AN: Voilà le dernier chapitre de cette fic. Il y a cependant une fin "moins sage" qui attend celles qui le désire.
Je voudrais simplement dédicacer ce chapitre à Nourann parce que ça nous a toutes touchés... On lui souhaite un bon rétablissement.
Résultat du challenge bientôt, il me manque des notes.
Bonne lecture et bon courage pour les épisodes de ce soir...
PoiPoiPoiPoiPoiPoiPoiPoi
Harold sirotait son thé debout devant la fenêtre, tout en regardant la pluie tomber sur la ville. Il se rendit compte à quel point ses sentiments étaient forts. A quel point son cœur se serrait chaque fois qu'il pensait à lui, chaque fois qu'il s'inquiétait pour lui. Pourquoi l'avait-il laissé partir sans se battre ? Il avait fait comme avec les autres: Nathan, Grace. Il s'était dit que c'était mieux ainsi, qu'il le protégerait de lui. Mais cela n'avait pas marché. C'était même pire. Le problème c'était qu'il ne savait pas quoi faire. Après tout, John avait choisit de l'oublier et avait une relation avec cette thérapeute maintenant.
Il retira ses lunettes et se frotta les yeux avec le dos de sa main, soupirant. Il était épuisé moralement. Et Elias dont la vie était toujours en danger. Mais ça, pour le moment il n'en n'avait que faire. Ce qu'il voulait c'était...
-" Finch?"
Il se tourna immédiatement au faible son que venait d'émettre John. Il s'avança rapidement au chevet de Reese, posant son thé sur la table à côté.
-" Je suis là John."
Il eut envie de lui prendre la main mais il se contenta de la poser sur la paume de l'ex agent, juste pour qu'il ressente son contact. Il vit John déglutir avec peine.
-" Vous avez soif?"
Il lui fit signe de la tête, les yeux toujours fermés et une expression de douleur sur le visage.
-" Je reviens, ne bougez pas."
L'ex agent était perdu. Il tenta de se souvenir de ce qui s'était passé. Mais la douleur était intense. Il entendit les pas d'Harold. Il fit un incroyable effort pour ouvrir les yeux. Et il se redressa lentement pour tenter de s'assoir. Finch attrapa tout de suite les coussins pour les mettre dans son dos et le maintenir.
-" Merci."
Puis il approcha le verre des lèvres de John et plaça son autre main sur sa nuque pour l'aider. Reese but quelques gorgées qui lui firent le plus grand bien. Sans s'en rendre compte l'informaticien caressait ses cheveux du bout des doigts, par reflexe faisant frissonner son associé. John se tourna pour le regarder. Leurs yeux clairs se rencontrèrent et ne se lâchèrent pas. Mais Finch rompit le contact, ne voulant pas céder à son envie de poser ses lèvres sur les siennes. Il n'avait plus le droit. Il s'écarta de lui et posa le verre.
-" Comment vous sentez-vous? Si vous avez mal…"
Il attrapa le pousse seringue et le lui mit dans la main.
-" Appuyez la, c'est de la morphine. Le docteur Tillman a dit qu'il faudrait quelques jours pour que tout rentre dans l'ordre...vous avez perdu beaucoup de sang."
-" Vous m'avez retrouvé."
Harold se figea, surpris. John se souvint soudain de sa conversation avec Carter: " Il y a des gens qui tiennent à toi, qui peuvent t'aimer. Il faut juste que tu les laisses entrer" et il le vit là, dans les yeux de Finch, qui ne savait plus quoi dire, sentant l'émotion prendre le dessus.
-" Je vous retrouverai toujours Monsieur Reese."
John eut un mince sourire.
-" Harold, je suis..."
L'ex reclus ne lui laissa pas le temps de finir. Il posa sa main sur la sienne, son cœur battant à tout rompre.
-" Pas maintenant. Il faut vous reposer. Vous êtes vivant, c'est tout ce qui compte."
Il lâcha sa main, récupéra le verre et sa tasse.
-" Je vais me reposer un peu aussi. Si vous avez besoin...je suis juste à côté."
