Titre : Lessive et Astrologie

Base : Saint Seiyaaaa !

Genre : Débilité profonde. Ah, ça n'existe pas ? Tant pis, ce sera de l'humour et de la romance pas si romantique que ça.

Disclaimer : Tout ou presque est à Masami Kurumada. L'horoscope a trouvé son inspirations à divers endroits, allant de Fémina à un site internet lambda, en passant par la radio et par le magazine ELLE.

Pairing : Multiples. DM/Shura, Milo/Camus (oui, bon, c'est pas très original, mais ils sont tellement mignons...), RhadaKanon, Dohko/Shion, Saga/Shaka (si, si), Aiolia/Ayoros (bouuh, c'est pas bien l'inceste...), MüAphrodite (ben quoi, fallait bien qu'on fasse au moins un couple un peu original, non ?)

Contexte : Tout le monde est revivant. Comment ça se fait ? ... Peu importe.

Rating : T.

Résumé : Aphrodite, un magasine féminin, des prédictions, de l'alcool. Il n'en faut pas plus pour que le Sanctuaire sombre dans la folie.

/***\

Au Temple du Verseau, des débris de bouteilles jonchaient le sol. Camus et Milo avaient laissé tomber le verre qu'ils partageaient, pour se contenter de boire à la bouteille. Dans un geste purement inconscient, le Grec avait balayé la table d'un grand geste, comme pour chasser une mouche imaginaire : ainsi s'était écrasée sur le sol une bouteille vide, répandant ses morceaux de verre partout sans que les deux chevaliers ne fassent quoi que ce soit pour nettoyer. Rien n'indiquait qu'ils s'étaient rendus compte que la bouteille s'était brisée par terre, d'ailleurs.

Déjà bien éméchés, les deux hommes échangeaient de temps à autre des phrases dont le sens profond échapperait au commun des mortels.

« Camus, tu es ma... princesse des Glaces – hips, lâcha le Scorpion d'une voix pateuse.

-Dois-je te rappeler que je suis un homme ? questionna Camus, les un peu joues rouges – Milo se demanda d'ailleurs comment il pouvait garder une telle éloquence dans son état d'ébriété avancée.

-J'aimerais – hips – bien que tu me le prouves.

-Et comment veux-tu que je te le prouve ?

-Je ne m'en souviens pas.

-De quoi ?

-Je ne m'en rappelle plus.

-C'est ennuyant, concéda Camus d'un air profondément indifférent.

-Je trouve aussi, acquiesça le Scoprion sans se rendre contre de l'ironie de son homologue.

-Pourquoi nous sommes-nous mis à boire ? Demanda réthoriquement le Verseau.

-Je ne sais plus.

-...

-Eh, Camus, tu es mort ?

-Pas encore.

-Tu sais que ça me rendrait triste ?

-Je sais.

-Ça m'a déjà rendu triste, chouina le preux défenseur d'Athéna.

-Je suis déjà mort ?

-Oui, deux fois, soupira le Grec en se remémorant quelques douloureux souvenirs.

-Mais je suis vivant maintenant, nota très intelligemment le Verseau.

-Oui, tu es vivant, sourit Milo avec un sens de l'observation que La Palice n'aurait pas renié.

-Alors tout va bien, commenta Camus d'un ton morne.

-Tu sais que je t'aime ? improvisa le Scorpion qui n'aimait pas le silence.

-Oui, je le sais.

-Et toi, tu m'aimes ?

-Non, répondit catégoriquement le Verseau sans la moindre trace d'hésitation.

-Tu mens.

-Oui, concéda le Français sans plus de cérémonie.

-Ah, je suis content.

-Tant mieux pour toi. » Le Français le fusilla du regard, attrapa la bouteille et se mit à boire de longues gorgées, tandis qu'un souvenir sortait des brumes de l'alcool dans lesquelles le cerveau de Milo était perdu :

« Ah, je me souviens, je voulais que tu sois assez ivre pour accepter de coucher avec moi, se rappela le Scorpion avec un sourire indulgent, comme un adulte se rappelant des bêtises qu'il avait commises étant enfant.

-Penses-tu que je le suis assez ? questionna Le Chevalier des Glaces avec peu d'intérêt.

-À toi de me le dire.

-Oui, mais je ne serai pas en dessous, décida le Verseau.

-Mais enfin ! Pourtant, tu...

-Je ?

-Tu es le plus féminin, lâcha Milo en se demandant si beaucoup de personnes viendraient à son enterrement.

