.

La mère de Marinette ne put s'empêche de prendre une photo de ces deux femmes qu'elle aimait tant. Chaque jour elle remerciait le ciel de voir sa fille être aussi bien accompagné dans son rêve d'artiste.

Après des embrassades affectueuses, la danseuse et son professeur se hâtèrent dans leur taxi afin de rejoindre le lieu du gala. Excitées mais néanmoins sérieuses, les deux femmes se lancèrent des compliments durant tout le trajet, peut-être une façon de se rassurer quant à la toilette qu'elle avait choisit de porter pour l'occasion.

Après avoir parcouru quelques rues, elles arrivèrent enfin devant un somptueux bâtiment illuminé de tous les côtés. Plagg et Adrien se tenaient devant l'entrée. Lorsqu'ils les virent, ils firent un geste de la main pour les sommer de venir vers eux. Mais une fois devant eux, elles ne purent retenir un petit rire lorsqu'elles constatèrent qu'elles avaient fait leur petit effet.

Pascal était sans voix, il admirait la femme qu'il s'émerveillait tant à voir de nouveau presque tous les jours. Ses joues se tintèrent de rouge quand il aperçut la fente de la robe de sa douce rouquine. Ses yeux essayèrent de s'en détacher mais il dut finalement lutter pour s'y résoudre. A ce moment précis, le manque de son corps près du sien lui manquait. Il replongea ses yeux dans les siens quelques secondes avant de pouvoir enfin ouvrir la bouche.

- Bien que tu sois parfaitement ravissante chaque jour, fit-il en avalant difficilement sa salive, ce soir tu es particulièrement magnifique.

Le cœur de la belle rousse rata un battement avant de reprendre constance. Elle était heureuse. Un petit sourire s'afficha sur ses lèvres et elle s'approcha de lui pour lui prendre le bras.

- Je te remercie, murmura-t-elle à son oreille, tu es aussi très beau.

Comme si plus rien n'existait à part eux, les deux professeurs s'avancèrent ensemble vers l'intérieur du hall laissant derrières eux leurs protégés.

Les deux élèves n'avaient eux pas bougés. Marinette s'était surprise d'avoir quelque peu rougit en apercevant le blond la regarder intensément, mais elle avait vite chassé cette idée en admirant les retrouvailles de sa chère Tikki avec pascal. Pour autant, il fallait bien admettre qu'il était parfaitement dans son élément avec ce costume et cette coiffure soignée. Il était beau. Même bien trop beau au goût de la brune qui s'efforçait de combattre sa propre folie.

De son côté, même s'il avait tout fait pour qu'elle ne remarque rien, Adrien s'était littéralement mordu la langue lorsque sa détestable partenaire de danse était arrivée. La vision de Marinette dans sa belle robe bleue l'avait quelque peu désarçonné et il avait grandement remercié intérieurement Plagg pour son intervention. Décidément cette peste ne le laissera jamais en paix.

- Je dois bien avouer, commença la brune avec réserve, que tu es plus élégant ainsi que torse nu tout transpirant.

- Ah oui ? Etonnant, je trouve mon corps franchement parfait. Tu devrais me voir intégralement nu et tu verrais que je n'ai pas besoin de ce costume pour être élégant.

Marinette fut réellement désappointée.

- Adrien, reprit-elle avec lassitude, je te faisais un compliment, cette tirade était-elle nécessaire ?

- Tu dois commencer à comprendre que j'aime les blagues lourdes.

- Et bien dans ce cas, je préférais quand on ne se parlait pas.

- Relax, tu t'y habitueras.

Adrien se tourna en riant vers le hall et laissa la brune profondément déçu sur le palier. Elle avait fait l'effort de le complimenter et lui n'avait pas dénié lui rendre. Elle qui avait passé tant de temps à se préparer. C'était réellement un goujat.

Elle rejoignit le groupe quelques secondes plus tard, déjà attablé avec deux autres personnalités. Elle s'asseya avec précaution et délicatesse avant de scruter les personnes présentes. Elle chercha des yeux tout le gratin de la danse pouvant avoir un impact sur sa future carrière et bingo les plus grands étaient là.

Très excitée mais aussi stressée, elle demanda un verre de champagne pour se détendre. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait parler aux directeurs des plus grandes compagnies de danse. Il lui fallait un petit remontant voilà tout.

Amusé de voir l'état de voisine de table, Adrien commanda également un verre, il n'y avait pas de raisons pour qu'elle soit la seule à s'amuser.

