Chapitre 4
- Tiens, te revoilà!
Amanda était toujours assise devant son bureau, elle s'était retournée au bruit des flammes.
- Comment ça c'est passé avec Draco ?
- Est-ce que Edward est là ?
- Il arrive dans quelques minutes. Je suppose que tu n'as pas eu ce que tu voulais alors. Installe-toi à ton bureau si tu veux, en attendant.
J'avançai vers mon bureau et passai donc devant celui de Jayden. Il y avait encore des fichiers ouverts. Le bureau de Malfoy était juste à côté du mien. C'était le bon moment pour jeter un coup d'œil sur ses affaires. Je fis donc quelques pas de plus. Mon bureau était vide. Et le sien aussi !
J'ouvrai les tiroirs un à un mais rien, il n'avait rangé aucun document.
- Tu te méfies de Draco n'est-ce pas ?
Prit en flagrant délit, je me retournai nettement vers Amanda, affichant probablement un air surprit. Elle semblait inquiète.
- Je peux comprendre, mais tu ne devrais pas fouiller dans ses affaires…
- Possible. Je prends simplement les mesures nécessaires.
- Harry, nous sommes tous digne de confiance et de respect dans le groupe. Draco n'est pas une exception. Bon, peut-être Williamson mais… Harry, on a déjà enquêté sur Draco, laisse-le tranquille.
- Maintenant qu'on doit travailler ensemble, c'est impossible.
- Je croyais qu'il ne t'avait pas accordé le dossier ?
- Oh, mais il n'aura pas le choix.
Un craquement se fit entendre et Edouard arriva à grand pas vers nous, sourcils froncés.
- Amanda, je vais avoir besoin de toi pour l'affaire Belby. Je reviens dans une petite demi-heure, quand j'en aurais finit avec Harry.
Il tourna son regard vers moi.
- Tu veux bien me suivre, j'ai deux ou trois trucs à t'informer.
Je le suivis jusqu'à la cheminette.
- Nous allons chez Draco, et ne proteste pas.
Les flammes bleues jaillirent de part et d'autre de ma vue pour s'apaiser à notre arrivée dans son salon. Je jetai un regard noir au traître sur ma gauche, sous son air amusé.
- Draco tu veux bien venir accueillir tes invités ?
Le dit sorcier transplana devant nous et lança dans ma direction d'un air dédaigneux :
- Il n'est pas mon invité.
- Non mais à partir de maintenant tu es le sien.
Je le regardai, incrédule.
- Pardon ?
- Harry je vais te demander une faveur : d'héberger Draco.
- Alors là il en est hors de question. Jamais je coucherais chez cet individu infréquentable !
- Vous n'avez pas le choix, en fait. Basil vient de m'informer que les enquêtes sur l'affaire Belby avaient nettement progressées, et tu es lié à cette affaire. Une dizaine de nouveaux Mangemorts sont à ta recherche en ce moment même. Nous ne savons pas encore qui ils sont ni où ils se cachent. Mais tu peux deviner aisément pourquoi ils te traquent, je suppose. Alors, pour ta sécurité, tu vas devoir cohabiter avec ton nouveau collègue.
- Potter aurait-il plus de sécurité dans son taudis qu'ici même?
- C'est exactement ça.
- C'est impensable !
- Impensable ou non, fais tes bagages. Harry, je pense que vous pouvez transplaner, vous avez tous les deux une magie assez puissante. Je demanderais à Al de vérifier les accès aux réseaux de cheminées, au cas où ils passeraient par là. On se voit demain.
Il recula d'un pas dans la cheminée et regarda Draco.
- Ah, au fait. Préviens-le pour Mardi soir.
Je regardai Malfoy pendant qu'Edward disparaissait.
- Mardi soir ? Y'a quoi Mardi soir ?
Il me fixa de ses yeux gris soudainement trop sombres puis tourna les tallons.
- On verra ça plus tard. J'vais faire mes valises.
Je grognai et me permis dans son absence de m'affaler sur le divan beige.
- Mais j'vous en prie Monseigneur. Comme il vous plaira Monseigneur. Connard.
Je somnolai quand je l'entendis revenir. Deux valises, excédant sûrement le poids auquel je m'attendais, étaient sous l'emprise d'un sort de Lévitation. Je croisai son regard belliqueux dans l'attente de sa demande.
- Peux-tu les emmener chez toi, s'il te plait. Je dois rassembler les dossiers importants et sécuriser mon bureau.
- Non, je préfère t'attendre ici.
Je lui lançai un regard de défis et continuai.
- Je ne voudrais pas être accusé d'irresponsable si certains mangemorts débarquaient ici pendant mon absence. Alors tâche de faire vite.