-Tiens-tu tant que ça à mourir ?

-Pas avant de t'avoir touché.

-L'alcool te rend suicidaire.

-Non, seulement fou. Fou de toi.

-Je ne serai pas en dessous, répéta le Verseau, buté.

-On a qu'à décider ça à pile ou face.

-Je n'aime pas laisser le hasard décider pour moi.

-Tu as juste peur.

-De quoi ?

-De perdre.

-De perdre quoi ?

-Ta virginité, lâcha parfaitement au hasard le Scorpion.

-Qui te dis que je suis encore vierge ?

-Si tu n'es plus vierge, je ne vois pas où est le problème.

-Je suis encore vierge, soupira Camus qui n'avait pas envie de voir cette conversation s'éterniser.

-Donc on fait pile ou face ?

-De toute manière, je ne suis pas dans mon état normal », accepta Camus en se disant qu'au pire, il pourrait toujours décider de tout oublier le lendemain.

Milo batailla pendant cinq minutes pour trouver une pièce. Il parvint finalement à en trouver une cachée dans la poche arrière de son pantalon. Il la donna à Camus, sachant pertinemment que lui-même n'était plus assez sobre pour réussir à rattraper la pièce.

« Je prends pile, annonça le Verseau.

-Bon, bah je prends face alors... » grommela Milo, vexé, car il avait toujours préféré pile.

Le Français jeta la pièce, puis la récupéra dans la main d'un mouvement leste, sous le regard admiratif de son ami, qui se transforma en regard horrifié lorsque Camus annonça le résultat.

« Pile. J'ai gagné.

-Et merde...

-Ne sois pas triste, on fera l'inverse la prochaine fois.

-C'est vrai ?

-Non. Mais il y aura peut-être une prochaine fois.

-C'est déjà ça. »

Milo fit un sourire mi-figue mi-raisin. Un doute s'insinua subitement dans son esprit.

« Où est-ce qu'on va le faire ?

-Faire quoi ?

-Ben... ça !

-Ah, ça.

-J'apprécie ton enthousiasme. On jurerait que je te demande d'imiter une alouette.

-Tu as déjà imité une alouette ?

-Non, mais là n'est pas la question, esquiva Milo qui après réflexion, n'était même pas sûr de savoir à quoi ressemblaient les alouettes.

-Dans ce cas, où est-elle ?

-Où va-t-on le faire ?

-L'un sur l'autre, proposa Camus sans passion.

-Ça va être difficile sinon.

-Certes.

-Bon si c'est comme ça, on va le faire par terre, décida Milo.

-Puisque tu insistes. »

Sans attendre que Camus ait le temps de regretter ses paroles, Milo se leva et se jeta sur lui. La chaise du Verseau ne put cependant pas supporter leurs deux poids, et ils s'effondrèrent sur le sol. Le Scorpion plaqua ses lèvres avides sur celles du Français dans un baiser passionné, et leurs langues se mêlèrent en une danse sensuelle. Ils se séparèrent pour reprendre leur souffle et se jetèrent un regard enflammé. Camus murmura quelque chose qui ressemblait fort à « Ne fais pas de taches sur le sol de mon temple. »

Milo fit comme s'il n'avait rien entendu et déboutonna fébrilement la chemise du Verseau tout en recommençant à lui dévorer la bouche. Une fois qu'il eut atteint le dernier bouton, il entreprit d'enlever sa propre chemise devant le manque de participation de Camus. Alors qu'il plaçait son torse contre celui du Français, rapprochant toujours plus leurs corps fiévreux, Camus échangea leur position d'un mouvement habile de hanche.

Le Verseau plongea de nouveau sur les lèvres de son amant, puis dériva vers l'oreille gauche du Grec qu'il mordilla délicieusement, lui tirant des frissons de plaisir. Il continua son chemin le long de la mâchoire de Milo, puis il passa ses lèvres froides le long de sa jugulaire, en profitant pour y laisser quelques marques rouges dans un élan de possessivité, pour finalement atteindre sa clavicule qu'il cajola doucement.

Il descendit ensuite le long de son torse, s'arrêtant quelques temps sur ses tétons qu'il taquina lubriquement, tandis que Milo se tortillait exquisément sous lui. Il continua sa progression jusqu'au nombril de sa victime dans lequel il fit jouer sa langue malicieuse, sous les gémissements voluptueux du Grec. Camus fit glisser ses mains jusqu'au pantalon du Scorpion, qu'il déboutonna habilement.