Le diner se passa sans encombre, les jeunes danseurs ne s'étaient que très peu adressés la parole mais malgré tout, l'ambiance était au beau fixe. Pascal et Tiffany n'arrêtait pas de se regarder, s'envoyant même des petits signaux coquins. Le brun aimait ce nouveau jeu de séduction qui naissait de nouveau entre eux, et bien qu'il attendait avec impatience de la prendre dans ses bras et lui avouer ce qu'il ressentait pour elle, Plagg préférait ne rien brusquer et attendre. Cette femme était l'amour de sa vie et il ne voulait en aucun cas refaire une erreur qui pourrait tout gâcher. Alors il se contenta de sentir sa main dans la sienne, pour le moment cela était suffisant.

L'animateur de la soirée grimpa sur la petite scène installée pour l'occasion, et annonça le début des ventes aux enchères. Les objets défilèrent les uns après les autres, certains atteignirent des sommes faramineuses, Marinette en fut presque choquée, mais c'était pour de bonnes raisons alors elle n'y fit guère plus attention.

Au bout d'une vingtaine de minutes, l'animateur proposa une pause dans laquelle un imitateur serait accompagné au piano pour rendre hommage à un chanteur français bien connu de l'assemblée.

Les premières notes résonnèrent et tous reconnurent « La bohême » de Charles Aznavour. Tikki eut un frisson. C'était la première chanson sur laquelle elle avait dansé avec Pascal. De manière presque synchronisée, les deux anciens amants se tournèrent l'un vers l'autre. Un échange profond du regard leur serra le cœur et les rendit nostalgique.

« Je vous parle d'un temps, que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaître »

Le chanteur imita à la perfection la voix de ce géant de la musique laissant un vide depuis son départ. Respectueuse de sa performance, l'assemblée écouta la mélodie, certains fermèrent les yeux, d'autres posèrent leur main sur leur cœur bercé par l'émotion.

« La bohème, la bohème, ça voulait dire, on est heureux »

Plagg fut prit d'un élan de romantisme et se leva afin d'inviter la femme de ses rêves à danser. Son geste surprit bon nombre de gens autour d'eux qui se questionnèrent en le voyant se lever. Le cœur de Tiffany rata un battement quand elle vit cette main tendue vers elle l'invitant à l'accompagner. Cela faisait presque dix ans qu'ils n'avaient pas dansé ensemble, alors le doute s'empara d'elle. Bien qu'excité par cette demande, elle se posa des milliers de questions. Elle refit presque son histoire avec Plagg dans sa tête avant que Marinette ne la sorte de sa léthargie. Aidé par son élève, Tikki se leva et saisit la main toujours tendue de cet homme qui arrivait encore à jouer avec son cœur. Tendrement, il l'amena au centre de la pièce.

« Nous récitions des vers, groupés autour du poêle, en oubliant l'hiver »

Il se permit de déposer sa main droite au creux de ses reins et avec sa main gauche, il lui prit sa main afin de l'emmener dans une valse.

« La bohème, la bohème, ça voulait dire, Tu es jolie, la bohème, la bohème…Et nous avions tous du génie »

Tournant, virevoltant au rythme de la musique, ils se perdirent en retrouvant cette merveilleuse sensation de danser ensemble.

Ils étaient beaux à voir. La grâce de leur danse, l'amour qu'ils arrivaient à faire naitre, la parfaite connexion de leurs mouvements, tout était fabuleux. N'importe qui dans la salle ne pouvait pas reconnaitre que le spectacle était merveilleux. Comme beaucoup, Marinette et Adrien eurent un frisson. Ils n'avaient jamais vu leurs mentors danser comme ça.

- Alors ça donne ça, fit une invitée à leur table, deux personnes qui s'aiment dansant ensemble ?

Adrien ne put s'empêcher d'acquiescer. Cette femme avait raison, les voir danser de cette manière lui fit réaliser que ses danses avec Marinette étaient froides et dénuées de sentiments. Il voulait tellement danser comme eux. Il voulait réussir à montrer au monde qu'il pouvait transmettre autant qu'eux.

« Épuisés mais ravis, fallait-il que l'on s'aime, et qu'on aime la vie »

Pris d'une émotion soudaine, Adrien se leva. Marinette fut surprise et ne comprit pourquoi que lorsqu'il se planta devant elle en lui tendant la main à son tour. Hésitante, elle regarda autour d'elle et ne put s'empêcher de se rappeler de toutes les personnalités présentes qu'elle voulait plus que tout impressionner. Alors elle se leva et empoigna la main de son partenaire qui l'amena sur le parquet de danse improvisé.

