Chapitre 3 : Le dîner
(5 seconds of summer – Broken Home)
«Un repas est insipide, s'il n'est assaisonné d'un brin de folie»
Érasme
L'apéro m'a semblé interminable. Mes parents faisaient la discussion pour tout le monde. Plus les minutes passées moins on avait de choses à se dire. Ma mère en a pris conscience et en parfaite maîtresse de maison, qu'elle est, nous dirigea vers la salle à manger pour dîner. Une fois devant la table mon teint devint livide en voyant qu'elle avait fait un placement de table et je me retrouve, bien sûr par pur hasard à côté de Lydia. Heureusement avec Max de l'autre côté. Il va pouvoir me faire oublier pourquoi je suis assis ici. Ce petit est un démon si j'ose dire, mais comme c'est lui le plus jeune je le laisse faire tout ce qu'il désir, même quand il a voulu écrire sur le mur de la cuisine avec une peinture toute neuve il y a deux ans. Je le regarde avec des yeux d'un grand frère fière de lui qu'importe ce qu'il peut faire. C'est celui qui tient tout le monde soudé un minimum autour de cette table.
- Alec penche-toi je vais te dire quelque chose à l'oreille. Il me dit
Bien évidemment je l'écoute, une fois à sa hauteur, sa bouche collée sur mon oreille, il rit puis tout naturellement rote. Il colle sa main sur sa bouche et part dans un fou-rire enfantin et me déclenche un retour en enfance de mon côté.
- Max ! Excuse toi tout de suite. Cria notre mère
- Non jamais. En plus Alec il rigole alors j'ai le droit.
- Bravo Alexander, tu lui montres le parfait exemple.
- C'est un enfant maman, il a 8 ans oublie pas. Jace intervint
- Je vais chercher les entrées.
Toujours la même chose, je dois montrer l'exemple et Jace, lui est autorisé à lui répondre sans qu'elle soulève ou dise quoi que se soit. J'en veux pas à mon frère pour ça, c'est elle que je blâme. Isabelle elle est toujours mise au second plan, comme si elle était transparente, pourtant elle n'est pas allée dans une meilleure université seulement pour pouvoir rester à la maison pour aider notre mère avec Max. Jace aussi est parti d'ici, moins loin à une centaine de kilomètres il leur rend visite plus souvent. Et puis il y a moi à qui on reproche tout fait et geste juste car je suis l'aîné. Mais c'est pas moi qui devrait leur servir d'exemple, c'est pas moi qui devrait avoir tout se poids sur mes épaules. Si quelqu'un pourrait m'enlever ce fardeau.
Quand elle revient de la cuisine ça ne m'étonne pas de voir qu'elle en a encore trop fait. Elle a mit les petits plats dans les grands et c'est ridicule. Tout ce repas est ridicule tout comme ce nœud de papillon et cette chemise blanche que je porte. C'est pas moi, c'est pas nous. Dans cette famille on aime bien cacher les secrets. Pour éviter que les gens imaginent comment nous sommes réellement. Ma mère aime répandre les rumeurs sur nous elle-même t'en qu'elles sont en notre faveur. Elle a donc un fils de lettre, un futur médecin, un futur médaillé olympique et un petit ange tombé du ciel qui ne voudrait pour rien au monde faire crier sa mère. Ce qu'elle oublie de dire c'est que je suis gay, Izzy est une fille facile, Jace est adopté et Max ne sait pas se contenir. Elle dit du bien de nous seulement quand c'est pour que notre famille devienne la famille modèle du voisinage. Mais je n'ai jamais entendu notre mère nous dire qu'elle était fière de nous. Quand à notre père il ramène l'argent à la maison, il dirige tout un institut et se voit alors ôté de son rôle de père. Si bien que ma mère m'a vite donnée le flambeau de la figure paternelle. Sans même me demander mon avis. Elle a tracé tout nos chemins, sans qu'on le sache on étudient tous ce qu'elle a choisi pour nous depuis que nous sommes enfants. Elle nous a toujours dirigé de façon à ce que l'on ne suivent pas les mêmes chemins, elle a inscrit Jace à la boxe petit, moi au théâtre et Isabelle en cours de math. Tout était déjà prévu.