Le Verseau passa ses doigts le long de la colonne vertébrale de Milo, et sentit alors un liquide poisseux couler sur sa main. Il interrompit son activité pourtant si intéressante et se redressa sous les protestations du Grec. Camus observa sa main couverte de sang d'un air décontenancé, et reporta son regard sur l'homme sur lequel il était assis et ils se fixèrent comme des poissons frits.

« Tu saignes, remarqua platement Camus.

-Mais non, je ne saigne pas ! protesta le Scorpion d'un ton outré.

-Alors, qu'ai-je sur la main ?

-De la sauce tomate ? proposa Milo avec conviction.

-Bien sûr, je mets souvent de la sauce tomate sur le carrelage de mon temple, ironisa le Français.

-C'est une occupation comme une autre. »

Sans une parole de plus, Camus retourna le Grec comme une crêpe pour inspecter son dos, s'attirant un petit geignement d'indignation. Et c'est sans surprise qu'il se retrouva face à un morceau de verre fiché dans le dos de son compagnon. Il se rendit alors compte que le sol était jonché de débris de verre, seuls vestiges de la mort héroïque d'une malheureuse bouteille de vodka.

« Tu as un morceau de verre planté dans le dos, informa-t-il Milo sans délicatesse.

-Et dans les mains, sale brute, remarqua le Scorpion, qui avait en effet posé ses mains à plat sur le sol couvert de verre lorsque Camus l'avait retourné.

-Je t'avais bien dit que tu saignais, nota le Verseau sans la moindre once de culpabilité.

-Eh bien maintenant, je saigne encore plus par ta faute. Je vais mourir ! pleurnicha le valeureux chevalier comme un enfant de sept ans.

-Cesse de geindre.

-Je ne geins pas, je me plains !

-Quelle est la différence ?

-Le mot ?

-... Je vais chercher une pince à épiler et des pansements. »

Avant que Milo n'ait pu dire le moindre mot, Camus se leva et se dirigea d'un pas tranquille vers la salle de bain.

Lorsqu'il revint, il s'assit sans pitié à califourchon sur les reins du Scorpion entreprit d'enlever délicatement les morceaux de verre de son dos, sous les couinements plaintifs de Milo.

Saga, Shaka, Ayoros et Aiolia choisirent ce moment pour débarquer dans Onzième Temple. Ils se figèrent devant la scène qui s'affichait devant leurs yeux, à savoir Camus assis sur Milo, celui-ci à moitié allongé sur le ventre sur le sol, lui-même jonché de débris en tout genre et de traces de sang.

« On vous dérange ? demanda Ayoros, gêné.

-Non, vous arrivez au bon moment. Pouvez-vous le tenir pendant que je retire ces bouts de verre ?

-Quels bouts de verre ? questionna Shaka d'un air intéressé.

-Pour commencer, celui planté dans son dos.

-Oh, eh bien tu n'as qu'à le tenir, je vais le retirer, dit la Vierge avec un enthousiasme qui aurait dû inquiéter Milo.

-Mais comment a-t-il fait pour se planter un bout de verre dans le dos ? demanda Ayoros.

-Et pourquoi as-tu besoin d'avoir ta chemise déboutonnée pour le soigner ? interrogea Aiolia en faisant preuve d'un sens de l'observation peu habituel.

-Très bien, je te remercie », répondit Camus en ignorant les deux frères.

Shaka s'approcha du Scorpion et arracha le morceau de verre d'un coup sec, le faisant hurler à mort, sous le regard blasé du Français et ébahi des trois autres.

La voix de Kanon retentit alors :

« Qui est-ce qu'on égorge ? » questionna-t-il à la cantonade.

Camus, Milo et la joyeuse bande de Saga se retournèrent et remarquèrent que Kanon, Rhadamanthe, DeathMask et Shura venaient de pénétrer dans le temple.

« Oh, vous faites un plan à trois ? continua le second Gémeaux en voyant Camus et Shaka qui tenaient Milo.

-Kanon, enfin ! » s'indigna Saga.

Camus se releva rapidement, suivit de son fauteuil humain et de Shaka, frustré d'avoir été interrompu dans sa palpitante activité. Milo ramena bien vite ses mains contre sa poitrine, et hurla presque :

« Aucun de vous deux ne touchera mes mains ! »

À ces mots, la Vierge afficha un petit air déçu qui n'émut pas le Grec.

