Je n'avais pas prévu de mettre la suite aussi rapidement mais j'ai eu quelques reviews qui m'ont motivée à m'activer davantage. Je remercie ces personnes pour leurs commentaires et leur soutien. Je ne sais pas si ce chapitre sera à la hauteur de vos espérances mais voici néanmoins la suite !

Bonne lecture à tous !


La main posée sur la poignée en bois, Samantha sentit une vague de soulagement la transporter tant ce geste si anodin soit-il en temps normal lui redonnait un infime espoir et la consolation de pouvoir enfin se reposer après cette terrible épreuve.

Elle extirpa en grimaçant un petit trousseau de clé qu'elle avait mis dans sa poche un peu plus tôt dans la soirée et introduisit un bout de métal dans la serrure. Elle tourna, entendit le petit clic et pénétra dans le vestibule de sa maison.

Elle repoussa du pied la porte d'entrée qui ne se ferma que partiellement. Ses mains tâtonnèrent à la recherche de l'interrupteur, mais elle regretta aussitôt son geste. Trop habitués depuis plusieurs heures à l'obscurité froide et humide, ses yeux ne purent supporter tant de luminosité. Elle chancela un instant comme perdue puis porta ses mains à sa tête. Celle-ci la faisait de plus en plus souffrir. Tout son corps était meurtri et transi de froid.

Tout en traversant le couloir qui menait à la cuisine, elle était secouée de spasmes douloureux. Elle s'appuya contre le mur sans remarquer qu'elle laissait plusieurs traces de sang derrière elle. Elle était ruisselante et la quantité de sang qu'elle perdait se mélangeait à l'eau de pluie. Elle pensa à la salle de bain mais la perspective de monter à l'étage dans son état ne l'enchantait pas le moins du monde. Elle n'aurait jamais la force d'y parvenir.

Sans hésiter un seul de plus instant elle se dirigea dans le salon. C'est là que se trouvait le téléphone. Mais alors qu'elle descendait les deux petites marches qui la séparaient de la cuisine et du salon, elle trébucha et s'étala de tout son long dans un hurlement de douleur épouvantable. Ses côtes déjà fragilisées par l'accident se brisèrent un peu plus et pour ajouter à son malheur son poignet droit se rompit sur le coup. Elle laissa son cri déchirer le silence de sa maison pendant de longues et interminables secondes.

Jamais Sam ne s'était sentie aussi vulnérable que cette nuit-là. Elle qui avait été à de multiples reprises enlevée et sauvagement torturée par les goaul'ds, ressentait à ce moment même sa plus grande défaite humaine. Elle était pitoyable, lamentable. Elle préférerait mourir plutôt que SG1 ou, pire encore le général ne la découvre ainsi. Mais par chance, personne ne savait ce qui venait de lui arriver. Il ne la chercherait pas avant demain matin.

Diverses étoiles dansaient devant ses yeux et elle luttait pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Le téléphone n'était qu'à quelques mètres. Malgré la douleur insoutenable de son corps brisé elle réussit à ramper jusqu'à lui. Mais alors que sa main atteignait le précieux objet sa tête retomba lourdement sur le sol dans un bruit sourd et elle perdit connaissance.


Dans sa voiture, les yeux fixés avec sérieux sur la route, Jack O'Neill conduisait aussi vite que le permettait cette saleté de pluie, son visage décrivant toutes sortes d'émotions. Face à un tel déluge son cœur se serra davantage. Qui serait assez fou pour rouler de nuit avec ces fortes intempéries ? Carter avait-elle eu cette idée stupide ? Il craignait de plus en plus pour la vie de la jeune femme.

Durant tout le temps que dura le trajet il revit en mode flashback les différentes aventures qu'ils avaient vécus ensemble. Il savait avec forte conviction que Samantha Carter était la femme la plus admirable et la plus extraordinaire qu'il lui ait été donné de rencontrer. Il l'avait aimé dès le premier regard, même si au début il n'en avait pas eut conscience Mais il ne savait agir qu'en parfait idiot. Cette femme, malgré son désir pour elle et son amour infini, il ne pouvait l'avoir. Jamais il n'avait aimé comme il pouvait aimer le colonel Carter. Ce qu'il ressentait pour elle allait bien au-delà des mots et des simples regards. Mais au grand jamais il ne se permettrait de venir gâcher sa vie et sa carrière. Il savait que Sam aimait avec passion son travail et il ne tenait pas à être le responsable en cas de profession brisée. Même si cela le faisait souffrir il souhaitait la voir heureuse au bras d'un autre que lui. Elle le méritait sincèrement. Car lui, jamais il ne pourrait la toucher, la tenir étroitement dans ses bras, la caresser, l'embrasser, lui murmurer des mots doux, lui faire l'amour…Rah ! Penser à tout cela était une véritable torture.

