Merci à toutes pour vos reviews, je suis ravie de voir que je gagne de plus en plus de lectrices, et surtout de voir que mon histoire vous plait !

Loufoca-Granger : Avant toute chose : OMG LOUFOCA-GRANGER fait partie de mes lectrices ! Oui, parce que ton OS "Je jure que mes intentions sont sexuelles" est juste une de mes histoires préférées. Ensuite, je vais répondre directement aux 3 reviews que tu m'as laissé. Si j'ai décidé de "rabaisser" le personnage d'Hermione dans cette histoire, c'est justement pour "casser" avec l'image de l'héroïne indestructible, et montrer qu'une page s'est tournée, même si elle reste forte mentalement. Pour Narcissa, tout sera expliqué. D'ailleurs, tous les petits points un peu "bizarres" de mon histoire, toutes les questions que vous pourrez vous poser seront expliquées à un moment ou à un autre. Concernant les intentions de Blaise, je souhaitais montrer que, même s'il apprécie Hermione, Draco reste quand même son meilleur ami, et il sait qu'Hermione faisait partie, et fait sûrement toujours partie, des fantasmes de Draco du temps où il était à Poudlard. Et vu qu'il n'avait pas pu l'avoir du temps de leur scolarité, autant profiter du fait qu'elle soit maintenant une prostituée et qu'elle ne peut donc pas refuser. Après je reconnais que je n'ai pas été très claire, mais je voulais faire comprendre que, puisque Draco pourrait avoir Hermione, il se serait peut-être conduit autrement que comme un connard sans cœur, ce qui ne s'est pas passé, au grand dam de Blaise.

Nevermind the bollocks : Que de compliments, merci beaucoup ! Je suis ravie que mon histoire rassemble tout ce que tu aimes dans les fanfictions :) Et j'espère surtout que ce quatrième chapitre sera à la hauteur de tes attentes !

GiselleLevy : Oui transitionnel existe (Dictionnaire Larousse en ligne : adjectif Qui forme transition, a le caractère d'une transition). Et oui ce chapitre était plus transitionnel, je souhaitais plus montrer un pan de la vie de Draco, mais j'ai un peu plus de mal à écrire que quand il s'agit d'Hermione.

Eleann : Tant mieux si tu aimes "mon" Draco, et justement, ce côté "bouillonnant de sentiments contradictoires" sera plus exploité, et plus expliqué, dans les prochains chapitres.

Lanamie : Bonjour nouvelle lectrice ! La réponse à ta question sur Ron sera donnée dans ce chapitre :)

Miss-Writer33 : C'est exactement ce que je voulais montrer dans la personnalité de Draco, que malgré son petit côté "petit chef" qu'il avait à Poudlard, il y avait au moins une personne pour qui il avait de l'estime et qu'il traitait sur un pied d'égalité. Et j'aime bien penser que cette personne soit Blaise, et que Blaise ne soit pas à la botte de par contre, quand je parle de la "Sang de Bourbe de Potter", je parle d'Hermione. Je sais pas trop quel terme j'aurais pu employer pour parler de Ginny, sachant que dans mon histoire elle n'aurait pas été très longtemps avec Harry, vu qu'il est mort pendant la Bataille de Poudlard.

Ancre : Alors pour Tobby l'elfe de maison, j'avoue que je n'ai pas du tout pensé à Dobby, mais maintenant que tu me le dis ! En fait j'étais plutôt en train de me poser des questions du style "Alors, mais s'il a récupéré le Square, a-t-il récupéré Kreattur aussi ?". Et vu que Kreattur m'énervait, j'ai plutôt imaginer Draco se ramener avec son propre elfe de maison plutôt que de "ramasser" l'ancien.

Sinon pour FaithStrange, Aodren, Amelily et La Dame De Pique : Je poste un chapitre par semaine, en général le dimanche (peut être parfois le samedi).

Bonne lecture !


