Partie 4 :

Jarod avait lui aussi 18 ans passé. Mais son passé avait été légèrement différent de Parker. Les expériences de simulations ne lui étaient désormais plus étrangères et ses occupations étaient majoritairement au Centre.

Bien sur il se posait des questions sur le monde, mais il avait cette chance par rapport à ses autres amis, tels qu'Angelo, que son éducateur répond en partie à ses questions, tant que cela ne concernait pas ses parents.

Il s'était résigné, il savait qu'ils étaient morts dans cet accident, mais il aurait aimé avoir plus de détails. Pas sur la façon dont ils étaient mort bien entendus, mais sur leur identité. Qui étaient ils, que faisaient ils, d'où venaient ils. Autant de choses tout à fait humaines qui contribuent également à nous définir nous même.

Même s'il aimait Sydney comme son propre père, le caméléon avait conscience que celui-ci n'était qu'un employé du Centre et que quelque part, lui aussi avait une famille. Même si il avait été inconsciemment son père adoptif, il ne pourrait jamais lui montrer un arbre généalogique et dire « voici ce qu'était ton grand père » ou « tu ressembles tellement à ta mère ». Un droit que possède chaque enfant de savoir d'où il vient.

Et même si l'éducateur avait toujours été plus ou moins là quand il avait eu peur, ou pour lui expliquer certaines choses, parler, Jarod lui reprochait secrètement de ne pas plus le défendre et de le forcer à faire ces simulations dont il avait un très mauvais pressentiment. Il pensait de ce fait que cet amour ne devait pas être réciproque. Ne risque t on pas tout pour son enfant ?

Et les liens qui l'unissait à Sydney n'étaient ils qu'amicales ou paternel ?

Cela le déstabilisait. Au fond de lui il savait qu'il y avait autre chose, mais où aller ? Dehors il n'y avait personne qui l'attendait. Et depuis son enfance son seul repère était son éducateur.

Il aurait aimer cependant faire autre chose que des simulation de crimes, ou de guerres, ou de tactiques…n'y avait il pas dans le monde des choses plus gais ?

C'était ainsi qu'il s'était encore une fois, et par ce qu'il n'avait pas vraiment le choix, prêté à cette simulation. Cette fois, il s'agissait de rencontrer, par le biais d'une vitre, et ayant des capteurs sur le front, une jeune fille de son âge du nom de Brigitte.

Lorsqu'il l'avait vu, il avait été très surprit. Elle avait des yeux bleus qui étaient presque absorbées par une couche de maquillage noire et des ongles noirs. Elle portait des bracelets avec de grosses épines. Etait ce pour se défendre ? Elle avait un pantalon noir en cuir et un corset noir où s'entremêlaient des milliers de fils de dentelles formant des motifs. A cela elle avait rajouté un grand manteau noir qui descendait jusqu'à ces talons, talons qui bordaient des bottes. Elle s'approcha de la vitre avec une sucette rouge dans la bouche et un air qu'il n'aimait guère. Un air de femme fatale, sure d'elle, mais qu'il sentait malhonnête et fausse.

Mais le caméléon, qui ne voyait pas beaucoup le monde, était néanmoins curieux par ses vêtements. Il resta poli et entama la discussion avec elle. Ses tentatives de séduction échouèrent lamentablement mais il la laissa jouer son jeu pour mieux la cibler.

Cela faisait déjà un moment et Brigitte croyait avoir gagner. Elle lui racontait tout un tas d'annectdotes qui intéressait Jarod par l'aspect « monde extérieur » mais il commençait un peu à être lasser de cette jeune fille qui au fond était vide. Lui l'intéressait par ses conseils sur la réaction des gens.

La jeune femme commençait à l'intéressé également lorsque soudain un bruit derrière Brigitte attira l'attention du jeune caméléon.

Une autre jeune fille, au visage beaucoup plus familier arriva derrière.

Elle le fixa surprise aussi et ayant le même air surprit que lui.

Eh ! T'es qui toi ? s'indigna Brigitte

Mais la jeune fille ne l'écoutait pas. Elle ne lui répondit même pas. Elle ne cessa de le fixer comme si elle cherchait à le reconnaître.

Jarod non plus ne la quittait pas des yeux. Il y avait quelque chose en elle qui l'attirait. Elle ne lui était pas étrangère. Mais d'où la connaissait il ?

Ses grands yeux bleu azur le transperçaient. La jeune fille avait quelque chose dans la manière de se tenir, de très classe, de très raphiné. Et en même temps il y avait dans son regard quelque chose d'enfantin et de déterminé.

Il connaissait ces yeux, ces cheveux. Il s'approcha tout comme elle. Et sans dire un mot ils se fixèrent. Il n'arrivait pas à la reconnaître. Brigitte les fixa et dit :

Vous vous connaissez ?

Ils ne répondirent pas. Ne se tournèrent même pas vers elle. La jeune fille sourit soudainement d'un sourire qui embauma le jeune homme. Quelque chose en elle l'illuminait lorsqu'elle souriait ainsi.

Elle posa alors une main sur la vitre en le fixant.

Ce n'est pas tant son geste que la façon dont elle l'avait fait qui éclaira Jarod. Comme une lumière dans les ténèbres, il se souvint de ce jour. La disposition de leurs mains. Sauf qu'à l'inverse c'était lui qui avait été le premier à le faire.

Un joli clin d'œil auquel il s'empressa de répondre en accolant sa propre main contre la vitre, face à celle de Parker et sourit.

Tous deux restèrent ainsi un moment, mains dans la mains en se souriant.

Bien sur qu'il se souvenait à présent. Les souvenirs s'estompent, sont remplacés par d'autres l'espace d'un instant, de long moment, mais ils ne s'effacent jamais totalement. Ils sont toujours en nous. Ils nous déterminent et nous caractérisent inconsciemment.

C'était cette petite fille avec qui il avait été très ami lors de son enfance. Il avait parcourut tous les couloirs du Centre avec elle et Angelo. Ils avaient connus une certaine Faith. Ils avaient longtemps discuté. De sa famille, de la mort de sa mère. Elle lui avait même donné son premier baiser.

Ils avaient été à une époque, les meilleurs amis du monde. Se jurant fidélité et loyauté. Jurant que rien ne les sépareraient.

Et puis…elle était partit. Elle n'était jamais revenue. Un été. Puis un autre. Même pas une lettre, même pas de nouvelles.

A présent la voilà. Oui elle avait changée. Mais s'il ne retrouvait pas la petite fille d'autre fois dans son physique, même si ce dernier était loin d'être mauvais, il la retrouvait dans son sourire, et son regard.

Bonjour mademoiselle Parker, dit il en gardant son sourire

…Jarod ! répondit elle simplement

Alors d'autres personnes firent à nouveau irruption dans la pièce. L'une était Sydney. L'autre Raines. Et la dernière, la plus choqué, était Mr Parker.

- Mon ange que fais tu ici ?