A leur tour, ils se mirent en position de valse et alors qu'un nouveau refrain commença, Adrien entraina Marinette à le suivre au rythme de leurs professeurs.

« Dans son nouveau décor, Montmartre semble triste, et les lilas sont morts, la bohème, la bohème »

Plagg et Tikki ne manquèrent rien à la scène et ne purent s'empêcher de sourire quand ils les virent se joindre à eux.

« La bohème, la bohème, ça ne veut plus rien dire du tout… »

Sur les dernières notes, les quatre danseurs se laissèrent aller alors que la musique accélérait. La foule acclama cette performance émouvante lorsqu'ils eurent terminés.

Sans se lâcher du regard les deux couples comprirent qu'ils avaient fait sensation, mais ce n'était pas le plus important. Au fond d'eux, il s'était passé quelque chose, un déclic, révélant à Adrien et Marinette l'importance de l'union pour transmettre autant d'émotions, et à Plagg et Tikki qu'ils étaient fou l'un de l'autre.

Lentement, Adrien et Pascal se détachèrent de leur danseuse et sans se détacher de leurs mains jointes, ils retournèrent à leur table.


Il y eut très peu d'échanges entre eux suite à cette danse. Bien trop émotif ou possiblement en questionnement, ils réalisèrent que la soirée s'était terminée lorsqu'ils furent tous les quatre sur le trottoir.

- Je te ramène ? lança Plagg à Tikki sortant par la même celle-ci de ses pensées.

- Et bien, hésita-t-elle, je dois ramener Marinette…

- Je m'en occupe, sortit Adrien.

- Vraiment ?

- Vraiment. Va avec lui.

- Merci Adrien, finit-elle par dire, à demain vous deux.

Les anciens époux s'éloignèrent main dans la main. Marinette les regarda s'éloigner en souriant. Elle espérait tellement qu'ils se remettent ensemble.

- Merci pour eux, fit-elle gentiment.

- Plagg m'en aurait voulu si je ne m'étais pas proposé. Ça fait tellement longtemps qu'il attend de pouvoir la reconquérir. Ça aurait été égoïste de notre part.

- Ça me surprend mais… c'est très gentil. Ils s'aiment alors, leur donner un coup de pouce c'est sympa de te part.

- Il m'arrive de l'être.

- Bien qu'aussi étonnant que cela puisse être, je constate que oui.

Adrien la regarda. Il savait que de sa part c'était un énorme compliment et il était content d'avoir pu vivre cette soirée pour améliorer leur relation.

- Alors où habites-tu ? reprit-il.

- Je peux prendre le métro ne t'en fais pas.

- Hors de question. Je ne te laisse pas rentrer seule à cette heure-ci. Et puis j'ai un chauffeur.

- Oh, j'oubliais que monsieur avait un chauffeur.

- Un des privilèges d'être un gosse de riche, fit-il en riant.

Marinette ne releva pas et le suivit dans la voiture où effectivement un chauffeur l'attendait. Elle donna son adresse et ils démarrèrent. La route se fit sans bruit. Aucun d'eux ne parla. Ils se demandaient si leurs professeurs étaient bien rentrés et s'ils avaient franchi le pas. Finalement, ils arrivèrent rapidement chez la brune. Adrien sortit en premier et alla lui ouvrir la porte.

- Et bien ! tu peux même être un gentleman.

- Je peux être beaucoup de choses Marinette, mais l'idée que tu as de moi est loin d'être vrai.

La brune l'observa un moment. Elle ne pouvait contester que depuis quelques jours, il semblait différent de ce qu'elle avait connu. Peut être avait-il raison après tout.

- Je te laisse le bénéfice du doute. C'est tout ce que je peux faire.

- Un grand merci mademoiselle. Au fait, tient. C'est mon numéro de téléphone, au cas où.

- On dirait que tu ne me prends plus pour une folle si tu me laisse le numéro d'Adrien Agreste le célibataire le plus quémander de la ville.

- Je te laisse le bénéfice du doute… termina-t-il en rigolant, bonne soirée à demain.

Il s'inséra dans son véhicule et disparu en laissant Marinette, souriante devant la répartie de son nouveau « collègue de travail ».

A quelques rues d'ici, sur le palier d'un immeuble haussmannien, un homme et une femme s'embrassaient, bercés par le clair de lune.


Et bien voilà, ce chapitre se termine ici :) j'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé !

A bientôt ! Xoxo