OFM Chapitre 4

Bonjour à tous, me voilà de retour avec la suite de cette traduction. Pour mieux vous situer, cette histoire se déroule au niveau de la saison 4, mais ne suit pas son cours.

Encore merci pour toutes vos reviews d'encouragement, vous êtes vraiment extras.

Je vous souhaite une bonne lecture.


''Ce vêtement est tellement cher,'' dit Emma en retournant l'étiquette de prix et replaçant l'article, puis elle prit, avec peu d'enthousiasme, un autre habit.

''Tu pourras toujours prendre les vêtements que ta mère a gardés,'' railla Régina, essayant de ne pas rire en imaginant la blonde enceinte habillée en femme au foyer.

''Euh.. non merci,'' répondit Emma d'un ton indigné. ''Pas du tout mon style.''

Cela se voyait qu'Emma n'était pas du tout emballée à l'idée de chercher des vêtements de grossesse, mais après dix-huit semaines, elle ne pouvait plus reculer l'inévitable. Régina avait l'impression qu'Emma aurait souhaité faire sa grossesse entière avec sa garde-robe existante, mais un matin elle avait trouvé la femme pleurant silencieusement comme elle n'arrivait plus à fermer le bouton de son dernier jeans qui 'lui allait'.

Ensemble, elles avaient trouvé des leggings noirs plus larges et un des anciens top blancs d'Emma, qui était légèrement plus flexible. Le T-shirt lui arrivait au niveau du ventre et Régina aurait pensé qu'elle avait l'air totalement ridicule si elle ne se disait pas qu'elle était totalement adorable, faisant la moue à cause de son haut ratatiné avec son petit ventre apparaissant.

Malgré quelques protestations pour la forme, Emma avait accepté assez facilement quand la brune avait insisté qu'il était temps d'acheter des vêtements de maternité, lui lançant sa veste en cuir – ouverte bien sûr – et une paire de bottes pour aller avec cet ensemble démodé. Déjà que les possibilités de shopping traditionnel étaient limitées dans Storybrooke, c'était encore pire pour une future maman. Profitant de leur capacité unique pour quitter le petit village, les deux femmes avaient silencieusement franchi la barrière et étaient arrivées en ville.

''Je vais payer,'' dit Régina. Emma la regarda curieusement. ''Pour les habits,'' clarifia la brune.'' Ne te préoccupe pas du prix.''

Emma fit un grand sourire, mais secoua la tête. ''Tu n'as pas à faire cela,'' insista-t-elle. ''Je n'ai jamais eu à m'occuper de tout ça quand j'étais enceinte d'Henry. On m'avait donné des vêtements de prison plus amples et voilà tout.''

''Préférerais-tu avoir un uniforme de prison à la place ?'' demanda la brune avec ironie.

''Ha ha.'' Emma roula des yeux. ''Je suis sérieuse, Régina. Tu n'as pas à m'acheter quoique ce soit. C'est déjà suffisant que tu sois ici.''

Régina réfléchit aux sous-entendus de cette phrase. Ici pour aider, ici pour l'encourager... Ici et pas à des milliers de kilomètres, pendant qu'Emma était assise en prison se convaincant qu'elle ne pourrait jamais être une bonne mère.

Elle pensa au fait que cette expérience était nouvelle pour Emma, aussi. Bien qu'elle ait déjà vécu une grossesse, rien n'avait été comme ça. Elle n'avait personne sur qui compter elle n'avait eu aucun espoir. Il n'y avait eu aucune lumière à la fin du tunnel, seulement une perte. Régina savait qu'aucune des deux ne pouvait revenir en arrière et changer le passé – après tout, ce passé était ce qui les avait menées à cet instant. Mais Régina pouvait s'assurer que la blonde n'ait jamais à ressentir cela à nouveau, et c'était vraiment quelque chose.

''Emma,'' elle attrapa le bras de la femme pour attirer son attention, ''elle est autant mon bébé que le tien, pourtant tu es celle qui fait tout le dur travail. Payer quelques vêtements est le moins que je puisse faire. Me laisseras-tu faire ?'' Emma accepta enfin, un sourire idiot sur les lèvres. ''Très bien. Et pour ma présence, je t'ai dit que nous affronterons cela ensemble, n'est-ce pas ? Je voulais dire par là tout cela. Je te le promets, il n'y a aucun autre endroit où je voudrais être à cet instant.''

