Disclamer : Les personnages sont la propriété de l'auteure originale (J. K. Rowling).

Raited : M

Couple : Harry en seme et Sev en uke.

Genre : Hurt/Comfort/Romance.

ACHTUNG ! CETTE FIC S'ADRESSE A UN PUBLIC AVERTI. HOMOPHOBES ET MINEURS S'ABSTENIR !

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Chapitre 4

Des ailes...

Enfin... ce qu'il en restait...

Harry, le souffle coupé, les yeux écarquillés, examina les ailes plus qu'abîmées et presque complètement déplumées, plaquées au delà du possible contre le dos de Snape par les bandes de cuir. Voilà donc à quoi elles servaient...

Les lanières qui compressaient les ailes étaient plus ou moins larges. Mais dans tous les cas, le temps et la pression à laquelle elles étaient soumises les avait fait pénétrer profondément dans la chair. C'était de ces multiples blessures que le sang s'écoulait, ruisselant lentement sur le dos entier.

Harry avale sa salive avec difficulté et se pencha sur le corps ensanglanté de son professeur.

Le Gryffondor grimaça. Il n'avait pas prévu de telles blessures.

- Je..., balbutia-t-il, ne sachant que faire face à une telle situation. Avez-vous une pharmacie, Professeur ?

Pas de réponse.

- Professeur !

- Oui ? finit par souffler Snape, les dents serrées.

- Est-ce que vous avez une pharmacie, dans vos appartements ?

- Oui... là...

Il désigna vaguement un endroit d'un doigt tremblant.

- D'accord. Alors je vais... enlever les ceintures..., finit par dire Harry, la gorge nouée.

- Faites attention... Je... Ca fait si longtemps que je ne les ai pas enlevé... Mes muscles doivent être crispés, depuis le temps... Si...

Il s'arrêta un instant, à bout de souffle, avant de reprendre :

- Vous risquez de me déchirer les muscles... si vous les retirez... trop vite...

Harry acquiesça, comprenant où l'homme voulait en venir. Il allait devoir être prudent et détacher les bonnes sangles.

Il avança des mains plus tremblantes que jamais vers les boucles des ceintures de cuir et en défit une, faisant frémir Snape lorsque le cuir se détacha de sa peau martyrisée. Il y eut un sursaut et les ailes purent s'ouvrir un peu d'elles-mêmes. Snape ne les contrôlaient pas, ankylosées qu'elles étaient et à moitié privées de sang, il ne les sentait même plus comme étant vivantes. La seule chose qu'il sentait, c'était la douleur...

Harry attendit un instant, prenant en compte ce que le Maître des Potions lui avait dit. Il était angoissé. Il ne savait pas combien de temps il lui faudrait attendre avant de pouvoir retirer d'autres lanières.

Soucieux de faire souffrir celui qu'il aurait à présent put qualifier d' « ange », Harry chercha de quoi s'occuper quelques minutes, le temps que les muscles de Snape se détendent un peu après tant d'immobilité forcée. Il promena ses yeux sur les plaies sanguinolentes et, voyant une plume arrachée, il ne put résister et, avançant la main, il la saisit délicatement entre deux doigts. Il la porta devant ses yeux et l'examina.

Elle mesurait à peine cinq centimètres et avait dut être d'un blanc nacré dans une autre vie. Elle était désormais en bataille et rougie par le sang.

Soudain, Harry entendit la respiration de Snape se faire sifflante et, anxieux, il se pencha vers lui.

- Potter ?

- Oui, Professeur ?

- Je... Vous pouvez... m'appeler par mon prénom... si vous voulez... Je penses que ce serait... mieux... et normal... Dans la situation où nous sommes, je veux dire...

- Ah... euh, d'accord...

- C'était juste pour... vous dire que vous... pouvez continuer...

Harry, le cerveau en ébullition à cause de ce que venait de dire l'enseignant, détacha une nouvelle lanière...

Avant qu'il comprenne quoi que ce soit, les ailes s'ouvrirent en grand dans un claquement sonore. Les lanières de cuir s'arrachèrent littéralement de la peau, s'extirpant violement, arrachant la peau et libérant des flots de sang. A l'intérieur même des ailes, la force déchira plusieurs muscles et les os, longtemps immobiles, grincèrent comme du métal rouillé. Snape hurla de douleur et s'affaissa d'un coup, évanoui. Harry se précipita sur lui, saisissant son visage à deux mains.

- Professeur ! appela Harry comme l'ange avait les yeux clos. Severus !