Et voilà que débarquait Laira et sa soi-disant fille. Elle était une enfant très jolie et adorable, il ne pouvait le nier, mais il n'était pas sûr de pouvoir gérer cette nouvelle paternité. Il ne savait absolument rien de cette petite fille, il n'était qu'un étranger pour elle. Il ne savait que faire. Il était dépassé et en plein dilemme. Mais ce n'était pas le moment de penser à tout ça.

Dans un accès de rage il appuya sur le champignon. Sam avait besoin de lui, il en était certain.


A quelques kilomètres de là où se trouvait le général, une jeune femme allongée sur le ventre s'enlisait à chaque minute plus profondément dans le néant. A demi-inconsciente sur le sol de son salon, Sam était de plus en plus pâle comme si la mort était sur le point de prendre possession de son corps et de son âme. En pleine hypothermie, les côtes brisées, le visage en sang, des écorchures et des plaies partout, elle n'avait aucune chance de survie si elle ne se réveillait pas pour appeler les secours. Elle ondulait entre un brouillard épais et la réalité.

La voix qui soudain transperça les airs n'était peut-être que son imagination.

Arrivé devant chez Carter, Jack n'aperçut pas sa voiture. Il se gara près du trottoir, sortit de son véhicule et couru jusqu'à la porte pour éviter les trombes d'eau. Quand il toqua à la porte celle-ci s'entrouvrit d'elle-même. Un rayon de lumière filtrait et il la poussa pour pénétrer à l'intérieur de la maison.

-Carter ? Appela-t-il doucement.

Son cœur rata un battement quand il remarqua sur toute la longueur du couloir une trainée de sang.

-Carter ! Appela-t-il une seconde fois, plus fort.

Seul le silence lui répondit.

Il sortit son arme, prêt à faire feu et arpenta le couloir précautionneusement. Il ne savait pas à quoi s'attendre. Il espérait vraiment que ce sang n'appartienne pas à la propriétaire des lieux.

Ses pas le menèrent sans difficulté à la cuisine, et quand ses yeux se posèrent d'eux-mêmes dans le salon il se figea d'horreur avant de s'élancer tel un lion sur sa victime.

-Carter, carter !

Sa voix n'était plus qu'une sonnette d'alarme où transperçaient l'angoisse et l'effroi.

Il posa une main douce sur ses cheveux trempés et la laissa glisser le long de son visage. Elle était aussi glacée que si elle avait passée une heure dans un congélateur géant. Il attrapa son téléphone portable et composa le numéro du SGC. Il ordonna qu'on fasse venir au plus vite une ambulance. Il raccrocha et téléphona à Daniel et Teal'c pour les avertir de ne plus chercher.

-Jack, vous l'avez-trouvé ? S'enquit l'archéologue avant même que Jack ait pu prononcer le moindre mot.

-Affirmatif. Je suis chez elle mais Carter est très mal en point. Vous aviez raison Daniel.

-Mon Dieu. Je suis désolé Jack.

-On se retrouve au SGC.

Et il raccrocha sans laisser à Daniel le temps de répondre.

-Sam, tenez bon ! Murmura-t-il en lui caressant les cheveux et la regardant avec compassion.

Il ne savait à quel point Sam pouvait être blessée et n'osa la retourner. Il se leva pour aller chercher de quoi la couvrir, et quand il revint avec une couverture il entendit sa voix, un son à peine audible.

-Ja…Jack…

-Je suis là Carter. Répondit O'Neill en s'agenouillant près d'elle.

Sam n'avait pas rêvé. Cette voix qu'elle avait entendue n'était pas imaginaire mais bien réelle. Elle parvint avec beaucoup d'incommodité à émerger du noir dans lequel elle était plongée, et, avec l'aide de Jack elle se retourna sur le dos enveloppée dans la couverture dans les bras du militaire.

L'étau autour du cœur du général se resserra davantage. Dans cette position, Sam offrait à son supérieur une scène désolante et déplaisante. Ses vêtements humides et déchirés lui collaient à la peau laissant entrapercevoir diverses coupures et contusions. Sa blessure à la tête laissait un flot de sang continu et incessant s'écouler de manière infime le long de son visage déformé par une terrible souffrance.

-Mon général ? Souffla-t-elle en entrouvrant légèrement les yeux.