Chapitre 4 : Une cape couleur pourpre

Au loin, le grincement d'une porte que l'on ouvre et que l'on referme se fit entendre. Puis des bruits de pas résonnant contre le sol en pierre se rapprochèrent. Elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même, priant pour qu'il ne vienne pas pour elle. Pas cette fois. Malheureusement, la personne s'arrêta devant sa cellule. Elle releva un peu la tête, dégageant quelques mèches de cheveux emmêlés de devant ses yeux. Son regard remonta des chaussures trop bien cirées de l'homme à sa tête. Elle ne put retenir un frissonnement en reconnaissant son tortionnaire. Dolohov.

- Debout, Sang de Bourbe, l'apostropha-t-il. Ne me fait pas attendre si tu ne veux pas que je te lève à coups de Doloris.

Sans un mot, elle obéit et se releva péniblement, se tenant aux aspérités du mur de sa cellule pour ne pas tomber. Puis elle s'approcha de la grille d'un pas lent, yeux baissés pour ne pas provoquer la colère du Mangemort. Il la détailla, une moue moqueuse sur les lèvres.

- Je ne comprends pas comment il peut vouloir une Sang de Bourbe aussi crasseuse que toi.

Il ouvrit la grille et la saisit violemment par le bras, l'entrainant à sa suite dans le couloir lugubre. Elle trébucha plusieurs fois, affaiblie par le manque de nourriture et les tortures qu'elle subissait, mais ne lui donna pas le plaisir de tomber. Ils longèrent plusieurs portes fermées qu'elle savait être des salles de torture. Dolohov s'arrêta enfin devant une des portes, l'ouvrit, et la propulsa à l'intérieur. Elle tituba avant de reprendre son équilibre, puis se tourna vers le Mangemort.

- Crois-moi, tu vas regretter que ce ne soit pas moi qui m'occupe de toi aujourd'hui, ricana-t-il avec un sourire cruel.

Il referma la porte et la verrouilla. Elle regarda autour d'elle, examinant cette pièce qu'elle ne connaissait pas. La pièce était vide, à l'exception d'une table et de deux chaises. La seule source de lumière provenait d'un soupirail situé trop en hauteur pour pouvoir l'atteindre, même si elle grimpait sur ladite table. Avec un soupir, elle alla s'asseoir sur une des chaises, et attendit. Depuis combien de temps était-elle retenue dans les geôles de Voldemort ? Un mois ? Deux ? Peut-être plus. Le temps s'étirait avec une lenteur effroyable depuis qu'elle était ici, ses journées étant rythmées par les séances de torture ou de… viol. Ces Mangemorts qui la traitaient de Sang de Bourbe et qui semblaient si dégoûtés par son sang impur ne se gênaient pourtant pas pour la violer à tour de rôle, s'amusant à l'idée qu'ils se tapaient la meilleure amie de Potter.

Elle n'eut pas l'occasion de réfléchir plus longtemps, car le verrou tourna une nouvelle fois, et la porte s'ouvrit. Son sang se glaça quand elle reconnut l'homme dans l'encadrement de la porte.

Non… Pas lui…

Parmi tous les sbires de Voldemort, il avait toujours été celui qui avait refusé de la toucher. Et maintenant il était là, la toisant de toute sa hauteur, impeccablement mis, comme à son habitude. Ses cheveux blonds étaient soigneusement coiffés, sa robe n'accusait aucun pli. Et pourtant, malgré ses airs aristocratiques, il venait s'occuper d'elle, la Sang-de-Bourbe.