Il sortit laissant John perplexe. Pourquoi fuyait-il comme ça, après s'être donné autant de mal pour le retrouver ? Il avait bien l'intention de comprendre dès qu'il serait sur pieds. Et ce ne fut pas très long car John ne supportait plus de rester alité au bout de deux jours. Il fit une tentative en se levant lentement. Il toucha le sol froid avec ses pieds nus. La sensation lui donna un frisson, lui rappelant qu'il était en vie. Il ferma les yeux et finit par se redresser complètement, se dirigeant vers le salon, sachant qu'il y trouverait Finch sur son ordinateur. Et ce fut le cas. Harold était assit sur le sofa, juste en chemise cravate et veston. L'informaticien sentit sa présence derrière lui et se retourna.
-" Monsieur Reese, vous avez perdu l'esprit?! Vous ne pouvez pas rester debout!"
Il se leva pour aller à sa rencontre de peur qu'il ne s'écroule en voyant le visage blafard de l'ex agent.
-" J'en ai marre de rester au lit Finch."
Harold l'attrapa par le bras.
-" Peut-être bien, mais vous n'êtes pas encore suffisamment rétabli pour ça. Allez venez."
John ne bougea pas et attrapa la main de son partenaire.
-" S'il vous plait Harold, j'ai besoin d'être là."
-" Il n'y a rien pour vous là, et ne pensez même pas à m'aider à travailler, je vous l'interdit!"
-" Ce n'est pas ce à quoi je pensais... Harold?"
Le cœur de l'informaticien rata un battement. Il se dégagea de son emprise et le regarda, un peu inquiet, prêt à entendre ce que John avait visiblement envie de lui dire.
-" Il faut qu'on parle."
Il ne lui laissa pas le temps de répondre. Il attrapa le nœud de sa cravate pour l'attirer vers lui. Leur visage se rapprochèrent et John posa son front contre celui de l'informaticien et ferma les yeux. Il ne lâcha pas la cravate et ne fit aucun geste supplémentaire, souhaitant simplement être en contact avec Finch. Il sentit la rigidité de ce dernier:
-" Ne me repousse pas Harold, s'il te plait. Pas maintenant."
Il frotta son nez contre le sien lentement dans un geste tendre, se retenant d'aller plus loin. Finch ferma les yeux, touché par son geste.
-" John... J'ai eu peur... de vous perdre cette fois, pour de bon."
L'homme au costume sentit malgré tout le "mais" venir et le vouvoiement n'en n'était qu'une indication parmi d'autres.
-" Je suis désolé. J'ai été un imbécile."
Il lâcha sa cravate et vint attraper son visage, fixant son regard dans le sien. Mais cela en fut trop pour Harold qui s'écarta lentement de lui en attrapant ses avant bras et les faisant se baisser.
-" Moi aussi John. Mais..."
Reese ferma les yeux. Le voilà ce mais. Voyant son trouble, Finch lui saisit la main et l'attira vers le canapé.
-" Venez vous assoir si vous voulez discuter."
John s'exécuta se sentant faible. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et Harold n'avait pas lâché sa main.
-" Je ne vous repousse pas."
-" Mais?"
-" J'ai droit à une explication je crois."
John passa la main sur son visage, fatigué. Harold s'en aperçu et s'en voulu immédiatement d'avoir cette conversation. Il se leva.
-" Vous êtes trop faible pour le moment John, vous ne devriez pas être là..."
L'ex agent le coupa:
-" Assis-toi."
-" John..."
-" Ne me fais pas te supplier Harold."
Finch soupira, vaincu. Il reprit sa place. Reese fixa un point loin de son partenaire.
-" Pendant que je me vidais, j'ai eu..."
Il se frotta la nuque dans un geste d'embarras. L'informaticien fondit devant la soudaine vulnérabilité de son partenaire. Il ne l'avait jamais vu ainsi et se rendait compte que cela avait l'air important pour John. Il lui saisit la main pour le rassurer.
-" Une hallucination. Tout le long, Joss était avec moi."
-" Le lieutenant Carter?" Dit Harold surprit à moitié. Il était conscient de l'affection qu'il avait pour elle, et que la perte de sang faisait parfois délirer les individus. John lui fit signe de la tête et sourit.
-" Elle m'a tenu éveillé tu sais. Elle m'a secoué pour ne pas que je sombre. Sans elle..."
Finch serra sa main prit d'angoisse à la simple idée qu'il aurait pu le perdre.
-" Votre inconscient vous a retenu. C'est une bonne chose."
-" On a eu une longue discussion, sur moi et ma façon de toujours repousser tout le monde."
