Happy New Year, Lisa !

Partie 4.

Elle l'entendit se lever et se retourna.
Son cœur manqua un battement lorsqu'elle le vit s'approcher, les yeux brillants de désir, sous la lumière blafarde de la petite salle...
- Arrêtez tout ça House, reculez !

Il stoppa à quelques centimètres d'elle mais ne la toucha pas, se contentant de la fixer intensément.
Elle ne put s'empêcher de rougir et baissa les yeux, gênée des idées salaces qui la traversaient de part en part...
Un doigt sous son menton la força à relever la tête.
Il murmura :
- Vous en avez autant envie que moi. Je ressens votre désir, vous êtes troublée. Lisa....

Elle sursauta à l'écoute de son prénom mais garda les yeux baissés.
Il continua :
- Lisa, pourquoi lutter ?
- Je ne suis pas libre. Je ne coucherai pas avec vous car je ne suis pas libre.
- Mais vous en avez envie...
- Je ne suis pas libre House !
- Mais vous y pensez, avouez-le !
- Assez !

Elle s'éloigna de lui et fit quelques pas, posant sa main sur son front fiévreux. Elle l'entendit bouger et elle le vit se rasseoir sur la cagette.
Il avait l'air déçu....Malheureux...
Son cœur se serra à cette pensée, elle ne la supporta pas.

Elle revint prendre place à ses côtés et posa sa main sur son genou, le sentant se raidir à son contact.
Elle lui demanda doucement :
- House, pourquoi faites-vous tout ça ? Pourquoi insistez-vous autant ?
- C'est sans importance.

Le ton était bourru, si dur qu'elle eut l'impression de revoir le House cynique d'avant Mayfield.
Elle caressa son genou et insista :
- J'ai besoin de le savoir House !
- Pourquoi ? Pour aller le dire à votre gnome, comme vous lui avez révélé mon hallucination vous concernant ?

Sa réflexion la glaça et elle retira sa main d'un geste brusque. Elle l'observa : son visage était fermé et froid, ses lèvres pincés.
Elle pouvait ressentir toute la tension, toute la colère qu'il dégageait en cet instant.
Il rajouta d'une voix âpre et emplie d'amertume :
- Vous m'avez trahi.

Elle secoua la tête et d'une voix éteinte, se justifia :
- Je ne l'ai jamais dit à Lucas. Il l'a découvert seul, en parlant avec les membres de l'hôpital.
- En fouinant vous voulez dire !
- House, vous avez hurlé à tout le hall que vous aviez couché avec moi ! Votre folie a entretenu les commérages un bon moment, croyez-moi !

Le silence s'installa entre eux, un long moment jusqu'à ce que Lisa le brise d'une toute petite voix :
- Je ne vous ai pas trahi. Je ne pourrai jamais vous trahir d'ailleurs, malgré tous vos coups foireux comme nous enfermer dans une chaufferie !

Elle crut déceler un sourire sur son visage torturé et elle se détendit...
Il se tourna brusquement vers elle, la fixa et demanda à brûle pourpoint :
- Pourquoi restez-vous avec lui ? Que vous apporte-t-il ?

Elle croisa ses yeux si bleus et frissonna. Jamais un tel regard ne l'avait autant troublée. Elle soupira. Il attendait sa réponse.
Elle reprit sa respiration et se lança :
- Il m'apporte la sécurité, la douceur. Il s'occupe très bien de Rachel.
- Je peux être tout ça moi aussi.
- House ! Vous appelez ma fille "sac à crottes" !

Elle se leva et fit les cent pas, fatiguée de cette conversation qui tournait en rond. Elle se sentait complètement désabusée.
Elle l'entendit marmonner dans sa barbe.
- Quoi ?
- Rien.
- Si allez-y ! On est là pour s'expliquer si j'ai bien compris, alors parlez !

House souffla puis parla d'une voix forte qu'il assourdit en fin de phrase :
- Je disais...ça c'était avant.
- Avant ?
- Oui avant. J'ai changé Cuddy. Pourquoi ne voulez-vous pas le croire ?

Elle comprit qu'il parlait de son internement. Elle vit ses efforts pour se confier et ne put s'empêcher d'être touchée.
Il se leva aussi vite que le lui permettait sa jambe et s'avança vers elle.
Il prit ses mains dans les siennes :
- J'ai besoin de vous...

Elle se sentit émue. Une boule se forma dans sa gorge, l'empêchant de déglutir correctement. Elle posa sa main sur sa joue rugueuse et la caressa avec son pouce.
Leurs yeux ne se quittaient plus, se fondant, bleu contre bleu...

Un brouhaha sourd se fit entendre au-dessus de leurs têtes, brisant cet instant magique.
Elle s'écarta et baissa sa main.
Il regarda sa montre et sourit :
- Il est minuit.

Il se rapprocha doucement d'elle et effleura sa bouche :
- Bonne année Lisa !

Il reposa ensuite ses lèvres sur les siennes, plus fortement, en un long et tendre baiser. Lorsqu'il sentit Lisa ouvrir sa bouche en gémissant, il approfondit davantage son baiser, y plongeant avec délice sa langue, trouvant sa jumelle, jouant avec elle, la titillant.
Il se détacha d'elle, à bout de souffle.

Elle le regarda, les joues rosies, les yeux brillants, troublée. Elle noua ses mains autour de sa nuque et lui offrit le second baiser.
Ils collèrent leurs corps tant qu'ils purent, ressentant chacun le désir de l'autre.

- Lisa ! Lisa tu es là ? Réponds-moi !

Les coups à la porte redoublèrent d'intensité ainsi que les appels.
Cuddy mit fin à leur baiser en reculant brusquement.
- Ne réponds pas Cuddy, reste !

Elle le regarda longuement puis secoua négativement la tête.
Elle murmura :
- Je ne peux pas. Je ne suis pas libre, ce serait malhonnête...

Elle s'éloigna et répondit à Lucas. Cinq minutes plus tard, la porte s'ouvrait.
Lucas fusilla House, transmettant en un regard toute la haine qu'il lui portait. Il posa sa main dans le dos de Lisa, protecteur.

House, seul au milieu de la pièce, les observa partir, Cuddy dans les bras de Lucas...

Tbc...