-Tenez bon Carter, les secours ne vont pas tarder à arriver. Que s'est-il passé ? Qui vous a fait ça ? Où avez-vous mal ? Où est votre voiture ?

Sans réaliser qu'il l'a bombardait de question tant son inquiétude était croissante, Jack avait attrapé une serviette qui trainait sur la table du salon et s'évertua à éponger tout en délicatesse le sang du visage de la jeune femme posé contre sa poitrine.

-Je…un accident…

-Quoi ?

O'Neill ne semblait pas comprendre.

Malgré le froid, la douleur et la fatigue qui l'a torturait inlassablement, elle s'efforça à lui répondre.

-Ma voiture…a percuté une bute…à quatre kilomètres d'ici…j'ai…

-Vous avez fait tout ce chemin à pied dans votre état ? S'offusqua-t-il. Vous avez complètement perdu la raison ! Pourquoi vous n'avez pas simplement appelée depuis votre portable ?

Sam secoua la tête.

-Il s'était brisé.

Jack ne sut quoi répondre. Anéanti par l'état de Sam, il ne trouvait les mots qui lui permettrait de tenir éveillée jusqu'à l'arrivée des secours. Il se contentait de passer doucement sa main dans ses cheveux pour l'apaiser. Mais Sam rompit le silence.

-Mon général…Pourquoi êtes-vous ici ?

-Eh bien…c'est assez difficile à expliquer. Commença Jack en détournant le regard.

Il ne tenait pas vraiment à lui avouer les raisons qui l'avaient poussé à venir jusqu'ici mais il se força néanmoins à être sincère.

-Je me suis réveillé avec un mauvais pressentiment…comme si j'avais senti que quelque chose vous étiez arrivé, puis Daniel est venu frapper à ma porte pour m'avertir de la même impression et me voilà !

Il avait fait un résumé simple et rapide, cela était préférable.

-Je vois ! Répondit Sam dans un murmure. Et Laira ?

Jack ouvrit de grands yeux, interloqué.

-Quoi Laira ? Pourquoi me parlez-vous d'elle ?

-Pourquoi n'êtes-vous pas resté auprès d'elle ?

-Qu'est-ce que vous racontez Carter ? Je suis là parce que je m'inquiétais pour vous.

Sam eut un petit rire amer qui lui arracha une quinte de toux violente. Elle laissa échapper un cri de souffrance en encerclant sa taille de ses bras mais une vive douleur à son poignet lui donna de nouveau les larmes aux yeux. Alors une fois de plus elle laissa libre court à son chagrin pleurant dans les bras de celui qu'elle désirait corps et âme sans espoir de lui appartenir.

Impuissant, Jack ne pouvait qu'observait la jeune femme souffrir contre lui. Mais lorsqu'elle pleura il resserra son étreinte autour d'elle en déposant un baiser dans ses cheveux qu'elle ne remarqua pas.

-Ne pleurez pas Sam, je vous en prie ! Calmez-vous, tout ira bien !

Il avait prononcé ces mots avec douceur et beaucoup de chaleur mais il sentit la militaire secouer la tête contre son torse dans un geste négatif.

-Non ! Haleta-t-elle. Comment est-ce que ça pourrait aller ?

Elle souffrait beaucoup mais avait retrouvé tout ses esprits. Du moins, c'est ce qu'elle croyait car elle se lança dans des propos que Jack n'aurait jamais cru entendre. Une véritable révélation qui le bouleversa.

-Même si je m'en sors…qu'est ce que cela changera ?

-De quoi me parlez-vous exactement ?

Jack relâcha la pression de ses bras autour de l'astrophysicienne, et quand elle leva les yeux vers lui elle planta un regard empli de tristesse et de désespoir dans le sien.

-Mon général, je n'en peux plus de cette situation…et je ne vous parle pas de l'accident.

Bien que déterminée, la voix de Sam était faible et trahissait un mélange de souffrance et de chagrin.

Jack ne prononça pas un mot. Il savait où elle voulait en venir, mais même en cet instant il se sentait incapable de lui révéler l'ampleur de ses sentiments. Cela engendrerait bien trop de complications et impliquerait sans aucun doute des explications qui n'aboutiraient à rien. Ils n'en souffriraient que davantage tous les deux sans solutions aucunes.

- Quand j'ai su que Laira allait venir…j'ai refusé d'admettre qu'elle venait pour vous…mais elle est arrivée avec cette petite fille…et lorsque je vous ai aperçu vous embrasser…j'ai compris que…

Sam n'acheva pas sa phrase et préféra aller droit au but.