Il leva son visage pour plonger ses yeux dans ceux de Finch qui l'écoutait avec la plus grande attention.
-" Pour faire court, elle m'a dit que je n'avais jamais laissé entrer personne depuis Jessica."
-" Ce n'est pas elle, c'est votre subconscient qui vous a poussé à cette conclusion John."
-" Je sais. Mais elle était tellement réelle. En tout cas, elle n'avait pas tort. Je t'ai repoussé."
Le regard de John changea, devint triste, ce qui blessa Harold.
-" Je n'ai pas fait mieux John. Nous nous ressemblons tellement... que cela en est inquiétant parfois."
Reese sourit.
-" On en a tellement vu et on a tellement perdu. C'est ce que m'a fait comprendre Carter. Que notre, mon passé, m'emprisonnait et que je m'empêchais de vivre le bonheur. La preuve: j'ai tout foutu en l'air avec toi."
-" J'en suis le déclencheur, si je ne t'avais pas tenu à l'écart..."
John nota le passage au tutoiement, comprenant que Finch se laissait à nouveau aller avec lui. Une marque de la confiance rétablie.
-" On a commit des erreurs tous les deux... tu sais ce qui m'a fait ouvrir les yeux?"
Harold haussa les épaules.
-" Elle m'a dit que des gens m'aimaient mais qu'il fallait que je les laisse entrer. Et quand j'ai vu la voiture arriver, j'ai su que c'était toi. J'ai compris. J'ai compris Harold ce que nous avions, et ce que j'avais perdu..."
Harold fut submergé par l'émotion, n'ayant pas l'habitude de voir son partenaire aussi ouvert, aussi franc. Mais il se rappela immédiatement d'une chose: Iris. Il se leva et se tourna pour que John ne voit pas ses yeux se remplir de larmes. Reese se leva brusquement à son tour, inquiet d'avoir dit quelque chose de travers et de se voir rejeté. Il ne le supporterait pas, autant qu'il l'assassine tout de suite.
-" Harold, qu'est-ce qu'il y a?"
Finch soupira pour se reprendre et se tourna à nouveau pour lui faire face.
-" Avant...avant que tu ne partes en croisade, j'ai entendu ta discussion avec Miss Morgan."
John fronça les sourcils ne comprenant pas.
-" Zoé? Il ne s'est rien passé entre elle et moi." Dit-il rapidement, sur la défensive.
-" Je sais. En revanche, elle a insinué que tu entretenais une relation avec Miss Campbel."
Il l'avait complètement oublié. Il baissa la tête et se passa la main dans les cheveux, s'ébouriffant au passage. Harold vit le malaise de son partenaire et son silence.
-" C'est donc vrai."
John ne savait pas quoi dire, alors il décida d'être le plus franc possible.
-" Oui."
Il fut surpris de voir un mince sourire sur les lèvres de Finch.
-" Je suis heureux pour toi dans ce cas."
Reese reçu un coup de poignard. Ce n'était pas vraiment l'attitude à laquelle il s'attendait.
-" Comment ça?"
-" Je ne veux que ton bien-être John. Que ce soit avec ou sans moi."
-" Alors c'est avec toi. Elle était juste là pour..."
Harold le coupa.
-" Non, s'il te plait. Je ne veux pas entendre ces mots là de ta bouche. Je t'ai toujours considéré comme quelqu'un de différent, alors ne soit pas comme tous ceux qui utilisent les autres pour..."
-" Oublier leur peine? C'était pourtant le cas Harold. Je suis désolé d'être comme tous les autres, mais elle était là quand j'ai eu besoin de t'oublier."
-" Alors tu devrais continuer John."
Reese s'avança et lui attrapa le visage.
-" Toi, qu'est-ce que tu veux?"
-" Ca n'a pas d'importance."
-" Bien sûr que si. Harold, tu m'as dit tout à l'heure que tu ne me repoussais pas, alors ne le fait pas. Je ne veux plus perdre mon temps, surtout avec tout ce qui nous attend."
Finch sembla réfléchir. L'homme au costume eut un léger sourire lisant pratiquement en lui. Il lâcha une main de son visage et la posa sur la poitrine d'Harold, juste sur son cœur. Il en perçut les battements rapides et lui dit:
-" Penses avec ça et tu ne feras pas d'erreur."