Rhadamanthe et Shura, le premier en bon spectre sadique qui se respecte, et le second en Chevalier toujours prêt à aider ses frères d'arme, se proposèrent joyeusement pour s'occuper de lui, et avant que Milo ait pu faire le moindre geste pour s'enfuir, ils avaient chacun attrapé une de ses mains, et enlevaient les morceaux de verre fichés à l'intérieur sans délicatesse, grimaçant sous les geignements aigus que poussait Milo.

Pendant que cette scène se déroulait sous leurs yeux, Aiolia effleura « par inadvertance » la main de son frère, qui fit un bon sur le côté, allant au passage heurter Saga, qui fixait Milo, heureux de ne pas être à sa place. Ils se retrouvèrent par terre, dans un mélange de bras et de jambes.

Shaka, outré que Saga lui fasse des infidélités, se jeta dans la mêlée, tentant d'arracher les yeux d'Ayoros. Aiolia essaya de l'en empêcher en lui sautant dessus, tandis que DeathMask et Kanon regardaient la scène avec amusement en faisant des pronostics sur le taux de survie de chacun des chevaliers.

Saga réussit à s'extraire de la mêlée, et parvint à hurler un « ça suffit ! » tonitruant qui rappela à tous ses fonctions d'ex-Grand-Pope tyrannique. Ils se mirent tous au garde-à-vous, sauf Rhadamanthe qui faisait tranquillement des bandages à Milo.

« Maintenant, je vais aller au Douzième Temple tuer Aphrodite. Qui m'aime me suive ! »

Voyant que seul Shaka était venu se poster à ses côtés, il fusilla son frère du regard :

« Tu me déçois beaucoup, Kanon, lâcha-t-il avec aigreur.

-Bah, tu devrais y être habitué, depuis le temps... Mais ne t'inquiète pas, je t'accompagne, je ne raterai la mort d'Aphrodite pour rien au monde. »

Pendant que Saga déprimait dans un coin et que Kanon essayait plus ou moins de le réconforter, sous l'œil vaguement désapprobateur de Rhadamanthe, une idée germa dans l'esprit d'Aiolia.

« Dis, Camus... demanda-t-il au chevalier du Verseau qui consolait Milo qui n'arrêtait pas de chouiner, est-ce que tu pourrais me prêter une bouteille d'alcool ?

-Donner, tu veux dire ? Car je doute de la retrouver dans un bon état.

-Oui, donner, si tu veux. S'il te plaît ?

-D'accord. Sers-toi », fit Camus en englobant la table d'un geste vague.

Aiolia s'interrogea sur la soudaine gentillesse du Verseau, mais ses questions trouvèrent des réponses lorsqu'il remarqua que plus de la moitié des bouteilles posées sur la table étaient vides. Il en prit une encore pleine.

Saga arrêta de bouder et retrouva sa colère. Il se dirigea donc vers les escaliers, suivis des autres, qui voulaient savoir si Aphrodite allait mourir ou pas.

Finalement, tous les chevaliers – et le spectre – partirent en direction du Douzième Temple.

/***\

« Veux-tu une nouvelle tasse de thé ? demanda Aphrodite avec une voix mielleuse en pénétrant dans le temple.

-Volontiers, mais pourrions-nous d'abord parler de ce que tu m'as dit ? dit Mû, rougissant.

-D'accord mais le thé avant tout. »

Et avant que le Bélier puisse répondre, le Suédois avait déjà disparu dans la cuisine. Mû remarqua d'ailleurs avec une certaine inquiétude qu'il portait une bouteille d'alcool.

Aphrodite revint avec deux tasses de thé qu'il posa sur la table basse, un sourire malicieux sur les lèvres. Le Tibétain prit sa tasse d'une main qu'il aurait voulu moins tremblante, et trempa ses lèvres dans le breuvage, qu'il trouva étrangement amer. Il lança un regard interrogatif à Aphrodite, et reçut pour seule réponse l'agrandissement du sourire de ce dernier.

De plus en plus inquiet, il se lança néanmoins :

« Tu sais, à propos de ce que tu as dit...

-Qu'est-ce que j'ai dit ?

-Eh bien, tu sais...

-Non, je ne sais pas. De quoi parles-tu, enfin, mon cher Mü ?

-M-m-mais... J-je veux dire, tu vois ?

-Non, je ne vois pas », fit le Poisson qui s'amusait de plus en plus.

