Fanfikeuse : Toujours Sévéya à ce que je sache…
Disclaimer :
Tous les personnages que vous reconnaîtrez aisément sont la propriété de Minekura-sama ou proviennent de la légende du roi des singes, les autres (démons, invocations et serviteurs) sont à moi. Je me base un peu sur le mythe bouddhiste des dix ogresses qui n'est à personne et pour un très léger détail sur un livre pour enfants, Les rebelles de l'Enki-Ea de Régine Joséphine. (Mais non, je n'ai pas péché par paresse en pêchant des idées !)
Rating :
T pour quelques allusions.

Réponse à Goupixa (Tiens !? Ça me semble aussi naturel que le disclaimer maintenant !) : Alors toi ! J't'aime, j't'aime, j't'aime !! Tu n'imagines pas combien tu me motives avec tes reviews. J'ai beau être débordée, malade, fatiguée, découragée quand je repense à tes petits mots je me remets illico au boulot ! Bon maintenant je vais me calmer et te répondre !
Une fic qui décoiffe ? Oula… Euh bah… Je suis heureuse (et le mot est faible) que cela te plaise autant. Grâce à toi je suis une fanfikeuse comblée ! Sinon…mille pardon pour la coupure digne d'une grosse sadique (que je suis en fait…mais chut !), mais franchement j'aurai du attendre plus de cinq pages avant de pouvoir couper… (Et les lecteurs, patienter encore une à deux semaines pour pouvoir lire…) Tu as donc le droit de piquer ta crise, moi-même j'ai tiré une de ces tronches quand je me suis mise dans la peau d'un lecteur ! Par contre je ne pense pas que ce chapitre va remédier à l'interruption malvenue… Désolée…
Allez, encore une fois MERCI. (Toi aussi tu le mérites : toutes ces belles reviews ! Au fait tu ne voudrais pas me laisser une adresse pour que je puisse te répondre parce que je suis TRES bavarde et que ça empiète un peu/beaucoup sur la fic…)

Je vous souhaite une agréable lecture.


Chapitre quatrième : Boya et Noumu

De nouveau au jour de la naissance du prince, dans une chambre immaculée…

À travers l'unique fenêtre de la chambre, on remarque qu'il fait nuit à présent, oh pas depuis bien longtemps mais le soleil a fini par s'endormir complètement au Tenjiku. Et loin de laisser cette terre dans les tons ocre sans lumière, il l'éclaire encore et toujours… Indirectement, il est vrai mais… une lune presque ronde, irradie sa lumière, orangée d'ailleurs celle-ci. Le ciel, quant à lui est tantôt pourpre tantôt tout à fait violet et si l'on pose son regard vers l'horizon est on le voit teinté d'un bleu on ne peut plus profond et sombre. On dirait que tout contribue à révéler la splendeur des astres nocturnes : entourés comme il le sont par les volutes légères de quelques rares nuages. Les étoiles brillent vigoureusement mais elles sont loin de parvenir à éclipser la reine de cette nuit : cette pleine lune, claire et rousse. Et cela peut être parce qu'elles sont doubles en cette douce soirée…

Deux sources de lumière, un duo de pales entités, deux rousses souveraines, un couple de reines majeures…

La lune et…

…Et elle.

Rasetsunyo, elle aussi emplit l'espace de sa présence lumineuse et cela est d'autan plus vrai qu'une étoile couleur du couchant l'éclaire : son fils nouvellement né. La joie d'être mère. Oui vraiment, la yokai est un astre magnifique, si semblable à cette lune : importante aux vues son identité, rousse, avec sa longue chevelure sanglante, claire par sa peau diaphane et entière par son âme et cœur charitables.

C'est ce qui sauterait effectivement aux yeux si la jeune femme était dans son état normal. Mais actuellement elle est à mille lieux d'être calme et ce, malgré le fait qu'elle ait glissé dans l'état particulier qu'est le sommeil.

« KAJU ! »

Ce cri déchirant résonne dans la pièce quasiment vide. À son entente on ne peut que ressentir la présence poignante d'une tristesse implacable, d'une douleur lancinante et aussi, malheureusement, celle d'un désespoir sans bornes. La yokai s'agite en tous sens dans sa couche luxueuse, secouant violemment ses beaux cheveux semblables à des vaguelettes sanglantes sur les riches étoffes, battant furieusement ses membres pâles sur la couche molletonnée et tendant fortement l'ensemble de ses muscles.