Il verrouilla soigneusement la porte derrière lui et s'approcha d'elle d'un pas lent. D'un bond, elle était de nouveau debout, l'adrénaline lui redonnant des forces, prête à tout pour éviter de se faire violer par lui. Pourtant, il s'arrêta à quelques pas d'elle, et sortit sa baguette. Il l'agita d'un léger mouvement du poignet, et la jeune femme se sentit décoller du sol, atterrissant violemment contre le mur derrière elle, sur lequel elle resta épinglée, magiquement maintenue à un mètre du sol. Il agita de nouveau sa baguette et elle s'écroula sur le sol, face contre terre. Le goût du sang envahit sa bouche et elle se retint de gémir de douleur. Elle sentit soudain une force inconnue prendre possession de son corps, et devina qu'il venait de lui lancer un Impero. Elle se releva avec difficulté et s'approcha du Mangemort qui l'observait, le visage fermé. Avec horreur, elle sentit ses propres mains retirer contre sa volonté le semblant de robe qu'elle portait. Elle fit glisser le tissu par-dessus sa tête, apparaissant simplement vêtue d'une culotte. Elle réprima un sanglot en sentant cette force qui avait pris possession de son corps descendre son dernier sous-vêtement. Puis elle s'allongea sur la table et écarta légèrement ses cuisses, face au Mangemort. Elle sentit alors l'Impero disparaitre, et le vit de nouveau agiter sa baguette. Cette fois-ci, elle sentit tout son corps se pétrifier, à l'exception de sa tête qu'elle pouvait encore bouger. Ses yeux s'agrandirent un peu plus d'horreur quand elle vit un horrible rictus fendre le visage de son bourreau. Il posa sa baguette à quelques centimètres de la main de la jeune femme, se délectant du fait qu'elle ne pouvait pas l'attraper, et retira lentement sa robe de sorcier, qu'il laissa choir sur le sol. Il s'approcha à nouveau et fit courir ses longs doigts de long de la cuisse de la jeune femme, avant de violemment planter deux doigts en elle. Elle rejeta sa tête en arrière et se mordit les lèvres pour ne pas crier de douleur. Le sourire du Mangemort s'élargit encore plus, alors qu'il jubilait à l'idée de la prendre. Pourtant, il ne se défit pas tout de suite de ses habits, et se saisit à nouveau de sa baguette. La jeune femme vit le bout commencer à rougeoyer doucement, jusqu'à atteindre une couleur blanche. Il approcha sa baguette de sa hanche, et elle put sentit la chaleur qui s'en dégageait alors qu'il n'était encore qu'à quelques centimètres.

- Non, non ! cria-t-elle.

Sans ne lui accorder aucune attention, il posa le bout incandescent juste à côté de l'os de son bassin. La jeune femme hurla à s'en déchirer les poumons alors qu'il traçait lentement un « M » sur sa peau. M pour Mangemort. M pour Malfoy. Une fois son œuvre achevée, il reposa sa baguette sur la table, puis se délesta de son pantalon ainsi que de son caleçon. Il se positionna entre les cuisses de la jeune femme et se pencha à son oreille.

- Tu es toute à moi… murmura-t-il, avant de s'enfoncer en elle d'un violent coup de rein.

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Hermione se réveilla en sursaut dans son lit, son cœur battant ses tempes à une vitesse infernale, son corps trempé de sueur. Elle mit quelques instants à réaliser qu'elle se trouvait dans le dortoir de la maison close, puis se laissa retomber sur ses oreillers en soupirant. Cela faisait un peu plus d'une semaine qu'elle avait revu Malfoy, et depuis il ne se passait pas une nuit sans qu'elle ne fasse un nouveau cauchemar, revivant les pires scènes de ses semaines passées dans les geôles de Voldemort.

Elle jeta un coup d'œil sur le réveil posé sur la table basse. 6h30. Elle avait encore un peu de temps devant elle avant que les autres filles ne se lèvent. Elle repoussa les couvertures et se leva sans un bruit, se drapant dans sa robe de chambre. A pas de loup, elle traversa le dortoir et sortit silencieusement. Elle descendit à la cuisine, située un étage en-dessous de la pièce principale de Maison Close. La jeune femme mit une casserole d'eau à chauffer, et se prépara une boule de thé qu'elle mit dans une tasse. Une fois la boisson préparée, elle s'assit sur un des bancs qui entourait la massive table en bois trônant au milieu de la pièce. Elle avala une petite gorgée et soupira d'aise. Les moments où elle pouvait se trouver seule se faisait très rares ces temps-ci.

- Tu sais que tu ne travailles pas aujourd'hui ? fit une voix derrière elle.

