-Dis papa, pourquoi Loki est partis, demandais-je enfin à Odin, trois semaines après le départ de mon frère.

-Qui ça ?

-Papa… Pourquoi t'agis comme s'il n'avait jamais existé ? Qu'es ce qu'il s'est passé ? J'ai le droit de savoir, non ?

-Le droit… Le droit de savoir ? Comme Loki avait le droit de partir, c'est ça, s'énerva soudain Odin.

-Euh… Oui, j'imagine, répondis-je sans trop comprendre de quoi il parlait réellement.

Papa poussa un long soupir. Maman rentra dans le salon et s'assit à côté de papa et posa ses mains sur les siennes, comme elle l'avait fait à l'hôpital. Papa regarda maman, puis me regarda dans les yeux.

-Frigga n'a pas été totalement honnête avec toi. Sur Loki. Oui, il a été adopté, mais l'histoire qu'elle ta raconté est celle que nous aurions aimé raconter à ton frère. Mais ce n'est pas la vérité. La vérité est plus dure, plus noir, et difficile à entendre. Tu es sûr de vouloir l'entendre ?

J'hocha la tête, attentif au parole de mon père.

-Lors de la seconde guerre mondial, en 1945, je dirigeais les troupes en Allemagne et nous attaquions la ville de Jötunheimr, car c'est là-bas que vivant le général Laufey. Nous avons mis la ville à feu et sang, tuant tous les habitants pour trouver Laufey. Ma mission était de le tuer. Quand je l'ai finalement trouvé, il tenait dans ses bras son dernier né, enveloppé dans le drapeau du Reich. Il a posé l'enfant à même le sol. Je m'en souviens très bien, il était bleu de froid, je le croyais mort… Laufey m'a attaqué et c'est lui qui m'a arraché mon œil, mais c'est moi qui est gagné le combat. Je l'ai tué, puis je suis allé voir l'enfant. Il respirait encore, doucement. Alors, j'ai décidé de le recueillir, de le garder sous mon toit… Mais pas pour avoir un nouveau fils, non. Je voulais voir si le nazisme serait, comment dire… Héréditaire. Mais avec le temps, Loki est devenu mon fils. En apprenant la vérité, Loki n'a pas retenu qu'il était devenu mon fils, mais qu'il était né nazi.

-Nous n'aurions pas dû attendre si longtemps pour lui apprendre la vérité… Et encore, lui la dire, c'est un bien grand mot, continua maman. C'est lui qui l'a compris seul, il faut dire qu'il a toujours été incroyablement perspicace et intelligent… Il est tombé sur la photo que nous avions faite lors de la dernière permission de ton père, un mois avant qu'il parte attaqué Jötunheimr. Il a remarqué que je n'étais pas enceinte, et tout de suite il a compris…

Les informations essayaient de s'imprimer dans mon cerveau, mais elles eurent du mal. Loki était fils de nazi ? Et papa avait tué son père, et tous les habitants de son village ? Papa ne parlait jamais de la guerre, je savais qu'il avait tué mais jamais je n'aurais crus qu'il avait tué autant de personne. Surement des innocents, en plus ! Je ne le verrais plus jamais pareil…

-Mais… Il devait y avoir des innocents, non ? Des civils ?

-Ma mission devait être accomplie, quel qu'en soit le prix, Thor… Alors oui. Mais je n'avais pas le choix, fils, la chute du nazisme et la victoire ne se font pas sans sacrifice. C'est le prix de la paix, tu comprends ?

Je déteste quand papa fait ça, quand il me force d'être de son avis. Mais je hocha quand-même la tête. Il avait des ordres, et quand on est soldat, on obéit aux ordres et on ne pose pas de question, on ne réfléchis pas.

On resta en silence comme ça, assis dans le salon et perdu dans nos pensées et souvenir.

-Il me manque tellement, murmura maman avant de pleurer. Moi, je ne suis pas sûr qu'on lui manques, pensais-je. J'essaya de me rappeler la dernière fois que j'ai vu mon frère rire, où encore sourire, mais l'image que me formait mon cerveau avait plutôt l'aire d'une reconstruction. J'espère que là où il se trouve, il est heureux… Mais qu'es ce qui rend mon frère heureux ?

-C'est étrange, tu sais… J'ai toujours sus que j'étais différent.e –et je ne te parle point du fait que je sois adopté.e où enfant de nazi- mais ce n'est que depuis mon départ que ma différence c'est accentué.e. Certes j'ai toujours eu ces changements de genre mais jamais je n'avais pu les vivre auparavant. Et il était plus faible, il durait moins longtemps. Enfin cela vari… Parfois cela dure longtemps, par exemple chez Thomas je me suis sentie fille pendant presque deux semaines, mais la plupart du temps ces changements dure quelque heure, voire quelque jours, mais jamais plus d'une semaine… Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive, Fenrir, ces changements de genre me perturbe. Mais j'aime ça, tu sais. J'aime changer de genre. J'ai plusieurs genres. Plusieurs genres en une seule personne, comment es-ce possible ? Je l'ignore, je n'ai pas souvenir d'avoir lu.e quoi que ce soit dessus. Cela fait-il de moi un être supérieur ? Supérieur aux humains ? Je vaux mieux qu'eux, je l'ai toujours su. Toi aussi, tu vaux mieux qu'eux, mon ami.