Celui-ci ouvrit finalement les yeux et fixa son élève d'un regard éteint et vide, seulement hanté par la douleur, comme si plus rien au monde ne l'atteignait.

Légèrement rassuré, Harry examina de nouveau les ailes abîmées. Le sang coulait sur le sol et une marre sanglante s'était formé autour du Maître des Potions.

Harry se leva d'un bond et se dirigea vers la pharmacie. Il aurait du y aller plus tôt, il le savait. Mais il ne réagissait que maintenant. Il fut ravi d'y trouver à peu près tout ce dont il avait besoin. Il revint auprès de Severus, les bras chargés de bandes blanches et de bouteilles de potions cicatrisantes.

Il s'assit en tailleur à côté de Severus, posant les bandes loin de la flaque de sang. Il ouvrit l'une des bouteilles de gel cicatrisant d'une main tremblante et commença à en répandre doucement sur les blessures.

Severus gémit au contact des mains du Gryffondor mais ne dit rien de plus, serrant les doigts sur le sol pour supporter les élancements douloureux qui lui traversaient le dos.

Plusieurs minutes passèrent dans le silence le plus total alors qu'Harry appliquait l'onguent sur chaque passerelle de la peau meurtrie des ailes. Quand elles furent toutes deux bien badigeonnées de la gelée rouge et qu'elle cessèrent de saigner grâce à ladite gelée, Harry referma les sept bouteilles il avait vidées et s'essuya vaguement les mains pour éviter de tâcher les bandes propres. Après quoi, il commença par bander l'aile gauche avec précaution, déroulant petit à petit le rouleau de bande blanche.

- Ça va ? demanda-t-il à l'oreille de Severus.

- Oui... beaucoup mieux.

Severus se tut quelques instants puis :

- Merci, soupira-t-il.

Harry sourit, jamais il n'aurait pensé qu'un jour, Snape le remercierait pour quelque chose.

Quand il en eut terminé avec l'aile gauche, il banda l'aile droite, s'assura une dernière fois que les bandages n'étaient pas trop serrés et se recula légèrement.

- Voilà, c'est fini, annonça-t-il, épuisé.

L'ange ouvrit les yeux et fixa Harry.

- Merci... Harry...

Harry faillit tomber à la renverse. Malgré la situation, non seulement Snape venait de le remercier sincèrement pour la deuxième fois en quelques minutes, mais en plus, il l'appelait par son prénom !

- Vous avez besoin de repos, maintenant, chuchota-t-il en se parlant plus à lui-même. Je vais vous conduire à votre chambre...

Severus acquiesça doucement, visiblement déçu.

Au début, il n'avait pas voulu de l'aide du jeune homme. Mais il devait avouer que, maintenant que le Gryffondor partageait son secret, il ne voulait plus qu'il parte. Severus avait envie qu'il reste auprès de lui. Peut-être était-ce le fait de savoir qu'Harry était le seul au courant qui lui donnait cette impression ; mais il se sentait comme déchiré à l'idée que le garçon s'en aille et le laisse seul. Il avait besoin de sa compagnie.

Harry aida doucement l'ange à se redresser. Severus grimaça et ferma les yeux. Harry attendit un instant que la douleur reflue et que Severus se sente mieux, puis il fit un autre pas, soutenant le Maître des Potions de son mieux sans le blesser davantage. Soudain, Severus gémit sourdement et Harry soutint le corps frêle lorsqu'il le sentit s'effondrer dans ses bras.

- Severus !

Celui-ci ne répondit pas mais Harry entendait sa respiration douloureuse et sentait l'ange trembler contre son torse.

Tout cela l'avait épuisé et, malgré que la douleur soit moins présente grâce à l'onguent, Harry comprit que Severus n'avait plus aucunes forces et qu'il ne pourrait plus faire un pas seul aujourd'hui.

Il s'agenouilla face à lui et, évitant de toucher les ailes meurtries, il souleva le corps blessé entre ses bras.

- P... Harry... qu'est-ce que tu fais ? interrogea Severus en sentant les bras protecteurs se refermer sur lui.

- Où est votre chambre ?

- Là...

Harry se dirigea à pas prudents vers l'endroits désigné, tâchant de marcher souplement afin de ne pas trop secouer l'ange dans ses bras. Heureusement pour Harry, la porte était entrebâillée et le Gryffondor eut juste besoin de pousser un peu avec le pied pour l'ouvrir complètement.