Mü reprit une gorgée de thé pour ce donner du courage, sous le sourire de plus en plus grand du Poisson. Le Tibétain fut une nouvelle fois surpris par l'amertume du liquide, et s'étouffa bruyamment.

Aphrodite, plein de sollicitude, vint lui tapoter le dos.

C'est sur cette scène que tombèrent le reste de la chevalerie – et le spectre : un Poisson tenant dans ses bras un Bélier rouge comme une tomate.

« Eh bien, on a le chic pour arriver au mauvais moment, nota Rhadamanthe.

-Je ne te le fais pas dire... commenta DeathMask, maussade, tandis qu'un légère sourire apparaissait sur les lèvres du Capricorne.

-Qu'est-ce que vous faites là ? les interrompit le Suédois.

-Je suis venu pour te tuer ! hurla Saga.

-Je suis venu pour te voir te faire tuer, annonça la Vierge avec un sourire aimable qui ne trompa personne.

-Je suis venu lire l'horoscope, dit le second Gémeau.

-J'ai suivi Kanon, lâcha platement le spectre de la Wyvern.

-Je suis venu empêcher Saga de faire une bêtise, déclara Ayoros.

-Je suis venu voir si tu allais mourir, commenta le Lion.

-Je suis venu te sauver parce que tu me dois encore de l'argent, précisa le Sicilien.

-Je suis venu pour prendre les paris sur ta survie et ton décès, rajouta Shura.

-Je suis venu… je ne sais pas pourquoi je suis venu, déclara le Scorpion après quelques secondes de réflexion.

-Je suis venu parce que je suis Milo, termina le Français.

-Que de raisons, nota le Poisson sans s'émouvoir. Camus, tu es Milo ? s'étonna-t-il finalement.

-Mais... qu'est-ce que tu racontes ? s'exclama le Verseau.

-Mais c'est toi qui viens de dire « Je suis Milo » !

-Oui, parce que je le suis, répliqua Camus sans comprendre le problème, ses capacités de réflexion légèrement émoussées par l'alcool qu'il avait ingurgité.

-C'est bien ce que je dis ! s'écria Aphrodite.

-Si je puis me permettre, je crois que Camus voulait dire qu'il suivait Milo, s'interposa Ayoros, soucieux d'écourter cette conversation qui ne menait nulle part et commençait à devenir vraiment bizarre.

-Aaaaaaaaaah ! Donc il n'est pas Milo, comprit le Suédois avec un temps de retard.

-Voilà, tu as compris, le félicita Ayoros.

-Ne me dis pas que tu croyais vraiment que j'étais Milo ? s'insurgea le Verseau qui n'aimait guère être insulté.

-Je ne te le dis pas... souffla Aphrodite avant se faire honteusement interrompre par Saga qui annonçait tranquillement :

-Là n'est pas la question, je dois te tuer.

-Puis-je au moins savoir la raison ? interrogea le Poisson.

-Tu as oublié d'éteindre le gaz dans mon temple, cria le premier Gémeau.

-Ma troisième mort sera donc la plus stupide de toutes, déclara Aphrodite.

-Moi je trouve qu'elle te convient bien, commenta Kanon.

-Oh ! Ferme-la ! Toi tu es mort en te suicidant alors ça ne vaut pas mieux, fit judicieusement remarquer le Poisson.

-Surtout qu'il a entrainé l'amour de sa vie avec lui, dit piteusement Rhadamanthe.

-Je me passerai de vos commentaires, déclara le second Gémeau avec une grimace.

-Je commence à en avoir marre de me faire interrompre ! s'exclama Saga.

-Tu permets, j'essaie de retarder ma mort, déclara le Poisson.

-C'est par ici les paris ! cria Shura en agitant sa main.

-Quelqu'un a du popcorn ? demanda le Lion.

-Dix sur Aphrodite, paria DeathMask.

-J'ai l'impression de dériver en pleine mer, soupira Mû.

-Tu veux jouer à ça ? Cinquante sur Saga ! s'écria Kanon.

-Quatre-vingt sur la poiscaille, annonça la Wyvern – devant le regard furieux de Kanon, il ajouta rapidement : désolé, ce n'est pas je n'aime pas ton frère, mais ma vie serait plus facile sans lui.

-Ne t'inquiète pas, la réciproque est vraie aussi, répliqua Saga en le fusillant du regard.

-Tu m'en vois ravi, lâcha platement Rhadamanthe.