« KAJU ! »

Et ce cri perçant qui n'en finit pas…

Encore et toujours. La même détresse, la même souffrance, les multiples tortures d'une peine et d'une abominable angoisse, d'une atroce fatalité aussi… Le cauchemar semble d'une terrible intensité, à croire que le petit garçon que la jeune femme appelle encore et encore d'un effort vain risque plus que la mort…

« KAJUUU ! »

La chambre dépouillée est loin de tout, ce qui permet aux hurlements, littéralement inhumains, de rester discrets, de mourir aux tréfonds d'un quelconque corridor. Celui-ci s'achève donc enfin, sans n'avoir éveillé le soupçon de quiconque, laissant l'air de la pièce lacunaire perturbé par les seuls halètements et mouvements convulsifs du corps de la reine. Reine qui revoit encore et toujours le jeune garçon changer le cours de sa vie de façon dramatique. En pactisant, presque innocemment, avec le mal incarné dissimulé dans un simple sceau incantatoire. Si elle en avait le pouvoir elle l'en aurait dissuader…lui révélant les larmes aux yeux que la mort lui serait sans doute plus douce…

« KAJU !! »

Et d'autres cris lui répondent. Ils sont plus faibles mais plus aigus. Ce sont des gémissements répétitifs qui ne contiennent aucun sens, eux, mis à part un léger mal-être ou un besoin primaire : la peur, la faim ou l'inconfort.

Alors soudain Rasetsunyo se redresse vivement, encore tremblante de son rêve, ses yeux saphir grands ouverts, la main sur son cœur qui lui semble prêt à bondir hors de sa poitrine. Les petits cris furibonds persistent et tirent définitivement la jeune femme de son étrange et éprouvante songerie. S'éveillant pour de bon, elle tourne prestement la tête vers le petit couffin de bois joliment peint. Son fils y pleure. Le petit visage est contrit, des larmes brûlantes dévalent la peau de pêche et les minuscules poings sont serrés, si fort que de caramel ils ont à présent une teinte proche de la carnation de l'immaculée yokai.

Le nourrisson n'a pas du apprécier son tout premier réveil…

Cela est même évident. La jeune femme le prend donc dans ses bras et le berce tout doucement pour le calmer, le rassurer… Et bientôt il est serein. Oui, peu à peu les gémissements plaintifs au possible se taisent, les râles furieux s'apaisent, les deux sources vives d'eaux salées couleur améthyste se tarissent et la tension quitte le corps potelé mais gracieux du poupon. La jeune femme s'est quelque peu reprise et l'enfant s'est assagi.

Tant mieux car dans sont état, la jeune mère ne pourrait pas s'occuper convenablement de la chair de sa chair. Combler un nourrisson sage, oui. Calmer un bébé furibond, non. À cet instant précis, elle en est incapable : les souvenirs frappent bien trop âprement à la porte de sa conscience levant de ce fait un cruel rideau sur des évènements qu'elle voudrait oublier ou tout du moins minimiser la souffrance ainsi que l'impact sur son cœur.

Sur son cœur de Yokai : celui d'un être fier, au port altier ne se soumettant pas à la loi du plus fort mais uniquement à la Justice. De son cœur d'Enfant, de fille aimante et docile, attachée fermement aux liens filiaux, aux chers liens du sang. Son cœur de Femme, d'amante passionnée, d'âme éperdument amoureuse mais aussi jalouse à l'extrême. Et enfin cœur de Mère, d'une figure maternelle par excellence qui saura se donner entièrement pour le fruit de ses entrailles…

À cette dernière pensée la femme porte son regard sur son fils. Celui-ci est paisible, si attendrissant…

D'un côté, occupé comme il est à téter le contraire serait étonnant ! Ses petites mains potelées sont délicatement posées sur le doux arrondi d'un sein, qui est de son point de vue juste délicieusement gorgé de lait tiède et savoureux, ses yeux violets sont mi-clos et brillent d'un plaisir sans bornes.

Mère et fils ont le regard perdus l'un dans l'autre, d'un côté l'amour et la tendresse infinis, de l'autre l'innocence et la confiance absolues.

Abandonnés l'un et l'autre dans leur tendre échange, ils en oublient ce qui les entoure : tout ce qui n'est pas doux et filial.

Ainsi, la reine ne se rend pas compte que l'air de la pièce se réchauffe doucement et le nourrisson ne perçoit pas l'enchaînement d'infimes changements, pourtant bien présent, de l'aura de sa mère. De tiède elle est devenue chaude presque brûlante…

Non, ils ne voient absolument rien de tout cela. La tétée est maintenant finie et le petit prince profite des bras chaleureux de sa mère si douce. Cette dernière caresse une joue rebondie et mate bien que légèrement rougissante du bout de ses doigts blancs. Et tout pourrait rester ainsi : simple et tranquille mais…

Mais l'Aura est là, frémissante, pas loin de bouillir même. De colère soit dit en passant… Car elle est superbement ignorée : le petit être dort à nouveau, sa génitrice vient de le reposer avec grand soin dans son berceau. Et cette dernière ne fait que le regarder, les yeux remplis d'amour mais l'esprit vide de tout. Pour une fois ni souvenirs ni visions ne viennent l'assaillir. Même pas ceux de son cauchemar précédent. Loin sont les tueries sanglantes, les révoltes et désespoir enfantins mais si purs et puissants. Envolées les entités profiteuses de la crédulité des plus jeunes et des pauvres malheureux…

Et cela est incroyablement… frustrant ! « Mais non, elle ne peut oublier cela, elle n'en a même pas le droit ! Ce n'est pas son devoir, son Destin… » Crierait l'entité constituée de touffeur diffuse si elle en était capable. Ce qui va certainement s'arranger sous peu…