Les yeux verts commencèrent à briller et Emma se pinça légèrement les lèvres. Régina ne pouvait pas croire qu'elle venait de faire cette erreur en publique. ''Oh, sapristi...'' elle soupira et jeta un regard autour d'elle tout en passant la main dans le dos d'Emma pour la réconforter. ''Ne commence pas maintenant.''

Par miracle, la blonde réussit à se ressaisir en prenant une grande et longue inspiration juste au moment où une petite vendeuse blonde se rapprocha d'elles. ''Tanya,'' était marqué sur son badge.

''Puis-je vous aider mesdames ?'' demanda Tanya avec une joie forcée.

''Ouais,'' répondit Emma, montrant son ventre. ''Nous recherchons un habit pour loger tout ça.''

''Je vois,'' rit Tanya. ''Donc vous êtes sans aucun doute la future maman, et cette femme est votre... sœur ?''

''Ma chère,'' se moqua Régina avec un sourire condescendant, ''avons-nous l'air d'être sœurs d'après vous ?''

Tanya rougit. ''N-non, je suppose que non,'' bégaya-t-elle comme Régina lui faisait un regard noir. ''Vous êtes vraiment une bonne amie pour l'accompagner.''

La supposition de la femme énerva au plus haut point Régina. Même si techniquement parlant elle ne pouvait pas corriger Tanya vis-à-vis de leur relation, elle pouvait toujours laisser le petit tamia (espèce d'écureuil) savoir combien elle avait été présomptueuse.

''C'est mon bébé,'' grogna la brune, sans jamais dévier le regard.

''Oh ! Pardonnez-moi, je-'' bredouilla la vendeuse, vraiment mal à l'aise, mais Régina ne se radoucit pas. ''Je veux dire, félicitations. A vous deux.''

''Respire,'' gloussa Emma avant que la femme n'ait une crise cardiaque. ''Ses aboiements sont bien pire que ses morsures.''

Tanya soupira, soulagée, et retourna son attention sur Emma, même si son regard se porta plusieurs fois sur Régina tant elle était nerveuse.

''Recherchez-vous un style en particulier ?'' demanda-t-elle.

''Est-ce que vous avez des habits sans... fleur ?'' demanda la blonde, tenant une des chemises avec ce motif en faisant une grimace de désapprobation.

Tanya regarda de haut en bas l'ensemble de la blonde, puis approuva. ''Je pense que je peux vous trouver quelques articles, si cela vous convient mesdames pouvez-vous m'attendre au niveau des cabines d'essayage ?''

''Pas de soucis, merci,'' dit Emma en faisant un sourire d'encouragement. Le jeune femme s'éloigna, et Emma se tourna pour faire un regard noir à la brune. ''Sois gentille,'' réprimanda-t-elle.

''Je n'aime pas sa façon de parler,'' répondit Régina pour changer de sujet, les bras croisés au niveau de la poitrine.

''C'est encore une enfant, Régina. Elle ne disait pas ça méchamment,'' insista la blonde. ''Maintenant, allons-y pour s'assurer qu'elle ne choisisse pas une collection d'habits à motif.''

En fin de compte, Régina devait admettre que Tanya avait fait du bon boulot pour trouver le style d'Emma. Des t-shirts et débardeurs simples et moulants, quelques sweats confortables, et même quelques robes simples. Et bien évidemment, des jeans. Des jeans délavés, des jeans sombres, et des jeans noirs. Emma ne pouvait sûrement pas survivre les prochains mois sans ses jeans.

''Mais qu'est-ce que c'est ?'' rouspéta la blonde depuis la cabine d'essayage. Elle tira le rideau, portant le jeans noir avec seulement son soutien-gorge. Régina essaya de ne pas l'assimiler à celui qu'elle portait cette nuit-là, mais elle ne pouvait pas ignorer combien sa poitrine était imposante pour ce soutien gorge.

''Qu'y a t-il ?'' répondit sèchement la brune, ne voyant rien qui sortait de l'ordinaire.

''Ça,'' siffla Emma, saisissant le surplus de tissu autour de son ventre de façon dramatique. Sa colère due à cette incompréhension était vraiment comique, ce qui força Régina à retenir son rire.

''Ce sont des jeans de maternité, très chère,'' expliqua-t-elle le plus sérieusement possible. ''Il faut bien qu'ils tiennent.''