Je ne peux m'empêcher de ne pas lui en vouloir. Ça me coupe l'appétit et la salade dans mon assiette à l'air de vouloir fuir elle aussi. Je vois Jace rire avec mon père sur les derniers résultats sportifs, sa copine le regarde comme si elle voyait un ange, Max est en train de jeter sa salade sous la table, Izzy fait tombé sa serviette par terre pour pouvoir répondre à ses sms, ma mère parle avec Lydia, j'ai l'impression de ne pas faire parti de cette scène. D'être à l'écart, je suis là sans vraiment y être.
- Alec, pourquoi ne pas faire visiter la maison à Lydia après le dîner ? Propose ma mère
- Parce-qu'elle est moche. Répond Max
- Max, ça suffit. Arrête mon chéri et excuse-toi s'il-te-plaît.
- Mais c'est toi l'a dit à papa qu'elle était moche mais que si elle pouvait mettre Alec dans le droit chemin elle ferait l'affaire.
- J'ai dit ça suffit.
Plus aucuns bruits ce fit entendre. Ma mère faillit tuer Max du regard. Izzy et Jace ne savait pas comment réagir aussi choqués l'un que l'autre, quand aux deux filles et mon père, ils dévisageaient ma mère. J'avais les mains croisé et la mâchoire serré. Ma respiration essayait de se calmer toute seule tandis que mon corps lui était prit de spasmes. Je tente de me calmer mais rien n'y fait les mots de ma mère résonnent dans ma tête comme un mauvais poème, «abomination du diable», «droit chemin», «malade», «soigner». Voilà ce que je représente pour ma mère, une erreur de la nature. Je sature, je me retiens depuis cinq ans maintenant. J'ai sacrifié une trop grande parti de ma vie à l'écouter et exécuter ses ordres que je n'ai eu le temps de vivre pour moi-même.
- C'est donc ça une mère ? Une personne qui essaye de changer la sexualité de son fils. Qui sacrifie ses enfants pour tenter de sauver son propre mariage qui ne tient qu'à un fil. C'est ça l'idée que tu as de moi ? De nous ? On est tes 4 erreurs. Tu regrettes de nous avoir eu, si tu pouvais changer ça tu le ferais ? Et c'est comme ça que tu traites tes invités ? En leur plantant des couteaux dans le dos et en essayant de les utiliser pour me remettre dans le droit chemin. Désolé de te l'apprendre mais chaque humain est constitué de chair et d'os, de sentiment et d'un cœur qui peut être brisé avec des actions comme les tiennes pas que les hétéros mais les bi, gay, blanc, noir ou jaune aussi. Arrête de te voiler la face et comprends que tu es celle qui à tout fait foirer dans cette famille.
- Comment oses-tu penser que je regrette mes enfants. J'ai tout donné pour garder cette famille unie. Mais tu es celui qui a tout détruit avec tes déviances..
- Maryse c'est pas sa faute si on divorce et tu le sais.. ajouta mon père
- Vous divorcez ? Et vous nous l'annoncez pendant les fêtes de fin d'année. J'y crois pas, je peux pas rester ici. Je vais me coucher et je repartirai pour New-York dès demain matin. Et j'emmène Max avec moi, que ça vous plaise ou non. Il reste pas là au milieu de vous deux pendant votre divorce. Hors de question.
Je remonte et m'enferme dans ma chambre pour pouvoir enfin m'effondrer tranquillement. Les larmes coulent à flot et je ne peux rien faire pour y remédier. Après tout ce qui se passe elle ose encore me mettre leur divorce sur le dos. J'ai assez subi sa haine. Après tout ce temps à me faire croire qu'ils avaient cru à ma blague voilà qu'il s'avère que non. Maintenant je vais avancer pour moi, vivre pour moi. Je me relève et vais dans la chambre de Max, je fouille et tombe enfin sur un grand sac dans lequel je prends le maximum d'affaire. Je cris son nom dans l'escalier, je l'entends les monter en courant.
- Tu veux quoi ?
- Prends tes jouets préférés, pas tous, juste les mieux okay bonhomme ? Tu vas venir avec moi à New-York tu grandiras pas dans la peur de ne pas pouvoir être vraiment qui tu veux être.
Il hocha la tête et pris quelques figurines et une ou deux épées. Je m'en veux de l'emmener loin d'eux mais ils ne le méritent pas. Quand je repars dans ma chambre Izzy est assise sur mon lit. Elle se lève et m'enlace en disant calmement mais la tristesse dans sa voix la trahit.
- Je viens avec vous.