Hermione se retourna pour découvrir Madame Rose, qui venait tout juste d'entrer dans la pièce. La tenancière de la Maison de Bastet était une belle femme qui avait dans la quarantaine. Elle était également Métamorphomage, et Hermione ne l'avait jamais vu deux jours de suite avec la même tête. Aujourd'hui, elle arborait une longue de chevelure bouclée couleur de feu, qu'elle avait relevé en un chignon lâche au-dessus de sa nuque. Elle était enveloppée dans une robe de chambre en soie brodée de roses, et malgré l'heure matinale, son visage était déjà maquillé.

- Je sais, Madame Rose, répondit Hermione, mais je n'arrivais plus à trouver le sommeil.

- Encore des cauchemars ?

Hermione hocha simplement la tête, tandis que sa patronne agitait sa baguette pour se préparer un thé. Elle vit ensuite voleter jusqu'à la table une assiette de toasts et un pot de confiture.

- Les potions de sommeil ne marchent pas ?

- Non, ce sont des souvenirs qui reviennent. Quand j'étais prisonnière dans les geôles de… Vous-Savez-Qui.

- Tu peux dire Voldemort devant moi, Hermione.

La jeune femme dévisagea sa patronne qui avait commencé à grignoter un toast. Même si elle respectait et appréciait beaucoup Madame Rose, sa patronne ne lui avait jamais vraiment parlé autrement que comme à une de ses employées. La voir prononcer le nom de Voldemort d'une façon aussi décontractée avait en soi quelque chose de surprenant.

- Hermione, sais-tu pourquoi les prostituées des maisons closes, et en particulier celles de la Maison de Bastet, disposent d'un traitement de faveurs si elles sortent dans la rue, par rapport à celle des bordels les plus mal famés ?

- Non, Madame.

- C'est parce que Voldemort m'apprécie. Je ne sais pas pourquoi, et je n'ai jamais rien fait pour mériter ça. Aussi, quand il a écrit les nouvelles lois régissant la Communauté Sorcière, et que j'ai été obligée d'ouvrir cette Maison Close, j'ai réussi à négocier pour qu'il allège les lois concernant mes filles.

- Pourquoi me racontez-vous tout ça, Madame ?

- Je n'ai jamais eu ton courage, Hermione. Je n'ai jamais su me dresser face aux Mangemorts comme tu l'as fait pendant la guerre. Et pourtant, Merlin sait comme je les ai en horreur. Tu sais, je tenais un salon de thé sur le Chemin de Traverse, avant. C'est Rockwood en personne qui est venu me voir, pour m'imposer d'ouvrir une Maison Close. Ça a été ma seule opportunité de me racheter… d'une certaine manière. Je vous ai toutes rachetées, vous les Nées-Moldues et les « Traitres à leur Sang » comme ils les appellent. Je ne peux pas vous dire que je vous ai sauvées, alors que vous devez satisfaire les Mangemorts. Mais j'espère vous avoir offert l'existence la moins rude que vous pouviez espérer dans ce monde.

- Nous vous en sommes toutes reconnaissantes, Madame, murmura Hermione. Bien sûr, je préfèrerais vivre comme hors-la-loi, être en résistance mais… C'est utopique.

- Je suis… vraiment désolée Hermione. Vraiment. J'aimerais avoir le courage de me dresser face à eux mais… Je ne l'ai pas. Je ne suis pas une héroïne de guerre comme tu as pu l'être.

- Je ne suis pas une héroïne.

- Tu l'es. Pour tous les Nés-Moldus, pour tous les oppressés. Tu restes l'espoir. Avec Harry Potter et Ron Weasley de morts… Avec l'Ordre du Phoenix anéanti… Tu restes l'espoir. Toi et les légères poches de résistance qui subsistent çà et là. Tu es l'espoir, du moins pour mes filles. Tant que tu te dresses.

- Je vous remercie de me dire ça, Madame, mais… Et avec tout le respect que je vous dois, vous vous trompez. Je vous suis reconnaissante de m'avoir sortie des trous à rats dans lesquels on m'avait fourré, même si je me répugne toujours autant à ouvrir les cuisses pour les mangemorts. Mais je ne suis pas l'espoir. Harry l'était, et Harry est mort. Le seul véritable espoir qu'il nous reste maintenant, ce sont les derniers lambeaux de résistance qui agissent comme ils peuvent, dehors. C'est grâce à eux que je garde espoir. Mais sinon, je ne fais que survivre. Comme les autres.