-Je vous aime Jack, et ce, depuis toujours. Mais vous le savez n'est-ce pas ?

O'Neill baissa les yeux pour éviter son regard accusateur.

-Vous le savez mais ça vous ai complètement égal. Vous ne voulez rien savoir, c'est trop difficile pour vous d'assumer cela. Acheva-t-elle séchement.

Le regard qu'elle adressait à Jack venait brusquement de changer. Il était cette fois emplit d'une haine incommensurable. Une haine pour cet espoir gâché, pour toute cette souffrance depuis tant d'années. Une haine contre un homme incapable d'assumer ce qu'il ressent et qui se moque des sentiments des gens.

Si Samantha avait eu la force de se lever et de partir elle l'aurait fait.

-Vous n'avez jamais été très doué avec les sentiments mon général…votre silence est votre réponse. Mais je comprends vous ne ressentiez plus rien pour moi et…

-Écoutez Carter ! La coupa-t-il un brin énervé.

Elle n'avait aucune idée de la peine que tout ceci pouvait lui causer et elle pensait à tort qu'il n'éprouvait plus rien pour elle. Mais qu'y pouvait-il lui ? Il était général et il n'avait aucun droit d'être avec une femme du SGC et encore moins son ancien second. La retraite serait la solution mais était-ce vraiment la solution ? Carter méritait tellement mieux que lui…

-Vous ne savez rien du tout.

-J'attends vos explications dans ce cas…

Mais comprenant qu'il ne s'expliquerait pas elle préféra changeait de sujet. Les secours tardaient à arriver mais cela ne la surprenait pas. La pluie ne cessait toujours pas et ils pouvaient entendre au loin l'orage gronder. Et puis parler lui faisait oublier momentanément la douleur.

-Mon général, qu'avez-vous décidé pour Laira et Lya ? Vont-elles vivre sur Terre avec vous ?

O'Neill la dévisagea un long moment avant de lui répondre.

-Je n'ai encore rien décidé. Avoua-t-il. Laira voudrait que nous formions une vraie famille…

Il voyait au fur et à mesure de ses paroles le visage de Sam se décomposer littéralement.

-…mais je lui ai fait comprendre que nous ne serions plus jamais ensemble et que je n'étais pas prêt à assumer le fait d'être à nouveau père.

-Pourtant rien ne vous empêche d'être avec elle. Fit remarquer Sam d'un ton maussade.

-Sans doute…

-Alors, pourquoi ?

Il savait que Sam attendait ardemment une réponse. Il ne lui avait pas donné d'explications sur ses sentiments pour elle, il pouvait cependant lui répondre avec sincérité qu'il n'éprouvait plus rien pour Laira sans émettre qu'il avait une autre femme dans son cœur.

-Cela remonte à cinq ans. Je n'éprouve rien pour Laira et je n'ai guère envie de m'impliquer dans une histoire avec une femme, quelle qu'elle soit.

Il avait prononcé ces mots de façon nette et tranchante, s'efforçant par là même de faire comprendre à Carter qu'il ne pouvait rien y avoir entre eux. Jamais !

La jeune femme accueilli cette répartie comme un coup de poignard en plein cœur. Un nœud à l'estomac se forma et elle se sentit de nouveau aspirer par un tourbillon sans fin. Ne cherchant plus à lutter contre la fatigue, elle referma les yeux une larme coulant sur sa joue, et avant de sombrer définitivement, elle souhaita de tout son cœur ne jamais se réveiller. Si Jack O'Neill ne voulait pas d'elle alors mourir serait un réconfort plus doux que de survivre sans l'amour de l'homme de sa vie.

Quand sa tête retomba sans vie sur la poitrine de Jack, il prit peur et tenta de relever le visage de la jeune femme pour la réveiller. Dégoûté par lui-même de son comportement vis-à-vis d'elle il contempla avec peine les traces de larmes et ses yeux gonflés d'avoir tant pleuré par sa faute. Il essaya de la ramener à elle mais comprit que c'était peine perdue. Mais il entendit avec soulagement une voiture se garer dans la rue et des voix qu'il reconnaissait comme étant des membres du SGC.

Passant un bras sous les jambes de Sam et la calant plus confortablement contre lui il la souleva du sol pour l'emporter loin de cette maison. En passant dans le couloir et bien avant d'être vu par ses hommes, il murmura un « pardon Sam, je suis fou de vous mais je ne vous mérite pas… » et déposa un tendre baiser sur son front avant de la remettre aux mains des médecins.


Jack est trop coincé il est chiant…J'espère que ça ira mieux par la suite^^