L'effluve de chaleur se fait alors plus palpable et Rasetsunyo, qui en est totalement nimbée, la remarque enfin pour s'en inquiéter aussitôt : elle sait ce dont cet halo d'énergie brûlante peut augurer. Les démons de l'enfer des flammes : Suzaku le vengeur, Engokuki le destructeur ainsi que certains de leurs associés, sont des monstres capables de tout dévaster pour un mot, non, juste pour une pensée plus haute que l'autre…

Et cela est absolument terrifiant. Ses expériences passées le lui ont largement démontré…

Et ce ne sont pas ses souvenirs qui lui feront penser le contraire… Ainsi elle revoit la cour intérieure du palais entièrement détruite, calcinée… Tout cela par la seule faute de la première apparition de son invocation instinctive. Et surtout à cause du combat qui suivit, les deux brasiers infernaux issus du père et de la fille se tenant la dragée haute pendant de longs et pénibles instants… Evènement aux conséquences tragiques aussi...

La reine, toute tremblotante, se mordille nerveusement la lèvre inférieure, une ancienne et déplorable habitude qu'elle a du mal à perdre. De plus sa mère, la matriarche des nobles Kubera, le faisait également : le pouvoir des liens du sang sûrement… Mais quoi qu'il en soit, à force de pression abrasive et de passages répétés la douce et fragile peau fine de la muqueuse cède et laisse s'échapper une perle carmine. Cette dernière roule sur la bouche meurtrie et la femme nouvellement accouchée la recueille sur son pouce, se perdant pratiquement totalement dans la contemplation de cette goutte vermeille sur la nacre claire de sa peau.

Et Rasetsunyo ressent quelque chose. Son visage qui s'était tiré sous l'appréhension se détend progressivement et un sourire compatissant transparaît. En cet instant elle n'est que soulagement. Car elle sait.

« Boya… »

Juste un crépitement ténu se fait entendre, une étincelle vive mais brève illumine la chambre d'un faible flash. La reine hausse élégamment l'un de ses fins sourcils, et son noble front se plisse légèrement.

« Boya… » Pense-t-elle intensément.

Le même phénomène à nouveau : juste un léger grésillement et un fébrile éclat passagers. Ce qui ne semble pas du tout satisfaire la maîtresse des lieux. Sa bouche se plisse en une moue pensive et perplexe, ses deux morceaux de ciel de l'est encore et toujours plongés dans le liquide vital qui, d'ailleurs, commence à s'épaissir ainsi disposé à l'air libre sur le pouce diaphane. Soudainement Rasetsunyo laisse échapper un reniflement ironique qui s'achève en un rire aérien et franchement amusé. Elle finit par se rasséréner pour murmurer quelque chose d'intelligible puis d'un ton posé bien que légèrement froid elle prononce quelques paroles :

« J'en appelle humblement aux douze démons qui me protègent, pour t'invoquer devant moi. Viens à moi, succube de l'enfer des flammes : Boya ! »

Une flamme oscillant entre l'ambre et le jaune ainsi que d'une taille comprise entre une vingtaine et une trentaine de centimètres fait alors son apparition. Progressivement mais à une célérité assez élevée, sa forme se fait différente. Elle s'allonge parfois, s'affine par endroits et prend du volume à d'autres. Même sa couleur change : sa coiffe véritable feu tentaculaire et ondoyant se fait rouge profond, sa basse fine et toute en longueur se divise en deux et s'échauffe à tel point que c'est de la lumière blanche qu'elle émet, il en va de même avec les deux fins faisceaux situés plus en hauteur. On peut, de même, remarquer sous le halo rouge flamboyant un ovale immaculé où brûlent deux flammes bleues et sous chacune de celles-ci, trois triangles d'un rose orangé.

Avec une vitesse accrue, la flamme se dirige vers la main de la blanche yokai, et c'est presque avidement qu'elle se jette sur la perle de sang. Cette dernière s'évapore en une fumée cendrée en l'espace d'une fraction de seconde, laissant simplement dans l'air une légère odeur de roussi.

Si Rasetsunyo a été surprise par l'Apparition ou par sa transformation ainsi que son action, elle n'en a strictement rien montré. Son fin sourire dément parfaitement un quelconque étonnement. Tant qu'à sa voix, elle résonne posément :

« Bonjour, Boya. »

Seul le silence lui répond, bien que le crépitement provenant de la flamme se fasse subitement plus vif. La reine, pas le moins du monde décontenancée, se contente d'observer le petit phénomène. Celui-ci, qui a précédemment pris son apparence de yokai ainsi que ses propres traits, s'est assis sur les précieuses étoffes, les consumant un tant soit peu, et ne lui présente obstinément que le dos.

La jeune femme pouffe.

« Voyons Boya… »

Encore un silence indigné du côté de la petite invocation.

« Mais Boya… Une succube provenant de la nuit des temps, et qui plus est, un démon de l'enfer des flammes ça ne "boude" pas enfin ! »

Rasetsunyo repart alors dans une hilarité légère et cristalline mais elle est brusquement interrompue.