Il capta l'hésitation et n'y tenant plus choisit la manière forte en déposant lentement ses lèvres sur celles de Finch qui ferma les yeux instantanément, ressentant une vague d'émotions presque électrique le parcourir. Il éprouva le sentiment d'être à nouveau entier, comme une case vide se remplissant en lui. Il n'avait pas sentit cela depuis un moment, même au début avec lui. John finit par s'écarter un peu, et dans un murmure pratiquement inaudible et plein d'émotions, légèrement brisé, il lui soupira:
-" Je t'aime."
John n'avait jamais dit ces mots. Il savait qu'ils avaient un poids énorme, qu'il y avait un contrat dans ces mots là, comme un sceau sur un parchemin. Et Carter lui en avait fait prendre conscience. Le cœur de Finch semblait vouloir sortir de sa poitrine et exploser. Il ne s'y attendait pas et ces trois simples petits mots le frappèrent encore plus. Il savait que John n'était pas le genre d'homme à ne pas réfléchir à ses actes, à ne pas calculer le moindre impact. Et pour la première fois de toute sa vie, il ne sut pas quoi dire. Le temps paraissait s'être suspendu. Parmi toutes ces personnes l'entourant, parmi toutes ces femmes et ces hommes, il l'avait choisit lui. Il arrêta de réfléchir et écouta ce que John lui avait dit quelques secondes plus tôt, il fit ce que son cœur lui hurlait de faire: il l'embrassa sans retenu. Les hommes semblaient retrouver leur oxygène. S'en suivit un baiser passionné, traduisant tout ce qui se passait à l'intérieur, ce qu'on ne pouvait pas voir, ni entendre. Mais Harold, en homme posé qu'il était ne put s'empêcher de redevenir lui-même et coupa l'embrasement.
-" John..."
Reese caressait sans cesse son visage, comme pour être sur qu'il était bien réel, pour imprégner ses doigts de sa peau.
-" Je suis profondément touché par tout ça...plus que tu ne le crois."
-" Harold, pas de mais."
-" Il le faut bien pourtant. Ce n'est que partie remise. Je ne peux pas continuer tant que je sais que Miss Campbel croit que tu lui appartiens. Tu comprends? Je ne peux et ne veux pas être ce genre de personne."
C'était bien Harold Finch, toujours cette droiture, cette morale et ces valeurs qui régissaient sa vie. Mais c'était pour cela qu'il l'aimait, parce qu'il ne trahissait personne. Peu importe ce que cela lui coutait. John comprit et accepta. Il recula un peu plus sans rompre le contact de ses mains.
-" Si tout le monde était comme toi Monsieur Finch." Lui affirma t-il tout sourire. Harold sentit son cœur à nouveau s'enflammer devant ce sourire qu'il chérissait tant et qu'il avait enfin retrouvé.
-" Il vaudrait mieux pas. L'humanité serait perdue."
-" Pour quelqu'un qui n'est pas à l'aise avec les relations humaines, je trouve que si."
-" C'est toi qui fait naître tout ça John. Je n'ai jamais été comme cela." Admit-il en rougissant légèrement. " Et honnêtement, parfois tu me fais peur."
-"Moi?" sourcilla Reese.
-" Oui. Tu es capable de tellement de chose me concernant. Je me découvre avec toi."
John sentit son cœur s'emballer à son tour, prenant ces mots pour ce qu'ils étaient: des preuves d'amour. Il allait l'embrasser à nouveau mais Finch l'en empêcha en posant son index sur ses lèvres.
-" Même si j'en ai très envie, tant que tu n'aura pas fait le nécessaire avec ta thérapeute, restons en là."
John lui lança un regard de chien battu qui fit sourire son vis à vis. Il ajouta:
-" Mais..."
-" Harold..." Souffla Reese.
-" Je t'attendrais."
Il se recula davantage.
-" Maintenant, Monsieur Reese, je crois qu'il serait plus sage que vous retourniez vous reposer. Le docteur a dit encore deux ou trois jours."
John ne tiqua pas au passage au vouvoiement de Finch, sachant très bien que ce dernier se protégeait de ses sentiments. Il s'en voulut d'avoir pu semer le trouble dans le cœur de l'informaticien.
-" Je vais devenir fou de devoir rester au lit, tu le sais."