- Comme tu voudras, Saint Potter.
Il leva les yeux au ciel et transplana.
Je regardai les deux valises, toujours soutenues en l'air. Une preuve de plus de la puissance magique de Malfoy. Il pourrait être haut placé par mis les Mangemorts, et donc tout ceci ne serait qu'une mise en scène. Ou alors Draco court vraiment un danger. Je sortis ma baguette en pensant au moyen de les transporter par la cheminette.
- Lébiracorpus.
Je voulu sortir sur le balcon, mais la situation m'en empêcha un instant. D'un autre côté, Draco avait sûrement dû mettre des protections sur les ouvertures. A moins qu'il ne soit qu'un traître et qu' les Mangemorts guettaient chaque possibilité de me blesser ou de me tuer. Mon choix allait être déterminant. J'ouvris la baie vitrée et sortis avec vigilance. Vigilance constante comme disait Fol' Œil. Je m'appuyai sur la balustrade avec un sourire suite à cette réflexion, baguette à la main. Mais rien ne vint.
Draco possédait un vaste terrain en longueur, clôturé par des chênes, quelques tilleuls et sapins dans le fond. De belles couleurs d'automne s'agitaient sous le souffle léger du vent. Malgré un beau soleil, le terrain n'avait visiblement pas été entretenu depuis un moment. J'imagine que Draco doit être très occupé.
La douce fraîcheur du vent sur mon visage m'avait détendu, me déclanchant de même un frisson. Je reculai en fermant la vitre et entendis les pas lourds de Malfoy. Je le regardai déposer sa valise à sept serrures, semblable à celle de Maugrey.
- On peut y'aller, questionna-t-il d'un air mauvais.
- On peut y'aller.
Je m'approchai de lui pendant qu'il saisissait la copie conforme de la valise de Maugrey et une deuxième malle, et prit à mon tour le dernier bagage. Je fixai quelques secondes ses yeux gris dans l'attente de son approbation visuel à ce qui allait suivre. Je fis abstraction de son regard noir et le pris par la taille et le collai contre moi afin de ne pas être déstabilisé par le poids des valises pendant le transplanage. Je senti son souffle glisser de mon oreille à mon cou, ainsi que son torse plaqué contre moi. Je fermi rapidement les yeux et pris une inspiration discrète pour me concentrer sur le transplanage en prenant soin de ne pas me focaliser sur le parfum qui émanait de son cou. Un seul mouvement pourrait me faire réagir, autant physiquement que mentalement et le transplanage pourrait mal tourner.
- Prêt, demandais-je.
- Mais oui, Potter, répondit-il avec empressement, agacé.
Sur ses mots, je m'exécutai, en pensant à atterrir dans mon salon. Après ces quelques secondes qui m'avaient une fois de plus retourné l'estomac, je lâchai Draco en me souvenant de l'avoir serré plus fort contre moi lors du voyage. Il posa ses valises, passant la pièce au scanner, tel un Auror malfoyen. D'un mouvement de baguette, je fis léviter les bagages.
- Bon. Je n'ai pas de deuxième chambre, alors je vais chercher mon matelas gonflable pour l'installer dans la chambre. Tu prendras mon lit.
Il haussa un sourcil et acquiesça sans répliquer, m'accordant de jouir intérieurement de mes pouvoirs de corruption. Il se dirigea brusquement vers la cuisine, me manquant de peu. Surpris, j'enchaînai sur ses pas et vis une chouette lorsqu'il ouvrit la fenêtre. Il prit la lettre et me la tendis, l'animal accroché à sa main gauche.
- C'est la Ninoxe Rieuse d'Edouard, m'informa-t-il. Elles ne sont plus que sept dans le monde. Il semblerait qu'Edouard ai un héritage intéressant, continua-t-il en regardant attentivement la chouette.
Il détacha ses yeux du rapace et me regarda.
- Que dit la lettre ?
Je lis rapidement l'objet en question.
- C'était donc ça. Il veut qu'on se rejoigne mardi à dix-neuf heures au Chaudron Baveur…
- Je n'irai pas.
- Pardon ?
- Je n'irai pas, j'ai des choses plus importantes de prévu qu'un dîner vulgairement familier.
- En fait, tu n'as pas vraiment le choix puisque j'y vais et que tu loges désormais dans mon appartement. Et il est hors de question que je te laisse seul ici alors que tu as le don d'attirer des crapules.
Il haussa un sourcil.
- Ca nous fait un point commun Potter.
- Va t'faire foutre, répliquai-je en fronçant les sourcils, me retournant dans la direction de ma chambre.