« Le suis-je véritablement ? Pourquoi donc n'ai-je jamais droit aux honneurs ? … Puérilité penses-tu… Et quand bien même ! De toute façon je fais ce qu'il me plait !! Ne t'en déplaise, Rasetsu…

- Vous devriez en être flattée au contraire, vous êtes la plus souvent appelée aux côtés de notre race.

- Oh la barbe ! Rasetsu… Qu'en ai-je donc à faire de ce prétendu égard ! Même ce gros pataud d'Engokuki et son acolyte, ce fou furieux de Suzaku, ont le droit à une invocation en règle ! Et pour moi c'est encore et toujours niet !! »

La dénommée Boya, littéralement furibonde, se retourne en lâchant ces dernières paroles. D'un bond impressionnant pour sa taille elle se plante devant le beau visage de Rasetsunyo, plongeant son semblant de regard dans les prunelles azurées de la femme. Elle fulmine de colère et finit par gronder :

« Cela fait près d'une année que nous ne nous sommes vues, Rasetsu… Pourquoi ne m'as-tu appelée que maintenant ? Ne suis-je pas censée veiller sur toi ? »

La blanche yokai semble gênée, chose rare chez elle.

« J'ai oublié…

- Tu as… quoi ? »

La voix antérieurement désincarnée s'est faite dangereuse, prédatrice et en même temps tellement doucereuse…

« "Oublié", Boya. Vous avez bien entendu.

- …

- Inutile d'user de ce silence hostile, cela ne changera en rien les faits. J'ai failli, fauté sottement, je l'avoue. Mais j'étais si éreintée…

- Il est vrai que tu ne sembles pas dans ton état normal, et la fatigue n'explique pas tout. D'ailleurs d'où provient un tel épuisement ? Depuis toutes ces années je ne t'ai jamais vu dans cet état et ce n'est pas peu dire aux vues des événements passés. Je ressens de la lassitude, de l'appréhension, de la joie aussi… Mais qu'est-ce donc que… »

C'est ce moment que choisit le prince pour se rappeler aux bons souvenirs des personnes présentes, se moquant éperdument des fortes tensions qui règnent dans l'espace autour de lui.

Les deux entités sursautent à l'entente des mouvements du nourrisson toujours profondément endormis. La démone est la première à se reprendre et c'est d'une voix au timbre léger qu'elle demande :

« Qui est-ce ? »

Simultanément elle commence à parcourir nonchalamment la distance qui la sépare du beau couffin de bois précieux.

Rasetsunyo couve la scène de son regard, elle en connaît toute l'importance et les lourdes implications. Elle n'en oublie pas de répondre pour autant.

« Il s'agit de Kogaiji.

- Hum-hum… Joli nom mais lourd à porter, si tu veux mon avis, Rasetsu…

- J'en suis consciente, Boya. C'est même cela qui m'a décidée. … Et ne pourriez-vous pas user de mon véritable prénom ?

- Non, pas question, je n'ai servi que des "Rasestu" ou des êtres fiers et heureux de se faire appeler par ce nom. Et puis n'est-ce pas celui de ton père ? L'ayant connu, je sais qu'il ne mérite pas un tel déshonneur ! De plus, le tien en est si proche, de quoi te plaints-tu ? Prends cela comme un tendre sobriquet ! Enfin, passons là-dessus… Tu dis que… Hum… C'est donc toi qui l'as affublé de ce nom. Et cela en rapport avec ce que tu savais de lui : passé et futur réunis…

- En effet, Boya.

- Je vois… Souffrance, dommages causés par les morts et malheurs… Un enfant, noble et pur qui sera entaché de mal durant la totalité de sa vie… Non, avant même sa naissance ! Comment a donc réagit la mère à l'entente de ta prédiction ? Non, c'est une question futile. Vu qu'il s'agit assurément encore d'une quelconque servante elle ne s'est probablement pas permise de te dire quoi que ce soit. Me trompais-je ? »

Boya poursuit tranquillement sa route sur les tentures, laissant derrière elle une traînée de cendres. Voyant que la reine ne répond pas, elle continue d'un ton badin :

« Et pourquoi donc le saut impérial ? Ne me dis pas que ce bambin est le fruit de l'union d'un noble avec une pathétique domestique ? Ou encore pire : l'un des nombreux enfants illégitimes de ton roi et époux ! »

Un éclat oscillant entre rage et douleur passe furtivement dans les yeux clairs de Rasetsunyo, serrant les dents elle ne répond pas à la pique de son invocation. Elle sait qu'elle n'en pense pas un seul mot, enfin… peut-être que si mais jamais elle n'oserait lui dire cela sérieusement. Avec son mauvais carafon elle est juste toujours sous l'emprise de sa vexation précédente !

« Il s'agit de Kogaiji, enfant innocent mais malgré tout promis aux malheurs… »

Boya sautille gaiement vers le berceau en écoutant d'une oreille distraite sa protégée.

« …et si le sceau du royaume est présent c'est que nous avons en face de nous le…

- Le fils de l'un des aristocrates du Tenjiku, oui, ça je le sais, Rasetsu…

- Non.