Il fut saisit par le contraste avec ce qu'on imaginait du personnage qui habitait en ces lieux. Snape, tel qu'on le voyait, était un être n'appréciant que le noir. Or, la chambre était d'une blancheur immaculée dans son intégralité. Rien à voir avec ce qu'on pouvait imaginer... Harry se demanda vaguement comment Severus parvenait à garder sa chambre aussi propre avec tout le sang qui coulait de ses blessures tous les jours...

Le Gryffondor traversa la chambre et allongea doucement Severus sur le ventre, de manière à ne pas l'appuyer sur ses ailes. L'ange soupira d'aise au doux contacte des draps et Harry, sentant que l'homme s'était endormi, voulut se retirer pour le laisser se reposer... mais le Maître des Potions endormi avait aggripé son poignet et ne voulait apparemment pas le lâcher.

Le garçon tira un peu sur son poignet. Mais au lieu de le lâcher, Severus resserra inconsciemment sa prise.

Harry eut un léger sourire et, touché par la vision de l'ange assoupi, accroché à sa main de manière presque désespéré, il s'assit doucement sur le lit, à côté de Severus.

De longues minutes passèrent durant lesquelles Harry contempla le visage serein de son professeur, sans un geste. Puis, prit soudain d'une envie aussi stupide qu'incontrôlable, il se pencha vers le visage pâle et qu'il trouvait à présent moins menaçant, plus humain... Il s'humecta les lèvres, anxieux, et, tendrement, il écarta quelques mèches de cheveux noir corbeau qui se baladaient sur le visage porcelaine, notant au passage qu'ils étaient beaucoup plus longs que quelques minutes auparavant. Il observa ledit visage quelques secondes encore avant de se décider définitivement, profitant du sommeil du Serpentard.

Il s'appuya sur la main que serrait toujours Severus tandis que son autre main caressait doucement l'angle de la mâchoire ; ses lèvres s'approchèrent de la joue de l'ange qui l'attirait par sa douceur apparente. Son souffle caressa la peau blanche et Harry posa finalement ses lèvres sur cette peau si douce qui le tentait depuis plusieurs minutes déjà.

- Harry ? souffla soudain une voix faible tout près de lui.

Surpris, et terriblement gêné, le garçon se releva d'un bond, sa main ayant été lâchée, et regarda, effaré, les yeux de Severus se tourner vers lui.

- Je... je... Vous devriez dormir, Prof... Severus.

L'ange sourit imperceptiblement.

- Tu m'embrassais..., soupira-t-il en fermant les yeux, sans pour autant se détacher de son sourire.

- Euh...

- Pourquoi ? interrogea soudain Severus. Qu'est-ce que tu peux bien me trouver ? Je ne suis même pas humain...

- Ce... ça n'a aucun rapport ! s'emporta Harry avec véhémence.

Il n'aurait jamais dut l'embrasser ! Maintenant, Severus devait penser qu'il ressentait des choses pas très catholiques à son sujet... alors que ce n'était pas le cas ! Harry avait juste voulu voir si sa peau était aussi douce à toucher qu'à regarder... Il aurait fait ça avec n'importe qui ! Presque...

- Mais si, ça a un rapport...

- Je... je ne vous...

Il n'acheva pas sa phrase. Les mots restaient coincés dans sa gorge et il détourna les yeux, terriblement gêné par la situation.

Quelques secondes passèrent avant qu'Harry n'entende un léger rire. Il se tourna vers Severus et fut surpris du regard amère de celui-ci. Ce n'était pas un rire joyeux...

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le Gryffondor.

- C'est justement parce que je ne suis pas humain que tu m'as embrassé, n'est-ce pas ? souffla l'ange d'une voix rauque. Parce que tu as pitié de moi...

- Pas du tout !

- Alors pourquoi est-ce que tu me donne de... l'affection ? grinça Severus d'une voix sifflante, crachant presque le dernier mot. Qu'est-ce qui a bien put te pousser à me donner un signe d'affection ? Hein ?

- Mais...

Harry n'osait pas lui dire la vérité, qui était autrement plus gênante.

- Pourquoi ?

- Parce que je vous ait trouvé très beau..., grommela Harry en détournant le regard.

Severus se tut, choqué. Lui, beau ? Harry se foutait de lui ! Il fronça les sourcils sans quitter le Gryffondor du regard.

- Tu m'as trouvé... beau ? répéta-t-il.

Harry acquiesça mollement.

- Mais... pourquoi ?

- Je ne sais pas vraiment... Vous étiez là, endormi... On aurait dit... un petit oiseau (il s'était retenu de dire ''ange'' qui aurait put vexer Severus)... et vous...

« ... étiez tellement tentant » aurait-il voulu dire, mais, là aussi, il se retint.