Harold le poussa gentiment vers la pièce avec le lit médicalisé.
-" Je sais parfaitement bien. Je sais aussi que sans ce repos forcé vous ne pourrez pas reprendre les missions. Alors choisissez votre camp."
-" Ca va, ca va, j'y retourne. Bourreau!"
-" Vous me remercierez plus tard Monsieur Reese."
John se retourna et le fixa d'un regard qui ne laissait aucun doute quant à son insinuation:
-" J'y compte bien Monsieur Finch!"
Harold leva les yeux au ciel et le poussa à se remettre au lit. L'homme au costume s'exécuta se sentant soudainement fatigué.
-" Je dois retourner au métro quelques heures, j'espère que vous saurez vous tenir jusqu'à mon retour. Ou bien dois-je demander à Bear de vous surveiller?"
-" Il ne me résistera pas si besoin."
Harold sourit et se dirigea vers la sortie
-" J'en ai bien peur. Il ne serait pas le seul..."
Il attrapa son manteau et jeta un dernier coup d'œil à John qui avait visiblement sombré plus rapidement qu'il ne le pensait.
.
Le lendemain, Harold était à nouveau au métro lorsque Root entra dans leur planque et trouva John sur le sofa en train de nettoyer son SIG.
-" Tiens, voilà la belle au bois dormant."
Reese leva les yeux et lui sourit.
-" Harry ne va pas aimer si il sait que tu es debout."
-" Surement, mais il n'en saura rien. Pas vrai?"
Elle ôta sa veste et la posa sur le porte manteau. Elle vint s'assoir à côté de John et lui donna un coup d'épaule en se collant contre lui.
-" Combien tu achètes mon silence?"
-" Je sais pas? Deux genoux?"
-" Mauvais joueur."
-" Qu'est-ce que tu fais là?"
Elle s'installa plus confortablement contre le dossier du canapé.
-" Je prends une pause, et je voulais savoir comment tu allais."
John se retourna pour la regarder quelque peu surpris.
-" Toi?"
-" Quoi?"
Puis il sourit et retourna à son arme.
-" C'est lui qui t'envoie."
Ce n'était pas une question. Root se détacha du dossier et s'assit plus prés de John qui trouvait son attitude étrange.
-" Crois-le ou pas, non. Bien que je suis certaine qu'il mourrait d'envie de m'envoyer te surveiller mais il ne m'a rien dit."
Un silence confortable s'installa entre les deux amis. Malgré tous les événements précédents, ils avaient appris à s'apprivoiser, s'appréciant même. John commençait à reconstituer son arme et finit par lui dire:
-" Merci."
-" Pour quoi?"
-" D'être venu me chercher."
Parfait. Elle était heureuse qu'il enclenche ce sujet là, car elle voulait lui parler d'Harold. Depuis qu'elle avait appris qu'il y avait eu quelque chose entre eux et qu'elle avait pratiquement été la cause de leur rupture, elle ne pensait qu'à une seule chose: tout faire pour recoller les morceaux.
-" Je n'ai pas eu le choix. Tu aurais vu dans quel état ta disparition avait mis Harry! Je ne pouvais pas le laisser comme ça."
John sourit tendrement. Elle lui redonna un coup d'épaule.
-" Et puis je t'aime bien en fin de compte."
Elle voulait lui faire comprendre que Finch avait encore des sentiments pour lui mais elle voulait faire les choses sans le brusquer, sachant pertinemment que John était quelqu'un qui pouvait vite se refermer comme une huitre pour ne plus s'ouvrir.
-" C'est gentil. J'ai eu de la chance que vous ayez pu me retrouver."
Elle décida d'en remettre une couche.
-" Ca n'a pas été facile avec ta manie de tout nous cacher et de jouer au super héros! Même Harold n'arrivait pas à te trouver. Tu sais, je ne l'ai jamais vu aussi perdu et inquiet. Alors s'il te plait, arrête de croire que personne ne tient à toi."
John se tourna brusquement croyant entendre les mots de Carter. Root eut peur d'être allé trop loin devant le regard perdu de l'ex agent. Elle tenta se rattraper.
-" Quoi? Même Lionel se faisait du souci pour toi."
Elle fut soulagée en voyant le regard de John changer et devenir plus tendre.
-" C'est ma façon de fonctionner."