''J'ai l'air ridicule !'' se plaignit la blonde.

''Bon, Emma,'' Régina se leva pour aller la rejoindre dans la cabine avant que sa frustration ne se transforme en larmes. ''Personne d'autre que toi ne le verra,'' expliqua-t-elle, attrapant un t-shirt noir et le donnant à l'autre femme. Emma comprit le message et l'enfila, puis Régina ajusta tendrement l'ourlet au moment où la blonde libéra sa chevelure dorée du décolleté.

''Tu vois ?'' dit Régina, tournant la blonde vers le miroir tout en regardant par dessus son épaule. ''Ce n'est pas ridicule du tout. Et n'essaie pas de me faire croire que tu ne te sens pas plus à l'aise là-dedans que dans tes jeggings qui te collent.''

''D'accord,'' râla Emma, mais on sentait un sourire poindre sur ses lèvres. ''Tu as gagné.''

Elles achetèrent tout ce que Tanya leur avait montré, dû à l'insistance de Régina, ainsi que de meilleurs sous-vêtements et une nouvelle veste qui pouvait se fermer. Emma porta directement la veste et les habits qu'elle venait d'essayer en sortant du magasin, mettant ses anciens vêtements ne lui allant plus du tout dans un des sacs.

En sortant du magasin, Régina fut déçue de retourner à la maison si tôt. Cela faisait du bien de sortir un peu, d'avoir Emma rien que pour elle pendant quelques heures. Elle n'était pas prête à la partager à nouveau avec tout Storybrooke.

''Comme nous sommes déjà dehors,'' dit Régina l'air de rien, car il n'était pas question de proposer à Emma un rendez-vous, ''pourquoi n'irions-nous pas manger quelque part ?''

''Régina, tu devrais arrêter de dépenser tout cet argent pour moi,'' répondit affectueusement la blonde.

''Oh, ce n'est pas pour toi,'' plaisanta la brune. ''Je veux simplement pouvoir nourrir mon enfant, et il semblerait que je doive passer par toi pour pouvoir le faire.''

Emma rit. ''Eh bien, dis comme ça...''

''Allez. Combien de fois as-tu l'occasion de sortir de Storybrooke ?'' pressa-t-elle avec un petit coup de coude joueur. ''Nous pouvons prétendre être normales pendant une heure.''

''Normales,'' grogna la blonde. ''Je ne sais même plus ce que signifie ce mot.'' Elle passa la main sur son ventre, et son ventre grogna en retour. ''Bon,'' dit-elle en riant, ''Je suppose qu'une heure de plus ne va pas me tuer.''

OoOoO

Non loin, elles trouvèrent un petit bistro qui n'était pas forcément du goût de Régina, mais qui n'était pas affreux non plus, et elle supposa que cet environnement détendu serait bien mieux pour Emma qu'un restaurant chic. Le Maire était déjà très heureuse d'être en présence de l'autre femme, alors elle voulait que la blonde apprécie le temps passé ensemble. Le choix du restaurant n'était qu'un petit compromis à faire. Elles s'installèrent dans un box avec de grands dossiers, leur offrant un coin à l'abri des autres clients.

''Tu penses qu'elle aura de la magie ?'' demanda la blonde, poussant son plat vide sur le côté.

''Comme ses deux mères en possèdent,'' répondit Régina, ''Je dirais que c'est presque certain.''

''Oh mon dieu,'' soupira Emma. ''Je suppose qu'il n'y a pas un livre expliquant ce qu'il faut attendre d'un bébé magique la première année.'' Elle rit, mais Régina remarqua que derrière cette plaisanterie se cachait une véritable inquiétude.

''Non en effet,'' dit-elle, sentant une once de courage comme elle prit la main d'Emma dans la sienne. ''Mais tu n'en auras pas besoin. Tu vas être une merveilleuse mère, Emma. Tout comme tu l'es avec Henry. Il t'adore, et cette petite t'adorera aussi.''

''C'est juste que je ne veux pas faire d'erreurs et gâcher sa vie,'' confessa la blonde. ''Tu t'es tellement bien occupée d'Henry.''

''Et dois-je te rappeler que j'ai aussi fait quelques erreurs avec lui,'' continua Régina pour la rassurer. ''Personne ne sait jamais quoi faire au début, voilà le secret. Et c'était le cas pour moi. Tu comprendras au fur et à mesure. Et je serai à tes côtés dans cette épreuve.''