Dans une légère grimace, Severus se redressa jusqu'à être en tailleur sur son lit. Harry déglutit difficilement, considérant le manque de tenue de son enseignant.

- Approche, souffla Severus.

- Severus, vous devez vous reposer. Rallongez-vous...

- Tu peux me tutoyer, coupa l'ange.

Harry s'humecta les lèvres, la situation le dépassait de plus en plus...

- Allez, viens, enjoignit encore le Maître des Potions.

Harry s'approcha prudemment de Severus.

- Quoi ?

- Plus près.

Harry s'approcha encore.

- Assieds-toi, exigea Severus en tapotant faiblement à côté de lui.

Le Gryffondor s'assit à l'endroit désigné et osa enfin soutenir le regard onyx. Il remarque alors qu'une étincelle inhabituelle y brillait (quoi que rien n'était très habituel, ce soir là...) et il se demanda si c'était bon ou mauvais signe pour lui, bien que Severus ne parût pas agressif.

Un silence pesant s'installa dans la pièce et Harry put entendre le souffle saccadé et rapide de l'ange.

Severus l'observa une poignée de secondes puis, doucement, il approcha son visage de celui d'Harry, son souffle caressa la peau du jeune adulte tandis que celui-ci, muet d'anticipation, fermait involontairement les yeux. Harry n'eut qu'à attendre une seconde avant de sentir les lèvres de l'ange se poser sur les siennes. A ce contact, Harry soupira d'aise et ses mains partirent d'elles-mêmes s'accrocher aux mèches sombres... étrangement redevenues plus courtes...

Comme Severus ne tentait rien de plus, Harry se hasarda à demander l'entrée de la bouche de Severus en mimant de forcer doucement la barrière de ses lèvres. Sans une hésitation apparente, Severus ouvrit la bouche et Harry put savourer l'ange plus en profondeur.

Le coeur de Harry battait fort dans sa poitrine et il sentait une vague de chaleur étouffante l'envahir. Il sursauta à peine en sentant les mains de l'ange se poser sur ses épaules, mais rouvrit les yeux.

Soudain très gêné par le fait d'embrasser un homme ; pire : son professeur ; pire encore : Snape, il recula le visage, mettant fin à leur baiser.

- Quoi ? questionne faiblement Severus.

- Je... On ne peut pas...

- Ca ne t'a pas empêcher de le faire, tout à l'heure.

- Oui, mais...

Il ne finit pas sa phrase car les lèvres de l'ange s'étaient à nouveau posées sur les siennes et une main se mit à jouer dans ses cheveux.

- Non ! souffla Harry en se décollant de l'autre, avec plus de vivacité, cette fois-ci.

Il ne pouvait tout de même pas se laisser embrasser par un homme comme ça !

Severus soupira et retira ses mains pour les poser sur ses genoux. Il se mit à fixer le plafond, semblant réfléchir intensément.

- Vous... Tu dois te reposer, Severus.

- Oui, sûrement, approuva distraitement celui-ci avec un nouveau soupir.

- Je vais te laisser, alors...

Une ombre passa dans les yeux noirs de l'ange, voilant son regard.

- Quand reviendra-tu ?

Harry fut surpris de la question.

- Je... je ne sais pas..., souffla-t-il en se maudissant de bégayer autant. Je ne savais pas que tu voulais que je revienne...

- C'est pourtant évident, dit l'ange d'une voix basse. Tu es le seul à savoir ce que je suis. Et je ne pourrais pas sortir avant quelques temps à moins de stopper la cicatrisation. Il va me falloir de l'aide pour me soigner, comme ce soir. Je ne peux pas soigner mes... ailes... tout seul. Je ne veux pas que qui que ce soit d'autre soit au courant. Alors, j'avais pensé que tu pourrais... t'occuper de moi...

Harry fut touché par la confiance que Severus lui accordait en prononçant ces mots. Et, même s'il aurait voulu éviter de passer d'autres moments seul à seul avec son ancien ennemi, vu ce qui s'était passé quelque instants plus tôt, il répondit :

- Je ne sais pas moi... D'habitude, j'ai Potions demain de sept heure à neuf heure. Comme tu ne fera pas cours... Je peux venir à la place changer tes bandages... Non ?

Severus acquiesça.

- Bon, ben..., fit Harry comme l'autre se taisait toujours. J'y vais. A demain !

Il tourna les talons, sentant le regard de l'ange se poser sur ses épaules, et traversa la pièce avant de sortir des appartements de son professeur de Potions.

(à suivre (ff))

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Voili un chapitre de plus ! ^^ Reviews !