Root sentit soudain son cœur se resserrer, elle regarda loin devant elle, le regard dans le vide.
-" Comme Sameen. Je crois que je t'aime bien parce que tu me fais penser à elle par moment."
John vit la tristesse dans les yeux de son amie et tenta de détendre l'atmosphère.
-" Je ne coucherais pas avec toi Root!"
Et il avait réussit. Elle tourna le visage pour l'observer et rit. Elle en profita:
-" En parlant de ça... Je sais pour vous deux."
Reese tenta de masquer sa surprise.
-" Non, je n'ai jamais couché avec Shaw, promis!"
Il leva la main en signe de bonne foi. Root n'était pas dupe.
-" Harry m'en a parlé, tellement il était paniqué à l'idée de te perdre. Et je tiens à te faire mes excuses, parce que je suis responsable de tout ça."
John avait envie de sourire. Et de la taquiner étant donné qu'elle n'était pas au courant du revirement de situation. Il ne dit rien mais ne put retenir un sourire de satisfaction devant son air suspicieux.
-" J'arrive encore trop tard c'est ça?"
Il enclencha le chargeur dans son arme et tira sur la culasse avant de poser son regard sur l'ex hackeuse.
-" Excuses acceptées."
Il se leva et alla ranger son Sig. Root se leva aussi et le regarda.
-" Vous vous êtes rabibochés?"
John ne dit rien.
-" John?!"
Elle posa ses mains sur les hanches et réfléchit tout en le regardant prendre son manteau.
-" J'aurais du m'en douter! Hier il était bien trop joyeux. Voila pourquoi il ne m'a rien dit quand j'ai modifié son code..."
Elle semblait parler seule à présent.
-" Vous ne pourriez pas partager ce genre d'information? Ca m'éviterait de perdre mon temps là!"
-" C'est toi qui veut toujours te mêler de ce qui ne te regarde pas."
-" On croirait l'entendre. Attention John, il déteint sur toi."
Il ouvrit la porte et sortit en lançant un:
-" Salut Root."
-" Où tu vas?! John!"
Il ferma la porte derrière lui laissant l'ex hackeuse, tout sourire.
-" Ces deux là... Harry, vous êtes un petit cachotier encore!"
.
John savait qu'il avait très peu de temps avant le retour d'Harold. Il fallait absolument qu'il soit revenu avant lui, au risque de s'exposer à des remontrances dont il n'avait franchement pas envie. Mais ce qu'il avait à faire avait bien trop d'importance. Son téléphone vibra dans sa poche. Il l'attrapa et lu le message tout en marchant.
Je serais chez moi dans 15min, c'est bon pour toi? Je t'aime.
Il ferma les yeux deux secondes et grimaça en lisant les derniers mots. Cela allait être plus difficile qu'il ne le pensait. Il avait beau avoir des sentiments pour quelqu'un d'autre, il n'avait pas envie de la faire souffrir. Et visiblement, il allait lui briser le cœur, mais il ne voulait plus jouer à cette mascarade. Il répondit immédiatement un simple "Ok" qui allait sans doute mettre la puce à l'oreille à la thérapeute qui avait le don de détecter les moindres intentions de John.
Il consulta sa montre une fois devant l'immeuble, chez Iris. Il détestait les ruptures. C'est pour ça qu'il ne s'attachait jamais à qui que ce soit, qu'il faisait tout pour qu'on ne s'attache pas à lui. Dès le départ il prévenait ses partenaires qu'il était l'homme d'un soir. Et ça avait toujours fonctionné. Mais là il s'était fait avoir. D'abord parce qu'il souffrait d'avoir perdu Harold, et puis parce qu'à ce moment là, l'honnêteté et la façon dont Iris lui avait avoué ses sentiments l'avait touché. Il prit son courage à deux mains et sonna.
La porte s'ouvrit et Iris fut immédiatement choquée par la pâleur de John.
-" Oh mon dieu, qu'est-ce que tu as?"
-" Ca va, ne t'inquiète pas."
Elle le laissa passer puis s'avança pour l'embrasser, Reese se laissa faire mais ne répondit pas au baiser ce qui intrigua de suite la thérapeute. Elle se recula et le dévisagea.
-" Qu'est-ce qui se passe?"