''Mon dieu, Régina,'' gloussa Emma, émue à nouveau, ''Si on m'avait dit il y a un an qu'on en serait là à présent, je les aurais trouvés fous. Et maintenant... Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.''

Son estomac fit un bond et, pendant un instant, Régina ne sut que répondre. C'était tellement proche de ce qu'elle avait toujours voulu entendre, et pourtant cela ne l'était pas totalement. Alors elle fit juste un sourire, serrant légèrement la main de la blonde pour la rassurer tout en disant : '' C'est une chance que tu n'aies jamais à le savoir jamais,'' avant de la lâcher.

La main libre d'Emma bougea pour venir caresser son ventre, comme elle le faisait souvent, et elles restèrent assises pendant un long moment dans un silence confortable. Régina imagina qu'Emma devait apprécier la proximité avec sa fille, ayant passé sa dernière grossesse à essayer de se protéger et ne pas s'attacher à ce fils qu'elle n'allait pas pouvoir garder.

''Mon dieu,'' marmonna la blonde. ''Soit elle apprécie vraiment ce plat ou alors elle le déteste car elle est en train de donner des coups de pieds comme une folle.'' Elle tapota un peu plus fort sur son ventre puis haleta.

''Quel est le problème ?'' demanda Régina, ne réussissant pas à garder son calme malgré un essai.

''Rien,'' répondit Emma en souriant, se levant de son siège et allant s'asseoir à côté de la brune de l'autre côté. Avant que la brune ne puisse montrer sa surprise face à son excitation, Emma attrapa sa main et la plaça fermement sur son ventre. ''Je pense que tu devrais pouvoir la sentir.''

''Vraiment ?'' demanda-t-elle en retenant son excitation. Emma avait senti son bébé bouger depuis quelques temps déjà, mais jamais assez fort pour que Régina puisse la sentir en posant sa main, et elle le voulait vraiment. Emma pressa leurs doigts plus fort contre son ventre, et Régina devint nerveuse. ''Je ne veux pas te faire de mal,'' murmura-t-elle.

''Ce n'est pas le cas,'' promit la blonde, tapotant son ventre. ''Allez, gamin,'' dit-elle en roucoulant. ''Bouge pour ta mère. Elle veut aussi te rencontrer.''

Regarder Emma parler à son ventre fit naître des papillons dans le ventre de la brune. Bien sûr c'était idiot, ce n'est pas comme si leur fille était vraiment en train de les écouter, et Régina serait maudite avant qu'elle ne laisse quelqu'un voir qu'elle était devenue si gentille. Mais la façon qu'avait Emma de parler d'elle en s'adressant au bébé faisait apparaître dix différentes nuances de fleur bleue et de ridicule sur le visage de la brune.

Avant qu'elle n'ait eu le temps de se critiquer pour ces émotions traîtres, il y eut un petit coup contre sa main. Le cœur du Maire fondit.

''Est-ce que tu l'as senti ?'' demanda Emma avec espoir.

''Oui,'' haleta Régina, faisant un sourire comme le lamentable chat Cheshire, ne se préoccupant pas le moins du monde de ressembler à cette créature sur le moment.

Cette enfant semblait si souvent irréelle. Juste une bosse sous les habits d'Emma, une notion que Régina avait du mal à comprendre. Sûrement parce qu'elle ne pouvait croire qu'elle méritait tout ce qui arrivait. Bien sûr, tout pouvait sembler être idéal, mais elle ne pouvait imaginer un moyen de rédemption possible qui l'ait rendue digne de ses enfants – ou la chance de les partager avec la femme à côté d'elle.

Elle avait eu des moments de lucidité avant. Des instants où la réalité l'avait rattrapée, et Régina se sentait complètement consumée par la joie, le stress, l'excitation et la peur que chaque parent ressent, bien que plus intense comme toutes ces émotions étaient condensées en un seul fugace instant.

Quand elles avaient appris que leur bébé était une fille, le deuxième enfant de Régina était devenue réelle à ses yeux. C'était la première chose qu'elles avaient su sur leur bébé. Quand elles avaient entendu le battement de son cœur cette nuit-là à l'hôpital, soudain l'enfant n'était plus seulement réelle, elle était en vie.