- Tu te rendras compte que tu vaux beaucoup plus que ça.

Sur ces paroles, Madame Rose se leva et sortit de la cuisine, laissant Hermione seule à ses pensées.

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L'ancienne Gryffondor était occupée à lire, à moitié allongée dans son lit. Elle profitait ainsi de ses journées de repos, s'isolant du reste des filles pour la journée et retrouvant son activité favorite de Poudlard. Elle profitait surtout de ces moments pour lire l'actualité, se renseignant sur ce qui se passait à l'extérieur, même si la Gazette du Sorcier était à présent à la botte de Voldemort.

Elle était aujourd'hui plongée dans un livre sur les potions : on lui avait brisé sa baguette six ans plus tôt, la privant de ses pouvoirs, elle ne pouvait donc s'exercer à la magie qu'en fabriquant des potions. Ou tout du moins en retenant par cœur les recettes qui pourraient lui servir.

La porte du dortoir s'ouvrit brusquement sur Clarisse, une des « collègues » d'Hermione. La jeune femme paraissait essoufflée, signe qu'elle avait couru pour arriver jusque là.

- Hermione, Madame Rose voudrait te voir rapidement dans son bureau. C'est le bordel en bas, jamais vu ça pour un mercredi. J'y retourne.

Avec un soupir, la brune referma son livre et se leva de son lit. Elle descendit au deuxième étage, où se trouvait entre autre le bureau de Madame Rose. Cette dernière avait gardé la même apparence que le matin, et avait revêtu une robe en velours vieux rose. Elle était assise derrière un large bureau en acajou recouvert de parchemins, et semblait soucieuse.

- Vous m'avez faite demander, Madame ?

- J'aurais un service à te demander. Je sais que c'est ton jour de congé, mais…

- Il n'y a aucun problème Madame.

- J'aurais besoin que tu aille chercher une commande pour moi chez Madame Guipure sur le Chemin de Traverse. Il s'agit de vos nouvelles tenues de scènes. J'avais prévu d'y aller moi-même, mais j'ai un empêchement de dernière minute. Il faudrait aussi que tu passe à l'animalerie dans l'Allée des Embrumes. Ton petit show de la semaine dernière a tellement plu que je voudrais acheter quatre serpents supplémentaires. Tu n'as qu'à demander à les faire livrer.

- Très bien, aucun problème.

- Par contre aucun des garçons ne pourra être là pour assurer ta sécurité. Il y a anormalement du monde pour un mercredi après-midi, je suis obligée de les garder ici.

- Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.

- Soit prudente. Et tient, voilà l'argent pour la commande de Madame Guipure, ainsi qu'un parchemin attestant que tu viens bien en mon nom.

Hermione ramassa le tout, salua sa patronne et ressortit du bureau. Elle repassa au dortoir chercher sa cape pourpre, la couleur des prostituées, qu'elle était obligée de porter une fois sortie de la Maison Close. Elle se saisit également d'une besace, et ressortit. Elle redescendit par l'escalier de service et sortie dans la rue par la porte arrière, évitant ainsi de croiser d'éventuels clients.

La Maison de Bastet se trouvant à une dizaine de minutes à pied, Hermione se retrouva bientôt plongée dans la foule du Chemin de Traverse. Elle déglutit en sentant les regards se poser sur elle, ne voyant que mépris, dégoût et parfois haine dans les prunelles des passants. La tête haute, elle fendit la foule, les gens s'écartant sur son passage. Les mères ramenaient leurs enfants près d'elle, les épouses retenaient leur mari par la manche en la fusillant du regard, et quelques hommes s'enhardissaient à lui jeter des regards gourmands. Elle entendait les gens murmurer sur son passage, mais continua son chemin comme si de rien n'était.

Malheureusement pour elle, la boutique de Madame Guipure était bondée en ce mercredi après-midi. Une nouvelle fois, les sorcières s'écartèrent sur son passage en murmurant entre elles. Hermione se dirigea directement vers le comptoir de Madame Guipure, qui la regarda avec méfiance.