John regarda ses chaussures, cherchant la meilleure façon d'aborder le sujet. Iris capta très vite le langage corporel de son amant. Elle croisa les bras de peur de prendre de plein fouet ce qu'il s'apprêtait à lui dire.
-" Je me suis inquiétée pour toi tu sais. Toute cette semaine sans avoir de tes nouvelles. Le lieutenant Fusco m'a dit que tu étais en mission. C'est en rapport avec ça?"
-" Oui et non."
-" John, regarde-moi."
Il redressa la tête et laissa son regard être lu par Iris. Elle comprit. Elle secoua la tête et eut un sourire en coin.
-" J'aurais du m'en douter. Voilà pourquoi j'avais peur John."
Reese décida de sortir de sa léthargie, il lui devait bien une explication.
-" Avant d'être avec toi, il y avait quelqu'un. Mais c'était fini entre nous. Je croyais pouvoir oublier cette personne..."
-" Avec moi?"
Il s'avança vers elle pour tenter d'apaiser la colère dont il avait peur qu'elle sorte.
-" Non. Tu es arrivée là quand j'en ai eu besoin Iris. Et ta façon de me parler m'a profondément touché, ta façon de lire en moi comme personne ne l'avait fait auparavant."
Elle sentit les larmes monter sans pouvoir y faire quoi que ce soit.
-" Mais cela n'a pas suffit."
-" C'est plus compliqué que ça. Je ne suis pas celui qu'il te faut."
-" C'est toi qui le décide John et pas moi. C'était à moi de faire ce choix." Lui dit-elle avec calme.
-" Je suis désolé."
-" Moi aussi. Mais je ne regrette pas. J'espère que cette personne te rendra heureux."
-" Je le suis."
-" Dans ce cas, c'est une bonne décision."
Malgré le chagrin qu'elle avait, elle sentait qu'elle ne pouvait pas lutter. Cet homme était un mystère et c'est ce qui l'avait attiré. Elle s'en voulait juste d'avoir succombé. Ses amies l'avaient prévenues, mais non, il avait fallut qu'elle essaye. Il était comme un aimant, chaque fois qu'elle le voyait, elle se sentait pousser vers lui, inexorablement.
John de son côté ne savait plus quoi dire, il voyait bien malgré sa gentillesse et sa compréhension qu'il lui faisait du mal. Il ajouta simplement:
-" Au revoir Iris."
Elle s'avança vers lui et le serra une dernière fois dans ses bras. Il lui offrit ce dernier contact. Elle se détacha et lui remit sa veste en place se retenant de l'embrasser.
-" Au revoir John."
Il se recula et partit.
.
Harold arriva à la planque. Il entra silencieusement, espérant ne pas réveiller John si celui-ci dormait. Il posa son ordinateur portable sur la table basse et retira son manteau qu'il pendit au porte manteau. Il avança vers la pièce où John dormait sûrement. Il entra et fut surpris de trouver le lit vide.
-" Monsieur Reese?"
Il tourna dans la planque et fut pris de panique en ne le trouvant nulle part. Il attrapa son téléphone dans sa poche et composa son numéro. Il fut surpris d'entendre la sonnerie provenir de la porte d'entrée, puis se couper et d'entendre John:
-" Je suis là Harold." Lui qui voulait être rentré avant Finch, c'était raté. A quelques secondes prés. Le millionnaire s'avança vers lui.
-" Où étiez-vous? Vous êtes inconscient de sortir comme ça?"
-" On se détend Harold, je suis sortie une demi heure et regarde, tout va bien."
Il ôta à son tour sa veste.
-" Vous auriez dû me prévenir. S'il vous était arrivé quelque chose..."
-" J'ai connu pire. Ca va beaucoup mieux et ça ne pouvait plus attendre."
Harold fronça les sourcils et vit son partenaire s'avancer dangereusement vers lui, tout sourire. Sourire qu'il ne connaissait que trop bien. Lorsque Reese arriva à sa hauteur il passa ses mains sous la veste de son compagnon.
-" Carter m'a rappelé combien le temps est précieux. Je suis tout à toi maintenant."
-" Techniquement vous vous parliez à vous même Monsieur Reese."
-" En principe, c'est la partie de la conversation où tu me dis que tu n'en peux plus de me résister, tu m'embrasses, et on termine dans la chambre."
Harold ne put contenir son sourire plus longtemps.