Et maintenant qu'elle sentait le petit coup contre sa paume, tout avait changé encore. Ce bébé n'était pas juste vivant. Elle vivait. Bien évidemment, leur future enfant manquait toujours d'une vraie once d'intelligence ou d'intention dans ses actions, mais cela ne changeait pas le fait qu'elle n'était plus abstraite. Elle vivait et bougeait et agissait selon sa propre volonté, détachée des limites de l'imagination de Régina. Emma devait sûrement plaisanter quand elle disait que Régina voulait rencontrer le bébé, et pourtant c'était exactement ce qu'elle sentait qu'il venait de se produire, et la brune fut immédiatement sous le charme de sa fille.

Réalisant qu'elle fixait le ventre de la blonde depuis un long moment, Régina rehaussa le regard, les larmes aux yeux, et fut accueillie par un doux sourire. Il y avait quelque chose de plus, une lueur qui scintillait dans les yeux verts. Elle était sûre de la reconnaître, mais c'était comme un déjà vu – cette sensation d'un souvenir qu'elle ne pouvait nommer. L'image de Daniel apparut devant ses yeux et disparut aussitôt, mais ce fut suffisant pour que le ventre de la brune se torde et que sa respiration se stoppe. Maintenant elle se souvenait combien ses yeux brillaient juste avant qu'il ne l'embrasse. La même lueur que celle dans les yeux d'Emma.

Sa respiration était superficielle, et Régina pouvait seulement la fixer, car en aucun cas ce qu'elle voyait pouvait être ce qu'elle pensait. Sa main était toujours sur le ventre de la blonde, la main d'Emma pressée sur la sienne, et aucune des deux femmes ne bougeaient ni ne rompaient le contact. Plus elle l'observait, et plus la brune commençait à penser que oui, peut-être que cette lueur était vraie. Peut-être, juste peut-être, si Régina essayait de l'embrasser, Emma la laisserait faire.

La brune n'aurait jamais osé essayer, elle n'aurait même jamais considéré le faire de peur de détruire ce qu'elles avaient. Elle ne pouvait pas se tromper pourtant, et avec hésitation et timidité, elle retrouva sa voix, tremblante.

''Emma, je...''

Mais avant qu'elle n'ait eut le temps de dire autre chose, un exubérant jeune homme apparut d'un côté du box.

''Avez-vous besoin d'autre chose mesdames, ou voulez-vous que je vous apporte l'addition ?'' dit-il avec entrain. Il s'agissait de leur serveur, un garçon nommé Oliver, qui aurait du se sentir chanceux que la magie de Régina ne fonctionne pas en dehors de Storybrooke sinon il aurait fini rôti.

''L'addition, s'il vous plaît,'' répondit poliment la blonde, se détournant de Régina pour lui répondre. Oliver hocha de la tête et se pressa d'aller chercher leur note. Quand Emma se remit dans sa position précédente, la lueur avait disparu, et Régina pensa l'avoir imaginée au final. ''Désolée, qu'allais-tu dire ?''

Je t'aime, pensa la brune, son cœur se serrant comme elle se perdait dans ces si beaux yeux. Elle aurait juré avoir vu la même émotion dans ces yeux. Je t'aime tellement.

''Rien,'' répondit-elle à la place. ''Cela n'a plus d'importance.''

OoOoO

Henry avait été un peu jaloux quand elles lui avaient parlé de leur excursion en dehors de la ville, et après lui avoir expliqué que des fois les parents font des sorties sans leurs enfants et que ce n'était pas grave, ses mères lui avaient promis un dîner familial chez Granny en fin de semaine.

''Alors, avez-vous réfléchi à des prénoms pour ma sœur ?'' demanda-t-il avec excitation, assis à côté de Régina.

''Euh,'' répondit Emma de l'autre côté de la table, ''je pensais lui donner le prénom de ma mère mais...''

''Pas question de l'appeler comme une précipitation glaciale,'' coupa Régina.

''Ta mère ne veut pas,'' finit la blonde avec un sourire moqueur.

Régina lui lança un regard noir. Pour une fois, elle essayait vraiment de ne pas être compliquée. Elle pensait juste que ce nom était ridicule, et que sa fille ne se nommerait jamais comme ça. Elles n'étaient pas des célébrités Hollywoodiennes – elles pouvait trouver un prénom normal et joli pour leur fille.