- "Non" ?

- Non. Je vous présente, le futur souverain des terres du royaume du soleil couchant, l'actuel Prince Kogaiji, fils du roi Gyumao et le mien également ainsi que votre futur seigneur et maître ! »

La petite flamme s'en immobilise de surprise et en reste coi pendant de longues secondes. Prise d'un doute et espérant que sa maîtresse ne lui fasse qu'une plaisanterie de très mauvais goût, elle jette un œil scrutateur au bébé. Et elle ne peut que constater la véracité des propos précédemment énoncés par la reine. Elle ne voit que cette toison sanglante, ces yeux qu'elle sait d'instinct d'un violet sans pareil et surtout son aura déjà imposante. Cette dernière est si proche de celle de sa mère ainsi que de ces ancêtres mais… une ombre la recouvre, comme cette peau qui ne devrait pas être si sombre : les marques de Gyumao à n'en pas douter.

Que faire ? Boya ne le sait pas, partagée comme elle l'est à présent par une multitude de pensées et émotions. Elle ne sait pas, elle ne sait plus, elle est perdue. Ce maelström d'émotions la rend quasiment catatonique. C'est donc d'une voix plate et morne qu'elle déclare enfin :

« Ton fils… quels drôles de géniteurs il a… »

La jeune femme secoue la tête posément, en signe de négation.

« Pas "géniteurs", Boya. Le roi et moi sommes ses "parents". »

Le démon des flammes est écartelé entre incrédulité pure et sourde colère.

« Qu'a donc obscurément bafouillé Rasetsunyo ? Ce bambin ne serait donc pas né d'une abjecte étreinte de harem, d'un acte sale et dégradant ou au mieux le fruit d'une action dictée par le besoin d'un héritier de sang pur et royal !? »

Agacée et égarée, Boya finit par tempêter :

« Des "parents", laisses-moi en douter ! N'oublie pas QUI je suis, petite fille ! Tu es peut-être une noble reine, une devineresse majeure, mère depuis aujourd'hui aussi, éreintée, dotée d'une intelligence vive, lasse, folle de joie, fragile, puissante et que sais-je encore ?! Mais tu ne pourras jamais contrer mon expérience ! Et surtout, je ne te laisserai pas me jauger ainsi ! »

Rasetsunyo est surprise du ton virulent ainsi que des paroles de la petite invocation de feu. Apparemment elle en a oublié des choses durant cette année et surtout durant ces dernières heures…

« Il est vrai que j'aurai du faire appel à vous pour cette…situation.

- Non, tu crois ? » Fait la flamme vive, d'un ton faussement ingénu. Puis elle reprend en vociférant.

« Et comment ! Qui, mieux que moi, aurait pu te protéger et te conseiller ? Ne suis-je donc plus Boya ?!

- Si vous l'êtes, vous l'avez toujours été et vous le serez probablement à jamais…

- Dis-le !! »

La pâle yokai ne comprend tout d'abord pas. Que doit-elle dire ? Puis la lumière se fait dans son esprit. Il est exact qu'au bout de tout ce temps à la voir sous cette forme pratiquement insignifiante, elle a oublié la véritable identité de cette fluette invocation, celle qui est…

« Vous êtes, Boya, c'est-à-dire la "Flamme". La mère de tous les démons de feu, la détentrice du feu sacré, celle que les dieux eux-mêmes ont voulu connaître et apprivoiser. Certains ont décidé de vous craindre et vous nomme "Datsu issaï shujo shoke" vous qualifiant donc de démone détrousseuse du souffle vital de tous les êtres. Au contraire, certains ont appris à vous respecter et vous désigne comme la flamme sacrée de la vie, une divinité fondamentale et primaire. En tous cas, tous savent que vous êtes l'unique entité à posséder le total contrôle de la Vie des êtres du plan terrestre ! »

Le même jour, devant les appartements du roi…

L'immense battant de bois massif finement ciselé s'entrouvre légèrement durant une poignée de secondes puis s'abat de façon poussive contre le montant. Il est vrai qu'ouvrir ou refermer cette impressionnante porte n'est pas aisé : son poids et sa résistance à l'air dus à sa taille hors normes freinent tous ses mouvements. Mais avec énergie on peut la manipuler de manière tout à fait classique. Ce qui n'est apparemment pas le cas de la personne qui vient de sortir…

De loin, on ne peut apercevoir qu'une tache monochrome et claire sur la surface d'une teinte à mi-chemin entre l'acajou et la terre de sienne : le blanc d'une tenue de domestique qui contraste avec les marrons du panneau de bois et de la peau de la servante.

Oite est adossée contre le pan de bois et elle ne doit sa frêle station debout qu'à ce dernier. Elle n'en revient pas… Non, vraiment, elle n'ose y croire ! Et étrangement ce malaise n'a rien à voir avec le passé lointain de Gyumao. Oh bien sûr son histoire l'a émue, jusqu'aux larmes soit dit en passant… Son désespoir, sa tristesse, son mal-être lui ont été tellement familiers également… Ses récits de guerres ont fait tinter sa corde sensible, après tout, elle était bien issue d'un peuple de combattants aguerris et valeureux. Mais de "cela", elle ne s'y attendait pas !