-" Tu sais pertinemment que je ne fais rien comme tout le monde. Sans parler que tu n'es pas vraiment en état."
-" Tu veux que je te prouve le contraire?"
-" Quelle impertinence!"
John n'attendit plus et posa ses lèvres sur celles de l'informaticien. Ce sentiment d'être parcouru d'une décharge électrique revint le traverser. Depuis tous ces événements Finch avait l'impression que ses émotions étaient multipliées. Une vague de chaleur s'insinua dans tout son être. Il posa ses mains dans les cheveux de Reese, renfonçant le baiser qui devenait de plus en plus brulant. John monta une de ses mains dans le dos de Finch sous sa veste, le collant un peu plus, voulant sentir son corps contre le sien. L'informaticien descendit sa main gauche contre son épaule pour glisser sur sa poitrine mais il appuya sans s'en rendre compte sur la plaie. Il se recula immédiatement en sentant une légère grimace de John sur ses lèvres. L'homme au costume le rassura sans attendre, comprenant pourquoi il avait arrêté brutalement de l'embrasser.
-" Ca va Harold, ce n'est rien."
Il en profita pour remonter une de ses mains et caresser son visage.
-" C'est une mauvaise idée John."
-" Au contraire. Je me sens revivre."
Harold s'aperçu de l'émotion qui traversa le regard de son compagnon, il le regardait comme si c'était la première fois.
-" Comment fais-tu?" Lui demanda John.
-" Faire quoi?"
Il sentit la main de l'ex agent le caresser comme s'il était un mirage, un frôlement, un toucher de plume. Il se perdit dans son regard.
-"A chaque fois que ma vie expire, tu es là pour la rallonger. Chaque fois que mon passé me rattrape, toi tu fais comme si tout ça n'existait pas."
John se remémora tous les événements: leur rencontre, Snow, la bombe sur le toit, cette enquête. Harold fut touché par ces mots. Il passa à son tour sa main dans le cou de Reese, et l'attira dans un baiser bref mais tendre. Puis fut surpris par les mots qui sortirent de sa bouche:
-" Je ne le réalise qu'aujourd'hui... Parce que je t'aime John."
L'homme au costume fut frappé de plein fouet par ces quelques mots. Parce que c'était la première fois qu'il les entendait et qu'il lisait dans les yeux de son compagnon toute la sincérité. Parce qu'Harold pesait toujours chaque mot, que chaque faits et gestes avaient son importance, son poids. Il se pencha pour l'embrasser. La connexion entre eux était à son apogée. Prit dans l'émotion du moment Harold ne sentit pas les bras de John l'entourer plus fortement, mais revint à la réalité quand il sentit qu'il ne touchait plus le sol.
-" John?!"
Mais l'informaticien n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit, se retrouvant allongé sur le canapé et assaillit par les lèvres de son compagnon, qui se détachèrent de sa bouche pour commencer une course vertigineuse dans son cou. Ses mains déboutonnant habilement tout rempart à sa peau. Harold ne put empêcher sa respiration d'accélérer et son cœur de s'emballer. Mais il ne voulait pas que l'état de son amant s'affaiblisse à cause de lui.
-" John...attends..."
Mais l'homme au costume n'arrivait plus à s'arrêter, c'était devenu un besoin vital. Il détacha la cravate d'Harold jusqu'à ce qu'il sente des bras puissants le repousser, le ramenant à la réalité.
-" Doucement, tu es encore en convalescence."
John lui sourit tendrement.
-" Ne t'en fais pas pour moi, j'ai le meilleur remontant du monde dans mes bras."
-" Tu es sur?"
-" Harold... j'ai envie de te prouver que je ressens la même chose que toi, je veux me sentir vivant à nouveau, j'ai besoin de toi..."
Ces mots suffirent pour ôter toute inquiétude, toute réticence à Finch, qui s'empara de la veste de costume de John pour l'attirer sur lui et la lui retirer ensuite.
Ils s'étaient enfin retrouvé, chacun faisant vibrer l'autre, se prouvant à quel point ils s'aimaient et que le passé était déjà loin derrière eux. Ils voulaient profiter de ces quelques moments de répit, sachant parfaitement ce que l'avenir leur réservait, que l'inévitable ne pourrait pas toujours être repoussé. Alors là, à cet instant précis, le temps se figea pour ne laisser place qu'à la paix intérieure.
The end.