Comme simple réponse, Fenrir aboya joyeusement.

-Moi aussi je suis Fenrir… Bien que j'ignore ce qui m'arrive, ce que je suis, je suis …. Mais c'est un peu plus compliqué que cela, alors laisse-moi essayer de t'expliquer, d'accord ? Parfois je suis une femme, parfois je suis un homme. Parfois je suis même les deux en même temps, mais la plupart du temps, comme maintenant, je suis juste… Comment dire ? Comme si je n'avais pas de genre, tu vois ?

Je resta perdu.e dans mes pensé.es quelque seconde exprimé à voix vive ce que je ressent depuis toujours, mais que jamais je n'ai pu.e vraiment avouer, ce n'était pas si facile, même si mon interlocuteur n'est autre que mon meilleur ami.

-Je pense, pour rendre les choses plus facile, qu'il faudrait que chacun de mes genres ait sont propres prénoms. Par exemple, lorsque je suis une femme, je m'appellerais Leikn, et quand je n'ai pas de genre, je serais Loki. Quand je suis homme, disons qu'on m'appellera… Je ne sais pas encore, Léif je pense. Il faut qu'il commence par un L, tu sais, c'est important pour moi… Tu aimes bien Léif, comme prénom ?

De nouveau un aboiement. J'ai de la chance d'avoir un compagnon qui me comprend, avec qui je peux monologuer. Si toutes ces pensées étaient restées à l'intérieur de ma boite crânienne, mon raisonnement n'aurait pas aboutis si rapidement.

-Et quand je suis à la fois homme et femme… Eh bien on avisera, nous avons le temps. Mais pourquoi pas Lorth, pour rendre hommage à ma très chère mère…

Je m'adossa à un arbre et leva la tête vers les étoiles. En poussant un soupir de bien être, j'invita Fenrir a posé sa tête sur mes jambes, ce qu'il fit sans se faire prier.

-Tu sais mon beau, si j'avais qu'il me suffisait de quitter la maison pour me sentir mieux, cela ferais longtemps que je serais partis… Qui sait ce que j'aurais pu éviter ? Combien de larme auraient pu être sauvé ? Combien d'espoir ? Moins de sang aurait coulé, moins de cicatrices à cacher… Je n'ai que gagner en partant. J'ai gagné ma liberté, la vérité. Regarde-moi, je suis ! Jamais je n'aurais été autant là-bas…

Par souvenir du passé, mon pousse gauche effleura mon avant-bras droit rugueux, il est plein de petite bosse plus ou moins fine. Je ne regrette pas mes actions du passé, je vis bien le fait d'être une âme perdue.

Aucune action n'es dû au hasard, rien n'es fait sans but, et même si avec le temps, les objectifs du passé nous échappe, ils étaient à l'époque d'une importance capitale, et pour atteindre cet objectifs, parfois des cicatrices sont nécessaires…

Comme s'il avait lu dans mes pensées, Fenrir donna un coup de langue sur mon avant-bras. Le vent de l'est commença à soufflé et la pluie ce mit à tomber. Dormir sous un toit ce soir pourrait-être une chose intelligente, il ne faudrait pas attraper froid, et je ne peux infliger plus longtemps à Fenrir de dormir à la belle étoile. Nous reprîmes donc notre route et prirent une chambre pas chère dans le première motel que nous avons croisé. Une fois la chambre payé, Fenrir partit chassé et moi je partis m'acheter de quoi manger, végétale si possible. Je n'ai jamais vraiment aimé.e la viande.

Fenrir revient avec du sang frais sur le museau. Je le lui essuya de mes mains avant de frotter ces dernières machinalement sur mon tee-shirt. Je profita de la douche pour décrasser mon corps avec de l'eau chaude. J'y resta jusqu'à ce que chacun de mes muscles soient entièrement détendus, chaque cellule réchauffé, que le sang distribué par mon cœur dégèle. Cela pris du temps et se révéla inefficace. J'entendais encore et toujours les paroles d'Odin, qui se répétait en boucle dans ma tête, comme un vinyle rayé que l'on ne peut débrancher.

« L'éducation joue son rôle »

« Enveloppé dans un drapeau nazi »

« Laufey, un général allemand du troisième Reich… Que j'ai tué »

« Il est de ton devoir de m'obéir »

« Ton droit de naissance est de mourir, Loki ! »

De mourir, Loki, de mourir ! Ton droit de naissance est de mourir, Loki ! Ton seul droit est de mourir ! Il y a un monstre dans cette maison, et ce n'est pas ton chien.

-Stop, arrête ! Tais-toi, tu ne sais rien, tu n'as jamais rien sus, hurlais-je devant le miroir.

Pourquoi, pourquoi était-il revenu me hanter de la sorte ? Je me portais pourtant si bien en son absence, pourquoi doit-il toujours tout gâché ? Je te déteste tellement Odin, je te hais tellement…

Hey! Voilà la suite des aventures de Loki! Alors, que pensez-vous de ce Loki genderfluid ?