Savoir qu'elle et son peuple décimé y étaient pour quelque chose dans les affaires de cœur, non, pas de cœur : les histoires de "coucheries" du roi était impensable ! C'était dérangeant, déplacé surtout, surréaliste même ! Cela la gênait mais aussi, une fois n'est pas coutume, la mettait dans une rage folle.

Elle qui croyait, innocemment, que son peuple avait péri pour une histoire de vengeance ou au pire, à cause de la haine bigrement stupide et obtuse d'un dirigeant non moins copieusement idiot et étroit d'esprit !! Mais non… les Satsubatsu avaient disparu pour les beaux yeux bleu clair d'une rousse donzelle à la peau d'albâtre qui s'était révélée plutôt difficile à conquérir ! Du moins…dans des draps !!

Souffrance et morts par centaines, non, par milliers… Des litres et des litres de sang fraternel versés… D'innombrables amis et voisins appréciés transformés en monceaux de cadavres décrépis…

Tout cela juste pour que le roi prenne soin de sa libido avec la femme qu'actuellement elle se devait de servir, ce qu'elle avait d'ailleurs fait avec grand plaisir et même honneur.

Mais quelle ironie !

Oite réalise soudain avec horreur et dégoût que la noble Rasetsunyo est responsable de tous ces malheurs.

« Que dois-je faire ? Par les dieux, cela n'est pas croyable ! »

La yokai est maintenant debout, fièrement campée sur ses deux jambes fines et possède un air très irrité voire farouche.

« Ils se sont tous joués de moi ! Et le pire dans toute cette immonde mascarade c'est que je ne peux, ni ne veux, réellement, jeter la pierre à quiconque… Il ne me reste plus qu'à jurer pour me soulager ! Oh que oui, les dieux ne sont sûrement pas étrangers à cela… Tous ces évènements m'ont tout l'air d'une machination divine digne de la plus grande idiotie que l'Univers n'ait jamais abrité en son sein !! »

La tirade de la fine yokai s'achève dans un cri d'impuissance et de rage mêlées. Et vu la puissance vocale ainsi que le pas lourd de la demoiselle nul doute que cette fin de journée verra se lever une nouvelle tempête de sable dans le désert tout proche. Car c'est de cette façon que la jeune négresse se départ de son trop plein d'énergie et de sentiments. En invoquant ces démons de sable elle donne de son énergie, psychique et physique, tant et si bien qu'après cela elle en demeure éreintée. Épuisée mais si agréablement sereine…

Et c'est tout ce qui compte actuellement pour la petite Oite. Cela lui importe tellement, qu'elle omet sans s'en apercevoir le fait que son petit déchaînement de poussière de roche est la véritable clef de ses soucis… Mais elle les affectionne bien trop pour tenir rigueur à ses invocations de sable ainsi qu'à ses coups de sang…

Au même moment, juste derrière la porte…

Les deux puits d'encre sombre qui tiennent lieu de regard au roi Gyumao scrutent avidement la majestueuse porte de ses appartements. Ils ne paraissent ni tristes ni mornes, bien au contraire : une lueur de malice s'y est glissée. Ses longues oreilles ne perdent rien du spectacle également… C'est qu'il se porte toujours bien mieux après chaque entrevue avec sa petite servante si souvent mal lunée ! Cette jeune fille avait l'art et la manière de le tirer de son état comateux à l'extrême limite de la dépression la plus avancée.

Lui qui pensait qu'évoquer son passé lui serait douloureux… Il n'avait ressenti pendant son discours que de la nostalgie. Accompagnée de colère et de désespoir bien sûr mais à des niveaux bien moindre qu'auparavant. Son désir de tuer ne s'était pas fait ressentir non plus… Peut-être parce que justement "il" n'avait pas été là… Pourquoi ne s'était-il pas manifesté ? Parce qu'il avait pensé aux moments heureux et pas dramatiques, aux gens qu'il appréciait et pas aux êtres abhorrés ? Peut-être, peut-être…

« Alors Gyumao, on se languit de Mes visites ? »

Le souverain, autrefois confortablement rencogné sur son trône à écouter avec un amusement certain les outrages de la petite négresse, sursaute violement. "Il" est là, il lui "parle" et le prend de haut comme toujours, comme la première fois…

Autour du géant apparaît une atmosphère moite et fraîche, un brouillard qui s'épaissit rapidement, semblant vouloir engloutir le roi. Ce dernier ne daigne même pas répondre de vive voix.

« À quoi bon ? » Pense-t-il.

« Les femmes ont eu toujours cet effet sur toi…elles te ramollissent. »

Le souverain se passe une main fatiguée sur le visage.

« Tu ne me laisseras donc jamais en paix ?

- Non. Pas tant que Nous n'aurons pas atteint Notre objectif : tuer tous les humains. »

Un soupir de la part de Gyumao. Après ses pensées c'est son corps qu'il parasitait… Ne venait-il pas de parler à travers lui ?