-Ça suffit, s'écria soudainement le premier Gémeau, je vois ce que vous essayez de faire, mais ça ne marchera pas ! »

Et sans que personne n'ait le temps de faire le moindre mouvement, il tenta de se jeter sur Aphrodite. Il fut cependant intercepté par Ayoros alors qu'il s'approchait de son but, tandis que Mü s'interposait entre lui et sa victime, sous un « Mü, mon chou, tu veux me protéger ? ». Aiolia, jaloux que son frère soit si proche du Premier Gémeau, le tira en arrière, alors que DeathMask, Kanon et Rhadamanthe protestaient, disant qu'ils « voulaient leur combat ! » et que Mü rougissait et bafouillait devant un Aphrodite tout sourire.

Camus, qui regardait la scène d'un air blasé, remarqua soudain que Milo avait disparu. Celui-ci surgit soudainement de la cuisine, trois bouteilles à la main.

« Eh, les amis, proposa-t-il soudainement avec un grand sourire joyeux, et si on buvait, au lieu de se bagarrer inutilement ? »

Les chevaliers – et le spectre – s'entreregardèrent avec des yeux de merlans frits pendant quelques secondes, puis finirent par opiner tous en même temps, même Saga qui se dit qu'il parviendrait plus facilement à tuer Aphrodite une fois celui-ci bourré.

« Où as-tu trouvé ces bouteilles ? demanda tout de même le Suédois au Scorpion.

-Celle-là, sur la table, et les autres au fin fond d'un placard.

-Oh... » Le Poisson préféra éviter de préciser que les bouteilles qui se trouvaient au fond de son placard étaient remplies d'une liqueur de rose extrêmement alcoolisée.

« Aphrodite, tu pourrais nous prêter ton magasine avec l'horoscope ? demanda tranquillement Kanon.

-Tu admets donc l'intérêt profond de ce genre de choses ? s'extasia le Suédois en prenant le magasine et en le passant au Second Gémeau.

-Oui, je l'admets », lâcha le Second Gémeau d'un air désinvolte avec une légère dose d'ironie que ne perçut pas Aphrodite. Kanon prit le magasine et montra son horoscope à Rhadamanthe.

C'est ainsi que les chevaliers – et le spectre – entreprirent de se soûler dans la joie et la bonne humeur.

/***\

« Mais enfin, Shion, comment peux-tu me faire ça ? s'écria le Chevalier de la Balance, profondément outré.

-Comme ça, lui répondit tranquillement le Grand Pope en tournant la page d'un épais dossier.

-Ne me dis pas que ce rapport sur les canalisations bouchées dans le baraquement des apprentis est plus intéressant que moi !

-Je n'irai pas jusque là.

-Tu me fends le cœur.

-J'en suis désolé.

-Tu n'en as pas l'air.

-Va donc boire un coup, ça recollera ton cœur.

-Tu es horrible.

-Mais non...

-Si tu ne veux pas de moi, je m'en vais donc, anéantis par ton rejet.

-Arrête le mélodrame, ça devient ridicule.

-Je ne suis pas ridicule, je suis amoureux.

-Tu ne m'auras pas par les sentiments comme ça.

-Tu n'es qu'un insensible.

-Si tu veux.

-Je m'en vais de ce pas !

-Fais donc ça », acquiesça Shion en voyant le Chinois franchir les portes du palais, drapé dans sa dignité bafouée.

/***\

Lorsque Dohko parvint en vue du douzième Temple, il fut surpris d'entendre des éclats de rire, des cris divers, ainsi que d'autres bruits suspects.

Il entra donc, et découvrit un spectacle des plus étonnants :

Saga et Rhadamanthe semblaient en plein duel de regard. Assis l'un en face de l'autre, ils se fusillaient du regard, pendant que Kanon et Shaka les observaient en les critiquant et en les encourageant. Il entendit un « Non, Rhada, fronce plus les sourcils ! », ainsi qu'un « Saga, si tes yeux deviennent rouges, nous serons dans l'obligation de te tuer. »

Mü, à moitié allongé sur le canapé, se faisait agresser par les mains baladeuses d'Aphrodite, qui faisait semblant de rien en discutant tranquillement avec Aiolia sur la meilleur boisson pour soûler quelqu'un.

Camus et Milo faisaient un pile ou face, mais Milo accusait le Verseau de tricher, car celui-ci gagnait à tous les coups, et Ayoros se fit ainsi entraîner dans la bataille en tant qu'arbitre.