''Henry, tu peux me passer le ketchup ?'' demanda Emma, incapable d'attendre de l'avoir avant de manger une de ses frites. Henry regarda dans la corbeille au bout de la table.

''Il n'y en a plus,'' dit-il en haussant les épaules.

''Merde,'' murmura la blonde. ''Je reviens.''

''Veux-tu que j'aille le chercher pour toi ?'' demanda Régna, à moitié inquiète et quelque peu amusée de voir Emma se débattre pour sortir son ventre rond du box.

''Non, non,'' assura-t-elle, sortant victorieuse du banc. ''Je m'en occupe.''

Juste au moment où elle s'approcha du comptoir et fit sa requête, le carillon de la boutique retentit et entra l'homme que Régina détestait le plus dans Storybrooke.

''Quel hasard de te rencontrer ici,'' dit Hook, derrière Emma, ce qui la fit se retourner, alarmée. Régina détestait le fait de rester assise à regarder le pirate harceler la femme qu'elle aimait, mais Emma était une grande fille, et elle ne lui appartenait pas. Donc elle resta plantée sur son siège, les écoutant attentivement.

Une fois qu'Emma lui fit face, surprise, le regard de Hook se porta immédiatement sur son ventre proéminent. ''Je vois que tu t'en es bien remise, Swan,'' ricana-t-il.

''Comme tu peux le voir,'' répondit la blonde avec mépris.

''Oserais-je demander qui est le père ?'' demanda-t-il, ce qui irrita Régina. Ce n'était pas ses affaires, et au vu de sa façon de parler, il était certain que l'homme n'était pas sobre. ''Ou comptes-tu élever celui-là, avec Régina aussi ?''

Elle ne pouvait plus tenir, et ordonna à Henry de rester assise alors qu'elle se levait. C'était peut-être le problème d'Emma, mais il était hors de question qu'elle reste assise pendant que cet imbécile parlait de leur fille comme d'une bâtarde illégitime.

''Cet enfant est à moi,'' aboya Régina presque au milieu de la pièce avant qu'elle ne commence ses attaques verbales. ''Bien que cela ne vous concerne pas le moins du monde.''

''Votre Majesté,'' répondit-il avec dédain, ''Je n'avais pas vu que vous étiez ici aussi. Quelle... eh bien, je ne peux pas dire 'plaisante', mais c'est bien une surprise.'' Se retournant vers Emma, il reprit son interrogatoire. ''Donc, tu es avec Régina, à présent ?''

Juste au moment où Régina allait objecter son affirmation, elle fut coupée par la réponse d'Emma.

''Ouais,'' dit-elle avec défiance, faisant retourner le ventre de la brune, confuse, après tant d'exemples de déni absolu. ''Je suis avec Régina, et nous allons avoir un enfant.''

''J'aurais dû m'en douter,'' se moqua Hook. ''J'ai toujours su qu'il y avait quelque chose entre vous. Ces regards... Personne ne regarde un ami de cette façon.'' Il retourna son attention sur la brune. ''Merde alors, je ne vous voyais presque jamais, et pourtant j'avais l'impression de sortir avec vous deux vu la façon dont Emma braillait à votre propos tout le temps.''

Régina était sous le choc. Emma avait suggéré que Hook était jaloux de leur relation, mais jamais elle n'avait pensé de cette façon. Elle se demanda de quels regards il parlait, si ils ressemblaient à ceux échanger dans le bistrot. Elle se demanda ce qu'Emma disait sur elle quand elle n'était pas là. Elle se demanda si quelqu'un d'autre que le pirate pensait comme lui, et elle se demanda ce que cela pouvait signifier.

''Je pense qu'il est temps que vous partiez,'' dit Régina fermement, ne voulant pas que cet ivrogne dérange sa si chère famille. ''Buvez du café, ou allez dormir. Je m'en fous. Mais laissez notre famille tranquille.''

Il leva les mains dans un geste moqueur d'abandon – on voyait qu'il n'était pas sincère à son visage – et se dirigea vers la porte. Le carillon retentit encore, puis il était parti. Les deux femmes soupirèrent, rassurées de son départ, même si Régina ne pouvait s'empêcher d'être irritée par ce qui venait de se produire.

''Merci d'avoir joué le jeu,'' dit Emma en se calmant.