- Je viens chercher la commande de Madame Rose, dit Hermione en tendant le parchemin.

- Ah oui. Restez ici.

La gérante disparut dans l'arrière boutique. Hermione s'appuya contre le comptoir, quand une voix dans son dos l'interpella.

- Tiens, tiens… Mais ne serait-ce pas cette chère Sang-de-Bourbe d'Hermione Granger ? Ou bien devrais-je t'appeler la prostituée Granger ?

Hermione se retourna et eut la désagréable surprise de découvrir Pansy Parkinson. Cette dernière la toisait d'un air moqueur, bras croisés. L'ancienne Gryffondor dut reconnaitre que la jeune femme s'était embellie avec les années, perdant sa tête de Pékinois de Poudlard.

- Pansy Parkinson, répondit-elle simplement.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? C'est une boutique pour les honnêtes gens, pas pour les catins dans ton genre.

- Je viens chercher une commande pour ma patronne.

- Ça me dépasse que des hommes puissent s'abaisser à coucher avec toi, renifla Pansy d'un ton méprisant. Non seulement ton sang est impur, mais en plus je vois mal comment la Reine des Vierges de Poudlard pourrait arriver à contenter un homme.

Hermione se retint de lui coller son poing dans la figure comme elle l'avait fait avec Malfoy en troisième année, en se répétant dans sa tête que la jeune femme était armée de sa baguette et avait tous les droits de s'en servir contre elle. Aussi, elle adressa son plus charmant sourire à l'ancienne Serpentarde avant de lui répondre :

- Et bien tu n'auras qu'à demander à ton entourage. Beaucoup de tes amis, même parmi les plus proches, viennent s'abaisser à venir me voir.

Les yeux de Pansy flamboyèrent de rage et Hermione devina qu'il lui fallut toute son éducation de Sang-Pure pour lui éviter de se jeter sur elle. Ce fut à ce moment que Madame Guipure revint, tenant dans ses bras un petit carton.

- Voici la commande de Madame Rose. Je l'ai magiquement réduite pour qu'elle soit plus facile à transporter.

Hermione la remercia et la paya. Elle se saisit ensuite du carton et se dirigea vers la sortie, non sans avoir une dernière fois salué Pansy de sa voix la plus mielleuse. Ce fut une fois dans la rue qu'elle s'autorisa à retirer le sourire hypocrite qu'elle avait plaqué sur son visage. Elle s'engagea dans l'Allée des Embrumes, dont la réputation avait changé du tout au tout depuis l'arrivée au pouvoir de Voldemort, et entra dans l'animalerie. Heureusement pour elle, la boutique était vide et elle put en ressortir quelques minutes après.

La jeune femme prit le chemin du retour, quand elle eu l'impression d'être suivie. Jetant un rapide coup d'œil dans son dos, elle remarqua deux jeunes Mangemorts à quelques pas d'elle qui la regardaient droit dans les yeux. Une sueur froide glissa dans son dos, et elle accéléra le pas dans une vaine tentative pour les semer, hésitant à courir pour ne pas les inciter à la poursuivre directement. Malheureusement pour elle, elle sentit soudain une main l'attraper par l'épaule et la projeter contre un mur. Elle laissa échapper un gémissement de douleur et rouvrit les yeux qu'elle avait fermés par réflexe. Devant elle se trouvaient les deux Mangemorts qui la suivaient. Ils semblaient avoir une petite vingtaine, et tous deux arboraient un sourire méchant aux lèvres, visiblement heureux de leur trouvaille.

- Alors petite catin, on s'en va déjà ? Mais on n'a même pas encore eu le temps de jouer, lui susurra l'un en se rapprochant d'elle.

Hermione évalua rapidement ses chances. Elle était seule, sans arme et sans autorisation de transplaner, face à deux Mangemorts entrainés, armés et pourvus de tous les droits. Dans un effort désespéré, elle retroussa sa manche gauche, leur dévoilant ce qui pourrait peut-être lui sauver la vie. Il s'agissait de trois tatouages qu'on lui avait faits six années auparavant : son numéro de matricule, tatoué dans le creux du poignet, et à peu près au milieu de l'avant-bras, une rose sous laquelle était inscrite S.B. La rose pour indiquer qu'elle travaillait dans la Maison Close de Madame Rose, et S.B pour Sang-de-Bourbe.