DeathMask et Shura étaient occupés à se dévorer la bouche contre une colonne, se déshabillant presque, sans la moindre pudeur.

Dohko poussa un soupir en sentant une pointe de jalousie naître dans son cœur, tout en se disant que les deux hommes avaient bien de la chance de pouvoir profiter de la vie, alors que son Shion à lui l'avait lâchement abandonné, préférant ses vieux parchemins poussiéreux à son cher et tendre.

« Eh, les jeunes, allez dans une chambre pour faire ça », ne put-il s'empêcher de dire.

Le Cancer stoppa sa palpitante activité, qui consistait à mordre sans aucune délicatesse le cou de Shura.

« Va te faire foutre, le vieux, répliqua-t-il aimablement avant de reprendre sa passionnante activité.

-Hé ! Aie un peu plus de respect pour tes ainés ! s'indigna Dohko.

-Tu sais c'est pas parce que tu n'as pas de vie sexuelle que tu dois faire chier ceux qui ont en une, fit remarquer DeathMask.

-Petit insolent », nota l'ancêtre, vexé.

La Balance poussa un soupir et s'avança vers Aphrodite sans plus s'occuper du couple de psychopathes.

« Je peux me joindre à vous ? » demanda Dohko d'un ton morne.

Aphrodite lâcha Mü à contrecœur, et tendit une bouteille déjà bien entamée au chevalier de la Balance.

« Je t'en prie, plus on est de fous, plus on rit ! s'exclama le Suédois avec un rire aigu.

-Et plus on se désinhibe », répliqua Dohko en montrant d'un mouvement de tête le Sicilien et l'Espagnol occupés contre leur colonne.

Aphrodite lui fit un sourire qui en disait long sur ses intentions, et s'écria :

« On fait un concours de boissons ? »

Tous les chevaliers – et le spectre – interrompirent leurs activités tellement constructives, et acceptèrent dans un bel ensemble.

/***\

Arrivé chez Mü, Aldébaran se demanda où était passé son collègue du Premier Temple. Il décida donc de montrer jusqu'au Troisème pour voir si son voisin y était. N'y trouvant personne, il se dit qu'il finirait bien par trouver quelqu'un.

Ce n'est qu'en arrivant au Sixième et en trouvant le linge de Shaka laissé à l'abandon qu'il se dit qu'il y avait quelque chose qui clochait.

Lorsqu'il parvint au Neuvième, il tomba sur l'armure du Sagittaire éparpillée un peu partout. C'est là qu'il commença à s'inquiéter.

Enfin, lorsqu'il pénétra dans le Onzième Temple, il commença réellement à s'alarmer. Le sol était jonché de débris de verre et couvert de taches de sang. C'est à ce moment-là qu'il se posa la fatale question, à savoir : « Mais qu'est-ce qu'ils ont encore fait ? »

Il monta donc jusqu'au Douzième Temple. Ce qu'il trouva ne l'étonna guère.

Bizarrement, Shura et DeathMask semblaient souffrir de la chaleur, et avaient tout deux retirés leurs hauts, et s'embrassaient à pleine bouche. Aldébaran en conclut fort logiquement qu'ils étaient ensemble. Il en fut heureux pour ses deux amis qui se tournaient autour depuis trop longtemps.

Mü et Aphrodite, assis sur le canapé, se regardaient les yeux dans les yeux. « Je crois que je suis amoureux de toi, Aphrodite », annonçait le Bélier rougissant à un Poisson dont le regard semblait dire : « Ah, je le savais ! »

Aiolia et Ayoros étaient assis par terre et discutaient à voix basse, leurs nez se touchant presque.

Milo regardait une pièce de monnaie en pleurant, puis il la saisit d'un geste brusque et la balança à travers le Temple, atteignant Saga à l'arrière du crâne, sous le regard vaguement amusé de Camus, qui sirotait un verre de ce qui était probablement de l'alcool fort.

Saga, surpris par l'attaque foudroyante de la pièce, et légèrement déséquilibré par son taux d'alcoolémie, bascula sur Shaka, qui en profita pour l'embrasser sans lui demander son avis.

Rhadamanthe (que faisait-il là ? Le Taureau décida de ne pas s'en soucier), voyant que son adversaire avait laissé tomber la partie, ramena son attention sur Kanon, qui s'exclama « Tu es mon héros ! » en se jetant dans ses bras.