''Oui, eh bien,'' répondit Régina sévèrement, essayant de ne pas montrer toute sa contrariété, ''à l'avenir, je préférerais être prévenue avant d'être utilisée comme un moyen de rendre ton copain jaloux.''

Emma semblait vraiment offensée par la remarque.

''Ex-copain,'' répondit-elle, énervée par l'attitude de Régina. ''Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis enceinte d'un enfant qui ne risque pas d'être à lui. Et je n'essayais pas de le rendre jaloux. Je ne voulais pas qu'il pense que je suis libre.'' Elle fronça les sourcils et secoua la tête. ''Mais quel est ton foutu problème, de toute façon ?''

Elle avait laisser sa jalousie répondre pour elle-même, voilà son problème. Elle ne pouvait empêcher cette peur que, malgré le choix rationnel d'Emma de le quitter, elle puisse encore avoir des sentiments pour cette ordure. Ce n'était pas grave qu'Emma ne soit pas à elle. Ce n'était pas grave que Régina se fasse des films pour leur relation. C'était juste un fantasme qui lui était cher, et chaque menace contre son existence était bouleversant.

Elle réalisa honteusement que ce n'était pas une raison pour répondre aussi sèchement à la blonde.

''Rien,'' répondit-elle lamentablement. ''Allons manger.''

Elle essaya de mettre fin à la conversation, de passer à côté de la femme, mais elle fut retenue par une main familière.

''Non,'' exigea Emma, même il y avait une sorte de gentillesse, de demande dans sa voix. ''Je veux savoir.''

Elle ne pouvait pas. Il était hors de question de dire la vérité à la blonde. Il était impossible de lui expliquer. Il était hors de question d'expliquer à son objet de désir que d'être seulement une couverture à ses yeux suffisait à broyer son âme. Régina ne savait pas quelle autre vérité avouer, à part confesser que son cœur se brisait au fur et à mesure des jours.

Pour faire court, la vérité ne serait pas suffisante. Régina détestait mentir à la blonde, mais certaines vérités n'étaient pas bonnes à dire.

''Il va dire à tout le monde en ville que nous sommes en couple,'' mentit-elle sans grande conviction.

''Tu es inquiète à propos de rumeurs ?'' répondit Emma en reniflant.

''Non ! Je... juste...'' Régina passa la main dans ses boucles noires. ''Les choses sont déjà assez compliquées,'' se reprit-elle. ''Et devoir expliquer tout ça aux gens va être encore... cela sera pénible, voilà tout.''

Ce mot est un véritable euphémisme. Cela la tuerait, autant de fois que cette histoire serait racontée, de renoncer à ce qu'Emma devienne son amante encore et encore. De le déclarer au monde entier et de se rappeler que la femme qu'elle aimait autant, qui animait chacune de ses journées, n'était pas et ne serait jamais sienne.

La réaction auquel Régina ne s'attendait pas, furent les bras d'Emma venir la prendre et la serrer fort.

''Je suis désolée, Régina,'' murmura la blonde entre ses cheveux. ''Je sais que l'attention a tendance à se focaliser sur la femme enceinte, mais je devrais faire plus attention à toi aussi, au fait que c'est aussi important pour toi.'' Ces bras forts contre son dos et ce souffle chaud contre son oreille empêchèrent la brune de se concentrer, mais elle força son attention. ''Tu as été tellement gentille avec moi, et je veux que tu saches que j'apprécie ce fait,'' la femme continua, ''et que je suis vraiment heureuse d'avoir cet enfant avec toi, qu'importe le fait que cela paraisse fou pour les autres.'' Emma se recula, regardant Régina dans les yeux tout en finissant, ''je sais par expérience que tu es la mère parfaite pour mes enfants.''

Une boule se forma dans la gorge de la brune, et elle la ravala avec difficulté. Elle ne voulait pas pleurer en plein milieu du Granny. Pas à cause de si belles paroles.

''Si tu as fini d'être autant bouleversée,'' dit-elle avec nonchalance, comme si son discours ne l'avait pas du tout touchée, ''j'aimerais retourner à table.''

''Bien sûr.'' Emma sourit, voyant à travers le masque. ''Allons manger.''


Et voilà ce chapitre est fini, j'espère qu'il vous aura plu. J'attends avec impatience vos avis ;)

Merci à Summerspell, tu es vraiment la meilleure tu sais :*