- Article 8-5, alinéa b de la nouvelle Constitution Sorcière établie par Voldemort, traitant du sort des Sang-de-Bourbe. Toute Sang-de-Bourbe appartenant à une Maison Close aura l'interdiction d'avoir des rapports sexuels quels qu'ils soient et avec qu'elle personne qu'il soit, en dehors de son lieu de travail. Vous ne pouvez pas me toucher.

- Voyons, répliqua le deuxième Mangemort, nous avons tous les droits.

Le premier Mangemort l'attrapa par le bras et la projeta dans une ruelle adjacente, qui était en réalité un cul-de-sac. Il la plaqua de nouveau contre le mur, et se colla contre elle. Hermione sentit avec dégoût sa langue remonter de la base de son cou à son oreille, dans laquelle il murmura :

- On va s'occuper de toi, petite Sang de Bourbe. Et tu peux me croire, quand on en aura fini, tu reviendras en boitant dans ton bordel. Mais si tu te montres assez gentille, peut-être que tu pourrais aimer ça.

Elle sentit la main du Mangemort glisser sous sa cape, puis remonter sous sa robe pour caresser ses cuisses, et remonter encore plus haut. En désespoir de cause, elle cria, espérant alerter quelqu'un. Aussitôt, le Mangemort qui s'occupait d'elle lui plaqua sa main sur la bouche, tandis que son comparse se retournait pour voir si personne ne regardait. Hermione ne réfléchit pas longtemps et mordit de toutes ses forces la main du Mangemort. Ce dernier cria et se recula d'un coup, regardant la marque des dents de la jeune femme qui apparaissait sur sa peau. Quand il posa de nouveau les yeux sur elle, Hermione sut qu'elle venait de faire une grossière erreur. La gifle qu'elle reçu lui projeta la tête en arrière, et elle sentit le goût du sang envahir sa bouche, signe qu'il venait également de lui éclater la lèvre.

Il se jeta à nouveau sur elle et lui arracha sa cape, puis la retourna et la plaqua face contre le mur. Elle le sentit se coller contre elle et passer sa main sous sa propre robe de sorcier pour retirer sa ceinture et baisser son pantalon. Elle sentit à nouveau les mains du Mangemorts sur ses cuisses, qui remontaient pour lui retirer sa culotte. Du coin de l'œil, elle vit son acolyte qui les regardait, un air vicieux au fond des yeux. Elle ferma les siens pour empêcher les larmes de couler.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici, tonna soudain une voix derrière eux.

Le Mangemort qui était s'apprêtait à la pénétrer s'arrêta net et Hermione rouvrit les yeux. Elle tourna la tête en direction de la voix et réfréna une envie d'éclater en sanglots en voyant la personne qui les avait interrompus.

Génial. Manquait plus que lui. Vient Malfoy, vient admirer le spectacle de la Sang de Bourbe qui se fait violer par tes petits potes.

Elle vit le regard du blond glisser sur elle, et elle su qu'il l'avait reconnu. Elle s'attendait à voir son habituel sourire moqueur étirer ses lèvres, mais au lieu de ça son visage se ferma un peu plus et il s'avança vers les deux Mangemorts. Hermione sentit les mains du Mangemort relâcher leur pression sur sa taille et il s'écarta un peu d'elle, remettant son pantalon.

- Je répète ma question, siffla Malfoy d'une voix très froide. Qu'est-ce que vous fabriquez ?

- C'est une pute, Malfoy, expliqua celui qui s'apprêtait à la violer quelques instants auparavant. On avait juste décidé de s'amuser un peu.

Le blond plissa ses yeux jusqu'à ce qu'ils ne soient plus que deux fentes gris acier. La colère suintait par tous ses pores, et Hermione était bien contente qu'elle ne soit visiblement pas dirigée contre elle.