« Mais de quoi te plains-tu ?! Ne t'ai-Je donc donné ce que tu M'as demandé ?! Force et pouvoir, l'invulnérabilité aussi… »

La voix étrangère qui est sortie de la bouche même du roi est inhabituellement désincarnée et a résonné froidement dans la vaste salle austère.

« Mais tu m'as pris ma…

- Silence ! Je suis ton Maître, ton Créateur, ton Dieu, Moi, Noumu le brouillard, la force implacable du néant… Toi, tu n'es qu'une poupée entre Mes mains, faite de chiffons, non, de papier même !! Quand vas-tu l'accepter ? … Décidément ces femmes ont vraiment mauvaise influence sur toi…

- Je ne pense pas, non…

- Mais c'est tout démontré, Gyumao, n'oublie pas que tu Me dois tout ! TOUT !

- Je ne le sais que trop…

- Bien, car si tu l'oubliais Nous péririons tous deux et cela serait fâcheux, n'est-ce pas ?

- Oui, cela est un fait avéré…

- Non, vraiment ces êtres futiles et faibles ne te conviennent pas. Tu devrais cesser de recevoir ces…femelles…

- Ne parle pas d'elles ainsi ! »

Le yokai pour la première fois depuis l'apparition de ce nuage engloutissant toute matière s'interpose et hausse le ton. Il ne subit plus, il veut écraser, imposer sa volonté propre. De ce fait, il repousse la possession de l'Entité à nouveau diffuse.

« De qui ça ? » S'enquiert ironiquement la brume épaisse, qui gagne de plus en plus d'ampleur, irritée comme elle est d'avoir été éjectée de l'enveloppe charnelle de sa marionnette yokai à cause d'un futile mouvement d'humeur.

Silence courroucé et emplit de menaces du côté de Gyumao.

« De ta mère peut-être ? Celle qui a mis au monde des enfants sans chercher à les protéger de leur effroyable destin ? Qui a fait étalage de ses faiblesses, qui a condamné ton père, qui t'a fait voir pour la première fois des flots de sang issus d'une cruelle barbarie dont elle et les autres membres de ta famille furent les pauvres victimes… Celle qui t'a obligé à t'avilir devant Moi pour sauver ta peau et assurer ta vengeance ? A conclure ce pacte qui à présent te répugne ? »

Le souverain baisse la tête, voulant cacher sa douleur à cette entité qui ne lui apportera, il le sait pertinemment depuis tout ce temps, aucun soulagement.

« Tu ne réponds pas…alors c'est non ? De ton épouse alors ? Quoique… Je ne pense pas qu'on puisse la nommée ainsi malgré les cérémonies auxquelles vous avez pris part : elle passe son temps à te fuir ! Depuis que tu l'as ramenée de son château de l'est c'est à peine si tu as pu l'effleurer… C'est à se demander si cet enfant nouvellement né est véritablement le tien… »

Gyumao serre les dents, ne trouvant rien à répondre aux dernières invectives du démon de brouillard, l'être à qui il doit tout : sa vie, son statut quasi divin, son pouvoir, la possibilité de se venger entièrement…

« Ou bien… Tu parlais peut-être de cette petite yokai au caractère aussi sombre que sa carnation ? Elle aussi tu voudrais la faire tienne ? Mais tu es insatiable à tous les points de vue, dis-Moi ?

- Et toi, ne me demandes-tu pas constamment du sang et de la chair provenant d'humains pour gagner en puissance et pouvoir ainsi te gargariser d'être le plus fort ?! »

Gyumao soupire une énième fois, il sait qu'il vient de s'exposer à la colère de l'essence vaporeuse douée de volonté. Mais il ne veut pas l'écouter, pas par peur ou regret c'est juste qu'il est las de tout cela. Alors pour que le babillage intempestif ainsi que vain cesse, il se saisit d'une épée, la brandit haut au dessus de sa tête et l'abat sur son bras reposant mollement sur l'accoudoir minéral du trône. Mais…

Mais l'arme se brise au contact du membre du puissant yokai. Qu'à cela ne tienne ! Le roi prend en main un second sabre, un dont le fil de la lame et si aiguisé qu'il ne fait aucun doute que la lame trancherait sans aucune difficulté le plus fin de ses cheveux. Consciencieusement, le regard concentré, l'être qu'on appelle démon taureau tente de cisailler la peau de son poignet, sans succès toutefois. Non seulement le métal étincelant se fendille sous l'énorme pression mais en plus le halo brumeux grignote la matière.

« Mais quel bel imbécile je fais ! "Il" avait raison je me ramolli, je ne sais même plus comment nous vaincre !

- Que t'avais-Je donc dit ?!

- … Mais cela est incompréhensible tout de même… Oublier ainsi jusqu'à son unique point faible !Ne me dites pas qu'il a… Oh TOI, si je tenais lieu et vie à ta place je me ferais discret et petit !!