Rhadamanthe sembla brusquement se souvenir de quelque chose. Il jeta un regard à Milo qui pleurnichait dans un coin et lui dit :

« Scorpion, ça te dirait, un plan à trois ? » alors que le jeune homme relevait la tête d'un air intéressé et que Camus le fusillait du regard, le spectre ajouta avec précipitation à son adresse :

« Tu es invité aussi, bien sûr. » Tandis que Kanon le regardait tristement en lui demandant, regard larmoyant à l'appui :

« Je ne te suffis plus ?

-Je croyais que tu voulais que nous approfondissions nos relations ? » répondit calmement Rhdamanthe.

Milo et Camus s'entreregardaient d'un air perplexe lorsque Kanon répondit brusquement : « Je ne vois pas l'intérêt d'approfondir nos relations avec d'autres personnes. Tu es le seul qui compte à mes yeux. » Il se jetèrent un long regard, puis le spectre se jeta sur son amant, laissant le Verseau et le Scorpion dans la perplexité, qui décidèrent d'un commun accord de ne pas se poser de questions.

Dohko s'approcha d'Aldébaran, une bouteille à la main, et lui dit tristement :

« On a fait un concours de boisson, mais j'ai gagné, alors ils ont tous repris leurs activités là où ils les avaient interrompues... »

Le Taureau lui prit le bouteille des main, remarquant au passage qu'elle était presque vide, et lui proposa de faire un bras de fer.

Le chevalier de la Balance, tout sourire, accepta avec joie.

/***\

Cela faisait plus d'un heure que Shion avait mis Dohko à la porte, et il commençait à se dire qu'il avait peut-être été un peu trop dur. De plus, le Chinois n'était pas revenu le chercher pour l'empêcher de travailler, ce qui était des plus suspects.

Il décida donc de descendre au Douzième Temple, flairant l'entourloupe.

Il entendit du bruit aux abords du Temple des Poissons, et alla donc y jeter un coup d'œil. C'est là qu'il tomba sur l'un des spectacle les plus consternants qu'il ait vu durant sa longue vie.

Aphrodite et Mü étaient en train de danser sur la table, chantonnant en cœur une chanson paillarde que Shion n'avait jamais entendue – et pourtant, il avait vécu suffisamment longtemps pour avoir un répertoire bien fourni de ce côté là.

Dohko et Aldébaran semblaient être en plein de bras de fer, et aucun des deux ne semblait prêt à laisser gagner du terrain à l'autre. Une bouteille apparemment vide trônait fièrement à leurs côtés.

Milo pleurait en se noyant dans un verre d'alcool, tandis que Camus tapotait son épaule avec indifférence en regardant le combat Taureau/Balance d'un air passablement intéressé.

Kanon et Rhadamanthe avaient trouvé des feuilles de papier et des crayons Athéna seule savait où, et dessinaient des dragons plus ou moins réalistes dessus. Bizarrement, ceux du Second Gémeau étaient tous noirs comme du charbon, tandis que ceux de l'Anglais avaient de belles couleurs azur. Le Grand Pope ne comprit pas le pourquoi du comment d'une telle obsession.

Saga et Shaka roulaient sur le sol en riant comme deux enfants de trois ans, leurs cheveux emmêlés dans un mélange d'or et de bleu. Shion soupira en pensant au défi qu'allait représenter le démêlage le lendemain matin.

Aiolia et Ayoros serraient un plante verte entre eux, et dissertaient sur le prénom qu'ils allaient lui donner – le Vieux Bélier espéra que ce n'était pas l'une des plantes toxiques qu'Aphrodite gardait précieusement dans son jardin.

Shura et DeathMask avaient disparus, seuls leurs vêtements étalés sur le sol laissaient supposer qu'ils avaient été là – Shion identifia ainsi les bruits suspects qui venaient de la chambre d'Aphrodite.

Blasé, le Grand Pope soupira, prit une bouteille qui traînait et au fond de laquelle il restait quelques centilitres d'alcool, s'assit à la table que se partageaient Aldébran et Dohko qui ne firent même pas attention à son arrivée, et pria pour devenir suffisamment soûl pour oublier tout ce qu'il avait vu.

FIN

Attention, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé !

Voilà, cette fic est terminée, on espère que ça vous a plu ! Nous vous remercions pour toutes vos reviews, auxquelles nous nous faisons toujours un plaisir de répondre. Merci également aux anonymes : Mgane, lolitta-manga, Satsuki, elie et kirapain !

On vous aime ! Merci à tous de nous avoir suivies !