- Premièrement, tu ne m'appelles pas Malfoy, mais Monsieur Malfoy. On n'a pas gardé les hypogriffes ensemble. Deuxièmement, est-ce qu'elle porte la marque des Maisons Closes ?

- Je… Elle… balbutia misérablement le Mangemort en jetant un coup d'œil à son acolyte, qui restait muet comme une carpe.

- Est-ce qu'elle porte la marque ? s'exclama Draco Malfoy d'une voix forte, faisant sursauter les deux Mangemorts.

- Oui… Mais… Mais… Nous sommes des Mangemorts alors…

- Alors vous vous êtes dit que vous étiez au-dessus des lois fixées par notre Lord lui-même ? Regardez-vous… siffla Draco d'une voix méprisante. Mangemorts depuis à peine cinq minutes et vous pensez que vous avez tous les droits ? Vous étiez en patrouille sur le chemin de Traverse non ? Alors retournez-y, et la prochaine fois que je vous vois faillir à la mission qui vous a été donnée, je fais un rapport au Lord !

Les deux jeunes Mangemorts ne se le firent pas dire deux fois et détalèrent de la ruelle, sous le regard perçant de Malfoy. Hermione poussa un soupir de soulagement et se laissa aller contre le mur derrière elle. Cependant, elle sentit un nouveau frisson d'angoisse traverser son corps quand elle vit le blond s'approcher d'elle.

- Ça va, Granger ? demanda-t-il.

Toute trace de colère avait disparu de sa voix, laissant place à son habituelle froideur. Hermione leva les yeux vers lui et hocha doucement de la tête. Il fouilla un instant dans une des poches de sa robe de sorcier, et en ressortit un mouchoir qu'elle lui tendit.

- Merci, murmura-t-elle en essuyant le sang qui coulait de sa lèvre meurtrie. Je suppose que je t'en… que je vous en dois une, Monsieur Malfoy.

- Ne m'appelle pas comme ça, répondit-il en levant les yeux au ciel. Je t'ai juste demandé de le faire pour t'énerver. Et je te suis juste venu en aide parce que je n'aime pas voir une femme se faire violer, fut-elle Sang de Bourbe et horripilante comme toi.

Sa dernière phrase arracha à la jeune femme un petit sourire sans joie.

- Qu'est-ce que tu foutais dans le Chemin de Traverse, Granger ? Ta cape est à elle-seule un appel au viol.

- J'avais des courses à faire. Mais je ne vais pas te déranger plus longtemps. Merci encore.

Elle ramassa sa cape que le Mangemort lui avait arrachée, et se drapa dedans. Elle adressa un petit sourire de remerciement à Malfoy et s'arrêta devant lui.

- Je suppose que tu ne souhaite pas récupérer ton mouchoir ?

- Avec ton sang d'impure dessus ? Non merci. Garde-le, c'est sûrement le bien le plus précieux que tu puisses posséder, au vu de ta condition.

Hermione tressaillit, blessée par ses paroles. Quelques instants avant, il se montrait pourtant presque courtois avec elle. Sans un mot, elle rangea le mouchoir dans sa poche.

- Qu'est-ce que tu attends de moi en retour ? demanda-t-elle.

- Je n'ai pas encore d'idée. Mais ne soit pas pour autant soulagée, Granger. Tu ne vas pas te débarrasser de moi aussi facilement. Quelque chose me dit que nous allons être amenés à nous revoir très prochainement tous les deux.

Hermione se retint de lui répliquer qu'à sa connaissance, il ne fréquentait pas les bordels et les Sangs de Bourbe, et préféra le dépasser pour sortir du cul-de-sac.

- Eh, Granger, la héla-t-il. Je dois reconnaitre que je me suis trompé la dernière fois. En fait, t'es bien plus que baisable.

Elle ne se retourna pas, et continua son chemin, sentant le regard perçant de Draco Malfoy dans son dos, et devinant le sourire moqueur qui étirait ses lèvres.


Je ne suis pas très très satisfaite du passage dans la cuisine entre Hermione et Madame Rose.

Vos avis ?