Noumu !! M'aurais-tu privé d'une autre partie de mes souvenirs ? Mon Identité ne te suffisait-elle donc pas pour que tu ailles jusqu'à engloutir mon proche passé ?! Et laisse donc cette arme ! J'ignorais totalement que tu te plaisais à goûter aux alliages, le sang n'a-t-il plus tes faveurs ? Y retrouves-tu cette saveur saline et métallique qui semble tant te plaire et te satisfaire ? »

Le monarque grince des dents de se savoir aussi exposé et fragile aux bassesses de son hôte. Mais loin de laisser s'exprimer le désarroi proche du désespoir qui s'infiltre vicieusement en lui, il en a fait presque monter au paroxysme sa colère et son indignation.

«Enfin, maintenant que j'ai réalisé mon erreur…»

Le géant sourit méchamment et laisse ainsi entrevoir ses canines aiguisées.

« Tu dis m'avoir fait puissant, invulnérable mais cela est faux, inachevé… Il existe bien une personne qui puisse me vaincre et me blesser…

- Je ne crois pas. Remettrais-tu en cause Notre accord ? »

L'épais brouillard cherche à faire dériver la conversation sur un autre sujet. Celui abordé à l'instant est bien trop sensible, sérieux, fatal même…

« Noumu… je t'ai connu bien plus efficace à retourner les situations à ton avantage ! Ce n'est pas de cette façon que tu me feras perdre de vue le fait que JE peux me meurtrir. »

Et tranquillement, d'un détachement presque clinique confinant quasiment à la folie le roi déchire méthodiquement et profondément son épiderme au niveau de ses poignets à l'aide de ses dents acérées.

Le roi est pris d'un rire sardonique et déclare entre deux hoquets d'hilarité mal contenue.

« Ne t'inquiète pas, vile incantation, je ne mets pas fin à mes jours… Je reprends le dessus, nuance… »

Les éclats de rire s'éteignent et la voix du souverain gronde.

« Par contre ne t'avises plus de fouailler dans ma mémoire et d'y faire tout ce qui t'arrange, Noumu…sans moi tu n'es strictement rien…

- Tu n'es pas grand-chose non plus sans Moi…

- C'est un fait mais…sans mes souvenirs et mon libre arbitre j'en demeure encore plus incomplet. Comment se rattacher à la vie sans la force motrice des sentiments ?

De plus tu sembles bien plus affecté que moi face mes meurtrissures physiques… Vois ! Tu ne peux même plus parler à travers moi, je ne décèle que tes pensées à présent…

- Que diable ai-Je à faire de souvenirs !? La haine Nous suffirait amplement… Le sais-tu ?

- Pour notre but commun ? Sûrement, je te l'accorde… Mais après ? Je ne désire pas te laisser te servir de moi comme d'un simple véhicule terrestre en ce plan d'existence. Alors je te préviens, satanée malédiction, je n'hésiterai pas à me laisser mourir…

- Quelles belles paroles, que d'actes vains… Ces femmes, vraiment… »

Gyumao enfin blessé et oublieux de son parasite, regarde mi-songeur mi-satisfait les litres de liquide vital s'écouler de ses plaies béantes aux poignets, car au fil du temps, le débit se fait toujours plus important, et les souvenirs ressurgissent en même temps que les flots de sang étrangement inodores quittent le terrible yokai. Dans le même temps, la présence de Noumu se fait plus fade, moins tangible. Après tout, il semblerait que l'invocation soit la première à pâtir des blessures de son hôte. Bien que ce dernier y laisse aussi une colossale partie de sa force et de sa puissance.

Soudain le monarque semble se remémorer un détail prégnant, un évènement marquant.

« La lumière de la lune rousse, une tempête de sable qui se profile… Oui, cela s'était déroulé ainsi… »


À suivre…

La finalité de cette fic a changé… je ne me restreindrai pas au seul Tenjiku, je vais tenter de résoudre ou du moins donner une origine aux mystères de Saiyuki ! Donc cette fic a de nombreux chapitres à venir et de beaux jours devant elle (je dirai même des mois voire des années vu ma rapidité). J'ai même deux séquelles en tête PLUS une préquelle ! (Je suis folle, oui je sais… Mais la saga me tente bien, là !) Enfin, sachez que je ne m'appuie uniquement sur le manga papier (je trouve que l'animé n'est pas à la hauteur).
Si vous avez des envies particulières (des moments préférés dans le manga, des questions etc.) n'hésitez pas à m'en faire part ! Le scénario n'étant pas gravé dans la pierre je peux essayer de caser vos idées, après tout c'est pour vous que j'écris !
Sinon… Les questions habituelles : C'était clair ? Des questions ? Des commentaires ?
La suite TRES bientôt. En fait j'ai découpé le quatrième chapitre pour vous fournir la suite plus tôt. Donc normalement dans une à deux semaine vous aurez le cinquième chapitre.

Explications :
Boya siginfie : petit feu / léger incendie
Noumu veut dire brouillard épais. Si certains connaissent Brume du livre : Les rebelles de l'Enki-Ea
ou même le Néant de l'Histoire sans fin (le premier film, j'ai pas lu le livre, honte à moi !) vous remarquerez que j'ai opéré quelques changements pour que cela fasse plus "Saiyuki".

Vala ! À plus !